QUAND LE GOUVERNEMENT S’EMBOURBE À NOTRE-DAME-DES-LANDES

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Par Pierre Thomé. 27/11/2012 


Militant de gauche de longue date, passionné par les mouvements sociaux et les alternatives proposées par l’économie sociale et solidaire, il est aussi auteur de « Créateurs d’utopies. Démocratie, autogestion, économie sociale et solidaire » (2012, éditions Yves MICHEL).

Depuis samedi dernier (17 novembre 2012) ministres, et non des moindres tels E. Valls, N. Belkacem…, et leaders du Parti socialiste s’emmêlent les pieds avec des rappels virulents à la loi, au droit, précisant qu’il s’agit de lois décidées par des instances démocratiques. Tout cela paraît bien vain au regard des enjeux écologiques, économiques et politiques soulevés par l’implantation d’un aéroport pharaonique à Notre-Dame-des-Landes (NDDL). La contestation, par définition, s’oppose à des lois ou règlements jugés inappropriés. Les lois, même décidées par des instances démocratiques, ne sont pas pour autant forcément justes ou adaptées à la situation du moment et la désobéissance civile devient alors nécessité et « nécessité n’a point de loi ! ».

http://gensol.arte.tv/blog/2012/11/27/quand-le-gouvernement-sembourbe-a-notre-dame-des-landes/

Notre Dame des Landes: communiqué de l’équipe médicale du 24 novembre 2011

Après les affrontements particulièrement violents du week-end, les opposants au projet d’aéroport dénombrent « une centaine de blessés ». 

Des dizaines de personnes convergaient à nouveau lundi matin vers « la Châtaignerie », à Notre-Dames-des-Landes, pour soutenir les opposants au projet d’aéroport, qui ont réinvesti des cabanes évacuées vendredi 23 novembre. Une quarantaine de tracteurs sont enchaînés autour de ce terrain appartenant à un agriculteur qui n’a pas encore été exproprié. Après un week-end de violence, les forces de l’ordre sont de nouveau intervenues sur le site pour « déblayer des gravats » d’une ferme détruite vendredi (le Rosier), selon la préfecture citée par l’AFP. Les gendarmes mobiles se sont déployés en début d’après-midi autour des « barricades du Far West », qui bloquent la route départementale D42 depuis près de trois semaines. Au terme des affrontements violents qui ont eut lieu samedi, la préfecture de Loire-Atlantique dénombrait 4 blessés du côté des opposants et 2 parmi les gendarmes. Le cas d’un CRS blessé par un jet de pavé faisait, quant à lui, le tour des médias samedi.

« Depuis des semaines d’occupation et de harcèlement policier et militaire, alors que nous continuons à défendre la zone du bétonnage programmé, nous avons atteint aujourd’hui, samedi 24 novembre, un pic de violence avec une centaine de blessé.e.s, dont une trentaine graves pris en charge à l’infirmerie de l’équipe medic établie à la Vache rit, l’une des nombreuses équipes de soins sur la zone.

On dénombre une vingtaine de personnes touchées par des éclats de grenades assourdissantes, aux jambes, aux bras, à la lèvre, au bas ventre. Ces bouts métalliques ou plastiques entrent dans les chairs, on peut rarement les extraire, et ils restent souvent à vie.

Les grenades assourdissantes sont censées être utilisées selon un protocole précis : notamment en cas d’encerclement des forces de l’ordre, et en direction du ciel, ce qui n’était clairement pas le cas aujourd’hui. Les gendarmes mobiles les utilisent de façon à ce qu’elles explosent à côté ou sur les manifestants, provoquant des blessures graves.

Une personne a été touchée au bas ventre par un éclat d’une de ces grenades offensives, provoquant un gros hématome et des lésions internes. On constate chez deux personnes 10 impacts chacune dans les jambes. Une personne risque de perdre son oeil droit. On constate également une plaie au tympan due à un tir de grenade, provoquant une surdité brutale. Suite à des tirs tendus de flashball, on dénombre quatre blessures au thorax, avec fractures de côtes et état de choc, de multiples blessures aux jambes et aux mains, une blessure hémorragique au visage. Et de nombreux.ses autres blessé.e.s.

Il était difficile d’évacuer les blessé.e.s les plus graves par ambulance ou par véhicule particulier suite aux différents barrages de police. Ces scènes de défilé ininterrompu de blessé.e.s du matin au soir ravive dans nos mémoires le souvenir de l’action de masse contre les pylônes THT (Très Haute Tension) dans la Manche le 24 juin 2012 pendant laquelle les forces de l’ordre ont fait l’usage démesuré des mêmes armes, faisant plus d’une vingtaine de blessé.e.s en une heure.

L’habituelle stratégie de frapper fort celles et ceux qui résistent à leurs plans de destructions ne semble pas fonctionner ici à Notre-Dame-des-Landes. La force et la détermination est bien vive sur les visages. Nous ne lâcherons rien. »

Même les CRS en ont marre de Notre-Dame-des-Landes

« Aéroport Notre-Dame-des-Landes : maintenant ça suffit. » Les flics avec eux ? Pas tout à fait.

Le syndicat Unité-SGP Police (majoritaire chez les gardiens de la paix) publieun tract sur Facebook pour s’élever contre la désorganisation des opérations policières à Notre-Dame-des-Landes.

« Cette gestion au coup par coup va-t-elle durer jusqu’au décollage du premier avion prévu en 2017 ? » s’interroge la branche CRS du syndicat. Camille Polloni | Journaliste Rue89 le mardi 27 novembre 2012 

Tract d’Unité-SGP Police, le 27 novembre 2012 

Selon le tract, les CRS n’ont « aucune visibilité dans les durées des déplacements », courent « des risques accrus » et subissent « une fatigue importante », tandis qu’ils comptent désormais « plusieurs blessés dont un dans [nos] rangs ». Désormais, ça râle des deux côtés du cordon.

La semaine de la confusion

C’est la semaine de la confusion : lundi après-midi, une dizaine de gendarmesse sont déguisés en manifestants pour lancer l’assaut sur une barricade. Alors qu’un garde mobile, photographié par Rennes TV, arborait ce mardi un autocollant « Non à l’aéroport » sur la poitrine.


Le « tweet » de Rennes TV (@RennesTV/Twitter)

Conférence sur le climat: EELV craint un « nouvel échec » à Doha

Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) a déclaré lundi craindre que la conférence de Doha (Qatar) sur le climat soit « un nouvel échec et qu’aucun accord n’y intervienne quant à l’avenir du protocole de Kyoto ».

« Tout laisse penser, à ce stade, que cette conférence pourrait être un nouvel échec, et qu’aucun accord –ou, pour le moins, aucun accord solide– n’y interviendrait quant à l’avenir du protocole de Kyoto conclu en 1992 », déclare EELV dans un communiqué. AFP  26/11/2012 

Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) a déclaré lundi craindre que la conférence de Doha (Qatar) sur le climat soit "un nouvel échec et qu'aucun accord n'y intervienne quant à l'avenir du protocole de Kyoto". 

Urgent Ayraultport: l’Acipa appelle à la mobilisation dès 05h00 lundi matin

Appel à mobilisation demain lundi 26 novembre sur le site de la Châtaigneraie

Dans un communiqué dimanche soir, l’Acipa a appelé les opposants au projet d’aéroport soutenu par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, à occuper la ZAD « lundi 26 novembre sur le site de la Châtaigneraie dès 5H00 du matin et au plus tard avant 9H00 pour protéger les cabanes ré-occupées et les 40 tracteurs arrivés sur les lieux et enchaînés autour».
  • Le petit déjeuner est prévu.
  • Un point presse est prévu à 11h sur le site.
Soyez mobilisés toute la semaine ! Venez donner un coup de main pour les reconstructions ! Continuez à approvisionner en nourriture et bois de construction.
Le local du Syndicat à côté de la mairie de Notre Dame des Landes est toujours ouvert dès 9h.

Notre-Dame-des-Landes : le gouvernement ne convainc pas

La colère des opposants au projet ne faiblit pas malgré le « souci d’apaisement » exprimé la veille par Matignon. Le « souci d’apaisement » exprimé samedi par le gouvernement face aux opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes n’atténuait pas la colère des anti-aéroport dimanche 25 novembre après une nouvelle nuit d’affrontements. En parallèle, des élus de Loire-Atlantique aux aussi opposés au projet ont été reçus en préfecture après s’être enchaînés aux grilles du bâtiment. Par  le 25-11-2012 

A Notre-Dame-des-Landes, samedi 24 novembre 2012. (AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD)

A Notre-Dame-des-Landes, samedi 24 novembre 2012. (AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD)

 
Les opposants posent leurs conditions

Dominique Fresneau co-président de l’Acipa, la principale organisation d’opposants au projet, visiblement en colère après la poursuite des heurts dans la nuit de samedi à dimanche, a posé dimanche comme condition à toute négociation un « retrait » des forces de police. « Le Premier ministre veut amener des mesures d’apaisement alors que c’est lui qui a allumé des incendies partout », a-t-il dit lors d’un point presse avant d’ajouter: « Il va falloir que l’apaisement soit réel ».

L’annonce samedi soir par Matignon de la mise en place d’une « commission du dialogue » au sujet de l’aéroport, est intervenue après deux jours de violents heurts entre forces de l’ordre et opposants. Plusieurs personnes ont été blessées dont un CRS qui a perdu connaissance après avoir été touché par un pavé à Nantes.

« Pas d’apaisement avec une présence massive militaire »

La même exigence de retrait des forces de police a été formulée dimanche du côté du CeDpa (Comité des élus opposés à l’aéroport. « On ne peut pas parler d’apaisement s’il continue a y avoir une présence massive militaire », a déclaré Françoise Verchère membre du Parti de gauche et co-présidente du CeDpa. « Nous n’irons pas si cette commission vient nous expliquer que nous n’avons pas compris », a-t-elle ajouté en réponse au gouvernement qui continue de juger le projet nécessaire.

Des élus mobilisés devant la préfecture

Moins d’une dizaine d’élus se sont enchaînés aux grilles de la préfecture pendant environ une heure en début d’après-midi. Au total, près de 70 élus manifestaient devant le bâtimente. Les élus, d’étiquettes diverses, Parti de Gauche, EELV, Modem ou encore indépendants ont ensuite été reçus à l’intérieur de la préfecture.

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a réagi dimanche en marge d’un déplacement en Corse en assurant : « Il n’y a jamais de conditions au dialogue ». « Ce projet doit se faire avec le temps et avec le dialogue ». De son côté, Europe Ecologie-Les Verts, opposé au projet d’aéroport mais présente dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, a estimé que l’annonce de Matignon est « une excellente nouvelle ».

Mais le Parti de Gauche a estimé que « 40 jours de répression pour une commission, le compte n’y est pas ! ». A l’autre bout de l’échiquier politique, l’ex-Premier ministre Alain Juppé a qualifié dimanche sur Europe 1 de « reculade » l’annonce du gouvernement. « Il ne s’agit aucunement de revenir sur le projet d’aéroport », lui a rétorque Najat Vallaud-Belkacem. « En revanche, il est pris acte qu’il y a des divergences d’interprétation sur l’impact de ce projet sur l’environnement et pour lever ces divergences, cette commission du dialogue servira à exposer à toutes les parties prenantes la réalité des travaux réalisés, de leur impact sur la biodiversite », a expliqué la porte-parole du gouvernement.

« Renforcer la mobilisation »

Sur le terrain, l’appel au dialogue de samedi soir n’a pas empêché les autorités de poursuivre les opérations visant des barrages d’opposants au cours de la nuit. Selon Patrick Lapouze, le directeur de cabinet du préfet de Loire-Atlantique, ces opérations « sporadiques » ont duré « une partie de la nuit ». Il a aussi indiqué qu’il n’y a pas eu de blessés et qu’une seule personne a été interpellée dans la nuit avant d’être relâchée.

Selon plusieurs sources proches des opposants, des dizaines de personnes auraient été blessées depuis vendredi. Une information qui n’est pas confirmée par les pompiers de Loire-Atlantique, qui e font état d’aucune intervention liée à Notre-Dame-des-Landes au cours de la nuit passée.

Les premiers travaux repoussés

Par ailleurs, peu avant l’annonce de Matignon samedi, le gouvernement avait fait savoir que les premiers travaux de défrichement prévus en janvier 2013 pourraient être reportés de six mois. Les autorités assurent vouloir renforcer les procédures en faveur de l’environnement.

Dimanche vers 13 heures, le groupe d’opposants (ZAD) qui se sont installés sur le site sans droits ni titre pour protester contre le projet d’aéroport, a tenu un pique-nique sur place. Samedi, ils avaient précisé dans un communiqué que leur objectif restait « l’arrêt définitif du projet ».

ND-des-Landes. Jean-Marc Ayrault annonce la création d’une «Commission du dialogue»

En dépit des affrontements qui ont émaillé l’après-midi dans le bois de Rohanne à Notre-Dame-des-Landes, après la manifestation qui a rassemblé 3 500 personnes à Nantes, les signes de sortie de crise se sont multipliés dans la journée.

D’abord Europe Ecologie les Verts a pris acte des engagements du gouvernement de ne pas entamer les travaux de défrichement avant au moins 6 mois. Cette décision, a dit le patron d’EELV est «un premier signe d’ouverture».

Ensuite, en milieu de soirée, le premier ministre en personne, annonçait que «dans un souci d’apaisement, le gouvernement confiera dès la semaine prochaine à une commission du dialogue le soin d’exposer ce projet et d’entendre toutes les parties prenantes.»

Cette commission devrait être composée de trois personnalités incontestables dont les noms n’ont pas été révélés pour l’instant. samedi 24 novembre 2012 AFP

Un opposant au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes fait face à un gendarme, sur le futur terrain de l'aéroport, le 24 novembre 2012.

Un opposant au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes fait face à un gendarme, sur le futur terrain de l’aéroport, le 24 novembre 2012.

(JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

Aéroport de Paris-Vatry – 220 millions d’euros envolés !

En dépit de l’énorme somme d’argent public engloutie, le trafic est toujours largement inférieur aux objectifs fixés. L’ambition était grande. Peut-être trop.

L’aéroport de Paris-Vatry fête ses dix ans, mais l’heure n’est pas encore aux réjouissances. Au milieu des champs de betteraves de la Marne, les avions ne se bousculent pas. Derrière les grilles de sécurité, le tarmac est désert.

Seuls quelques appareils en bout de course, destinés à être détruits, y stationnent. Devant le terminal passagers, le parking, bien que gratuit, reste désespérément vide. Même chose du côté des deux terminaux fret. En cet après-midi pluvieux, pas une marchandise ne transite dans cet aéroport fantôme. France Soir 23 mars 2010

Ouvert en 2000, il a pourtant coûté, en une décennie, la bagatelle de 220 millions d’euros, financés à 80 % par le conseil général, grâce au jackpot de la vignette automobile. « Il s’agit du seul aéroport construit en France depuis 1975 », explique René-Paul Savary, président du conseil général de la Marne. Le département n’a donc pas fait les choses à moitié. Classé en catégorie A, Paris-Vatry est non seulement ouvert 24 heures sur 24 mais encore capable d’accueillir les plus gros porteurs, tel l’A380, grâce à une piste de près de 4.000 mètres. Problème : le tout a été bâti sans la moindre étude de marché. Aujourd’hui, le géant des airs d’Airbus ne se pose à Vatry que pour des vols d’entraînement.

Dans le rouge

Alors que le fret lui avait permis d’arriver péniblement à l’équilibre en 2008, Paris-Vatry doit aujourd’hui faire face à la crise. Ses deux principaux clients, la compagnie allemande DHL et l’anglaise Avient, ont plié bagage l’année dernière, laissant le gestionnaire de l’aéroport, la Seve, dans le rouge. « L’objectif fixé pour 2010 était d’arriver à 150.000 tonnes de fret. Nous avons relevé un trafic inférieur à 40.000 tonnes », explique Eric Thévenon, président de la chambre régionale des comptes de Champagne-Ardenne. Les mouvements se limitent actuellement à cinq ou six vols de fret par semaine, à destination de la Libye et de l’Afrique équatoriale. Le trafic passagers est quant à lui presque inexistant. Seuls quelques hommes d’affaires ou des équipes sportives locales transitent occasionnellement par Vatry. Au total, ce sont à peine plus de 3.000 passagers qui sont partis de Vatry en 2009, quand l’aéroport de Beauvais (Oise), à 70 kilomètres au nord de Paris, en transportait 2,5 millions.

Projet génial ou projet de fou ?

A la fin de l’année dernière, Youssef Sabeh, directeur de l’aéroport, a été remplacé. Ce débarquement aux allures de sanction n’en est pourtant pas une, à en croire les propos de René-Paul Savary. « Sa mission était d’arriver à l’équilibre, et il a réussi. Son remplacement était prévu avant la crise », explique-t-il. Son successeur, Gilles Darriau, doit maintenant remonter la pente.

L’aéroport envisage donc de prendre une nouvelle direction en se lançant dans le low cost. « Nous avons un pourcentage de pénétration des compagnies low cost inférieur à celui de nos voisins européens. Il y a des parts de marché à prendre », affirme le président du conseil général. Et à cette fin le département met une nouvelle fois la main à la poche, en attribuant une enveloppe de 750.000 euros au développement de ce secteur. Une situation qui commence à irriter une partie du conseil général. « Un projet génial et un projet de fou, ça se ressemble, résume Eric Kariger, conseiller général du département. J’étais prêt à laisser Vatry à un opérateur privé pour 1 euro symbolique. On ne peut pas jouer avec l’argent public indéfiniment. Il faut aller chercher la solidarité au niveau national. On n’a pas les reins assez solides. » Selon lui, seul un raccordement à une ligne TGV pourrait désormais sortir Vatry du gouffre.

Aéroport de Vatry : le conseil général de la Marne se retire

mardi 20 novembre 2012 

Un partenaire privé est recherché pour gérer et promouvoir l'aéroport de Vatry

Un partenaire privé est recherché pour gérer et promouvoir l’aéroport de Vatry

L’avenir de l’aéroport de Vatry est-il menacé ? Oui, si l’on considère que son propriétaire veut mettre un frein à son financement. Non, si l’on mesure le succès des transports de passagers, et notamment en direction de Porto.

Il reste que la décision du conseil général de la Marne, vendredi dernier, de ne plus financer l’aéroport, traduit bien les difficultés dans lesquelles se trouve cette structure, singulièrement en matière de fret.

http://www.lest-eclair.fr/article/a-la-une/aeroport-de-vatry-le-conseil-general-de-la-marne-se-retire

Voir aussi: Espagne : Un aéroport à 1 milliard d’euros abandonné, une leçon pour l’ayraultport:

Plusieurs milliers de personnes défilent à Nantes contre l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, la manifestation dégénère

Plusieurs milliers de manifestants défilaient samedi 24 novembre à Nantes pour protester contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, où forces de l’ordre et opposants s’affrontent violemment depuis plusieurs jours. Parti de la place Royale, en plein centre de Nantes, le cortège s’est ébranlé derrière une grande banderole estampillée « Aéroport LGV THT TAV nucléaire, Société totalitaire ». Le Monde.fr | 24.11.2012  ( voir suite plus bas) 

Plusieurs milliers de personnes défilent à Nantes contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, principal promoteur du projet d’aéroport en sa qualité de maire de Nantes jusqu’à sa prise de fonction au gouvernement, était l’une des cibles principales des manifestants qui scandaient « Ayrault, salaud, le peuple aura ta peau ». Evoquant les heurts qui se sont tenus sur le site, une autre toile s’interrogeait : « Expulsions, destructions, où va ce gouvernement, à Notre-Dame-des-Landes et ailleurs ? ».« François, ton électorat, l’aéroport, il n’en veut pas », assurait une pancarte.

Manifestation à Nantes contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, le 24 novembre.

Le groupe Vinci, qui a obtenu la concession du futur aéroport pour 55 ans, était également conspué aux cris de « Vinci, dégage, résistance et sabotage ». En tête de la manifestation, des militants de la CNT, brandissait leurs drapeaux noir et rouge. A leurs côtés flottaient de nombreux drapeaux bretons, ainsi que ceux du Front de Gauche et les drapeaux blancs anti-aéroport, marqués d’un avion barré dans un cercle rouge.

Notre-Dame-des-Landes : la manifestation dégénére à Nantes Par   à 18h19

Les CRS utilisent des lances à eau pour tenter de disperser les opposants, tandis que ces derniers lancent des pierres contre les forces de l’ordre.

Les CRS utilisent des lances à eau pour disperser les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, samedi 24 novembre à Nantes. (DAMIEN MEYER / AFP)

Les CRS utilisent des lances à eau pour disperser les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, samedi 24 novembre à Nantes. (DAMIEN MEYER / AFP)

Des milliers de manifestants protestant contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont convergé samedi 24 novembre en fin d’après-midi vers la préfecture de Nantes où les CRS utilisent des lances à eau pour tenter de les disperser.

Certains opposants, dans cette manifestation regroupant des personnes de tous âges et de toutes origines, lancent des pierres contre les forces de l’ordre, en scandant « libérez la ZAD, libérez la ZAD » ou « Ayrault, salaud », en référence au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes jusqu’à son entrée au gouvernement. La ZAD correspond à la Zone d’aménagement différé de l’aéroport.

« Ayrault, salaud, Valls facho »

Autre cible des manifestants, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, qui a justifié vendredi l’intervention des forces de l’ordre en déclarant qu’il était hors de question de laisser un « kyste » se développer sur la zone prévue pour l’aéroport. Les slogans « Ayrault, salaud, Valls facho » ont retenti tout au long du parcours de la manifestation et devant la préfecture où les manifestants étaient toujours massés peu avant 18 heures.

Alors que le cortège avait défilé pendant près d’une heure et demie dans le centre-ville, il a pris soudainement la direction de la préfecture gardée par une poignée de CRS en extérieur. Des huées ont jailli de la foule avant que des projectiles ne soient lancés sur les CRS.

Ayraultport 24 nov: la répression continue et 3 ministres « in-confirment » le projet

 

A paris cette nuit: Rafle pour les militants anti Ayraultport

Huffington post  Plusieurs dizaines de manifestants qui soutenaient les squatteurs évacués de Notre-Dame-des-Landes ont été interpellés et emmenés à bord de bus de la police pour des contrôles d’identité vendredi 23 novembre dans la soirée dans le quartier des ministères à Paris. Une vingtaine de véhicules de gendarmes mobiles et de police se trouvait aux abords de la rue du Bac et de la rue de l’Université (VIIe), quartier qui abrite un grand nombre de ministères dont l’hôtel Matignon.

Cadoret Mannone@MannNnoMan    pic.twitter.com/TaFdq1HK

Une photo prise de l’intérieur du bus des manifestants interpellés à Paris

A Notre Dame des Landes: 24 nov 

http://zad.nadir.org/spip.php?article667

10h25 : 2 pelleteuses et 2 manitous dans la forêt, une des pelleteuses a embourbé ses 80 tonnes…. mêmes les flics semblent se lasser et disent qu’ils en ont marrre

- 18h07 : sur la D8, entre la Vach rit et le carrefour de Fosses noires/D81 en face de fôret, les gens sont très en colère contre les gendarmes après avoir vecu cette journée très violent, pour certaines le prémière fois une telle violence policière. Ils demandent les flics de partir après avoir fait leur salle boulot. il ya environ 70 personnes qui mettent un peut la pression aux gendarmes qui sont visiblement pas très a l’aise.

Notre-Dame-des-Landes : trois blessés lors de l’opération d’expulsion des squatteurs Le Monde.fr avec AFP  24.11.2012

Les forces de l'ordre ont tenté de repousser les opposants au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes en chassant les squatteurs à coup de grenades lacrymogènes, vendredi 23 novembre.

Des affrontements très vifs se déroulaient samedi 24 novembre en fin de matinée, dans la zone du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes où une importante opération d’expulsion et de destruction de squats d’opposants a débuté vendredi matin. Alors qu’une nouvelle manifestation anti-aéroport est prévue samedi après-midi à Nantes, huit personnes ont été interpellées dans la matinée à Notre-Dame-des-Landes, l’une avait un cocktail molotov à la main et l’autre une fronde, a indiqué la préfecture. Trois personnes ont été blessées, dont deux opposants évacués par les pompiers, et un gendarme, victime d’un« trauma sonore », selon la préfecture.

Batho, Cuvillier et Lefoll confirment l’Ayraultport mais promettent qu’ils n’y aura pas de défrichement avant 6 mois  

Le communiqué de presse

« Aucun acte de défrichement ne devrait avoir lieu avant 6 mois à Notre-Dame-des-Landes, a assuré l’entourage du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, en raison des engagements pris par le gouvernement en faveur du respect de la biodiversité et des terres agricoles. Dans un communiqué commun samedi matin, les ministre de l’Agriculture, de l’Ecologie (Delphine Batho) et du Transport (Frédéric Cuvillier) ont confirmé la nécessité de poursuivre le projet de Notre-Dame-des-Landes, tout en annonçant le renforcement des procédures « en faveur du respect de la biodiversité et de la préservation des terres agricoles ».

Ces nouvelles procédures, notamment l’examen par un comité scientifique, signifient qu' »il n’y aura pas de défrichement à Notre-Dame-Des-Landes avant 6 mois », assure-t-on au cabinet de Stéphane Le Foll. 

S’agit-il de lâcher du lest ? De gagner du temps ? De souffler le chaud et le froid ? France Info 24/11/2012:

Dans un communiqué commun, les trois ministres de l’Agriculture, de l’Écologie et des Transports ont confirmé la nécessité de poursuivre le projet d’aéroport, tout en annonçant le renforcement des procédures en faveur de l’environnement.

« Pas de défrichement à Notre-Dame-des-Landes avant six mois »

Cela signifie la création d’un « comité scientifique composé avec toutes les garanties d’indépendance et de transparence, et présidé par un expert scientifique ». Comité chargé de protéger la biodiversité et les zones humides dans le cadre de la loi sur l’eau et de donner sa validation au projet. Concrètement, cela signifie surtout que les tout premiers travaux qui devaient débuter en janvier sont repoussés. « Il n’y aura pas de défrichement à Notre-Dame-des-Landes avant six mois« , précise l’entourage de Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture.

Les ministres s’engagent aussi dans leur communiqué à préserver les terres agricoles dans ce projet. En créant là encore une mission censée « identifier localement les moyens de minimiser l’impact du chantier sur les surfaces agricoles« . Ils affirment en outre que les 250 hectares de terres qui doivent être « artificialisés » pour construire les pistes, seront compensées par la mise à disposition de friches agricoles disponibles. France Info 24 11/2012.

Ya un loup!?

Pas clairs les ministres…ils ont dû remarquer aussi leurs situations d’infractions avec  les lois européennes .

Trompe l’oeil:

  • Le gouvernement reporte le début des travaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes de six mois, mais cela ne sera probablement pas suffisant pour permettre aux nombreux recours d’être jugés.
  • Si les 6 mois suffisent pour le recours européen, et une une mise en garde européenne de la France, ils dirons alors : Nous confirmons que l’Europe  ( ces méchants) ne nous permet plus de continuer l’Ayraultport …

L’élu nantais EELV Raphaël Romi voit trois solutions se profiler pour les mois qui viennent :

  • « soit il y a passage en force et il y aura de la casse juridique,
  • soit il y a un moratoire, qui est la décision la plus raisonnable,
  • soit le projet est reconsidéré dans le cadre du Snit et c’est un recul qui n’est pas une reculade. »

Jean-Marc Ayrault saura-t-il saisir la porte de sortie ?

http://www.rue89.com/2012/11/24/notre-dame-des-landes-les-recours-et-leurs-chances-daboutir-un-jour-237297

Justice: 

L’aéroport de Notre-Dame des Landes est illégal

Projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes: la bataille juridique

Aéroport de Notre-Dame-des-Landes: La voie de sortie européenne

 

Réponse de François Hollande à des journalistes la semaine dernière : les études sont toujours en cours et des recours seront possibles. Cette phrase, Daniel Mermet sur France Inter l’a passé en boucle. Tiens, tiens, disait-il « des études sont encore en cours ? » et « des recours possibles ? »… A bons entendeurs, salut !. Il faut tenir et faire connaître autour de nous, sensibiliser familles, amis, etc…

Bilan de la Journée: source 20 Minutes

Le niveau de violence est monté d’un cran samedi. Outre les opposants blessés, un CRS a perdu connaissance après avoir été touché par un pavé devant la préfecture à Nantes, selon le ministère l’Intérieur. Sur le site de Notre-Dame-des-Landes, deux gendarmes et quatre opposants ont été blessés, tous légèrement, a indiqué la préfecture.

Sur le terrain, les forces de l’ordre ont procédé à neuf interpellations sur le site de l’aéroport. Sept personnes ont été relâchées et deux placées en garde à vue pour port d’arme, a-t-on précisé de même source.