Archives Mensuelles: février 2012

l’industrie nucléaire en déclin

Bien avant cette catastrophe, l’industrie nucléaire dans le monde était déjà en déclin selon un nouveau rapport publié par le Worldwatch Institute. "L’industrie nucléaire était déjà sans doute en sursit. Dans l’écriture de l’histoire de l’industrie nucléaire, Fukushima est susceptible d’être son dernier chapitre." a déclaré Mycle Schneider, consultant international sur les questions d’énergie et de politique nucléaire, auteur principal du nouveau rapport "The world nuclear industry status report 2010-2011 – Nuclear Power in a Post-Fukushima World 25 Years After the Chernobyl Accident". Publié par polo le 27 Septembre 2011 à 15 44

En effet, le parc nucléaire est vieillissant et peu de nouvelles unités sont en construction : la moyenne d’âge des réacteurs nucléaires en fonctionnement dans le monde est de 26 ans. C’est pourquoi, certaines compagnies d’électricité nucléaire envisagent de prolonger la durée de vie de leurs réacteurs à 40 ans ou plus. Vu que l’âge moyen des 130 unités déjà fermées est d’environ 22 ans, doubler la durée de vie des réacteurs encore en fonctionnement reste un pari bien optimiste, surtout si l’on prend en compte la catastrophe nucléaire de Fukushima. Le gouvernement allemand a d’ailleurs pris la mesure du risque suite à cette catastrophe en prenant la décision de suspendre l’activité de tous les réacteurs de plus de 30 ans. 
Au 1er avril 2011, il y avait 437 réacteurs nucléaires en fonctionnement dans le monde, c’est sept de moins qu’en 2002. L’AIEA compte actuellement 64 réacteurs en construction dans 14 pays. Par comparaison, à l’apogée de la phase de croissance de l’industrie en 1979, il y avait 233 réacteurs en construction en même temps. Et, en 2008, pour la première fois dans l’histoire de l’énergie nucléaire, aucun nouveau réacteur n’a été démarré. Sept nouveaux réacteurs ont été ajoutés en 2009 et 2010, tandis que 11 ont été fermés durant cette période. Dans le premier trimestre 2011, deux nouveaux réacteurs ont été mis en service. 
En Europe, toujours au 1er avril 2011, 143 réacteurs étaient officiellement opérationnels, une baisse notable par rapport au maximum historique de 177 unités en 1989. Bien sûr, le nombre de réacteur n’est pas une indication suffisante et la production totale doit être prise en compte. Or, en 2009, les centrales nucléaires ont produit 2 558 térawattheures (TWh) d’électricité, c’est environ 2 % de moins que l’année précédente. En 2010, 16 des 30 pays producteurs d’énergie nucléaire ont maintenu la part de cette énergie dans leur production totale tandis que neuf l’ont diminué et 5 l’ont augmenté. 
Le rôle de l’énergie nucléaire dans la production d’énergie décline régulièrement et ne représente qu’environ 13 % de l’électricité produite dans le monde et 5,5 % de l’énergie primaire commercialisée. 
Depuis près de 15 ans, l’énergie nucléaire ne parvient plus à concurrencer le dynamisme insolent des énergies renouvelables. Aux Etats-Unis, la part des énergies renouvelables dans les ajouts de nouvelles capacités de production d’électricité est passé de 2 % en 2004 à 55 % en 2009, sans qu’aucun réacteur nucléaire ne soit construit sur cette période. En 2010, dans le monde, pour la première fois, la capacité de production électrique des énergies renouvelables a dépassé celle de l’énergie nucléaire : 381 gigawatts (GW) contre 375 GW pour le nucléaire. L’investissement total dans les énergies renouvelables, sur cette même année, a été estimé à 243 milliards de dollars. 
Afin d’évaluer le nombre de réacteurs qui devront être remplacés pour maintenir la production électrique actuelle, le rapport a établi un scénario où les centrales actuelles et en construction seraient maintenues en fonctionnement en moyenne pendant 40 ans. Il en ressort que 18 réacteurs supplémentaires devraient être achevés et mis en service avant 2015. Cela correspond à un raccordement tous les trois mois avec l’ajout de 191 unités supplémentaires (175 GW) au cours de la décennie suivante. Or, la réalisation de cet objectif est tout simplement impossible compte tenu des contraintes existantes sur la fabrication des composants d’un réacteur nucléaire, sans prendre en compte les conséquences de la catastrophe de Fukushima. Par conséquent, le nombre de réacteurs en exploitation diminuera au cours des prochaines années, sauf si la limite de 40 ans est davantage repoussée, un scénario de moins en moins probable vu la catastrophe de Fukushima. 
Quant aux nouvelles générations de réacteurs, le projet EPR en construction à Olkiluoto en Finlande, géré par le plus grand constructeur nucléaire au monde, Areva, a tourné au fiasco financier.
Le projet a déjà 4 ans de retard pour un coût total estimé à 5,7 milliards d’euros, soit 90% de plus que le budget initial !
Heureusement, les énergies renouvelables ont un très bel avenir devant elles.

 

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Fukushima, un an après : un reportage exceptionnel de la Télévision Suisse Romande

Dans l’émission « Mise au point » du 26 février 2012, Pierre-Olivier Volet présente un reportage de Georges Baumgartner qui a pu retourner sur les lieux de la catastrophe. Il nous parle sans langue de bois de la collusion des opérateurs et des autorités de surveillance. Lundi 27 février 2012

http://www.tsr.ch/video/emissions/mise-au-point/3812588-fukushima-un-an-apres-georges-baumgartner-a-pu-retourner-sur-les-lieux-de-l-accident.html

Voir le dossier complet:

http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushima-un-an-apres-un-reportage-exceptionnel-de-la-television-suisse-romande-100280618.html

Trois villes de l’ouest du Japon appellent à l’indépendance vis-à-vis du nucléaire

Trois grandes villes de l’ouest duJapon - Kyoto, Osaka et Kobe – ont appelé conjointement lundi la compagnie d’électricité Kansai Electric Power Co. à s’efforcer de se libérer de la dépendance vis-à-vis de l’énergienucléairePar Liu Ying, le 27/02/2012 à 07:28 © Chine Nouvelle (Xinhua). Jeudi se prend à rêver (voir en fin d’article) 

Cet appel fait suite à la crise nucléaire à la centrale de Fukushima Daiichi provoquée par le tremblement de terre de mars 2011. Dans une demande écrite présentée à Kansai Electric Power Co., les trois municipalités ont aussi appelé la compagnie à révéler les informations relatives à la demande et la fourniture de son électricité ainsi qu’à diminuer et stabiliser les prix de l’électricité, selon l’agence de presse Kyodo News.

Le maire de la ville d’Osaka, Toru Hashimoto, a l’intention de proposer de s’affranchir de la dépendance vis-à-vis l’énergie nucléaire lors d’une réunion des actionnaires en juin.

Osaka dispose d’une part de 9% dans Kansai Electric, tandis que les villes de Kobe et de Kyoto détiennent chacune une part de 3% et 0,45% respectivement.

Kansai Electric possède 11 réacteurs et produisait la moitié de son électricité grâce à l’énergie nucléaire avant la survenue du puissant tremblement de terre dans le nord-est du Japon en mars dernier, mais ses 11 réacteurs sont actuellement à l’arrêt pour inspection.

Jeudi se prend a rêver: la Communauté urbaine de Cherbourg veut qu’ EDF accroisse son son indépendance vis à vis de l’énergie électrique  nucléaire de Flamanville … Rennes Métropole lui emboîte le pas.. Elles s’engagent vers la frugalité énergétique et convertissent leurs activités aux ENR… Tiens tiens les Municipales c’est en 2014… qu’on se le dise…

Malgré le drame de Fukushima, cinq pays se lancent dans le nucléaire

Cinq pays vont se lancer dans l’aventure nucléaire en 2012. Ils vont commencer cette année à construire leurs premières centrales nucléaires malgré la catastrophe de Fukushima, a indiqué vendredi un haut responsable de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). RTBF  Monde  samedi 25 février 2012

"Nous nous attendons à ce que cette année le Vietnam, le Bangladesh, les Emirats arabes unis, la Turquie et le Belarus commencent à construire leurs premières centrales nucléaires", a déclaré Kwaku Aning, directeur adjoint de l’AIEA lors d’une conférence à New York.

La Jordanie et l’Arabie saoudite pourraient suivre leur exemple en 2013, a-t-il ajouté.

Une soixantaine de pays ont pris contact avec l’AIEA depuis un an pour lui faire part de leur intention de se lancer dans un programme nucléaire, a précisé Geoffrey Shaw, directeur du bureau de l’AIEA aux Nations unies lors de la même réunion.

Selon M. Aning, tous les pays qui envisagent de se doter de centrales nucléaires ont interrogé très précisément l’agence sur la sécurité, après l’accident survenu à la centrale japonaise de Fukushima en mars 2011.

Ces pays "tirent tous des leçons de ce qui s’est passé à Fukushima", a-t-il assuré. "Les pays en développement sont très conscients du fait que si la sécurité n’est pas assurée, personne ne voudra leur fournir la technologie.Mais certains pays n’ont pas d’autre choix", a-t-il encore dit, comme la Jordanie qui n’a pas de ressources pétrolière ni gazière.

On croit rêver …… quand on connait le niveau de compétences de ces pays… à moins qu’ils ne s’en remettent aux multinationales du nucléaires pour les exploiter dans  tous les sens du terme…

Si on arrête Flamanville, on fait quoi ? Un parc d’attractions !.

L’idée d’une fermeture de Flamanville n’est plus si farfelue. Ecologistes et socialistes viennent de signer un accord en vue de gouverner ensemble en 2012, et si François Hollande entend poursuivre, s’il est élu, le chantier du réacteur l’EPR, ce dernier est désormais suspendu aux résultats d’un audit prévu par l’arrangement conclu entre le PS et Europe Ecologie – Les Verts. Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89 Novembre 2011

Il y a ceux pour qui les trois milliards d’euros déjà investis justifient de terminer le chantier, même si les faiblesses du réacteur nucléaire troisième génération, présenté par EDF comme celui du futur, s’accumulent :

  • pas de raccordement au réseau avant 2016,
  • une facture totale d’au moins six milliards d’euros
  • de nombreux rappels à l’ordre de l’Autorité de sûreté nucléaire

En face, les opposants à l’EPR ne veulent pas passer pour des destructeurs d’emplois et cherchent un avenir au site.

Kalkar, un parc d’attraction à succès

Comme le fait remarquer le réseau Sortir du nucléaire :

« Il coûte infiniment moins cher d’arrêter le chantier d’une centrale nucléaire qui n’a jamais démarré, comme le réacteur nucléaire allemand de Kalkar reconverti en parc d’attractions, plutôt que d’essayer de le démanteler après que son fonctionnement l’aura rendu hautement radioactif. »

Kalkar ? L’Allemagne avait en effet renoncé à faire fonctionner en 1991 ce surgénérateur pourtant terminé en 1986 et qui avait déjà englouti 3,5 milliards d’euros, après sept ans de retard. En 1995, la bête, qui coûtait 50 millions d’euros par an et employait 220 personnes pour son entretien et sa sécurité, a été rachetée par un investisseur néerlandais, qui en a fait un parc d’attractions. Le site accueille désormais des centaines de milliers de visiteurs par an. L’acheteur a fait une bonne affaire (il l’aurait payée seulement 1,5 million d’euros) mais l’Etat allemand également, puisque les travaux de démolition auraient coûté plusieurs dizaines de millions d’euros. Aujourd’hui, Wunderland Kalkar, sur les bords du Rhin, est « l’exemple d’une reconversion réussie », selon Developpementdurable.com :

« L’ancienne tour de refroidissement, déguisée en piton rocheux, fait désormais office de mur d’escalade permettant aux plus audacieux de grimper jusqu’à 55 mètres de hauteur. Et à l’intérieur de celle-ci est installé un manège ! Grande roue, balançoires, bowling, minigolf… donnent à cette ancienne centrale un authentique air de fête foraine. »

Des crocodiles dans les eaux de Civaux

Aux Philippines, la centrale nucléaire de Bataan, qui a laissé une ardoise de 2,3 milliards de dollars sans avoir jamais produit le moindre kilowatt, est en sommeil depuis 1984. Après Fukushima, le directeur régional du tourisme a annoncé à l’AFP que l’usine serait ouverte aux visiteurs :

« Ce sera une expérience pédagogique. Vous pourrez voir toutes les machines, tout l’équipement et comprendre ce qui est arrivé à Fukushima et ce qui n’arrivera pas à Bataan. »

En France, les centrales en démantèlement partiel ou total (Superphénix, Brennilis, Chinon, Saint-Laurent et Bugey) sont encore bien trop radioactives pour imaginer de futurs parcs d’attraction – les déboires du démontage du réacteur expérimentale de Brennilis en témoignent. La chance de Flamanville, font valoir les écolos, serait d’être arrêtée avant même d’avoir fonctionné. Sa malchance est que, adossée à deux autres centrales nucléaires, elle pourra difficilement être transformée en parc d’attractions. Sollicité, EDF n’a pas répondu à nos questions sur une telle éventualité. Au mieux, les touristes pourront-ils profiter des piscines extérieures. Comme à Civaux, dans la Vienne, où les rejets d’eau chaude de la centrale sont utilisés par La Ferme aux crocodiles. Ailleurs, cette eau, non radioactive et habituellement rejetée dans les rivières, est parfois réutilisée pour le chauffage.

Pour Jeudi, l’abandon permettra d’éviter un accident et une catastrophe pour le Cotentin , la Normanide, L’ouest de la France et plus encore. 

Voir les articles relatifs à l’EPR sur ce blog:

L EPR le réacteur le plus dangereux du monde

Près de Fukushima, la mairie d’un petit village sert toujours de refuge

Janick Magne, candidate Europe Ecologie – Les Verts aux législatives 2012 pour les Français d’ex-URSS, d’Asie et d’Océanie, est allée à la rencontre des réfugiés de Fukushima. Témoignage 25/02/2012  Rue 89

Katsutaka Idogawa ne décolère pas. Le maire de la petite ville de Futaba, commune de la zone interdite qui se trouve tout près de la centrale nucléaire accidentée, reçoit les visiteurs dans sa mairie provisoire : une salle au rez-de-chaussée d’un lycée désaffecté.

C’est là qu’il s’est réfugié il y a près d’un an déjà avec 1 300 de ses administrés, soit 20% des habitants de sa commune. Aujourd’hui, les deux tiers d’entre eux ont quitté le refuge, notamment ceux qui avaient des enfants. Car la vie n’est pas simple quand s’agit de partager des salles de classe à plusieurs familles pendant des mois, nuit et jour.

Ceux qui en avaient l’énergie et la possibilité ont cherché travail et logement ailleurs. Ceux qui ne s’y font pas se sont mis à boire et perdent de l’argent au « pachinko » (machines à sous) de la ville voisine. Essentiellement agriculteurs, pêcheurs, commerçants ou employés de la centrale, les habitants de la petite ville sont maintenant dispersés à travers le pays.

Mais le maire assure qu’il garde le contact avec tous les évacués, où qu’ils soient. Ceux qui étaient employés chez Tepco, l’opérateur des deux centrales de Fukushima, sont restés dans leur région d’origine, dans des refuges ou des préfabriqués d’urgence. Certains ont démissionné.

« On s’est laissé acheter » par Tepco

Monsieur le maire se souvient de l’achat de leurs terres à prix d’or. Ceux de Tepco donnaient ce qu’on voulait : « Vendez, vendez, vous n’aurez plus besoin de vos terres ! » A l’époque personne ne possédait de voiture à Futaba, la pauvreté était le lot commun.

Tepco a changé cela : en modifiant le paysage d’abord, rasant les collines pour mettre la centrale au ras de l’océan, asséchant les sources (en oubliant de mettre des drains au passage). Et en changeant les mentalités ensuite.

Ceux qui travaillaient une heure par jour à la centrale pour un salaire normal se doutaient bien qu’il y avait du danger mais préféraient ne pas savoir. Que la mairie soit bien trop belle et bien trop grande pour 7 000 habitants, c’était surprenant, mais on préférait s’en réjouir.

« On s’est laissé acheter », dit le maire. Il m’assure qu’il a toujours su le danger : ado, il avait travaillé à la centrale, il la connaissait, de même que les 1 000 employés de Tepco originaires de Futaba.

Tout le monde souffre de dépression

Quand il parle de l’accident du 12 mars, c’est douloureux à entendre :

« Les morceaux de la centrale volaient dans l’air et tombaient sur nous comme des flocons de neige. J’ai compris qu’on était finis. »

Depuis, lui et de nombreux réfugiés saignent du nez tous les jours. Son système pileux a disparu, sauf au niveau de la tête et du pubis. Mais les soins ne suivent pas : ils n’arrivent pas à se faire examiner correctement, on leur dit seulement de ne pas s’inquiéter.


Un papy de 80 près du kotatsu, dans une salle commune de Futuba, Japon (Janick Magne)

 

Au refuge, tout le monde souffre de dépression. Comment pourrait-il en être autrement ? Les compensations financières tardent à venir : ils n’ont reçu que 14 000 euros, le reste viendra on ne sait quand, mais pas assez pour recommencer une vie normale, pour recréer une exploitation agricole.

« C’est comme la guerre, vous savez. C’est une guerre. »

Tepco rechigne à reconnaître sa responsabilité et un bras de fer se joue en permanence entre l’opérateur, le gouvernement et les victimes. Déclaration la plus récente de l’opérateur : les radionucléides n’appartiennent plus à Tepco mais à ceux chez qui ils sont tombés.


Les affaires des réfugiés, dans une salle commune à Futaba, Japon (Janick Magne)

Ici, les réfugiés ont deux repas froids par jour et des boulettes de riz le matin. Dans les salles communes, que j’ai visitées, des tatamis dépareillés ont été posés sur le parquet, les maigres biens, vêtements donnés, literie à même le sol, s’entassent dans les coins. Une télévision par salle de classe, quelques tables basses, des paravents de fortune en carton brun.

Depuis peu, des bains ont été construits dans un préfabriqué dans la cour et des cabines en carton pour se changer discrètement préservent un peu d’intimité dans les salles communes.

Une dangerosité à géométrie variable

« On nous a volé notre passé, on nous a volé notre vie, nous avons vendu notre futur. »

Le maire me demande de témoigner, de porter son message : ils se sentent abandonnés, ils n’ont plus d’espoir, la centrale les a détruits. Le maire est devenu un ardent antinucléaire.

Tantôt le gouvernement prétend que certains quartiers de la ville pourraient être décontaminés, tantôt il propose d’entasser dans les villes de la zone interdite les milliers de tonnes de gravats et de sols radioactifs dont on ne sait que faire. Le maire ne croit à aucune des deux solutions : comment vivre dans une ville où seuls certains quartiers seraient accessibles ? D’ailleurs, vu les taux de contamination et la quantité de césium répandu partout, il ne peut en être question avant de longues années.

Quant à faire de sa ville un dépotoir nucléaire, il ne se fait pas à l’idée : dans la ville haute, leurs maisons sont encore debout, bien qu’inhabitables. En attendant, le gouvernement tente de disperser les gravats, le bois et les sols radioactifs chargés de césium à travers le pays soit pour les incinérer soit pour les entreposer sous des bâches lorsque le taux de radioactivité est trop important pour envisager l’incinération.

Ce qui révolte le maire : en agissant ainsi, la radioactivité et la contamination s’étendent à tout le pays. Les nouvelles lui donnent raison : certains plats traditionnels d’Okinawa, à l’autre bout du Japon, viennent d’être interdits à la vente ; l’eau utilisée dans leur composition a été filtrée avec du charbon de bois préparé à partir d’arbres de Fukushima : elle est dangereusement radioactive.

Pendant ce temps, les responsables espèrent pouvoir démanteler la centrale dans les quarante ans ; 257 tonnes de combustible dans les trois réacteurs et près de 2 000 tonnes de combustible usé dans les sept piscines de confinement doivent être arrosés sans arrêt. Les conteneurs dans lesquels on conserve l’eau fortement radioactive qui résulte de ces opérations sont pleins et doivent être déplacés mais aucune entreprise ne veut se charger de ce sale boulot.

Monsieur le maire, nous ne sommes pas au bout de nos peines….

La série continue à la centrale de Graveline

1: échelle INES soit Incident

4 grandes entreprises japonaises évacuent deTokyo à Osaka

Mitsubishi Corporation
Mitsui & Co., LTD
La Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ, Ltd
Sumitomo Mitsui Banking Corporation

Posté par Mochizuki le 25 Février, 2012

http://fukushima-diary.com/2012/02/4-major-japanese-corporations-are-evacuating-to-osaka/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+FukushimaDiary+%28Fukushima+Diary%29


La gare de Tokyo est tout autant contaminée que la zone d’évacuation autour de Fukushima

ALERTE : La gare de Tokyo est tout autant contaminée que la zone d'évacuation autour de Fukushima | Environnement et Energies "Autrement" | Scoop.it

Tokyo est hélas contaminé comme le pire endroit de Tchernobyl !

Entre le 21 et 23 février 2012, un utilisateur de Twitter a mesuré le niveau de rayonnement à la gare de Tokyo et il s’est avéré être de 2,94 ~ 6,5 microSv / h.

L’ image ci-dessus est l’une des mesures 6.

Les résultats sont comme ça ci-dessous

1m de hauteur du sol : 6,5 ~ 4,8 microSv / h

Hauteur de 1,8 m du sol : 3,0 ~ 4,2 microSv / h

6,5 microSv / h est converti à 57 mSv / an.

C’est supérieur à 50 mSv / an dans la zone d’évacuation obligatoire à Fukushima.

La raison de ce haut niveau de contamination est supposée être parce que les particules chaudes sont amenés de Fukushima ou du Nord du Japon par les chaussures des passagers.

De l’énergie solaire bon marché grâce à des nanocristaux

Un jour viendra où il n’y aura plus de pétrole. Ce jour-là, si nous avons sous la main des panneaux solaires performants et pas trop chers, il faudra peut-être dire merci à Dongling Ma, professeure au Centre Énergie Matériaux Télécommunications de l’INRS (Québec). Dans son laboratoire, elle fabrique des nanomatériaux qui pourraient rendre l’énergie solaire accessible à tous.

Enerzine 22/02/2012. Les panneaux solaires actuels, faits de silicium, sont onéreux. En plus, ils ont un gros défaut : ils ne transforment en électricité que la lumière visible du Soleil, pas les rayons infrarouges. Or, ces rayons chauds et invisibles représentent près de la moitié de l’énergie solaire qui atteint la Terre. Quel gaspillage! Des scientifiques de partout dans le monde tentent donc de créer des panneaux capables d’absorber les infrarouges. Dongling Ma vient de surmonter le défi grâce à des nanomatériaux créés de toutes pièces dans son laboratoire! Les nanomatériaux sont construits avec des « briques » infiniment petites, qui leur donnent des propriétés fabuleuses. Dongling Ma est tombée sous leur charme pendant son doctorat aux États-Unis : « Ces matériaux sont tellement fascinants! Ils permettent de faire des choses incroyables! ». À partir de sulfure de plomb — un minerai très abondant — la chercheure a fabriqué de minuscules cristaux qui ne renferment que quelques centaines d’atomes. À cette échelle, on entre dans un nouveau monde qui ne répond plus aux lois de la physique classique. Ici, c’est la physique quantique qui règne en maître. Mais pour comprendre comment ce monde diffère de celui qu’on connaît, il faut d’abord rappeler le principe de base de l’énergie solaire. En gros, lorsqu’une particule de lumière ou photon frappe le matériau, elle arrache un électron à un atome. C’est ce flux d’électrons qui crée un courant électrique.
Des boîtes qui changent de couleur
Dans notre monde, pour le sulfure de plomb par exemple, ce phénomène n’est possible que pour la lumière d’une certaine « couleur ». Mais à l’échelle nanométrique, le sulfure de plomb devient changeant. Plus on rapetisse la taille du cristal — qu’on appelle « boîte quantique » — plus la lumière qu’il absorbe tire vers le bleu. Au contraire, plus le cristal grossit, plus il « boit » de la lumière rouge. Attention : les rayons ne sont vraiment ni rouges ni bleus puisque nous sommes dans l’infrarouge et non le visible. Mais le principe est le même… Dongling Ma a créé un nanocristal capable d’absorber des rayons solaires de différentes fréquences simplement en changeant sa taille. Comme si le cristal était le bouton d’un poste de radio permettant de syntoniser différentes fréquences! Dans son laboratoire, Dongling Ma montre la « boîte à gants » dans laquelle elle fabrique ses petites merveilles. Cet instrument très populaire chez les chimistes est une enceinte vitrée percée de deux trous dans lesquels passent deux longs gants caoutchoutés. Les scientifiques manipulent avec ces gants des cristaux d’une pureté extrême. Pour éviter toute contamination, l’air de l’enceinte a été remplacé par un gaz inerte : l’azote! Dongling Ma explique qu’en empilant des boîtes quantiques de différentes tailles les unes sur les autres, on obtient un matériau capable d’absorber toute une gamme de rayons infrarouges. Fini le gaspillage!
Des spaghettis nanométriques
Mais quelques nanocristaux ne suffisent pas pour avoir une cellule solaire. Il reste encore à acheminer les électrons arrachés jusqu’à une électrode… Pour y arriver, Dongling a collé ses cristaux sur des nanotubes de carbone, les structures-vedettes de la nanotechnologie. Ces longs spaghettis vides à l’intérieur agissent ici comme des mini fils électriques qui aspirent les électrons libérés et les envoient vers une des électrodes de la cellule solaire, créant ainsi le courant électrique tant recherché. Dongling Ma est bien fière de ses cellules solaires qui absorbent les rayons infrarouges. Pour l’instant, il ne s’agit que d’un prototype dont les performances ne sont pas encore optimisées. Mais quand elles le seront, ses cellules solaires pourraient devenir une alternative intéressante aux panneaux de silicium. Bien qu’elles ne convertiront pas autant d’énergie solaire en électricité que ces derniers — qui sont difficiles à battre avec leur taux de conversion de 15 à 20 % — leur bas prix jouerait en leur faveur. Autre avantage : alors que les panneaux de silicium sont rigides, ceux faits de ces nanomatériaux seraient flexibles. On pourrait donc les utiliser sur toutes sortes de surfaces : carrosserie de voiture, vêtements, lampadaires, toiture, etc.
Chimie verte et virus
Mais les nanomatériaux de la chercheure venue de Chine ont bien d’autres tours dans leur sac. Ils lui ont aussi permis de faire avancer un nouveau domaine : celui de la chimie verte — une nouvelle façon de faire de la chimie qui utilise moins d’énergie et génère moins de polluants. Son équipe a conçu un nouveau catalyseur, c’est-à-dire une solution qui accélère la réaction entre deux substances. Traditionnellement, on utilise pour ce faire des métaux lourds, des polluants difficiles à récupérer à la fin de la réaction. Mais les nanoparticules de l’INRS sont magnétisées; elles attirent les substances près d’elles, ce qui augmente les chances d’interaction, mais elles peuvent aussi être récupérées à la fin avec un simple aimant! Ce nouveau catalyseur peut donc être réutilisé autant de fois qu’on le veut! Plus de pertes, ni de déchets toxiques! Ses nanocristaux pourraient aussi s’avérer utiles dans le domaine biomédical; par exemple, pour suivre le mouvement d’un virus dans une cellule. « Ça pourrait nous aider à comprendre comment les virus nous infectent », dit-elle. Donc peut-être à les stopper avant que la maladie ne s’installe… Chose certaine : les nanomatériaux livrent leurs promesses. Et l’émerveillement de Dongling Ma à leur égard n’en est que plus grand, de jour en jour… ?

Rapport Besson sur l’énergie en 2050 : le déni de réalité continue

Deux misérables phrases, et c’est tout ! Comment un rapport de deux cents pages, intitulé « énergies 2050 » et portant le sceau de la République française, peut-il évacuer aussi lestement la question cruciale de l’avenir de la production pétrolière mondiale ?

Et si " le rapport commandé par Eric Besson n’avait qu’une seule fonction, politique : défendre le nucléaire ?».

Oil man Blog Le Monde 23 février 2012

Rappel : parmi le nombre effarant de sources de premier ordre qui brandissent la menace d’un déclin prochain de la production mondiale de pétrole, figure la banque globale HSBC (repère notoire de décroissants fumeurs de chanvre bio), qui annonce qu’« il ne reste plus qu’une cinquantaine d’années de pétrole ».

Et voici ce que nous disent Claude Mandil et Jacques Percebois, les auteurs du rapport remis à la mi-février au ministre de l’économie, Eric Besson :

« Si les réserves mondiales d’énergies fossiles apparaissent abondantes au regard des besoins futurs, les conditions de leur accès sont de plus en plus difficiles : les investissements en infrastructures nécessaires pour l’utilisation des ressources sont massifs et le contexte géopolitique est par nature incertain. La contrainte climatique devrait par ailleurs apparaître plus tôt que la contrainte géologique. »

Voilà, voilà… Ne cherchez pas d’approfondissements, il n’y en a pas. Les réserves sont « abondantes », mais leur accès est « de plus en plus difficile » : très bien, cela va-t-il s’aggraver, et jusqu’à quel point ? Bin… « La contrainte climatique devrait par ailleurs apparaître plus tôt que la contrainte géologique » ? C’est-à-dire ? Peut-on avoir quelque détail sur cette assertion étrange, portant sur un enjeu séculaire central ? Bien sûr que non.

Ah si, pardon ! Un peu plus loin figure tout de même une précision : les auteurs du rapport, citant la compagnie BP, indiquent : « Les réserves prouvées de pétrole s’établissent à fin 2010 à plus de 40 ans de production actuelle, et ce ratio est assez stable depuis plus de 20 ans. » L’analyse (si l’on ose dire) s’arrêtant là, il faut supposer que le fait que le ratio entre réserves et production de brut ait été stable depuis vingt ans implique nécessairement qu’il le restera encore pour les vingt ou quarante prochaines années…

Lacunaire pensée magique. Depuis le début des années 80, l’humanité consomme chaque année plus de pétrole qu’elle n’en découvre, et le fossé ne cesse se creuser [voir graphe ci-dessous]. Selon le pdg de la compagnie Shell, rien que pour compenser le déclin des champs existants, il faudrait trouver d’ici dix ans l’équivalent de quatre nouvelles Arabies Saoudites, avec du pétrole toujours plus difficile d’accès, et des substituts dont on voit mal à voir comment ils pourraient être fabriqués en quantité suffisante.

[ Source : Exxon - prospective par l'Association for the Study of Peak oil (ASPO) ]

Mais rien de tout ça ne semble bouleverser les auteurs d’un rapport censé éclairer la nation sur les périls réels.

Claude Mandil, 70 ans, membre du conseil d’administration du groupe Total, n’a jamais cru au pic pétrolier ; en tout cas, cet ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) élude la question avec constance. Dans le rapport que lui a commandé Eric Besson, Claude Mandil se fie sans critique (et sans surprise) aux analyses soumises par l’AIE, dont on a pu montrer ici à quel point elles étaient jésuitiques ettrompeuses.

M. Mandil a-t-il seulement noté qu’un ancien expert de premier plan de l’AIE, Olivier Rech, se montre désormais radicalement pessimiste, maintenant qu’il ne travaille plus pour l’Agence ?

L’ingénieur-conseil Jean-Marc Jancovici, pourtant consulté, n’a pas pu faire valoir son point de vue sur la question, alors que depuis dix ans, il fait partie des experts français qui pointent la menace d’un imminent sevrage forcé de l’économie mondiale, faute de réserves suffisantes d’hydrocarbures. Contacté, il dit « ne pas comprendre », et évoque une « grave lacune ».

Si la République française s’enfonce dans le déni, elle n’y est certes pas seule. En 2010, l’hebdomadaire The Observer racontait comment les hauts fonctionnaires britanniques se montrent en interne très inquiets de la déplétion des réserves de brut, tout en refusant de crier publiquement au loup.

La peur du syndrome de Cassandre, encore et toujours. Tragiquement logique.

Evidemment, il ne faut pas perdre de vue que, comme le rappelle un haut fonctionnaire français dans son bureau de l’Arche de la Défense, « le rapport commandé par Eric Besson n’avait qu’une seule fonction, politique : défendre le nucléaire ».

De Greenpeace au Front National, tout ce qu’on entend à propos de l’énergie dans la campagne présidentielle n’a d’ailleurs trait qu’au nucléaire. Nous continuons à nous préoccuper du troisième étage de la fusée "Modernité", en omettant consciencieusement le sort promis au premier étage.

Objectif subsidiaire du rapport commandé par Eric Besson : défendre, mollement, les gaz de schistes "à la française" pour l’heure bannis par le Parlement. Car il n’y a pas que le problème de l’avenir du pétrole : l’Union européenne a vu disparaître un quart de sa production de gaz naturel en dix ans, et Gazprom va payer au Kremlin de plus gros canons.

Le rapport indique :

« Le problème de notre balance commerciale (…) justifie que l’on porte une attention particulière (…) aux énergies dont la production comporte une valeur ajoutée nationale importante, (…) notamment, (…) faut-il le dire, (les) hydrocarbures conventionnels ou non, dont les réserves, si elles étaient prouvées et exploitables avec un total respect de l’environnement, apporteraient un soulagement significatif au déséquilibre des comptes extérieurs. »

Que tout cela est dit avec précaution…

A quoi sert ce rapport ? A rien. Que restera-t-il de la stratégie énergétique dessinée par l’administration Sarkozy ? Pas grand-chose, à part un pataquès, une faillite prévisible, et oui, une guerre, peut-être.

http://petrole.blog.lemonde.fr/2012/02/23/rapport-besson-sur-lenergie-en-2050-le-deni-de-realite-continue/