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BretagneJapon

Bretagne-Japon 2012 : expositions et évènements

Une manifestation culturelle inédite pour une année riche en événements.

Sur tout le territoire breton, un archipel :  

- de 12 expositions qui réunissent de façon originale des objets japonais et des œuvres bretonnes japonisantes. 

- de spectacles,

- de conférences,

- d’ ateliers, 

- et un colloque.


Bretagne-Japon 2012 s’étend tout au long de l’année 

http://www.bretagne-japon2012.fr/

Révolution énergétique : des Bretons à la pointe

Zéro atome, zéro pétrole à l’horizon 2030 ! Grâce à l’inventivité et la pugnacité de ses habitants, le pays du Mené, en Bretagne, s’est lancé dans une révolution verte aux résultats probants.  Weronika Zarachowicz Télérama n° 3238 Le 3 février 2012

 Nous sommes en 2012 ; toute la France est envahie par le nucléaire. Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Bretons résiste encore grâce à une arme redoutable : la potion verte. Même si l’image agace ces irréductibles, il y a bien une pointe d’Astérix dans ce coin de Bretagne, devenu en une dizaine d’années une référence en matière énergétique. Dans les vertes collines du pays du Mené, dans les Côtes-d’Armor, sept villages de granit réussissent une révolution douce et de bon sens, faite de chaudières à bois, d’éoliennes, d’huilerie de colza ou d’usine de méthanisation. Avec, en ligne de mire pour 2030, une autonomie énergétique totale. Zéro atome, zéro pétrole… et sans retour à la bougie.

Comment ce projet culotté, à rebours du modèle nucléaire dominant, a-t-il germé là, dans ce pays longtemps défavorisé par ses sols pauvres et son relief accidenté ? Sans doute parce que l’énergie, avant de devenir un projet économique et écologique collectif, fut d’abord celui d’une poignée d’individus à forte tête, quelques agriculteurs-pionniers-explorateurs portés par l’envie de sauver leur pays. 

« Soit on se prenait en main, soit notre territoire allait mourir, car on cumulait les handicaps », résume Dominique Rocaboy, le défricheur, l’un des premiers agriculteurs en France à s’être équipés de panneaux photovoltaïques, pdg de l’usine de méthanisation Géotexia. Non seulement Le M­ené dépendait d’une monoactivité – le centre d’abattage Kermené, qui emploie près de la moitié des six mille cinq cents habitants –, mais il devait affronter une urgence : la pollution des sols, due aux excédents de lisiers de porcs. « Le déclic a eu lieu en 1995, au Salon des fourrages de Plessala, un vrai laboratoire d’idées qui a accueilli quarante-trois mille personnes. »

Réunis au sein du MIR (Mené initiatives rurales), qui regroupe élus, agriculteurs et associations, nos aventuriers multiplient alors les voyages d’études en Europe. Et notamment à Güssing, bourgade déshéritée de l’Autriche rurale qu’un maire visionnaire décida d’affranchir du p­étrole et du déclin, il y a vingt ans, et devenue le premier village vert d’Europe, 100 % autonome grâce aux énergies renouvelables.

Les pionniers du Mené en reviennent convaincus, ils utiliseront ce qu’ils ont sous leurs pieds avant de chercher ailleurs : les déjections de porcs et les boues issues de l’industrie agroalimentaire. Ils choisissent un procédé encore peu utilisé en France : la méthanisation, qui consiste à laisser fermenter les déchets sans oxygène pour en tirer des biogaz (surtout du méthane et du CO2) et produire de l’électricité ! En activité depuis la mi-décembre, Géotexia, qui est détenue à 34 % par une trentaine d’agriculteurs, traite 75 000 tonnes de lisiers et de produits agroalimentaires, et produit entre 12 et 15 gigawattheures par an, l’équivalent de la consommation électrique domestique du Mené pour une même période.

Chemin faisant, l’énergie verte gagne les esprits, sur l’impulsion de quelques élus. Et les initiatives fleurissent, toutes adossées aux ressour­ces du territoire. A Saint-Gouéno, un autre pionnier, l’agriculteur et maire Jacky Aignel, se plonge dans « les anciens manuels de M. Diesel, qui a tout inventé à partir de l’huile de ricin ! ». Il crée l’huilerie Menergol, qui propose une alternative au pétrole par la pressurisation à froid des graines de colza. « C’est interdit en France pour les voitures individuelles, à la différence de l’Allemagne. Mais on peut alimenter plus de trois mille tracteurs, soit trois fois nos équipements sur la communauté de communes. Et avec les déchets des graines, on produit des tourteaux de colza pour nourrir les bêtes. Résultat : on n’importe plus de soja brésilien, on se réapproprie les moyens de production, on diminue la longueur des circuits de distribution et nos émissions de CO2 ! »

Des chaudières collectives, alimentées avec du bois produit localement, chauffent logements et bâtiments publics. Ajoutez des panneaux photovoltaïques, des éoliennes. « Les énergies renouvelables couvrent 25 % des besoins de la communauté de communes ; on vise les 75 % pour 2020 et les 100 % pour 2030 grâce également aux économies d’énergie, sourit Marc Théry derrière sa belle moustache blanche. Avec le seul éolien, nous pourrions produire assez d’électricité pour alimenter les habitants de Saint-Brieuc ! » Si le projet du Mené s’est épanoui, c’est aussi grâce à lui : polytechnicien, ex-pdg de Rowenta et Somfy, et devenu, par le hasard d’une maison achetée dans la région, chargé de mission énergie du Mené !

“Les collectivités ont peu de moyens.  Mais la détermination de certains élus et de certains citoyens y supplée. L’avenir est à une énergie décentralisée et démocratisée.”

« L’enjeu énergétique est au cœur des territoires, résume-t-il, mais les collectivités ont peu de moyens et pas de grand pouvoir légal. Mais la détermination de certains élus et, de plus en plus, de certains citoyens y supplée. L’avenir est à une énergie décentralisée et démocratisée. » Cent quarante familles, mini-entrepreneurs énergétiques, viennent d’investir ensemble dans le prochain défi du Mené : un site de six éoliennes. Le pouvoir (et l’électricité) au peuple, en somme.

« Nous refusons de rester atomisés, dans les deux sens du terme », lance le maire, Jacky Aignel, qui énumère les autres projets à venir, la construction de logements énergétiquement autonomes, une ZAC consacrée aux énergies renouvelables. Avec Dominique Rocaboy, il vient de se remettre à l’anglais pour animer un réseau européen de petites communes rurales pour la neutralité énergétique.

Pas question d’« opposer le local au global, mais si on n’est pas costaud dans le local, on ne sera rien dans le global ». La potion verte pourrait bien irriguer le reste de la France.

 


Qui va dépolluer les anciennes mines d’uranium bretonnes?

Comment Areva gère-t-elle ces sites exploités jusqu’en 1984 en Bretagne ? Élus locaux et représentants d’associations devraient en savoir plus ce jeudi, lors d’une réunion à Vannes. Repères. Ouest France 01/03/2012

Où sont les anciennes mines d’uranium en Bretagne ?

Vingt-deux sites ont été exploités en Bretagne, entre 1956 et 1984 (voir infographie). Les travaux miniers ont été largement souterrains. Dans certains sites, toutefois, l’uranium a été extrait à ciel ouvert. C’est le cas à Bubry (sites de Keryacunff et Ty Gallen), Persquen (Prat Merien) et Meslan (Rosglas).

Les sites bretons sont-ils décontaminés ?

La Criirad (commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) avait réalisé des mesures en 2008. Elles montraient « des flux de rayonnement gamma 10 à 20 fois supérieurs au niveau naturel », près de trois anciennes mines, à Lignol, Berné et Meslan. Depuis 1991, c’est Areva, le numéro un mondial du nucléaire, qui est chargé de la surveillance et du suivi de ces sites.

Un porte-parole de l’entreprise assure : « Nous avons fait un certain nombre de réaménagements sur les sites bretons ». Les chantiers souterrains ont-ils été remblayés ? Les mines à ciel ouvert ont-elles été vidées ? « Nous examinons, au cas par cas. »

Pourquoi un bilan de fonctionnement ?

Une circulaire de juillet 2009 demandait à Areva de réaliser des « bilans de fonctionnement »pour les sites ayant accueilli des usines de traitement. Attendu depuis avril 2011, il sera présenté aujourd’hui dans le cadre d’une commission locale d’information et de surveillance à la préfecture du Morbihan, à Vannes. Cette réunion, fermée à la presse, regroupe élus et représentants d’associations locales, dont Roz glas, qui rappelle qu’« à partir de 2018, date de la fin des concessions à Areva, ce sera aux propriétaires privés ou aux maires de dépolluer ces sites. »

Que craignent ces associations ?

L’association Roz glas et la Criirad demandent « une signalisation urgente des sites miniers ouverts au public et une décontamination dans les plus brefs délais ». Elles craignent que « la réunion fasse gagner du temps à Areva, sans faire bouger les choses », et déplorent «linertie des services officiels et leur manquement aux missions de protection de la population ». De son côté, la préfecture du Morbihan indique que « toutes les interrogations soulevées lors de ce comité seront transmises à Areva pour compléments d’information ou études supplémentaires. Le processus reprendra après la tenue de ce comité et une information vers les médias sera programmée. »

Angélique CLÉRET.