Sortir du nucléaire en un an, c’est possible. La preuve, le Japon le fait !

Traumatisé par l’accident de Fukushima, le Japon voit son parc de réacteurs nucléaires s’éteindre progressivement. L’arrêt total pourrait être atteint en avril 2012. Le pays perdrait un tiers de sa capacité de production électrique . Une leçon qui fait réfléchir en France. Hervé Nathan, Marianne 28/12/2011

 On connait les débats qui opposent les théologiens sur le sexe des anges. Jamais tranché, jusqu’à ce que le réel s’impose : les anges n’existent pas, donc n’ont pas de sexe ! 
En France la dernière cause qui confine au religieux, c’est le nucléaire civil. Il y a les croyants, qui tonnent « on ne sortira jamais du nucléaire, c’est impossible », et les iconoclastes, qui souhaitent au contraire casser l’idole atomique. Et puis il y a le réel. On le trouve en allant écouter la conférence de presse de l’Office parlementaire d’études des choix scientifiques et technologiques (Opesct ).
Cette commission positiviste bicamérale (Sénat et Assemblée) et transpartisane (PS, PC, UMP et même un Vert s’y cotoient) est plutôt acquise à la cause du nucléaire.
N’empêche qu’elle a les pieds sur terre.  Son vice-président, le socialiste Christian Bataille qui a récemment fait un voyage d’études au Japon, confie aux journalistes, que ce grand pays technologique, victime d’un tremblement de terre et d’un tsunami en mars 2011 est en train de sortir du nucléaire. 

Pour une raison simple : « 46 réacteurs, sur les 54 que compte le Japon, sont à l’arrêt. Ils sont soumis à des inspections à la suite du séisme de forte magnitude, qui les a secoués et à l’accident de Fukushima ». Et dans le climat politique qui suit le désastre de la centrale de TEPCO, aucune autorité ne serait en mesure de déclarer un réacteur apte à reprendre la production. Pire, « au mois de mars et avril, les huit réacteurs restant seront mis à l’arrêt pour subir les inspections obligatoires ».
A entendre les membres de l’OPESCT, un doute existe sur la possibilité, là encore, de voir un jour ces centrales redémarrer. Les Japonais seraient donc en passe de supprimer, en un an, un tiers de leur production électrique. Ce que les Allemands veulent faire en 10 ans au minimum…  
« J’ai rencontré les membres du Medef japonais. Ils substituent des économies d’énergies et des importations massives de gaz liquéfié », explique Christian Bataille. Et de plaisanter à moitié : « Les industriels électro-intensifs envisagent de quitter le Japon. Je leur ai suggéré qu’ils recevraient un bon accueil en France… »

Conclusion de Christian Bataille, pourtant farouche partisan de l’atome civil, à l’intention des pouvoirs publics français : « Le nucléaire est fragile et on se rend compte qu’un accident grave peut contraindre à la fermeture de tout le parc, puisque comme au Japon, nous utilisons la même technologie pour nos réacteurs »… Or le nucléaire français, c’est 75% de la prodcution électrique. Son arrêt total et subit serait absolument ingérable.

Du coup l’Opesct, dans le but de réduire les conséquences engendrées par un scénario « à la japonaise » en France, préconise de  pousser sur les économies d’énergie et de réduire graduellement la taille du parc électro-nucléaire français, pour qu’il ne représente à terme (en 2050…) que 40% de la production d’électricité.
Ce scénario a un avantage pour les pro nucléaires : permettre de construire quand même une vingtaine de réacteur EPR dans le temps imparti (chaque EPR remplacerait 2 réacteurs plus anciens) et de « boucler » avec la quatrième génération de centrales – dite à neutrons rapides – qui devraient être opérationnelles à cette échéance. Joli scénario.

Et si demain on devait se priver du  vin du bordelais?….

A moins qu’une catastrophe vienne tout mettre par terre. Comme celle que, fine mouche, Cécile Duflot, secrétaire générale des Verts, a commencé à agiter sur les plateaux de télévision. « Imaginez qu’une catastrophe ait lieu à la centrale du Blayais. Est-ce que l’on se rend compte du coût économique que représenterait la perte du vignoble du bordelais, au milieu de la laquelle se trouve la centrale ? »interroge-t-elle. C’est plus intelligent que d’agiter le spectre de la mort atomique comme le font d’habitude les écolos béats. Et plus réaliste aussi. Pour l’heure,  on estime que TEPCO, l’exploitant de Fukushima, devra verser plus de 42 milliards d’euros d’ici 2013, pour indemniser les dommages extérieurs à la centrale. Ça ferait réfléchir plus d’un politique ?
Jeudi pense que la menace d’une contamination radioactive des vignobles peut devenir rapidement un argument choc pour remettre les idées en place… Que n’y avait il pas pensé avant , lui qui cherche toujours les arguments solides, sanitaires et économiques…. 
Publicités

Une réflexion sur “Sortir du nucléaire en un an, c’est possible. La preuve, le Japon le fait !

  1. Même si je suis d’accord avec l’idée je trouve le titre assez optimiste car les centrales sont à l’arrêt pour inspection mais rien ne dit qu’elles ne seront pas remises en service plus tard.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s