Archives Mensuelles: décembre 2011

40 ans pour venir à bout de Fukushima?!

C’est le temps qu’il faudra pour mettre définitivement hors service les réacteurs de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima-Daiichi, au Japon.Créé le 22-12-2011 par Sciences et Avenir

Il faudra 40 ans pour venir à bout des trois réacteurs endommagés de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. C’est la durée annoncée par le gouvernement japonais, qui avait auparavant misé sur une période de 30 ans pour mettre officiellement « hors service » les trois réacteurs. Leur combustible a en partie fondu lorsque les systèmes de refroidissement ont été cassés par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011.
Les trois réacteurs sont désormais dans un « état d’arrêt à froid », a indiqué le premier ministre japonais la semaine dernière. Ce qui signifie que la température des fluides dans les réacteurs demeure en dessous du point d’ébullition mais on est loin de la situation habituelle d’un arrêt à froid qui permet de sortir les barres de combustibles d’un réacteur.Dans le cas de Fukushima-Daiichi, il faut encore imaginer et fabriquer les robots qui vont opérer sur les réacteurs.

Décroissance radioactive

Pour commencer il faut enlever les barres qui se trouvent dans les piscines d’entreposage sans jamais qu’elles se retrouvent à l’air libre – sinon la température peut très brutalement remonter. C’est tout le problème de la chaleur résiduelle des combustibles nucléaires. Même lorsque le réacteur est arrêté, la décroissance des produits issus de la fission continue à dégager une très forte chaleur. Dans des conditions normales d’opération, le combustible sorti du cœur à l’arrêt ne doit jamais se retrouver hors d’eau, «dénoyé» en langage technique.
D’après le nouveau calendrier, les piscines d’entreposage seront vidées de leur combustible dans les deux prochaines années. Viendra ensuite le tour des réacteurs : les débarrasser du combustible prendra 25 ans. 5 à 10 ans seront encore nécessaires pour achever la mise hors d’état des réacteurs.

Sciences et Avenir.fr
22/12/11

Par Sciences et Avenir

Fukushima : un animateur de la télé japonaise se sacrifie pour défendre le Japon

Otsuka Norikazu, un célèbre animateur de la télévision japonaise, a mangé en direct durant son émission à la télé des légumes et d’autres produits provenant de la région de Fukushima. Il voulait démontrer qu’il n’y avait pas de danger de contamination radioactive malgré la gravité de l’accident nucléaire. Mal lui en a pris…. 25 Décembre 2011 par Georges M

Quel est le résultat de son expérience ?

Sur le coup, en mars dernier, la consommation de légumes venant de la région de Fukushima a sans doute moins fléchi qu’en l’absence de cette promotion à la télé. La production agricole des paysans de la région n’a donc pas eu à court terme de résultats aussi catastrophiques que prévu.

Mais aujourd’hui, les résultats sont bien plus incertains en termes de santé publique. L’animateur Norikazu s’est en effet fait contrôler le mois dernier pour avoir ressenti un nodule au cou. Or les médecins lui ont diagnostiqué une leucémie lymphatique très agressive, avec une espérance de guérison de 30 à 40%.

Simple coïncidence ? En tout cas, les japonais s’inquiètent, particulièrement ceux qui ont suivi son exemple en achetant et consommant des légumes dont ils ne pouvaient vérifier le taux d’irradiation par manque de compteurs Geiger.

Pour des détails sur les dangers de la confiance aveugle dans les programmes de télévision nippons, suivre par exemple le lien
http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/fukushima-les-limites-du-cynisme-106087

Vidéo: Survivre au japon,

Inside Story de 2011 Tsunami japonais et la crise nucléaire. Un regard critique sur la manière dont les autorités ont traité la crise nucléaire et soulagement de Tsunami par un Américain qui s’est porté volontaire dans le nettoyage.

Traduction automatique provisoire:

Inside Story de 2011 Tsunami japonais et la crise nucléaire. Un regard critique sur la manière dont les autorités ont traité la crise nucléaire et soulagement de Tsunami par un Américain qui s’est porté volontaire dans le nettoyage. Survivre au Japon est un documentaire réalisé par des bénévoles et le réalisateur Chris Noland. Il est bref, un documentaire sur les événements dévastateurs au Japon et aux mathématiques après qui ont suivi. Le documentaire montre la crise humanitaire et l’aide que les personnes confrontées à la suite des deux catastrophes naturelles et nucléaires. Il dispose d’histoires vraies de ceux touchés par la catastrophe, le gouvernement et même de TEPCO. Il met en lumière la lutte dans le traitement de: Le tsunami de nettoyage, le manque de réponse du gouvernement à la catastrophe, plus le rayonnement futur de l’énergie nucléaire après l’accident, une éventuelle dissimulation de l’Fukushima Dai-ichi en cas de catastrophe nucléaire, et un peu coopératifs gouvernement qui rejette les préoccupations légitimes de santé tout en offrant aux citoyens, avec peu ou aucune information sur les effets de la catastrophe aurait sur ​​leur avenir. "La poursuite de l’utilisation de ces ressources énergétiques limitées ne produira que des résultats limités pour un nombre limité, laissant le reste de la sur le monde de l’équation. " – C. Noland Ce film n’est pas seulement pour le Japon, il est pour le monde. J’ai commencé ce projet en tant que bénévole après le grand séisme Est du Japon. Outre l’évident réveil reçus par l’accident nucléaire est que des débris massifs. Ces débris sont surtout de notre culture de consommation et non renouvelables de vie que nous vivons sur terre aujourd’hui, l’un la terre ne peut pas soutenir indéfiniment. Le but est d’informer, d’éduquer et de changement. J’ai recueilli des entrevues à partir de zéro. Du passage du tsunami réfugiés privés de nourriture et de l’aide, aux responsables gouvernementaux, même à TEPCO. Cette même bureaucratie est celle qui nous empêche de l’énergie non renouvelable et la paix sur terre. Ce documentaire n’est pas seulement pour le Japon, il est pour le monde, parce que si nous ne faisons pas le changement, nous ne serons pas en avoir un.

Le bruit du silence…

Un arrêt à froid en entraîne un autre. Suite à l’achèvement de l’étape 2 de la feuille de route destinée à sortir de la crise nucléaire, le ministre japonais en charge de ce dossier, Goshi Hosono, a indiqué hier que désormais, le gouvernement ne ferait plus de conférence de presse conjointe avec TEPCO Mediapart 21 Décembre 2011 Par Gaiga Kaunta

http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushima-arret-a-froid-de-l-information-93607386.html

Alors que le gouvernement japonais vient de décréter l’arrêt à froid des réacteurs de Fukushima (comme s’il y avait encore des « réacteurs » à Fukushima !), un journaliste japonais indépendant, Tomohiko Suzuki, a donné vendredi une conférence de presse très instructive. Cet homme courageux, journaliste de terrain, s’était fait embaucher à la centrale de Fukushima Daiichi comme ouvrier par l’intermédiaire d’une filiale de Toshiba. Il a pu ainsi enquêter à l’intérieur même du site du 13 juillet au 22 août 2011, assigné à une tâche liée au retraitement de l’eau contaminée. Ses révélations décapantes nous amèneront à nous interroger une nouvelle fois sur la disparition de dizaines, voire de centaines d’ouvriers sur les listes administratives de la centrale nucléaire.

http://fukushima.over-blog.fr/article-les-disparus-de-fukushima-93065109.html

"Et dans la lumière nue j’ai vu
Dix mille personnes, peut-être plus
Des gens parlant sans se parler
Des gens entendant sans écouter
Des gens écrivant des chansons que les voix ne partagent jamais
Et personne qui n’osait
Déranger le son du silence"

Au moins 14.000 décès d’américains imputés aux retombées de la catastrophe de Fukushima

Un article du Journal de Médecine : L’impact semble à peu près comparable à celui de Tchernobyl. Les petits enfants sont les plus durement touchés, une recherche en cours montre un comptage de décès sûrement plus élevé. WASHINGTON, 19 décembre 2011. PRNewswire via COMTEX. 

Diffusez cet article à vos amis pour qu’ils n’ignorent rien de  ce qui se passe avec le nucléaire, qui tue notre avenir, celui de nos enfants.

On estime que plus de 14.000 décès aux États-Unis sont liés aux retombées radioactives de la catastrophe des réacteurs nucléaires de Fukushima, selon un important article de l’édition de décembre 2011 du Journal International des Services de Santé. C’est la première étude spécialisée publiée dans un journal médical à faire connaître les risques sanitaires de Fukushima. Les auteurs Joseph Mangano et Janette Sherman ont écrit que leur estimation des 14.000 décès d’américains dans les 14 semaines après les fusions des réacteurs de Fukushima peut se comparer aux 16.500 décès dans les 17 semaines après la fusion de Tchernobyl en 1986. L’augmentation de décès rapportés après Fukushima a surtout été constatée chez des enfants américains de moins d’un an. L’accroissement de décès infantiles 2010-2011 a été de 1,8%, comparé à la diminution de 8,37% des 14 semaines précédentes.
Exactement 6 jours après la fusion des 4 réacteurs, (donc le 17 mars) des scientifiques ont détecté un nuage de retombées toxiques parvenu au-dessus des plages américaines. Des mesures ultérieures faites par l’Agence américaine de Protection de l’Environnement ont montré aux États-Unis des niveaux de radioactivité de l’air, de l’eau et du lait des milliers de fois au-dessus des normes. Les plus forts taux détectés d’iode-131 en précipitation ont été aux États-Unis les suivants (la norme est environ de 2 picocuries d’iode-131 par litre d’eau) : Boise, Idaho = 390 ; Kansas City = 200 ; Salt Lake City = 190 ; Jacksonville, Floride = 150 ; Olympia, état de Washington = 125 ; et Boston, Massachussets = 92.L’épidémiologiste Joseph Mangano a dit : « Cette étude des risques sanitaires liés à Fukushima est la première à être publiée dans un journal scientifique. Elle ne fait qu’augmenter l’inquiétude et suggère fortement de continuer des études de santé pour comprendre le réel impact de Fukushima au Japon et autour du monde. Les découvertes sont importantes pour le débat actuel sur la construction de nouveaux réacteurs et combien de temps on doit conserver les réacteurs vieillissants en service. »Mangano est directeur exécutif du projet Radiations et Santé Publique, et auteur de 27 articles de journaux médicaux et lettres. Janette Sherman, spécialiste en médecine et toxicologue disait : « En se basant sur notre recherche en cours, le comptage réel des décès ici peut atteindre 18.000 personnes, si on ajoute les grippes et les pneumonies comme cause de décès, qui ont quintuplé dans la période en question. On a vu des morts dans toutes les tranches d’âge, mais nous continuons à réaliser que les petits enfants sont plus durement touchés car leurs tissus se multiplient rapidement, ils ont des systèmes immunitaires moins développés et les doses de radioisotopes sont proportionnellement plus importantes que pour les adultes. »Le Dr Sherman est professeur adjoint à l’université du Michigan et co-éditrice de "Tchernobyl – conséquences d’une catastrophe pour les gens et l’environnement", publié en 2009 par l’Académie des Sciences de New York, et auteur de "Exposition chimique et maladie et Le délicat équilibre de la vie – Causes et prévention du cancer du sein."

Les rapports hebdomadaires des centres de contrôle et de prévention des maladies établissent le nombre de morts pour 122 cités américaines avec une population supérieure à 100.000 habitants, c’est à dire entre 25 et 30% des États-Unis. Dans les 14 semaines après l’arrivée des retombées de Fukushima aux US (entre le 20 mars et le 25 juin), les morts rapportées aux centres de contrôle des maladies ont augmenté de 4,46% par rapport à la même période de 2010, comparé aux seuls 2,34% dans les 14 semaines précédentes. Les décès en excédent pour tout les US pendant cette période sont d’environ 14.000.

Regarder le début de la vidéo, cliquer sur CC pour avoir les sous titres en français: transcrire la piste video: Ok, traduire les sous titres: français.

SOURCE

http://www.marketwatch.com/story/medical-journal-article-14000-us-deaths-tied-to-fukushima-reactor-disaster-fallout-2011-12-19


L’article sera publié mardi et sera disponible sur le web à 11 h à l’adresse suivante : http://www.radiation.org

Traduit par Hélios pour le Bistro bar Blog

Lorsque l’EPR de Flamanville facilite le financement d’un golf

Le salaire de la peur ou le prix du silence?

Au moment où les autorités de Fukushima demandent à Tepco de démonter ses installations dans la préfecture, les édiles de la Manche tendent l’escarcelle afin de récupérer des subventions pour agrandir un golf. Parallèle terrible. Le conseiller spécial de François Hollande n’a t il rien vu à Fukushima? De plus ce choix "économique"  est bien atterrant quand on connait le taux de chômage de la Manche et quand on sait que  le public local n’y est pas attendu. Il y a surement d’autres activités prioritaires à soutenir. 

Le site Biactu rapporte: La ville de Cherbourg-Octeville (Manche) va pouvoir agrandir son terrain de golf et passer ainsi de 9 à 18 trous, sans verser le moindre centime grâce à un financement rendu possible par l’EPR de Flamanville… EDF va en fait verser 500.000 € au titre des mesures de compensation pour le chantier de la centrale.

Durant des années, la mairie de Cherbourg-Octeville est restée persuadée que le développement de son golf pouvait être un atout sportif, touristique et économique pour le Cotentin. Créé en 1972, le golf de La Glacerie demeure le seul de l’agglomération cherbourgeoise. Mais, avec seulement neuf trous, il n’a jamais tenu les ambitions économiques que ses promoteurs avaient placées en lui.
La commune de Cherbourg-Octeville l’a acheté en 2002 alors qu’il était en situation financière précaire, pour lui éviter de disparaître. La seule solution préconisée par les adeptes de ce loisir -essentiellement de Grande Bretagne- était une extension à 18 trous. En revanche, le maire, Bernard Cazeneuve, a toujours refusé d’investir de l’argent public dans ce sport.

«Une aubaine pour le projet»
La situation s’est débloquée grâce au chantier de l’EPR de Flamanville et la promesse d’EDF de verser 500.000 € dans le cadre des mesures de compensation. «Nous avons bénéficié de cette subvention, qui s’inscrit dans le cadre des programmes d’investissements publics pour favoriser les équipements installés autour du site de l’EPR de Flamanville, précise Laurence Talvalt, directrice générale adjointe du développement de Cherbourg-Octeville. C’est effectivement, une aubaine, car sans cette subvention, nous n’aurions pas pu poursuivre ce projet… C’est assez légitime d’obtenir de la part d’EDF cette somme, car la poursuite du projet représente un impact sur l’économie du Cotentin, via l’activité du chantier de l’EPR de Flamanville.»

Une fois, la subvention versée, la réflexion a pu reprendre. Mais avec un nouveau préalable fixé par le maire de Cherbourg : « préserver l’activité agricole ». Les négociations avec les agriculteurs ont été menées en collaboration avec la Safer et ont abouti.

«L’acquisition du foncier est avant tout une première étape, indique Laurence Talvat. La Ville de Cherbourg a acheté 29 ha, dont 4 seront cédés à des agriculteurs en compensation de la perte de terres équivalentes, les autres étant indemnisés. Le coût total des achats et indemnités se monte à 291.000 €. Le conseil municipal a donné son accord, le jeudi 15 décembre, à ces achats. Une fois toutes les transactions bouclées, les travaux de réaménagement du parcours seront engagés. »

Les projets d’études et de conception vont débuter dès 2012, et la mairie espère que ce 18 trous attirera «une nouvelle clientèle et favorisera l’économie du Cotentin.»
Biactu Jean-Michel Enault © Sébastien Chabas (19/12/2011)

Un article au hasard du web et datant du 8 novembre :

"Depuis le passage du parcours de 9 à 18 trous à l’été 2008, les finances peinent à suivre au golf de Vire-La Dathée. Le déficit atteindra 62 000 € à la fin de la saison. La mairie et l’association qui gère la structure ont rendez-vous demain en mairie …"

Enfin comme les centrales nucléaires, les golfs sont de grands consommateurs d’eau. Avec les sécheresses à répétition, va -t-on demain priver l’agriculture et la population d’eau pour faire verdir les golfs?

Photovoltaïque : lettre ouverte à Mme La Ministre de l’écologie et du développement durable.

Une filière explosée, 18000 emplois sacrifiés au nom du nucléaire.

Témoignage d’un breton à la Ministre,  Par 7ecologique le lundi 28 novembre 2011

Voir en fin d’article quelques liens intéressants

Madame la Ministre,

Je me permets de vous déranger un court instant pour vous informer de la mort par asphyxie de la société One Network SARL, entreprise au statut de JEI depuis 2007 et évoluant dans le développement de nouvelles technologies photovoltaïques. Prestataire technique et développement de l’entreprise One Network Energies SAS. Ce décès entraine par la même occasion le transfert vers la case pôle emploi des 8 salariés restants.

Depuis décembre dernier nous vivions dans l’espoir d’avoir au moins un peu d’écoute pour notre métier de développeur de solutions solaires dans le domaine des suiveurs deux axes, il semblerait que ces espoirs aient été totalement vains et que notre gouvernement n’ait rien à faire de ses entreprises innovantes et PME, contrairement aux propos tenus dans les médias depuis 48 heures ou l’UMP se gausse de vouloir défendre ce qui fait la force de notre pays à savoir les PME et TPE. Pur racolage pré électoral ……. La vérité est beaucoup plus triste !

Une grève de la faim n’aura pas suffit à vous sensibiliser, pas plus que la disparition de centaines de PME et de milliers d’emplois depuis le 1er Janvier de cette année.

Vos arrangements pour tuer la filière, n’auront trompé personne, encore moins lorsque je me remémore vos propos lors de notre entretien téléphonique du mois de juillet, où vous m’aviez avoué que la situation était connue du gouvernement depuis 18 mois et que vous saviez (le gouvernement) que cela allait partir rapidement en vrille (je cite vos propos mot pour mot !).

Ceux-ci ont une portée toute particulière pour nous, les sacrifiés de cette filière, à savoir que le gouvernement de Mr Sarkozy, par la voix de ses ministres a ouvertement encouragé les entrepreneurs Français de la filière solaire, à aller dans le mur.

Savoir, mais ne rien faire pour éviter les drames humains cela s’apparente à de la non assistance à personnes en danger, de la dissimulation volontaire, à un manquement à la plus élémentaire des règles de prévention dans le cadre d’un principe de précaution.

Je me remémore vos propos de juillet dernier me disant que la situation complexe issue du moratoire, ne pouvait être résolue que dans le cadre juridique. Vous m’avez d’ailleurs rappelé à quel point ce cadre juridique pouvait être brutal et inhumain.

Vous vous êtes barricadée derrière ce mur et sous ce parapluie, en affichant une volonté de façade pour résoudre les situations, alors qu’actionnaire d’ EDF à 84,48% à qui appartiennent à 100% les filiales ERDF et EDF EN, vous, l’Etat, aviez l’entière faculté de résoudre ce gâchis. Loin de là, vous avez agi en avouant que vous n’aviez aucune maîtrise de vos sociétés publiques ni pouvoir sur leurs dirigeants, quand ce n’est pas l’inverse qui se produit.

Je me souviens aussi de vos paroles amères à l’encontre de Jean Louis Borloo, responsable selon vous de cette situation et surtout de sa non volonté à porter le poids du moratoire photovoltaïque. J’eusse pensé qu’au sein d’un même gouvernement, le sérieux des ministres en exercice, s’agissant quand même de l’avenir et de la pérennité de centaines de PME et de milliers d’emplois, prenait le pas sur tout autre considération. Au lieu de cela, le comportement irresponsable du gouvernement, et les manquements à l’information de vos concitoyens, ont entraîné des centaines de faillites, des milliers de licenciements, ainsi que des suicides de porteurs de projets ruinés, souvent agriculteurs touchés par d’autres fléaux.

Vous saviez, mais vous n’avez rien fait pour prévenir, protéger, informer, stopper ce massacre en bonne et due forme. La responsabilité du gouvernement est pleine et entière.

Vous avez ainsi fait le lit des spéculateurs, que vous connaissiez parfaitement, qui d’une manière informée ont sauté sur l’aubaine comme des vautours sur une proie. Ces spéculateurs n’ont apporté que de la misère, aucun savoir faire, aucune innovation, seule la connaissance des bons coups à faire et rapidement avant que la bulle n’explose.

Vous avez laissé EDF via sa filiale EDF EN agir au mépris de la loi en s’arrogeant des droits de production pharaoniques (Toul, 143 MWc, récemment visitée par Mme Nadine Morano sous la huée de ses propres militants), alors que la loi limite à 12 MW la construction d’un projet solaire, et surtout impose la fourniture d’un permis de construire accepté lors du dépôt d’une demande de PTF. EDF, a eu des centaines de mégawatts de projets validés, sans permis de construire préalable et au mépris de toutes les lois.

Vous avez laissé EDF EN utiliser le fichier de demandes de raccordement ERDF ayant une PTF « hors moratoire ». ERDF, en bon complice, a en effet transmis ce fichier en Décembre 2010 permettant à EDF EN de relancer l’ensemble des porteurs de projet, nos prospects en grande partie, en précisant que « eux seuls avaient la faculté de mener ces projets à terme » !

Concurrence déloyale, transmission de fichiers privés au mépris de la loi informatique et liberté. Je rappelle ici que l’Etat étant actionnaire majoritaire d’EDF, est donc par la même occasion complice des actes réalisés par cette entreprise publique et ses filiales.

Alors dans ce maelstrom, me faire dire lors de notre entrevue, dans votre ministère, par la voix de votre chef de cabinet, que le gouvernement n’a aucune possibilité d’agir au niveau de ERDF ou de EDF, est tout bonnement se foutre de nous et nous prendre pour de sinistres imbéciles. Vous savez rappeler aujourd’hui à Areva qu’il n’y aura aucun licenciement en France, vous avez été moins regardant pour le photovoltaïque à l’époque où les enjeux électoraux n’étaient pas encore aussi risqués.

Il suffisait d’un peu de bon sens pour faire la différence entre les projets spéculatifs et les projets constructifs, il suffisait d’un peu d’humanité et d’ambition pour que les industriels Français aient la place qui leur revenait dans la progression du solaire Français, mais de cela rien n’a été.

Enfin, encore lors de notre conversation téléphonique du mois de Juillet, me dire que le moratoire a été fait pour ne pas laisser la porte ouverte « aux gros » , EDF et EDF EN entre autre, est aussi de la démagogie à l’état pur. Aujourd’hui, EDF et EDF EN propriété de l’état Français à hauteur de 84,48%, se sont arrogés plus de la moitié des parcs solaires Français, dont certains construits dans la plus grande illégalité quand ce n’est pas sur des terres agricoles.

Vous avez crié au scandale parce que la majorité des projets solaires étaient fait avec des panneaux chinois, d’ailleurs vous avez motivé le moratoire en grande partie sur cette argumentation. Dans un même temps EDF installe des centaines de mégawatt de photovoltaïque constitués de panneaux Chinois ou Américains, en embauchant une main d’œuvre Roumaine et Polonais, (cf. Toul), c’est l’hôpital qui se fout de la charité…… En tuant les professionnels du photovoltaïque Français vous avez d’une manière déloyale et dépourvue de tout sens moral protégé vos intérêts et ceux des oligopoles.

Encore plus pervers pour finir : EDF, par la voix de son PDG, crie au scandale parce que la charge CSPE liée au solaire photovoltaïque devient, à leur goût trop importante et entraine selon eux, un déficit grandissant dans leur comptes. Se foutre du monde à ce stade est un exercice qui mérite d’apparaître dans le Guinness des records. EDF est directement ou indirectement par ses filiales, la société Française qui capte le plus de bénéfices liés à cette CSPE, tout bonnement parce que EDF est l’exploitant de centrales solaires le plus important de France………… j’en aurai la larme à l’œil la prochaine fois que je paierais ma facture d’électricité.

Non vraiment, « vous nous avez pris pour des veaux », comme le disait si bien le Général de Gaulle, seulement, vous avez aussi détruit la vie de milliers de gens, honnêtes, travailleurs et créatifs. Un ami d’un pays en voie de développement m’avait dit « tu sais moi je ne demande pas de beurre sur ma tartine, la tartine me suffit », en parlant de sa condition financière locale, et bien, Mme le Ministre, vous nous avez aussi pris la tartine sur laquelle d’ailleurs nous n’avons pas eu le temps de mettre du beurre !

Quoiqu’il en soit, de part vos actes déloyaux et scandaleux, dépourvus de toute morale et d’honnêteté, de part vos mensonges et discrédits portés à l’encontre de la filière photovoltaïque auprès de l’ensemble des Français depuis maintenant 18 mois, nous sommes maintenant des centaines de chefs d’entreprises et de salariés à avoir un peu de temps libre et pour cause, vous avez pulvérisé nos outils de travail et l’ensemble de nos investissements humains et financiers.

Vous pouvez être sure que celui-ci va être mis à profit ces prochains mois en marge des procédures initiées à l’encontre de l’Etat et de ERDF, pour donner aux Français preuves à l’appui, des éléments factuels pour les yeux et les oreilles, de cette machination, admirablement bien orchestrée d’un point de vue médiatique par l’ETAT, et qui aura coûté et va coûter dans l’avenir, au peuple Français des milliards d’Euros.

Cette période pré électorale nous donnera sans doute l’écoute populaire que nous attendons.

Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, mes sincères salutations.

Franck Le Borgne Ex actionnaire de One Network SARL – Locqueltas 56390

http://www.onenetwork.fr/energies/

L EPR le réacteur le plus dangereux du monde

Une interview de Bernard Laponche par Agnès Sinaï. A la lumière de Fukushima, l’EPR peut être regardé non pas comme le réacteur le plus sûr, mais comme le plus dangereux du monde. Son coeur est plus gros que tous les réacteurs actuels, atteignant 1.650 MW, soit le double des réacteurs accidentés de Fukushima. Le projet de fonctionner avec un coeur jusqu’à 100 % MOX multiplie par 5 à 6 le taux de plutonium par rapport aux réacteurs actuels. S’il intègre de nouveaux dispositifs censés réduire le risque d’accident, l’EPR présente un potentiel de danger considérablement augmenté.

Actu Environnement : Quels sont les principaux risques nucléaires ?

Bernard Laponche : Un réacteur nucléaire produit d’un côté de la chaleur et de l’électricité, de l’autre des produits radioactifs, du plutonium et des transuraniens extrêmement dangereux. Personne n’arrive ni à les faire disparaître, ni à les transformer de façon significative. Les trois grands risques nucléaires sont donc les déchets radioactifs, l’accident majeur et la prolifération. Ce sont ces trois arguments qui ont été la base de la sortie allemande du nucléaire.

AE : Quelles sont les probabilités d’accident nucléaire majeur ?

BL : L’accident grave et l’accident majeur ont été réputés impossibles pendant à peu près un demi-siècle. Les discussions reposaient sur le fait que certes un accident grave était quelque chose de très grave, voire de catastrophique, mais que la probabilité était tellement faible qu’en fait cet accident était impossible. Et c’est ce raisonnement de base qui fait qu’on a installé des centrales nucléaires un peu partout. Or des accidents se sont produits : grave à Three Mile Island, majeurs à Tchernobyl et Fukushima, c’est-à-dire par deux fois dans des réacteurs à eau à uranium enrichi. Les probabilités avancées étaient de 1/100.000 par réacteur et par an pour un accident grave, et de 1/ 1.000.000 par réacteur et par an pour un accident majeur. Le parc mondial actuel de centrales nucléaires compte environ 440 réacteurs en fonctionnement. Selon ce raisonnement, l’occurrence attendue sur le parc mondial de 450 réacteurs en service pendant 30 ans donnerait une occurrence attendue de 0,014 accident majeur pour l’ensemble du parc. Or l’occurrence constatée a été de quatre réacteurs ayant connu un accident majeur (un réacteur à Tchernobyl et trois à la centrale de Fukushima), soit un nombre d’accidents environ trois cents fois supérieur à ce qui était attendu sur la foi des probabilités théoriques.

AE : La probabilité d’un accident grave est-elle prise en compte dans la conception des réacteurs ?

BL : La sûreté nucléaire, c’est très compliqué. Sur une technologie qui est celle des réacteurs à eau, technologie qui a quand même 50 ans, il continue à y avoir des recherches colossales sur les questions de sûreté – en chimie, en métallurgie, en neutronique… Ces recherches sont consultables. Selon l’IRSN, l’accident grave type Three Mile Island n’est pas pris en compte dans la conception des réacteurs existants en France. Par exemple la rupture de circuit primaire, la perte totale de refroidissement, la rupture de la cuve du réacteur. L’inondation en 1999 de la centrale du Blayais a été un accident précurseur, certains équipements importants pour la sûreté ont été inondés comme les pompes d’injection de sûreté et les systèmes d’aspersion des unités 1 et 2. Si l’eau était montée d’un mètre de plus, on avait un accident grave, voire majeur, l’évacuation de Bordeaux était envisagée.

Deuxième document de l’IRSN, les risques de rupture de cuve. L’IRSN nous dit que pour tel et tel réacteurs qui sont cités, Cruas 1, Dampierre 4, etc., la cuve pourrait connaître, en cas de situation incidentelle ou accidentelle, une rupture brutale au bout de 35 ans – et elles arrivent à cet âge. Va-t-on arrêter les centrales qui contiennent ces pièces problématiques étant donné qu’elles ne peuvent pas être changées ? Il y a là un grand point d’interrogation. Autre exemple, les enceintes de confinement. Tous les réacteurs de 900 MW ont une seule enceinte de confinement, c’est à partir de 1.300 MW qu’il y a deux enceintes de confinement. C’est donc qu’on a pensé que du point de vue de la sûreté, il faut mettre deux enceintes. Alors quid des premiers ? Faut-il mettre une deuxième enceinte sur les 900 MW ? Beaucoup de questions restent préoccupantes et datent d’avant Fukushima.

AE : Quels sont les problèmes posés par le Mox ?

BL : Le Mox est un combustible constitué d’un mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium utilisé particulièrement en France. L’extraction du plutonium remonte à son usage militaire, puis il a été utilisé dans les surgénérateurs. Aujourd’hui, il y a des combustibles Mox dans les réacteurs à eau sous pression. Le combustible Mox est une calamité. Parce que le plutonium est extrêmement dangereux et extrêmement radioactif. Parce qu’un kilogramme de combustible Mox est un million de fois plus radioactif qu’un kilogramme d’uranium naturel. Parce ce que le Mox pose des difficultés du point de vue du chargement et du déchargement des combustibles. Parce que ces combustibles, une fois sortis du réacteur, restent beaucoup plus longtemps en piscine et ne sont pas retraités du fait de leur dangerosité. Et que donc le fait de « moxer » une centrale accroît le risque en cas d’accident. Sans mettre en péril la production d’électricité, Areva pourrait arrêter de fabriquer du Mox et EDF de l’utiliser (cela lui coûterait moins cher). Car contrairement à ce qui est dit, les réacteurs actuels et même l’EPR n’ont pas besoin de Mox pour fonctionner. L’EPR finlandais, si un jour il démarre, démarrera sans Mox.

AE : Quelles sont les questions en suspens quant à la sûreté du futur EPR ?

BL : Le réacteur EPR, qui risque d’être le « Rafale » du nucléaire, est dit réacteur de 3ème génération. Il est en fait le dernier palier des réacteurs à eau. Simplement, il est plus puissant, sa durée de vie est plus longue (au lieu de 30-40 ans, il doit atteindre 60 ans), le combustible est plus enrichi, il produit plus d’énergie, son rendement est de 35 %, ce qui est quand même moins bien que les centrales à cycle combiné à gaz, d’un rendement de 55 %, qui, par ailleurs, ne produisent pas de déchets radioactifs. Il s’agit donc d’une machine plus grosse, plus puissante, plus irradiée que les précédentes.

Si vous voulez construire une maison, il vous faut un permis de construire. Pour un EPR, l’autorisation finale est donnée après la mise en service industrielle, soit après le démarrage du réacteur. Ce qui veut dire que l’ASN pourrait ne pas autoriser le démarrage à la fin du chantier… Cela arrivera-t-il ? En effet, de nombreuses questions se posent. Premièrement, le système de contrôle commande a fait l’objet d’une lettre d’interrogations conjointes des trois autorités de sûreté de Finlande, France et Royaume-Uni, sans réponse réponse officielle à ce jour. Deuxièmement, le « cendrier à corium », innovation emblématique de l’EPR, est supposé garantir qu’en cas de fusion des éléments combustibles du réacteur, la masse des éléments fondus (le corium), soit maintenue dans l’enceinte de confinement. Mais la pertinence de ce système est contestée par de nombreux experts, qui estiment au contraire qu’il pourrait provoquer de violentes explosions de vapeur. Troisièmement, l’EPR pourrait fonctionner jusqu’à 100 % avec du MOX, ce qui pose des problèmes spécifiques de chaleur et d’intégrité du combustible. Quatrièmement, des questions se posent sur la vulnérabilité des diesels de secours en cas d’inondation.

A la lumière de Fukushima, l’EPR peut être regardé non pas comme le réacteur le plus sûr, mais comme le plus dangereux du monde. Son coeur est plus gros que tous les réacteurs actuels, atteignant 1.650 MW, soit le double des réacteurs accidentés de Fukushima. Le projet de fonctionner avec un coeur jusqu’à 100 % MOX multiplie par 5 à 6 le taux de plutonium par rapport aux réacteurs actuels. S’il intègre de nouveaux dispositifs censés réduire le risque d’accident, l’EPR présente un potentiel de danger considérablement augmenté.

* Bernard Laponche est physicien nucléaire, ancien ingénieur au Commissariat à l’énergie atomique, consultant international dans le domaine de l’énergie et co-auteur, avec Benjamin Dessus, de En finir avec le nucléaire. Pourquoi et comment (Seuil, octobre 2011).

Agnès Sinaï

Pour en savoir plus:

Pourquoi il faut abandonner l’EPR de Flamanville?

En pleine polémique, EDF se prépare à abandonner l’EPR.

Mox: de qui se moxe t on?