Archives Mensuelles: juin 2012

Dissuasion française : le débat escamoté

 Le 19 juin, Michel Rocard a déclaré que si on voulait réduire le déficit budgétaire, on pouvait la « supprimer » purement et simplement, que les « 16 milliards » qu’elle coûte, selon lui, chaque année, « ne servent absolument à rien ». Même s’il les a corrigés par la suite, les propos de l’ancien Premier ministre, lui-même fils de l’un des concepteurs de l’arme nucléaire française, ont suscité une levée de boucliers.

D’abord parce que ses chiffres étaient faux. La dissuasion coûte entre 3 et 4 milliards d’euros par an – et non 16. Surtout, parce que, à l’exception des écologistes, la force de frappe est considérée comme intouchable par la classe politique française. Article paru dans "le Nouvel Observateur" du 28 juin 2012

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                                         (Michel Rocard)

 

C’est un débat impossible – et pourtant indispensable.

A quoi sert aujourd’hui la force de frappe française ?

…A l’exception des écologistes, la force de frappe est considérée comme intouchable par la classe politique française.

 Mais cette dernière a-t-elle réellement réfléchi à la question ? 

 A l’UMP comme au PS, on vante les vertus de la bombe comme instrument central de la sécurité de la France. « Ce serait une très très grave erreur stratégique que de baisser la garde de la défense française aujourd’hui », a déclaré, indigné, Alain Juppé. «On ne fait pas d’économie sur notre assurance vie », a dit, lui, le ministre de la Défense Jean Yves Le Drian.

 Mais la dissuasion est-elle vraiment indispensable à la sécurité de la France ? L’Allemagne, l’Afrique du Sud ou le Brésil, qui n’en sont pas dotés, sont-ils plus en danger que notre pays ? Le débat n’a pas eu lieu depuis des décennies.

 A droite comme à gauche, on insiste aussi sur l’importance de l’arme nucléaire pour le statut de la France dans le monde. Le patron des députés UMP, Christian Jacob, l’assure :« Ce qui fait que la France pèse sur la scène internationale, c’est qu’elle a la force de dissuasion ». Et le ministre socialiste de la Défense a dit à peu près la même chose, oubliant que, signataire du traité sur la non-prolifération, la France s’est engagée à mener de « bonne foi » des négociations visant au désarmement nucléaire.

 Vincent Jauvert

 

Jean-Yves Le Drian à l’Ile Longue mercredi prochain, par Philippe Chapleau 29/06/12

L’agenda du ministre de la Défense a confirmé ce qui était connu depuis mercredi: Jean-Yves Le Drian se rendra à l’Ile Longue, le 4 juillet dans l’après-midi. La brièveté de la visite (qui se terminera en fin de journée par un point presse) ne semble pas permettre d’autres visites ou rencontres.

L’Ile longue est le point de passage obligatoire des candidats à la Présidence et des ministres de Défense. Dans le cas de la visite de Jean-Yves Le Drian, ce déplacement intervient quelques jours après la "boutade" de Michel Rocard appelant à la suppression de la dissuasion nucléaire.

Paul Quilès, ancien ministre socialiste de la Défense et auteur d’un petit livre sur la dissuasion (cliquer ici pour lire le post que j’ai consacré à ce livre le 23 avril), était venu au secours de Michel Rocard. Quilès avait dénoncé un "mensonge français" autour de la force de dissuasion nucléaire et l’"omerta" qui règne selon lui sur le sujet.

Le chef de l’Etat a réitéré son engagement de conserver les composantes de la force nucléaire française.

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2012/06/29/jean-yves-le-drian-a-l-ile-longue-mercredi-prochain.html

 


Fukushima, réacteur 4: système de refroidissement tombé en panne et réparé: ouf!

Le système de refroidissement du combustible nucléaire usé d’une piscine sur le quatrième réacteur nucléaire de la centrale Fukushima-1 est tombé en panne. Cela a été rapporté par la société TEPCO qui est l’opérateur de centrale nucléaire accidentée. La société a assuré que la situation dans la Fukushima-1 reste sous contrôle. La température dans la piscine du combustible nucléaire usé n’augemente pas, les fuites d’eau radioactive n’ont pas été trouvées. La voix de la Russie 30.06.2012

La Fukushima est tombée en panne à nouveau

Photo: EPA

Le système de refroidissement a été arrêté automatiquement après qu’un défaut de la pompe à eau a été constaté. Les experts de TEPKO arrivent d’essayer de trouver les causes de l’incident.

C’est le deuxième échec du système de refroidissement du quatrième réacteur sur la centrale Fukushima-1 au cours du dernier mois. Au début de juin, deux pompes sont tombées en panne et le système a cessé de fonctionner pendant presque toute la journée.

Infos en direct du Japon  20h samedi: le  système refroidissement ne marche toujours pas piscine du 4 #Fukushima Température monte peu à peu

La progression est linéaire : 9 degrés en 18 h, il reste ???  H pour trouver la solution….

http://fukushima-diary.com/

 OUF : Encore des sueurs froides avec Fukushima. ( info 1 juillet 2012)

Système de refroidissement du Réacteur 4 de Fukushima, mise à jour par TEPCO : L’UPS (Uninterruptable Power Supply = onduleur) hors service

 TEPCO s’est débrouillé pour contourner l’onduleur et a redémarré le système de refroidissement à 15h07 le 1er juillet. Au moment du redémarrage, la température de l’eau à l’intérieur de la piscine était de 42,9°C. TEPCO prévoit de remplacer l’onduleur fautif cette semaine. (d’après les tweets d’un autre journaliste indépendant qui reçoit des emails de TEPCO.)

[Reactor4] Coolant system is still running without proper equipment 2

[Reactor4] Coolant system is still running without proper equipment 3

Le travailleur de Fukushima, Happy11311, a tweeté sur la panne du système de secours du circuit de refroidissement de la piscine (SFP4).

続き2:片側のポンプが停止したらバックアップポンプが起動するはずなんだけど、こっちも同じく電源供給されずに動かなかったみたい。簡単にいうと設計ミスとチェック漏れでし。根本的原因は調べてるみたいだけど湿気とか塩害の可能性もあるのかなぁ…。
— ハッピーさん (@Happy11311) 7月 2, 2012
(Traduction) La pompe de secours était supposée démarrer lorsque l’une des deux pompes s’arrête mais celle-ci n’était pas alimentée non plus, ça ne marchait pas. Pour faire simple, C’était une erreur de conception et un manque de vérification. Ils semblent en rechercher la cause mais je me demande si l’humidité ou les dégâts du sel ne sont pas impliqués… (Fin)

続き3:冷却系は事故の初期段階で突貫で据え付けた物が多いから設計時間もなく結構チェックしきれてないものが多いのかなぁ…。でもあれから一年近くたってるから、あってはいけない事でし。またトラブルが起きてからの対応で「転んでからの杖」になってしまったでし。
— ハッピーさん (@Happy11311) 7月 2, 2012
(Traduction) Plusieurs parties du système de refroidissement ont été construites de façon provisoire, ils n’avaient pas assez de temps pour concevoir et vérifier. C’était il y a un an, on ne peut pas admettre qu’il reste encore aujourd’hui des parties non vérifiées. Maintenant, une fois encore, c’est du "on regarde après que ça saute".(Fin)

In: http://fukushima-diary.com/2012/07/reactor4-actual-fukushima-worker-in-short-it-was-a-design-error/


Alerte des experts contre une nouvelle catastrophe à Fukushima 25.06.2012

Publiée le 29 juin 2012 par kna60
Interview par Marc Willacy d’ABC Australie sur les dangers de la piscine de combustible n°4 de Fukushima.
Les personnes interrogées sont :
– Pr. Hiroaki Koide, expert en réacteurs nucléaires de l’université de Kyoto.
– Robert Alvarez, conseiller en politique énergétique aux Etats-Unis
– Yoshimi Hitosugi, porte-parole de TEPCO
– Tomohiko Suzuki, journaliste et travailleur clandestin à la centrale de Fukushima.
– Misuhei Murata, ancien embassadeur du Japon en Suisse.

Vidéo et transcription originales :
http://www.abc.net.au/7.30/content/2012/s3532725.htm
Traduction & sous-titrage par kna60.

Traitement de choc pour les antinucléaires indiens

Le projet du gouvernement d’employer des psychiatres pour traiter les militants en lutte contre la centrale nucléaire de Kudankulam, dans l’Etat du Tamil Nadu, a suscité un tollé.26.06.2012 Courrier international

Depuis la publication dans les pages du New Indian Express, le 19 mai, de l’article “Avec l’aide de l’Institut national de la santé mentale et des neurosciences (NIMHANS), le gouvernement espère changer l’état d’esprit des antinucléaires”, qui faisait état de la volonté de la direction de la centrale de Kudankulam d’utiliser les talents de spécialistes de psychologie sociale dans sa lutte contre les opposants, le bureau du Premier ministre croule sous les e-mails et les courriers venus du monde entier.

Des antinucléaires australiens, japonais, allemands, italiens et français, notamment, ainsi que des personnalités et des militants indiens font pression sur le gouvernement pour qu’il renonce à ce projet.

Dans leurs courriers, ils demandent au Premier ministre de se pencher plutôt sur d’autres questions : la sécurité, l’évaluation des conséquences sur l’environnement, l’impact sur la vie marine, mais aussi sur les moyens de subsistance de la population. Dans sa lettre au Premier ministre, l’amiral L. Ramdas, ancien chef d’état-major de la marine, s’est dit choqué par “le projet de charger le NIMHANS d’enquêter sur les prétendus ‘déséquilibres’ mentaux des opposants à l’énergie nucléaire, en particulier à Kudankulam”.

“Le recours à ce type de mesure ne fait que mettre en lumière une désorientation totale et une incapacité à gérer la situation de la part de toutes les branches du gouvernement, et plus particulièrement de l’establishment scientifique et nucléaire dans son entier, dénonce l’amiral Ramdas. La police, par sa gestion inepte et épidermique des manifestations, son absence totale de transparence et son action répressive et autoritaire, est devenue la risée du pays et des observateurs internationaux, faisant du même coup la preuve de notre incapacité à agir de façon mature et indépendante…” Appelant la direction de la centrale de Kudankulam à ouvrir la voie au dialogue, l’amiral dit “espérer sincèrement que cette intervention psychiatrique sur demande du gouvernement ne soit plus qu’un mauvais souvenir”.

(The New Indian Express)

Rapport ASN: « il y aura un avant et un après Fukushima »

Suite aux ECS (Évaluations Complémentaires de la Sûreté)  conduites en 2011, l’ASN ( Autorité de sûreté nucléaire)  a pris, le 26 juin 2012, 32 décisions fixant chacune une trentaine de prescriptions complémentaires relatives aux centrales nucléaires d’EDF, aux installations d’AREVA et à certains réacteurs du CEA. Les mesures prises vont conduire à un renforcement significatif des marges de sûreté au-delà de leur dimensionnement. ASN 28 juin 2012

Ces décisions imposent ainsi aux exploitants des travaux considérables impliquant notamment un investissement particulier en matière de ressources humaines et de compétences. Ces travaux ont déjà débuté pour certains exploitants et s’étendront sur plusieurs années. Pour les mesures les plus complexes, dont les échéances sont les plus lointaines, les décisions imposent des mesures transitoires.

En particulier, les exploitants vont devoir mettre en place un « noyau dur ». Ainsi, tous les sites devront disposer d’une organisation et de locaux de crise robustes résistant à la survenue d’un évènement de grande ampleur touchant plusieurs installations.

Pour les centrales d’EDF, le « noyau dur » devra comprendre des moyens électriques « bunkerisés » qui doivent être en place partout avant 2018 ; dès la fin 2013, des groupes diesel de secours supplémentaires devront être installés.
Pour ce « noyau dur », tous les exploitants doivent remettre le 30 juin 2012 un dossier détaillé présentant les matériels à ajouter et les échéances associées. L’ASN évaluera le contenu technique de ces dossiers, avec l’appui de l’IRSN, pour le début de l’année 2013.

Les autres mesures comprennent par exemple :

pour EDF :

  • la « Force d’action rapide nucléaire (FARN) », qui sera en mesure d’intervenir dès fin 2012 et devra être complètement opérationnelle au plus tard fin 2014 ;
  • des formations renforcées de ses agents pour intervenir en cas de séismes et en cas d’accident grave ;

pour AREVA :

  • à La Hague, des moyens robustes de réalimentation des piscines d’entreposage, qui devront être soumis à l’ASN avant le 31 décembre 2012, et la réalisation des opérations de reprise et de reconditionnement des déchets anciens encore présents sur le site ;
  • sur les installations nucléaires d’Eurodif, Socatri, TU5GB II, Comurhex, des moyens efficaces de réduction des conséquences d’une fuite accidentelle de trifluorure de chlore (ClF3), fluorure d’hydrogène gazeux (HF) ou d’hexafluorure d’uranium (UF6), qu’AREVA doit soumettre à l’ASN avant le 31 décembre 2012 ;

pour le CEA :

  • l’évacuation, au plus tard au 31 décembre 2013, des matières fissiles de l’installation MASURCA vers une installation suffisamment dimensionnée au séisme, comme le CEA s’y était engagé à plusieurs reprises ;
  • des améliorations des installations à l’égard du risque d’inondation ou de maîtrise des feux de sodium pour ce qui concerne le réacteur Phénix, du risque de perte de refroidissement pour le réacteur OSIRIS, des risques d’inondation et de perte de refroidissement et du comportement en cas de séisme pour le réacteur Jules Horowitz.

En conclusion, André-Claude Lacoste a indiqué que les suites de l’accident de Fukushima représentent un travail considérable, pendant plusieurs années, pour les exploitants, mais aussi pour l’ASN et son appui technique, l’IRSN. Ce travail nécessite un fort investissement visant un renforcement de la sûreté des installations nucléaires en France. L’ASN attachera une vigilance particulière au suivi de la mise en œuvre de l’ensemble des prescriptions qu’elle a édictées.

http://www.asn.fr/index.php/S-informer/Actualites/2012/Rapport-de-l-ASN-2011-il-y-aura-un-avant-et-un-apres-Fukushima

Japon: 200 000 personnes contre le redémarrage de la centrale de Ohi le 29 juin, forte mobilisation ce 1er juillet à Ohi

200 000 personnes manifestent au Japon le 29/06/12 devant la résidence du Premier Ministre Noda  contre le redémarrage de la centrale de Ohi prévu le 1 juillet prochain. Source Japonaise 

http://fukushima-diary.com/2012/06/photos-demonstration-of-200000-people-occupied-official-residence/#comments

Grande manifestation devant la centrale de Ohi ce 1 er juillet

Les autorités obligées d’y aller en bateau….

http://fukushima-diary.com/2012/07/live-protest-standing-at-ohi-nuclear-plant/

Des élus japonais demandent le démantèlement de la moitié des réacteurs nucléaires Liberation 29 juin 2012

Lors d'une manifestation antinucléaire devant la résidence du Premier ministre japonais Yoshihiko Noda, à Tokyo, le 22 juin 2012.

Lors d’une manifestation antinucléaire devant la résidence du Premier ministre japonais Yoshihiko Noda, à Tokyo, le 22 juin 2012. (Photo Yuriko Nakao. Reuter

Selon un groupe de parlementaires opposés au nucléaire, près d’un réacteur sur deux dans l’archipel doit être immédiatement arrêté et démoli, en raison de risques sismiques particulièrement élevés.

 Des parlementaires japonais, qui ont étudié la dangerosité des 50 réacteurs de l’archipel, en ont déduit que 24 doivent être démantelés au plus vite car situés sur des failles ou présentant d’autres risques importants.

Selon le groupe «Genpatsu zero» («zéro centrale nucléaire»), qui rassemble des députés et sénateurs de plusieurs partis de différents bords, près de la moitié des réacteurs de l’archipel sont vulnérables au point de nécessiter un arrêt définitif et une démolition.

Parmi les 24 réacteurs en question figurent les deux unités (5 et 6) encore considérées comme potentiellement exploitables à l’avenir à la centrale accidentée de Fukushima Daiichi, les quatre du site voisin de Fukushima Daini, deux complexes atomiques frappés par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 et à la merci de répliques.

Sont aussi dans le collimateur des parlementaires antinucléaires les sept réacteurs de la centrale de Kashiwazaki-kariwa, exploitée par la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) et desservant la capitale à l’instar des sites de Fukushima. Cette installation avait été mise à mal par un séisme en 2007 à Niigata et la sismicité alentour inquiète.

La centrale de Hamaoka, dans le centre, suscite aussi de fortes craintes, lesquelles avaient d’ailleurs conduit l’ex-Premier ministre Naoto Kan à faire stopper ses deux réacteurs quelques semaines après l’accident de Fukushima en raison de probabilités élevées de survenue de secousses de magnitude 8 au cours des 30 années à venir dans cette région distante d’une centaine de kilomètres de la zone industrielle de Nagoya et de 200 kilomètres de Tokyo.

Quant aux 26 réacteurs restants, ils ont fait l’objet d’un classement de dangerosité en fonction de leur âge, du type de technologie employée, de la nature du terrain sur lequel ils sont érigés, des moyens parasismiques dont ils disposent ou encore des populations alentour.

Il en ressort que les plus à risques sont les tranches 1 et 2 de la centrale d’Ohi (ou Oi), situées juste à côté des deux unités 3 et 4 dont le gouvernement vient d’autoriser le redémarrage, ce qui sera effectif à la fin de cette semaine ou au début de la suivante, même si des sismologues ont mis en garde et que les travaux de renforcement parasismique et vis-à-vis des raz-de marée n’y seront achevés que dans trois ans.

Actuellement 48 des 50 réacteurs de l’archipel sont arrêtés sine die à cause de séismes ou de sessions de maintenance prolongées en raison de mesures supplémentaires de précaution prises à la suite de l’accident de Fukushima.

(AFP)

voir aussi:

http://fukushima.over-blog.fr/

L’ASN impose « des travaux massifs » aux exploitants de centrales nucléaires

Fukushima est « en fait, devant nous » : l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a détaillé jeudi 28 juin le calendrier des « travaux massifs » obligatoires pour sécuriser les centrales françaises. L’ASN a adopté 32 décisions comportant chacune une trentaine de préconisations. Elle portent sur les 19 centrales exploitées par EDF, mais aussi 8 sites d’Areva (liés au combustible) et 5 sites du Commissariat à l’énergie atomique (CEA, pour le volet recherche). AFP 28/06/2012 

Voir plus bas: Un plan secret pour arrêter 20 réacteurs en France

Le "gendarme français du nucléaire", s’appuyant sur les conclusions de son audit post-Fukushima de janvier, impose notamment à EDF la création d’une "force d’action rapide" d’ici 2014 et, à plus long terme, d’un "noyau dur" dans chaque centrale permettant de limiter les conséquences d’un éventuel accident.

"Beaucoup pensent que Fukushima est derrière nous, mais c’est, en fait, devant nous", a résumé le directeur général de l’ASN, Jean-Christophe Niel, en marge d’une conférence de presse au siège de l’instance, à Paris.

L’ASN a adopté 32 décisions comportant chacune une trentaine de préconisations. Elle portent sur les 19 centrales exploitées par EDF, mais aussi 8 sites d’Areva (liés au combustible) et 5 sites du Commissariat à l’énergie atomique (CEA, pour le volet recherche).

Après l’accident de Fukushima, en mars 2011, l’ASN avait analysé le niveau de sûreté des installations françaises et en avait conclu qu’aucune centrale ne devait être fermée mais qu’il fallait en accroître la "robustesse".

Ces "travaux massifs" vont prendre plusieurs années, selon un "échéancier raisonnable", a précisé le président de l’ASN, André-Claude Lacoste.

La "force d’action rapide", un dispositif d’urgence permettant d’envoyer des équipes spécialisées et du matériel sur un site accidenté en moins de 24 heures, devra être capable d’intervenir sur un réacteur fin 2012 et sur tous les réacteurs d’une même centrale fin 2014, souligne l’ASN.

Facture évaluée à 10 milliards d’euros

Le "noyau dur", c’est-à-dire des locaux bunkerisés et des procédures renforcées adaptées à des situations de crise, constituera le coeur de ce renforcement des centrales françaises.

Dans ce cadre, l’ASN exige un système d’alimentation supplémentaire de sécurité par réacteur, au plus tard en 2018. Et un dispositif temporaire, plus léger, doit être installé d’ici un an.

Pour l’ensemble des travaux, EDF a évalué la facture à environ 10 milliards d’euros, a rappelé M. Lacoste, jugeant ce chiffre "pas invraisemblable".

Greenpeace se pose néanmoins la question de "la pertinence de tels investissements" alors que "le nouveau président de la République a promis de faire baisser la part du nucléaire dans le mix électrique d’ici 2025".

"On peut craindre que ces investissements massifs ne gèlent toute possibilité de décision de fermeture d’autres centrales pour les dix années à venir", a regretté Sophia Majnoni, chargée de campagne nucléaire.

Le président de l’ASN, lui, voit un autre "point embarrassant" : le fait qu’il faudra peut-être 10 ans pour avoir le fin mot de la catastrophe de Fukushima.

"Nous avons évidemment le devoir de prendre dès que possible des décisions pour améliorer la sûreté mais nous sommes amenés à les prendre sans être totalement sûrs d’avoir compris ce qui s’est passé", a indiqué M. Lacoste.

Concernant par exemple le fait, admis pour le moment, que seul le tsunami a provoqué la catastrophe alors que les installations ont, elles, bien résisté au séisme, le 11 mars 2011 : "à vérifier" pour le patron de l’ASN.

L’ASN, qui a par ailleurs dressé le bilan de ses inspections de 2011, a qualifié l’année d’"assez satisfaisante" en France. 

Avec toutefois deux mauvais élèves en ce qui concerne les centrales : Chinon (Indre-et-Loire), "en retrait" en matière de radioprotection, surtout Saint-Alban (Isère), en "queue de peloton" depuis plusieurs années en termes de respect des procédures de sécurité. 

Un plan secret pour arrêter 20 réacteurs en France ?! 

Exercice de crise nucléaire à Flamanville: la sirène peu audible,voir pas du tout,dans le bourg

La sirène de la centrale nucléaire de Flamanville, où un troisième réacteur est en construction, était peu voire pas audible du bourg, a constaté jeudi matin un correspondant de l’AFP lors d’un exercice de crise. L’exercice se basait sur un scénario avec échappement de matière radioactive à l’extérieur de la centrale, après une brèche dans un tube de générateur de vapeur. Afp 28 juin 2012

Le thème de l’exercice était pertinent , en effet La centrale de Flamanville est concernée par des défauts sur les générateurs de vapeur. Ceux ci doivent être changés mais pas avant 2017 ou 2018…..Par contre le périmètre de 2km serait peut être juste en cas d’accident EN VRAI.  Mais non mais non! disent les nucléocrates, Dansons au dessus du  trou Baligan !!!

La sirène était inaudible de la boulangerie du bourg, dont la porte pourtant était ouverte, et elle l’était peu de l’extérieur du magasin, a constaté le correspondant qui avait relevé le même problème lors du précédent exercice en 2007.

Elle a en outre été déclenchée avec une demi-heure de retard, selon EDF. Il y a eu un petit problème. Elle a été oubliée, a déclaré le directeur de la centrale Alain Morvan lors d’un point de presse de bilan.

La sirène pourtant à peine supportable lorsque l’on est au pied de la centrale, se heurte à la configuration du site : au pied d’une falaise et au bord de la mer et donc avec des vents qui parfois soufflent de la terre vers la mer.

Globalement (le bilan de l’exercice) est positif, a estimé le sous-préfet de Cherbourg, Yves Husson, même si la sirène sera sans doute à revoir, assurant que les autres systèmes d’alerte comme les appels téléphoniques chez les particuliers ou la navette de la mairie avec mégaphone avaient bien fonctionné.

Un périmètre de 2 km autour de la centrale a été bouclé, en cinquante minutes, en onze points, par 39 gendarmes, a-t-il souligné. Et la radio France Bleue Cotentin a diffusé des communiqués de presse toutes les 15 minutes comme prévu, selon le sous-préfet.

Les quelque 1.700 habitants de Flamanville étaient invités, dans un rayon de 2 km autour de la centrale incluant la quasi totalité de la commune, à se mettre à l’abri entre 9h45 et 11H30. Une école primaire de 101 enfants a joué le jeu de façon satisfaisante, selon l’Etat.

L’exercice se basait sur un scénario avec échappement de matière radioactive à l’extérieur de la centrale, après une brèche dans un tube de générateur de vapeur.

La centrale compte deux réacteurs à côté desquels un troisième est en construction. Cet EPR, qui accuse quatre ans de retard pour un coût presque deux fois plus élevé que prévu, a été en 2011 à l’origine de vive tensions entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts pendant la campagne des présidentielles.

Mega commande d’échangeurs de vapeur: 

http://leblogdejeudi.wordpress.com/2011/10/06/edf-mega-commande-a-areva-et-westinghouse/

Le trou Baligan:

http://lagrotteauxgoubelins.over-blog.com/article-le-trou-baligan-a-flamanville-50-67656250.html

http://www.flamanville.fr/temps-libre/patrimoine/le-trou

France: Grave lacune de sûreté sur 8 réacteurs, les piscines de combustibles vulnérables aux séismes

Flamanville, Saint Alban, Paluel. Le Réseau "Sortir du nucléaire" a reçu des documents d’EDF et de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) qui font état d’une anomalie générique sur les réacteurs nucléaires de Paluel, Flamanville et Saint-Alban. Des dispositifs sous-dimensionnés, alliés à la vulnérabilité au séisme de certaines canalisations des piscines de combustible, pourraient mener au découvrement des combustibles usés en une heure environ. Ceux-ci, non refroidis, pourraient alors entrer en fusion, ce qui provoquerait d’importants dégagements de radioactivité empêchant toute intervention sur le site. 

Pour Flamanville ça commence à faire beaucoup d’anomalies sur le parc en fonctionnement: les deux réacteurs de 1300 MW doivent recevoir  de nouveaux de générateurs de vapeur  .. mais pas avant 2018. En attendant on croise les doigts pour qu’il n’arrive rien, la zone sismique ayant connu un séismes de l’ordre de 6 à 6.5 en 1927. EDF danse au dessus du  trou Baligan! voir plus bas.

Une anomalie similaire avait déjà été observée à Cattenom

Le 18 janvier 2012, EDF a déclaré une anomalie sur les piscines de combustible 2 et 3 de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) : il y manquait un dispositif censé empêcher la vidange accidentelle des piscines de combustible en cas de problème sur les circuits de purification et de traitement des eaux [voir la déclaration sur le site de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire)]. Ce dispositif, dénommé "casse-siphon" prend la forme d’un orifice de 20 mm de diamètre sur les tuyauteries. 
La vidange accidentelle d’une piscine de combustible constituerait un événement grave : les combustibles usés, encore extrêmement chauds et radioactifs, doivent être refroidis en permanence. S’il n’y a plus d’eau pour les recouvrir, ils pourraient libérer des radioéléments, voire entrer à nouveau en fusion. Ces scénarios pourraient mener à d’importants rejets dans l’environnement, dans la mesure où les piscines, à la différence des réacteurs, ne possèdent pas d’enceinte de confinement.

Le problème remarqué à Cattenom, d’ailleurs signalé très tardivement à l’ASN, a été classé au niveau 2 de l’échelle INES. Le Réseau "Sortir du nucléaire" avait d’ailleurs porté plainte, menant à l’ouverture d’une enquête par le Parquet de Thionville.

Une anomalie similaire détectée sur 8 réacteurs

Le Réseau "Sortir du nucléaire" a reçu récemment des documents d’EDF et de l’IRSN, accompagnés d’une note explicative (voir ci-dessous), qui font état de problèmes similaires à ceux de Cattenom sur d’autres réacteurs nucléaires français. Ainsi, sur les 8 réacteurs de Flamanville (Manche), Paluel (Seine-Maritime) et Saint-Alban (Isère), les fameux "casse-siphons" sont d’un diamètre insuffisant pour permettre le bon fonctionnement du dispositif et prévenir efficacement la vidange des piscines [1].

De plus, sur les piscines de ces huit réacteurs, une partie des tuyauteries du circuit de réfrigération et de filtration des eaux n’est pas dimensionnée pour résister aux séismes [2] ! En conséquence, en cas de séisme, la conjugaison de ces deux anomalies pourrait aboutir en une heure environ à un début de découvrement des combustibles entreposés dans les piscines [3]. Du fait du haut niveau de radiation, toute intervention sur le site pourrait devenir impossible.

Des risques pris à la légère

Ce scénario catastrophe ne peut être balayé, la centrale de Saint-Alban étant située dans la vallée du Rhône, une zone de sismicité "modérée".

Il est frappant que le risque ne soit identifié que vingt-cinq ans après la construction des réacteurs concernés ; cette anomalie s’ajoute donc à la longue liste de toutes celles qu’EDF "découvre" tous les ans, invalidant largement l’idée d’une sûreté sous contrôle.

Il est déplorable que l’ASN, informée depuis trois mois de ces graves anomalies, n’ait à ce jour publié aucun avis d’incident à ce sujet.

Les centrales concernées étaient censées avoir passé avec succès l’épreuve des "évaluations complémentaires de sûreté", qui devaient étudier entre autres leur vulnérabilité au séisme. Les anomalies récemment découvertes confirment une nouvelle fois qu’il ne s’agissait que d’un exercice de communication.

Notes :

[1] Le document IRSN nous apprend en effet que « les 8 réacteurs sont équipés d’un casse-siphon d’un diamètre interne n’excédant pas 10,4 mm » (p.9). Or, différentes études ont amené EDF à proposer, pour des raisons de sûreté, de passer à un diamètre de 40 mm sur l’ensemble des réacteurs.

[2] p. 9 note IRSN : « Dans le cas particulier des réacteurs de type P4, il doit être pris en considération que le circuit de traitement et de purification de l’eau des piscines, connecté au circuit de refroidissement, n’est pas dimensionné au séisme (particularité de ce type de réacteurs). De plus, les tuyauteries de ce circuit (d’un diamètre d’environ 100 mm) sont difficilement inspectables sur toute leur longueur […]. Par le passé, des fissurations traversantes ont déjà été détectées sur ces portions de tuyauteries. »

[3] p. 9 note IRSN : « Un séisme susceptible d’entraîner une rupture brutale de la ligne du circuit de traitement et de purification des piscines a une forte probabilité de conduire simultanément à une perte totale des alimentations électriques externes, donc à un arrêt automatique du réacteur et à la mise en œuvre des procédures de conduite accidentelle des règles générales d’exploitation. L’entrée dans ces procédures mènerait l’équipe de conduite à ignorer toutes les alarmes et procédures incidentelles relatives à la piscine de désactivation. Compte tenu du dimensionnement actuel du casse-siphon des réacteurs de type P4, un tel élément conduirait à une forte probabilité de dénoyage des assemblages combustibles entreposés en piscine de désactivation et donc d’accident grave ».

- Documents à télécharger

Le trou Baligan:

http://lagrotteauxgoubelins.over-blog.com/article-le-trou-baligan-a-flamanville-50-67656250.html

http://www.flamanville.fr/temps-libre/patrimoine/le-trou

STOP AUX SUBVENTIONS À LA POLLUTION !

APPEL POUR L’ARRÊT DES SUBVENTIONS À LA POLLUTION ET LA MISE EN PLACE D’UNE FISCALITÉ FRANÇAISE COHÉRENTE ET ÉCOLOGIQUE

Monsieur le Président de la République, mesdames et messieurs les parlementaires, à l’heure où des solutions sont recherchées pour réduire le déficit public, la France doit supprimer les nombreuses subventions nocives pour l’environnement, qui vont à l’encontre du principe pollueur-payeur.

Pour les seules subventions à la consommation d’énergies fossiles, 6 milliards d’euros sont dépensés chaque année, principalement dans le secteur des transports ! Ces aides publiques (exonérations de taxe, TVA réduite, etc.) augmentent les émissions de gaz à effet de serre, la pollution de l’eau et de l’air, la consommation de ressources naturelles et nuisent à la biodiversité.

Les exemples sont nombreux :
→ exonération de taxe intérieure sur l’énergie pour l’aviation (3,5 milliards d’euros dont 1,3 pour les vols intérieurs) ;
→ taux réduit pour le fioul utilisé comme carburant (1 milliard d’euros) ;
→ remboursement partiel de la taxe intérieure sur l’énergie aux transporteurs routiers (300 millions d’euros) ;
→ défiscalisation partielle des agrocarburants (196 millions d’euros) ;
→ TVA à taux réduit sur les engrais, avantages fiscaux au profit des usages fortement consommateurs de terres.
Au total, ces avantages concédés à la pollution représentent chaque année plusieurs milliards d’euros de dépenses pour l’état.

C’est pourquoi, nous, organisations de la société civile et économistes, lançons cet appel aux pouvoirs publics pour :
→ Supprimer rapidement les niches fiscales et autres aides publiques néfastes pour l’environnement et les ressources naturelles ;
→ Mettre en place les outils fiscaux qui nous permettront d’accompagner la nécessaire évolution des comportements et activités vers des modes moins consommateurs de ressources naturelles (notamment la contribution climat énergie et l’éco-redevance poids lourds).

Les crises environnementale, économique et sociale auxquelles nous sommes confrontés rendent plus que jamais nécessaire cette réorientation de notre fiscalité. L’argent récolté grâce à ces nouvelles mesures fiscales écologiques pourra notamment servir à financer la transition écologique tant attendue (rénovation des bâtiments, développement des transports en commun, etc.) dont les bénéfices dépasseront largement la sphère environnementale.

Pour éviter d’éventuels impacts sociaux négatifs, certaines de ces mesures pourront être assorties de mécanismes de redistribution afin de faciliter la transition pour les catégories les plus modestes et les secteurs économiques les plus fragiles.

Le rôle des pouvoirs publics n’est pas d’enfermer les citoyens et les entreprises dans un modèle sans lendemain mais d’accompagner les transformations économiques et sociales et les transitions professionnelles qui sont aujourd’hui incontournables.

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POURQUOI CET APPEL ?

L’appel STOP AUX SUBVENTIONS A LA POLLUTION est lancé par le Réseau Action Climat (RAC-F) et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNH), et soutenu par de nombreuses associations de protection de l’environnement, de défense de la biodiversité, de solidarité internationale, d’usagers des transports et d’alternatives énergétiques, ainsi que par des personnalités du monde universitaire.

Ensemble, nous appelons à une refonte profonde de la fiscalité française, une réforme écologique et cohérente en commençant par mettre fin aux avantages fiscaux accordés aux secteurs et activités polluantes.

Aujourd’hui en France, on subventionne trois fois plus le problème climatique que sa solution. Les secteurs polluants sont soutenus pour se développer et continuent à polluer ! A l’heure où le gouvernement prépare son budget et souhaite dégager des économies, il est bon de lui rappeler que le montant total des niches fiscales grises s’élève chaque année à 20 milliards d’euros.

Ces subventions nocives pour l’environnement ont déjà été pointées par des institutions très reconnues qui préconisent leur suppression :
→ le rapport Les aides publiques dommageables à la biodiversité de Guillaume Sainteny du Centre d’analyse stratégique (2011) ;
→ le rapport Dépenses fiscales liées à la consommation dÕénergies fossiles, par le comité d’évaluation des dépenses fiscales du Ministère du Budget, avril 2011 ;
→ le chapitre Incohérence : le rendez-vous manqué de la fiscalité écologique du rapport de Nicole Bricq alors rapporteuse de la Commission des Finances (2011).

Nous appelons également à la mise en place de mécanismes fiscaux justes et pérennes pour intégrer le poids carbone de chaque produit et service dans son prix et favoriser dès maintenant le développement des secteurs d’avenir.

Chacun est invité à se joindre à l’appel en signant la pétition pour signifier au Président de la République François Hollande et aux parlementaires français qu’il est urgent de réformer la fiscalité en France pour qu’elle ne participe plus à la destruction de nos écosystèmes et aux changements climatiques.

JE SIGNE !