Protéger les très jeunes filles des faibles doses, l’avis d’A. Gundersen (maj)

Dans un échantillon humain soumis à une agression radiologique, si 100 femmes + enfants meurent à terme d’un cancer radio-induit, alors seuls 21 hommes subiront le même sort. 

Le point de vue d’Arnie Gundersen 

Deux  graphiques éclairent l’aberration de la « dose unique de 100 mSv/vie entière »

Les experts (pro-nucléaires) Japonais assemblés récemment pour discuter des conséquences sanitaires de l’accident de Fukushima n’ont cessé de marteler qu’en dessous de 100 mSv d’exposition un humain ne court aucun danger, c’est plus fort que nous, le message ne passe pas. Une nouvelle illustration nous est fournie par l’étude des modèles BEIR VII phase 2 qui prouvent que les populations ne courent pas les mêmes risques face à un cancer mortel radio-induit : dans un échantillon humain soumis à une agression radiologique, si 100 femmes + enfants meurent à terme d’un cancer radio-induit, alors seuls 21 hommes subiront le même sort.

Les très jeunes filles sont en fait les plus exposées : à exposition égale de 20 mSv, un nouveau-né de sexe femelle courra environ 7 fois plus de risque de mourir d’un cancer qu’un homme de 60 ans :

Prétendre que les classes d’âge et le sexe n’ont rien à voir avec l’aspect sanitaire de la contamination au Japon et qu’une limite unique « magique » de 100 mSv s’applique à tous de manière uniforme me semble de plus en plus approcher le fond de la désinformation. Le fait que les études BEIR / 2 prennent en considération une exposition de 20 mSv tend d’ailleurs à prouver que cette dose n’est pas anodine, encore moins pour des nouveaux-nés de sexe femelle dont la probabilité de mort par cancer radio-induit monte à 0.0035 soit 0.35% ou encore 35 décès sur une échantillon de 10000 individus concernés par cette exposition 5 fois inférieure à la limite de « sécurité » Japonaise. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Source primaire : Goddard’s Journal (Anglais) qui a pris le temps de compiler les données scientifiques complexes en graphiques clairs et lisibles, Cette Video est incluse dans la video d’Arnie Gundersen ci dessous

Sources secondaires :

Lifetime risk of cancer Incidence Age at exposure, National Academies Press, 2006
Health Risk from Exposure to Low-Level Ionizing Radiation, NPA, 2006
EPA Radiogenic Cancer Risk Model, EPA, 2011

Le point de vue d’Arnie Gundersen

Radiations ionisantes risques génétiques et embryonnaires

Par jeep le dimanche, décembre 18 2011 – Moldus –
Notes de lecture:

in Tchernobyl, déni passé, menace future de Marc Molitor Ed Racine RTBF, avril 2011, ISBN 978-2-87386-715-7, p271

Annexe 5

L’AFCN (Agence Fédérale Belge de Contrôle Nucléaire) publie les résultats du séminaire « Ionizing radiation, genetic and embryonic risk: Chernobyl data and new insights » qu’elle a organisé le 21 avril 2006.

Beaucoup d’informations contradictoires circulent actuellement à propos des conséquences sanitaires de l’accident nucléaire survenu il y a 20 ans à Tchernobyl. Parmi les points suscitant débat, il y a la question de savoir si, oui ou non, les irradiations et contaminations radioactives provoquées par l’accident ont été – ou sont encore actuellement – responsables d’une augmentation de la fréquence des malformations congénitales dans les populations exposées, particulièrement dans les zones les plus touchées de Biélorussie, d’Ukraine et de Russie. Une autre question essentielle porte sur l’existence ou non d’effets héréditaires dans la (les) génération(s) suivante(s), suite à l’exposition aux radiations ionisantes des cellules reproductrices des parents.

Vu l’importance de l’enjeu et en vue de faire la clarté sur ces questions, sur des bases scientifiques solides, l’Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN) a organisé à Bruxelles, ce 21 avril 2006, en collaboration avec le Centre d’étude de l’énergie nucléaire de Mol (SCK.CEN), un séminaire scientifique de haut niveau. Les meilleurs spécialistes internationaux en ces matières ont présenté, devant un public de près de 200 participants, l’état des connaissances scientifiques actuelles sur les risques génétiques et embryonnaires de l’exposition aux radiations ionisantes. L’AFCN a également invité des scientifiques biélorusses, dont certains sont parfois contestés, à venir présenter, en toute indépendance, les observations réalisées dans leur pays.

Concernant les malformations congénitales, les nouvelles données en provenance du Belarus jettent un éclairage nouveau. Grâce à l’existence d’un registre national, il était connu depuis plusieurs années que la fréquence des malformations était en augmentation dans ce pays, mais jusqu’ici cette augmentation ne semblait pas plus importante dans les régions fortement contaminées que dans les autres, ce qui amenait à rechercher d’autres explications, telles que l’appauvrissement des populations ou des modifications dans l’alimentation. Une analyse plus fine des données, reposant sur un découpage géographique à plus petite échelle, représentant mieux les différences de contamination du sol, fait à présent clairement apparaître un pic de malformations congénitales dans les zones les plus contaminées.

Qu’en est-il des effets héréditaires qui auraient pu être provoqués par l’accident ? Même si de nombreuses études animales ont clairement montré que les radiations ionisantes provoquent des mutations dans les cellules reproductrices, il est difficile de mettre en évidence ces mutations chez les descendants des survivants des bombardements atomiques à Hiroshima et Nagasaki. Il est donc particulièrement intéressant de noter que des mutations radio-induites sont cette fois bel et bien apparentes dans le génome des enfants dont les parents ont été irradiés en Biélorussie et en Ukraine. Les éventuelles conséquences de ces mutations sur la santé de ces enfants sont encore mal connues.

Le séminaire a également permis de faire le point sur les derniers développements des recherches en radiobiologie. Un des éléments marquants est que, contrairement à ce qu’on pensait, l’irradiation de tout jeunes embryons (d’un ou quelques jours seulement) est capable de provoquer des malformations congénitales, particulièrement chez des individus porteurs de certaines prédispositions génétiques.

D’une façon générale, les résultats des recherches témoignent de l’incroyable complexité des mécanismes génétiques qui se déroulent dans nos cellules. De nouveaux phénomènes sont observés, tels que la mutagenèse « transgénérationnelle », c’est-à-dire l’induction de nouvelles mutations apparaissant plus d’une génération après l’exposition aux radiations ionisantes, ou encore la radio-induction, à faible dose, chez l’embryon de changements dans l’expression des gènes, pouvant être à l’origine de problèmes de santé plus tard dans la vie. De nombreuses incertitudes persistent donc – et même augmentent -, en particulier en ce qui concerne les risques de l’irradiation des embryons et les effets héréditaires à long terme de l’irradiation des populations.

Deux conclusions s’imposent.

  • La première est que, contrairement aux tendances actuelles, il faut maintenir l’effort de recherche dans ces domaines et se garder d’émettre des jugements prématurés sur les effets possibles de l’accident de Tchernobyl.
  • La seconde est qu’il convient de rester très prudent et de limiter au maximum l’exposition des embryons et des cellules reproductrices des parents potentiels dans toutes les situations (médicales, professionnelles ou environnementales) où la population ou les travailleurs courent un risque accru d’exposition aux radiations ionisantes.
Voir également articles en lien avec l’étude du Professeur Viel sur  l’usine de la Hague

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