Les ONG se préparent à la Conférence environnementale

La conférence environnementale promise par François Hollande et prévue en principe en juillet, se tiendra finalement en septembre. La ministre de l’écologie, Delphine Batho, l’a assuré aux huit ONG de défense de l’environnement qu’elle a rencontrées le 27 juin. « Elle sera du même niveau que la conférence sociale qui se réunit les 9 et 10 juillet », a-t-elle annoncé aux responsables des associations reçus au ministère.

La ministre devrait proposer le 10 juillet, lors du Conseil national du développement durable et du suivi du Grenelle de l’environnement (CNDDGE), aux associations, syndicats, représentants du patronat et des élus locaux, une méthode et une organisation pour cette conférence. Différents groupes de travail, sur le mode de la conférence sociale, seront mis en place. Par Rémi Barroux LE MONDE  02.07.2012 

« Il y a une vraie attente de la part des organisations que j’ai rencontrées, a expliqué au Monde Mme Batho. Elles m’ont exprimé leurs inquiétudes au vu des résultats décevants de la conférence mondiale sur l’environnement, Rio+20. » Prudente, elle ne souhaite pas s’exprimer plus avant sur la future politique environnementale du gouvernement avant la déclaration de politique générale du premier ministre, mardi 3 juillet, devant les députés.

UN DOSSIER SENSIBLE POUR LES ONG

Mme Batho fixera alors un cap pour la rencontre de septembre, qui devrait se tenir sur deux jours, qui pourrait être ouverte par le président de la République et qui abordera tous les dossiers du Grenelle de l’environnement. Elle lancera notamment le débat sur la transition énergétique, préparatoire à une conférence qui devrait se tenir en octobre. La ministre veut aussi aborder les questions de gouvernance et de démocratie environnementale – agrément des associations, etc. -, un dossier très sensible pour les ONG.

Celles-ci ont d’ailleurs commencé les grandes manœuvres. Lundi 2 juillet, sept d’entre elles – Ecologie sans frontière, Générations futures, Réseau environnement santé, Robin des toits, Respire, Sea-Shepherd et Green Cross France – ont lancé une nouvelle fédération, le Rassemblement pour la planète.

Ces ONG, qui annoncent déjà le ralliement de nouvelles associations, font toutes le lien entre santé et environnement. Outre le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources naturelles et la chute de la biodiversité qui caractérisent, selon elles, la crise écologique, ces organisations insistent sur la« crise sanitaire ». Combat contre la pollution de l’air et de l’eau, contre les pesticides ou les champs électromagnétiques, lutte pour la biodiversité et la défense des océans, elles sont toutes spécialisées. « Nous voulons mutualiser nos expertises et les exprimer au niveau national », explique Nadine Lauvergeat (Générations futures), première présidente du Rassemblement pour la planète.

LIMITER L’INFLUENCE DE FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT

L’autre objectif, à peine caché, est de contrebalancer l’influence de France nature environnement (FNE). Et d’obtenir du gouvernement une révision du décret sur la représentativité des organisations de défense de l’environnement, qui opère une sélection selon des critères ne permettant l’agrément que des plus importantes d’entre elles.

« Ce décret a été écrit par le cabinet de l’ex-ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet et FNE, dans une stratégie de cogestion, et nous voulons qu’il soit revu », explique Frank Laval, président d’Ecologie sans frontière, en précisant que « le Rassemblement pour la planète sera un contre-pouvoir constructif ». Ces ONG, qui ont combattu le décret avec Greenpeace, WWF, Humanité et Biodiversité, rappellent que Delphine Batho l’avait dénoncé pour le Parti socialiste à l’Assemblée nationale.

Du côté de FNE, la nouvelle fédération est accueillie avec philosophie. « Les thématiques santé et environnement sont complémentaires des nôtres, dit Benoît Hartmann, porte-parole de FNE. Il y a de la place pour tout le monde et l’important est de réussir le rendez-vous sur l’environnement. » Et, selon lui, la conférence sociale de juillet ne doit pas « s’imposer à la conférence environnementale ».

Le nouveau Rassemblement pour la planète, associé entre autres à WWF, à la Fondation Nicolas Hulot et aux Amis de la Terre, a écrit au premier ministre, le 26 juin, pour lui demander d’être présents à la conférence sociale. Sans grand espoir, certains syndicats et le patronat y étant hostiles. « Les enjeux économiques, sociaux, fiscaux autour de l’environnement sont considérables, estime Mme Lauvergeat. Les deux conférences doivent être coordonnées. »

Un élément rassure cependant les ONG, inquiètes de voir une fois de plus l’environnement relégué. « Le volontarisme, voire l’ambition, de la nouvelle ministre devrait empêcher que notre conférence passe sous la table ; si l’environnement doit être son marchepied, profitons-en », confient plusieurs responsables associatifs.

Rémi Barroux

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