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Législatives : les négociations tournent au vinaigre à gauche

Le PS, Europe Ecologie et les partis composant le Front de gauche doivent trouver un accord sur les circonscriptions à risque avant vendredi, date limite du dépôt des candidatures. Le Figaro Par Jim Jarrassé  le 16/05/2012

Le temps presse et les négociations s’enlisent. Les partis de gauche ont jusqu’à vendredi, date limite du dépôt des candidatures aux législatives, pour trouver un accord sur une candidature unique dans les circonscriptions où il existe une possibilité d’élimination de la gauche dès le premier tour. Le PS, Europe écologie et les partis composant le Front de gauche – le PCF, le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon - espéraient trouver une issue dans la journée. «Si chaque partenaire prend sa part d’effort, l’accord est désormais possible à toute heure (…) Tout délai et a fortiori tout échec seraient incompréhensibles», ont prévenu Pierre Laurent et Martine Billard, du PG, dans un communiqué commun. Mais les points de blocage restent nombreux.

• Bataille sur les circonscriptions à risques

La première pierre d’achoppement concerne le nombre de ces «zones à risque», où le FN pourrait se retrouver face à l’UMP au second tour: le PS et le PCF en comptent 55, les écologistes environ 90, le Parti de gauche environ une centaine… Chaque parti a sa propre appréciation, en fonction de ses intérêts et de ses ambitions. Comme si ces circonscriptions à risque n’étaient qu’un prétexte pour négocier des sièges gagnables, centre de toutes les attentions.

Le Front de gauche en veut au moins six, à répartir entre PCF et PG, qui réclame la 3e circonscription du Val-de-Marne, où Marine Le Pen a réalisé un faible score. Refus du PS. Et David Cormand, chargé des négociations à EELV, d’ironiser sur Jean-Luc Mélenchon qui «fait des claquettes à Hénin-Beaumont» face à Marine Le Pen tandis que ses troupes discutent de circonscriptions sans risque FN.

Les écologistes, conscients que l’accord négocié à l’automne dernier avec le PS sur 63 circonscriptions leur est favorable, semblent prêts à lâcher du lest. Ils accepteraient de laisser au PCF la circonscription de Gardanne (Bouches-du-Rhône), où le FN réalise traditionnellement de bons résultats, et celles de Guingamp (Côtes-d’Armor) et Bergerac (Dordogne), où il n’y a pas de risque FN. En échange, les communistes pourraient soutenir EELV à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, mais le candidat PCF local fait de la résistance.

• Des luttes internes au Front de gauche

Ces négociations mettent à rude épreuve la cohésion du Front de gauche, qui demeure pour l’instant une confédération de circonstance. La présidentielle passée, le PCF, d’où viennent la quasi-totalité des 19 députés sortants du Front de gauche, veut reprendre l’ascendant sur le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon. Lequel n’avait même été convié lors d’une première réunion de négociation, dimanche après-midi. Après avoir diffusé un communiqué vengeur, le Parti de gauche a été invité à la table des négociations, lundi. Mercredi, les deux formations politiques ont voulu afficher leur unité en publiant un communiqué commun exigeant la signature rapide d’un accord. Mais nul doute que l’épisode laissera des traces au sein d’un Front de gauche déjà divisé sur une éventuelle participation au gouvernement.

• Des dissidences socialistes à prévoir

En marge des accords signés entre les partenaires de la gauche, un certain nombre de candidatures dissidentes peuvent faire leur apparition. À Paris, les écologistes Cécile Duflot et Denis Baupin ont réussi à s’imposer vis-à-vis du PS. Mais à Lyon, Philippe Meirieu aura sur sa route le socialiste Thierry Braillard, soutenu par Gérard Collomb. Dans l’Essonne, la trésorière d’EELV Eva Sas devra faire face à la candidature du maire socialiste d’Athis-Mons, François Garcia. Idem dans la 2e circonscription d’Indre-et-Loire, où la vice-présidente du Conseil régional, Isabelle Gaudron, se présente en dépit de l’investiture de l’écologiste Christophe Rossignol.

Les Chinois bientôt dans le nucléaire français ?

EDF serait prêt à associer son homologue chinois à la construction de réacteurs en France, selon des documents confidentiels que publie le "Nouvel Observateur".

Le Nouvel Obs  le 25-01-2012  Par Caroline Michel Journaliste au Nouvel Obs

Jeudi: Mais jusqu’où va-t-on aller dans cette frénésie pro-nucléaire?. Une seule certitude: le lobby décide pour nous. Ceux qui s’en étonnent découvrent tardivement une  réalité dont les français sont les otages, et l’EPR le dindon de la farce ( voir lien en fin de billet)….Extraits de la lettre de Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve à François Fillon sur l'accord d'EDF. (DR)
Extraits de la lettre de Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve à François Fillon sur l’accord d’EDF. (DR)
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C’était juste avant Noël. Alors que la guerre entre les différentes factions du nucléaire tricolore venait de reprendre, sur fond d’espionnage de l’ex-patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, les députés socialistes Bernard Cazeneuve (Manche) et Jean-Marc Ayrault (Loire-Atlantique) ont reçu la copie d’un document ultraconfidentiel : un protocole d’accord signé à Pékin, le 29 avril 2010, entre le président d’EDF, Henri Proglio, et celui du groupe CGNPC (China Guangdong Nuclear Power Holding Corporation), He Yu.

Ils ont lu ces pages imprimées recto-verso et se sont étranglés quand ils ont réalisé l’étendue du partenariat envisagé : l’électricien chinois pourrait même être associé à la construction de réacteurs en France. De quoi inquiéter toute la filière industrielle.

Des centrales construites en France ?

Le 23 décembre, ils ont pris la plume pour interroger le Premier ministre, dans une lettre que "le Nouvel Observateur" s’est procurée.

Cet accord soulève de vives inquiétudes pour l’avenir de la filière nucléaire française, ont-ils écrit à François Fillon. Il valide, en effet, les prétentions de l’entreprise chinoise qui souhaite participer aux nouveaux projets nucléaires d’EDF en France [le mot est souligné]. Une entreprise chinoise pourra-t-elle demain construire des centrales nucléaires en France ? Le fabricant de réacteurs, Areva, sera-t-il placé, par son propre gouvernement, en situation de concurrence face à une entreprise publique chinoise ?"

Cinq semaines ont passé et les élus n’ont toujours pas reçu de réponse. "Je ne sais pas comment vous avez obtenu cette lettre que nous n’avons pas souhaité rendre publique. Je la commenterai quand j’aurai reçu une réponse du Premier ministre", nous dit Bernard Cazeneuve.

Le gouvernement risque d’être embarrassé. L’affaire n’est pas seulement vitale pour l’industrie de l’atome. En pleine campagne présidentielle, elle pourrait aussi devenir symbolique de la défense du "made in France". "Le Nouvel Observateur" a aussi obtenu une copie de ce protocole secret de 2010. Il est sans ambiguïté.

(Article à lire en intégralité dans "le Nouvel Observateur" du 26 janvier 2012)

La lettre de Jean-Marc Ayrault à François Fillon sur l’accord d’EDF et de CGNPC

Accord entre EDF et CGNPC