Les écologistes fâchés contre Astrid, le réacteur du futur

Les alliés écologistes du gouvernement déplorent la poursuite des recherches sur le nucléaire de demain. EMMANUELLE RÉJU La Croix 03/07/12

Le communiqué commun de Bouygues et du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) rendu public la semaine dernière a mis le feu aux poudres. Les deux partenaires y affirment avoir finalisé un« accord de collaboration pour les études de conception du génie civil du prototype de réacteur de 4e génération Astrid ». Rien de vraiment neuf sur le fond : ce projet de recherche portant sur le réacteur nucléaire du futur est inscrit dans la loi depuis juin 2006. Il y est même prévu que le prototype, qui a bénéficié en 2010 de 650 millions d’euros issus du grand emprunt – voie le jour en 2020. 

Mais le communiqué a rappelé à tous – et notamment aux alliés écologistes du gouvernement – que les recherches sur le nucléaire du futur se poursuivent. « Tout projet qui s’inscrit dans la vieille logique doit être arrêté », s’est insurgé le nouveau patron d’Europe Écologie – Les Verts (EELV), Pascal Durand. Quant à Noël Mamère, il a affirmé hier ne pas vouloir voter la confiance au gouvernement « s’il n’y a pas d’engagement contre le projet de générateur nucléaire Astrid ».

UN GRAND DÉBAT ÉNERGÉTIQUE PRÉVU POUR L’AUTOMNE PROCHAIN  

Durant la campagne présidentielle, François Hollande avait affirmé vouloir baisser la part du nucléaire dans la production électrique en France de 75 à 50 %, « ni plus ni moins ». Un grand débat sur les choix énergétiques de la France est prévu pour l’automne prochain, à l’occasion de l’adoption d’une loi de programmation sur la transition énergétique.

Les réacteurs du futur – objets de plusieurs projets de recherche à travers le monde – sont censés entrer en service dans les années 2040-2050. Ils présentent une rupture technologique majeure avec les réacteurs dits de 3egénération, dont les EPR sont les modèles les plus récents. Ce sont des réacteurs à neutrons rapides, refroidis, dans le cas d’Astrid, au sodium. Selon leurs promoteurs, ces réacteurs régleraient de manière définitive la question de l’indépendance énergétique : fonctionnant au plutonium – et avec la part d’uranium naturel qui ne peut être aujourd’hui utilisée – ils offriraient à la France près de cinq mille ans de production électrique… Par ailleurs, ces réacteurs auraient la capacité de brûler une part importante des déchets les plus radioactifs.

« LE FANTASME DU NUCLÉAIRE SANS TACHE ! »

« Voilà quarante ans qu’on nous promet – en vain jusqu’à présent – un nucléaire sûr et qui ne produise pas de déchets radioactifs, ironise le député européen écologiste Yannick Jadot. On est dans le fantasme du nucléaire sans tache ! » Pour ses détracteurs, Astrid n’est jamais que le petit frère de Superphénix, le surgénérateur abandonné en 1998 après une série de déboires techniques. Enfin, en période de disette budgétaire, tout argent public investi dans la recherche sur le nucléaire, « c’est autant de moins pour les énergies renouvelables », déplore Yannick Jadot.

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