THT : des fermes de la Manche sans recours

François Dufour, vice-président du conseil régional de Basse Normandie , attire l’attention du gouvernement sur la situation des fermes en difficulté sous les lignes à haute tension. 4 juillet 2012

Entretien François Dufour, agriculteur à Saint- Senier-de-Beuvron (Manche), et vice-président du conseil régional, chargé de l’agriculture.

Vous venez d’écrire aux ministres de l’Agriculture, de la Santé, et de l’Environnement, à propos de la THT. Pour leur dire quoi ?

Le comportement actuel de RTE (Réseau transport d’électricité) dans la Manche, pose question. Lors du débat public organisé entre 2007 et 2009 tout au long du couloir de la nouvelle ligne aujourd’hui en construction pour acheminer l’électricité produite par le futur EPR, les acteurs avaient reçu l’assurance que personne ne serait laissé au bord du chemin. En 1999, à la demande des organisations agricoles, le gouvernement et EDF avaient créé le Groupement permanent de sécurité électrique (GPSE). Son objet était de mener des études épidémiologiques et électriques des fermes qui subissent des problèmes sous les lignes. Relancé en 2006, par un nouveau protocole triennal, le GPSE n’a plus d’existence réelle, bien que certaines exploitations soient encore suivies.

Quelles conséquences pour les éleveurs ?

Aucun éleveur en difficulté ne peut plus faire appel au GPSE. Un certain nombre de fermes, suivies et équipées durant les trois ans du protocole, n’ont pas résolu leurs problèmes. Elles sont abandonnées à leur sort. Au dernier comité technique de la Safer (Société d’aménagement foncier), le 29 juin, les parcelles d’un exploitant étaient à vendre : l’agriculteur concerné les jugeait soumises à des « pollutions électriques » insurmontables. Les fermes d’aujourd’hui ne peuvent se permettre le moindre écart technique : les règles de livraison de lait de qualité sont de plus en plus sévères. La sanction de l’arrêt de collecte intervient désormais deux fois plus vite.
Que proposez-vous pour l’avenir ?

Le passage en force de RTE est incompréhensible. De nombreux maires des communes concernées sont sans voix. Quand la nouvelle ligne sera en service, les problèmes vont se multiplier, notamment dans les élevages laitiers, si vitaux pour l’économie de la région. L’État et RTE doivent engager une véritable politique de prévention efficace. Elle devrait aller jusqu’à permettre le déplacement des outils de production de lait, quand ceux-ci sont exposés. Je rappelle que le conseil régional de Basse-Normandie, lors de son assemblée plénière du 24 juin, a affirmé son opposition à la construction de la ligne THT Cotentin-Maine « tant que les résultats d’une étude épidémiologique complète n’auront pas été rendus publics ».

Propos recueillis par François LEMARCHAND.

 

 

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