Qui va dépolluer les anciennes mines d’uranium bretonnes?

Comment Areva gère-t-elle ces sites exploités jusqu’en 1984 en Bretagne ? Élus locaux et représentants d’associations devraient en savoir plus ce jeudi, lors d’une réunion à Vannes. Repères. Ouest France 01/03/2012

Où sont les anciennes mines d’uranium en Bretagne ?

Vingt-deux sites ont été exploités en Bretagne, entre 1956 et 1984 (voir infographie). Les travaux miniers ont été largement souterrains. Dans certains sites, toutefois, l’uranium a été extrait à ciel ouvert. C’est le cas à Bubry (sites de Keryacunff et Ty Gallen), Persquen (Prat Merien) et Meslan (Rosglas).

Les sites bretons sont-ils décontaminés ?

La Criirad (commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) avait réalisé des mesures en 2008. Elles montraient « des flux de rayonnement gamma 10 à 20 fois supérieurs au niveau naturel », près de trois anciennes mines, à Lignol, Berné et Meslan. Depuis 1991, c’est Areva, le numéro un mondial du nucléaire, qui est chargé de la surveillance et du suivi de ces sites.

Un porte-parole de l’entreprise assure : « Nous avons fait un certain nombre de réaménagements sur les sites bretons ». Les chantiers souterrains ont-ils été remblayés ? Les mines à ciel ouvert ont-elles été vidées ? « Nous examinons, au cas par cas. »

Pourquoi un bilan de fonctionnement ?

Une circulaire de juillet 2009 demandait à Areva de réaliser des « bilans de fonctionnement »pour les sites ayant accueilli des usines de traitement. Attendu depuis avril 2011, il sera présenté aujourd’hui dans le cadre d’une commission locale d’information et de surveillance à la préfecture du Morbihan, à Vannes. Cette réunion, fermée à la presse, regroupe élus et représentants d’associations locales, dont Roz glas, qui rappelle qu’« à partir de 2018, date de la fin des concessions à Areva, ce sera aux propriétaires privés ou aux maires de dépolluer ces sites. »

Que craignent ces associations ?

L’association Roz glas et la Criirad demandent « une signalisation urgente des sites miniers ouverts au public et une décontamination dans les plus brefs délais ». Elles craignent que « la réunion fasse gagner du temps à Areva, sans faire bouger les choses », et déplorent «linertie des services officiels et leur manquement aux missions de protection de la population ». De son côté, la préfecture du Morbihan indique que « toutes les interrogations soulevées lors de ce comité seront transmises à Areva pour compléments d’information ou études supplémentaires. Le processus reprendra après la tenue de ce comité et une information vers les médias sera programmée. »

Angélique CLÉRET.

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