Iori Mochizuki nous parle de l’état mental des japonais…Triste.

Derrière le fait que la plupart des japonais n’ont toujours pas évacué, existe l’attitude mentale de vouloir mourir. Cela me désespère. Iori Mochizuki de Fukushima Diary avec la traduction d’Helios du Bistro Bar Blog

Je suis blogueur, je passe plus de 10 heures sur internet pour chercher des informations de valeur. J’ai noté récemment que de plus en plus de gens acceptent leur destinée.

En gros, plus de 30% des utilisateurs d’internet ont abandonné l’idée de vivre longtemps. Il semble que cette proportion augmente régulièrement.

Ce n’est pas la mentalité Harakiri ou Kamikaze. C’est de la résignation.
Je veux dire qu’environ la moitié des usagers d’internet sont conscients des risques au sujet des radiations. Pour les 50 autres pour cent, je devine:

60% pensent qu’un cancer est le seul risque
35% connaissent une variété de symptômes

5% pleinement conscients ont évacué, en avertissant ceux qui restent

Pour les deux premières catégories, 60% (ou plus) des gens déclarent qu’ils n’ont pas envie de vivre longtemps. 

Ils n’ont pas l’intention de faire du mal aux autres ou d’empêcher les autres d’évacuer. Ils sont au contraire très obligeants et très polis. Pourtant ils déclarent qu’ils mourront au Japon.

Cette étrange mentalité provient de deux manières de penser :

1. Au Japon, la combativité est considérée comme moche. Ne rien vouloir, l’état de nirvana est vu comme idéal.
2. L’esprit de groupe.

Pour le 1, bien sûr qu’ils ne sont/n’étaient pas dans un état de nirvana. Ils essaient de penser qu’ils sont dans un état de nirvana et s’agrippent à la dernière bouée de sauvetage pour ne pas succomber à la panique. Ils essaient intentionnellement de ne pas penser à ce qu’il va se passer pour eux. Ils sont même parfois centrés sur eux-mêmes.

Pour le 2, ils imaginent probablement la scène quand ils seront hospitalisés et que leur famille et amis seront heureusement dans la même pièce et qu’ils mourront sans souffrances avec le sourire.
Derrière cette mentalité, ils ont un sentiment  »d’impuissance ».

Ils doivent gérer de nombreux problèmes, prendre soin de leurs vieux parents, de leurs animaux, rembourser leurs prêts, le crédit de la voiture, élever leurs enfants. Évacuer signifie perdre leur boulot.
Il existe sûrement des solutions pour tous ces problèmes. (je ne les écris pas parce que ce serait trop long). Il faut pourtant du temps et de l’énergie pour les résoudre. Ils vont également se sentir gênés.
Ils possèdent parfois également des biens et un statut social. 

Ils ne se donnent pas les moyens, ne veulent pas perdre ce qu’ils possèdent, ils pensent donc que se transformer en momie est plus romantique.

La raison pour laquelle ils ne se donnent pas les moyens de répondre au défi est parce qu’ils étaient déjà épuisés bien avant même le 11 mars.

Derrière le sentiment d’impuissance, il y a l’état d’esprit nommé  »tendances suicidaires ».
Même avant le 11 mars, le Japon souffrait d’un sentiment de stagnation. Longue récession, diminution du nombre d’emplois, éveil de la Chine, retraites diminuées.

Les gens entre 20 et 30 ans ne pouvaient trouver l’espoir de vivre, ils étaient fatigués de leur quotidien.

On pense que le Japon a moins de hiérarchie sociale, mais le système des séniors laisse les gens dans la cinquantaine dominer presque tout le pouvoir et les jeunes générations ont moins leur chance.
Chaque année, plus de 30.000 personnes se suicident. (certains disent qu’aujourd’hui ce serait 100.000)

Pour certains japonais, le suicide est la seule liberté.

Cette mentalité se voit chez les deux sexes. Pourtant, quand le porteur de cette mentalité est un mari/père de famille, les enfants et l’épouse sont poussés au danger. Dans le cas où les deux parents ont du travail, les deux parents peuvent partager cette mentalité.

Jusqu’à la fin 2011, il semblait y avoir des conflits entre les porteurs et les non-porteurs de cette mentalité mais depuis le début de 2012, les non-porteurs commencent à être infectés par cette mentalité.

Dans l’univers du monde d’internet, la tranche japonaise commence à ressentir le sens de la démission.

Pendant ce temps, 

5.52 microsieverts/heure à 200 mètres du réacteur 4 de Tchernobyl. Pendant ce temps au Japon, c’est 8.02 microsieverts/heure à Fukushima et tout le monde sourit à la technologie de la boîte dosimètre…

 
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