Une transition énergétique qui n’en a que le nom

UNE TRANSITION ÉNERGÉTIQUE QUI N’EN A QUE LE NOM
mardi 26 février 2013
Publié dans : Revue Tout est à nous ! 39 (janvier 2013)

Crédit Photo: Photothèque Rouge/Alice D.
Par la Commission nationale écologie

Le programme de campagne de François Hollande prévoyait de lancer une transition énergétique version PS, à savoir sortir du « tout » pétrole pour les transports et du « tout » nucléaire pour l’électricité, en diversifiant les sources d’énergie. Pas question pour lui de se sentir lié par le modeste accord PS-EELV, prévoyant de ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75 à 50 % à l’horizon 2025. L’unique fermeture de centrale programmée était Fessenheim et le chantier de l’EPR de Flamanville devait être poursuivi. Dès sa campagne, Hollande privilégiait par ailleurs les incitations fiscales pour la consommation et la production d’énergies renouvelables sur la recherche de la sobriété énergétique.

La France, forte de ses coûts de l’électricité nucléaire artificiellement faibles (car ne tenant pas compte du coût réel du démantèlement des centrales et du traitement des déchets) est d’ores et déjà en retard sur ses voisins européens, surtout l’Allemagne, en matière d’énergie renouvelable.

Les travaux du « Conseil national du débat sur la transition énergétique » ont démarré à Paris le 29 novembre. Son comité de pilotage est à la botte du nucléaire, avec la ministre Delphine Batho (« La France a durablement besoin du nucléaire »), Atomic Anne (Lauvergeon, ex-PDG d’AREVA), Pascal Colombani (ancien administrateur du CEA – le Commissariat à l’énergie atomique –, il s’est depuis défilé), Jean Jouzel (climatologue, directeur de recherche au CEA, associé sous le précédent gouvernement au plan d’adaptation au changement climatique de Kosciusko-Morizet) et Bruno Rebelle (PS, EELV, PS, campagne Royal…) Il supervise sept collèges de seize membres chacun, un comité d’experts et, enfin, un comité de citoyens qui aura un rôle… consultatif.

On comprend que Greenpeace et les Amis de la Terre, qui s’étaient laissés embrigader dans le Grenelle de l’environnement aient refusé de participer à cette nouvelle mascarade.

D’ailleurs, quelle crédibilité accorder aux défenseurs d’un projet d’aéroport international qui est un véritable caprice anti-écologique, et à ceux de l’EPR dont les dépassements budgétaires énormes augurent mal des tarifs de l’électricité qu’il produira ?

L’autorisation des forages au large de la Guyane et le refus de la France de pénaliser l’importation du pétrole issu des sables bitumineux confirment de plus les ambigüités du gouvernement à propos de l’extraction des gaz de schiste.

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Notre-Dame-des-Landes : un projet de 1967 pour répondre aux défis de notre temps !?

Il est peut-être temps de prendre UN PEU de hauteur, de dépassionner le débat, et de ramener UN PEU de sérieux sur ce sujet de haute voltige.  par  le nov 24, 2012

http://www.pierrederuelle.com/notre-dame-des-landes-un-projet-de-1967-pour-repondre-aux-defis-de-notre-temps/

Un peu d’histoire(s)

Le site de Notre-Dame-Des-Landes fut choisi en 1967 (selon les normes européennes environnementales et de préservation de la biodiversité qui devaient à l’époque déjà probablement être les mêmes qu’aujourd’hui) par le Service technique des bases aériennes, puis validé en 1970 par le Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire pour remplacer le “déjà” actuel aéroport de “Nantes Atlantique” notamment pour y développer le fret, et aussi un peu pour pouvoir accueillir fièrement le tout nouveau Concorde. Mais si, vous savez, cet avion qui a eu un petit souci le 25 juillet 2000, tuant 113 personnes, et qui ressemblait à un burn-out de cigogne sous extasy avec une paire de Ray-Ban.

S’il semble aujourd’hui – mais je m’avance un peu peut-être – que le projet n’accueillera finalement pas le Concorde, dès mai 1967, les autochtones du crû les plus civilisés pouvaient déchiffrer dans la presse locale avec leurs quelques rudiments de langue française que “La métropole Nantes-Saint Nazaire pourrait devenir le Rotterdam aérien de l’Europe par la création d’un aéroport international de fret au nord de la Loire”. Les hommes politiques et leurs experts avaient parlé. Et tout le monde sait ça, ils tiennent toujours leurs promesses.

En 1971, une vague histoire de choc pétrolier mit semble-t-il un peu de sable d’embargo de pays arabes de l’OPEP dans le moteur du projet de nouvel Aéroport à Notre-Dame-Des-Landes. Enfin, comme ces problèmes de pétrole sont définitivement derrière nous, ne vous inquiétez pas, l’histoire peut reprendre son cours.

Après ces quelques années de trafic stagnant, dans les années 80 la CCI qui gérait Nantes Atlantique posa la question totalement saugrenue de construire une nouvelle piste perpendiculaire à l’existante, qui eu permis aux avions de ne plus survoler Nantes. C’était sans compter sur l’avis du Conseil général de l’époque qui considéra qu’importaient peu trajectoires rectilignes, sens des vents dominants, et beaucoup moins de nuisances sonores sur la population : “Faisons au plus simple, de toutes façons, après, il y aura Notre Dame des Landes”.

La solution retenue par les experts fut donc de prolonger la piste existante, très mal orientée selon les pilotes et par voie de conséquence selon les riverains qui ne comprennent décidément rien aux expertises des experts agrées par des hommes politiques experts dans l’art d’agréer les experts des expertises.

Les même experts de prévisions de trafic de l’époque annonçaient donc entre 5 et 9 millions de passagers pour l’an 2000, et comme vous l’avez compris puisqu’ils ne se trompent jamais, l’aéroport de Nantes Atlantique en accueille aujourd’hui 3,2 millions par an.

Heureusement, en 2000, sous le gouvernement Jospin, parce qu’on peut être de gauche et moderne, le projet ressortit enfin des cartons.

Mieux qu’un aéroport de fret, un aéroport international ! Il remplacerait partiellement l’existant restant en fonctionnement pour la société Airbus, qui heureusement pour les riverains ne fait jamais décoller d’avion. Quel rêve merveilleux pour les hommes politiques locaux de s’imaginer accueillir à bras fiscaux ouverts les hommes d’affaires du monde entier apportant la croissance et la mondialisation dans leurs valises en descendant de gros aéronefs sur deux pistes neuves ! Et quel argumentaire économique merveilleux pour un programme de réélection à un mandat local ! Faire décoller et atterrir des avions c’est un peu magique non, vous ne trouvez-pas ?

L’actuel aéroport de Nantes Atlantique .

La France compte plus de 156 aéroports, contre 44 en Allemagne et 43 en Grande-Bretagne. S’il faut bien qu’on les batte sur quelque chose, c’est fait.

L’aéroport actuel de Nantes-Atlantique s’étend sur 320 hectares. Sa piste mesure2.900 mètres par 45 mètres, et a été bétonnée en 1939, parce que l’herbe, c’est quand même plus pratique pour jouer au golf que pour faire atterrir mamie qui rentre des Seychelles. Cette piste permettrait d’absorber 35 avions par heure, même s’il n’y en a que 10 à 12 actuellement, mais c’est un argument de gauchiste en tongs pas rasé.

Le décret n° 2001-705 du 31/07/2001 a inscrit l’aéroport de Nantes Atlantique parmi ceux sur lesquels l’Autorité de Contrôle des Nuisances Sonores Aéroportuaires(ACNUSA) a des compétences élargies (10 aéroports en France). Traduction : il casse les oreilles à 42 000 personnes, mais comme  le nouvel aéroport va arriver, on ne va surtout pas construire une nouvelle piste orientée correctement, ni même régler les questions de gestion du trafic aérien.

Forcément, il a toujours un collectif de crypto-anarchistes pilotes de lignes doutant de la pertinence du projet de Notre-Dame-des-Landes pour affirmer que “30 % des avions qui survolent le centre-ville pourraient l’éviter en passant par le sud de l’agglomération”. Comment croire Thierry Masson, cet officier-pilote de ligne de 50 ans basé à Nantes qui a tout du conspirationniste notoire quand il déclare : “Deux tiers du trafic transitent par le sud-est de l’agglomération. J’aimerais bien savoir pourquoi, en arrivant de Limoges, de Poitiers ou de Bordeaux, il faut faire un détour par le nord-est de l’agglomération et survoler le centre de Nantes

Par sa superficie, Nantes-Atlantique a déjà la dimension d’un aéroport international.

En 2011, pour 60 800 mouvements (les décollages/atterrissages sont un peu les pompes/abdos du contrôleur aérien) l’aéroport à reçu3,2 millions de passagers.

Sa surface est plus grande que celle de l’aéroport de Londres-Gatwick, qui, par comparaison, assure 280 000 mouvements par an et reçoit 31 millions de passagers, et quasi-égale à celle  de l’aéroport de San Diego, en Californie (USA) qui voit passer annuellement 223 000 mouvements et achemine 17 millions de passagers. L’aéroport de Genève, qui ne possède qu’une seule piste, accueille 10 millions de passagers par an, 170 000 mouvements d’avions, et occupe 340 hectares.

En fait, ce qui sature un aéroport ce n’est pas le nombre de passagers mais bien évidemment le nombre de décollages/atterrissages, et sur ce point Nantes Atlantique est passé de 54 858 mouvement en 2007 à 60 800 mouvements en 2011. En suivant cette courbe, Nantes Atlantique devrait atteindre les 200 000 mouvements en 2750 après la troisième apocalypse, quand Nantes sera devenue la capitale du monde.

Du coup, Nantes-Atlantique a reçu le trophée ERA Award 2011-2012 du meilleur aéroport européen, ce qui est donc une excellente raison pour en construire un nouveau.

Cerise on the cup-cake, il y a donc une usine Airbus en bordure de la piste de Nantes-Atlantique qui emploie 2300 salariés à la fabrication notamment des radômes (extrémités avant des avions) et des caissons centraux de voilure de toute la gamme Airbus, pièces qui partent pour assemblage à bord du Beluga, l’avion-cargo d’Airbus. Que se passera-t-il pour Airbus si Nantes-Atlantique ferme ? Airbus ne va quand-même pas délocaliser sa production ? La piste sera donc privatisée pour son bénéfice ? A moins – idée lumineuse – qu’on refile l’un des aéroports européens les mieux notés aux bons soins de Vinci, qui saura bien en faire quelqu’usage rentable : les bâtiments de l’aéroport seront peut-être transformés en skate-park, en agence Pôle-Emploi, ou en crèche pour les futurs pilotes de ligne.

“Un aéroport qui réponde aux défis de notre temps”

[Jean-Marc Ayrault]

Suite à une enquête publique conclue fin 2006, la Commission d’enquête remit en avril 2007 un rapport au préfet de la région Pays de la Loire.

C’est monsieur Bernard Boucault qui était le préfet en poste à l’époque à la préfecture de la région Pays de la Loire. Il avait à peine eu le temps de lire le rapport et de reconnaître le projet d’utilité publique qu’il fut nommé en juin 2007 directeur de l’ENA, jusqu’à 30 mai 2012 où il fut nommé au poste de préfet de police de Paris. Comme quoi même faire les grandes écoles n’empêche pas de finir au poste.

C’est monsieur Bernard Hagelsteen qui lui succèda le 20 juin 2007 au poste de préfet de la région Pays de la Loire et préfet de la Loire-Atlantique. Une carrière à talonnettes que celle de monsieur Bernard Hagelsteen : en 1984 il devint secrétaire général de la préfecture des Hauts-de-Seine, puis obtint entre 1989 et 1992 le poste de directeur de la police générale à la préfecture de police de Paris, et plus récemment celui de secrétaire général du Comité interministériel de prévention de la délinquance. Proche collaborateur du ministre de l’Intérieur de l’époque, un certain Nicolas Sarkozy, Bernard Hagelsteen avait eu pour tâche de préparer et de défendre la loi sur la prévention de la délinquance, promulguée en mars 2007.

Un mois après l’élection de Nicolas, Sarkozy, il était donc nommé au poste de préfet de la région Pays de la Loire et préfet de la Loire-Atlantique, et héritait donc du dossier du décret d’utilité publique de l’aéroport.

Ce fameux décret d’utilité publique est finalement publié le 10 février 2008, suite à une enquête publique dans laquelle 80 % des contributions faites aux sept enquêteurs étaient opposées au projet. Mais comme on arrête pas le progrès, l’enquête s’est quand même avérée positive pour déclarer une DUP même si sur les sept enquêteurs qui ont fait le travail, deux ont abandonné leur position avant la fin de la commission d’enquête.

Et puisque la mode était à un truc médiatique appeléGrenelle de l’environnement, le décret comportait la réserve que cet aéroport soit de haute qualité environnementale (norme HQE).

Contesté par la suite devant le Conseil d’Etat, ce décret sera confirmé en 2009 et en 2010.

L’esprit mal tourné pourra s’indigner de ce que la présidente de la section des travaux publics au Conseil d’Etat fut Madame Marie Dominique Monfraix, épouse du préfet Bernard Hagelsteen en charge du décret en question, alors qu’il s’agit bien évidemment du fruit du hasard. Un hasard qui valait bien que Madame Monfraix-Hagelsteen fut élevée au grade de Commandeur de la Légion d’honneur le 13 Juillet 2009, ce qui n’a strictement rien à voir, nous ne salirons pas ici la mémoire une femme irréprochable, décédée depuis.

Le hasard total également si son époux désormais veuf monsieur Bernard Hagelsteen a pris sa retraite le 1er décembre 2011 pour devenir non pas conseiller à la Cour des comptes comme il l’avait annoncé initialement, mais conseiller auprès du DG de Vinci Autoroutespuis responsable des péages pour ASF, filiale de Vinci. Vinci en charge du projet du nouvel aéroport. Tout ne peut pas être dramatique, le hasard fait parfois bien les choses, n’en déplaise à la loi dite de pantouflage concernant les représentants de l’état.

Les scénarios d’optimisation de l’aéroport existant de Nantes-Atlantique n’ont pas été posés, les solutions alternatives n’ont pas été étudiées : aucun intérêt, puisqu’on fait l’aéroport Grand-Ouest de NDDL. Quand au Grenelle de l’environnement, qui préconisait l’étude de solutions alternatives pour les projets à fort impact environnemental, c’est de toute façon aujourd’hui un truc complètement dépassé, d’ailleurs on en parle même plus à la télévision. J’en ai discuté avec un lobbyste du bétonnage pas cher, on vous jure mordicus que la norme HQE ça sert à rien.

Alors certains viendront braire que la vraie motivation pour ce projet en 2000 a été de faciliter une opération de rénovation urbaine importante dont une partie se situait dans le périmètre des nuisances sonores de l’actuel aéroport. Et vont s’imaginer que pour ne pas s’embarrasser de contraintes d’insonorisation trop fortes, on préfère se débarrasser de l’aéroport et en construire un nouveau.

Et pourquoi pas aussi fantasmer sur les soit-disant appétits économiques des soit-disant lobbies du BTP, tout ça parce que les Président et Directeur général de VINCI ont pu faire ensemble quelques voyages au Cambodge avec monsieur Thierry Mariani.

Écoutez plutôt Jean-Marc Ayrault, un homme qui a eu une vision prophétique de la magnificence de Nantes et lui souhaite “un aéroport qui réponde aux défis de notre temps”. Mais si, vous savez, Jean-Marc Ayrault, l’homme qui a réussi à rendre François Fillon charismatique : ancien maire PS de Nantes depuis 1989, ancien député, ancien président du groupe socialiste, il est aujourd’hui conseiller municipal de Nantes, conseiller communautaire de Nantes Métropole (qui participe au financement du projet) , et accessoirement semble-t-il 1er ministre.

Nantes-sur-Ayrault la sublime, nouvelle capitale française : Pensez-donc, avec 1 650 hectares cet aéroport de Notre Dame des Landes sera donc plus grand que celui de Roissy Charles de Gaulle qui accueille, lui, sur 1 400 hectares, 540 000 mouvements d’avions et 55 millions de passagers par an. Si avec ça Nantes-sur-Ayrault ne devient pas Nantes-sur-Ayrault-la-magnifique …

Veni, Vidi, Vinci

Donc, le 30 décembre 2010, Thierry Mariani, secrétaire d’Etat chargé des transports, a paraphé le contrat de concession du nouvel aéroport Grand-Ouest. Signé par la société concessionnaire des aéroports du Grand Ouest, filiale de VINCI Concessions (85 %), en partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie de Nantes (10%) et Entreprise de Travaux Publics de l’Ouest (ETPO – CIFE) (5 %), il est entré en vigueur le 1er janvier 2011.

Comme un bonheur n’arrive jamais seul, Vinci a obtenu la reprise de l’exploitation des aéroports de Nantes-Atlantique et de Saint-Nazaire Montoir, en plus de la conception, le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance du nouvel aéroport du Grand Ouest Notre-Dame des Landes pour une durée de 55 ans.

Ce projet ultra-moderne déposé par Vinci présente deux pistes de 2.700 et 2.900 mètres : trop courtes pour y faire atterrir des A 380, mais comme les gros porteurs ne sont pas trop à la mode, on s’en dénoyaute la cerise. Puisqu’on vous dit que c’est ultra-moderne. Faut suivre un peu.

Deux pistes pour 4 millions de passagers. Une bande de sauvages autochtones qui vit là-bas, l’ACIPA (Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport de Notre Dame des Landes) soutient qu’il n’existe aucune règle européenne allant dans ce sens. Peut-être, mais qu’est-ce qui leur dit que demain on ne va pas construire 8 pistes supplémentaires à Roissy, avec 60 millions de passagers sur 4 pistes ? Le bon sens n’est pas toujours près de chez vous, vous diront les experts.

Le projet devrait coûter 561 millions d’euros(aucun budget de dépassement n’a été prévu vu que ça n’arrive jamais sur des gros chantiers), ce qui heureusement en période de crise est une somme tout à fait modeste parfaitement employée. Ce n’est pas comme si avec 561 millions d’euros on pouvait créer des logements, financer des projets écologiques, faire de la recherche… Une paille donc, mais dans l’oeil.

La répartition de l’enveloppe globale s’établit comme suit :

  • Vinci apporte autour de 310 M€ des 441 M€ évalués pour la réalisation de la plateforme aéroportuaire qui se répartit comme tel :

– 100 millions d’euros c’est le résultat du bénéfice fait sur Nantes Atlantique entre 2010 et 2017 (sic!)
– 100 millions d’euros empruntés sur les marchés financiers cautionnés par les collectivités locales, noir sur blanc dans le cahier des charges (re-sic!)
– 100 millions d’euros des actionnaires de Vinci avec un rendement annuel de 12 %imposé.(re-re-sic!)

  • L’Etat (130,5 M€) et les collectivités publiques (115,5 M€) se sont engagés sur une contribution publique totale de 246 M€, financement partagé au travers d’un syndicat mixte comprenant :

– Les Conseils régionaux des Pays de la Loire (40,4 M€) et de Bretagne (28,9 M€),
– Le Conseil général de Loire-Atlantique (23,1 M€)
– Nantes Métropole (17,9 M€)
– La communauté d’agglomération de Saint-Nazaire (2,9 M€) et celle de La Baule-presqu’île de Guérande (2,3 M€)

On rappellera tout de même que lors du débat public de 2002-2003, le baril de pétrole (brent) était entre 30 et 40 dollars. Aujourd’hui c’est plutôt autour de 100 dollars le baril, mais ça n’a évidemment aucune sorte d’importance.

Cinq enquêtes publiques se sont déroulées du 21 juin au 7 août 2012. Quelque 400 contributions ont été déposées ou envoyées aux commissaires enquêteurs, et certains viendront chicaner sur “la précipitation à organiser l’enquête pendant l’été, avant l’entrée en application de la réforme des enquêtes publiques, ce qui a permis à l’Etat d’organiser la procédure conformément à l’ancienne règle, alors que la nouvelle aurait permis une instruction plus longue”.

Il y aura bien des pisse-froid pour venir arguer également que les centaines d’hectares requis pour le nouvel aéroport sont des zones humides, en tête de deux bassins versants, que leur artificialisation est contraire aux dispositions du SDAGE Loire Bretagne.
Que normalement ce projet ne peut satisfaire aux exigences de la loi sur l’eau, mais heureusement l’Etat et Vinci proposent une solution, dite loi-du-contournement-de-la-loi, qui permettrait de passer outre : le concessionnaire Vinci-Aéroport du Grand Ouest aurait recourt à des « unités de compensation zones humides » calculées selon des coefficients de 0,25 à 2 pour évaluer l’intensité de la réponse compensatoire des mesures.

Bon ok, c’est un peu violer la loi française et la directive européenne cadre sur l’eau, parce que normalement une zone humide détruite doit être compensée par deux hectares construits sur le même bassin versant, or ici toute la zone du projet et ses alentours sont classés en zones humides. D’accord, il n’est pas donc pas possible de compenser, l’approche retenue par AGO en termes de fonctionnalités n’est pas viable, mais bon puisqu’on vous dit que tout ça c’est pour le développement économique. L’état a bien le droit de contredire ses propres directives, sans compter qu’en 2012, on s’en fout de l’eau, après tout.

Les indemnités proposées aux propriétaires qui sont priés de dégager illico de la zone avant l’arrivée des pelleteuses sont de 16 centimes par m². Quand on sait que l’un d’eux a par exemple acheté son terrain 24 centimes par m² en 1977, ça laisse rêveur.

Il paraîtrait aussi que le marché des émissions de CO², qui renchérit le coût de l’aviation, a été omis dans les études. Comme ces trucs de CO² sont encore de lubies de baba-cools avec des fleurs sur leurs sandales en cuir, on en tiendra évidemment pas compte.

D’autres empêcheurs de bétonner en rond viendront pérorer que la concurrence du TGV n’a pas été prise en compte. Mais qui prend encore le TGV entre Nantes et Paris de nos jours ?
Et comme si la nouvelle liaison TGV Rennes-Parisprévue pour 2020-2025 allait inciter beaucoup de Rennais à prendre l’avion à Paris plutôt qu’à Notre-Dame-des-Landes. N’importe quoi.

D’autres encore vous expliquerons que la construction du tram/train depuis Nantes, estimée à 150 millions d’euros, n’est pas prise en compte dans le projet, alors que ses effets sont inclus dans le calcul de bénéfices pour la société Vinci. C’est juste parce qu’ils ne savent pas anticiper sur les bénéfices que réalise le privé à partir des investissements des deniers publics. En attendant, vous viendrez à l’aéroport en voiture et vous paierez le parking, à Vinci bien sûr, qui a obtenu le passage dans le projet de 7 000 à 11 000 places de parking tandis que les pistes ont été revues à la baisse faute de moyens.

En terme d’emploi, de drôles de sbires contestent l’étude estimant que 1000 emplois sont crées par million de passagers tout ça parce qu’elle se base sur les statistiques des trois grands hubs internationaux qui comptent également le fret, alors qu’en France, pour les aéroport régionaux la norme est de 256 emplois par million de passagers. Les gens sont vraiment tatillons quand il s’agit de leur boulot, s’en devient pénible.

A contrario, l’étude de Déclaration d’Utilité Publique nous explique – c’est un ravissement sans égal quand on fait de la politique – que l’aéroport Grand-Ouest de Notre-Dame-des-landes rapportera entre 600 et 700 millions d’euros à la collectivité. N’en déplaise à l’étude du cabinet CE-Delft de 2011.

D’ailleurs qui s’intéresse à l’avis d’un cabinet hollandais, organisme indépendant de recherche et de conseil spécialisé dans les solutions innovantes aux questions environnementale, qui alerte sur les risques d’un déficit entre 90 millions et 600 millions d’euros selon les scénarios, et auteur il y a quelques années d’un rapport ayant contribué à l’abandon de l’extension de l’aéroport d’Heathrow à Londres ? Surtout quand il conclue que l’optimisation de Nantes-Atlantique apparaît plus génératrice de richesses pour la France que la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

Franchement, on s’en fout un peu, qui va aller tenir compte de ça, sérieusement ?

Certainement pas Vinci, qui nous propose un monde merveilleux à Notre-Dame des landes :

De 4 millions de passagers à la mise en service, le trafic (actuellement 3,2 millions par an à Nantes-Atlantique) passera à “9 millions de passagers par an d’ici 2065” (ils sont aussi fins démographes). C’est promis. Vinci réduira aussi “la consommation d’énergie par 3 par passager”. Vinci utilisera des “techniques de construction innovantes pour l’ensemble du chantier”. Vinci aura un “bilan carbone positif sur la durée du projet en intégrant la construction”. Vinci est tellement balèze qu’à l’extérieur, “les jardins diffuseront les parfums spécifiques des essences locales” (si si, c’est dans le projet). Comment ne pas être émerveillé par l’odeur de la nature en patch ? Encore un peu de forcing et les agriculteurs du coin pourront même peut-être négocier des horaires de diffusion des odeurs de bouse de vache, ça leur rappellera le bon vieux temps.

Libérer des terrains de l’aéroport Nantes-Atlantique, dans cette partie sud-ouest de l’agglomération répond surtout à une logique d’aménagement global (en fait l’aéroport nous emmerde un peu dans nos projets) : “Selon l’Insee”, répète le commandeur Jean-Marc Ayrault, “Nantes accueillera 150 000 habitants supplémentaires d’ici 2030”. En urbanisme, on appelle ça régler le problème par le vide. En politique et nombre de voix, on appelle ça régler le problème par le plein.

Et qui vient d’obtenir la concession de cinq aéroports de l’Ouest, et aura le droit de construire de nouveaux quartiers sur les terrains libérés par l’ancien aéroport de Nantes Atlantique ?
Vinci, bien sûr. (Vous aviez deviné ? vous avez gagné le droit de financer le projet NDDL).

Décidément, nos politiques sont des génies, mais les gens de chez Vinci, ils sont vraiment trop forts.

PS : On me dit que sur place, le dialogue bat son plein, emmené par un Manuel Valls grand amateur de débats démocratiques. Vous pouvez donc dormir sur vos deux oreilles, en comptant les avions.

Ressources :

Notre-Dame-des-Landes : des militants PS 35 demandent l’ouverture d’un débat

Le ver est dans le Kyste! Bravo à ces militants qui osent desserrer leur muselière! 

Une lettre signée par plusieurs dizaines de militants socialistes d’Ille-et-Vilaine devrait atterrir, dans les prochains jours, sur le bureau de la direction du PS départemental. Les initiateurs du courrier demandent l’ouverture au sein de la fédération d’un « débat » concernant le projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

Parmi eux, Jean-Claude Roger, membre la section socialiste de Janzé, estime que « les militants ne sont pas assez informés du projet » et que les différentes positions à ce sujet « ne sont pas relayées » au sein du Parti socialiste.

Le dit courrier, qui circule actuellement parmi les adhérents locaux du PS, se pose en contradiction avec la ligne officielle des instances socialistes à propos du dossier Notre-Dame-des-Landes.

Le mensuel de Rennes 23 /11/2012

http://www.rennes.lemensuel.com/actualite/article/2012/11/23/notre-dame-des-landes-des-militants-ps-demandent-louverture-dun-debat-13288.html

Fessenheim: l’Etat est dans une situation schizophrénique

PARIS – Deux associations anti-nucléaires alsaciennes, soutenues par le réseau Sortir du nucléaire, ont défendu jeudi à Paris la fermeture de la centrale de Fessenheim pour des raisons de sûreté, jugeant que l’Etat, actionnaire majoritaire d’EDF, était dans une situation schizophrénique. AFP 22/11/2012

Nous estimons que Fessenheim doit être arrêtée tout de suite au nom de la sécurité des populations, a déclaré lors d’une conférence de presse André Hatz de Stop Fessenheim, après avoir passé en revue les faiblesses de la plus vieille centrale de France.

Fessenheim est située sur une zone sismique et ne serait plus construite aujourd’hui à cet endroit, a expliqué le militant anti-nucléaire.

La centrale est aussi exposée à des inondations car située 9 mètres en dessous du niveau du grand canal d’Alsace qui la jouxte, et le radier (socle de béton soutenant un réacteur) a été jugé trop faible par l’Autorité de sûreté nucléaire, a relevé M. Hatz.

Pour lui, comme pour Jean-Jacques Retig, membre de l’association La sauvegarde Fessenheim et de la Plaine du Rhin, l’Etat est dans une situation schizophrénique car d’un côté, il s’est engagé à fermer Fessenheim et de l’autre, il est actionnaire à 84% d’EDF qui veut dépenser des millions pour pouvoir poursuivre l’activité sur ce site.

Le chef de l’Etat François Hollande s’est engagé à fermer Fessenheim d’ici fin 2016 et à ramener de 75 à 50% la part du nucléaire dans le mix électrique français d’ici 2025.

Mais dans le cadre de l’examen du parc nucléaire français, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé un renforcement des installations de Fessenheim (Haut-Rhin), qui coûteraient au moins une vingtaine de millions d’euros.

Le creusement d’un puits pour avoir un deuxième source d’eau froide, en plus du grand canal d’Alsace, doit être effectif d’ici le 31 décembre 2012. Ces travaux ont débuté.

Le deuxième pan de travaux obligatoires pour une poursuite de l’activité est le renforcement du radier, le socle de béton sur lequel repose un réacteur. Cela doit être fait, selon l’ASN, avant le 30 juin 2013.

Nous ne pouvons pas attendre 2016 pour fermer Fessenheim, car le risque de tremblement de terre a été mis en avant par François Hollande pendant la campagne, a renchéri Jean-Jacques Rettig.

Les deux associations, soutenues par le réseau national Sortir du nucléaire auquel elles appartiennent, ainsi qu’Alsace Nature et Stop Transports-Halte au nucléaire ont rendu publique jeudi une lettre adressée à Delphine Batho, la ministre de l’Ecologie et de l’Energie.

Dans ce courrier, elles appellent le gouvernement à utiliser la procédure d’urgence permettant d’arrêter une centrale par décret pour raison de sûreté, indépendamment du démantèlement qui peut avoir lieu plus tard.

Elles soulignent que la procédure classique, plébiscitée par l’ASN, qui consiste à une demande d’arrêt par l’exploitant lui-même et qui prend cinq ans n’est pas la seule existante.

Le gouvernement a annoncé mi-octobre qu’il désignerait une personnalité qualifiée pour préparer la fermeture anticipée de Fessenheim, mise en service en 1977.

EDF

(©AFP / 22 novembre 2012 18h44) 

Du nucléaire partout en Afrique ? en veux-tu ? en voilà !!

Le Kenya avance vers le nucléaire. Kenya – Afrique du sud- Algérie – Nigéria- Egypte- Maroc – Angola – Namibie- Sénégal sont promis à un avenir irradieux.… L’accident de la centrale de Fukujima ne fait pas reculer le Kenya dans son désir de passer au nucléaire. Le Comité de gestion du projet d’électricité nucléaire (NEPC) du Kenya vient de retenir deux sites qui pourraient accueillir lesd eux premières centrales. Malango actualités 14 Novembre 2012

Vendre des centrales nucléaire en Afrique ou l’art de vendre des frigidaires aux esquimaux….. Il est toujours vrai qu’on ne se souvient des pays oubliés que pour les exploiter!

Le Volcan Navbiotum, situé sur la rive sud du lac Turkana au Kenya et à l’extrémité du Great Rift Valley d’Afrique de l’Est. La vallée est une région volcanique réputée active.
© french.china.org.cn

 Deux zones ont donc été retenues pour accueillir éventuellement les deux premières centrales kenyanes. Elles se situent toutes deux à proximité d’importantes masses d’eau, l’une dans la région du lac Turkana, la seconde près du Lac Victoria et toutes deux hors de tout risque sismique ou volcanique. «Nous ne pouvons pas dire avec certitude que ce sont les lieux définitifs, avant que nous obtenions les résultats de l’étude scientifique, mais pour l’instant ils sont les candidats les plus probables pour débuter le programme», a déclaré Ochillo Ayacko, directeur exécutif NEPC.«Nous n’allons pas tous arrêter de conduire une voiture juste parce qu’il y a eu un accident. Le programme d’énergie nucléaire est faisable et sans risques» a rétorqué Mohamed Mohamud, le numéro 2 du Ministère de l’Energie à ceux qui lui oppose les accidents dans les centrales nucléaire, celle de Fukujima notamment.

Mohamed Mohamud affirme que le passage au nucléaire permettra de réduire le coût de l’électricité tout en couvrant 19% des besoins du pays en énergie électrique.

Le dossier nucléaire avance donc rapidement au Kenya puisque ce n’est qu’en avril 2010 que cette éventualité acommencé à être discutée. L’AIEA avait donné son feu vert moins d’un an auparavant. Le directeur général de l’AIEA, Mohammed El Baradei, avait déclaré à l’époque que «le Kenya pourrait avoir d’autres sources d’énergie, mais pour obtenir une industrialisation plus rapide, il y a lieu de développer l’énergie nucléaire ».

Si le projet abouti, le Kenya serait le troisième pays africain avec l’Afrique du Sud et l’Algérie à entrer dans le cercle des pays utilisateurs du nucléaire. D’autres devraient leur emboîter le pas, comme le Nigeria où le projet est bien avancé. L’Egypte veut construire d’ici 2020 au moins une centrale nucléaire de 1000 mégawatts, le Maroc s’est équipé d’un réacteur nucléaire pour préparer la phase de la centrale nucléaire ; l’Angola, le Nigeria, et même la Namibie et le Sénégal qui ne sont pas au même niveau de PIB ont également des projets dans ce sens.

http://www.malango-actualite.fr/article/kenya-le_kenya_avance_vers_le_nucleaire-9174.htm

Voir aussi:

http://www.areva.com/FR/groupe-596/afrique-et-moyenorient-des-marches-prometteurs.html

Sortir du nucléaire: « inacceptable feu vert » du gouvernement au projet Iter

Le réseau Sortir du nucléaire a dénoncé lundi l' »inacceptable feu vert » du gouvernement à Iter, projet de réacteur expérimental international à fusion nucléaire en construction à Cadarache (Bouches-du-Rhône) dont le décret d’autorisation est paru au Journal officiel. AFP  le 12.11.2012

« Par son soutien à cette dangereuse chimère technologique, aussi coûteuse qu’inutile, (le gouvernement) confirme sa politique du fait accompli et sa vision bien particulière de la transition énergétique », a affirmé l’organisation antinucléaire dans un communiqué.

EPR, ITER, ASTRID…circulez! y a rien à voir, le Gouvernement décide du tout nucléaire comme avant..
Alors que le débat national sur l’énergie n’a pas encore commencé, le Gouvernement a cependant choisi d’autoriser, par un décret du 9 novembre 2012, la création du projet « ITER ». Georges Charpak; prix Nobel de physique pensait que de ce réacteur nucléaire est  « hors de prix et inutilisable ».

Samedi est paru au Journal officiel un décret autorisant l’organisation internationale Iter à créer une installation nucléaire de base près du site de Cadarache, sur la commune de Saint-Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône), assorti de l’avis favorable de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Projet étalé sur 35 ans, Iter, qui vise à faire de la fusion thermonucléaire une source d’énergie illimitée en produisant des températures de l’ordre de 100 millions de degrés, se veut une solution de rechange à la fission de noyaux d’atome lourds des centrales actuelles, source de déchets.
Le chantier a débuté en août 2010, mais l’obtention d’un premier plasma n’est pas attendue avant fin 2020.
« Iter va venir s’ajouter à la liste des projets nucléaires pharaoniques et voués à l’échec, tels Superphénix et le réacteur EPR », estime le Réseau Sortir du nucléaire, qualifiant le projet de « gouffre financier » et de « dangereuse chimère technologique ».
Depuis son lancement, le projet a vu son coût tripler. En 2011, Iter Organization avait chiffré le coût à environ 12,9 milliards d’euros.

« Il y a des retombées économiques pour notre pays considérables et surtout c’est un projet de recherche », a rétorqué lundi la ministre de l’Ecologie Delphine Batho au micro de RTL.
« Iter, c’est un engagement international de la France, c’est un projet qui implique aussi le Japon, les Etats-Unis, la Chine, l’Inde », a-t-elle ajouté, précisant que « la France participe pour 9% à ce projet, dans son financement ».

 

Jeudi: En fait, la France participe pour 20% des financements européens dans  ce projet, voir 1er article ci dessous 

Voir aussi:  ITER: Le parlement européen rallonge de 650 millions d’euros

http://www.terraeco.net/Quand-Georges-Charpak-s-opposait,12719.html

L’Église apporte sa contribution au débat public sur la gestion des déchets nucléaires

En marge de l’assemblée des évêques, le groupe de réflexion constitué à l’initiative de Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes et président de Pax Christi-France, a présenté à la presse ce mercredi 7 novembre à Lourdes l’état de sa réflexion sur la gestion des déchets nucléaires. La Croix 7 nov 2012

Il était temps en effet que ceux qui ont une responsabilité spirituelle dans ce pays s’expriment sur le sujet du nucléaire.

Au Japon et suite à la catastrophe de Fukushima, les évêques et des bouddhistes ont pris position sur le sujet pour le respect de la vie humaine;  voir les liens en bas de cet article. AJ

La démarche est née d’une interpellation lancée à l’Église pour qu’elle prenne position au sujet de la construction d’un centre d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, petit village meusien aux confins de la Haute-Marne et des Vosges.

« Plutôt que de prendre position, nous avons préféré faire surgir les questions que pose une gestion des déchets par enfouissement pour aider le discernement de ceux qui auront à se prononcer au moment du débat public au cours de l’année 2013 », explique Mgr Stenger, qui situe cette réflexion dans l’esprit du document produit par le groupe de travail Écologie et foi de la conférence épiscopale et publié sous le titre Enjeux et défis écologiques pour l’avenir .

« DÉGAGER LE DÉBAT DE SES ORNIÈRES IDÉOLOGIQUES »

« Les documents produits, souligne Mgr Philippe Gueneley, évêque de Langres, sont une invitation à la réflexion faite au plus grand nombre, pour que le débat ne soit pas accaparé par quelques spécialistes ou quelques associations militantes. » « L’Église a voulu participer à un débat qui s’avère complexe et bien souvent technique, parce les enjeux sont de nature éthique », poursuit Mgr Jean-Paul Mathieu, évêque de Saint-Dié. « Sur ce dossier des déchets nucléaires, poursuit-il, la difficulté est de repérer les enjeux pour l’humain à très long terme. »

Les enjeux économiques ne sont pas à négliger, note Mgr François Maupu, évêque de Verdun, le plus directement concerné par le projet. Les compensations financières prévues pour les communes situées autour du site d’enfouissement sont en effet loin d’être négligeables et peuvent occulter d’autres enjeux.

Le groupe de travail souhaite que les documents qu’il a produits – un texte d’une trentaine de pages et une note de synthèse – fassent l’objet de rencontres et de débats « dans une écoute respectueuse de la diversité des points de vue et dans le souci d’être au service de l’homme et la vérité ».
Cette phase de confrontation n’a pas encore commencé. Mgr Maupu note toutefois que l’engagement de l’Église sur le dossier a déjà permis de dégager le débat de ses ornières idéologiques et de sortir de « plus de dix ans de dialogue de sourds » entre partisans et opposants au projet.

Compléments:

http://catholique-troyes.cef.fr/spip/GESTION-DES-DECHETS-NUCLEAIRES

http://catholique-troyes.cef.fr/spip/IMG/pdf/GESTION_DES_DECHETS_NUCLEAIRES_Synthese.pdf

Source:

http://www.la-croix.com/Religion/Urbi-Orbi/France/L-Eglise-apporte-sa-contribution-au-debat-public-sur-la-gestion-des-dechets-nucleaires-_NG_-2012-11-07-873067

Voir aussi

Japon : Les évêques veulent sortir du nucléaire

Au Japon, le président du principal mouvement bouddhiste s’élève contre le nucléaire

EON quitte la Finlande et un projet de centrale nucléaire

Le groupe énergétique allemand EON a décidé de vendre ses 34% dans le spécialiste finlandais du nucléaire Fennovoima, monté pour bâtir la troisième centrale nucléaire du pays, ont annoncé mercredi les deux sociétés. Nous avons décidé de concentrer nos ressources en priorité en Suède et au Danemark, a affirmé le directeur d’EON Suède, Jonas Abrahamsson, cité dans un communiqué qui annonce également la vente des 20% d’EON dans le gazier finlandais Gasum. EON n’a pas donné de calendrier pour cette vente des 34% de Fennovoima, ni d’estimation de la valeur de l’entreprise. L’autre actionnaire actuel (à 66%) est un consortium d’entreprises et investisseurs finlandais appelé Voimaosakeyhtiö SF. Ces deux actionnaires ont engagé des discussions sur l’actionnariat futur, a indiqué Fennovoima. L’entreprise a été fondée en 2007 pour bâtir une centrale à Hanhikivi, sur la côte Ouest de la Finlande, dans une région peu densément peuplée à près de 500 km au nord d’Helsinki. Le français Areva, qui propose un réacteur à eau pressurisée (EPR) d’une capacité de 1700 mégawatts, et le japonais Toshiba, qui compte construire un réacteur à eau bouillante (ABWR) de 1600 MW, sont en concurrence. Fennovoima doit choisir entre les deux en 2013. L’annonce du départ d’EON a réjoui les opposants au nucléaire. Ils ont dit espérer qu’une autre centrale projetée par Fennovoima, qui, contrairement à Hanhikivi, n’a pas encore été approuvée par le gouvernement ne soit jamais bâtie. Ce projet devient par là même caduc. L’énergie nucléaire est trop chère et risquée, a estimé sur Twitter la parlementaire verte Anni Sinnemäki. (©AFP / 24 octobre 2012 14h24)

« Notre-Dame-des-Landes, au cœur de la lutte » le film

Construire un aéroport transatlantique taillé sur mesure pour le Concorde, à 27 kms au nord de la rocade de Nantes, à Notre-Dame-des-Landes ! Oublié un temps, ce vieux projet qui remonte aux Trente Glorieuses renaît de ses cendres à la fin des années 90 sous la houlette de Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes. 

Les paysans conduisent la « révolte » contre ce projet qui mangera 2 000 ha de terres, soit en une opération l’équivalent des terres agricoles qui disparaissent chaque année en Loire-Atlantique. 

Julien Durand, Michel Tarin, Sylvain et Brigitte Fresneau, Marcel et Sylvie Thébault nous racontent leur lutte au quotidien contre un projet jugé coûteux et inutile, écologiquement irresponsable. Ils sont rejoints pas Hervé Thébaud et Françoise Verchère, respectivement pilote de ligne et élue, également farouchement opposés au déménagement de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique. 

Plus qu’une simple opposition, cette lutte révèle les questionnements de citoyens engagés sur les motivations réelles de ce projet. C’est au fil de la lutte un apprentissage de la démocratie et une véritable alternative de société qui se dessine, le projet aéroportuaire devenant le symbole d’une société dispendieuse tournée vers le passé. 

Le projet est aujourd’hui dans sa phase pré-opérationnelle, les démarches d’expropriations sont en cours, la tension à son comble mais Julien, Michel, Sylvain, Brigitte, Marcel, Sylvie ne lâcheront rien car ils sont persuadés que la victoire les attend au bout de cette lutte emblématique. Comme des milliers d’autres, rejoignez-les !

Les réalisateursChristophe Kergosien et Pierrick Morin sont des militants écologistes, en aucun cas des professionnels du cinéma. Ils travaillent tout deux par ailleurs. Il y a moins d’un an, ils ouvrent un blog, l’Agora de Bretagne, avec un objectif : valoriser par l’image les actions de terrain. Leurs films, entretiens, reportages, réalisés à leurs frais et sur leur temps libre, sont systématiquement libres de droit. Ainsi, ils apportent une valeur ajoutée aux initiatives et de nouveaux outils aux acteurs de terrain. 

pour les joindre : 06 47 00 63 35 ou par mail lagoradebretagne@free.fr

http://www.lagoradebretagne.fr/arti…

Onze organisations nationales interpellent Ayrault sur l’aéroport nantais

Onze organisations nationales dont Greenpeace, Les Amis de la Terre, Réseau action climat, la Condéfération paysanne ou Attac ont interpellé jeudi Jean-Marc Ayrault au sujet du projet d’un nouvel aéroport à Nantes et dénoncé la « brutalité » des expulsions en cours. 25/10/12 – 19 h 30 AFP – FRANCE

« Nous appelons le Premier ministre à remettre en cause ce projet d’aéroport qui aura une incidence significative sur le budget de l’Etat, un impact irréversible sur plus de 2.000 hectares de zones humides et terres agricoles et sur nos émissions de gaz à effet de serre », ont déclaré les 11 organisations lors d’une conférence de presse à Paris.

Elles apportent « un soutien plein et entier » aux opposants au projet de nouvel aéroport, qui doit voir le jour en 2017 et remplacer l’actuel aéroport, et veulent en faire « un enjeu national ».

« Nous appelons avec la plus grande fermeté le gouvernement à cesser les expulsions des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes », ont-elles poursuivi, ajoutant que « le déploiement de force auquel nous assistons actuellement à Notre-Dame-des-Landes ne fait que renforcer notre détermination à contester ce projet d’infrastructure ».

Depuis une semaine, les forces de l’ordre procèdent sur le terrain destiné au futur aéroport à des expulsions de maisons illégalement occupées et à des destructions de ces habitations.

Une lettre ouverte a été adressée jeudi au Premier ministre Jean-Marc Ayrault par les onze organisations (Agir pour l’environnement, Attac, Réseau action climat, Générations futures, Les Amis de la Terre, Confédération paysanne, Greenpeace, Solidaires, Fnaut, Paysages de France, Droit au logement).

M. Ayrault, ex-maire de Nantes, a soutenu ce projet de nouvel aéroport qui est poussé par les dirigeants locaux socialistes et UMP.

Au niveau local et national, EELV, le Parti de Gauche et le MoDem y sont opposés.

Pour Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace, « ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes, c’est un nouveau signal négatif envoyé par le gouvernement à la veille d’un grand débat sur la transition énergétique ».

« Après la reprise des forages en Guyane, le départ précipité de Nicole Bricq (ex-ministre de l’Ecologie), les provocations d’Arnaud Montebourg sur le nucléaire et les gaz de schiste et la conférence environnementale qui n’a pas répondu à l’urgence, le débat semble mal parti avant même d’avoir débuté », a estimé le responsable de Greenpeace France.

Pour Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’environnement, « participer à un débat avec parallèlement des interventions policières et des expulsions, ça devient compliqué ».

Philippe Colin, porte-parole de la Confédération paysanne, a dénoncé « une contradiction entre les beaux discours sur la volonté de ralentir l’artificialisation des sols et la volonté de prendre possession de ces terres ».

 

AFP