Archives Mensuelles: février 2012

Les "récits de Fukushima" Arte à partir du 6 mars

Les "Récits de Fukushima", 8 films où les enfants et les adultes de Fukushima se racontent . Une web série documentaire d’ARTE (8 x 8 minutes) diffusée sur http://www.arte.tv/ à partir du 6 mars 2012.

Aujourd’hui à Fukushima, les Japonais affrontent au quotidien un ennemi invisible : la radioactivité, qui compromet le futur de cette région et du pays. La population commence à se lever pour dire son désespoir et sa colère. En partant à la rencontre de familles, Alain de Halleux donne la parole à ces Japonais ordinaires confrontés à une situation sidérante : des rencontres qui nous révèlent les angoisses, les espoirs, les bouleversements majeurs vécus par ces parents et ces enfants.
S’éloigner de Fukushima, voire quitter le Japon, mesurer la radioactivité de son environnement et de sa nourriture, tenter d’obtenir des informations fiables à partir desquelles prendre une décision qui engage toute la famille… autant d’interrogations et de défis auxquels sont confrontés Royko et David, Eko, Kento et les autres.Alain de Halleux, réalisateur belge, poursuit ici son travail documentaire sur les enjeux et les risques du nucléaire commencé avec les films "RAS nucléaire, rien à signaler" (2009) et "Tchernobyl for ever" (2011)


Le nucléaire nuit-il à la santé publique ?

La coordination pour la sortie du nucléaire profite de la récente fuite de tritium à Civaux pour réclamer des études sur l’impact de l’industrie nucléaire. Comme d’autres membres de la coordination, le Poitevin Damien Crapiz a participé à la vigie devant le siège de l’OMS au début du mois.La Nouvelle République 23/02/2012 

Nicolas Bourmeyster bondit quand il entend le directeur de la centrale nucléaire de Civaux déclarer que la récente fuite de tritium n’a pas eu d’impact sanitaire. « Il n’est aucunement qualifié pour affirmer cela ; moi-même je n’en sais rien », explique ce chercheur poitevin du CNRS qui étudie particulièrement les leucémies. « Les concentrations peuvent se faire de manière sournoise… Le problème, c’est justement qu’il n’existe aucune étude officielle pour mesurer l’impact de l’activité nucléaire sur la santé publique ! »

Constituée il y a près d’un an, au lendemain de la catastrophe de Fukushima, la coordination de la Vienne pour la sortie du nucléaire profite de l’émotion suscitée localement par l’incident survenu le mois dernier à la centrale de Civaux pour interpeller l’opinion sur les conséquences de l’industrie nucléaire sur la santé. « On sent clairement, depuis cette fuite de tritium, que les gens sont plus réceptifs quand on distribue des tracts ou que l’on manifeste », précise Myriam Rossignol, du NPA. « Cela est également vrai à la commission locale d’information depuis Fukushima », confirme Jacques Terracher. « L’Autorité de sûreté nucléaire commence même à dénoncer les problèmes. » Le représentant de l’Association pour la cohérence environnementale en Vienne qui s’inquiète pour la santé des habitants de Châtellerault qui boivent l’eau de la Vienne en aval de la centrale de Civaux plaide pour la publication de registres du cancer dans chaque département.

" Pas un mal nécessaire "

Plus largement, Nicolas Bourmeyster juge « grave » pour la santé publique que des études ne soient pas menées pour étudier le lien entre les cancers et le nucléaire : « On ne peut pas considérer qu’on est en confiance avec un système qui ne nous dit pas tout. On a l’impression que c’est un mal nécessaire parce que le nucléaire est incontournable. Ce n’est pas vrai. » Plusieurs membres de la coordination ont d’ailleurs pris part, encore tout récemment, à l’action de vigilance silencieuse menée en permanence devant le siège de l’Organisation mondiale de la santé à Genève. Ils appellent aussi à manifester devant Notre-Dame-la-Grande, à Poitiers, le 10 mars à 10 h 30. Parce que le ministre de l’Industrie, Eric Besson, est attendu à la même heure à Civaux ? Non, pour commémorer la catastrophe de Fukushima à la veille de la date anniversaire.

en savoir plus

Plus de leucémies autour des centrales

La récente enquête de l’Inserm sur la fréquence importante des leucémies chez l’enfant autour des centrales nucléaires françaises entre 2002 et 2007 a retenu l’attention des partisans de la sortie du nucléaire. « Elle vient confirmer le bien-fondé de nos craintes », estime Françoise Chanial. « Là où on attendait 7,4 cas de leucémie, les chercheurs en ont dénombré 14, soit un quasi-doublement. Pourquoi n’y a-t-il pas de suivi épidémiologique autour des centrales ? »

Baptiste Bize

Nucléaire en Cotentin, économie locale et dépendances

Région la plus nucléarisée du monde, le Cotentin est  un havre d’emplois dans un état pro-nucléaire et une Normandie touchée  par la crise. L’onde de choc de Fukushima  peine encore à atteindre le Cotentin.

Le retraitement est questionné, les stocks de matières radioactives des piscines de la Hague aussi. L’EPR en construction à Flamanville est mis en cause officiellement alors que depuis des années EDF et AREVA ont fait la sourde oreille ou minimisé les critiques, y compris celles venant de l’ASN.

Nombreux sont les sociologues, cinéastes, médecins et  écologistes  à avoir tenté de comprendre et expliquer la nouvelle réalité socio économique de cette région quasi insulaire et acquise au nucléaire . Ils ont très souvent fait l’objet de rejets

Difficile en effet de questionner  une industrie dont dépend toute une région sans observer un mutisme de circonstance.

On ne parle pas de ces sujets-là dans le Cotentin même si on sait que des cheminées de Flamanville et de la Hague, de l’émissaire marin de l’Anse des Moulinets s’échappent des radionucléides de forte (mais légale..) intensité.

Le Cotentin est un Fukushima qui s’ignore en raison de structure mentale collective induite par le nucléaire, par l’anesthésie de la pensée  devenue captive.

Le document complet en Pdf Nucléaire en Cotentin

4956 Travailleurs contaminés par les particules radioactives en mai 2011

Fukushima Révélations : Un désastre sanitaire en cours. 4956 Travailleurs contaminés par les particules radioactives sur seulement 10 % des travailleurs qui ont été contrôlés pour une contamination interne. Cette information qui date de mai 2011 soit deux mois après la catastrophe augurait bien mal de la suite des évènements. Cette étude a été réalisée du fait qu’un premier ouvrier était décédé, cela aurait déclenché des analyses sur la totalité des intervenants sur site. Voila une information qui serait utile  à Mr Besson s’il veut bien ….

Décidément il ne se passe pas un jour sans une mauvaise nouvelle qui révèle l’ampleur du désastre environnemental et sanitaire de Fukushima qui commence à émerger, ceci malgré les communiqués récurrents rassurants, voire irréels de l’ASN. A la différence de Tchernobyl, le prévaricateur M. Repacholi (OMS-AIEA) ne pourra pas faire passer pour perte négligeable et « liquider » dans les stats les travailleurs liquidateurs de Fukushima, internet n’existait pas en 1986 !

La contamination interne par les particules de la population : un sujet tabou. The Mainichi Daily News et le Yomiuri Shimbun viennent de publier pour la première fois près de deux mois après le début de la crise un article sur un sujet très sensible dont les autorités voulaient garder le secret : c’est le fougueux et jeune député Mito Kakizawa qui, en pleine séance de commission du parlement, a posé à Terasaka Nobuaki directeur de l’Agence de Sûreté Nucléaire et Industrielle une question piège et pertinente sur le nombre de travailleurs qui, suite aux premiers contrôles médicaux à la préfecture de Fukushima, ont été déclarés positifs à une contamination interne par les particules. La réponse de Terasaka Nobuaki fait froid dans le dos et ne laisse rien présager de bon sur la suite de la campagne des contrôles médicaux de dépistage de la contamination interne, non seulement des travailleurs, mais aussi de la population. « Il y a un total de 4956 cas de travailleurs souffrant d’irradiations suite à une contamination interne pour le parc des centrales nucléaires du pays et 4.766 d’entre eux sont des travailleurs de la centrale nucléaire de Fukushima n°1. Ces chiffres ont été détectés lors des contrôles médicaux qui ont été réalisés à la préfecture après la crise nucléaire » a déclaré Nobuaki.

Le Yomiuri Shimbun détaille la réponse de Terasaka Nobuaki qui rajoute une donnée essentielle : » seulement 10 pour cent des travailleurs ont été testés pour l’exposition aux rayonnements internes provoquée par l’inhalation ou ingestion de substances radioactives, ceci en raison d’une pénurie d’appareil de contrôle disponible. » Le Yomiuri Shimbun rapporte aussi « qu’un certain nombre de personnes travaillant pour surmonter la crise nucléaire à Fukushima Daiichi sont de plus en plus alarmées par l’absence de tests d’exposition interne. Beaucoup de ces professionnels du nucléaire pensent qu’ils ont été contaminés en interne par les particules radioactives non pas par inhalation (masque avec filtre oblige), mais par l’intermédiaire de la nourriture ou de la boisson consommée in situ. Il n’en reste pas moins qu’ils sont très inquiets pour leur devenir, car cette irradiation interne se rajoute à la dose légale d’exposition aux radiations qui a été portée de 100 à 250 mSv exclusivement pour les travailleurs de Fukushima Daiichi »

TEPCO a déclaré qu’il n’y a que 3 appareils de contrôle du corps entier à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, mais qu’en raison des niveaux élevés des rayonnements elle se trouvait dans l’impossibilité d’utiliser ces appareils. Le Ministère de la santé, du travail et des Affaires Sociales a demandé à TEPCO de réaliser plus de contrôles. TEPCO a répondu qu’elle allait augmenter le chiffre d’appareils à 14 et porter la fréquence de passage des travailleurs à un tous les trois mois.

Concrètement, avec du recul il est possible de mieux comprendre et de réaliser des extrapolations qui risquent fort de révéler un désastre sanitaire humain inégalé. En effet si globalement 10 % des travailleurs du nucléaire au Japon ont été contrôlés, mathématiquement parlant le chiffre des personnes contaminées ne peut que forcément fortement augmenter, même dans l’hypothèse ou cette augmentation ne serait pas proportionnelle avec les autres travailleurs du nucléaire.

Les travailleurs contaminés sont peut être « l’arbre qui cache la forêt », en effet la masse la plus importante des personnes contaminées serait à venir, elle concerne la population qui va payer très cher les atermoiements des autorités concernant les ordres d’évacuation des zones contaminées qui auraient dû être pris immédiatement et non pas avec un retard scandaleux de plusieurs jours que nous connaissons pour la première zone d’exclusion et plusieurs semaines pour les suivantes.

En conséquence sans aucune protection et consigne de sécurité pendant plusieurs jours, il est tout à fait plausible que des dizaines de milliers de personnes, voire plus soient contaminées, d’ailleurs sans le savoir, ceci en l’absence de mesures de dépistages de la contamination interne par les particules. Les radionucléides des particules de Fukushima sont divers et toxiques, même dans le cas le plus « favorable » (thyroïde) d’une contamination interne avec l’iode 131 qui a une courte durée de demi-vie (8 jours), tous les autres contaminants sont sans appel d’une très grande toxicité sur le cours et le moyen terme.

La mesure de la valeur de la contamination radioactive interne : le taux de comptage.

La contamination radioactive interne se mesure par le taux de comptage dit cpm (coups par minute count per minute) qui indique la quantité de désintégrations qui ont lieu par minute, c’est la principale mesure qui est donnée par un compteur Geiger, avec en principe la possibilité de l’affichage automatique d’une conversion du taux de comptage en débit de dose absorbée en mSv/h ou μSv/h. Un niveau normal du taux de comptage se situe entre quelques centaines à 1.000 cpm. Une personne est considérée contaminée si sa mesure de radiation interne est supérieure à 1.500 cpm. Terasaka Nobuaki directeur de l’Agence de Sûreté Nucléaire et Industrielle a révélé que dans la majorité des cas des travailleurs de Fukushima le niveau de la contamination interne par les particules est de 1.500 cpm ou supérieur à ΔT et dans le cas de l’iode 131 (rayonnements γ et électromagnétiques β) elle décroît rapidement en quelques jours.

Nobuaki a aussi donné une information majeure : Il a été constaté que 1193 travailleurs avaient des niveaux de contamination radioactive interne supérieure à 10.000 cpm, soit en correspondance 100 μS/h ≈ 100×24×364 = 873 mSv/an ! [Monographie des valeurs et des effets sanitaires de l’exposition cumulative aux radiations] Si la valeur de la contamination interne est supérieure à 6.000 cpm une décontamination est considérée comme « vitale ». Ne pouvant respecter ces valeurs dans le cas de la méga catastrophe nucléaire de Fukushima le Gouvernement Japonais sur « conseils des experts » de l’AIEA a relevé le 21 mars 2011 ce seuil d’irradiation interne de 6 000 cpm à 100 000 cpm ! Cette décision de circonstance est un aveu d’échec face à la réalité, mais c’est aussi un scandale sanitaire qui va être lourd de conséquences pour le devenir de la population, notamment les malades, enfants, personnes âgées, etc … [Kyodo News : Traces de substances radioactives détectées dans l’eau de 9 préfectures utiliser un traducteur électronique] The Mainichi Daily News rajoute qu’ayant conscience de ce problème et en réponse à la forte contamination d’une vaste zone par les particules radioactives « les autorités Gouvernementales de santé de la préfecture de Fukushima vont sélectionner les nourrissons et les personnes qui ont une activité principalement à l’extérieur pour réaliser des contrôles de valeur de la contamination interne avec des appareils de contrôle du corps entier » La contamination interne issue des particules, qui est en champs proches, sans distance de sécurité et pérenne, est de loin plus dangereuse que le risque d’une exposition aux radiations externes, c’est celle aussi qui va monter en puissance dans le temps et impacter … tout l’hémisphère nord.

Source   cartoardiation   Eveil 2011

FLAMANVILLE 11 mars 2012: Réunion débat un an après Fukushima


Alors que la catastrophe continue,

que Besson minimise, 

 Le CRILAN,

AVEC LE SOUTIEN DE

LA COORDINATION ANTINUCLÉAIRE BASSE NORMANDIE

vous invite  à une réunion- débat : 

F U K U S H I M A  UN AN APRÈS..

  D I M A N C H E 11 MARS 2012

  FLAMANVILLE

LE RAFIOT 

15 heures ( entrée libre)

RÉUNION-DÉBAT avec

 

Haruko Sakaguchi (témoignage sur le Japon)

Pierre Barbey (acro)-www.acro.eu.org 

Didier Anger (CRILAN)

 

CRILAN -  50340-LES PIEUX - www.crilan.fr

avec le soutien de la coordination antinucléaire de basse-normandie

Ci dessous le plan d’accès 

http://maps.google.com/maps?f=q&source=s_q&hl=fr&geocode=&q=+flamanville+salle+rafiot+&aq=&sll=49.531239,-1.86582&sspn=0.005418,0.013937&ie=UTF8&hq=flamanville+salle+rafiot&hnear=&radius=15000&t=m&z=12&iwloc=A&output=embed
Agrandir le plan

La série continue: Nouvelle détection de traces d’iode 131 dans plusieurs pays européens

ASN Paris, le 21 Février 2012  L’ASN a été à nouveau informée par ses homologues européens de la détection de traces d’iode 131 dans plusieurs pays d’Europe du nord et de l’est. Ça dure depuis un moment..personne n’en sait rien. 

Averti de cet épisode de marquage des aérosols atmosphériques, l’IRSN a dès lors intensifié la fréquence de ses mesures de radioactivité dans l’environnement, afin de détecter une éventuelle présence sur le territoire français. Les mesures réalisées, disponibles sur le site internet de l’IRSN, ont mis en évidence des niveaux très faibles (inférieurs au µBq/m3) d’iode 131 dans les aérosols[1] en France au début du mois de février 2012.

Ces niveaux d’activité en iode 131, bien que très inhabituels dans les territoires européens et français, ne comportent aucun risque sanitaire ou environnemental.

L’ASN reste en contact étroit avec ses homologues, en particulier au sein du réseau HERCA (association des responsables des autorités européennes compétentes en radioprotection) pour suivre l’évolution de la situation et identifier les causes exactes du phénomène constaté.

Un épisode de marquage des aérosols atmosphériques par l’iode 131 particulaire (de 0,5 µBq/m3 à une dizaine de µBq/m3) avait déjà été enregistré en novembre 2011 dans plusieurs pays d’Europe, dont la France. Cet épisode avait pour origine l’Institut de recherche sur les isotopes de Budapest, qui fabrique des radio-isotopes destinés aux soins médicaux, à la recherche et à des applications industrielles.

http://fukushima.over-blog.fr/article-iode-131-en-europe-99985396.html

Voir article récent sur le même sujet

Visite d’Eric Besson à Fukushima: Janick Magne lui répond

"A l’intention de M. Besson (sur sa page et en réponse à l’article du Figaro, courrier des lecteurs)

Je crois que Monsieur Besson se berce d’illusions. Des journalistes anglophones et japonais qui ont visité les mêmes lieux hier ne sont pas du tout arrivés aux mêmes conclusions. Ils ont relevé 1500 microsieverts à l’interieur du car au moment où ils passaient devant le réacteur 3. M.Besson semble également ignorer que l’opérateur Tepco éprouve les plus grandes difficultés à trouver de la main d’oeuvre et que la plupart des travailleurs sur place sont des chômeurs recrutés à travers tout le Japon sans aucune formation dans le domaine du nucléaire, qui ne bénéficieront d’aucun suivi médical (personne ne saura donc jamais ce qui leur arrivera). L’eau très fortement radioactive qui s’accumule dans les soubassements doit être évacuée sans arrêt mais la centrale est maintenant à court de place pour stocker les conteneurs remplis de ce poison. A ce jour, aucune entreprise n’a accepté de simplement déplacer les conteneurs pour faire de la place à d’autres parce que c’est beaucoup trop dangereux. Enfin, je rappelle que la région continue à être secouée par des tremblements de terre. Pour nous ici, au Japon, ces nouvelles n’ont rien d’encourageant (et je résume…)."

http://www.lefigaro.fr/international/2012/02/21/01003-20120221ARTFIG00268-en-visite-a-fukushima-eric-besson-se-veut-rassurant.php

La réalité du sujet et les autres réactions sur le blog de Fukushima

http://fukushima.over-blog.fr/article-eric-besson-est-rassure-nous-pas-du-tout-99812585.html

1143 enfants (plus de 30%) sur 3765 de Fukushima ont des anomalies de la thyroïde (lien)
– Nombre total d’enfants testés : 3765
– Nombre d’enfants trouvés avec des grosseurs de 5,1 mm ou plus : 26 (0,7 %)
– Nombre d’enfants avec des grosseurs plus petites que 5,1 mm : 1117 (29,7 %)

- Nombre d’enfants trouvés avec aucune grosseur : 2622 (69,6 %)
573 décès ont été certifiés liés à la catastrophe nucléaire (lien)
Par ailleurs, on ne sait toujours pas ce que sont devenus les centaines d’employés à la centrale de Fukushima en 2011 qui ont mystérieusement disparu des listes administratives de Tepco. Pas de noms, pas de morts. (lien)
Les victimes d’une catastrophe nucléaire ne se comptent pas en décès immédiats mais en malades à venir.
7 ans après la catastrophe de Tchernobyl, quelle était la santé des enfants ?


Le risque nucléaire, "le problème actuel le plus préoccupant"

Fukushima n’aurait-il rien changé ? Le poids de l’atome est-il si grand en France, sa présence si incontestable que, moins d’un an après la catastrophe japonaise du 11 mars 2011, la plus grave de l’histoire du nucléaire après celle de Tchernobyl, l’onde de peur qui a parcouru la planète n’ait pas de résonance dans l’Hexagone ? Pierre Le Hir LE MONDE CULTURE ET IDEES  20.02.12 

"On ne la fermera pas, cette centrale, il n’en est pas question !", a martelé, le 9 février, Nicolas Sarkozy devant les salariés du site nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), le plus ancien de France et, à ce titre, la bête noire des écologistes."Cette centrale ne fermera pas au seul motif de l’idéologie ou de la transaction politique. Ce serait profondément contraire à l’intérêt de la France", a ajouté le chef de l’Etat. Comme si, oui, Fukushima n’avait rien changé.

Et pourtant. Pour près d’un Français sur cinq, les risques nucléaires constituent désormais "le problème actuel le plus préoccupant". Loin, certes, derrière le chômage, la crise financière et le couple misère-exclusion. Mais devant l’insécurité, la dégradation de l’environnement ou les bouleversements climatiques. Jusqu’alors, le danger nucléaire ne tourmentait que moins d’un Français sur dix, à égalité avec les accidents de la route.

L’irruption de l’atome au quatrième rang des motifs d’inquiétude des Français, dans un contexte surdéterminé par la crise économique, est l’un des enseignements marquants de l’édition 2012 du Baromètre de la perception des risques et de la sécurité, établi depuis plus de vingt ans par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Les données qu’il présente ont été collectées en septembre et octobre 2011, un peu plus de six mois après la catastrophe japonaise.

"A l’évidence, l’accident de Fukushima a provoqué un choc dans l’opinion", commentent les auteurs de l’étude, Marie-Hélène El Jammal et François Rollinger. D’autres chiffres en témoignent. Jamais les Français n’ont été aussi nombreux à juger le risque des centrales nucléaires "élevé" (ils sont plus d’un sur deux à le penser). A contrario, jamais ils n’ont été si peu nombreux à "accorder leur confiance aux autorités" pour les en protéger (moins d’un sur quatre). Qu’il s’agisse de crainte ou de défiance, "tous les indicateurs relatifs aux centrales nucléaires atteignent des niveaux historiques", souligne François Rollinger.

"Fukushima a marqué une évolution très nette. Est-ce pour autant une rupture durable ? Notre prochain baromètre annuel le dira", nuance Marie-Hélène El Jammal. De fait, le drame japonais a exacerbé des peurs préexistantes, davantage qu’il ne les a fait surgir. S’appuyant sur une enquête réalisée en juin 2011 pour Le Monde, à l’échelle de l’Europe, Laure Bonneval et Cécile Lacroix-Lanoë, chargées d’études à l’IFOP, estiment qu’il a eu pour effet de "cristalliser des tendances déjà à l’oeuvre dans l’opinion". A leurs yeux, "il serait fallacieux decroire que la catastrophe de Fukushima a retourné des opinions publiques qui auraient été massivement en faveur de l’énergie nucléaire".

Fukushima semble en fait avoir conforté, en Europe, le contraste entre deux blocs. D’un côté, les Français et les Britanniques, plus nombreux à être partisans du nucléaire qu’à s’y opposer, à une majorité il est vrai très relative (en France, 32 % pour, contre 20 % contre, la plupart des sondés se disant hésitants ou sans opinion). De l’autre, les Allemands et les Italiens, dont une majorité absolue s’y déclare hostile. Entre les deux, les Espagnols, répartis à parts égales entre pro- et antinucléaires.

C’est qu’en France, pays le plus nucléarisé de l’Union européenne avec 58 des 143 réacteurs européens disséminés sur son territoire, l’atome a une longue histoire. Elle remonte à 1944 – la seconde guerre mondiale n’était pas encore terminée – et à la conviction du général de Gaulle que, grâce à lui, la France pouvait retrouver son "statut de grande puissance à la table des négociations". Les propos tenus par Nicolas Sarkozy à Fessenheim ne font que perpétuer cet héritage. Emancipée de ses origines militaires – sans s’en être tout à fait libérée -, la filière électronucléaire a, depuis, incarné la grandeur de la France en même temps qu’elle assurait son indépendance énergétique. Pendant des décennies, droite et gauche lui ont apporté un soutien indéfectible, avant de diverger très récemment sur la place de l’atome.

En dépit de cette culture historique du nucléaire en France, Fukushima a modifié la donne. Certes moins radicalement qu’en Allemagne, en Belgique et en Suisse, qui ont décidé de renoncer totalement à l’atome. Ou qu’en Italie, où par référendum la population s’est opposée, à près de 95 %, à la construction de nouveaux réacteurs dans la péninsule. Mais de façon claire néanmoins. Interrogés en juin 2011 par l’IFOP, pour Le Journal du dimanche, plus de trois Français sur quatre se disent désormais favorables à l’abandon – progressif ou rapide – du nucléaire. Les femmes sont même plus de huit sur dix à le souhaiter.

Difficile, pour autant, de savoir si l’atome influera sur le vote des Français. Seule certitude : la question de la sortie du nucléaire et de la transition énergétique a pris dans la campagne présidentielle française une place qu’elle n’aurait pas occupée sans le coup de semonce japonais. Au point d’être quasiment le seul sujet environnemental sur lequel ont pris position toutes les formations politiques.

"Avant Fukushima, les centrales nucléaires avaient une image banalisée. Le public leur associait des risques comparables à ceux de l’industrie chimique", observe François Rollinger. La perception n’est plus la même aujourd’hui. Car, à la différence du cauchemar de Tchernobyl, que l’on avait pu mettre sur le compte d’une technologie soviétique obsolète (le réacteur ukrainien sinistré ne possédait pas d’enceinte de confinement), la tragédie de Fukushima a frappé un pays technologiquement très avancé, dont le savoir-faire nucléaire n’a rien à envier à celui de la France.

Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire, André-Claude Lacoste, n’a-t-il pas convenu que "personne ne peut garantir qu’il n’y aura jamais un accident grave en France" ? Mieux, ou pis, le patron de l’IRSN, Jacques Repussard, n’a-t-il pas dit que Fukushima obligeait à "imaginer l’inimaginable" ? Une formule à double tranchant, dont la vertu est de ne fixer aucune limite à l’exigence de sûreté, mais qui porte en elle-même l’aveu de l’impuissance à atteindre cet objectif, l’impensable ne pouvant, par définition, être pensé avant qu’il se matérialise.

"De façon très explicite chez les défenseurs de l’atome, plus diffuse chez les autres, le nucléaire, considéré comme une menace quand il est mis en oeuvre dans les pays en développement, est associé, dans les pays développés, à la modernité", observe la sociologue Christine Castelain-Meunier (CNRS-Ecole des hautes études en sciences sociale). Singulièrement en France, note-t-elle, où il est du ressort du "patriotisme" et de la "fierté nationale". Or, constate-t-elle, Fukushima a fissuré "l’amalgame entre nucléaire et modernité".

C’est peut-être, plus profondément, le mythe de la puissance nucléaire, du pouvoir sur la nature conféré par la maîtrise de la fission des particules primordiales qui se lézarde. Dans leur volonté de dompter la matière - "canaliser les forces naturelles dans le monde de l’artifice humain", disait la philosophe allemande Hannah Arendt -, les hommes en ont appelé aux dieux, aux Titans et aux forces cosmologiques.

A Tchernobyl, les employés déjeunaient, à la cantine, sous un vitrail représentant Prométhée, dont une statue, les bras levés vers le ciel pour s’emparer du feu de l’Olympe et l’offrir aux humains, se dresse aujourd’hui à l’entrée de la centrale. Les physiciens rassemblés dans le projet international de réacteur à fusion thermonucléaire ITER ("le chemin" en latin) promettent, tels des démiurges, de"mettre le Soleil en boîte". Et, en France, la conception d’un centre d’enfouissement de déchets radioactifs vient d’être confiée au groupement Gaiya, comme s’il y fallait la protection de la Terre-mère.

Après Fukushima, les mortels se retrouvent livrés à eux-mêmes, face à leurs choix. Dans un pays où ce modèle n’a jamais été soumis au vote, par référendum par exemple, "les citoyens veulent aujourd’hui être associés à un débat démocratique sur les choix énergétiques et la place du nucléaire, relèvent Marie-Hélène El Jammal et François Rollinger. Ils aspirent à devenir eux-mêmes des acteurs de la maîtrise des risques." Le dogme du nucléaire salvateur est ébranlé. L’atome démythifié.

Voir également: Les Français n’ont jamais été aussi inquiets du risque nucléaire

Greenpeace: Les 58 réacteurs nucléaires français aussi fragiles que ceux de Fukushima

Jamais l’atome n’aura fait l’objet, en France, d’autant d’études, de rapports et de contre-rapports. Après l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), la Cour des comptes et la commission "Energies 2050", c’était au tour de Greenpeace de rendre  publique, lundi 20 février, une "analyse critique des évaluations complémentaires de sûreté menées sur les installations nucléaires françaises après Fukushima". LEMONDE.FR | 20.02.12 

Principale conclusion : ces évaluations comportent "trop de limites et de lacunes pour fonder des décisions définitives". Autrement dit, les mesures de renforcement de la sûreté du parc nucléaire préconisées par l’ASN sont mal étayées. Et elles ne permettent donc pas de parer à tous les risques d’un risque d’un accident majeur.

>> Le rapport de Greenpeace sur la sûreté nucléaire en France post-Fukushima

La contre-expertise de Greenpeace-France, un épais document technique de 178 pages, a été réalisée par deux spécialistes du nucléaire : Arjun Makhijani, président de l’Institute for Energy and Environnental Resarch (IEER), une Organisation non gouvernementale (ONG) américaine, et Yves Marignac, directeur de l’agence française d’information et d’études sur l’énergie Wise-Paris. Elle s’appuie sur les dossiers remis en septembre 2011 par EDF et par Areva, à la suite des "tests de résistance" des installations nucléaires demandés par le gouvernement français et par la Commission de Bruxelles.

Les auteurs ont plus particulièrement passé au crible les dossiers des centrales de Gravelines (Nord), Flamanville (Manche) et Civaux (Vienne) – représentatives des différents "paliers" du parc électronucléaire (900, 1300 et 1500 mégawatts) –, ainsi que ceux de l’EPR en construction à Flamanville et de usines de retraitement de La Hague (Manche).

Un accident majeur possible. A la lumière de Fukushima, "plusieurs scénarios d’accident majeur doivent être considérés comme plausibles", estime Greenpeace. Pour les 58 réacteurs en exploitation, "un accident de fusion du cœur peut conduire à une rupture brutale de l’enceinte et/ou un percement duradier [socle en béton]", provoquant une contamination de l’air ou des eaux. Et "un accident de vidange de piscine d’entreposage [de combustibles usés] peutconduire à un feu du combustible et à des rejets très importants faute d’enceinte de confinement".

Des faiblesses dans les évaluations de sûreté. Les évaluations menées par EDF et le renforcement de la robustesse demandé par l’ASN sont précisément destinés à prévenir ces risques. Mais, déplore Yves Marignac, "les scénarios accidentels envisagés par EDF n’envisagent pas tous les développements possibles". D’une part, ils reposent sur "des jugements d’ingénieurset leur confiance dans la qualité de la conception des installations", et non pas sur de nouvelles études. D’autre part, ils "excluent les défaillances et agressions secondaires pouvant résulter d’un séisme, d’une inondation, ou d’une perte d’électricité ou d’eau de refroidissement". Par exemple "une explosion d’hydrogène, un incendie, une rupture de circuit ou une chute de pièce mécanique".

En outre, poursuit M. Marignac, les évaluations, fondées sur l’état des installations à la mi-2011, ne prennent pas en compte "le rôle que le vieillissement joue dans l’aggravation des accidents". Pas davantage que les risques liés à des "actes de malveillance", délibérément exclus du champ des stress tests.

Des risques à réduire en amont. Pour Greeenpeace, l’approche d’EDF a le tort de se focaliser sur la gestion d’une situation de crise, "sans réduire en amont lepotentiel de danger". A ses yeux, des recherches devraient être menées en vue de remplacer, dans les gaines de combustibles, le zirconium qui favorise le risque d’explosion d’hydrogène en cas de fusion du cœur. Des évaluations spécifiques devraient être réalisées sur "le rôle aggravant" que joue la présence de combustible MOX dans les piscines d’entreposage. Et la possibilité d’un entreposage à sec des combustibles usés devrait être étudiée, pour réduire le risque de vidange accidentelle des piscines.

Autre problème pointé, celui des enceintes de confinement. La "peau" métallique qui, sur les réacteurs de 900 MW, recouvre la paroi intérieure de l’enceinte en béton, a été remplacée, sur les réacteurs plus puissants, par une deuxième coque en béton. Or, estime M. Marignac, "l’absence de peau métallique intérieure est susceptible de les rendre plus vulnérables aux agressions internes telles qu’une explosioin d’hydrogène".

Les fragilités de l’EPR et de La Hague. Bien que le futur EPR ait été conçu pour être plus sûr , "les mêmes risques [que ceux touchant les réacteurs en activité] ne peuvent pas être totalement écartés ", écrit Greenpeace. Rappelant les multiples"malfaçons" qui ont retardé le chantier de Flamanville, l’organisation souligne que"la démonstration de a sûreté de l’EPR n’est pas achevée", par exemple sur le dispositif de récupération de corium (cœur fondu).

Quant aux usines de retraitement de combustible de La Hague, elles sont exposées, note le rapport, à "un faible niveau de protection contre une vidange de piscine".

Des études à approfondir. Au final, si Greenpeace juge que les évaluations de sûreté menées par EDF et Areva "constituent un bon point de départ", elle considère qu’elles doivent être prolongées par "des analyses approfondies et pluralistes". Plus qu’un réquisitoire contre l’atome, exercice dont l’ONG écologiste est familière, cette contre-expertise veut ainsi "apporter des éléments utiles au débat français sur la sécurité nucléaire".

Rémi Barroux et Pierre Le Hir