Smart Grid Energy: rapport de la Global Smart Grid Federation

Publié en avril dernier, le rapport de la Global Smart Grid Federation présente les principaux projets de déploiement du smart grid dans des pays comme le Canada, les Etats-Unis, l’Australie, le Japon, la Corée du Sud, l’Europe des 27. Créée en 2010, cette fédération regroupe les acteurs majeurs de la filière smartgrid. Elle entend créer une synergie entre les parties prenantes des secteurs public et privée et les organismes intergouvernementaux. PUBLIÉ LE 15 MAY 2012  PAR C21 ©LA RÉDACTION|FRANCE| 

Dans son rapport, l’organisation pose d’abord le champ du smartgrid en lui accolant deux définitions, la première émanant des autorités européennes et l’autre du département américain de l’énergie: 

    • Pour la Task force smartgrid de l’UE: le smartgrid est un réseau électrique qui intègre les comportements et actions des usagers pour assurer un système énergétique durable et efficace, enregistrant peu de pertes et garantissant un haut niveau en termes de qualité et de sécurité d’approvisionnement ;
    • Quant au département américain de l’énergie, elle abonde sur une définition plus globale de ce concept. Ainsi pour les américains, le smartgrid doit permettre la participation active des consommateurs, créer de nouvelles opportunités, accueillir toutes les options de génération et de stockage, le tout dans le cadre d’une énergie digitale. 

Objectifs du rapport 2012

La Global Smart Grid Federation a dressé portrait électrique de sept zones géographiques afin de faire le bilan des avancées en termes de mix énergétique, de politiques publiques énergétiques, d’infrastructures smart grid et de déploiement des compteurs intelligents. Le rapport repose sur la présentation des projets smart grids déployés dans les pays concernés, offrant ainsi une vision globale des avancées technologiques nationales.

Servant de références à l’échelle du pays, ces projets servent aussi d’exemples à l’échelle internationale. Leur mise en lumière permet la mutualisation des connaissances et des expérimentations, dans l’espoir de créer un cercle vertueux d’inspiration et d’innovations à travers le monde. 

Dans l’Europe des 27, certaines initiatives sont prises pour doter certaines villes des toutes dernières technologies smartgrid. C’est le cas, en France, dans la ville d’Issy les Moulineaux notamment (cf. notre article sur le sujet ici).

L’engagement des différents pays sur le smartgrid est motivé par différentes raisons. Pour le Royaume-Uni par exemple, l’adoption de systèmes permettant une meilleure efficience énergétique réduira à terme la facture énergétique du pays. Tandis que d’autres pays comme les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud sont dans une démarche plus prospective. En effet, ces pays anticipent la transition énergétique pour se poser demain comme des leaders dans ce domaine. Ce qui leur permettra de pouvoir exporter leur savoir-faire et de développer leur influence dans d’autres pays moins avancés. 

Fig 1: Déploiement des smartgrids dans l’Union Européenne

Les points communs des pays étudiés

Le premier point commun est une politique publique axée sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans la continuité du protocole de Kyoto de 1997. Cependant, ce dernier n’a pas été ratifié par tous, comme les États-Unis et le retrait du Canada des accords en 2011. A l’inverse de la base étalon de 1990, les politiques publiques nationales ont avancé leur base étalon à une quinzaine d’années, en se fixant des objectifs de réduction de consommation et d’émission avec pour point de départ le milieu des années 2000.

Les gouvernements concernés ont tous lancé des programmes de rachat d’électricité d’origine renouvelable, à des prix préférentiels pour encourager la micro génération.

Autre point commun, l’application de la directive européenne de 2006 engageant les pays de l’UE à équiper au moins 80% des foyers de compteurs intelligents d’ici 2020. En France, ErDF a planifié dans un premier temps le déploiement de Linky de façon ciblée, avant son déploiement généralisé  sur l’ensemble du territoire national. Dans les autres pays, des projets pilotes ont aussi été amorcés. Par exemple, aux États-Unis, plus de 20 millions de compteurs intelligents équipent les foyers américains. Au Canada, dans le cadre du projet Ontario Smart Metering Initiative, on en dénombre 4,5 millions. En Irlande, la Commission for Energy Regulation (l’équivalent de notre Commission de Régulation de l’Énergie, plus connue sous son acronyme, la CRE) a initié en mai 2011, un projet pilote équipant environ 9000 foyers et bureaux.

Des motivations diverses

Au Japon, c’est le tremblement de terre de 2011 et ses conséquences qui ont poussé le gouvernement à prendre des résolutions quant à son système énergétique ; aux Etats-Unis, au Canada et en Europe, c’est l’intérêt grandissant des consommateurs dans la production d’énergie et les véhicules électriques. A ce titre, le Royaume-Uni prévoit à horizon 2020 une flotte de véhicules électriques d’environ 1,7 millions, à comparer à une flotte actuelle de 1000  véhicules électriques. Ainsi, pour préparer l’électro-mobilité (autrement dit l’électrification des transports), ces trois zones devront garantir les infrastructures adéquates pour une bonne intégration de la micro-génération (production d’énergie à petite échelle, véhicules électriques) et l’arrivée massive des véhicules électriques impulsée par l’industrie automobile.

Fig2: Parc de véhicules électriques dans les pays de l’OCDE

Quelques mises en garde et quelques conseils pour aider au succès des smart grids

Les écueils à éviter

La fédération adresse une mise en garde liée au déploiement des smart grids : les développements technologiques sont tels qu’ils ont tendance à avoir une longueur d’avance par rapport aux développements des standards et des cadres réglementaires. Le risque est donc que les nouvelles technologies n’intègrent pas les standards et règlementations en cours d’élaboration. Néanmoins, ce risque reste mineur à ce jour, compte tenu du haut degré d’implication entre les partie prenantes du secteur de l’électricité et les gouvernements.

Les risques encourus sont essentiellement de nature informative. La fédération observe qu’une mauvaise communication sur les bénéfices d’un projet à ses parties prenantes peut engendrer une forte impopularité, comme avec le cas du projet SmartGridCity, à Boulder, dans le Colorado. En parallèle, les fournisseurs et distributeurs d’énergie doivent amorcer une mutation dans leurs méthodes de travail et de communication. La fédération leur reproche à une organisation trop technocratique. Les acteurs de l’énergie doivent se recentrer davantage sur leurs clients en engageant une communication participative en temps réel. De façon générale, il a été observé que le non respect de ces conseils pouvaient entraîner des effets négatifs irréversibles, comme la non-implication, voire le rejet des consommateurs, dans le cadre de déploiement de compteurs intelligents, ou encore une faible participation à des projets smart grids de grande envergure.

Mettre l’accent sur… l’engagement consommateur !

Malgré l’intégration poussée du consommateur dans le schéma des smart grids, le succès de ces infrastructures tient à son engagement, qui doit être naturel et non forcé. Parce que le consommateur ne ressent et ne comprend pas les bénéfices du smart grid de manière immédiate, il incombe aux acteurs de l’énergie et au gouvernement de les sensibiliser aux bénéfices de la modernisation et de la mutation du réseau électrique. Un changement des modes de comportement est nécessaire. Mais pour se faire, il faut convaincre des millions de consommateurs habitués à consommer sans compter, voire à considérer l’électricité comme un service bon marché.  Sous les contraintes climatiques et sécuritaires, ils doivent à présent modifier leur rapport à l’énergie en supportant un coût supplémentaire, en consommant plus sobrement, voire en participant à des programmes d’effacement. Seuls leur soutien et leur engagement, affirme la Global Smart Grid Federation, peuvent assurer la pérennité des initiatives smart grid.

Pour ce faire, les rédacteurs du rapport de la GSGF sont formels, les acteurs de l’énergie et les gouvernements doivent travailler de concert, afin qu’émerge durablement…l’engagement consommateur!

A propos de la Global Smart Grid Energy Federation

La GSGF rassemble des organisations du monde entier représentant les initiatives nationales pour créer des réseaux plus intelligents. Elle est composée des membres suivants: EDSO for Smart Grids (European Union)GridWise Alliance (United States), India Smart Grid ForumIsrael Smart Energy AssociationJapan Smart Community AllianceKorea Smart Grid AssociationSmart Grid AustraliaSmart Grid CanadaSmartGridIreland et SmartGrid Great Britain.

 

Télécharger le rapport:  

Visiter le site de la fédération: Lien

Source: Blog Ijenko

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