Les Japonais très mécontents de la politique nucléaire de leur gouvernement

L’inquiétude persiste sur la situation à la centrale de Fukushima mais le gouvernement japonais fait tout pour relancer deux réacteurs du site d’Oi (département de Fukui). Officiellement, il veut éviter tout risque de rupture d’approvisionnement en électricité dans la région du Kansai (ouest), approvisionnée en partie par cette centrale. Certains voient dans sa précipitation la volonté d’amorcer le redémarrage des 50 réacteurs nippons – les quatre endommagés de Fukushima ont été officiellement retirés du service , tous arrêtés depuis le 5 mai. Le Monde 8 juin 2012 Tokyo Correspondance

Ces efforts soulèvent de vives réactions, d’autant que le département de Fukui est, comme le reste du Japon, soumis à un fort risque sismique. Les conclusions de l’enquête sur la catastrophe de Fukushima ne sont pas encore connues et les nouvelles normes de sûreté nucléaire toujours pas fixées.

Le 6 juin, 3 000 personnes ont défilé dans Tokyo contre la relance des réacteurs, en présence du Prix Nobel de littérature Kenzaburo Oé. Il a rappelé que la catastrophe de Fukushima avait mis en évidence la menace représentée par cette source d’énergie, qui  » ne peut que provoquer d’importants dégâts et notre chute « .

Le même jour, les hibakushas, les victimes des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, ont adressé un appel au gouvernement pour qu’il renonce à redémarrer les réacteurs d’Oi et qu’il abandonne le nucléaire.

Ils ont déploré que la nouvelle instance de régulation, qui devait débuter ses travaux le 1er avril, n’existe toujours pas, même si un accord conclu le 5 juin entre majorité et opposition pourrait permettre sa mise en place en août 2012. Autre regret deshibakushas, l’absence d’une étude d’impact en cas d’accident à la centrale d’Oi.

Plus généralement, les résultats d’un sondage réalisé par le Pew Research Center basé à Washington montrent que 70 % des Japonais souhaitent voir le Japon réduire sa dépendance au nucléaire et que 80 % se disent mécontents de la gestion de la crise par le gouvernement.

Le 18 mai, Heita Kawakatsu, gouverneur du département de Shizuoka – où se trouve la centrale de Hamaoka considérée comme l’une des plus dangereuses du Japon en raison de son positionnement dans une zone à fort risque sismique -, a déclaré à l’ambassadeur des Etats-Unis au Japon, John Roos, qu’en cas de problème similaire à celui de Fukushima, il ferait directement appel aux forces armées américaines.

Ph. Me.

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