Des parlementaires UMPS proposent une réduction « raisonnée » du nucléaire: y a un loup…

Des rapporteurs de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques militent pour le remplacement d’un réacteur nucléaire en fin de vie sur deux. De quoi rééquilibrer le mix énergétique français en laissant les énergies renouvelables atteindre leur maturité technologique. L’usine nouvelle Le 15 décembre 2011 par Ludovic Dupin

Jeudi remarque que le lobby politico-industriel est bien vivant! .. « Le nucléaire raisonné » une nouvelle appellation  commerciale pour contrer la « sortie du nucléaire ». ASTRID et ITER sont au coin du bois.. Il y a un loup! .Voir en fin de l’article, un lien vers une analyse de Guillaume Malaurie : « La contre-offensive des partisans du nucléaire »

Au lendemain de Fukushima, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPCEST) a initié une mission sur la sûreté et l’avenir de la filière nucléaire. Après un rapport d’étape publié cet été qui préconisait de limiter le recours à la sous-traitance dans le nucléaire et d’accroître les moyens de l’autorité de sûreté nucléaire (ASN), les membres de la mission appellent à une diminution de la part du nucléaire dans le mix énergétique.

Selon aux rapporteurs, Claude Birraux (UMP), Christian Bataille (PS) et Bruno Sido (UMP), la France est face à trois scénarios possibles : un maintien de la part du nucléaire à 75 – 80 % de la production, sortie totalement et rapidement du nucléaire ou abaisser le mix en ne renouvelant que partiellement le parc.

Le premier scénario permet de s’appuyer sur l’acquis en prolongeant la durée de vie des installations existantes et en remplaçant chaque réacteur par un nouveau. Mais « cet immobilisme nous fragiliserait », lâche Christian Bataille, député PS du Nord. Un accident grave entraînera un arrêt en chaîne de l’ensemble des réacteurs français qui reposent tous sur la même technologie.

La deuxième proposition qui consiste de sortir de nucléaire à l’échelle d’un ou deux mandats présidentiels entraînera la perte de 450 TWh de production sur les 500 en France. Ceci entraînerait des restrictions de consommation et des importations massives de gaz et d’électricité. Il faudra construire 63 GW de centrale thermique, un investissement de 60 milliards d’euros.

30% DU MIX ÉNERGÉTIQUE à la fin du siècle

Par ailleurs, les émissions de CO2 en France seraient doublées. Aujourd’hui, elle se situe à 90 grammes de CO2 / kWh (303 grammes de CO2 au Danemark, 430 grammes en Allemagne). À ce sujet, le député Christian Bataille pointe du doigt l’exemple allemand : « Le pays arrête son nucléaire, mais ce n’est pas le royaume des énergies renouvelables, c’est celui du gaz et des énergies fossiles. La France, quant à elle, est sortie des énergies fossiles. »

Le troisième scénario, préconisé par les membres de l’OPECST, consiste à accompagner l’essor des énergies renouvelable et leur indispensable pendant le stockage de l’énergie. Pour cela, il faut remplacer un réacteur sur deux en fin de vie. Ces remplacements se feraient au bénéfice de modèles EPR. Selon ce modèle, la part de l’électricité nucléaire serait de 66 % en 2036 avec un par c de 20 EPR et de 50 % en 2052 avec 30 EPR.

Au-delà, de cette date, les réacteurs de troisième génération pourraient laisser la place au modèle de quatrième génération dont un démonstrateur industriel, baptisé Astrid, est en cours de développement en France. Les députés se permettent d’aller alors jusqu’à la fin du siècle où le nucléaire atteindrait 30 % du mix énergétique et où l’on pourrait espérer voir l’émergence de technologie de rupture comme la fusion à nucléaire, l’hydrogène ou le photovoltaïque à très haut rendement…

Au-delà de cette nouvelle proposition de scénario de mix énergétique français qui ne correspond ni à la vision UMP, ni à celle PS, ni à celle d’EELV, cette proposition de l’OPCEST montre que Fukushima a réellement fait bouger les lignes dogmatiques. L’OPCEST n’avait jamais jusqu’alors milité pour une baisse de la part du nucléaire. Au contraire, cette énergie était mise en avant sous réserve d’un important effort de transparence et de l’existence d’une autorité de sûreté nucléaire (ASN) puissante et réellement indépendante.

L’analyse de Guillaume Mallaurie 

http://planete.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/12/15/la-contre-offensive-des-partisans-du-nucleaire.html

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