Lobbying pro-OGM : « Voyages, cadeaux et un peu plus… »

Jean-François Le Grand, président du Conseil général de la Manche, a suivi le dossier OGM en 2007, alors qu’il était sénateur UMP. Et laissé des plumes. Il réagit à l’étude sur la toxicité du maïs NK 603. Nouvel Obs 20-09-2012 par 

Jean-François Le Grand, aujourd’hui Président du Conseil Général de la Manche, est un des hommes politiques qui a suivi le plus à fond la question des OGM. Et y a laissé des plumes. (IBO/SIPA)

Jean-François Le Grand, aujourd’hui Président du Conseil Général de la Manche, est un des hommes politiques qui a suivi le plus à fond la question des OGM. Et y a laissé des plumes. (IBO/SIPA)

Jean-François Le Grand, aujourd’hui président du Conseil Général de la Manche, est un des hommes politiques qui a suivi le plus à fond la question des OGM. Alors sénateur UMP, il fut en 2007 président de l’atelier OGM au Grenelle de l’environnement, puis de la Haute Autorité provisoire sur les OGM.

Pour avoir exprimé des doutes lors de la première lecture du projet de loi OGM en janvier 2008, il était mis brutalement en minorité dans son propre groupe politique et privé de la présidence du Haut Conseil des Biotechnologies. Il avait alors accusé publiquement ses détracteurs d’être les relais des lobbys pro-OGM. Jean-François Le Grand a récemment quitté l’UMP pour protester contre sa droitisation.

Votre réaction après l’étude de Gilles-Eric Séralini

– Je connais bien Séralini et j’ai découvert les résultats de son travail dans la presse. Sous réserve des expertises, je ne peux que me réjouir que la recherche se poursuive sur les impacts des organismes génétiquement modifiés. C’est bien le type d’étude que je réclamais en 2008 à corps et à cris. Gilles-Eric Séralini a été vilipendé. Moi, je peux vous dire que c’est un chercheur parfaitement honnête et très respectueux des procédures scientifiques.

Les conclusions de son travail corroborent-elles les doutes que vous aviez ?

– A l’époque, je soulevais plusieurs objections. D’abord sur les risques pris pour la biodiversité. Les impacts sur de nombreux animaux du sol, comme les lombrics, et insectes non ciblés par les pesticides employés posaient un premier problème. La seconde objection portait sur la semence OGM que l’agriculteur ne pouvait réemployer et qu’il devait racheter chaque année. La menace d’un contrôle de l’agriculture mondiale par les firmes semencières tuait à terme la liberté économique. Pour ce qui concerne, la santé humaine, il me semblait que les recherches n’étaient pas suffisantes. Qu’il fallait en mener d’autres pour pouvoir se prononcer.

Les oppositions avec vos collègues UMP furent extrêmement violentes…

– On peut le dire ! J’ai d’ailleurs perdu la partie et j’ai été littéralement mis au ban du groupe UMP du Sénat. Vous savez, je suis d’abord un gaulliste et j’ai finalement quitté l’UMP pour d’autres raisons, la droitisation du parti, il y a deux ans et demi.

– Vous aviez alors mis en cause vos collègues pour collusion avec les lobbys semenciers…

Précisons bien : je parlais d’une collusion avec un lobbying qui sortait du cadre de l’éthique admise.

Par exemple ?  

– Oh, ça passait par divers cadeaux : voyages, réceptions et un peu plus…

Propos recueillis par Guillaume Malaurie le 20 septembre 2012. 

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