Dissuasion française : le débat escamoté

 Le 19 juin, Michel Rocard a déclaré que si on voulait réduire le déficit budgétaire, on pouvait la « supprimer » purement et simplement, que les « 16 milliards » qu’elle coûte, selon lui, chaque année, « ne servent absolument à rien ». Même s’il les a corrigés par la suite, les propos de l’ancien Premier ministre, lui-même fils de l’un des concepteurs de l’arme nucléaire française, ont suscité une levée de boucliers.

D’abord parce que ses chiffres étaient faux. La dissuasion coûte entre 3 et 4 milliards d’euros par an – et non 16. Surtout, parce que, à l’exception des écologistes, la force de frappe est considérée comme intouchable par la classe politique française. Article paru dans « le Nouvel Observateur » du 28 juin 2012

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                                         (Michel Rocard)

 

C’est un débat impossible – et pourtant indispensable.

A quoi sert aujourd’hui la force de frappe française ?

…A l’exception des écologistes, la force de frappe est considérée comme intouchable par la classe politique française.

 Mais cette dernière a-t-elle réellement réfléchi à la question ? 

 A l’UMP comme au PS, on vante les vertus de la bombe comme instrument central de la sécurité de la France. « Ce serait une très très grave erreur stratégique que de baisser la garde de la défense française aujourd’hui », a déclaré, indigné, Alain Juppé. «On ne fait pas d’économie sur notre assurance vie », a dit, lui, le ministre de la Défense Jean Yves Le Drian.

 Mais la dissuasion est-elle vraiment indispensable à la sécurité de la France ? L’Allemagne, l’Afrique du Sud ou le Brésil, qui n’en sont pas dotés, sont-ils plus en danger que notre pays ? Le débat n’a pas eu lieu depuis des décennies.

 A droite comme à gauche, on insiste aussi sur l’importance de l’arme nucléaire pour le statut de la France dans le monde. Le patron des députés UMP, Christian Jacob, l’assure :« Ce qui fait que la France pèse sur la scène internationale, c’est qu’elle a la force de dissuasion ». Et le ministre socialiste de la Défense a dit à peu près la même chose, oubliant que, signataire du traité sur la non-prolifération, la France s’est engagée à mener de « bonne foi » des négociations visant au désarmement nucléaire.

 Vincent Jauvert

 

Jean-Yves Le Drian à l’Ile Longue mercredi prochain, par Philippe Chapleau 29/06/12

L’agenda du ministre de la Défense a confirmé ce qui était connu depuis mercredi: Jean-Yves Le Drian se rendra à l’Ile Longue, le 4 juillet dans l’après-midi. La brièveté de la visite (qui se terminera en fin de journée par un point presse) ne semble pas permettre d’autres visites ou rencontres.

L’Ile longue est le point de passage obligatoire des candidats à la Présidence et des ministres de Défense. Dans le cas de la visite de Jean-Yves Le Drian, ce déplacement intervient quelques jours après la « boutade » de Michel Rocard appelant à la suppression de la dissuasion nucléaire.

Paul Quilès, ancien ministre socialiste de la Défense et auteur d’un petit livre sur la dissuasion (cliquer ici pour lire le post que j’ai consacré à ce livre le 23 avril), était venu au secours de Michel Rocard. Quilès avait dénoncé un « mensonge français » autour de la force de dissuasion nucléaire et l' »omerta » qui règne selon lui sur le sujet.

Le chef de l’Etat a réitéré son engagement de conserver les composantes de la force nucléaire française.

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2012/06/29/jean-yves-le-drian-a-l-ile-longue-mercredi-prochain.html

 


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