Nucléaire : Les engagements des candidats à l’Élysée

Le débat sur le nucléaire a fait son retour sur le devant de la scène politique depuis l’accident de Fukushima en mars 2011 au Japon.  Les candidats à la présidentielle sont divisés sur l’avenir du nucléaire. Soutien inconditionnel, abandon total ou réduction progressive, chacun d’entre eux ont émis des engagements. Décryptage. Actu France-Soir 11 04 2012 (Avec AFP)

Le nucléaire, pomme de discorde des candidats à l’Elysée. Soutien inconditionnel au nucléaire, réduction progressive de la part de l’atome dans la production électrique, abandon complet… Les candidats à la présidentielle sont divisés sur l’avenir des centrales françaises. Depuis la catastrophe nucléaire du Fukushima, au Japon, la question de la poursuite de la production d’énergie nucléaire en France fait débat. Alors, stop ou encore ?

Les défenseurs de l’atome
Le candidat UMP Nicolas Sarkozy voit dans l’énergie nucléaire une garantie d’ « indépendance énergétique » et de facturation moins lourdes. Le candidat de l’UMP a choisi de placer résolument sa campagne sur le terrain de l’emploi. Il est favorable à la poursuite du chantier de l’EPR à Flamanville mais aussi, selon le ministre de l’Industrie Éric Besson à la prolongation de la durée de vie du parc nucléaire au-delà de 40 ans.

Jacques Cheminade (Solidarités et Progrès) est sur la même ligne. Il estime que la centrale de Fessenheim, dans le Haut-Rhin, doyenne des centrales mise en service en 1977, peut tout à fait fonctionner jusqu’à 60 ans.

La candidate FN Marine Le Pen estime pour sa part qu’il faut « conserver l’énergie nucléaire à moyen terme » et envisage de « nouveaux réacteurs pour maintenir l’indépendance énergétique » et limiter les émissions de gaz à effet de serre. Le Front national considère néanmoins « souhaitable » une sortie du nucléaire, mais « à long terme ».

Les partisans d’une transition écologique
Le candidat PS François Hollande s’engage à réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité « à l’horizon 2025 », à savoir « exactement le même effort que les Allemands qui vont passer de 22% à 0% en quinze ans ». L’accord électoral entre le PS et Europe Ecologie Les Verts (EELV) prévoit ainsi la fermeture de 24 des 58 réacteurs. Mais le député de Corrèze ne s’engage fermement que sur celle de Fessenheim (deux réacteurs de 900 MW), tout en confirmant la volonté de poursuivre la construction de l’EPR de Flamanville (un réacteur de 1.650 MW).

Pour François Bayrou (Modem), l’atome reste aussi une indispensable « énergie de transition ». Le candidat à la présidentielle plaide toutefois pour « un développement massif » des énergies renouvelables afin qu’elles assurent 40% de la production électrique en 2030 (pour 15% environ en 2010).

Les pourfendeurs du nucléaire
Eva Joly (EELV) prône un abandon complet du nucléaire en vingt ans, en réduisant la consommation énergétique finale de 15% en 2020. En 2020, les énergies renouvelables devront couvrir au moins 35% de la consommation finale de chaleur et 40% de la consommation finale électrique, selon la candidate EELV. Pour maintenir les emplois, elle préconise « un pôle d’excellence industrielle en matière de gestion des déchets et de démantèlement des centrales ».

Philippe Poutou (NPA) estime « nécessaire et possible » de sortir du nucléaire en 10 ans : « Choisir de dire soit “stop”, soit “encore” au nucléaire est l’un des enjeux de l’élection présidentielle », estime le NPA.

Les adeptes du référendum
Le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon, constatant des divisions au sein de son parti entre communistes et Parti de gauche, en appelle au référendum : « Puisque nous sommes si divisés, il faut que ce soit le seul maître que nous connaissons qui tranche : le peuple », avait-il déclaré en novembre. Depuis ce jour, il a réitéré son appel à « un débat en France sur l’énergie et plus globalement sur la transition énergétique ».

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) avait aussi évoqué l’idée d’un référendum après l’accident de Fukushima, non pas sur la poursuite du nucléaire mais sur la « gestion » du secteur et la poursuite de sa « libéralisation ». Selon lui, « Fukushima montre que l’abandon du secteur au privé conduit à des économies irresponsables au détriment de la sécurité ». Ce dernier prône une « renationalisation » complète d’EDF.

Les sans opinion
Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) se refuse à « simplement mettre en cause des techniques particulières, comme les OGM ou le nucléaire ». La candidate LO estime que « ce ne sont pas les techniques, mais les conditions de leur mise en oeuvre » dans le système économique actuel qui sont « à incriminer ».

Pour rappel, deux tiers des Français estiment qu’un accident nucléaire « aussi grave » que celui de Fukushima pourrait survenir en France et considèrent majoritairement (54%) qu’il est « possible de se passer » de l’atome, selon un sondage CSA publié fin mars par l’ONG écologiste Greenpeace.


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