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De Narita à Notre-Dame-des-Landes : chronique de l’obstination bureaucratique

Bien davantage que le Larzac, le combat des opposants et des partisans de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) évoque la « guerre » qui a opposé pendant des années, dans la plaine du Kanto, les promoteurs de la nouvelle plateforme aéroportuaire de Tokyo et une poignée de paysans réfractaires refusant de céder leurs terres et soutenus par une mobilisation de la société civile. On y retrouve du côté du « complexe bureaucratico-politique » la même obstination à ne pas renoncer à un projet mal conçu et ruineux, le refus du dialogue et en dernier ressort le recours à la violence d’État. Philippe Ries. Mediapart 18 nov 2012.

Avec une différence notable, toutefois. Alors que, manifestement, Nantes, métropole régionale française de second rang, « pète plus haut que son cul » avec NDDL, il ne faisait aucune doute que l’immense mégalopole du Grand Tokyo, soit quelque 30 millions d’habitants, avait besoin, dans les années soixante du siècle dernier, de développer des infrastructures à la mesure de la capitale d’un pays de plus de cent millions d’habitants, en passe de devenir la seconde puissance économique mondiale.

Mais le choix du site de Narita, à près de 60 kilomètres du centre de Tokyo, allait se révéler à tous égards calamiteux. La logique économique aurait consisté à gagner sur la mer les terrains nécessaires à l’ouverture de nouvelles pistes à l’aéroport de Haneda, ce qui sera d’ailleurs finalement fait bien plus tard. Dès l’époque de Edo, la capitale du nord devenue Tokyo après la révolution de Meiji, le régime du shogunat avait développé les techniques de construction de polders. Et le nouvel aéroport du Kansai (la région de Osaka-Kyoto) sera installé dans les années 90 sur une île artificielle. La logique technique aurait consisté à adopter les méthodes avancées de gestion du trafic permettant d’accroître considérablement les capacités de Haneda (comme cela serait semble-t-il possible à Nantes-Atlantique, l’aéroport actuel du Grand Ouest).

Mais la logique bureaucratique, dans un Empire du Soleil Levant où l’imprégnation féodale à largement survécu à travers les étapes de la modernité, ne fonctionne pas ainsi. Le pays est alors dirigé par le « triangle de fer », une alliance entre la haute fonction publique, les grands groupes industriels rassemblés dans le Keidanren et les politiciens conservateurs du Parti libéral démocratique, ni libéral ni vraiment démocrate. Ayant fait le mauvais choix de Narita, où la récupération « amiable » de vastes propriétés de la famille impériale permettait de libérer une partie des terrains nécessaires, les mandarins du puissant ministère des Transports ont aggravé leur cas en le prenant de haut avec les « gueux » devant impérativement céder leurs fermes pour laisser la place aux cinq pistes envisagées dans ce projet pharaonique.

Une guerre qui aura ses morts
Il faut savoir que le Japon ne dispose pas de procédures d’expropriation pour utilité publique comparables à ce qui peut exister dans les autres pays avancés. L’accent traditionnellement mis sur le consensus social fait que les autorités doivent convaincre les propriétaires des terrains d’accepter une relocalisation accompagnée des indemnisations nécessaires. Ce qui peut prendre un temps considérable et demande beaucoup de doigté. Face à l’arrogance des bureaucrates et de leurs alliés dans la classe politique, la résistance locale s’organise à partir de 1966, vite rejointe par les secteurs militants (la célèbre Zengakuren) de la jeunesse étudiante qui s’était illustrée dans les batailles rangées avec la police lors des manifestations de masse contre la ratification du traité de sécurité nippo-américain au début de la décennie.

Les affrontements de plus en plus violents, chorégraphiés comme dans les scènes de bataille des films d’Akira Kurosawa, culminent le 16 septembre 1971, quand trois policiers sont tués dans une bataille mobilisant des milliers de participants des deux camps. Alors que Narita devait ouvrir cette année-là, le premier avion ne s’y posera qu’en 1978, sur une piste de 4 000 mètres qui restera unique jusqu’en 2002. Avec moins de 2 200 mètres, la seconde et dernière piste n’est pas utilisable par les très gros porteurs. Aujourd’hui encore, le périmètre du Narita Kokusai Kūkō ressemble toujours à un camp retranché, entouré de barbelés évoquant le rideau de fer qui coupait l’Europe en deux jusqu’en 1989. Et les passagers en partance doivent montrer patte blanche (et ouvrir les coffres des voitures) aux policiers anti-émeutes, qui veillent jour et nuit sur le SAS d’accès aux deux terminaux. La construction d’une troisième piste a été repoussée indéfiniment, les « réfractaires » tenant toujours bon sur les terrains nécessaires.

Du point de vue logistique, Narita, en dépit de la qualité légendaire du service « à la Japonaise », reste un échec. Trop éloigné du centre de Tokyo, fermé la nuit, hors de prix pour les compagnies aériennes, accessible par des autoroutes très souvent saturées, il ne sera finalement relié à la capitale par une liaison ferroviaire dédiée raisonnablement rapide qu’en… 2010 (à noter que Paris fait toujours pire avec deux aéroports desservis par les bétaillères cacochymes du RER B et le ridicule Orly-Val).

Afin de favoriser son « bébé », le ministère japonais des transports a longtemps réservé à Narita le monopole des vols internationaux à partir et à destination de la région-capitale, privant ainsi Tokyo et ses hommes d’affaires de connections rapides avec le reste de l’Asie. Jusqu’à ce que la pression économique devienne intenable et que l’expansion tardive de Haneda, disposant actuellement de quatre pistes et d’un potentiel de 90 millions de passagers annuels (contre moins de 30 millions à Narita), contraigne enfin la bureaucratie à céder partiellement sur l’ouverture internationale d’une plateforme jusque là presque exclusivement domestique.

Probablement inutile, Narita, dont la facture globale se chiffre en dizaines de milliards de dollars, restera comme un monument à l’obstination bureaucratique et à la dépense publique inconsidérée. Tout comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, s’il devait un jour sortir de terre. Mais on sait depuis longtemps que le Japon et la France ont en commun un État qui « sait mieux » que la population ce qui est bien pour elle.

Ayant vécu près de dix années à Tokyo entre 1985 et 2003, j’ai eu l’occasion de passer des dizaines de fois par Narita et d’expérimenter tous les moyens de transport pour y aller et en revenir, bus, voiture, train. En dépit de l’excellence du service fourni par tous les personnels (de la livraison quasi instantannée des bagages à la courtoisie des policiers), dont on garde à jamais la nostalgie de retour en France, ce n’est pas mon meilleur souvenir de ce pays admirable.

Ayraultport: Hollande l’inflexible et la tentation du coup de force

Le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes est devenu le bourbier du gouvernement. Le Président est déterminé à soutenir son Premier ministre. Le JDD le 17 nov 2012 + actualisation 

"C’est son bébé et, en même temps, c’est LE dossier sur lequel il ne peut pas parler. Entre Jean-Marc Ayrault et Notre-Dame-des-Landes, l’histoire est ancienne… et passionnelle. … S’il voulait que la manifestation se passe bien, le chef de l’État voudrait surtout tourner rapidement la page et que "cet investissement puisse être fait".

Quelle porte de sortie dans ce dossier explosif? Juridiquement, il n’y a guère de solution (ah?). Et politiquement, il doit y avoir un vaincu. Soit Ayrault perd la face. Soit ce sont ses ministres écologistes qui la perdent. "" JDD

Astérix contre César

Curieuse pratique que celle du rapport de forces pour un Président de Gauche adepte (en paroles) du gagnant-gagnant mais qui veut reprendre la main en faisant fi des plaintes au niveau Européen…..
    

Le summum de l’autoritarisme politique revient à Bruno Leroux chef des parlementaires PS qui déclarait dimanche soir à France Inter:  "Je ne comprendrais pas qu’il y ait aujourd’hui continuité dans une guérilla menée contre des décisions démocratiques". Selon lui, "dans la majorité, il ne peut pas y avoir d’élus qui mènent la guérilla contre un projet tel que celui-ci (…). Je ne souhaite pas que les Verts s’installent dans une stratégie d’empêcher l’exécution de décisions démocratiques."
En clair, le PS ne peut pas se tromper car ses décisions sont par avance démocratiques même quand il oublie les recours en justice au niveau Européen. Rien ne peut donc remettre en cause ses décisions même si ce sont des erreurs environnementales et commerciales, un gouffre pour les finances publiques… L’obscurantisme n’est pas loin.. C’est où le Goulag?

Jean-Luc Mélenchon a accusé dimanche François Hollande, qui a fait valoir "la force du droit" dans le dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, d’avoir "tort" et de mentir.

"François Hollande a tort et il ment", a lancé le coprésident du Parti de gauche, invité de "C’Politique" sur France 5.

"Il a tort", a-t-il poursuivi, parce que "juridiquement ce n’est pas fini". "Il a tort de faire ce genre d’annonces depuis la Pologne", a-t-il aussi reproché au chef de l’Etat.

Mélenchon prévient Hollande d’un désaveu européen plus que probable… mais…

Sur le terrain, les policiers ont repris leurs rondes dans l’attente des "ordres";  le préfet n’a t il pas dit que les cabanes ont vocation à "disparaître" …

Malgré la forte mobilisation de samedi dernier , on peut donc s’attendre que le gouvernement Ayrault et Valls en tête dirigent les opérations de re militarisation de la Zone.

Une râfle en préparation à l’Ayraultport?

Sur place les militants on a eu un appel d’un avocat  signalant que beaucoup de ses collegues ont eu des appels afin de servir comme avocats de commissariat pour la semaine qui commence.

Valls  se prépare t il à une  râfle de grande ampleur à l’Ayraultport de Notre Dame des landes  en criminalisant les occupants pour mieux les faire juger manu militari, comme lors de la Bataille de Montabot (manif anti THT) du mois de juin dernier ? (La "détermination du gouvernement" à porter le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, et à "faire respecter la loi", est "totale", a affirmé le ministre de l’Intérieur Manuel Valls ce lundi, après la manifestation de samedi. LEXPRESS.fr, 19/11/2012 )

Ça commence comme ça: Le 22 Novembre, la brigade de Chateaubriant a fait irruption chez un militant de l’ACIPA et a perquisitionné son domicile. Il a ensuite été emmené en garde à vue et auditionné au sujet d’un simple mail écrit au syndicat de l’aéroport. En cause son mail serait menaçant. Il est donc poursuivi et sera jugé à une date ultérieure ( source ZAD Nadir) 

Victimes d’une désaffection grandissante en raison de leur politique incompréhensible, Hollande (41% de satisfaits) et Ayrault (43% de satisfaits) auraient tort de ne pas vouloir admettre que la manifestation qui a réuni 40000 personnes appelle une médiation et non un coup de force.

Depuis la manif, Ayrault ne cesse de répéter en forme de mantra pour mieux se convaincre: ça se fera, ça se fera!

http://bab007-babelouest.blogspot.fr/2012/11/il-se-fera-se-fera-se-fera-nddl.html

La prise de parole du député de Notre Dame des Landes Yves Daniel ( voir ci-dessous) à l’Assemblée le 21 novembre montre une déconsidération affligeante pour  la protestation des 40000 personnes le 17 novembre dernier.

En regardant cette vidéo :  

  • on voit que le député en question préfère souligner une agression (non élucidée d’ailleurs) pour mieux déconsidérer le mouvement…
  • on observe que le sourire entendu du premier ministre en écho aux propos du député  ne traduit pas  l’exigence républicaine qui sied dans  une telle situation. Stéphane Hessel et Mr Varin lui ont  pourtant donné de bon conseils…
  • On se demande combien de temps Duflot pourra t elle rester immobile devant Ayrault ?, elle qui affirmait: « Je le dis les yeux dans les yeux. L’accord de 2012 avec le PS, s’ils ne lâchent pas sur NDDL, ce sera non ! ».

En réalité, « le gouvernement a décidé d’opposer systématiquement un mur à la mobilisation sociale, ce qui n’est pas une bonne manière de faire vivre la démocratie en France (…). Si nous avons une situation de conflit, d’intensification, de radicalisation, c’est directement la conséquence non pas des mesures de fermeté du gouvernement mais probablement d’orgueil du président de la République, qui refuse les négociations », Benoît Hamon porte-parole du Parti socialiste, à propos de la réforme des retraites, en octobre 2010 .

C’était sous Sarko, Où est la différence?

 

Notre-Dame-des-Landes: 40 000 manifestants; le direct live

30 000 personnes se trouvent ce samedi en début d’après-midi sur le site de Notre-Dames-des-Landes, 13.500 la préfecture de Loire-Atlantique. Sources:  Europe1.fr  17 novembre 2012 à  14h16 et organisateurs

Une grande marche est partie, ce samedi, vers 11 h 30, de la mairie de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes, vers le site du futur aéroport. Plusieurs milliers de personnes (40.000 selon les organisateurs, 13.500 selon la préfecture) s’y sont rassemblées, dont plusieurs personnalités politiques comme Jean-Luc Mélenchon ou Olivier Besancenot, ainsi qu’une importante délégation de parlementaires Europe Ecologie Les Verts EELV. 

Voir aussi le direct live avec Mediapart ( lien en bas)

et aussi la radio: 

http://radioklaxon.radio12345.com/

"Il y a 4.500 personnes dans le cortège et 13.500 si on compte l’ensemble des personnes qui se trouvent dans le secteur", a indiqué une porte-parole de la préfecture, précisant que ce chiffre avait été calculé sur la base du nombre de véhicules arrivés sur place. Certains organisateurs estiment que la manifestation rassemble plusieurs dizaines de milliers de personnes.

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http://www.francetvinfo.fr/video-des-milliers-de-manifestants-defilent-a-notre-dame-des-landes_171521.html

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Notre-Dame-des-Landes.-La-bataille-des-chiffres-commence-[direct]_40771-2134088-pere-pdl_filDMA.Htm

Direct live

http://blogs.mediapart.fr/blog/corinne-n/171112/notre-dame-des-landes-manifestation-de-re-occupation-du-17-novembrele-dir

http://radioklaxon.radio12345.com/

Notre-Dame-des-Landes, plate-forme des colères

Grand rassemblement contre le projet d’aéroport de Nantes, le 17 novembre Le dossier pourrait devenir le symbole du mécontentement d’une partie de la gauche face aux premiers mois du nouveau pouvoir socialiste. Le monde 16 nô 2012

Ses opposants écologistes le nomment l’" Ayraultport ". Notre-Dame-des-Landes, projet phare de Jean-Marc Ayrault lorsqu’il était député et maire de Nantes, provoque, ce week-end, deux manifestations de retentissement national : un déplacement d’élus vendredi et un grand rassemblement samedi.
Samedi 17 novembre, des milliers de personnes viendront manifester sur le site. Et cet événement dépasse largement les enjeux locaux. Des cars convergeront de la France entière vers le bocage nantais, de la Bretagne voisine, de Provence, de l’Aveyron et du Larzac, fief de José Bové, très engagé dans la mobilisation. Ce rassemblement écologiste et " alter " se fera sous haute surveillance policière, alors que, des deux côtés, on craint des débordements.
Pour l’heure, Jean-Marc Ayrault n’a pas prévu de s’exprimer, sur le dossier dans les jours qui viennent. Le premier ministre, qui l’évoque très régulièrement avec ses collaborateurs, suit pourtant de près l’évolution du dossier, tant sur le terrain juridique, où les recours sont nombreux, que sur place. " Il avance avec détermination et une grande prudence, dans le dialogue, selon un proche. Ça reste un projet d’aménagement du territoire. Nous ne sommes pas dans une logique de conflit. "
Appelant à la concertation, le sénateur écologiste Renan Dantec, ancien adjoint à l’environnement de Jean-Marc Ayrault à Nantes, opposé au projet, déclare dans une interview au Monde : " Le gouvernement ne peut pas passer en force, ce serait un désastre. C’est la crédibilité de la gauche sur l’environnement qui se joue ici. Une bonne partie des gens qui vont manifester samedi a voté pour François Hollande. Le coût politique de cette affaire est totalement disproportionné. "

Notre-Dame-des-Landes : les écolos encore et en car contre l’aéroport

REPORTAGE – Avant la manifestation de samedi, de nombreux élus, pour la plupart écologistes, sont venus dénoncer sur place la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Le JDD 16 nov 2012.

Départ groupé et en car depuis la gare de Nantes. Direction Grandchamp-des-Fontaines, à quelques kilomètres de Notre-Dame-des-Landes. Avant la manifestation de samedi, les écolos, bottés pour l’occasion, sont venus en nombre pour une journée d’action contre le projet de construction d’un nouvel aéroport voulu par l’ancien maire de Nantes Jean-Marc Ayrault.

Comment appréhendent-t-ils l’accueil sur place ? "Il paraît que les bureaucrates d’EELV ne sont pas les bienvenus, mais ça je pense que c’est pour Jean-Vinecnt Placé", blague François de Rugy, député du coin.

Quelques membres du PG, comme Martine Billard et du Modem comme Jean-Luc Bennahmias, (tous deux anciens verts), sont du déplacement. "Il y a un côté colonie de vacances. La synthèse est là", sourit, le chef d’EELV, Pascal Durand, qui, portable à la main, photographie Martine Billard et Eva Joly assisses côte à côte.

"Avec la résistance massive, j’espère que le gouvernement va céder. La référence, c’est le Larzac", glisse l’ancien candidate à la présidentielle. "Le Premier Ministre ne peut pas maintenir son projet comme cela de façon aussi obstinée", veut croire Jean-Vincent Placé, convaincu que c’est parce que les écolos sont au gouvernement que ce sujet est tant mis à l’affiche. Au fond du car, Noël Mamère pointe du doigt le "problème culturel entre la droite et la gauche qui devient un problème politique".

Bové en "sous-commandant Marcos"
Fin de matinée, la troupe arrive devant un petit pavillon vide aux portes et fenêtres condamnées. Le happening du jour se prépare. Près d’un tracteur apparaît la silhouette de José Bové, pull rouge et bonnet gris sur la tête. "C’est le sous- commandant Marcos qui le lui a donné", plaisante Yannick Jadot, persuadé qu’Ayrault veut "accélérer" sur ce dossier pour le rendre "irréversible". Micro à la main, Bové, l’ancien du Larzac dénonce le projet de futur aéroport qui "gaspille l’argent public et détruit l’environnement".

Et prévient : "Le Premier ministre s’est entêté contre vent et marées. Nous ne pouvons plus simplement rester là à faire des discours. Nous devons poser un acte fort qui sera considéré comme illégal par Monsieur Ayrault", lance José Bové. Puis le voici qui troque le micro contre un pied de biche. Devant lui : une porte à faire céder. Armés de leurs immunités, les élus se relaient avant de pouvoir enfin investir les lieux."Cela me rappelle Millau et le démontage du Mac Do", souffle l’eurodéputé Jean-Paul Besset.

Entre les pro et les anti aéroport, "il y a deux conceptions du monde et de l’avenir qui s’affrontent. C’est un carrefour où les routes se séparent", tranche-t-il. Michel Tarin, figure du mouvement, est également présent. "Ce n’est plus un projet local mais national et cela gêne Jean-Marc Ayrault. Il s’est mis dans une sale histoire et n’arrive plus à la gérer", diagnostique-t-il.

"Le changement c’est maintenant. L’aéroport, c’est jamais"
Dehors un pique-nique s’organise avant que le cortège, délesté de quelques élus, ne s’engage vers l’actuel aéroport de Nantes. Celui-ci suffit, pas besoin d’en construire un autre : voilà le message martelé tout au long du trajet. A bord du car, Françoise Verchère, élue locale du Parti de gauche, brocarde le "fantasme de la saturation" de l’actuel aéroport. Le cortège passe devant une usine construite là où était une ancienne vigne. "C’est nul", tonne Yves Cochet de sa voix grave et de son humeur badine.

La troupe entame une rapide visite de l’aéroport et enrôle le pilote de ligne Thierry Masson pour une nouvelle visite guidée. "Il n’y a aucune dangerosité liée au survol de Nantes. Cet aéroport est dans le standard de ce qui se fait partout", assure-t-il. Traversant le bocage, le car arrive enfin à Notre-Dame-des-Landes. Passe devant la Vache rit, un des lieux emblématiques de la résistance, mais ne s’arrête pas. Pas de rencontre non plus avec les jeunes militants du coin. Le bon accueil n’est pas assuré. Dans la salle des fêtes du bourg, une rapide réunion se tient avec des élus locaux. Dehors, contre un petit muret une pancarte indique : "Le changement c’est maintenant. L’aéroport, c’est jamais". C’est tout l’espoir des écolos.

Arthur Nazaret, à Notre-Dame-des-Landes – Le Journal du Dimanche
vendredi 16 novembre 2012

Aéroport de Notre-Dame-des-Landes: La voie de sortie européenne

Le droit européen peut donner raison à ceux qui manifestent contre l’aéroport. Par Sandrine Bélier, eurodéputée EELV. Slate 16 nov 2012

C’est un nouvel aéroport vendu pour supporter la stratégie de développement économique du Grand Ouest de la France pour les 30 années à venir, alors que la région dispose déjà de l’aéroport Nantes-Atlantique.

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) fait l’objet d’oppositions légitimes citoyennes et politiques depuis son origine. Celles-ci, au regard des évènements récents, sont allées en se renforçant ces dernières semaines, mettant en cause la crédibilité politique du nouveau gouvernement.

Après son élection, François Hollande avait promis de ne pas procéder aux expropriations ni de commencer les travaux tant qu’il subsisterait des voies de recours juridiques. Le 16 octobre dernier, des expulsions ont été entamées sur le site, dans des conditions plus que contestables, notamment sur la méthode.

Dans le quotidien Libération, le président PS de la région Pays-de-la-Loire, Jacques Auxiette, justifiait l’usage de la force publique, avec plus ou moins de mauvaise foi, par l’épuisement des voies de recours contre le projet de Notre-Dame-des-Landes.

Or, il reste des voies de recours.

  • Devant les juridictions françaises pour contester notamment la légalité de l’autorisation au titre de la loi sur l’eau.
  • Devant la juridiction européenne pour non respect du droit européen. La Commission des Pétitions du Parlement européen (dont je suis membre) a été saisie le 24 octobre dernier pour violation de plusieurs directives européennes.

Les arguments juridiques de l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de NDDL (ACIPA) et du Collectif des Elus doutant de la pertinence de l’aéroport de NDDL (CéDpa) sont solides: non respect de la directive sur l’évaluation des incidences sur l’environnement, de la directive cadre sur l’eau, des directives dites «Oiseaux» et «Habitats»…

Le droit européen, généralement âprement négocié par les Etats membres au Conseil, avant d’être voté par le Parlement européen, comprend certaines dispositions très claires. Des règles et dispositions dont l’Etat français s’est peut-être cru exempté, mais que le Parlement européen ne manquera pas de lui rappeler afin que dans les plus brefs délais il renonce à cette aberration économique, sociale et environnementale s’il ne veut pas encourir une condamnation de la Cour de justice de l’Union européenne et alourdir la charge que fait peser cet aéroport sur les citoyens français.

C’est le cas de la directive sur l’évaluation des incidences sur l’environnement (EIE), applicable pour tous les projets d’infrastructures dont l’impact sur l’environnement est potentiellement important. Elle prévoit que le public doit, en amont à la prise de décision, avoir «la possibilité d’exprimer son avis avant que le projet ne soit entamé» sur «toutes les options alternatives envisageables» (Directive 85/337, article 6), selon des procédures de consultation appropriées.

L’étude d’impact effectuée par les autorités françaises pour l’aéroport de NDDL n’aborde pas plus la question des solutions de substitution au projet retenu que les raisons de leur exclusion. Les impacts environnementaux et les enjeux économiques, sources potentielles de conflits d’intérêts, sont manifestes. Mais, rien dans le dossier ne permet d’évaluer pourquoi les objectifs de la région en termes de transport aérien ne pourraient pas être réglés par l’extension de l’aéroport Nantes-Atlantique existant?

Alors que la région Pays-de la-Loire a perdu 11.000 ha de terres agricoles entre 2000 et 2006, Notre-Dame-des-Landes présente des sols de forte qualité agronomique menacés par l’emprise de l’aéroport qui imperméabiliserait les sols, favorisant le risque d’inondations dans la zone, fragilisant la préservation de la ressource en eau et de la biodiversité.

La «Zone d’aménagement différée» (ZAD), renommée «Zone à défendre» par les opposants locaux, est composée à 98% de zones humides. Cette zone hydrologique d’importance est qualifiée de «Château d’eau de la Loire-Atlantique». Le document de référence qu’est le schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau Loire-Bretagne (SDAGE) –en application de la directive cadre sur l’eau (DCE)– prévoit explicitement que tout projet alternatif comportant un meilleur bilan environnemental doit conduire au refus du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Encore faudrait-il que soient présentées des alternatives au projet qui, comme dit précédemment, sont absentes du dossier…

A ceci s’ajoute la violation des principes concernant les mesures compensatoires obligatoires, faute de pouvoir éviter ou réduire les dommages sur la préservation de la ressource en eau. D’une part, l’entreprise Vinci s’obstine à ne vouloir compenser la destruction des zones humides qu’après la livraison des travaux, ce qui est contraire au principe de la compensation préalable, d’autre part, l’enquête publique d’août 2012 a révélé un manque de surfaces compensables par le projet. Les pétitionnaires démontrent que les mesures compensatoires prévues par le constructeur sont largement insuffisantes et qu’un bilan écologique neutre du projet est inatteignable.

Le projet d’aéroport porte atteinte au respect des objectifs des réglementations Natura 2000, pilier de la protection environnementale en Europe. Des habitats remarquables et des espèces protégées menacées d’extinction (ex: le Fluteau nageant) sont mis en péril par le projet. Les procédures de demandes de dérogations de destructions d’espèces protégées sont indéfendables…

Enfin, d’un point de vue économique, le projet est évalué à plus de 556 millions d’euros, et les aides publiques accordées aux promoteurs du projet sont de 245 millions, soit 44% du budget. La Commission européenne a rappelé que les gestionnaires d’aéroport doivent supporter le coût de construction et que l’attribution d’aides publiques pour les infrastructures, en l’espèce notamment, est de nature à porter atteinte au droit européen de la concurrence.

Tous les éléments sont bel et bien réunis, pour que la forte mobilisation citoyenne (qui se manifestera notamment ce week-end) demandant l’abandon d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes soit assurée d’être relayée au Parlement européen, en Commission des pétitions et entendue par la Commission européenne.

Je m’y engage. Je m’engage pour que ce dossier ne prenne pas le chemin annoncé d’un Notre-«Drame»-des-Landes, que cesse la violence des revendications et des réactions, que cesse la potentielle violence qui sera portée à un territoire qui mérite d’être préservé.

Des lois sont votées par des parlements, elles doivent être respectées et appliquées par les exécutifs et rappelées, le cas échéant, par ledit pouvoir législatif voire par le pouvoir judiciaire…

Et, malheureusement, si ce n’est pas dans un ultime sursaut de raison que le gouvernement renonce à ce projet, c’est l’Union européenne qui le rappellera à la raison par la voie juridique à respecter ses obligations législatives.

Sandrine Bélier, juriste et ancienne directrice de France Nature Environnement, négociatrice lors du Grenelle de l’environnement, a été élue le 7 juin 2009 députée européenne Europe Ecologie.

Notre-Dame-des-Landes : plusieurs ténors d’EELV participent à une occupation symbolique

Notre-Dame-des-Landes : plusieurs ténors d’EELV participent à une occupation symbolique
Le Point.fr – Publié le 16/11/2012 à 12:58 – Modifié le 16/11/2012 à 13:15
Eva Joly, José Bové et Vincent Placé ont pénétré illégalement dans une maison condamnée par le projet d’aéroport.
Plusieurs ténors d’Europe Écologie-Les Verts ont symboliquement réoccupé vendredi une maison à Grandchamp, dans le secteur de Notre-Dame-des-Landes, pour y protester contre le projet d’aéroport qui doit y être construit. Équipés de tournevis et d’un pied-de-biche, l’eurodéputé José Bové et l’ancienne candidate à la présidentielle Eva Joly ont retiré, en présence du sénateur Jean-Vincent Placé, des cloisons obstruant le bâtiment blanc voué à la destruction par le groupe Vinci, maître d’oeuvre du projet. "C’est un acte illégal parce qu’on ouvre un bâtiment qui appartient à Vinci mais c’est un acte légitime parce que nous sommes en plein hiver, qu’il y a des millions de personnes dans la rue, que donc on respecte la loi sur les réquisitions", a commenté José Bové. "C’est un acte de résistance de la part d’élus de la République", a ajouté cet ancien militant du Larzac en promettant "la création de comités de soutien dans toute la France et d’autres actions jusqu’à l’abandon du projet".

EELV avait promis une action "surprise" ce vendredi à Notre-Dame-des-Landes, à la veille de la manifestation de grande ampleur prévue samedi et pour laquelle des militants anticapitalistes ont annoncé être sur le pied de guerre. Une cinquantaine de militants écologistes, dont plusieurs leaders du parti, se sont rendus sur le site vendredi matin pour demander à leurs alliés PS au gouvernement de renoncer au projet d’aéroport qui y est prévu. "Il y a un moment, quand on est Premier ministre, il faut intégrer la question des finances publiques et l’intérêt général du pays", a estimé Vincent Placé.

"Gaspillage financier"

Dénonçant "une erreur économique et écologique", Eva Joly a appelé le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes et promoteur du projet, à "sortir par le haut" et à "comprendre que, le projet qu’il a soutenu comme élu local, il ne doit plus le soutenir comme Premier ministre de la France". "Le Premier ministre se grandirait en acceptant l’abandon du projet", a lui aussi souligné José Bové. "Si le gouvernement s’acharne par le truchement de Manuel Valls à brutaliser ceux qui occupent le terrain, il prend le risque d’ouvrir un nouveau Larzac", a estimé le député Noël Mamère, pointant un "vrai problème politique" au sein de la majorité PS-EELV. Le député européen MoDem Jean-Luc Bennahmias, également présent, a souligné l’opposition de son parti à un projet qui "ne sert à rien : l’aéroport nantais déjà existant est tout à fait suffisant". "Ce projet ne correspond à aucun besoin. C’est un gaspillage financier, ça va être un gouffre pour l’État et les collectivités locales, c’est des milliards d’euros qui vont être gaspillés alors qu’on est en pleine crise", a encore estimé José Bové.

Notre-Dame-des-Landes : la contre-offensive des pro-aéroport

Alors que les pro-aéroport (re)donnent de la voix (lire plus bas), 36 personnalités politiques du grand ouest lancent un appel commun ce jeudi. Deux jours avant la manifestation anti-aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Presse Océan 16 nov 2012

Sous le titre "Les parlementaires du Grand Ouest affirment leur soutien à l’aéroport" – plutôt "des" que "les", feront peut-être remarquer les parlementaires anti-aéroport-, ces députés et sénateurs des Pays de la Loire et de Bretagne estiment que "la démocratie s’est exprimée."

Jeudi: Ces parlementaires élus par le peuple lui tournent le dos en volant au secours de cet Ayraultport faisant fi pour une fois des intérêts divergents lies à la gestion d aéroports locaux inévitablement en concurrence demain si Ayrault devait gagner son bras de fer.

Le texte

"Élus locaux et nationaux, nous avons défendu, sans ambiguïté, depuis plusieurs années le transfert de l’aéroport «Nantes Atlantique» sur le site de Notre-Dame-des-Landes.

La démocratie s’est exprimée, et nous avons été désignés par nos concitoyens pour les représenter. Il s’agit d’un investissement d’avenir dont l’intérêt est avéré aux différentes échelles concernées : à celle de l’agglomération nantaise, qui doit être débarrassée du survol des avions ; à celle du Grand Ouest, qui a besoin d’un nouvel équipement capable de répondre à l’augmentation du trafic aérien dans les 50 prochaines années ; à celle enfin du territoire national, dans lequel doivent être mieux répartis les flux de mobilité qui tendent à se concentrer autour de la région parisienne. Parce que cet équipement public générera une activité économique créatrice d’emploi, l’essentiel de son coût est supporté par l’entreprise chargée de sa construction puis de son exploitation.

Les participations publiques sont raisonnées, et celle des collectivités est remboursable par le concessionnaire. L’enjeu écologique est pleinement pris en considération dans toute sa complexité : non seulement les 42000 habitants et la réserve naturelle nationale du lac de Grandlieu concernés par l’activité de l’actuel aéroport en seront protégés, mais quelques 41 M€ et 280 ha seront consacrés à la mise en œuvre de mesures agro-environnementales visant à protéger les paysages ruraux, la faune et la flore. Les agriculteurs seront justement indemnisés et, si c’est leur choix, réinstallés.

Nous n’en sommes plus au «projet» mais bien à la construction de cet aéroport qui ouvrira en 2017. Les procédures, administratives, techniques et juridiques, préalables se sont toutes déroulées dans les règles. Les travaux doivent donc démarrer, sans plus attendre. Nous soutenons la réalisation de l’aéroport du Grand Ouest car nous mesurons objectivement son intérêt pour nos territoires et leurs habitants, son impact sur l’économie et l’emploi. Ces choix ont été faits démocratiquement, dans la transparence, par des assemblées élues, et défendus par des candidats confortés par le suffrage universel.

Leur contestation par des activistes radicaux et violents n’est pas admissible et explique le déploiement récent des forces de l’ordre. La démocratie, qui s’est exprimée à plusieurs reprises, ainsi que les différentes décisions de droit, doivent maintenant être respectées par tous, dans le sens de l’intérêt général.

Les signataires

François ANDRE (Député de l’Ille-et-Vilaine) ; Nathalie APPERE (Députée de l’Ille-et-Vilaine) ; Serge BARDY (Député du Maine-et-Loire) ; Luc BELOT (Député du Maine-et-Loire) ; Maryvonne BLONDIN (Sénatrice du Finistère) ; Yannick BOTREL (Sénateur des Côtes-d’Armor) ; Marie-Odile BOUILLE (Députée de la Loire-Atlantique) ; Sylviane BULTEAU (Députée de la Vendée) ; Marie-Anne CHAPDELAINE (Députée de l’Ille-et-Vilaine) ;

Guy-Michel CHAUVEAU (Député de la Sarthe) ; Marie-Françoise CLERGEAU (Députée de la Loire-Atlantique) ; Yves DANIEL (Député de la Loire-Atlantique) ; Françoise DUBOIS (Députée de la Sarthe) ; Sophie ERRANTE (Députée de la Loire-Atlantique) ; Jean-Luc FICHET (Sénateur du Finistère) ; Jean-Pierre FOUGERAT (Député de la Loire-Atlantique) ; Hugues FOURAGE (Député de la Vendée) ; Marc GOUA (Député du Maine-et-Loire) ;

Edmond HERVE (Sénateur d’Ille-et-Vilaine) ; Odette HERVIAUX (Sénatrice du Morbihan) ; Ronan KERDRAON (Sénateur des Côtes-d’Armor) ; Marietta KARAMANLI (Députée de la Sarthe) ; Jacky LE MENN (Sénateur de l’Ille-et-Vilaine) ; Jean-Pierre LE ROCH (Député du Morbihan) ; François MARC (Sénateur du Finistère) ; Jean-René MARSAC (Député de l’Ille-et-Vilaine) ; Michel MENARD (Député de la Loire-Atlantique) ; Michelle MEUNIER (Sénatrice de la Loire-Atlantique) ;

Hervé PELLOIS (Député du Morbihan) ; Sylvie PICHOT (Députée de la Mayenne) ; Monique RABIN (Députée de la Loire-Atlantique) ; Dominique RAIMBOURG (Député de la Loire-Atlantique) ; Daniel RAOUL (Sénateur du Maine-et-Loire) ; Marcel ROGEMONT (Député de l’Ille-et-Vilaine) ; Sylvie TOLMONT (Députée de la Sarthe) ; Yannick VAUGRENARD (Sénateur de la Loire-Atlantique).

L’Acipran

Mercredi, l’Association citoyenne pour la réalisation d’un aéroport international sur le site de Notre-Dame-des-Landes (Acipran) a réactivé son compte Twitter, reste présente sur Facebook et expliqué son "retour" sur son site Internet.

Du nucléaire partout en Afrique ? en veux-tu ? en voilà !!

Le Kenya avance vers le nucléaire. Kenya – Afrique du sud- Algérie – Nigéria- Egypte- Maroc – Angola – Namibie- Sénégal sont promis à un avenir irradieux.… L’accident de la centrale de Fukujima ne fait pas reculer le Kenya dans son désir de passer au nucléaire. Le Comité de gestion du projet d’électricité nucléaire (NEPC) du Kenya vient de retenir deux sites qui pourraient accueillir lesd eux premières centrales. Malango actualités 14 Novembre 2012

Vendre des centrales nucléaire en Afrique ou l’art de vendre des frigidaires aux esquimaux….. Il est toujours vrai qu’on ne se souvient des pays oubliés que pour les exploiter!

Le Volcan Navbiotum, situé sur la rive sud du lac Turkana au Kenya et à l’extrémité du Great Rift Valley d’Afrique de l’Est. La vallée est une région volcanique réputée active.
© french.china.org.cn

 Deux zones ont donc été retenues pour accueillir éventuellement les deux premières centrales kenyanes. Elles se situent toutes deux à proximité d’importantes masses d’eau, l’une dans la région du lac Turkana, la seconde près du Lac Victoria et toutes deux hors de tout risque sismique ou volcanique. «Nous ne pouvons pas dire avec certitude que ce sont les lieux définitifs, avant que nous obtenions les résultats de l’étude scientifique, mais pour l’instant ils sont les candidats les plus probables pour débuter le programme», a déclaré Ochillo Ayacko, directeur exécutif NEPC.«Nous n’allons pas tous arrêter de conduire une voiture juste parce qu’il y a eu un accident. Le programme d’énergie nucléaire est faisable et sans risques» a rétorqué Mohamed Mohamud, le numéro 2 du Ministère de l’Energie à ceux qui lui oppose les accidents dans les centrales nucléaire, celle de Fukujima notamment.

Mohamed Mohamud affirme que le passage au nucléaire permettra de réduire le coût de l’électricité tout en couvrant 19% des besoins du pays en énergie électrique.

Le dossier nucléaire avance donc rapidement au Kenya puisque ce n’est qu’en avril 2010 que cette éventualité acommencé à être discutée. L’AIEA avait donné son feu vert moins d’un an auparavant. Le directeur général de l’AIEA, Mohammed El Baradei, avait déclaré à l’époque que «le Kenya pourrait avoir d’autres sources d’énergie, mais pour obtenir une industrialisation plus rapide, il y a lieu de développer l’énergie nucléaire ».

Si le projet abouti, le Kenya serait le troisième pays africain avec l’Afrique du Sud et l’Algérie à entrer dans le cercle des pays utilisateurs du nucléaire. D’autres devraient leur emboîter le pas, comme le Nigeria où le projet est bien avancé. L’Egypte veut construire d’ici 2020 au moins une centrale nucléaire de 1000 mégawatts, le Maroc s’est équipé d’un réacteur nucléaire pour préparer la phase de la centrale nucléaire ; l’Angola, le Nigeria, et même la Namibie et le Sénégal qui ne sont pas au même niveau de PIB ont également des projets dans ce sens.

http://www.malango-actualite.fr/article/kenya-le_kenya_avance_vers_le_nucleaire-9174.htm

Voir aussi:

http://www.areva.com/FR/groupe-596/afrique-et-moyenorient-des-marches-prometteurs.html

Prix Pinocchio 2012 : Areva récompensée dans la catégorie Mains Sales- poches pleines

Les prix Pinocchio 2012, épinglant des entreprises pour des pratiques néfastes à l’environnement, ont été décernés mardi à un producteur d’agrocarburants, à un projet de recherche de lithium en Argentine et au groupe Areva pour l’impact des mines d’uranium en Afrique. From www.romandie.com - 15/11/2012

Prix Pinocchio 2012 : Areva récompensée dans la catégorie Mains Sales / poches pleines | FUKUSHIMA INFORMATIONS | Scoop.it
Plus de 17.000 internautes – soit 4.000 de plus qu’en 2011 et près de trois fois plus qu’en 2010 – ont désigné les lauréats de cette cinquième édition, ont indiqué les collectifs Amis de la Terre, le CRID (Centre de recherche et d’information pour le développement) et Peuples Solidaires.

C’est l’édition qui a eu le plus de votants, ça montre que les Pinocchio commencent à avoir un impact, se réjouit Romain Porcheron, des Amis de la Terre.

Dans la catégorie Mains sales, poches pleines visant l’opacité et le lobbying des entreprises, les internautes ont retenu Areva. L’ONG estime que le groupe refus(e) de reconnaître sa responsabilité dans la dégradation des conditions de vie des populations vivant à proximité de ses mines d’uranium en Afrique.

Une accusation qui a été rejetée par Areva dans un communiqué à l’AFP.

"Areva applique aux mines du Niger les plus hauts standards internationaux de sûreté, de sécurité et de surveillance de l’environnement. Le taux de fréquence d’accidents dans les mines d’Areva au Niger est vingt fois inférieur à celui de l’industrie française", a défendu le groupe, qui exploite deux sites miniers au Niger.

Le groupe a par ailleurs précisé travailler depuis 2007 avec des médecins indépendants, pour assurer le suivi post-professionnel de ses anciens salariés et des populations vivant à proximité des sites miniers.

Au rayon publicité (prix Plus vert que vert), les internautes ont épinglé la marque d’huile Lesieur pour une campagne Aidons l’Afrique. Dans le cadre de cette opération, 70 tonnes d’huile végétale, une denrée d’urgence humanitaire, ont été envoyées dans la Corne de l’Afrique, indique le site du fabricant.

Pourtant, Lesieur, via sa maison mère Sofiprotéol, est l’un des plus importants producteur et promoteur de l’industrie des agrocarburants, dénoncent les Amis de la Terre, avançant le rôle majeur joué par les politiques de soutien aux agrocarburants dans la hausse des prix alimentaires.

Un projet d’exploitation de lithium en Argentine lancé en 2010 par les groupes Bolloré et Eramet a pour sa part reçu le prix Une pour tous, tout pour moi dénonçant la surexploitation des ressources naturelles.

Des communautés indigènes, s’estimant lésées dans leurs droits à être consultées, ont déposé plainte devant la Cour suprême d’Argentine à l’encontre des gouvernements locaux, selon les Amis de la Terre

L’ONG précise néanmoins avoir été contactée par le groupe minier Eramet, qui conteste un certain nombre d’informations et affirme s’être retiré du projet en novembre 2011.

Photo : mine à ciel ouvert d’Arlit (Niger) auteur David FRANCOIS

Voir aussi:

« Qui sème le vent », un téléfilm qui sème enfin le doute sur « l’indépendance énergétique » française

Areva en Afrique: une face cachée du nucléaire français