Les déchets d’Iter stockés sur place pendant 50 ans

Une installation d’entreposage de déchets radioactifs à Cadarache. Énoncée ainsi, l’information n’a évidemment rien d’enthousiasmant. Et c’est précisément pour cela que les Commissions locales d’information (Cli) de Cadarache et d’Iter ont souhaité en savoir plus. Les Commissions locales d’information de Cadarache et d’Iter ont organisé, hier, une réunion sur les déchets tritiés. Les experts se sont succédé pour expliquer les impacts du tritium, élément radioactif que l’on retrouvera dans les déchets. Car si la radioactivité n’est pas systématiquement dangereuse, elle peut néanmoins susciter l’émoi des uns, ou la récupération des autres.  La Provence samedi 02 juin 2012 

Et derrière la présentation de cette future installation, effectuée hier par Jérôme Pamela, directeur de l’Agence Iter France (AIF), c’est évidemment la question de l’éventuelle dangerosité du projet ITER qui pouvait être visée. Car les déchets en question seront des déchets tritiés. Et que le tritium est à la base des expériences sur la fusion nucléaire. C’est précisément la fusion du tritium et du deutérium qui, à terme, pourrait servir de nouvelle source d’énergie.

Après une triple présentation du tritium et notamment du Livre blanc réalisé par l’ASN, Jérôme Pamela a rappelé les grandes lignes d’un projet qui n’en est actuellement qu’à ses prémices. L’installation ne sera en effet pas mise en service avant 2023. Et elle fait partie des engagements de la France dans le cadre de l’accueil du projet Iter sur le territoire national. L’accord international, signé en novembre 2006 stipule que la France « mette en oeuvre des services pour la gestion et l’élimination des déchets radioactifs résultant du fonctionnement d’Iter« . Or la plupart des déchets générés par le projet de recherche ne pourront pas être pris en charge par l’Andra (l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) qu’après décroissance du tritium afin de satisfaire les critères d’acceptation de l’agence. D’où la nécessité d’un entreposage provisoire. « La prise en charge de ces déchets doit donc se faire dans le cadre d’une filière incluant un entreposage de décroissance du tritium avant stockage définitif dans les centres de l’Andra« , a expliqué le directeur d’AIF. Rappelant au passage que le cycle du tritium n’est « que » de 12,3 ans !

Ce qui signifie que la radioactivité est divisée par deux, tous les 12,3 ans. C’est peu et on est évidemment à des années lumières des cycles de l’uranium ou du plutonium… Concrètement, à notre échelle, cela implique que l’entreposage provisoire ne durerait « que » 50 ans… On touche d’ailleurs là aux spécificités de cet isotope de l’hydrogène : faiblement radioactif mais extrêmement mobile et donc difficile à confiner.

Le CEA doit donc mettre à disposition une installation capable de recevoir ces déchets : il sera maître d’ouvrage pour la construction et exploitant nucléaire. L’ASN a demandé que cette installation soit disponible avant le démarrage de la phase d’exploitation nucléaire, d’où la date de 2023. Elle accueillera deux types de déchets : ceux issus de l’exploitation d’Iter dans un premier temps. Puis, dans un second temps, les déchets liés au démantèlement de l’installation. Soit un total de 2 460 m³.

Reste aujourd’hui à définir le lieu précis sur lequel sera construite cette installation. Le choix de Cadarache permettrait de minimiser les transports, même si la solution d’un transfert vers le centre de Marcoule a également été envisagée. Le but est aujourd’hui de trouver le meilleur site en prenant en compte l’accès, la géologie, l’impact environnemental et, bien sûr, point désormais crucial dans le projet, le coût.

Damien FROSSARD

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