Le gouvernement Japonais réécrit le « plan ORSEC » des catastrophes nucléaires

Le gouvernement central est en train de réviser radicalement le plan de gestion des accidents nucléaires, imposant de nouvelles mesures radicales dont l’exigeance pour les centrales nucléaires de disposer de plus d’outils de secours contrôlés à distance et de définir une zone d’évacuation plus large pour les habitants locaux. Publié le 7 septembre 2012. info Asahi Shimbun relayée par  Etienne Servant

Voir en fin d’article: Le conseil municipal de Fumay près de Chooz demande une extension du périmètre PPI. L’union, L’ardennais, Lundi 23 juillet 2012 

Les autorités locales devront planifier d’évacuer les habitants dans un rayon de 30 kilomètres, au lieu des 8-10 km actuels dans le cas d’un accident d’une centrale nucléaire, il faudrait aussi réquisitionner assez de véhicules pour déplacer près d’un million de personnes. Dans le même temps, les opérateurs des centrales électriques seront résuisitionnés pour préparer les équipes de secours et les bases logistiques qui devront se mettre au travail même en cas d’émission de radioactivité.

Ces mesures ont été détaillées, le 6 septembre 2012, dans un plan de gestion des catastrophes (genre ORSEC) révisé et produit par le Conseil Central de Gestion des Catastrophes. Ce plan demande aux exploitants des centrales et aux gouvernements centraux et locaux de réécrire leurs manuels de protocoles de crise et il est le dernier document produit illustrant la remise en cause fondamentale et en cours de la politique de gestion des catastrophes nationales.

Plusieurs enquêtes officielles et indépendantes menées par des journalistes sur les fusions nucléaires de mars 2011 et les libérations de radioactivité par la centrale nucléaire n°1 de Fukushima ont mis en cause l’opérateur, le régulateur et aussi le gouvernement central, alléguant que l’effort de sauvetage initial a pêché par insuffisance d’équipements et pour l’évacuation des habitants par une mauvaise planification préparatoire.

Jusqu’au séisme de magnitude 9 et au tsunami associé, le gouvernement central et les compagnies d’électricité n’avaient jamais envisagé la possibilité d’un accident grave dans une centrale nucléaire en raison de leur croyance erronée en l’infaillibilité des mesures de sécurité existantes. Le nouveau plan examine et prend en compte l’impact d’une nouvelle catastrophe complexe impliquant un séisme, un tsunami et un accident nucléaire.

Le conseil n’a pas le pouvoir de faire appliquer les changements, mais le document servira de base à de nouvelles normes imposées par le nouvel organisme de réglementation nucléaire qui devrait être inauguré dans un proche avenir.

Les autorités locales dans le rayon de 30 km autour des centrales nucléaires devront élaborer de nouveaux plans d’évacuation, sans doute en coordination avec les préfectures voisines afin d’obtenir des refuges temporaires pour les populations évacuées. Les autorités locales seront encouragées à signer des accords de soutien pour s’entraider dans ce cas. Le gouvernement central devra aider les autorités locales à conclure de tels accords.

Le nouveau plan stipule clairement pour la première fois que la nouvelle agence de régulation nucléaire devrait rapidement sortir des données de radioactivité, qu’il obtiendra du ministère de la science par le « System for Prediction of Environmental Emergency Dose Information » ou SPEEDI.

Ces données n’ont pas été immédiatement publiées  après l’accident nucléaire de Fukushima de l’an dernier, laissant peu d’information aux réfugiés pour décider vers où aller.

Dans le même temps, le SPEEDI sera utilisé différemment à l’avenir pour avoir une idée plus claire sur la situation résultant d’un accident dès qu’il se produit.

En cas d’accident, tous les habitants situés à moins de 5 km seront immédiatement évacués sans attendre les données du SPEEDI.

D’autres changements du plan de base sont issus des échecs du bureau du Premier ministre et de l’Agence de sûreté nucléaire et industrielle (NISA) à diffuser les informations comme la catastrophe de Fukushima l’a montré.

Suivant ce nouveau plan, dès qu’un accident se produit, le président de l’organisme de réglementation nucléaire et d’autres représentants officiels devront se rendre immédiatement au bureau du Premier ministre pour former un secrétariat de crise qui servira alors de centre d’information.

Il sera demandé aux compagnies d’électricité de construire un centre d’intervention d’urgence dans chaque centrale nucléaire, ainsi qu’une base de soutien arrière dans un lieu où les ouvriers travaillant sur le site pourront recevoir les livraisons d’équipements et de matériels arrivant de l’extérieur.

Il sera aussi demandé aux services publics de constituer un centre de crise et d’intervention sur l’accident au siège de l’entreprise et d’y garantir un libre accès au personnel de l’agence de régulation du nucléaire qui, alors, aura pour mission de coordonner les communications avec les autres services et de contrôler l’activité de l’entreprise, entre autres sa conformité aux arrêtés de l’agence de régulation.

Il sera aussi demandé aux exploitants de s’équiper d’engins lourds pouvant être commandés à distance. Ils devront également former des équipes de secours sur accident nucléaire capables d’opérer quels que soient les hauts niveaux de radioactivité rendant ce travail difficile et dangereux.

Les entreprises devront également procéder à des exercices d’entraînement pour pouvoir faire face à de possibles accidents majeurs et elles seront tenues de fournir le rapport des résultats de ces exercices. Si les résultats montrent des défaillances, l’organisme de réglementation nucléaire sera en mesure d’imposer des améliorations.

Pendant ce temps, les services publics devront, sauf si dépassés, se répartir la charge de ce que les autorités locales seront alors tenues de faire.

Par exemple, la préfecture d’Ibaraki devra se préparer à évacuer près d’un million d’habitants dans le cas d’un accident à la centrale nucléaire n°2 de Tokai, exploitée par Japan Atomic Power Co.

La nouvelle zone de 30 km de rayon autour de cette centrale comprend 14 communes, soit une population totale d’environ 940.000 personnes. Une de ces communes est Mito, la capitale de la préfecture. Elle se trouve à environ 20 km de l’usine. En cas d’accident grave à la centrale n°2 de Tokai, les bureaux mêmes de la préfecture pourraient être inutilisables.

Les représentants officiels préfectoraux prévoient d’utiliser des voitures et des bus pour évacuer les habitants. Mais même s’ils pouvaient réquisitionner entièrement les 7 000 autobus de la préfecture, ces véhicules ne seraient en mesure de transporter que 240.000 personnes seulement par rotation.

Un représentant de la préfecture en charge des mesures de sécurité en cas d’accident nucléaire dit que plus d’informations sont nécessaires. Le gouvernement central, a indiqué ce responsable, devrait publier des directives techniques précisant quel type d’accident implique quelle évacuation.

Les autres préfectures devront dépendre du bon-vouloir des préfectures voisines pour héberger leurs réfugiés.

Dans un rayon de 30 km autour de la centrale nucléaire de Shimane il y a quatre villes d’une population totale d’environ 396 000 personnes mais dans la préfecture de Shimane les municipalités peuvent accueillir 160.000 réfugiés tout au plus.

Pour cette raison, la préfecture de Shimane a demandé à quatre préfectures voisines d’accepter les réfugiés en cas d’accident. Elle a obtenu le consentement des autorités préfectorales de Tottori, Hiroshima et Okayama, et en Février elle a montré une liste de 71 communes qui pourraient accueillir les réfugiés.

THE ASAHI SHIMBUN

http://www.scoop.it/t/fukushima-informations

( Eng trad Mimi Mato) Le gouvernement réécrit le "plan ORSEC" des catastrophes nucléaires | FUKUSHIMA INFORMATIONS | Scoop.it

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2012/07/28/nucleaire-vers-une-extension-du-perimetre-des-ppi-a-20-km/

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