Corse: l’enquête épidémiologique sur Tchernobyl démarre fort

Dans quinze jours, le 4 septembre exactement l’équipe italienne viendra faire un premier bilan, à Bastia, dans les locaux de l’office hydraulique où se réunira la commission Tchernobyl, sous la présidence de la conseillère territoriale PCF, Josette Risterucci. Corse Matin,  mercredi 22 août 2012 

L'enquête épidémiologique sur le nuage de Tch - 18116494.jpg
Le cesium 137 est l’un des isotopes produit par la fission de l’uranium. 600 Bq est la norme actuellement en Europe, on voit sur cette carte que la moitié de la France était bien au-dessus en 1986.

Les lignes de votre correspondant sont actuellement saturées merci de rappeler ultérieurement ou de nous joindre par mail…» Ainsi répondent ces jours-ci les deux numéros de téléphone en lien avec l’hôpital Galliera de Gênes, qui a commencé il y a trois semaines son enquête épidémiologique sur le passage du nuage radioactif de Tchernobyl en Corse.

Dans quinze jours, le 4 septembre exactement l’équipe italienne viendra faire un premier bilan, à Bastia, dans les locaux de l’office hydraulique où se réunira la commission Tchernobyl, sous la présidence de la conseillère territoriale PCF, Josette Risterucci. «Dans le cahier des charges pour trouver un établissement capable de faire ce travail, souligne cette dernière, il était bien précisé que nous voulions travailler rapidement. Le résultat final de l’enquête est ainsi attendu en juillet 2013 ! C’est d’ailleurs ce qui a freiné nombre de soumissionnaires potentiels qui estimaient que douze mois, c’était bien trop court pour un tel travail. Certes, mais la population de la Corse reste réduite, nous ne sommes pas un million ! Et puis cette enquête ne démarre pas de zéro puisqu’il y a aussi les dossiers du docteur Vellutini qui était en Corse au moment des faits et a conservé puis passé ses archives. » Concrètement, les personnes qui ont contracté une maladie du sang ou une pathologie thyroïdienne lors du passage du nuage doivent téléphoner aux deux numéros ci-dessous.

L’équipe de l’hôpital Galliera, emmenée par le professeur Paolo Cremonesi se fait fort de livrer un questionnaire médical, toujours par téléphone, puis de rencontrer les personnes lors de sa visite en Corse cet automne. Car tout se fera physiquement, dans les règles d’une enquête scientifique rigoureuse et donc incontestable. Ce n’est donc, cet été 2012, que la première partie de l’enquête.

La question est de mesurer l’impact

« Après, la phase scientifique commencera, poursuit Josette Risterucci. C’est-à-dire que le nombre de cas avérés de ces maladies sera mis en rapport avec la population insulaire. Et l’équipe dira si oui ou non, le nuage a eu un impact… Ce sera de leur responsabilité de dire si, sur les 25 années de pathologies étudiées, Tchernobyl a eu une incidence en Corse. C’est le but de leurs recherches ! Ensuite, ce n’est pas la CTC qui estera en Justice. Mais nous sentons, qu’au niveau européen, les lignes bougent puisque récemment il y a eu une reconnaissance des effets du nucléaire sur l’atoll de Mururoa. Ce n’est pas rien de dire que le lobby nucléaire est puissant en France… » C’est pour cela que le prestataire choisi n’a aucun lien avec les services d’Etat en France, une sorte de garantie d’indépendance. L’annonce de l’appel à témoins de la collectivité territoriale de Corse pour retrouver les « malades de Tchernobyl » n’est pas passé inaperçu en ce mois d’août : Le Monde, Le Figaro, le journal gratuit 20 minutes, RTL, entre autres, ont relayé cette information loin d’être anodine. Car si l’on se réfère à la carte, « la France après Tchernobyl », de l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), le taux de Cesium 137 (produit de fission de l’uranium) était anormalement élevé dans une frange de l’Hexagone qui courait de l’Alsace à la Corse en passant par Rhône-Alpes, les Alpes-Maritimes, la Haute-Savoie… Pourtant aucune de ces régions n’a commandé une telle enquête.

La Corse fait figure d’ovni, voire de Don Quichotte dans ce duel. Et les médias nationaux, qui seront conviés à une conférence de presse dans la capitale en septembre, n’ont d’ailleurs pas oublié de mentionner la décision de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris en septembre 2011 assurant que la catastrophe de Tchernobyl n’avait pas eu d’impact sanitaire mesurable en France… Mesurable, c’est bien ce que va s’efforcer de démontrer l’équipe du professeur Paolo Cremonesi.

Voir l’intégralité de ce reportage dans l’édition du journal Corse Matin du 22 août.

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