Archives de Catégorie: Ecologie

Quitter le gouvernement ?

Faut-il quitter le gouvernement ? Telle est la question que certains d’entre nous n’hésitent plus à poser publiquement, comme s’il s’agissait d’anticiper les interpellations de la presse qui nous harcèle sur ce thème en soulignant à l’envi notre "incohérence". LeMonde 23.11.2012 Par Noël Mamère, député écologiste

Force est de reconnaître que le piège se referme chaque jour un peu plus sur nous : rester en se soumettant serait un suicide politique ; partir signerait l’échec de nos accords passés avec le Parti socialiste en novembre 2011. Même nos plus fervents partisans du compromis prennent aujourd’hui la mesure du danger… A qui la faute ? Faire peser la responsabilité d’une telle situation sur les seuls socialistes et le tandem exécutif est à la fois injuste et lâche, parce que c’est refuser de regarder en face la faiblesse de notre accord programmatique sacrifié sur l’autel de notre accord électoral.

Nous voulions un groupe à l’Assemblée nationale et des ministres. Nous les avons, mais à quel prix ? Le scénario que nous vivons aujourd’hui était déjà écrit sur la liste des désaccords actés entre EELV et le PS. Dans l’euphorie de la victoire, nous avons réussi à dissimuler ce qui ressemble fort à une arnaque politique. Aujourd’hui confrontés au principe de réalité, nous ne pouvons plus nous contenter de langue de bois, d’imprécations ou de contorsions politiciennes… Au prétexte qu’il ne faut pas mettre en difficulté nos ministres.

Comment rester crédible quand on vote le mardi contre le pacte budgétaire européen (TSCG), parce qu’il choisit l’austérité contre la transition écologique, et le mercredi pour la loi organique qui le transpose dans le droit français ? Il faut reconnaître que nous avons contribué à remplir cette coupe que nous trouvons maintenant trop pleine.

Notre faiblesse politique ajoutée à la domination du Parti socialiste nous vaut quelques humiliations : nos ministres ont découvert le texte du "pacte de compétitivité" à l’entrée d’un "séminaire" gouvernemental. Tout était déjà décidé à Matignon, Bercy et l’Elysée. Après la loi de finances qui a gommé l’essentiel des propositions fiscales des écologistes, ledit "pacte" signe la victoire d’un modèle productiviste, à cent lieues de la transition écologique promise par le président de la République.

TROIS CHOIX

Si l’on ajoute à cela la politique d’immigration et de régularisation du ministre de l’intérieur, le recul sur le vote des étrangers dans les élections locales, l’absurdité de Notre-Dame-des-Landes, le doute sur la fermeture de Fessenheim en 2016, la surreprésentation du lobby nucléaire au comité de pilotage du débat sur la transition énergétique, l’exploitation des gaz de schiste qui n’est plus exclue, la liberté de conscience des maires face au mariage pour tous, etc., nos électeurs et sympathisants sont fondés à se demander pourquoi nous avalons autant de couleuvres.

Faut-il, dès lors, quitter le gouvernement ? En 1970, l’économiste et sociologue Albert Hirschman a publié un ouvrage célèbre, Défection et prise de parole(Fayard, 1995). Il explique que trois choix s’offrent aux individus mécontents :

  • la réaction silencieuse,

  • le renoncement à l’action, par fidélité,

  • la protestation et la prise de parole.

Nous devons collectivement faire entendre notre voix, des ministres aux parlementaires et au parti, dire au gouvernement qu’il se fourvoie… Pour autant qu’il soit toujours capable de nous entendre.

Noël Mamère, député écologiste

Hollande et son Ayraultport tournent le dos aux électeurs de gauche

Les militants de l’ACIPA ont  reçu beaucoup des messages déçus  de gens qui ont voté pour le PS. 23/11/2012

M. Hollande, cela est pour vous : "J’ai honte d’avoir voté PS ! Ouvrez les yeux, vous êtes en train de vous couper de vos électeurs. Je sais ce dont je parle, j’étais à NDL le 17 novembre, et j’ai vu les 6 Kms de foule dense, j’ai vu la solidarité, j’ai vu la cohérence, j’ai vu les échanges inter-générations, j’ai vu le peuple de gauche crier sa révolte au PS ! Je vois mes enfants (jeunes électeurs) sidérés. Je ne sais plus leur dire la différence avec la politique de Sarkozy. Vous êtes en train de tout perdre."

Si selon les termes de Valls, les opposants forment  le kyste de la République, force est de constater que le médecin n’est pas à la hauteur. Mieux vaut un traitement homéopathique quand c’est encore temps  qu’une chirurgie brutale dont la société malade ne se remettrait pas… Trop c’est trop pour les écologistes selon l’expression de Noel Mamère. 

En réponse, Julien Durand, présent sur le site, dénonce "la répression à la sauce socialiste avec le cuisinier Valls".

Le médeçin cuisinier Valls n’a pas encore vu que le vers socialiste d’Ille et vilaine est dans le Kyste? ( voir article)

Pour Ronan Dantec sénateur EELV, " On pensait que le gouvernement apporterait une autre réponse à la mobilisation, samedi 17 novembre, de 40 000 personnes qui ont pour la plupart voté à gauche. Cette opération policière massive réduit les possibilités de dialogue et ne va pas dans le bon sens. …Jean-Marc Ayrault doit le comprendre. Il doit aussi comprendre que s’il est capable de reculer sur des dossiers sur la pression de la droite et qu’il n’entend pas des manifestations de gauche, un gros problème se pose. ( source Libération)

Notre Dame des landes: une vidéo et des repères pour comprendre la lutte

Repères pour un choix quinquagénaire ( source Libération 18 nov) 

1963 La Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (Datar) commence à envisager divers projets d’aéroports, notamment pour décentraliser le trafic de la région parisienne.

1965 La préfecture de Loire-Atlantique décide de commencer la recherche d’un site aéronautique pour les régions Bretagne et Pays-de-la-Loire.

1968Le site de Notre-Dame-des-Landes est préféré, notamment grâce à sa situation au nord de Nantes et aux possibilités de desserte routière.

1972 Création de l’Association de défense des exploitants concernés par l’aéroport (Adeca).

1974 Premiers fonciers acquis par les pouvoirs publics.

2000 Création de l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport (Acipa).

Février 2008 Le projet est déclaré d’utilité publique.

Décembre 2010 Signature de la concession avec Vinci.

2017 Date prévue de mise en service de l’aéroport.

«Le débat public a eu lieu depuis 2003, donc tout le monde a été entendu. [Le projet] a été déclaré d’utilité publique. Donc force à la loi.»

Najat Vallaud-Belkacem porte-parole du gouvernement, hier

Elle oublie les nombreux recours et infractions sur la loi sur l’eau…

La gauche répète-t-elle ses erreurs ? Lancé en 1998 par le gouvernement Jospin le projet de troisième aéroport parisien – à Chaulnes (Somme) – est annulé par la droite en 2002. Le projet aurait été inutile, vu l’agrandissement de Roissy et le boom de Beauvais (Oise), choisi par Ryanair.

Notre-Dame-des-Landes 23 nov: opération d’évacuation de squatteurs opposants en cours

Quelque 500 gendarmes menaient vendredi matin une "importante opération"d’évacuation de squatteurs opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes en Loire-Atlantique, a annoncé à l’AFP le ministère de l’intérieur.

Un correspondant de l’AFP sur place a constaté la présence d’importantes forces de l’ordre arrivées à l’aube. Selon un opposant joint au téléphone, "ça attaque de partout". Le Monde.fr avec AFP | 23.11.2012

"Une importante opération est actuellement menée en plusieurs points sur la zone d’implantation de l’aéroport du grand-ouest à Notre-dame des Landes en Loire-Atlantique", a déclaré le porte-parole du ministère de l’intérieur Pierre-Henry Brandet présent sur place. "Cette opération vise à évacuer trois sites occupés illégalement : Le RosierLa Lande de Rohanne et la Châtaigneraie", a-t-il détaillé.

http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2012/11/23/notre-dame-des-landes-une-operation-d-evacuation-de-squatteurs-opposants-est-en-cours_1794936_3224.html

Photo : Voici donc comment répond la police politique au peuple...

photo de guerre:  tir tendu  ( Grégory Pasqueille)

Le pont de Cheviré et les tracteurs solidaires  ( Grégory Pasqueille)

C’est la guerre ici!  Le nouvel Obs 23 11 2012

http://tempsreel.nouvelobs.com/planete/20121123.OBS0302/notre-dame-des-landes-c-est-la-guerre-ici.html

Un véritable saccage: source Presse Océan

Les gendarmes ont complètement bouclé le secteur

 

merci a alexandraturcat

Ci dessus: opération César modèle Attila

Le Rosier, qui était occupé depuis 5 ans, était expulsable depuis 5 jours. Sur place ce matin, un opposant historique, agriculteur, a décrit "un véritable saccage". "C’est l’amour-propre de Jean-Marc Ayrault qui doit triompher!" a-t-il lancé. "Ces cabanes sont situées sur un terrain privé en cours d’expropriation dont le jugement n’a pas été rendu", s’indigne-t-il.

+ Le fil d’info 

José Bové a lui appelé vendredi à "la mobilisation" face à l’intervention des forces de l’ordre. "J’appelle à la mobilisation et je relance un appel solennel au président de la République, Monsieur François Hollande, pour qu’on mette en place une médiation pour remettre l’ensemble du dossier à plat", a déclaré José Bové quelques heures après le début de l’opération de la gendarmerie.

Le porte-parole national d’Europe Ecologie-Les Verts, Jean-Philippe Magnen, a de son côté jugé vendredi cette intervention "(désolante)". "C’est la réponse à la mobilisation citoyenne de samedi dernier. Monsieur Hollande a invoqué la force du droit mais c’est la force qui répond", a estimé l’élu EELV. "C’est d’autant plus désolant que nous avions proposé une sortie par le haut avec la nomination d’un médiateur pour réinstaurer un dialogue", a-t-il ajouté. Huffington post avec AFP

—————————————————————————————————–

Fil d’infos avec ZAD Nadir

http://zad.nadir.org/spip.php?article656

L’aéroport de Notre-Dame des Landes est illégal

La préfecture de Loire-Atlantique et l’Etat s’appuient sur la légalité pour motiver les expulsions des opposants à l’aéroport. En apparence, c’est vrai. Le projet bénéficie de toutes les autorisations légales nécessaires et Vinci est chez lui sur une grande partie des terres. Mais si l’on creuse, non. DUP archaïque, droit de l’eau foulé aux pieds, revue des multiples illégalités du projet. 22/11/2012

http://breizhjournal.wordpress.com/2012/11/22/laeroport-de-notre-dame-des-landes-est-illegal/

« Si la loi sur l’eau est appliquée, le projet d’aéroport coule »

Les 1600 hectares du site du projet d’aéroport se trouvent à cheval sur les deux bassins versants de la Loire et de la Vilaine. Cette zone humide joue le rôle de château d’eau naturel en contribuant à réguler le débit des cours d’eau et à garantir le bon état des masses d’eau, participe à l’interception des pollutions diffuses et favorise la conservation de la biodiversité. La carte des zones humides de Loire-Atlantique se trouve sur le site de la  DREAL Pays de Loire  qui porte, avec Vinci, le projet d’aménagement de l’aéroport. La présence de zones humides sur le site de l’aéroport apparaît très clairement.

Depuis 2010, il existe un schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau(SDAGE) Loire-Bretagne auquel tous les aménagements publics doivent être conformes ; il est valable sur la période 2010-2015. Le SDAGE, document officiel d’urbanisme mis en œuvre par la Préfecture de Loire-Atlantique,  met en application les lois issues du Grenelle de l’Environnement et la directive-cadre sur l’eau (2000/60/CE, modifiée le 16 décembre 2008 par la directive2008/105)

Le SDAGE dispose qu’il faut empêcher toute nouvelle dégradation du milieu et précise « il ne s’agit pas d’interdire tout nouvel aménagement, mais de prévoir des mesures suffisantes pour compenser l’impact négatif des projets (…) lorsque les mesures envisagées ne permettent pas de réduire significativement ou de compenser ces effets, les projets sont refusés ». Or le projet d’aéroport doit mordre dans les zones humides, donc il doit compenser. Comme tout le site est en zones humides, c’est impossible de reconstruire de la zone humide sur de la zone humide, donc Vinci privilégie – aussi pour raisons comptables – une « approche qualitative », en clair, en refaire moins, mais mieux. L’aménagement de l’extension du port Autonome de Saint-Nazaire à la place des roselières de Donges-est privilégiait aussi la « qualité » à la quantité. La commission européenne ne l’a pas entendu de cette oreille et le projet d’extension a été bloqué.

En vert et en orange, les zones humides, en rouge, le périmètre de la ZAD

Dorian Piette, porte-parole d’EELV à Nantes et professeur de droit dans la même ville, nous précise « si la loi sur l’eau est appliquée, le projet coule. Parce que s’il est réformé pour tenir compte du droit de l’eau, c’est deux ans de retard, alors que la concession prévoit que l’aéroport doit ouvrir en 2018 au plus tard ». L’Union Européenne ne permet pas de porter atteinte au principe de la compensation quantitative des zones humides (autant de surfaces recrées que de surfaces enlevées) et que sa vision influence celle des tribunaux. « Et quand bien même les tribunaux français prendraient des décisions contraires à l’esprit de la directive, ce qui est déjà arrivé et ce qui reste possible au vu des implications politiques du projet,  il y aura toujours la possibilité d’un recours devant les juridictions européennes », d’autant plus que les travaux irréversibles ne commencent que à la toute fin 2013.

Par ailleurs, un colloque intitulé « Restauration écologique, quand conserver ne suffit plus », organisé à destination des professionnels du droit et des acteurs publics par France Nature Environnement et Natureparif en avril 2012 a éclairé la formulation de l’article 230 de la loi du Grenelle 2 de l’Environnementdont la formulation restait imprécise. L’article dispose que l’étude d’impact doit comprendre « les mesures proportionnées envisagées pour éviter, réduire, et lorsque c’est possible, compenser les effets négatifs du projet  sur l’environnement ». En clair, ce n’est pas un choix donné à l’aménageur entre trois options, soit éviter, soit réduire, soit compenser. Mais, pour Fabien Quétier, chargé d’études à la société Biotope et l’un des intervenants du colloque, la description d’un processus avec ses étapes obligatoires « Il s’agit d’abord d’éviter les impacts du projet sur l’environnement, de réduire ensuite les impacts qui n’ont pu être évités et enfin – et seulement enfin – de compenser les impacts résiduels ». Le projet de l’aéroport taille dans le vif des zones humides sans chercher à limiter ses impacts. Il apparaît très clairement qu’il ne s’inscrit pas dans les processus légaux rendus obligatoires par les lois du Grenelle de l’Environnement.

Une DUP archaïque

Le projet, bien qu’illégal au vu du droit sur l’eau, est autorisé. Il bénéficie d’une déclaration d’utilité publique de…2008, basée sur une enquête publique encore plus ancienne. L’arrêté autorisant Vinci à engager les travaux, et fixant les indemnités d’expropriation devrait être signé incessamment sous peu par le Préfet. Or, depuis 2008, le droit a bougé. La directive-cadre sur l’eau a été réformée par la Commission Européenne à la toute fin de 2008, transcrite en droit français en 2009, il y a eu le Grenelle de l’Environnement, etc. Donc, si le projet était en règle en 2008, il ne l’est plus en 2012 alors que les travaux n’ont pas commencé. Ce qui légitime, d’après les opposants, une nouvelle enquête publique et donc une nouvelle DUP, soit un retard supplémentaire au projet de 6 à 12 mois.

Etat et Vinci s’accrochent donc au projet actuel, mordicus, le sachant illégal, mais sachant aussi pertinemment que la moindre réadaptation au droit entraînera des retards si importants qu’il faudra revoir la concession et éventuellement abandonner un projet contre lequel la contestation gagne chaque jour en puissance. Contrairement à ce qu’affirment Valls et Ayrault, l’aéroport n’est pas près d’atterrir, alors que des recours ont déjà décollé en escadrille. 

Des recours juridiques multiples

Plusieurs recours ont été déposés. L’un d’eux, contre le décret qui octroie la concession du projet d’aéroport à Vinci, a été rejeté en juillet par le Conseil d’Etat. D’autres sont en cours.

Un recours a été déposé en mars 2012 par le Collectif d’élus Doutant de la Pertinence de l’Aéroport (CédPA) contre le refus du Premier Ministre d’abroger la DUP en raison d’un changement depuis l’enquête publique de 2006 et la DUP du 9 février 2008 des circonstances de fait (rapport CE Delft, prix du baril de pétrole), et de droit (Grenelle 1, Grenelle 2, loi sur l’eau et SDAGE Loire-Bretagne 2010-2015, etc.).  Le jugement devrait intervenir fin 2013.

Un autre recours a été déposé devant la Cour de cassation contre les ordonnances fixant les indemnités d’expropriation (pour les propriétaires qui les contestent et qui ont refusé une procédure amiable). Il se fonde notamment sur le respect de la « juste et préalable  indemnité » qui doit être octroyée aux propriétaires expropriés, qui jugent insuffisante l’indemnité d’expropriation.

Un troisième recours a été introduit par le CéDPA et l’ACIPA devant la Commission des pétitions du Parlement européen le 24 octobre 2012 dernier. Ce recours non juridictionnel peut déboucher sur un recours juridictionnel, à savoir une condamnation de la France par la CJUE pour non-respect des directives européenne sur les études d’impact, les directives sur l’eau, les oiseaux et les habitats. Le dossier sera étudié début 2013.

Un autre recours a été déposé par le CéDPA devant le Conseil d’Etat contre le décret en date du 5 avril 2012 instituant le comité de suivi stratégique de la concession de NDDL déposé par le CéDpa (texte). Le Conseil d’Etat devrait se prononcer fin 2013.

Enfin, un recours a été déposé devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH de Strasbourg) pour non-respect du droit à un procès équitable (article 6§1 de la Convention) lors du rejet par le Conseil d’Etat du recours de l’ACIPA contestant le décret prononçant la DUP le 9 février 2010.

De plus, divers recours seront faits devant le tribunal administratif de Nantes dès la parution des arrêtés préfectoraux autorisant les travaux, sur le fondement de la loi sur l’eau et de la destruction des zones humides.

Projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes: la bataille juridique

NANTES – Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), qui a donné lieu à une forte mobilisation le 17 novembre, fait aussi l’objet d’une bataille juridique menée par les élus opposés au projet. AFP 22/11/2012

La justice doit encore trancher de nombreux recours. La plupart ont été déposés avant un accord passé le 8 mai dernier entre les collectivités locales et les anciens occupants légaux (propriétaires, locataires, exploitants) de la Zone d’aménagement différé (ZAD) prévue pour l’aéroport.

L’accord a suspendu les expulsions à l’issue de ces recours. Puis d’autres recours ont été déposés mais des expulsions pourront avoir lieu même s’ils n’ont pas été tranchés. Quant aux personnes sans droit ni titre, l’accord n’a pas suspendu leur expulsion.

RECOURS DEPOSES AVANT L’ACCORD DU 8 MAI

- Recours contre le refus du Premier ministre (à l’époque François Fillon) d’abroger la Déclaration d’utilité publique (DUP, prononcée le 9 février 2008) du projet en raison de changements intervenus depuis l’enquête publique de 2006: Grenelle de l’environnement, loi sur l’eau, Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) Loire-Bretagne 2010-2015… Les opposants invoquent aussi la hausse du prix du kérosène et une contre-enquête de 2011 contestant l’utilité du projet. Déposé en mars par le Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport (Cedpa), ce recours pourrait n’être jugé que fin 2013.

- Recours devant la Cour de cassation contre les ordonnances fixant les indemnités d’expropriation (pour les propriétaires qui les contestent et qui ont refusé une procédure amiable). Cette procédure pourraient arriver à échéance courant ou fin 2013.

- Recours du Cedpa devant le Conseil d’Etat contre le décret du 5 avril 2012 instituant le comité de suivi stratégique de la concession du projet. Décision attendue fin 2013.

RECOURS DEPOSES DEPUIS L’ACCORD

- Recours introduit devant la Commission des pétitions du Parlement européen le 24 octobre pour non-respect des directives européennes. Déposé par le Cedpa et l’Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes), principale organisation d’opposants historiques, ce recours pourrait déboucher sur une condamnation de la France par la Cour européenne de justice, selon les élus chargés du dossier. Ce recours devrait être examiné début 2013.

- Recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme pour non-respect du droit à un procès équitable lors du rejet le 9 février 2010 par le Conseil d’Etat du recours de l’Acipa contre la DUP.

RECOURS A VENIR

- Les opposants chargés du combat juridique, le Cedpa, l’Acipa? mais aussi les élus EELV et Parti de Gauche, ont annoncé que des recours seraient déposés devant le Tribunal administratif de Nantes contre l’arrêté préfectoral autorisant les travaux et approuvant -sous réserves à ce stade- les mesures compensatoires proposées par les porteurs du projet. La publication de cet arrêté est attendue en décembre.

(©AFP / 22 novembre 2012 12h39)

Les irréductibles de Notre-Dame-des-Landes ont reconstruit lotissements et barricades

NOTRE-DAME-DES-LANDES (France / Loire-Atlantique) – Passés de 150 à 500 après la manifestation de samedi contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, les irréductibles du bocage ont déjà reconstruit un immense lieu de vie, fait de constructions collectives, de lotissements, de barricades et de tranchées. Afp 22 11 2012

C’était bien qu’ils nous expulsent, ça a resserré les liens entre les différents opposants : tout ce qui a été détruit a été refait… en double, se félicite Jérôme, un militant anti-aéroport installé depuis plus de trois ans sur la Zad, la zone d’aménagement différée réservée au futur aéroport.

De quelque 150 zadistes qui habitaient déjà début octobre l’un des plus grands squats à ciel ouvert d’Europe selon leurs propres termes, les effectifs ont bondi à au moins 500 à la suite de la mobilisation qui rassemblé le 17 novembre sur place entre 13.000 (préfecture) et 40.000 personnes (organisateurs), venues de toute la France.

Le long des routes, plus d’une centaine de véhicules de toutes sortes cohabitent : caravanes ou cars habitables, utilitaires d’entrepreneurs, voitures individuelles redécorées de motifs de lutte anti-nucléaire ou capitaliste, ou petites voitures de ville propres. Dans plusieurs champs, des campements de tentes, dont certains en comptent plusieurs dizaines.

En se promenant de lieu en lieu, à condition de ne pas prendre de photo pour les journalistes, on passe de la vision bucolique d’un chalet en voie d’achèvement au fond d’un bois, à celle, nettement moins paisible, du jeune cagoulé de noir surveillant un hélicoptère de gendarmerie qui tente de survoler une assemblée générale en plein air…

Un groupe de quatre hommes d’une quarantaine d’année avance, le sourire au lèvres, dans le chemin boueux qui mène à l’un des nouveaux lotissements, dans la Lande de Rohanne. Dans une première clairière où se dressent trois grands chalets de bois parfaitement réalisés, ils déposent une table et une grande bâche, pour aider, puis cherchent à se rendre utiles. Ils sont paludiers à Guérande.

Dans une autre clairière, des étudiants en architecture sont venus apporter leurs connaissances et leurs bras.

plus d’une dizaine de barricades

Dans les chantiers où résonnent les coups de marteaux, on entend aussi des visseuses électriques et un groupe électrogène tourne. Aux commandes, visiblement, des vrais entrepreneurs du bâtiment. Oui, certains ont pris deux semaines de vacances pour venir nous aider, reconnaît Michel Tarin, figure historique de la lutte.

Les marteaux résonnaient aussi jeudi au fond du bois de Rohanne, où se déroulait, il y a à peine deux semaines, une lutte acharnée entre les gendarmes chargés d’évacuer et de détruire une dizaine de cabanes dans les arbres, et leurs occupants.

On pouvait dénombrer au moins autant de cabanes dans les arbres qu’avant, avec également une nouvelle maison sur deux étages. Tout autour, dans les arbres, équipés de matériel d’escalade, des constructeurs habillés de noir s’affairaient à une dizaine de mètres au-dessus du sol.

Pour autant, le reconstruction n’a pas concerné que les maisons: plus d’une dizaine de barricades, dont certaines très difficiles à escalader, se sont érigées en plusieurs point du bocage. Un tronçon de route stratégique, proche des nouvelles zones de construction, est désormais barré de barricades.

Même s’ils ont compliqué la donne des pouvoirs publics sur le plan juridique, les opposants savent que ces derniers peuvent ordonner à tout moment au moins l’évacuation d’une vieille ferme, le Rosier, premier squat du mouvement à avoir été investi. Du coup, il est défendu aussi bien par les zadistes, que par les agriculteurs qui y ont disposé leurs tracteurs tout autour.

(©AFP / 22 novembre 2012 16h58)

OGM : les ex ministres de l’Ecologie plaident pour Séralini

Le 27 novembre, Lepage, Voynet , Jouanno, Royal et Koziusko-Morizet soutiendront publiquement l’auteur de l’étude sur la toxicité du maïs OGM.Par   Nouvel Obs 22-11-2012 

Mardi 27 Novembre, à 17h30, au Marché des Enfants-Rouge, dans le Marais à Paris, cinq anciennes ministres de l’Ecologie Corinne Lepage, Dominique Voynet , Chantal Jouanno,Ségolène Royal et Nathalie Koziusko-Morizet viendront soutenir la démarche du chercheur en biologie moléculaire Gilles-Eric Seralini et exiger une refonte de l’évaluation des plantes agricoles génétiquement modifiées.

Il y a un mois, Ségolène Royal, Dominique Voynet et Corinne Lepage sont déjà montées au créneau pour réclamer, dans unetribune parue dans le journal "20 minutes", une révision des autorisations de mise sur le marché du maïs Monsanto K603 et du Round Up.

Cette mobilisation des anciennes ministres fait suite à la polémique née de l’étude du professeur Séralini.   

Dans ce texte, elles déclaraient se réjouir "de la volonté exprimée par le gouvernement (…) de remettre à plat les systèmes d’évaluation des OGM et des pesticides" après la polémique née de l’étude du professeur Gilles-Eric Séralini. "En attendant que soient réalisées les nouvelles études et afin de s’assurer de la protection de la santé humaine, en l’absence de mesure de suspension du NK603 et du Round Up, nous demandons que soient revues, comme le permettent les textes communautaires et nationaux, les études qui ont permis (leur) autorisation de mise sur le marché", écrivaient-elles.

Guillaume Malaurie

Ségolène Royal et Corine Lepage, le 14 septembre 2012. (MOUSSE-POOL/SIPA)

Ségolène Royal et Corine Lepage, le 14 septembre 2012. (MOUSSE-POOL/SIPA)

Notre-Dame-Des-Landes, 21 nov: bienvenue en zone libre!

Notre-Dame-Des-Landes: les reconstructions

La convergence débute | ACIPA | Scoop.it

Grâce à tous les gens motivés : les zadistes, des étudiants en architecture des militants, paysans, habitants de Notre-Dame-Des Landes et d’ailleurs, cette manifestation a permis en deux jours de reconstruire un espace de lutte contre le projet d’aéroport.

Cette ZAD qui devrait être préservée de part son caractère humide mais l’État n’attend pas les résultats d’une commission d’enquête pour venir au nom du groupe Vinci détruire des terres agricoles.
Ce lieu a été inauguré après deux jours de travail, le préfet a déjà ordonné sa destruction…
Orlanda Ribeiro. 18/11/2012

Interview de Dominique Fresneau (ACIPA)

Notre-Dame-des-Landes : bienvenue en zone libre

PAR AGNÈS ROUSSEAUXIVAN DU ROYLAURENT GUIZARD  BASTAMAG 21 NOVEMBRE 2012

Ce qui se joue à Notre-Dame-des-Landes va bien au-delà qu’une simple résistance locale à un projet d’aéroport contesté. L’ampleur de la mobilisation du 17 novembre montre que ce petit coin de bocage breton devient le symbole de la lutte pour une véritable transformation écologique et sociale. Une aspiration que le gouvernement ne semble pas avoir du tout compris. Reportages à lire et à regarder.

http://www.bastamag.net/article2781.html

Europe et Environnement: la Commission présente un plan d’action pour la sauvegarde des ressources en eau de l’Europe

La Commission a lancé un plan d’action pour la sauvegarde des ressources en eau de l’Europe. Il s’agit d’une stratégie visant à assurer la disponibilité d’une eau de qualité en quantité suffisante pour répondre aux besoins des populations, de l’économie et de l’environnement. Bruxelles, le 15 novembre 2012

Un document utile dans le cadre du recours européen contre le projet d’Ayraultport de Notre Dame des Landes: 

voir: Aéroport de Notre-Dame-des-Landes: La voie de sortie européenne

En dépit des améliorations réalisées ces dernières années, la qualité des eaux de l’UE laisse à désirer. Le problème relatif à la quantité d’eau est tout aussi préoccupant, une partie toujours plus importante de l’Europe étant frappée par la rareté de cette ressource, tandis qu’un trop grand nombre d’États membres subissent de plus en plus d’événements exceptionnels, tels que des inondations.

Nous devons redoubler d’efforts pour régler les problèmes anciens et émergents, notamment la pollution de l’eau, le captage d’eau pour l’agriculture et la production d’électricité, l’utilisation des sols et les effets du changement climatique. Des mesures plus strictes s’imposent pour aider l’UE à protéger ses ressources en eau et à faire un usage plus rationnel de ses ressources en général (y compris en eau).

Janez Potočnik, membre de la Commission européenne chargé de l’environnement, s’est exprimé en ces termes: «Le plan d’action montre que nous avons bien cerné les problèmes auxquels nous devons faire face et que nous disposons d’une base solide pour les régler. Le moment est venu de passer à l’action afin de tirer pleinement avantage de notre législation et d’ouvrir la voie à des solutions novatrices dans le domaine de la politique de l’eau et dans le secteur de l’eau. Il faut établir un équilibre durable entre la demande et l’offre dans ce secteur, en tenant compte des besoins tant des populations que des écosystèmes naturels dont elles dépendent.»

Un plan d’action

Pour atteindre l’objectif d’un bon état de l’eau d’ici à 2015 déjà fixé par la directive-cadre sur l’eau, le plan d’action sur l’eau propose une approche à trois volets:

  • améliorer la mise en œuvre de la politique de l’eau actuelle de l’UE en exploitant pleinement les possibilités offertes par les lois en vigueur. A titre d’exemple, il conviendrait de favoriser le recours aux mesures de rétention naturelle des eaux, telles que la restauration des prairies humides et des plaines inondables, et d’améliorer la mise en œuvre du principe du «pollueur‑payeur» grâce au comptage, à la tarification et à une meilleure analyse économique;
  • favoriser l’intégration des objectifs de la politique de l’eau dans les autres domaines d’action concernés tels que l’agriculture, la pêche, les énergies renouvelables, le transport, ainsi que dans le Fonds de cohésion et les Fonds structurels;
  • combler les lacunes du cadre existant, en particulier en ce qui concerne les instruments nécessaires pour parvenir à une utilisation plus rationnelle de l’eau. À cet égard, le plan d’action prévoit la fixation, par les États membres, d’objectifs en matière de comptabilité de l’eau et d’utilisation rationnelle de cette ressource, ainsi que l’élaboration de normes de l’UE en ce qui concerne la réutilisation de l’eau.

Le plan d’action sur l’eau ne définit pas un cadre étroit contenant une solution unique pour tous, mais propose aux États membres une panoplie d’instruments susceptibles d’améliorer la gestion de l’eau à l’échelle nationale, régionale et des bassins hydrographiques.

Le plan d’action sur l’eau précise que la question de la protection de l’eau ne se limite pas à l’aspect environnemental, mais est aussi une question de santé et de bien‑être, qui a également des répercussions sur la croissance et la prospérité économiques. Le plan d’action vise à s’assurer que le secteur de l’eau de l’UE exploite pleinement ses possibilités de croissance et que tous les secteurs économiques qui dépendent de la disponibilité d’une eau d’une certaine qualité puissent prospérer et stimuler ainsi la croissance et la création d’emplois. Le plan d’action bénéficie du soutien du partenariat d’innovation sur l’eau lancé en mai 2012.

Prochaines étapes

La mise en œuvre des propositions présentées dans le plan d’action se fera dans le cadre de la stratégie commune de mise en œuvre de la directive‑cadre sur l’eau. Il s’agit d’un processus ouvert et participatif qui réunit les États membres, des organisations non gouvernementales et des entreprises. Le calendrier du plan d’action sur l’eau est étroitement lié à celui de la stratégie Europe 2020 de l’UE et, en particulier à celui de la feuille de route pour une utilisation efficace des ressources, dont le plan d’action est le volet consacré à l’eau. Toutefois, l’analyse présentée dans le plan d’action couvre une période plus longue, qui court jusqu’à 2050, et devrait orienter les politiques de l’eau de l’UE à plus long terme.

Contexte

En 2000, la directive-cadre sur l’eau a établi une base juridique destinée à protéger et à remettre en état les eaux européennes, ainsi qu’à assurer leur exploitation durable à long terme. L’objectif général de la directive-cadre sur l’eau est de faire en sorte que toutes les eaux de l’UE, qu’il s’agisse des lacs, des fleuves, des rivières ou des nappes phréatiques, atteignent un bon état d’ici à 2015. Mais la réalisation des objectifs des politiques de l’UE dans le domaine de l’eau est menacée par plusieurs problèmes anciens et émergents. Le plan d’action pour la sauvegarde des eaux de l’Europe est la réponse apportée par l’UE pour relever le défi permanent qui consiste à atteindre les objectifs de la politique de l’UE dans le domaine de l’eau. Les propositions contenues dans le plan d’action sur l’eau sont le fruit d’un processus de vaste consultation du public et des parties prenantes.

Lors de l’élaboration du plan d’action, il a été procédé à une évaluation des plans de gestion des bassins hydrographiques des États membres de l’UE et de la politique de l’UE concernant la rareté de l’eau et les sécheresses. L’évaluation a révélé que la législation actuelle sur l’eau présente encore certaines lacunes, ainsi que des faiblesses considérables sur le plan de la mise en œuvre. Elle souligne également qu’il est nécessaire de régler les conflits entre la politique de l’eau et les objectifs d’autres politiques.

Pour plus d’informations:

Page Web de la Commission consacrée au plan d’action pour la sauvegarde des ressources en eau de l’Europe:

http://ec.europa.eu/environment/water/blueprint/index_en.htm