Sous la ligne THT Cotentin-Maine à… bicyclette

Jusqu’au 21 juin, une douzaine de cyclistes anti-THT relient Beaulieu-sur-Oudon, dans la Mayenne, au village du Chefresne dans la Manche, à la rencontre de riverains à la fois résignés et révoltés. Debriefing à mi-chemin avec ces jeunes militants anonymes. La Manche Libre 19 juin 2012

Sous la ligne THT Cotentin-Maine à... bicyclette

Ils se croisent et se regardent en chiens de faïence. Entre les militants THT et les forces de l’ordre, le moindre faux pas risque à tout moment de tourner au vinaigre. Partie dimanche de Beaulieu-sur-Oudon (53) pour rejoindre jeudi le petit village du Chefresne, devenu le haut-lieu de la résistance contre la ligne 400 000 volts Cotentin-Maine, la randonnée-vélo du collectif anti-THT n’est pas vue d’un bon œil dans les préfectures de la Mayenne et de la Manche. « Un hélicoptère nous a suivi durant toute la première journée », raconte Mélanie Dufour, jeune militante de l’Assemblée du Chefresne, lors de la pause-déjeuner de la troisième étape, mardi 19 juin à Buais (Manche). 
Mélanie Dufour, un nom d’emprunt pour brouiller les pistes de la gendarmerie. « Si l’un de nous se met en avant, il sera considéré comme porte-parole et donc susceptible d’être arrêté », explique une autre participante. La méfiance est donc de mise parmi la douzaine de cyclistes réguliers.

Avec ou sans pylônes, « la lutte n’est pas finie »

Une vigilance qui ne les empêche pas d’aller à la rencontre des habitants directement concernés par l’implantation de la ligne très haute tension. « Beaucoup n’ont pas encore signé avec RTE et sont toujours en cours de procédure », assure un jeune homme, lunettes noires sur les yeux. 
Sur leur route, les opposants à la ligne rencontrent « beaucoup de désespoir et de résignation ». Les premiers pylônes sortis de terre ont eu raison de nombreux riverains. « Ils ne savent plus comment s’y prendre face au rouleau-compresseur RTE », poursuit le militant. « Mais ils se disent révoltés contre ce déni de démocratie ».

« La lutte n’est pas finie », s’efforcent de leur répéter les membres du collectif. « D’autres projets ont été abandonnés alors même que le chantier avait démarré », rappelle Mélanie Dufour, prenant en exemple la centrale SuperPhénix. Des précédents et des combats passés sur lesquels les cyclistes résistants s’appuient pour alerter la population et la ressaisir. Le soir, invités chez des habitants acquis à leur cause, ils organisent des débats et des projections de films.
Vendredi, le peloton anti-THT rejoindra quelque 600 autres militants attendus au Chefresne pour un grand week-end de résistance. « La météo gendarmesque prévoit des averses de RG, des pluies fréquentes de gendarmes, voire des orages de gardes mobiles », ironisent les cyclistes anonymes, prêts poursuivre ce petit jeu du chat et de la souris.

Publié par A.P le 19/06/2012 à 17h46

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