Traumatisé par l’accident de Fukushima, le Japon voit son parc de réacteurs nucléaires s’éteindre progressivement. L’arrêt total pourrait être atteint en avril 2012. Le pays perdrait un tiers de sa capacité de production électrique . Une leçon qui fait réfléchir en France. Hervé Nathan, Marianne 28/12/2011
Pour une raison simple : « 46 réacteurs, sur les 54 que compte le Japon, sont à l’arrêt. Ils sont soumis à des inspections à la suite du séisme de forte magnitude, qui les a secoués et à l’accident de Fukushima ». Et dans le climat politique qui suit le désastre de la centrale de TEPCO, aucune autorité ne serait en mesure de déclarer un réacteur apte à reprendre la production. Pire, « au mois de mars et avril, les huit réacteurs restant seront mis à l’arrêt pour subir les inspections obligatoires ».
A entendre les membres de l’OPESCT, un doute existe sur la possibilité, là encore, de voir un jour ces centrales redémarrer. Les Japonais seraient donc en passe de supprimer, en un an, un tiers de leur production électrique. Ce que les Allemands veulent faire en 10 ans au minimum…
« J’ai rencontré les membres du Medef japonais. Ils substituent des économies d’énergies et des importations massives de gaz liquéfié », explique Christian Bataille. Et de plaisanter à moitié : « Les industriels électro-intensifs envisagent de quitter le Japon. Je leur ai suggéré qu’ils recevraient un bon accueil en France… »
Conclusion de Christian Bataille, pourtant farouche partisan de l’atome civil, à l’intention des pouvoirs publics français : « Le nucléaire est fragile et on se rend compte qu’un accident grave peut contraindre à la fermeture de tout le parc, puisque comme au Japon, nous utilisons la même technologie pour nos réacteurs »… Or le nucléaire français, c’est 75% de la prodcution électrique. Son arrêt total et subit serait absolument ingérable.
Du coup l’Opesct, dans le but de réduire les conséquences engendrées par un scénario « à la japonaise » en France, préconise de pousser sur les économies d’énergie et de réduire graduellement la taille du parc électro-nucléaire français, pour qu’il ne représente à terme (en 2050…) que 40% de la production d’électricité.
Ce scénario a un avantage pour les pro nucléaires : permettre de construire quand même une vingtaine de réacteur EPR dans le temps imparti (chaque EPR remplacerait 2 réacteurs plus anciens) et de « boucler » avec la quatrième génération de centrales – dite à neutrons rapides – qui devraient être opérationnelles à cette échéance. Joli scénario.
A moins qu’une catastrophe vienne tout mettre par terre. Comme celle que, fine mouche, Cécile Duflot, secrétaire générale des Verts, a commencé à agiter sur les plateaux de télévision. « Imaginez qu’une catastrophe ait lieu à la centrale du Blayais. Est-ce que l’on se rend compte du coût économique que représenterait la perte du vignoble du bordelais, au milieu de la laquelle se trouve la centrale ? », interroge-t-elle. C’est plus intelligent que d’agiter le spectre de la mort atomique comme le font d’habitude les écolos béats. Et plus réaliste aussi. Pour l’heure, on estime que TEPCO, l’exploitant de Fukushima, devra verser plus de 42 milliards d’euros d’ici 2013, pour indemniser les dommages extérieurs à la centrale. Ça ferait réfléchir plus d’un politique ?
Même si je suis d’accord avec l’idée je trouve le titre assez optimiste car les centrales sont à l’arrêt pour inspection mais rien ne dit qu’elles ne seront pas remises en service plus tard.