Archives Mensuelles: novembre 2011

Le nucléaire, trou noir de la démocratie

“A quoi reconnaît-on la fin d’une époque ? A ce qu’un présent soudain insupportable condense en peu de temps ce qui fut si malaisément supporté par le passé.” R. Vaneigem “Adresse aux vivants”

 L’humanité est à la croisée des chemins.  Outre les effets climatiques et les dégâts irréversibles sur l’environnement, l’homme aura alors encore la  possibilité de choisir le modèle énergétique le plus approprié à la conservation de l’espèce humaine.

C’est parce qu’ils veulent faire le bien que les hommes produisent le mal.

Ivan Illich appelait contre-productivité ce retournement tragique. Il affirmait que les plus grandes menaces viennent aujourd’hui moins des méchants que des industriels du bien.

Jean Pierre Dupuy[1]  montre qu’ « alors le mal s’autonomise par rapport aux intentions de ceux qui le commettent. Anders et Arendt pointaient ce scandale qu’un mal immense peut être causé par une absence complète de malignité ; qu’une responsabilité monstrueuse puisse aller de pair avec une absence totale de méchanceté. Nos catégories morales sont impuissantes à décrire et juger le mal lorsqu’il dépasse l’inconcevable. Il faut se résoudre à dire alors qu’"un grand crime est une offense contre la nature, de sorte que la terre elle-même crie vengeance ; que le mal viole l’harmonie naturelle que seul le châtiment peut rétablir".

Jean Pierre Dupuy indique que « la tragédie japonaise a ceci de fascinant qu’elle mêle inextricablement trois types de catastrophes que l’analyse traditionnelle distingue soigneusement : la catastrophe naturelle, la catastrophe industrielle et technologique, la catastrophe morale ».

Pour Hervé Kempf, journaliste et essayiste, cité dans Bastamag le  3 mai 2011, au « Japon comme en France, le nucléaire a été introduit de manière opaque et antidémocratique, ou plus exactement dans un déni de démocratie. Dans les deux cas, on peut parler d’oligarchie « nucléariste » et d’une connivence entre les responsables politiques et l’industrie, qui a permis d’imposer le nucléaire sans le mettre en débat. Sauf qu’aujourd’hui, les « nucléaristes » ne peuvent plus nier qu’un accident est entré dans le domaine des probabilités. Logiquement, cela doit pousser la société française à interroger sérieusement le nucléaire et au minimum à délibérer ouvertement des questions des déchets, de la sécurité, du coût de cette énergie. Ouvertement, c’est-à-dire avec des informations complètes et exactes, communicables à tous les citoyens. Il s’agit de rompre avec cette impossibilité actuelle de discuter sérieusement du nucléaire.

Leur refus du débat est dans la logique de leur mutisme et de leur « aveuglement ». Le nucléaire fait partie des tabous et des idées reçues que l’oligarchie capitaliste ne veut pas remettre en cause. Dans sa logique de pensée figée, la croissance économique, c’est bien, l’augmentation de la consommation d’électricité, c’est inévitable, le nucléaire, c’est bien. Donc, on n’en discute pas, puisque c’est bien ! Leur première réaction a été de dire, sans même avoir réfléchi ni étudié la question, que cet accident ne nous concernait pas, puisque c’était au Japon et à cause d’un tsunami. »


[1] A propos de la catastrophe nucléaire au Japon : Jean-Pierre Dupuy Philosophe, Professeur à l’université Stanford, président du Comité d’éthique et de déontologie de la Haute Autorité de sûreté nucléaire.

Et nos enfants nous appelleront "barbares"

par Jean-François Mouhot, historien, chargé de recherches à l’Université de Georgetown

Si les dangers du nucléaire sont largement débattus sur la place publique depuis Fukushima, ils occultent aujourd’hui l’énorme problème moral posé par le don fait à nos enfants d’un monde où la température pourrait augmenter de six degrés et rendre la vie humaine très difficile. Un problème qui présente des similarités troublantes avec celui posé par l’esclavage des siècles passés.

En 2005, enseignant à l’Université de Lille, j’avais été surpris des difficultés de mes étudiants à imaginer que des êtres humains, généralement intelligents et sensibles, aient pu un jour réduire d’autres hommes et femmes en esclavage. Pour eux, l’esclavage représentait l’incarnation même du Mal, à tel point que les propriétaires d’esclaves ne pouvaient qu’être des barbares, si différents d’eux qu’ils en perdaient leur humanité.

J’ai lu peu de temps après l’essai de J.M. Jancovici et A. Grandjean Le Plein s’il vous plaît. Cet ouvrage montrait comment, aujourd’hui, des machines de toutes sortes – presque toutes mues par des énergies fossiles – accomplissent le travail que réalisaient auparavant esclaves ou serviteurs. Ces ‘esclaves énergétiques’ font à présent notre lessive, cuisinent à notre place, nous transportent à l’autre bout du monde, nous divertissent, et font pour nous la majeure partie des travaux pénibles nécessaires à notre survie ou à notre confort.

En lisant ce livre, je fus frappé par les intrigantes similitudes entre l’esclavage et notre mode de vie contemporain si dépendant des énergies fossiles. Tout d’abord, esclaves et machines rempliss(ai)ent en gros les mêmes fonctions dans la société (effectuant le travail pénible, salissant ou dangereux dont personne ne veut). Par ailleurs, ceux qui bénéfici(ai)ent du travail des esclaves ou du "travail" des machines ne sont pas les mêmes que ceux qui en support(ai)ent les conséquences. De la même manière que les esclaves besognaient pour le confort de leurs maîtres, ceux qui brûlent massivement du pétrole et du charbon aujourd’hui ne sont pas les mêmes que ceux qui paient l’addition, c’est-à-dire à la fois les pauvres (principalement affectés par l’exploitation pétrolière, et par les sécheresses ou les inondations accentuées par le changement climatique) et les générations futures. Enfin, l’esclavage a été remis en cause assez rapidement àpartir du moment où le mal qu’il causait est devenu plus visible, tout comme notre consommation effrénée d’énergie commence à être timidement dénoncée en raison des problèmes divers – et extrêmement graves – causés par notre boulimie énergétique.

Nous nous représentons mentalement les propriétaires d’esclaves comme des brutes cruelles, sadiques, inhumaines. Mais ce faisant, nous oublions un peu trop facilement la banalité de la condition servile dans les siècles passés. A la fin du XVIIIe siècle, plus des trois quarts de l’humanité vivait dans une condition ou une autre d’asservissement, soit esclaves, soit serfs. L’esclavage semblait tout à la fois normal et indispensable, tout comme le "droit" de posséder une voiture, d’avoir le chauffage central ou de prendre l’avion à notre guise, nous paraissent aujourd’hui parfaitement acceptables. George Washington, Thomas Jefferson, et même Toussaint Louverture, lui-même un affranchi, ont possédé des esclaves. L’histoire de l’esclavage et de son abolition montre combien la frontière est floue entre ce qui est considéré bien ou mal à un moment donné, et la rapidité avec laquelle cette frontière peut évoluer.

Il y a bien évidemment des différences importantes entre l’utilisation d’esclaves et l’utilisation de machines fonctionnant au pétrole ou au charbon. L’esclavage est un crime contre l’humanité. Le problème avec les énergies fossiles résulte des dommages collatéraux dus aux émissions. Si brûler à grande échelle du pétrole ou du charbon ne contribuait pas fortement au réchauffement de la planète cela ne serait pas mauvais en soi. Si, pour garantir l’approvisionnement énergétique à bon marché certaines compagnies pétrolières et les Etats qui les soutiennent ne fomentaient pas des coups d’Etat et des guerres, prendre sa voiture pour alleracheter sa baguette de pain ne poserait pas de problème éthique. Il est désormais indéniable que notre addiction aux énergies fossiles contribue déjà à beaucoup de souffrances dans le monde (150 000 morts par an sont désormais attribuables au réchauffement climatique selon l’OMS).

La souffrance engendrée par notre dépendance aux énergies fossiles est bien sûr éloignée (géographiquement et chronologiquement), et involontaire. La nature du mal dans ce cas semble à première vue fondamentalement différente de celle de l’esclavage. Les conséquences imprévues de la combustion massive des énergies fossiles sont seulement pleinement comprises depuis peu de temps. Mais à présent que nous sommes conscients des effets néfastes de la combustion des carburants fossiles, et que nous continuons, globalement, à accroître nos émissions, pour combien de temps encore pouvons-nous prétendre que les conséquences sont "involontaires" ? Au XVIIIe siècle les consommateurs du sucre produit dans les Antilles, ou encore les planteurs qui résidaient en métropole et laissaient l’exploitation de leurs propriétés à des gérants profitaient également de l’esclavage sans être en contact direct avec ceux qui faisaient fructifier leurs terres. Il ne paraît pas aberrant de dire que ces personnes commettaient une transgression morale comparable à celle commise par ceux qui jouissent aujourd’hui des bienfaits des énergies fossiles, tout en sachant que d’autres pâtissent et pâtiront encore davantage demain de notre mode de vie.

En quoi cette comparaison est-elle pertinente ? Etablir une analogie simple entre notre mode de vie actuel et l’esclavage permet d’aborder la question climatique sous un angle d’approche différent, et encourage l’action (car personne n’imagine confortablement l’idée de ressembler à un esclavagiste). Par ailleurs, l’analogie permet d’expliquer le climato-scepticisme. Nos économies contemporaines sont devenues extrêmement dépendantes vis-à-vis des énergies fossiles, tout comme les sociétés esclavagistes étaient dépendantes de leurs esclaves – en fait, bien davantage même que ces dernières ne l’ont jamais été. Cette constatation a récemment amené un chercheur à écrire : "que les membres du Congrès américain [aujourd'hui] cherchent à justifier l’utilisation des énergies fossiles malgré les risques pour les générations futures, de la même manière que les représentants sudistes [avant la guerre de Sécession] s’efforçaient de justifierl’esclavage en dépit d’idéaux égalitaires n’est probablement guère surprenant".

Enfin, les problèmes rencontrés par les militants anti-esclavagistes pour parvenir àfaire interdire l’esclavage sont souvent similaires aux difficultés rencontrées de nos jours par ceux qui œuvrent pour la réduction des émissions de gaz à effets de serre. Les approches destinées à décarboner l’économie et la société peuvent donc s’inspirer directement des méthodes utilisées jadis par les abolitionnistes.

Si nous ne repensons pas rapidement notre manière de vivre, nos enfants paieront lourdement les conséquences de notre comportement irréfléchi. Qui plus est, les générations futures se demanderont dans quelques années comment notre civilisation a pu vivre dans un tel aveuglement moral. La prochaine génération verra-t-elle que les sociétés industrielles avaient des circonstances atténuantes ? Que nous étions devenus "accros" au pétrole, et étions nous-mêmes victimes de dépendance et des excès qu’elle engendre, à travers l’obésité, la pollution, la solitude, les dommages infligés au tissu social de nos communautés…? Si l’on en juge par la manière dont mes étudiants condamnaient sans appel les propriétaires d’esclaves des siècles passés, la réponse est probablement "Non". Il est bien plus plausible qu’ils nous maudissent pour les dégâts irréparables que nous aurons causés à la planète. Sans aucun doute, diront-ils, c’était là un peuple de barbares.


Dernier ouvrage : "Des Esclaves énergétiques : Réflexions sur le changement climatique" (Champ Vallon, 2011, 17€).

Voir le commentaire : François Hollande et le peuple de barbares

http://biosphere.blog.lemonde.fr/2011/11/29/francois-hollande-et-le-peuple-de-barbares/

 

Du MOX au MIX : Vers un nouvel avenir énergétique

Au delà du titre prometteur , un article certes intéressant mais qui reste complaisant avec le nucléaire. Mr de Rosnay n’aurait-il rien vu à Fukushima?
Par Joël de Rosnay(son site) mardi 29 novembre 2011 -

Polémiquer sur l’avenir énergétique de la France en opposant le « nucléaire » aux « énergies renouvelables » est une démarche désormais stérile et inadaptée. Les deux peuvent être complémentaires. ( tiens donc!!) Mais sur une période de 20 ans, car tout dépendra de la transition souple du MOX vers le MIX, le combustible des dé-centrales éco-énergétiques. Le MOX, est un combustible composé à 93% d’uranium appauvri et à 7% de plutonium. Mélangé à de l’uranium enrichi, il alimente 20 réacteurs nucléaires en France. Le MOX sera à 100% le combustible de l’EPR en construction. J’appelle « MIX » l’ensemble interconnecté des énergies renouvelables directes et des sources d’énergie indirectes, incluant les économies d’énergies, l’efficacité énergétique et les moyens de stockage. Ce sont aussi des sources d’énergie – de « négawatts » – car toute énergie non consommée correspond, « en creux », à une source de production, une « négasource ». La Terre reçoit en permanence du soleil 120.000 térawatts d’énergie. Soit en une heure – si cette énergie était totalement récupérable (sous forme photovoltaïque, thermique, éolienne ou de biomasse) – les besoins énergétiques mondiaux d’une année entière. Notre mode de vie actuel utilise 18 térawatts, dont les deux tiers sont gaspillés.

Le MIX comprend dix principaux composants :

1-Le solaire photovoltaïque ;

2-le solaire thermique (CSP, solaire à concentration)1 ;

3-la biomasse (granulés de bois, déchets agricoles, déchets urbains) ;

4-le biogaz (fermentation de déchets organiques) ;

5-la géothermie ;

6-l’éolien (offshore, terrestre, urbain) ;

7-l’hydraulien (turbines sous-marines utilisant l’énergie des courants marins) ;

8-l’hydroélectrique (turbines dans une rivière, barrages et chutes d’eau) ;

9-l’énergie des marées et des vagues ;

10-l’énergie thermique des mers (ETM) (différence de température entre la surface et l’eau des profondeurs).

S’ajoutent à ces sources directes, l’amélioration de l’efficacité énergétique (rendement des moteurs), les économies d’énergie (matériaux isolants, pompes à chaleur, puits canadien…), les compteurs intelligents, et les moyens de stockage de l’énergie : pompage éolien d’eau dans des réservoirs en altitude pour faire tourner des turbines en l’absence de vent ; le stockage souterrain de l’air comprimé fourni par des éoliennes (CAES – Compressed Air Energy Storage) ; silos de batteries lithium-ion ; ou hydrogène comprimé provenant de l’électrolyse solaire de l’eau (l’hydrogène peut être considéré comme de l’énergie solaire « en conserve »).

Le MIX produit principalement de l’électricité, à condition que les différentes sources et « négasources » mentionnées, soient connectées à une grille intelligente de distribution et de stockage, capable de s’adapter à l’offre, à la demande, au jour, à la nuit, à l’été, à l’hiver et aux différentes zones géographiques. Un « Internet de l’énergie », une « smart grid ». Avec cette grille intelligente, toute forme d’électricité produite devient compatible : le photovoltaïque, l’éolien, l’électricité fournie par des voitures électriques en stationnement (V2G, vehicle to grid), les mini-centrales hydroélectriques. Des sources qui, aujourd’hui, perturbent le fonctionnement du réseau de transport d’électricité passif. A noter que le nucléaire n’est pas absent du MIX et de la grille intelligente. Plutôt que des mégas centrales de 1.600 MW ou des EPR, il sera possible de connecter à la grille des petits réacteurs modulaires (Small Modular Reactors ou SMR) de 300 MW, enterrés et sécurisés. Les futures centrales nucléaires utilisant un nouveau combustible, le thorium, pourraient également être reliées à la grille intelligente.

Les choix vont être décisifs pour les 50 prochaines années, comme l’ont été ceux des années 50 pour le « tout nucléaire ». La France va-t-elle investir des dizaines de milliards d’euros pour assurer à la fois la sécurité des anciennes centrales, construire des centrales géantes fonctionnant au MOX et démanteler les anciennes, tout en poursuivant le retraitement des combustibles et le stockage des déchets ? Ou bien, va-t-elle investir aussi, et dès maintenant, dans le MIX et la grille intelligente pour sortir progressivement et en souplesse du tout nucléaire ? Une telle stratégie conduirait à une nouvelle ère, à une véritable mutation sociétale : l’avènement d’une démocratie énergétique. Avec la création massive d’emplois dans les différents composants et modules du MIX, la responsabilisation des citoyens, la vente d’électricité en P2P (entre particuliers ou pair à pair), l’essor d’une éco-énergie 2.0, analogue au Web 2.0, avec la participation des usagers et l’association de petits producteurs énergétiques dans une « longue traine » de l’énergie. Le mariage du numérique et de l’énergétique s’ouvre vers ce que j’appelle l’écomobilité. Grâce à l’automobile, l’automobilité a révolutionné le XXe siècle. Grâce au Smartphone, (équivalent numérique de l’automobile), l’infomobilité participe à la construction de la société du XXIe siècle fondée sur de nouvelles formes de relations humaines. Pourtant, nous sommes encore des citoyens passifs et assistés face à l’énergie. Comme jadis, face à notre téléviseur, lorsque qu’avec l’ORTF nous ne disposions que d’une seule chaîne. Les lobbys nucléaires et pétroliers nous répètent : « Payez au compteur ou à la pompe, nous nous occupons du reste ». Le « retour à la bougie », la perte de compétitivité industrielle, les suppressions d’emploi, la délocalisation des usines, les prix exorbitants de l’électricité, sont mis en avant par certains leaders du monde politique et industriel. Le Président de la République a récemment rappelé : « Le nucléaire (…) c’est la France. ». On pourrait compléter cette déclaration par la suivante : « le MIX, c’est le monde ! ».

Faisons confiance à la démocratie énergétique. Soyons les « Indignés » de l’énergie « prescrite ». Assurons la promotion et le développement de l’écomobilité. Construisons une société de l’échange, du partage, de la solidarité, de la créativité et de l’innovation énergétique. Et non une société soumise au pouvoir de quelques-uns, politiques ou industriels. La révolution énergétique c’est maintenant. Elle n’est pas technique mais citoyenne. L’avenir de nos enfants c’est le MIX, pas le MOX.

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1 Des miroirs focalisent l’énergie sur le sommet d’une tour comportant un capteur solaire et une turbine à vapeur, avec conservation de la chaleur 24h/24 grâce à des sels fondus.

Les multiples difficultés pour évaluer les conséquences de Fukushima chez les enfants

Aujourd’hui, au Japon, à Fukushima, il est bien difficile de se faire une idée claire de la situation sanitaire des enfants. Par Michel Philips 28 Novembre 2011 Edition : Japon, un séisme mondial

 Cette vidéo témoigne bien de ces difficultés.

Pourquoi il y a-t-il tant de difficultés et quelles sont-elles ?

C’est ce que je propose de survoler ensemble.

 La peur

La première difficulté est liée à la peur : beaucoup de parents hésitent à consulter avec leurs enfants tout simplement parce qu’ils ont peur d’être confrontés à une réalité inquiétante.

Exactement comme une femme peut refuser de voir son gynécologue car elle craint le résultat d’un frottis ou d’une mammographie. Exactement comme un homme peut se refuser à effectuer une recherche de sang dans ses selles.

Un cancer ou la radio-activité fait peur.

 Le manque de formation des médecins

La seconde difficulté tient au fait que les médecins, le corps médical, n’est pas formé à évaluer des troubles liés à la radio-activité.

Durant les études médicales, la formation  concernant les radiations est pratiquement absente. Les médecins n’en savent "que dalle" !

Du coup, quand ils sont consultés, ils répondent évasivement, n’osent pas dire leur ignorance. Ils minimisent.

 Le manque de spécificité des symptômes

Une troisième difficulté résulte d’un certain flou concernant les symptômes. Quand votre système immunitaire est déficient, vous souffrez de troubles assez vagues : fatigue, perte d’attention, pâleur, tendance aux infections. Il s’agit rarement un tableau clinique très spectaculaire, comme c’est le cas, par exemple, lors d’un début de coma quand un diabète s’installe.

Si vous n’avez pas l’attention attirée, il est possible d’ignorer certains signes. Votre diagnostic en souffrira d’autant.

 La variété de symptômes selon la dose et dans le temps

Quatrième difficulté : les symptômes des radiations varient beaucoup en fonction de la dose reçue et aussi en fonction du moment où le patient est examiné. Être irradié, c’est à la fois un évènement "aigu" mais aussi "chronique" ! Les signes ne seront pas les mêmes, encore une façon d’ "égarer" le médecin.

 La difficulté matérielle et technique à évaluer de façon précise

Une évaluation correcte de la radio-activité nécessite un appareillage technique coûteux, manié par un personnel formé. Cela coûte cher.

 Le silence de Tchernobyl

Cinquième difficulté : le "couvercle" posé sur la seule vraie catastrophe connue, celle de Tchernobyl.

Tout y a été fait, depuis le début, pour retarder, ralentir, empêcher des études scientifiques auprès des populations. Un scientifique "trop honnête" a même fait de la prison pour cette raison. Voir ICI, le cas du professeur Bandajevski.

Faute de cela, à Fukushima, le personnel est condamné à "repartir à zéro", comme s’il n’y avait pas eu de Tchernobyl !

Les professionnels japonais qui se sont rendus à Tchernobyl n’ont pas pu en retirer grand chose.

 Les réticences des autorités japonaises

Comme à Tchernobyl, les autorités japonaises craignent les conséquences d’une diffusion des informations. Elles préfèrent parler de "décontamination" plutôt que d’envisager un important déplacement de populations.

 Conclusion

Il se passera encore bien du temps avant qu’on ne puisse évaluer de manière correcte et précise toutes les conséquences de la catastrophe japonaises sur la santé des enfants, exactement comme à Tchernobyl.

Surgénérateur de Monju (japon) quitte ou double….

Ça bouge du coté du Japon, qui pourrait sacrifier Monju (réacteur 4 ème génération aux échecs successifs ) et  ITER en France

Monju, est un prototype japonais de réacteur à neutrons rapides situé  à environ 300 miles au sud-ouest de Fukushima. Il est bâti sur une faille sismique.

Rempli de plutonium il est l’élément le plus meurtrier sur la planète.

Monju est construit sur un modèle comparable au réacteur  Superphenix abandonné par la France. Techniquement, comme pour  l’EPR il a  un système d’ accélérateurs et de freins pouvant rester gravement en panne ( grappes de contrôle).

 Il  a subi une grosse panne en 1995 avant d’être remis en service en 2010. Dernièrement il a pu être stoppé après 24 tentatives (et le « suicide » du chef de service en janvier dernier) pour récupérer la grue de 3 tonnes et le couvercle du réacteur tous deux tombés dans le réacteur refroidi au sodium liquide.

Pendant plusieurs semaines il a menacé d’entrer en fusion  et présentait  un risque sérieux d’explosion.

En cas d’accident, comment éteindre 5000 tonnes de sodium, qui s’enflamment au contact de l’air et explosent au contact de l’eau, pendant que le réacteur part en excursion et  bombarde la planète de neutrons rapides contre lesquels rien ne pourra nous protéger?.

Le gouvernement japonais doit décider s’il ouvre des crédits pour réparer à nouveau ce réacteur ou l’abandonner définitivement.

Un comité demande l’arrêt des financements de programmes nucléaires

PAR QUENTIN WEINSANTO

 "Un comité chargé d’étudier les réformes entreprises par le gouvernement et constitué de députés et d’experts du secteur privé a demandé une profonde révision des programmes de recherche nucléaire en cours, lors de conférences qui doivent se tenir jusqu’à mercredi. Les membres de l’Unité de revitalisation du gouvernement ont notamment demandé l’annulation des dépenses pour le réacteur nucléaire expérimental de Monju, qui devraient être votées dans le budget de l’année fiscale 2012. 

Ils souhaitent également l’annulation ou la réduction des dépenses consacrées au projet de réacteur nucléaire à fusion Iter (réacteur thermonucléaire expérimental international), actuellement en construction en France à côté de Cadarache. Ce dernier vise à faire de la fusion thermonucléaire une source d’énergie illimitée en étant une alternative aux centrales nucléaires, qui fonctionnent avec la fission d’atomes lourds et créent des déchets. L’Unité de revitalisation du gouvernement a pour objectif d’étudier au cas par cas l’utilité des projets initiés par les gouvernements dans plus d’une dizaine de secteurs, dont les sciences, l’éducation et les télécommunications".

 Ça bouge du coté du Japon, et  qu’en pense Hollande qui n’a renoncé ni à Astrid (réacteur 4 eme génération ex Superphenix ) , ni à ITER?

Nucléaire : Hollande pour un grand débat suivi d’une loi programmatique

Publié le 28-11-11 à  par Le Nouvel Observateur avec AFP

Le candidat socialiste souhaite préparer la transition énergétique "autour de quatre principes: l’indépendance, la sécurité, l’emploi et le pouvoir d’achat".

Des militants de Greenpeace devant le siège du PS PATRICK KOVARIK / AFPDes militants de Greenpeace devant le siège du PS PATRICK KOVARIK / AFPFrançois Hollande affirme qu’il ouvrira "un grand débat sur l’énergie en France", associant "acteurs" et "citoyens", qui s’achèvera par le vote au Parlement d’une "loi de programmation de la transition énergétique", s’il est élu en 2012, dans une tribune au "Monde" daté de mardi 28 novembre.

"J’ouvrirai, au lendemain de l’élection présidentielle, si les Français m’accordent leur confiance, un grand débat sur l’énergie en France associant largement les acteurs et les citoyens, dont le Parlement fixera la conclusion par le vote d’une loi de programmation de la transition énergétique", écrit-il.

"La France doit réussir la transition énergétique", assure le candidat socialiste à l’élection présidentielle, qui veut la "préparer (…) autour de quatre principes: l’indépendance, la sécurité, l’emploi et le pouvoir d’achat".

Diversification des sources d’énergie

"Il s’agit de sortir progressivement du tout pétrole pour les transports et du tout nucléaire pour l’électricité", résume le candidat très attaqué par l’UMP et le gouvernement sur la question du nucléaire.

Son premier objectif: "la diversification de nos sources d’énergie". Le modèle nucléaire "doit désormais se moderniser et s’adapter", car "les centrales lancées à la fin des années 1970 seront en fin de vie dans les quinze prochaines années".

"Des investissements importants devront y être consacrés pour éventuellement les prolonger, sachant que les exigences en matière de sécurité en élèveront le coût, sans oublier la question lancinante du stockage des déchets", poursuit-il.

"Parallèlement, si nous ne faisons rien, notre retard en matière d’énergies renouvelables s’accentuera", prévient-il, déterminé à "engager une politique cohérente de montée du renouvelable: solaire, éolien terrestre et maritime, biomasse".

Le Nouvel Observateur – AFP 

La Guerre du nucléaire réveille la démocratie

Affiche GreenpeaceLe président de la Répubique accuse les Verts et les Socialistes de vouloir détruire la filière nucléaire et compromettre ainsi des milliers d’emplois, voire des millions d’emplois. Pour la première fois depuis longtemps les français auront peut être la chance d’un débat de fond sur la question et par extension d’un vrai débat sur nos choix de sociétés. Greenpeace réagit avec véhémence aux propos du Président et à ce que l’association décrit comme "un arsenal de communication qui date des années 70".L’association oppose à l’affirmation de millions d’emplois menacés, celle de 63 millions de français menacés par le nucléaire, ses effluents radioactifs, ses déchets, la probabilité d’un accident. Position que l’association résume en caricaturant les affichettes de l’UMP en faveur du nucléaire (photo ci-contre).

Concernant les chiffres des emplois menacés voici la réaction de l’association de défense de l’environnement : "200 000, 400 000, 1 million, 2 millions : la valse des chiffres toujours plus fantaisistes donne le tournis. Le Président et l’UMP font semblant d’oublier l’immense gisement d’emplois qui se trouve dans le démantèlement des centrales en France et à l’étranger, dans la gestion des déchets nucléaires, mais aussi et surtout dans le développement des renouvelables et de l’efficacité énergétique. Le centre de recherches allemand DIW a publié une étude qui montre qu’un kWh produit par les renouvelables en Allemagne génère 8 fois plus d’emplois qu’un kWh produit par le nucléaire en France."

Concernant le tissu industriel. Pour Greenpeace "Sarkozy veut faire peur, agite suppressions d’emplois et délocalisations… et affirme que les Allemands paient leur électricité deux fois plus cher que les Français. Ça n’empêche pas l’Allemagne d’être la 3e puissance économique et industrielle mondiale et dans le même temps d’avoir décidé de sortir du nucléaire !"  (voir notre article à ce sujet)

Concernant la facture d’électricité. L’UMP évoque une augmentation de 50 % de la facture d’électricité des ménages. Pour Greenpeace "le parti présidentiel « oublie » de rappeler que le prix de l’électricité va de toute façon augmenter d’au moins 33 % dans un scénario de maintien du nucléaire dans les années à venir. En ayant mis tous ses œufs dans le même panier, la France s’est privée de politiques d’économie et d’efficacité énergétique depuis des décennies. Résultat : les ménages français consomment en moyenne 1,5 fois plus d’électricité que leurs voisins européens". ( voir notre article à ce sujet)

RÉDACTION  DDmagazine LE 25 NOVEMBRE 2011

l’article du dimanche: après Fukushima par Guy Karl


APRES FUKUSHIMA - LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl | FUKUSHIMA INFORMATIONS | Scoop.it

Après le désastre on aurait pu s’attendre à un autre raz de marée : des millions de personnes, au Japon, et de par le monde, s’entassant aux abords des centrales, clamant leur dégoût et leur exaspération, vilipendant les promoteurs et marchands du nucléaire, accusant les gouvernements complices de l’horreur programmée, exigeant sur l’heure la fin de la marchandisation sauvage, le contrôle démocratique de toutes les énergies collectives, la réappropriation démocratique immédiate de toutes les ressources naturelles et industrielles, la fin des cartels de la mort. C’était bien le moins que l’on pût espérer. Or que vit-on? Qu’ entendit-on? Rien, ou presque rien, si peu de choses… Que l’on allait, bien entendu, vérifier les centrales, que le contrôle serait drastique, et que pour le reste on réfléchirait! J’ai même entendu un responsable, d’une société privée bien sûr, déclarer doctement que les centrales les plus anciennes étaient forcément les plus sûres, puisque les contrôles y auront été plus fréquents que pour les neuves! Autant dire qu’une poubelle roulante de l’ex RDA est plus sûre que nos récentes voitures électroniques! Mais nos VIP bonimenteurs n’en sont pas à un boniment près!

Les esprits bien pensants se fixent sur les aspects techniques : quel est le degré de risque évaluable, comment faire face à l’imprévu etc. Mais la dimension politique est gaillardement ignorée. Comment admettre que ce soit le privé, avant tout soucieux de rentabilité capitaliste, qui construise et gère les centrales? Pourquoi les Etats sont-ils si complaisants à l’égard des promoteurs? Pourquoi la population, concernée et exposée au premier chef, est-elle tenue à l’écart de toutes les décisions? Que signifie être démocrate, et citoyen d’une société démocratique, si le plus grave et le plus important échappe totalement à la connaissance du citoyen? Quelle est cette démocratie où le citoyen délègue ses pouvoirs tous les cinq ans à une minorité irresponsable et toute puissante, qui use et abuse de son pouvoir sans consulter sur les enjeux décisifs de la vie et de la mort? Démocratie purement formelle, sans contenu, sans conscience ni moralité. Démocratie bananière, colonialiste, oligarchie, cynisme ploutocratique.

La quasi indifférence devant l’horreur démontre deux choses : la première c’est que le système économique ne changera pas d’un iota, persévérant irrésistiblement dans sa boulimie thanatocratique d’exploitation des ressources, considérant en somme les "accidents" et les catastrophes comme des dommages collatéraux, aussi négligeables que les "bavures" du nazisme. Voyez le Golfe du Mexique : on replâtre les fonds marins, … et on recommence à forer. Jusqu’à la prochaine. Combien faudra-t-il de catastrophes pour que le modèle en cours soit sérieusement interrogé? Mais chaque catastrophe, après l’émotion immédiate, est immédiatement oubliée. Et puis, cela se passe toujours ailleurs… Comme si la terre n’était pas une et la même pour tous! On continue à penser en termes locaux, régionaux, nationaux au grand maximum. Que nous importe le Japon? Mais songeons un court instant : si c’était Fessenheim, la Vallée du Rhin ou la Vallée du Rhône? On croit s’en tirer en célébrant hypocritement la "dignité" du peuple Japonais. Et si les Japonais s’étaient levés comme un seul homme contre l’incurie de leur gouvernement et la veulerie de leurs sociétés d’exploitation? Mais tout se passe comme si n’était de mise qu’une sorte de fatalisme tacite, de résignation mutique au désastre. "C’est la vie" me disait une brave dame à qui je demandais ce qu’elle pensait de l’événement! "La vie", mais quelle vie? C’est à se demander si les hommes ont encore envie de vivre, si secrétement ils ne sont pas lassés de cette vie présente, si la mort n’est le secret désir au coeur de notre société, au coeur de nos contemporains? Si nous ne sommes pas à présent dans l’âge du "Dernier Homme" décrit par Nietzsche, âge de la facilité, du plus-de-jouir, de l’indifférence cosmique, de la résignation à la fatalité, du nihilisme planétaire.

Double question donc : politique-géopolitique, et anthropologique. C’est notre destinée même, notre vouloir, notre vouloir-vivre, notre désir de vivre qui est interrogé dans ces décours monstrueux de notre modernité. Il n’est pas sûr, aujourd’hui, que la pulsion de vie soit assez forte pour repousser l’émergence catastrophique des pulsions de mort.

APRES FUKUSHIMA – LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl

Connaitre : Césium Iode Plutonium Uranium et les 10% dont on ne nous parle jamais

Les radioélements en période de demi-vie

RADIOELEMENT PERIODE  ACTIVITE MASSIQUE 
 Iode 131   8 jours 4,6 millions de milliards de Bq/g
Césium 134 Césium 137  2 ans30 ans 3 200 milliards de Bq/g
 Plutonium 239  24 000 ans 2,3 milliards de Bq/g
 Uranium 238  4,5 milliards d’années 12 300 Bq/g

Ex: L’iode perd la moitié de  sa radioactivité en 8 jours

http://www.sciencesetavenir.fr/crise-nucleaire-au-japon/20111115.OBS4556/fukushima-nouvelle-cartographie-de-la-contamination-des-sols.html

  

Les rayonnements ( Source Andra)

On distingue trois types de rayonnements, correspondant à trois formes de radioactivité :

  • le rayonnement α : émission d’un noyau d’hélium (constitué de 2 protons et de 2 neutrons) appelé aussi "particule a". La portée dans l’air de ces particules est de quelques centimètres, elles sont arrêtées par une simple feuille de papier ;Rayonnement alpha
  •  le rayonnement ß : transformation d’un neutron en proton accompagnée par l’émission d’un électron. Il suffit d’une feuille d’aluminium ou d’une vitre en verre ordinaire pour interrompre le parcours des électrons ;Rayonnement bêta
  •  le rayonnement γ : émission d’un rayonnement électromagnétique, de même nature que la lumière visible ou les rayons X, mais beaucoup plus énergétique et donc plus pénétrant. Plusieurs centimètres de plomb ou plusieurs décimètres de béton sont nécessaires pour les arrêter.

La radioactivité expliquée aux enfants

ComprendreLaRadioactivité 138, rue de l’Eglise 14200 Hérouville St Clair http://acro.eu.org

L’Iode-131: Un isotope radioactif de l’iode qui se concentre dans la thyroïde


Radiotoxicité de l’iode-131
La toxicité radioactive de l’iode-131 est mesurée par une quantité appelée " facteur de dose par ingestion ". Cette radiotoxicité varie beaucoup avec l’âge. L’iode se fixe sur la thyroïde, une glande qui joue un rôle crucial dans la croissance. C’est la raison pour laquelle, les nourrissons et très jeunes enfants ainsi que les adolescents sont beaucoup plus sensibles que les adultes à l’ingestion d’iode radioactif.
IN2P3

L’iode-131 est un élément radioactif dont la période est très courte (8,02 jours). Il est donc extrêmement radioactif. Utilisé à petite doses, notamment pour des applications médicales, c’est un des produits de fission les plus redoutés lorsqu’il est relâché par accident dans l’environnement, car il se concentre dans la thyroïde.

L’iode-131 est également un produit de fission redouté. Il constitue le principal danger de contamination à court terme en cas de rejets accidentels dans l’atmosphère. Du point de vue chimique, l’iode est un halogène, parent du chlore et du fluor, qui se volatilise en vapeur violette à une température légèrement supérieure à 100° .

Epinards contaminés à l’iode-131
Des épinards produits dans le nord-est du Japon ont été contaminés par de la radioactivité lors de l’accident de Fukushima en mars 2011. Des poussières radioactives ont déposé des atomes d’iode-131 sur les larges feuilles du légume, conduisant à l’interdiction de sa commercialisation. L’iode-131 constitue le rejet radioactif le plus redouté lors d’un accident nucléaire du fait de sa fixation par la thyroïde. Mais – contrepartie de sa forte radioactivité – la quantité d’iode-131 est divisée par 2 tous les 8 jours, par 2500 tous les trimestres et au bout d’un an il n’en reste plus trace dans les aliments.. 

Très mobiles dans l’environnement car volatils, les isotopes radioactifs de l’iode suivent les processus de transfert habituels : dispersion, dépôt, captation par les feuilles des végétaux, absorption par les racines, ingestion par l’animal. Les formes organiques se déposent plus lentement et sont moins bien retenues par la végétation que les formes moléculaires. Ingéré par les animaux en période de lactation, l’iode qui s’est déposée sur l’herbe se retrouve rapidement dans le lait (quelques heures après l’ingestion, le maximum apparaissant au bout de trois jours).
Après un accident grave, la teneur en iode-131 doit être surveillée dans la chaîne alimentaire durant quelques semaines, le temps que ce radioélément disparaisse. Il est primordial d’effectuer des contrôles de radioactivité du lait et des végétaux, en particulier des légumes à grandes feuilles comme les épinards et les laitues. L’eau doit être également surveillée.

Toutefois, contrepartie de sa grande activité, l’iode-131 décroît rapidement : sa radioactivité est divisée par 1000 tous les 80 jours. Il existe aussi des moyens de s’en prémunir tant qu’il est présent. 

Il existe d’autres isotopes de l’iode à durées de vie très courtes comme l’iode 132 et l’iode 133 dont les périodes sont de 20,8 et 2.3 heures. Ces isotopes délivrent la quasi-totalité de leur rayonnement dans les premiers jours après l’arrêt d’un réacteur.

Le césium amer de Fukushima.

Le césium 137     ( source AIPRI)

Le Césium 137 est un génotoxique avéré et un poison radioactif mortel d’origine artificielle. C’est l’une des parts maudites de l’industrie atomique et c’est l’une de celles qui aujourd’hui ou demain nous emportera. Fragment d’un atome d’uranium éclaté, le Cs137 est un produit de fission du cycle atomique qui compte pour environ 3,6% de la masse de matière fissionnée d’un combustible nucléaire. Par exemple dans un carburant consommé à 35 GwJ/t on en trouve au déchargement environ 1210 grammes par tonne (environ 105210 Ci/t). Il est si dangereux que l’AIEA dans ses tables publiques signale en catimini dans son argot abscons qu’une déposition de 175 milligrammes pulvérisés par km2 (15 Ci par km2 donc 555000 Bq/m2) est une calamité sans remède qui oblige au relogement immédiat des habitants, à l’abandon sans appel de tous les biens matériels, des terres et des cultures; à l’abattage systématique des animaux domestiques et sauvages qui quittent la zone maudite. Vecteurs de contamination radioactive ces bêtes nous deviennent ennemies car leurs poils, leurs plumes et leurs pattes accumulent des poussières radioactives hautement nuisibles à l’homme.

Exemple de cartographie de la radioactivité au Japon

La carte des dépôts de césium-137 établie par l’équipe de Teppei Yasunari. (PNAS)

De Tokyo à Los Angeles les particules radioactives de Fukushima polluent ainsi désormais les eaux du Pacifique. Plusieurs milliards de Sievert éparpillés en plusieurs milliards de milliards de particules nourrissent maintenant poissons et planctons. Les jardins de la mer produisent des aliments toxiques. Des hommes mourront de s’en nourrir. La population marine connaitra sa seconde grande extinction « anthropique » après celle des essais atomiques (voir Sternglass). Les cimetières marins enfleront à nouveau inexorablement.  La pire calamité atomique qui puisse être consume l’humanité en silence.

Le plutonium 239, c’est pas du chocolat !   ( source AIPRI)

Après les quelques précisions qui vont suivre, vous tiendrez enfin entre vos mains, la preuve mathématique qu’une seule poussière de plutonium 239 peut vous tuer. Précision: le plutonium 239 est le plus grand tueur qui existe. Il est fait entièrement par des scientifiques grassement payés. Il est pyrophore, ce qui signifie qu’en le brûlant il se divisera en milliards de particules qui flotteront dans l’air. Prenez garde d’en respirer une seule! Le plutonium est un «tireur alpha». Ceci signifie qu’une fois caché en vous, il ‘DONNE’ le cancer. Il «tire» des particules ayant chacune une énergie de 5 000 000 d’électrons-volts ou de 5 MeV. Ses projectiles alpha sont sept mille trois cent quarante-huit fois plus lourds que les rayons bêta. A l’intérieur du corps, -par exemple dans un de vos poumons-, ses projectiles subatomiques frappent très fort vos cellules vivantes et dérèglent leur ADN. En fait ils détruisent en permanence vos cellules vivantes sur une profondeur de 1/20ème de millimètre à partir de la poussière bloquée dans le poumon. Et ce bombardement permanent de profondeur relativement faible dans un poumon, provoque gratuitement le CANCER.

L’uranium

L’uranium-235 est le seul noyau naturel aisément fissile que l’on peut extraire du sol. Très rare et recherché, il sert de combustible dans les réacteurs nucléaires et d’explosif dans les bombes atomiques.L’uranium-238 prédominant est dit fertile. La fission demeure marginale pour ce noyau. Même provoquée par des neutrons rapides sa probabilité reste faible. Plus fréquemment, la capture d’un neutron rend instable ce noyau très stable. Au bout de quelques jours, le noyau, devenu de l’uranium-239, se transforme en Plutonium-239 dont la période est de 24 000 ans. Le Plutonium-239 est fissile. Il sert de combustible dans les réacteurs nucléaires et les bombes atomiques.

Les 10% dont on ne nous parle jamais: les produits de fission radioactifs à vie très longue, hors échelle historique

(Source Wikipédia)Environ 10 % du total des atomes formés lors de la fission ont des descendants qui sont des radioisotopes artificiels à vie très longue qui représentent véritablement la radioactivité résiduelle à long terme due aux produits de fission. Ils sont au nombre de 7.

Les quantités étant exprimées en % des atomes initialement formés par fission, ce sont :
Le zirconium 93, émetteur bêta d’une demi-vie de 1,5 million d’années pour en gros 3,2 %, sachant qu’une quantité complémentaire nettement plus faible est formée par irradiation neutronique du zirconium des gaines dont une infime partie est adjointe aux produits de fission du fait du procédé de cisaillage des gaines, effectué à l’usine de La Hague.
Le césium 135, émetteur bêta d’une demi-vie de 3 millions d’années pour en gros 3,2 %.
Le technétium 99, émetteur bêta d’une demi-vie de 211 000 ans pour en gros 3,0 % des atomes initialement formés.
L’iode 129, émetteur bêta d’une demi-vie de 15,7 millions d’années pour en gros 0,49 %.
L’étain 126, émetteur bêta d’une demi-vie de 100 000 ans pour en gros 0,10 %.
Le palladium 107, émetteur bêta d’une demi-vie de 18 millions d’années pour en gros 0,05 %.
Le sélénium 79, émetteur bêta d’une demi-vie de 295 000 ans (l’ancienne demi-vie de 65 000 ans ayant été « abandonnée » récemment suite à de nouvelles mesures) pour en gros 0,02 %.

 

Le droit de planter et cultiver librement bientôt interdit ?

Bastamag   24 novembre 2011  Posté par benji 

L’enfer vers lequel nous nous dirigeons n’est pas uniquement financier avec l’union européenne qui veut prendre sous tutelle (quel terme bien fade pour décrire la trahison des populations…) les pays les plus endettés, l’esclavage touche bien plus de domaines, dont l’agriculture et les plantations.
En clair, nous n’aurons plus la possibilité d’avoir nos propres plantations et de réutiliser à notre gré les semences sans avoir à payer, un phénomène décrit dans l’excellent documentaire « le monde selon Monsanto » et qui est à l’origine du suicide d’un nombre toujours croissant des paysans en Inde. Bien sur le problème n’est pas nouveau, souvenez-vous, il avait été déconseillé à la première dame des États-Unis madame Obama d’entretenir un potager, un mauvais exemple, surtout mauvais pour le chiffre d’affaire des producteurs d’OGM. Les banques dirigent, les lobbys également, et nous, quand prendrons-nous le pouvoir exactement?

Les industries et multinationales semencières veulent rendre les paysans captifs… grâce à la loi. Les députés doivent examiner le 28 novembre un texte instaurant une « contribution volontaire obligatoire » : une véritable dîme sur les semences. Ressemer librement sa propre récolte ou échanger des variétés de plantes deviendra illégal. Soucieux de préserver l’autonomie alimentaire, des paysans et des citoyens entrent en résistance.

Photo : source

Demain, graines et semences ne seront peut-être plus libres. Des agriculteurs s’inquiètent d’uneproposition de loi votée par les sénateurs le 8 juillet dernier, et déjà appliquée par décret aux productions de blé tendre. S’ils veulent conserver une partie de leur récolte pour la ressemer l’année suivante (quoi de plus naturel ?), les producteurs de blé tendre doivent payer une redevance appelée « Contribution volontaire obligatoire » (sic). « L’enjeu de cette nouvelle proposition de loi est d’étendre ce mécanisme à tous les paysans, alerte Guy Kastler, du Réseau semences paysannes.Chaque fois qu’on cultivera un hectare, ils prendront un peu d’argent de nos poches pour payer les détenteurs de propriété intellectuelle. » La loi prévoit de considérer la reproduction de semences à la ferme, sans payer cette dîme moderne à leurs « propriétaires », comme une contrefaçon [1]. La récolte pourra alors être saisie.

Qui sont ces propriétaires de semences à qui la « contribution volontaire » sera reversée ? Depuis 1949, toute variété de semence mise sur le marché doit obligatoirement être inscrite sur le catalogue géré par l’Office communautaire des variétés végétales (OCVV), dont le siège est à Angers  [2]. Cet office accorde un droit de propriété intellectuelle, d’une durée de 25 à 30 ans, à « l’obtenteur », celui qui a sélectionné cette variété. Les principaux détenteurs de ces « certificats d’obtention végétale » [3] ne sont autres que les grandes multinationales semencières : Bayer, Limagrain, Monsanto, Pioneer, Vilmorin ou Syngenta. Tous réunis au sein de l’Union française des semenciers, qui aurait fortement appuyé le projet de loi.

Rendre les paysans captifs

« Le fait que l’obtenteur soit rétribué pour son travail de recherche ne nous pose pas de problème, explique Jean-Pierre Lebrun, un maraîcher biologique à la retraite. En revanche, nous sommes opposés à ce que ces obtenteurs récupèrent des taxes sur le travail de sélection que nous menons dans nos fermes. » Avec d’autres paysans et des consommateurs soucieux de préserver l’autonomie alimentaire, Jean-Pierre a fait le déplacement à Angers ce 19 novembre pour « débaptiser » l’OCVV, renommé « Office communautaire de la confiscation des semences ». Un geste symbolique qui en dit long sur les menaces pesant sur l’avenir de notre alimentation.

Yves Manguy, agriculteur à la retraite, connaît bien les semences de ferme, ces graines récoltées à partir de variétés sélectionnées par l’industrie semencière, mais multipliées par l’agriculteur lui-même par souci d’économie et d’indépendance. Pour cet ancien porte-parole de la Coordination nationale pour la défense des semences fermières (CNDSF), l’objectif des firmes semencières est clair : « Elles veulent instaurer un marché captif, que les agriculteurs achètent leurs semences et qu’ils n’en fassent plus chez eux. La loi en préparation consiste non pas à interdire complètement mais à restreindre un maximum le droit des semences à la ferme. » Le texte propose ainsi d’autoriser la semence de ferme pour seulement 21 espèces – en échange du paiement de la Contribution volontaire obligatoire – et d’interdire cette pratique pour toutes les autres espèces.

« Ce n’est pas la recherche qu’ils veulent rémunérer mais les actionnaires »

Pourquoi cette redevance ? Officiellement, pour financer la recherche. Actuellement, 85 % des sommes récoltées par la Contribution volontaire obligatoire sont reversées directement aux obtenteurs, et 15 % servent à alimenter le Fonds de soutien à l’obtention végétale en blé tendre.« Les objectifs de sécurité et de qualité alimentaire doivent être définis par le public, et non par les seules recherches de profits des entreprises semencières privées », argue la Confédération paysanne. D’après le syndicat, l’application de la proposition de loi entraînerait un prélèvement supplémentaire sur le revenu des agriculteurs français estimé à 35 millions d’euros. « La recherche doit être financée aussi par le public et non par les seuls agriculteurs. Il convient de mettre en place un mécanisme de financement public de la recherche », estime la Confédération paysanne. Le syndicat suspecte l’Union française des semenciers de vouloir d’ailleurs tripler la redevance (environ 3,50 euros par hectare aujourd’hui).

Des carottes illégales et des choux clandestins

Non loin de l’Office communautaire des variétés végétales, sur la place du Pilori, dans une rue piétonne d’Angers, se déroulent les rencontres des semences paysannes et fermières d’Anjou. Ici, des artisans semenciers partagent une même passion, celle de la sélection, de la conservation, de la multiplication et de l’échange des semences. François Delmond est membre de l’association Les Croqueurs de carottes, qui sauvegarde les variétés potagères traditionnelles menacées de disparition. Sur le stand, plusieurs variétés de carottes et de choux rouges sont proposées à la dégustation. Les réactions varient du « surprenante, celle-là » au « celle-ci a un goût de noisette très fort, vous ne trouvez pas ? ». Pour François, ces dégustations sont l’occasion de montrer l’impact des choix variétaux sur la qualité gustative.

« Ce que vous mangez est une variété de carotte illégale car elle a été radiée du catalogue, elle ne respectait pas les critères », explique François à une passante. Entre 1954 (date d’existence du premier catalogue des variétés de plantes potagères) et 2002, 80 % des variétés ont été radiées du catalogue, à cause d’une réglementation de plus en plus contraignante. « Ce que nous voulons, c’est la liberté de faire notre travail en âme et conscience, la liberté du jardinier de semer la variété qu’il veut et la liberté du consommateur d’accéder à des aliments différents. » Une liberté qui contribue à l’augmentation et à la conservation de la biodiversité cultivée, à la réduction de l’utilisation des pesticides ainsi qu’à l’essor de variétés adaptées à leurs terroirs et aux variations climatiques.

Rébellion contre la dîme des multinationales

Une campagne pour une loi de reconnaissance positive des droits des agriculteurs et des jardiniers sur les semences vient d’être lancée par plusieurs organisations. « Les droits des agriculteurs de conserver, ressemer, échanger et vendre leurs semences, les protéger de la biopiraterie et des contaminations par les OGM brevetés, et de participer aux décisions nationales concernant la biodiversité cultivée sont reconnus par le Traité international sur les semences approuvé en 2005 par le Parlement français », rappelle Anne-Charlotte Moÿ, en charge des questions juridiques au Réseau semences paysannes. Or, une succession de règlements européens et de lois nationales conduisent progressivement à leur interdiction totale.

La proposition de loi relative aux certificats d’obtention végétale doit être débattue le 28 novembre à l’Assemblée nationale. Il est encore possible de participer à la cyberaction, qui a déjà recueilli plus de 14 000 signatures, et un rassemblement est prévu devant l’Assemblée. « Il nous faut rester mobilisés, avertit Guy Kastler, afin de ne pas abandonner l’alimentation à quelques firmes multinationales. » Il y a trois siècles, les paysans versaient la dîme ou étaient contraints à des corvées au profit du seigneur local, propriétaire des terres… Aujourd’hui, cette domination s’est déplacée vers les semences.

Sophie Chapelle

Notes

[1] Lire à ce sujet Comment les semenciers tentent d’asservir l’agriculture paysanne.

[2] Pour être inscrites, les variétés doivent répondre à trois critères : la distinction (la variété doit être nettement distincte de toute autre variété notoirement connue) ; l’homogénéité (la variété est suffisamment uniforme dans ses caractères pertinents) ; la stabilité (la variété reste conforme à la définition de ses caractères essentiels après avoir été reproduite ou multipliée).

[3] En Europe, on utilise le terme de « certificat d’obtention végétale », qui protège une variété. Son équivalent outre-Atlantique est le brevet, qui protège l’information génétique contenue dans une même variété. Du coup, il arrive qu’une plante fasse l’objet d’un double droit de propriété intellectuelle…

Source: Bastamag.ne
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