Le gouvernement japonais mis en cause pour Fukushima

Injecter de l’eau plus tôt dans les réacteurs aurait permis de limiter la fusion du combustible, les rejets radioactifs et les émissions d’hydrogène qui ont fini par faire sauter les bâtiments, estime le rapport. La libre.be AP 26/12/2011

Impréparation, puis mauvaise gestion de la crise: un rapport d’étape publié lundi par un groupe d’experts japonais met en cause l’exploitant de la centrale de Fukushima, Tokyo Electric Power (Tepco) mais aussi le gouvernement après l’accident nucléaire de mars dernier.

Selon ce rapport intermédiaire de 507 pages, établi après des entretiens avec plus de 400 intervenants, les autorités japonaises avaient largement sous-estimé les risques de tsunami, et tablé sur des vagues ne dépassant pas six mètres de hauteur. Le mur d’eau qui a balayé les côtes nord-est du Japon le 11 mars dernier, après un séisme de magnitude 9, mesurait en fait plus du double par endroits.

D’après les experts de la commission d’enquête présidée par Yotaro Hatamura, le gouvernement japonais a tenté d’échapper à ses responsabilités en affirmant que le raz-de-marée dépassait toutes les prévisions. Cet accident, précisément, « nous a appris une leçon importante, c’est qu’il faut être prêt pour l’inimaginable », soulignent-ils.

Quant aux techniciens de Tepco, ils n’étaient pas formés à faire face à la situation, relèvent les experts. Le tsunami a mis hors service les systèmes de refroidissement de la centrale, provoquant la fonte du combustible dans trois réacteurs, et le plus grave accident nucléaire depuis Tchernobyl en 1986.

Les exploitants, poursuit le rapport, ne s’attendaient pas à une panne complète et simultanée de l’alimentation électrique -les générateurs de secours, noyés, n’ont pas pris le relais. Pendant plusieurs heures, pourtant, les techniciens ont été convaincus du contraire alors que la température grimpait en flèche au sein des réacteurs. D’après les experts, l’ampleur du tsunami rendait l’accident inévitable.

Mais injecter de l’eau plus tôt dans les réacteurs aurait permis de limiter la fusion du combustible, les rejets radioactifs et les émissions d’hydrogène qui ont fini par faire sauter les bâtiments, estime le rapport.

La communication a été de surcroît mauvaise, entre les techniciens eux-mêmes et avec les autorités. Celles-ci ont tardé à révéler la gravité de la situation et évacuer les habitants des zones touchées, déplorent les experts dont le rapport définitif doit être publié d’ici la mi-2012.

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