Notre-Dame-des-Landes : les écolos encore et en car contre l’aéroport

REPORTAGE – Avant la manifestation de samedi, de nombreux élus, pour la plupart écologistes, sont venus dénoncer sur place la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Le JDD 16 nov 2012.

Départ groupé et en car depuis la gare de Nantes. Direction Grandchamp-des-Fontaines, à quelques kilomètres de Notre-Dame-des-Landes. Avant la manifestation de samedi, les écolos, bottés pour l’occasion, sont venus en nombre pour une journée d’action contre le projet de construction d’un nouvel aéroport voulu par l’ancien maire de Nantes Jean-Marc Ayrault.

Comment appréhendent-t-ils l’accueil sur place ? « Il paraît que les bureaucrates d’EELV ne sont pas les bienvenus, mais ça je pense que c’est pour Jean-Vinecnt Placé », blague François de Rugy, député du coin.

Quelques membres du PG, comme Martine Billard et du Modem comme Jean-Luc Bennahmias, (tous deux anciens verts), sont du déplacement. « Il y a un côté colonie de vacances. La synthèse est là », sourit, le chef d’EELV, Pascal Durand, qui, portable à la main, photographie Martine Billard et Eva Joly assisses côte à côte.

« Avec la résistance massive, j’espère que le gouvernement va céder. La référence, c’est le Larzac », glisse l’ancien candidate à la présidentielle. « Le Premier Ministre ne peut pas maintenir son projet comme cela de façon aussi obstinée », veut croire Jean-Vincent Placé, convaincu que c’est parce que les écolos sont au gouvernement que ce sujet est tant mis à l’affiche. Au fond du car, Noël Mamère pointe du doigt le « problème culturel entre la droite et la gauche qui devient un problème politique ».

Bové en « sous-commandant Marcos »
Fin de matinée, la troupe arrive devant un petit pavillon vide aux portes et fenêtres condamnées. Le happening du jour se prépare. Près d’un tracteur apparaît la silhouette de José Bové, pull rouge et bonnet gris sur la tête. « C’est le sous- commandant Marcos qui le lui a donné », plaisante Yannick Jadot, persuadé qu’Ayrault veut « accélérer » sur ce dossier pour le rendre « irréversible ». Micro à la main, Bové, l’ancien du Larzac dénonce le projet de futur aéroport qui « gaspille l’argent public et détruit l’environnement ».

Et prévient : « Le Premier ministre s’est entêté contre vent et marées. Nous ne pouvons plus simplement rester là à faire des discours. Nous devons poser un acte fort qui sera considéré comme illégal par Monsieur Ayrault », lance José Bové. Puis le voici qui troque le micro contre un pied de biche. Devant lui : une porte à faire céder. Armés de leurs immunités, les élus se relaient avant de pouvoir enfin investir les lieux. »Cela me rappelle Millau et le démontage du Mac Do », souffle l’eurodéputé Jean-Paul Besset.

Entre les pro et les anti aéroport, « il y a deux conceptions du monde et de l’avenir qui s’affrontent. C’est un carrefour où les routes se séparent », tranche-t-il. Michel Tarin, figure du mouvement, est également présent. « Ce n’est plus un projet local mais national et cela gêne Jean-Marc Ayrault. Il s’est mis dans une sale histoire et n’arrive plus à la gérer », diagnostique-t-il.

« Le changement c’est maintenant. L’aéroport, c’est jamais »
Dehors un pique-nique s’organise avant que le cortège, délesté de quelques élus, ne s’engage vers l’actuel aéroport de Nantes. Celui-ci suffit, pas besoin d’en construire un autre : voilà le message martelé tout au long du trajet. A bord du car, Françoise Verchère, élue locale du Parti de gauche, brocarde le « fantasme de la saturation » de l’actuel aéroport. Le cortège passe devant une usine construite là où était une ancienne vigne. « C’est nul », tonne Yves Cochet de sa voix grave et de son humeur badine.

La troupe entame une rapide visite de l’aéroport et enrôle le pilote de ligne Thierry Masson pour une nouvelle visite guidée. « Il n’y a aucune dangerosité liée au survol de Nantes. Cet aéroport est dans le standard de ce qui se fait partout », assure-t-il. Traversant le bocage, le car arrive enfin à Notre-Dame-des-Landes. Passe devant la Vache rit, un des lieux emblématiques de la résistance, mais ne s’arrête pas. Pas de rencontre non plus avec les jeunes militants du coin. Le bon accueil n’est pas assuré. Dans la salle des fêtes du bourg, une rapide réunion se tient avec des élus locaux. Dehors, contre un petit muret une pancarte indique : « Le changement c’est maintenant. L’aéroport, c’est jamais ». C’est tout l’espoir des écolos.

Arthur Nazaret, à Notre-Dame-des-Landes – Le Journal du Dimanche
vendredi 16 novembre 2012

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