Archives Mensuelles: avril 2012

Iwate (Japon) 119 personnes sur 132 présentent du césium radioactif dans l’urine

Iwate a mené une enquête d’échantillonnage de substances radioactives dans l’urine à Ichinoseki ville et Oshu ville. Fukushima Diary ( Eng trad) 30 04 2012. Les résultats publiés le 3/2/2012 du césium ont été mesurés sur 119 des 132 personnes soit  (90,1%). La lecture la plus élevée était de 6 Bq / L.

Le 16/04/2012, le président de l’association d’Iwate, des obstétriciens et gynécologues, Kobayashi ont envoyé des questions publiques à Tasso, Iwate gouverneur.

1. À propos de l’évaluation des résultats de l’enquête d’urine.

1. Est-ce le procès-verbal de réunion de la commission d’évaluer divulgués? Si non, nous exigeons de connaître la raison.

2. Les membres du comité des experts de l’exposition interne? Où et comment ont-ils été choisis et pourquoi les représentants des citoyens n’ont pas été ajoutés aux membres?

2. À propos de traitements pour assurer le suivi du résultat.

1. Y at-il calendrier pour mener des recherches sur le régime alimentaire des enfants à qui ils mesurés césium à partir de l’urine de et sur leurs symptômes? Si non, nous exigeons de connaître la raison.

2. Nous pensons que nous allons continuer à mener des analyses d’urine des enfants et l’inspection de la santé à partir de maintenant. Quel est le point de vue la préfecture d’Iwate?

3. Certains de ces enfants doit avoir pris l’iode radioactif pour la thyroïde chez les Iwate ainsi. Nous pensons que nous allons mener des recherches et évaluer les résultats pour faire face aux préoccupations des citoyens. Quel est le point de vue d’Iwate?

3. Des questions professionnelles au sujet de cette analyse d’urine

1. Comment avez-vous estimer le demi-vie biologique du césium? si elle diffère de l’âge, s’il vous plaît de nous montrer des exemples.

2. Avez-vous estimer le montant total de césium contenu dans le corps de ce résultat? Si oui, s’il vous plaît nous donner la raison pour laquelle elle n’est pas publiée.

3. S’il vous plaît nous dire combien de L par le césium dans l’urine correspond à "1 mSv / h" ou 100mSv/Life sur l’hypothèse que 40 kg d’un enfant prend en continu de césium pendant 365 jours après l’accident de Fukushima / urine = 1L / j.

4. S’il vous plaît nous donner le dépositaire et la dose efficace sur la même hypothèse que ci-dessus (365 jours plus tard et 730 jours plus tard.)

S’il vous plaît nous donner des réponses documentées pour ces questions ci-dessus par 16.5.2012. Nous allons dévoiler le contenu de la réponse aux médias !! 

A lire sur Fukushima Diary:

http://fukushima-diary.com/2012/04/119-of-132-people-positive-from-sampling-survey-of-radioactive-substances-in-urine-in-iwate/#.T52swZsZvYg.facebook

Fukushima : le début de la catastrophe, c’est maintenant

La crise économique européenne, les présidentielles en France, il n’en faut pas plus pour que nous en oubliions la catastrophe de Fukushima de mars 2011. Pourtant, la crise est loin d’être terminée, c’est même tout le contraire. TEPCO ajoute à la malchance ses boulettes et le risque d’assister à une catastrophe sanitaire majeure, loin d’être écarté, devient petit à petit une effrayante réalité. Comme il est de coutume dans ce genre de crise, ce n’est pas sur le gouvernement que la population peut compter.  28 avril 2012 Par 

Il y à peine 4 jours, le 24 avril dernier, la chaine d’information japonaise ANN News diffusait un très inquiétant reportage sur la situation de la piscine à combustibles usés du réacteur 4 de la centrale de Fukushima. Cette information n’a tout simplement pas du tout été relayée par les média français, et très peu de média européens. Voici le reportage en question (en japonais).

http://reflets.info/fukushima-le-debut-de-la-catastrophe-cest-maintenant/?awesm=fbshare.me_AhDEC&utm_campaign&utm_medium=fbshare.me-facebook-post&utm_source=direct-fbshare.me&utm_content=fbshare-js-large

France: l’image des irradiés qu’on nous cache

En une seule image, OWNI propose un état des lieux global des contaminations provoquées par les installations nucléaires françaises au cours des dix dernières années. La France, par tradition, dissimule ces données chiffrées. Derrière lesquelles tentent de vivre, ou survivre, les fantômes de la contamination. Sur OWNI, aujourd’hui, plusieurs articles sont consacrés à cette maladie honteuse, bien de chez nous. LE 27 AVRIL 2012 

Du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l’avenir des utilisations pacifiques de l’énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s’accommoder de l’ignorance et de l’incertitude…

Rapport de l’OMS de 1955, Cité par Jacques Ellul, in Le bluff technologique, p 294

“Légère irradiation d’un expérimentateur”“perte de protection biologique dans un local de travail”,“accident de niveau 1 sur une échelle qui en compte 7”. Si un profane survole les rapports de l’Autorité de sureté nucléaire (ASN), chargée du contrôle des installations nucléaires françaises,  il ne s’inquiètera pas des contaminations touchant les salariés du secteur.

RAS, nucléaire : rien à signaler, pour reprendre le titre du documentaire d’Alain de Halleux. À partir des avis d’incidents disponibles sur le site sous une forme particulièrement indigeste,OWNI a ré-exploité ces données pour visualiser, en une seule et même image, les contaminations produites par le nucléaire français. C’est l’image ci-dessous. Vous pouvez cliquer dessus puis zoomer à l’intérieur pour prendre connaissance des différents cas.

Derrière la froideur technocratique rassurante des rapports de l’ASN, la réalité est plus inquiétante. Certains chercheurs estiment que des conséquences aussi graves que l’amiante en terme de santé publique sont à prévoir. Le fichier Dosinat – mis en place en 1992 par EDF – répertorie pour chaque intervenant, qu’il soit sous-traitant ou non, les doses qu’il reçoit. Il est établi que les sous-traitants encaissent 80% des irradiations dans nos dix-neuf centrales. Pourtant, dans les informations des rapports, il est ainsi impossible de savoir systématiquement si des sous-traitants ont été touchés, encore moins le nom de leur entreprise.

On ignore aussi dans la plupart des cas le radioélément impliqué. Information pourtant importante puisque selon le radioélément, les effets seront plus ou moins forts et longs. De même, on ne sait pas systématiquement si l’accident a lieu pendant un arrêt de tranche ou une autre période de maintenance, durant lesquels le recours à la sous-traitance est très majoritaire : EDF sous-traite à plus de 80% sa maintenance, et les sous-traitants sont trois fois plus touchés par les accidents du travail.

Le thermomètre cassé

Il est admis qu’un être humain doit rester à 37° de température environ. Au-delà, il faut s’inquiéter. Mais admettons qu’un décret indique que la température normale soit désormais comprise entre 37 et 39°, par exemple quand sévit une épidémie de grippe. Une partie de la population cesse d’entrer dans la catégorie des gens atteints de fièvre.

C’est ce qui s’est passé avec le nucléaire, industrie où cette question du thermomètre est au cœur de la controverse scientifique. Les seuils ont en effet été abaissés avec les ans, modulant dans le sens d’un renforcement la notion de dangerosité. En France selon le Code du travail, il était de 50 mSv à partir de 1988, de  30 mSv jusqu’en 2003, puis de 20 mSv, la norme actuelle. À titre de comparaison, le reste de la population ne doit pas dépasser 1 mSv/an/personne dixit le Code de la santé publique.

Ce seuil, fixé sur la base des recherches du Commission internationale de protection radiologique (CIPR), est remis en cause par celles du Comité européen sur le risque de l’irradiation (CERI) depuis 2003. Leurs conclusions : il faut diviser par 4 le seuil actuel, soit 5 mSv. Et par conséquent, la dangerosité d’une partie des incidents de contamination relevée par l’ASN devrait être reconsidérée à la hausse. L’IRSN reconnaitra lui-même en 2005 que ces problèmes soulevés par le CERI “ont été largement négligés par la communauté scientifique.”

Enfin, les incidents en-dessous de 10 000 becquerels ne font pas l’objet d’un rapport de l’ASN. Or l’IRSN reconnaissait aussi que les recherches sur les effets des faibles doses avaient jusqu’à présent été basées sur un postulat faux :

Il a longtemps été postulé que l’incorporation de 100 becquerels en un jour revenait à incorporer 1 becquerel pendant 100 jours. Cela est tout à fait exact mais faux en biologie.

La traçabilité est donc perfectible, comme le souligne Annie Thébaud-Mony, sociologue et directrice de recherche honoraire à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Une déclaration d’incident de travail (différente du rapport ASN) devrait être faite systématiquement puisqu’il s’agit d’un risque grave, afin d’avoir une trace de toutes les contaminations, y compris celles en-dessous du seuil. Selon la législation, les lésions peuvent être immédiates ou différées. Et ce n’est jamais fait.

Une procédure judiciaire a été engagée à l’initiative d’un inspecteur dans ce sens, mais sa demande a été déboutée en correctionnel.

Nous avons lancé une campagne notamment avec des syndicalistes délégués de CHSCT [Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, NDLR] de différentes centrales pour inciter à faire la déclaration, et si l’entreprise refuse, l’employé a deux ans pour le faire. Il y a eu une circulaire de la direction du parc nucléaire pour dire qu’il n’y avait pas de raison de faire une déclaration, révélée parMediapart [payant]. Cela nous a servi de leçon, j’ai dit aux inspecteurs du travail qu’il fallait aller au-delà du droit du travail sur le pénal pour mise en danger d’autrui, on en est là.

Biaisé, le thermomètre l’est aussi par le peu de fiabilité des dosimètres. Les travailleurs doivent en porter deux, un dosimètre-film et, depuis la fin des années 90, un dosimètre électronique. Annie Thébaud-Mony estime qu’“il présente 20 à 40 % de marge d’erreurs. Et entre les deux dosimètres, il y a 20% de taux d’erreur.” Nous avons contacté EDF pour avoir des explications sur ce sujet, qui nous a “conseillé d’interroger les fournisseurs de dosimètres, notamment l’IRSN”. Ces derniers n’ont pas répondu.

Parfois, le dosimètre est jeté aux orties : un rapport datant de 2006 de l’inspecteur général d’EDF mentionne “une pratique préoccupante de salariés qui ne portent pas de dosimètre”. Une pratique préoccupante dont elle se défausse sur les entreprises sous-traitantes. Perversité de ce système des poupées russes.

Personne pour vérifier

Derrière chaque incident, la proposition de l’exploitant d’un classement sur l’échelle INES. ”Soit l’ASN est d’accord avec l’exploitant, soit il lui explique pourquoi. C’est un partenariat.” se défend l’ASN. Et bien souvent, le classement de l’exploitant est validé par l’autorité. Pour pouvoir juger des conséquences, l’ASN a donc en main une déclaration – de bonne foi – des exploitants, qui proposent un classement. Parfois, les équipes de l’ASN se déplacent pour vérification ou appréciation sur le terrain. Mais ”rarement dans le cas d’un niveau 0. S’il n’y a pas d’enjeu, on ne se déplace pas”, confie un des employés de l’autorité :

Ça dépend des informations que nous avons à partir de la déclaration. On les appelle et on voit selon ce que dit l’exploitant. Les investigations interviennent juste après la déclaration d’évènement. En fonction, on peut arrêter l’installation. La responsabilité première est celle de l’exploitant : on se base sur ce qui est dit et sur la nature de ce qui s’est passé. On peut aussi solliciter l’appui technique de l’IRSN [Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, NDLR].

Le bras de fer entre les deux instances n’est que le reflet de ce que l’humain peut peser dans une échelle de classement : pas grand chose au vu du peu d’importance que revêtent les contaminations dans le classement INES.


Nous remercions vivement, dans l’ordre d’arrivée, Julien Kirch (au code), Cédric Suriré, doctorant en socio-anthropologie du risque et des vulnérabilités, Annie Thébaud-Mony et Marion Boucharlat (au graphisme), sans qui ce travail n’aurait jamais abouti.

Risque nucléaire : ils ne voient rien, ils n’entendent rien… Nous, on en parle !

Samedi 28 avril, à une semaine du premier tour, Greenpeace a appellé à un rassemblement citoyen dans 22 villes de France pour interpeller les deux candidats à l’élection présidentielle.

Risque nucléaire : ils ne voient rien, ils n’entendent rien, on en parle !Tout au long de la campagne, la question du nucléaire a été traitée, mais surtout maltraitée par François Hollande ou par Nicolas Sarkozy.
En somme, ce qui unit les deux candidats, c’est l’indéfectible foi dans l’exception nucléaire française. Quand la Belgique, la Suisse, l’Italie et surtout l’Allemagne ont décidé de tourner définitivement le dos à l’énergie nucléaire, pour nos deux candidats, le risque nucléaire n’existe pas.

Si François Hollande et Nicolas Sarkozy ont choisi de se cacher les yeux et de se boucher les oreilles, les citoyens eux, ont encore la parole. Ils sont 80% à juger que la France est trop dépendante du nucléaire, une écrasante majorité d’entre eux (88%) se sent sous-informée sur les mesures à prendre en cas d’accident nucléaire …

À l’heure où nos voisins européens ont amorcé leur sortie du nucléaire, Greenpeace a invité électeurs, militants et citoyens à un rassemblement: car une image vaut parfois mille mots !

Le nucléaire, une guerre contre l’humanité

«N’attendons pas qu’une catastrophe arrive sur notre territoire, n’attendons pas d’être nous-mêmes des réfugiés du nucléaire pour enfin mesurer toute la dangerosité de cette technologie mortifère.» Par Michèle Rivasi, députée européenne EELV. Médiapart 26 Avril 2012

Voilà une discussion de comptoir que certains ont pu entendre:

- Tiens, à la fin du mois c’est l’anniversaire de Tchernobyl: 26 ans déjà.
– Ah bon? Je croyais que c’était celui de Fukushima…
– Je ne sais plus…c’est vrai qu’on s’y perd dans les dates!

Si nous continuons notre fuite en avant nucléaire, nous aurons bientôt une catastrophe nucléaire à célébrer chaque mois de l’année. Les bougies de l’ironie seront-elles assez nombreuses pour le gâteau de l’infamie?

Vingt-six ans après la catastrophe de Tchernobyl, survenue le 26 avril 1986, les conséquences sanitaires se font toujours ressentir sur place et la sécurisation du site n’est nullement achevée.

En effet, le premier sarcophage, construit dans l’urgence, n’est pas étanche à l’humidité: on estime à 100 m2 la surface des interstices ouverts dans sa structure de béton et d’acier. Ce sarcophage a par ailleurs montré des signes de fragilité, laissant planer un doute mortel sur les quatre tonnes de poussières radioactives encore présente sur le site.

C’est pourquoi l’an dernier, la conférence des donateurs pour Tchernobyl s’est engagée sur un financement à hauteur de 550 millions d’euros pour construire une nouvelle enceinte de protection… alors que le programme complet des travaux est évalué à 1 540 millions d’euros, dont 990 millions d’euros pour le seul sarcophage. Des chiffres astronomiques qui n’ont pourtant toujours pas permis la récupération du cœur radioactif, sa prise en charge et son conditionnement posant encore des problèmes techniques et de financement.

Alors que des millions sont engloutis dans une sécurisation qui ne durera qu’un siècle selon les experts en charge du projet, les populations ne touchent pas un kopek et sont laissées dans le plus grand dénuement. Entre six et sept millions de personnes vivent encore dans les 150 000 km2 de territoires contaminés au césium en Ukraine, en Biélorussie et en Russie.

Rien qu’en Ukraine 2,4 millions d’Ukrainiens (dont 428 000 enfants) souffrent de problèmes de santé liés à la catastrophe, selon les chiffres du ministère ukrainien de la santé. Les liquidateurs victimes de l’irradiation lors de l’accident sont éparpillés aux quatre coins de l’ex-URSS, ce qui empêche tout suivi épidémiologique. Pire, aujourd’hui, les enfants nés après la catastrophe sont victimes de la contamination par l’ingestion d’aliments cultivés en territoires contaminés. Le Japon est en passe de faire les frais d’un tel scénario, même si la traçabilité des victimes devrait être plus facile et donc leur prise en charge améliorée…

Ce qui se passe à Tchernobyl et au Japon nous concerne tous. Si l’URSS n’avait pas sacrifié la vie des centaines de milliers de liquidateurs, une grande partie de l’Europe aurait pu devenir inhabitable. Aujourd’hui, le Japon doit rester une source de préoccupation puisque la catastrophe est loin d’être circonscrite et ravive les craintes à chaque nouveau séisme.

Des milliers de barres de combustible irradié sont encore présentes au sein des différents réacteurs et piscines de refroidissement de la centrale de Fukushima. En cas de tsunami ou de tremblement de terre, les enceintes de confinement endommagées risquent de céder et de libérer des quantités de radionucléides bien plus importantes que la catastrophe initiale ne l’a déjà fait.

Ce serait un véritable cataclysme écologique et humain car une partie de ces barres contiennent du MOX (dans le réacteur 3 assurément), un mélange d’uranium appauvri et de plutonium retraité dont l’inhalation de quelques milligrammes suffit à provoquer un décès. Rappelons au passage que le plutonium est le fruit mortifère de la création humaine, puisqu’il n’existait pas à la surface du globe avant les premiers essais nucléaires et leurs retombées radioactives. Aussi, n’oublions pas que le MOX est la fierté mondiale du groupe français Areva –seule entreprise à produire ce type de combustible– qui nous vaut le doux sobriquet de shi no shônin (marchands de mort) au Japon.

Selon les estimations, environ 1 500 barres de combustible se trouveraient dans le réacteur 4 (le plus affaibli des bâtiments) et environ 10 000 sur l’ensemble du site de Fukushima Daiichi. Si le réacteur 4 s’effondre, la radioactivité ambiante sera telle que plus aucune intervention ne sera possible sur le site et nous n’aurons plus qu’à croiser les doigts pour éviter une catastrophe dont l’étendue est inimaginable. Vous pouvez d’ailleurs croiser les doigts une petite dizaine d’années, puisque c’est le temps jugé nécessaire par Tepco pour retirer le combustible usé des piscines de désactivation. Ce retrait ne commencera pas avant deux ans, du fait d’une radioactivité encore trop importante. L’extraction du combustible fondu dans les réacteurs 1 à 3 commencera d’ici dix ans et durera au moins deux décennies. Je vois difficilement comment l’on peut relativiser de tels risques quand on connaît l’activité sismique aussi intense que régulière du Japon.

Face à la difficile réalité que nous imposent ces faits –et avant de lancer aveuglément une nouvelle génération de centrales ou de rallonger la durée de vie de nos centrales existantes– il est temps de réfléchir à l’avenir énergétique de notre pays comme à celui de l’ensemble du globe. N’attendons pas qu’une catastrophe arrive sur notre territoire, n’attendons pas d’être nous-mêmes des réfugiés du nucléaire pour enfin mesurer toute la dangerosité de cette technologie mortifère.

La demi-vie de notre crainte humaine ne doit plus laisser place à la demi-vie de notre résignation technologique. La renaissance du nucléaire semblait enfin avorter, soyons sûr qu’il ne ressurgisse jamais: plutôt que vivre à moitié l’illusion nucléaire, vivons pleinement la transition énergétique!


Charte pour un monde vivable

Pendant près de quatre jours, du 27 au 30 octobre 2011, les Etats Généraux pour un Monde Vivable (EGMV) ont réuni à Saintes plus de 150 participants et intervenants, et attiré au total plus de 300 personnes. AIPRI le  11 novembre 2011

L’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN), qui avait pris l’initiative de cette rencontre, la Ligue de l’Enseignement, la Ligue des Droits de l’Homme, ATTAC, la Confédération paysanne, le réseau Sortir du nucléaire ont organisé les EGMV avec le soutien de la ville de Saintes, de la Région Poitou-Charentes, de la Coop Atlantique et de la Fondation pour une Terre Humaine. D’autres associations, comme l’Union Pacifiste, y ont également participé.

Les EGMV ont élaboré et adopté la Charte pour un monde vivable qu’on trouvera ci-après.

Seuls trois candidats de gaucheEva JolyJean-Luc Mélenchon,Philippe Poutou - qui se sont exprimés en faveur de la sortie du nucléaire tant civil que militaire, ont signé la Charte pour un Monde Vivable,

http://acdn.france.free.fr/spip/article.php3?id_article=707

voir aussi

http://acdn.france.free.fr/spip/article.php3?id_article=731&lang=fr

Communiqué de presse EELV Rennes:lundi 23 avril 2012.

Si le score national d’Eva Joly est décevant, il atteint 5,03 % à Rennes, alors qu’en 2007, Dominique Voynet et José Bové y obtenaient à eux deux 3,69 %. Parmi les grandes villes, Rennes est celle où Eva Joly a fait le meilleur score, certains bureaux de vote affichant jusqu’à 9,6 %. Nous remercions les Rennais-es qui, toujours plus nombreux-ses, font le choix de l’écologie.

Nous sommes frappés par le fort résultat du Front national, qui semble avoir réussi à banaliser ses idées. La politique menée par le président sortant l’y a certainement aidé, nombre d’idées d’extrême-droite ayant été mises en œuvre pendant ce quinquennat.

Fermement opposés à un deuxième mandat de Nicolas Sarkozy, nous appelons à voter pour François Hollande au second tour.

L’écologie a eu du mal à trouver sa place dans cette campagne présidentielle, mais les attentes des citoyens à ce sujet ont été fortement exprimées lors des scrutins précédents. Nous continuerons à nous mobiliser, notamment lors des élections législatives, afin d’amplifier le souffle et le poids de ce mouvement.

L’écologie politique ne saurait être une simple valeur ajoutée environnementale et constitue un programme complet, ambitieux et novateur, qui apporte des réponses pertinentes aux crises économiques et sociales et environnementales. Nous la portons avec force et conviction.

Solène Raude et Xavier Baron

porte-paroles d’EELV Rennes

 

 

Fukushima réacteur 4, un danger au delà de tout ce qu’on a connu ….!

S’exprimant lors d’une audience publique de la commission budgétaire de la Chambre des Conseillers le 22 Mars 2012, l’ambassadeur Mitsuhei Murata a averti que “si le bâtiment estropié du réacteur 4 (avec 1.535 barres de combustible dans la piscine de combustible usé à 30 mètres au-dessus du sol) s’effondre, non seulement cela va provoquer l’abandon forcé des six réacteurs à cause des radiations dégagées, mais cela affectera aussi la piscine de combustible usé commune contenant 6375 barres de combustible, située à 50 mètres du réacteur 4″.

Dans les deux cas, les barres radioactives ne sont pas protégés par une enceinte de confinement. Elles seront dangereusement exposées à l’air libre. Ce serait certainement provoquer une catastrophe mondiale comme nous n’en avons jamais connu. Il a souligné que la responsabilité du Japon vis-à-vis du reste du monde est incommensurable. Une telle catastrophe aurait une incidence sur nous tous pour des siècles. L’ambassadeur Murata nous a informés que le nombre total des barres de combustible irradié sur le site de Fukushima Daiichi à l’exclusion des cuves des réacteurs est de 11421.

Matsumura a ensuite questionné Robert Alvarez, ancien conseiller principal auprès du secrétaire et secrétaire adjoint à la sécurité nationale et de l’environnement au Département de l’Energie US, sur l’impact d’une telle catastrophe supplémentaire à Fukushima.

Contenir les radiations ne sera pas un mince exploit, a expliqué Mr. Alvarez. “Le combustible irradié ne peut pas être simplement soulevé dans les airs par une grue comme s’il s’agissait de fret ordinaire. Afin d’éviter l’exposition aux rayonnements sévères, les incendies et les explosions possibles, il doit être transféré en tout temps dans l’eau et dans des containers secs fortement blindés.

Il a ensuite déclaré que les 11138 assemblages de combustibles usés stockés à l’usine de Fukushima contiennent *entre autres* “134 millions de curies de césium 137, soit environ 85 fois la quantité de Cesium 137 relâché lors de l’accident de Tchernobyl, selon les estimations du Conseil National Américain sur la Radioprotection.”

“Il est important pour le public de comprendre que les réacteurs qui ont été en exploitation pendant des décennies, tels que ceux sur le site de Fukushima-Daiichi, ont généré quelques-unes des plus grandes concentrations de radioactivité sur la planète”, a-t-il conclu.

Matsumura admet que c’est un nombre impressionnant et difficile à comprendre. Il a écrit que 85 fois plus de césium 137 que Tchernobyl “détruirait l’environnement mondial et notre civilisation. Ce n’est pas sorcier, pas plus que ça ne concerne le débat pugilistique sur les centrales nucléaires. Il s’agit d’une question de survie de l’humanité.”

Mitsuhei Murata a envoyé une lettre au Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-moon. “Il n’est pas exagéré de dire que le sort du Japon et du monde entier dépend du réacteur N°4. Ceci est confirmé par les experts les plus fiables, comme le Dr. Arnie Gundersen ou le Dr. Fumiaki Koide”, écrivait-il à Ki-Moon. “Le monde a été fait si fragile et vulnérable. Le rôle de l’Organisation des Nations Unies est de plus en plus vitale. Je vous souhaite la meilleure des chances dans votre noble mission.”

Pas un mot encore pour savoir si cette situation s’est même imprimée sur l’écran radar des Nations Unies.

Sources : http://www.infowars.com/fukushima-reactor-4-life-on-planet-earth-in-the-balance/
Blog d’Akio Matsumura : http://akiomatsumura.com/2012/04/682.html

Vidéos originales par christopherjamescote, merci à lui pour l’autorisation de sous-titrage :
http://youtu.be/KwCfAY4iyPQ
http://youtu.be/faGyYt35MUg


Rencontre avec un liquidateur de Fukushima : « C’est l’enfer »

Rares sont les employés de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi à parler de leur mission à haut risque. Un volontaire a accepté de témoigner. Un kamikaze de l’atome fier d’aider son pays.La Liberté"  Thierry Jacolet avec Rue 89 23 avril 2012


Des travailleurs dans le centre d’urgence de la centrale Fukushima Daiichi, le 28 février 2012 (Kimimasa Mayama/Reuters)

(De retour d’Iwaki)

« Je crois que mon chef nous a vus ensemble ! Il faut sortir du magasin. »

Takehiro – le prénom a été changé – est pris d’une montée de stress en plein rayon surgelés du FamilyMart d’Iwaki, une ville située à une quarantaine de kilomètres de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi.

Ce Japonais de 48 ans vient d’apercevoir le patron de son entreprise.

« S’il se rend compte que je suis avec un journaliste, je vais avoir de gros problèmes. »

Takehiro n’est pas autorisé par sa boîte à parler aux médias. Il a néanmoins accepté de mettre en danger sa nouvelle « carrière » pour évoquer ses conditions de travail.

Plus de 3 000 liquidateurs au casse-pipe

Prendre des risques est devenu une routine pour Takehiro. Il travaille sur le site ultracontaminé de la centrale dévastée par le tsunami, le 11 mars 2011. Cet homme est un liquidateur, un terme utilisé depuis Tchernobyl pour désigner le personnel envoyé au casse-pipe après un accident nucléaire. Ils sont plus de 3 000 à intervenir comme lui quotidiennement pour décontaminer la centrale ou refroidir les réacteurs.

Depuis le mois de mai, il participe à la construction des cuves : près de 1 000 d’entre elles contiennent déjà 100 millions de litres d’eau très radioactive. De l’eau utilisée pour refroidir les réacteurs. L’employé ne veut pas donner de détails sur sa tâche. Si ce n’est qu’il travaille hors du bâtiment de la centrale.

« Mais j’aimerais être à l’intérieur. Je m’y sentirais encore plus utile. Peut-être parce que je suis un peu kamikaze. »

Takehiro veut être au cœur de la « bête ». Comme si trimer dans un milieu contaminé jusqu’à 13 microsieverts par heure (µSv/h), c’est-à-dire 113,9 millisieverts par an (mSv/an) – plus de cent fois le niveau annuel de radioactivité toléré pour la population au niveau international –, ne lui suffisait pas.

« Je sais que c’est hyper radioactif. Parfois, j’ai encore peur. C’était surtout le cas au début. Maintenant, le danger fait partie de ma vie. Peut-être que dans cinq à dix ans je sentirai les effets. »

« Ils s’évanouissent tellement il fait chaud »

D’ici là, il aura déjà quitté la centrale. Un liquidateur ne fait pas de vieux os sur un site aussi irradié. En mars 2011, Tepco, propriétaire de Fukushima Daiichi, a relevé le plafond de la limite d’exposition de 20 mSv/an à 250 mSv/an afin de pouvoir réquisitionner plus longtemps les liquidateurs. Takehiro ne semble visiblement pas au courant.

« Je travaille pour le sous-traitant d’une entreprise partenaire de Tepco. La limite est de 30 mSv. Au-delà, on ne peut plus venir travailler. »

L’employé a encore de la marge, puisqu’il a encaissé pour l’instant 20mSv en moins d’un an.

L’homme est pourtant mis à rude contribution. Engagé en mai 2011, il a travaillé tous les jours durant les quatre premiers mois. Pas une matinée ou un après-midi de repos durant cette phase d’urgence. Depuis septembre, il a droit à six jours par mois. Les vacances ? Un concept abstrait pour lui. Son contrat ne le mentionne pas. En moyenne, il ne sue pas plus de trois heures par jour afin d’éviter une trop longue exposition à la radioactivité. Bien assez au vu des conditions de travail dantesques. En particulier en été, quand la température peut frôler les 40°C.

« A cause de la combinaison, on transpire énormément. Des travailleurs s’évanouissent tellement il fait chaud. C’est l’enfer. »

Et pas question de boire ou de manger pendant le service : l’entreprise le leur interdit. Takehiro s’en moque :

« J’enlève parfois mon masque pour fumer ou pour boire une bouteille d’eau en cachette. C’est dangereux, mais je ne peux pas attendre la fin du travail. Si Tepco sait cela, je suis viré. »

De l’eau radioactive qui fuit dans le Pacifique

Des failles dans la sécurité, Takehiro en observe souvent. Parfois, l’eau hautement radioactive fuit dans le Pacifique ou s’échappe d’une cuve.

« Un jour, l’eau a même jailli du réservoir. Mieux vaut ne pas se trouver à proximité. Normalement, l’alarme nous prévient. Mais il arrive qu’elle ne fonctionne pas. »

Au 31 janvier 2012, sur les quelque 20 000 personnes qui sont intervenus sur le site, 167 ont déjà été gravement irradiées (plus de 100 mSv). Six autres employés sont décédés, mais Tepco a affirmé que ces décès n’étaient pas liés à la radioactivité. « J’ai aussi entendu des histoires de travailleurs qui ont vu le nombre de leurs globules blancs chuter », ajoute Takehiro.

Pas de quoi le décourager pour autant. Même pas son salaire de la peur : 18 000 yens par jour seulement (167 euros). Sans prime de risque, bien sûr. Ceux qui ne sont pas qualifiés gagnent à peine 8 000 yens (74 euros).

« Je m’en fiche, je ne travaille pas pour l’argent. Je suis heureux de faire ce boulot. »

« Etre un héros de films américains »

Et il en est fier en plus. Lui qui s’est porté volontaire pour cette mission quasi suicidaire… Lui qui menait une vie peinard de chauffeur de camion sur l’île de Kyushu, au sud de l’archipel. Jusqu’à ce que le tsunami détruise la centrale.

« Quand j’ai vu ça à la télé, je me suis dit que le pays allait sombrer dans le chaos. Il fallait que je fasse quelque chose pour le Japon. C’est à notre génération de faire cela. Pas aux jeunes. »

Takehiro le patriote surfe alors sur les sites internet pour débusquer les appels aux volontaires. Il décroche un emploi dans une petite entreprise de construction. Divorcé – il a un fils à Tokyo –, il emménage en mai 2011 près d’Iwaki et se met illico à la tâche. Avec un sens du sacrifice propre aux Japonais :

« Je suis prêt à donner ma vie pour mon pays. Je pense que ce qui se passe ici, c’est comme une guerre. Fukushima Daiichi c’est notre champ de bataille… »

Une bataille loin d’être gagnée par l’armée de l’ombre de Tepco, qui se donne quarante ans pour assainir la centrale.

« Je suis d’une génération de Japonais qui aimerait être un héros de films américains. »

Et qui sont aussi prêts à mourir en héros ?

Rennes en mars et avril 2012: Cycle "De Tchernobyl à Fukushima"

Du 1er mars au 30 avril à Rennes et ses alentours

Durant deux mois, se succéderont sur Rennes et ses alentours des événements de formes variés (conférence, projection, spectacles, actions de rue, expositions) pour s’informer, échanger sur la question du nucléaire à travers de nombreux thèmes. Ce sera, entre autres, l’occasion de faire le point sur ce qui se passe à Tchernobyl et à Fukushima.

Contact : contact@sdn-rennes.org  Téléphone : 06 64 90 35 71       Site web : http://www.sdn-rennes.org

Programme :

- Vendredi 20 avril à 19h15 : Au "Carrefour 18" – Rue d’Espagne à Rennes, conférence gesticulée intitulée "Le lobbying écologique"

Cette conférence gesticulée porte sur le travail de plaidoyer effectué par une salariée d’une association écologiste sur les décideurs (gouvernement en particulier), avec ses doutes et ses questionnements sur le sujet, une réflexion sur le rôle des associations écologistes dans les politiques gouvernementales, mais aussi son quotidien, ses coups de blues et ses petits bonheurs … en prime une déconstruction détaillée du "Grenelle de l’environnement" Entrée : Prix Libre

- Samedi 21 : Portage de parole "Venez vous exprimer " – Marché du Landrel, au Blosne – 10H00

- Lundi 23 : Cinéma "Tchernobyl forever" – cinéma "Le Triskel" rue du Tregor à Betton  20h00

- Mercredi 25 : Conférence "Les conséquences sanitaires de Tchernobyl" – par Yves Lenoir – Bât B – Université de Villejean – 18H30

- Samedi 28  à 18h : Rassemblement de clôture Place du Parlement à Rennes.