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Bollène -Tricastin en Provence: la femme qui résiste

Voilà ce qu’Areva et le gouvernement français y ont fait ? Publié le 14 avril 2012 par 

Madame Aline Pauchard de Bollène est malade et ruinée, pourtant elle résiste et se bat contre le lobby nucléaire avec persévérance et ténacité. C’est le pot de terre contre le pot d’enfer. Vidéo d’interpellation réalisée par Roger NYMO du Réseau Zéro Nucléaire à faire tourner très largement.

Retrouvez les documents écrits qui retracent son combat à cette adresse :http://www.sanurezo.org/lafemmequiresiste.pdf

Elle a besoin de notre solidarité pour faire échec à l’abomination nucléaire qui nous menace TOUS.

Informations complémentaires à cette adresse :http://sanurezo.org/spip.php?article70

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à travers le monde contre le nucléaire, un an après Fukushima

Le Japon a rendu hommage dimanche aux milliers de victimes du séisme et du tsunami qui ont ravagé il y a un an les côtes nord-est de l’archipel, provoquant la plus grave catastrophe nucléaire au monde depuis un quart de siècle. (c) Afp Créé le 11-03-2012

Des dizaines de milliers d’opposants à l’énergie nucléaire ont manifesté dimanche à travers le monde, un an après la catastrophe de la centrale de Fukushima au Japon.

Le Japon a rendu hommage dimanche aux milliers de victimes du séisme et du tsunami qui ont ravagé il y a un an les côtes nord-est de l’archipel, provoquant la plus grave catastrophe nucléaire au monde depuis un quart de siècle.

Dans les villes et villages dévastés, les proches des quelque 19.000 morts et disparus se sont recueillis dans le chagrin et la douleur, au cours de cérémonies improvisées sur les lieux de la tragédie.

En Allemagne, pays qui a décidé d’abandonner progressivement le nucléaire après le séisme et le tsunami qui ont endommagé les réacteurs de Fukushima, près de 50.000 personnes, selon les organisateurs, ont protesté dans six régions. "Fukushima nous avertit: il faut fermer les centrales maintenant!", clamaient les manifestants.

Sur près de 80 kilomètres, environ 24.000 manifestants anti-nucléaires ont formé dans la soirée une chaîne humaine, brandissant des flambeaux, dans la région de Braunschweig (nord).

Quelque 3.000 personnes ont encerclé la centrale de Brokdorf (nord), selon les organisateurs. Des actions de protestations ont également eu lieu près des réacteurs de Gundremmingen (sud), Neckarwestheim (sud) et Grohnde (nord.

En France, pays le plus dépendant au monde du nucléaire qui représente 75% de l’électricité produite, une chaîne humaine a rassemblé 60.000 personnes selon les organisateurs – 31.300 selon les forces de l’ordre.

Venus d’Allemagne, de Suisse, de Belgique et de toute la France, les manifestants se sont déployés sur les 230 km séparant Lyon (centre-est) d’Avignon (sud), le long de la vallée du Rhône, région la plus nucléarisée d’Europe avec ses 14 réacteurs.

Quelque 5.000 militants anti-nucléaires ont marché pendant plus d’une heure aux abords de la centrale nucléaire de Mühleberg, dans l’ouest de la Suisse. La marche "Sortons du nucléaire" visait à demander l’"arrêt immédiat des centrales de Mühleberg et de Beznau".

Après l’accident de Fukushima, les autorités suisses ont recommandé de ne pas remplacer les cinq réacteurs en fonctionnement à l’issue de leur période d’exploitation d’ici à 2034.

En Espagne, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés près de la centrale de Garona, dans le nord du pays, pour réclamer sa fermeture. Le gouvernement vient de décider de prolonger de cinq ans l’exploitation de cette centrale, la plus ancienne du pays.

En Australie, quelque 500 manifestants contre le nucléaire se sont rassemblés près des sièges des groupes miniers BHP Billiton et Rio Tinto à Melbourne, à l’initiative d’une association d’expatriés japonais appelée "les Japonais pour la paix".

"Il est très important pour nous de commémorer cette journée, afin que les Australiens se souviennent de ce qui s’est passé à Fukushima et du rôle de l’Australie comme fournisseur important d’uranium au Japon, y compris aux réacteurs de Fukushima", a déclaré un organisateur, Kazuyo Preston.

L’Australie n’est pas une puissance nucléaire mais elle est le troisième producteur mondial d’uranium, derrière le Kazakhstan et le Canada.

A Taiwan, 5.000 manifestants, selon les organisateurs, ont défilé dans les rues de Taipeh pour demander la fermeture des trois centrales nucléaires "dès que possible", dans ce pays régulièrement ébranlé par de puissants séismes.

Il y a un an jour pour jour, un accident nucléaire majeur est survenu à la centrale de Fukushima à la suite des séismes et du tsunami qui ont fait plus de 19.000 morts et disparus dans le nord-est du Japon.

Pour en finir avec le nucléaire

Depuis toujours, en France, le nucléaire paraissait intouchable. Mais la catastrophe de Fukushima a changé la donne : même dans un pays très avancé, un accident majeur peut se produire ! Et toutes les interrogations jusqu’ici soigneusement évitées émergeaient à nouveau : le risque d’accident majeur bien entendu, mais aussi la production de déchets radioactifs très dangereux et la menace aggravée du risque de prolifération des armes nucléaires.

Quand on prend conscience que quatre accidents majeurs de réacteur se sont produits au cours des trente dernières années (un à Tchernobyl et trois à Fukushima) sur un parc mondial de 450 réacteurs, alors que le calcul des probabilités officiel n’en "imagine" que 0,014 sur la même période (286 fois moins), on est en droit de se poser la question de la pertinence d’une sortie du nucléaire.

 

En finir avec l’atome, c’est possible ! LEMONDE 4/1/12

A cette évocation, les tenants du nucléaire apportent trois types d’arguments : l’"indépendance énergétique" de la France, la performance française en termes d’émissions de CO2, le très faible coût du kWh nucléaire. Celui de l’indépendance énergétique est tout simplement faux : la France est tout aussi dépendante pour son approvisionnement d’uranium qu’elle l’est pour le pétrole, le charbon et le gaz. Loin d’atteindre 50 %, notre indépendance énergétique réelle n’est que de 8,9 %. Les économies de CO2 de 40 % en France qui seraient réalisées grâce au nucléaire sont très surestimées, puisqu’elles supposent que toute notre électricité non nucléaire serait produite à partir du charbon, ce qui n’est guère vraisemblable. C’est plutôt autour de 20 % que se situe l’économie. Le coût imbattable du nucléaire ? Oui, si l’on se contente de l’évaluation actuelle d’un nucléaire largement amorti (les réacteurs du parc français ont en moyenne 26 ans pour une durée de vie prévue de trente) en oubliant soigneusement de prendre en compte la réhabilitation indispensable de ce parc vieillissant, sa mise aux normes post-Fukushima et les frais de démantèlement des réacteurs mis au rebut, qui risquent de doubler ce coût. Même chose si l’on décide de passer à l’EPR, dont les coûts d’investissement atteignent chaque jour de nouveaux sommets.

 La liste impressionnante des injonctions de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans son rapport sur les évaluations complémentaires de sûreté post-Fukushima confirme la vulnérabilité des centrales nucléaires françaises, comme l’augmentation inévitable à venir du coût du kWh d’origine nucléaire, si l’on persistait dans cette voie. Reste l’argument d’autorité : comme nous dépendons à près de 80 % du nucléaire pour notre production d’électricité, nous ne pouvons pas faire autrement que de continuer… Les errements passés serviraient donc de justificatif à la poursuite, contre vents, marées et autres tsunamis !

Est-il possible en France de sortir du nucléaire en vingt ans comme le font les Allemands en dix ans, sans revenir à la bougie et sans ruiner notre pays ? La réponse est positive à condition de poser cette question dans le contexte de la transition énergétique indispensable au niveau mondial : il s’agit, en effet, depermettre à la fois le développement des sociétés émergentes et en développement, de restreindre au mieux nos ponctions de ressources fossiles et de diviser par deux les émissions mondiales de CO2.

La sobriété et l’efficacité énergétiques sont au coeur de la transition énergétique qui s’impose pour tous les pays de la planète, permettant la substitution progressive des énergies de stock (charbon, pétrole, gaz, uranium) par les énergies renouvelables (hydraulique, éolien, solaire thermique, thermodynamique et photovoltaïque, biomasse, géothermie, énergies marines). Cette transition, au-delà des avantages énergétiques et environnementaux, est pourvoyeuse de nouvelles activités et d’emplois dans tous les territoires.

Dans cette logique, ce sont bien les économies d’électricité qui deviennent la première priorité dans une France qui n’a jamais fait le moindre effort dans ce domaine, au prétexte que l’électricité nucléaire était abondante et bon marché. Savez-vous que nos voisins allemands, qui en 1999 consommaient par habitant autant d’électricité "spécifique" (l’électroménager, l’éclairage, l’audiovisuel et l’informatique, à l’exclusion du chauffage des logements) que nous, en consommaient 27 % de moins que nous en 2009 ? Et puis il faut mettre fin le plus rapidement possible au chauffage électrique à effet joule (nos convecteurs) et lesremplacer par des chauffages plus performants (pompes à chaleur, chaudières à condensation, etc.). Si nous le faisons, nos besoins d’électricité pourraienttomber à 392 TWh en 2020 et 338 TWh en 2030, alors qu’ils atteignent 516 TWh aujourd’hui.

Comment compenser alors la fermeture programmée des réacteurs nucléaires quand ils atteignent une trentaine d’années en moyenne ? En 2020, le nucléaire ne produirait plus pour les besoins des consommateurs français que 180 TWh contre 365 en 2009. Mais on s’aperçoit que les objectifs de production d’électricité renouvelable du Grenelle de l’environnement, qui atteignent 143 TWh en 2020, permettent de combler une grande part de la demande d’électricité restante. Il suffit de 70 TWh d’électricité d’origine gaz naturel pour boucler le bilan sans augmenter pour autant les émissions de CO2 du secteur électrique par rapport à la situation actuelle. En 2030, la poursuite du développement des énergies renouvelables permet de boucler le bilan électrique malgré l’absence de nucléaire, avec la même participation d’électricité à partir du gaz (70 TWh).

A quel coût ? Les calculs montrent que les deux options conduisent à des coûts du même ordre. Dans le scénario poursuite du nucléaire l’investissement indispensable dans de nouvelles centrales pèse sur le bilan. Dans le scénario de sortie, le total des investissements nécessaires à la réalisation des économies d’électricité, des investissements de production et de transport d’électricité est plus faible. Notons d’ailleurs que les incertitudes sur les coûts sont plus importantes dans le cas du maintien du nucléaire que dans celui de la sortie. Contrairement aux affirmations répétées de nos gouvernants, la sortie du nucléaire en une vingtaine d’années est donc possible sans drame. C’est une question de volonté collective.


Benjamin Dessus est ingénieur et économiste, il a travaillé à EDF, à l’Agence française pour la maîtrise de l’énergie ;

Bernard Laponche est polytechnicien, docteur ès sciences, il a travaillé au Commissariat à l’énergie atomique.

Ils sont les auteurs d’En finir avec le nucléaire (Seuil, 176 pages, 13 €).