Nucléaire : l’accord PS-Europe Ecologie déjà caduc ?

François Hollande et son entourage ne parlent plus de fermer 24 réacteurs nucléaires, comme le promettait le contrat de mandature signé en novembre avec leurs alliés écologistes. Challenges 12-03-2012 Par Jérôme Lefilliâtre

Souvenez-vous. C’était le 15 novembre dernier. Le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts signaient un « contrat de mandature » dont les points forts étaient la réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique de 75 à 50%, en même temps que la fermeture de 24 des 58 réacteurs en fonctionnement dans le pays.

Quatre mois plus tard, François Hollande fait toujours la course en tête dans les sondages, et Eva Jolyest tombée aux oubliettes des études d’opinion. Résultat: le PS semble moins enclin aux concessions avec son allié sur le thème du nucléaire.

Ainsi, dans Les Echos datés du lundi 12 mars, François Brottes, le conseiller énergie du candidat socialiste, prend ses distances avec le contrat de mandature. « François Hollande s’est exprimé clairement: il propose la fermeture de Fessenheim dans le premier quinquennat et la réalisation de l’EPR de Flamanville. C’est le lancement de la trajectoire. Mais on ne peut pas décréter a priori des fermetures (de réacteurs). Il faudra faire le point année après année, en fonction de la montée en puissance des solutions alternatives y compris les économies d’énergie. »Autrement dit, la promesse de 24 fermetures de réacteurs nucléaires est obsolète. Seule la fin de Fessenheim, la plus vieille centrale de France, est actée: elle aura lieu « dans le quinquennat. (…) C’est un sujet qui doit être traité sérieusement, techniquement et socialement. Donc, ça prend un peu de temps. »

50% sans fermetures de réacteurs ?

En revanche, la diminution de la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50% d’ici 2025 reste d’actualité. « Cette trajectoire va s’appuyer sur plusieurs leviers. Le premier est l’efficacité énergétique (…). Le deuxième est le développement des énergies renouvelables, dont le poids reste encore très marginal dans notre production d’électricité », explique François Brottes, qui appelle également à une « prise de conscience forte dans le cadre du grand débat sur la transition énergétique ».

De fait, à mesure que la candidate écologiste s’enfonce dans les sondages, la position du PS semble de plus en plus converger avec celle d’EDF. Avant la signature de l’accord de mandature le 15 novembre, alors que François Hollande évoquait déjà le chiffre de 50%, Henri Proglio confiait à Challenges qu’il était possible de parvenir à ce chiffre sans fermer la moindre centrale. « Avec une croissance de la demande d’électricité de 2% par an, le tour est joué », expliquait alors le PDG d’EDF. L’électricien aurait-il été entendu du côté de l’avenue de Ségur, où se trouve le QG de campagne de François Hollande?

A François Brottes Les Echos demandent d’ailleurs ce qu’il reste de l’accord entre le PS et Les Verts. Réponse du Monsieur Energie du candidat socialiste: « Je vous parle du projet de François Hollande, qui a la volonté d’être le président de tous les Français. Son projet, qui prend naturellement sa source dans l’accord PS-Verts, engage le pays dans une trajectoire avec un certain nombre d’actes posés. » Parmi lesquels ne figure plus la fermeture de 24 réacteurs. Si François Hollande a puisé dans la source du contrat de mandature, il a bien pris soin de ne pas y plonger tout entier. 

 
Jérôme Lefilliâtre    Par Jérôme Lefilliâtre
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s