Fukushima, à 2 doigts du pire ?

Alors que chacun craignait la chute de la piscine du réacteur N°4, une partie du bâtiment N°3 de la centrale de Fukushima Daïchi qui vient de s’écrouler dans le plus complet silence de la plupart des médias. Olivier Cabanel 23 09012

Problème, la piscine de ce réacteur contient du Mox.

 

C’est le 20 septembre 2012 que suite à une mauvaise manipulation, des ouvriers de la centrale tentant d’enlever des débris tombés dans la piscine du réacteur N°3, ont malencontreusement heurté une poutrelle métallique de 7 mètres de long, pesant470 kg, laquelle était au bord de la piscine, provocant la chute de celle-ci dans la piscine. photo

L’accident a été qualifié d’incident, à se demander comment serait qualifié la chute d’un employé deTEPCO, qui tomberait d’une échelle. lien

Le problème est que cette piscine contient 514 assemblages de combustible usagé, et 52 neufs, à base de MOX, dont la particularité est de contenir du Plutonium 239, fabriqué en France, à Marcoule, (lien) ainsi que du plutonium 241, très instable.

Rappelons qu’un milligramme de ce plutonium inhalé peut suffire à induire un cancer, (lien) et que la durée de « demi-vie » de celui-ci est de 24 000 ans, ce qui signifie que les effets ce cet élément radioactif ne seront bien moins dangereux qu’au-delà de 100 000 ans.

On pourrait s’étonner que le contenu de cette piscine n’ait toujours pas été vidé, mais l’opération est rendue difficile, puisque le chariot qui permettait ce déchargement était lui-même tombé dans la piscine.

La transparence étant rarement de mise dans le milieu nucléaire, ce n’est qu’un an après que nous avons été informés de cet accident. lien

D’ailleurs, dans la même logique, ce n’est que maintenant que nous apprenons que les réacteurs n°5 et 6de Fukushima ont rejeté du tritium dans la mer aux mois d’avril et mai dernier. lien

Revenons à l’écroulement d’une partie du bâtiment du réacteur n° 3

Que peut-il se passer après ?

Maintenant que cette poutrelle de près d’une demi-tonne est tombée en partie dans la piscine, s’ajoutant aux autres parties du bâtiment qui y sont déjà, l’opération de déchargement du combustible, déjà rendue très difficile, l’est encore plus aujourd’hui.

Une autre question est soulevée : dans ce bâtiment, la piscine était à 30 mètres de haut.

Si une partie du bâtiment s’est écroulé, où se trouve la piscine et les assemblages qui étaient dedans ?

Le mystère le plus complet baigne.

Les autorités nucléaires japonaises avaient estimé à l’époque que renforcer la sécurité de la piscine présenterait un cout élevé, sans pour autant diminuer les risques d’un accident majeur.

Donc rien n’avait été fait. lien

Pourtant le risque de criticité est important. lien

Si l’une des piscines de Fukushima venait à se vider de son eau, ou pire à basculer, les assemblages radioactifs se mettraient à chauffer, sans qu’il soit possible à un certain moment de les refroidir, et dès lors tout est à craindre.

La gaine de zirconium contenant le combustible nucléaire se dégraderait, comme l’ont prouvé récemment des experts américains, et dès lors, cela provoquerait un énorme relâchement de produits de fission, avec les conséquences que l’on imagine. lien

La démonstration de cette possibilité a été décrite en détail par l’expert en la matière, Arnie Gundersen, comme on peut le constater dans cette vidéo, et pour Hiroaki Koide, professeur à l’institut de Recherche nucléaire universitaire de Kyoto, les émissions de matières radioactives correspondraient à 5000 fois la bombe d’Hiroshimalien

Quand à la piscine du bâtiment n° 4, elle pose toujours le même problème, et Masashi Goto, ex-ingénieur chez Toshiba, concepteur du confinement des réacteurs nucléaires de Fukushima n’est lui-même pas rassuré.

Il a déclaré : « même si les murs existent, il n’y a pas de manière simple d’en connaitre la stabilité. A quel point la stabilité a-t-elle été compromise par la haute température de l’incendie ? ». lien

Le vrai problème restant le délai très long que s’est donné le gouvernement du Japon pour finaliser le démantèlement de la centrale, puisqu’il l’envisage sur une durée d’au moins 40 ans.

D’ici là, que peut-il se produire ?

Les propositions d’aide venant des experts internationaux ayant manifestement été poliment déclinées, on est en droit de se demander pour quelle raison le gouvernement Japonais, maintenant actionnaire prioritaire de la centrale, prend-t-il une telle position ?

Comme dit souvent mon vieil ami africain : « qui fait l’âne ne doit pas s’étonner si les autres lui montent dessus ».

L’image illustrant l’article provient de « aufaitmaroc.com ».

Merci aux internautes de leur aide efficace.

Olivier Cabanel

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/fukushima-a-2-doigts-du-pire-123174

Fukushima: nouvelle interview d’Arnie Gundersen par Helen Caldicott

Nouvelle interview d’Arnie Gundersen par Helen Caldicott dans son émission « If you love this planet » (Si vous aimez cette planète). Publiée le 16 sept. 2012 par kna60.

Voici les sujets abordés
– Situation de l’unité 4, travaux en cours, transfert du combustible de la SFP
– Situation des autres unités, que faire dans les années et décennies à venir
– Y a-t-il encore des risques de fusion, d’explosion d’hydrogène, de vapeur
– Refroidissement des réacteurs et piscines, que devient l’eau, est-elle
dangereuse
– Pollution aérienne et de l’océan Pacifique par les rejets
– Conséquences sanitaires, dans l’immédiat et les années à venir
– Fukushima vs Tchernobyl
– Que faire de tout le combustible usagé, sur le site et dans tout le pays

ENQUETE. Fukushima : et si le pire était à venir ?

Personne ou presque ne le dit : au cœur de la centrale japonaise dort une « bombe » dont les effets, en cas de nouveau séisme, seraient dévastateurs. De notre envoyé spécial au Japon. Par  Le Nouvel Obs 

A cause de la piscine du réacteur 4 (sur le toit), un nouvel accident peut se produire n'importe quand. (SIPA)

A cause de la piscine du réacteur 4 (sur le toit), un nouvel accident peut se produire n’importe quand. (SIPA)

C’est une petite piscine – et un désastre planétaire en puissance. Un cube en béton de onze mètres de profondeur, rempli d’eau et bourré de combustibles nucléaires usagés : 264 tonnes de barres très radioactives ! Depuis un an et demi, ce bassin dit de « désactivation » repose à trente mètres du sol sur le bâtiment ébranlé du réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima-Daiichi. Il n’est plus protégé ni par un toit solide ni par des murs, mais par une simple bâche de plastique blanche.

Ce scénario d’apocalypse obsède la plupart des chercheurs 

Les risques d’une telle situation sont incommensurables. Si, à la suite d’un typhon (dont la saison commence fin août) ou d’un nouveau tremblement de terre, la piscine venait à se vider ou à s’écrouler, la catastrophe qui en résulterait serait probablement sans précédent dans l’histoire de l’humanité. La mise à l’air libre de ces 264 tonnes de combustibles nucléaires pourrait dégager dans l’atmosphère dix fois plus de radioactivité que l’accident de Tchernobyl, si ce n’est davantage. Ce serait, disent certains, la fin du Japon moderne et, en tout cas, une calamité pour l’ensemble de l’hémisphère Nord qui deviendrait gravement et durablement contaminé.

ENQUETE. Fukushima
La piscine du réacteur 4. (Noriaki Sazaki-AP-AFP)

Sensationnalisme ? Délire catastrophiste de militants antinucléaires ? Malheureusement, non. Ce scénario d’apocalypse obsède la plupart des chercheurs sérieux qui ont étudié le dossier. Jusqu’en septembre dernier, le professeur Koichi Kitazawa présidait la prestigieuse Agence japonaise pour les Sciences et la Technologie (JST), qui n’est pas, loin s’en faut, une antichambre de Greenpeace. Cette année, il a dirigé une grande commission d’enquête sur l’accident nucléaire de mars 2011. « Après avoir écouté des centaines de témoins, ma conviction est faite, raconte cet universitaire respecté. A la centrale de Fukushima, le pire est peut-être à venir. A cause de la piscine du réacteur 4, un nouvel accident peut se produire n’importe quand, qui menacerait la survie même de mon pays. » Et le scientifique ajoute :

Je prie pour que, dans les semaines à venir, une violente tornade saisonnière ne s’abatte pas sur la centrale. »

Haut responsable du département de l’Energie sous Bill Clinton, Robert Alvarez a été l’un des premiers à tirer la sonnette d’alarme. Il confirme : « Si un tremblement de terre ou tout autre événement venait à affecter cette piscine, il pourrait en résulter un incendie radiologique catastrophique, avec près de dix fois la quantité de césium 137 qui s’est propagée à la suite de l’accident de Tchernobyl. » Notons que les explosions à la centrale de Fukushima n’ont libéré qu’un sixième de ce césium émis à Tchernobyl. Autrement dit, la chute de cette piscine, qui selon l’expression du physicien français Jean-Louis Basdevant, semble être maintenue en hauteur par les seules « forces de l’esprit », pourrait être soixante fois plus grave que la catastrophe de mars 2011. Cette dernière ayant provoqué l’évacuation permanente de 160 000 personnes dans un rayon de vingt kilomètres autour du site atomique, on peine à imaginer ce que « soixante fois plus grave » veut dire.

Une radioactivité équivalente à 5 000 fois la bombe nucléaire de Hiroshima!

Un professeur à l’Institut de Recherche nucléaire universitaire de Kyoto, Hiraoki Koide, propose, lui, une comparaison plus effrayante encore, surtout pour les Japonais. « Si le bassin du réacteur numéro 4 devait s’effondrer, assure-t-il, les émissions de matière radioactive seraient énormes : une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5 000 fois la bombe nucléaire de Hiroshima. » A notre connaissance, personne ne l’a contredit. […]

Retrouvez l’intégralité de l’enquête de Vincent Jauvert, où experts et politiques brisent le silence, publiée dans « le Nouvel Observateur » du 23 août 2012.

Arnie Gundersen, Les piscines de combustible de Fukushima peuvent-elles prendre feu ?

Arnie Gundersen, ingénieur en chef de Fairewinds Associates, analyse la vidéo d’une simulation d’un laboratoire national du gouvernement Américain qui montre que les barres de combustible nucléaire usagé peuvent s’enflammer lorsqu’elles sont exposées à l’air. Cette vidéo de simulation prouve les affirmations de Fairewinds, et Arnie discute des conséquences de ce phénomène si la piscine de combustible usagé de l’unité 4 de Fukushima Daiichi venait à perdre son eau de refroidissement. 19 08 2012

La vidéo intégrale de Sandia National Laboratories peut être vue à l’adresse http://1.usa.gov/O5Wg7R

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[* Note] Je pense que cette comparaison avec l’expérience du 10 Avril 2011 (visible ici : http://youtu.be/ByQlz9lKUN8) n’est pas très heureuse, car elle peut être mal interprétée, et représente mal le phénomène qu’il est question d’expliquer.

Dans cette expérience d’Avril 2011, un chalumeau est utilisé pour chauffer une portion de gaîne en zircaloy, alliage à 98% de zirconium. Il s’agit plus précisément d’un chalumeau oxycoupeur, utilisé pour la découpe de l’acier. La buse spéciale comporte une couronne de chauffage, orifices alimentés par un mélange d’oxygène et souvent d’acétylène, et au centre un injecteur alimenté à la demande en oxygène pur à plus fort débit. Le but est de chauffer le point de départ sur la pièce à environ 1300 °C, puis d’activer ensuite l’injection d’oxygène pur, qui permet à la fois au métal de brûler rapidement et de chasser par action mécanique le métal fondu et les scories.
Dans la vidéo, on entend d’ailleurs très bien les moments où l’opérateur déclenche l’injection d’oxygène pur, entre 3′ et 3’15 ».

De fait, le zirconium brûle alors mais dans l’oxygène pur du fait de sa propension à la combustion spontanée sous certaines conditions. Mais il y a inévitablement présence d’une flamme initiale, du fait du chauffage par chalumeau ! Et un tube de fer ou l’acier d’une poutrelle de charpente métallique par exemple se comporterait de la même manière dans ces conditions..

Par contre, quand Gundersen parle d’absence de chaleur interne, je pense qu’il veut dire que la source de chaleur est externe, le chalumeau, et non pas interne, les pastilles de combustible en conditions réelles.

Quelques sources Wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Oxycoupage
https://fr.wikipedia.org/wiki/Zircaloy
https://fr.wikipedia.org/wiki/Zirconium
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Vidéo, descriptif et transcription anglaises originales :
http://fairewinds.com/content/can-spent-fuel-pools-catch-fire
Traduction et sous-titrage par mes soins, avec l’autorisation de Fairewinds Energy Education.
Site web : http://fairewinds.com/

Le risque d’un nouveau Fukushima plane sur le Japon

Un rapport qui pourrait être lourd de conséquences révèle que les centrales nucléaires japonaises ne sont pas préparées à une nouvelle catastrophe naturelle.  Zegreenweb par Guillaume Pagès, Mardi 24 juillet 2012

Le rapport dresse un état des lieux inquiétant du parc nucléaire japonais

http://www.zegreenweb.com/sinformer/le-risque-dun-nouveau-fukushima-plane-sur-le-japon,57816

Alors que la réouverture récente d’une plage non loin de la centrale accidentée de Fukushima Daiichi devait servir à calmer les esprits chauffés à blanc par la catastrophe nucléaire de mars 2011, qui au demeurant n’a pas fini de faire parler d’elle, les auteurs d’un rapport commandé par le gouvernement japonais de Yoshihiko Noda ont émis de vives réserves quant à la résistance des autres réacteurs du pays à d’éventuelles catastrophes nucléaires. Ils ont d’une façon générale brossé un portrait peu reluisant des organismes de réglementation et des exploitants des centrales nucléaires. Du pain béni pour les militants antinucléaires, qui pourraient retourner cette étude à leur avantage après le redémarrage de deux turbines dans la centrale d’Ohi et avant l’annonce le mois prochain de la stratégie énergétique gouvernementale.

Les auteurs ont en effet estimé que les mesures de sécurité prises pour protéger les centrales nucléaires du pays sont insuffisantes dans le cadre d’une catastrophe « complexe », comme celle qui a frappé l’unité de Fukushima-Daiichi, doublée d’une erreur humaine. « Nous comprenons que les mesures de sécurité immédiates seront plus détaillées et se concrétiseront dans l’avenir. Mais nous exhortons les personnes concernées à poursuivre leurs efforts pour prendre des mesures vraiment efficaces », ont-ils estimé, cités par nos confrères du Guardian et rassemblés en un comité présidé par Hatamura Yotaro, professeur à l’Université de Tokyo.

Une transition attendue vers une énergie durable

 Après l’accident de Fukushima, la cinquantaine de réacteurs qui compose le parcnucléaire japonais a été fermée afin de mener des contrôles de sécurité supplémentaires. Quant aux deux réacteurs d’Ohi, qui ont repris du service il y a quelques semaines, ils ne répondraient pas à des critères de sécurité prévenant des catastrophes naturelles futures pourtant réclamés par le gouvernement en avril dernier.  Cerise sur le gâteau : le rapport reproche à la réglementation nucléaire japonaise de ne pas tenir suffisamment compte de l’amélioration des normes de sûreté nucléaire recommandée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Le salut résiderait par une considération accrue portée au développement durable. La multiplication des projets de centrale solaire laisse quoi qu’il en soit présager d’un avenir énergétique faisant une part plus belle aux énergies renouvelables. A ceux-ci s’ajoutent la bonne volonté de millions de Japonais qui ne sont pas restés les deux pieds dans le même sabot pour économiser l’énergie et démontrer ainsi aux pouvoirs publics qu’une sortie définitive du nucléaire ne serait pas nécessairement synonymes de blackouts à répétition. Pour l’heure, elle n’a cependant pas suffi à convaincre Tokyo de suivre l’exemple de Berlin…

Fukushima: TEPCO a enlevé un assemblage de combustible neuf de la piscine du réacteur 4

TEPCO a enlevé un assemblage de combustible non usagé de la piscine du réacteur 4, en tant que test. Un second assemblage doit être retiré ultérieurement

L’information est passée en gros titre uniquement sur Kyodo News le 18 juillet.

Ci dessous photo aérienne de NHK, avec des ouvriers en tenue blanche. Cela ressemble presque à une sorte de cérémonie religieuse. Source BistroBarBlog

Première extraction de barres de combustible à Fukushima

Libération AFP  18 juillet 2012
Le bâtiment contenant le réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima Daiichi, photographié par l'agence Kyodo le 18 juillet 2012.

Le bâtiment contenant le réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima Daiichi, photographié par l’agence Kyodo le 18 juillet 2012. (Photo Kyodo. Reuters

Deux barres de la cuve de refroidissement du réacteur numéro 4 ont été retirées ce matin. Il en reste environ 1 500.

 Le personnel de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima Daiichi a extrait mercredi du combustible d’une piscine de stockage d’un des réacteurs, ont annoncé les médias nippons.

Des images des télévisions japonaises ont montré des dizaines de techniciens en combinaisons blanches de protection retirer une barre à l’aide d’une grue.

Le gérant du site, Tokyo Electric Power (Tepco), avait annoncé auparavant que cette opération débuterait en juillet, afin de retirer dans un premier temps deux barres de la piscine de stockage du réacteur 4. Chaque barre mesure environ 4 mètres de long.

C’est la première fois que Tepco parvient à retirer du combustible nucléaire depuis l’accident du 11 mars 2011 dans cette centrale du nord-est du Japon, à 220 km de Tokyo.

Le combustible présent dans les cuves des réacteurs 1, 2 et 3 a partiellement fondu à cause de l’arrêt des systèmes de refroidissement consécutif aux complications entraînées par le passage d’un tsunami de 15 mètres de haut.

La cuve du réacteur 4, à l’arrêt pour maintenance, était vide le 11 mars 2011, mais une panne du système de refroidissement a provoqué une ébullition dans la piscine où, selon une porte-parole de Tepco, plus de 1 300 barres de combustibles usagées et 200 neuves étaient entreposées lorsque la centrale a été frappée par le tsunami.

Dans les jours qui suivirent, une accumulation d’hydrogène dans le bâtiment du réacteur avait entraîné une explosion qui a fortement endommagé l’enceinte de confinement et mis en péril le combustible entreposé dans la piscine, avant que l’eau du réservoir ne soit finalement peu à peu refroidie.

Tepco compte étudier l’état de ces deux premières barres afin de décider de la méthode à adopter pour extraire les autres.

«Nous allons examiner l’état de corrosion des barres, provoqué par le déversement d’eau de mer» dans le réservoir lors des premières semaines de l’accident, a expliqué une porte-parole de Tepco.

L’entreprise n’a pas voulu confirmer officiellement l’opération de mercredi «au nom de la sécurité nucléaire», mais des équipes de télévision japonaises ont filmé une partie du travail à partir d’hélicoptères.

(AFP)

Fukushima: Appel urgent pour éviter une nouvelle catastrophe nucléaire mondiale

Leblogdejeudi aborde souvent le danger que représente le combustible situé dans la piscine du réacteur 4 de Fukushima. Aujourd’hui et en lien avec le Blog de Fukushima et Pierre Fetet, il vous propose une pétition à l’adresse de l’ONU afin que ce danger ne se transforme pas en catastrophe mondiale. A J  7- 7 -12

Nous, citoyens du monde, – exigeons que l’ONU mette en place d’urgence une équipe internationale, indépendante et interdisciplinaire ayant autorité pour prendre en charge la gestion du transfert et de la mise en sûreté du combustible de la piscine de l’unité 4 de la centrale de Fukushima Daiichi, – demandons que tous les moyens soient dévolus à cette cellule de crise afin qu’aucun obstacle ne vienne retarder son action, et que l’objectif de mettre en lieu sûr le combustible soit atteint le plus rapidement possible, – souhaitons que l’ONU favorise toutes les coopérations techniques, scientifiques, économiques et politiques nécessaires, y compris non-gouvernementales, afin de mettre un terme au plus vite à cette menace mondiale jamais égalée… 


Appel urgent pour éviter une nouvelle catastrophe nucléaire mondiale
Cette pétition est à l’adresse du Conseil de sécurité de l’ONU et de son Secrétaire Général Ban Ki-Moon 

Pourquoi c’est important

Parce que le bâtiment réacteur n°4 de la centrale de Fukushima Daiichi a subi le terrible séisme du 11 mars et les violentes explosions du 15 mars 2011 et que sa structure a énormément souffert, menaçant sa stabilité,
.
Parce que la piscine de désactivation de cette unité, perchée à 30 m de hauteur, menace soit de s’effondrer avec le bâtiment, soit de se vider de son eau à cause de fissures,
.
Parce que cette piscine contient 1535 assemblages de combustible, l’équivalent de près de 10 fois la quantité de césium 137 relâché par Tchernobyl,
.
Parce que si le combustible n’était plus refroidi par de l’eau, il s’échaufferait, se dégraderait, et provoquerait un incendie dispersant la radioactivité dans l’atmosphère,
.
Parce que le système de refroidissement de la piscine de l’unité 4 n’a pas d’installation de secours et tombe régulièrement en panne,
.
Parce qu’en cas d’incendie des assemblages d’uranium et de plutonium, il ne serait plus possible pour les hommes d’intervenir sur le site tant la radioactivité serait élevée,
.
Parce que l’incendie de la piscine de l’unité 4 provoquerait l’abandon de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi qui recèle à elle seule près de 2500 tonnes de combustible nucléaire, correspondant à une radiotoxicité 90 fois supérieure à Tchernobyl,
.
Parce que le très fort séisme de mars 2011 a augmenté la probabilité d’autres tremblements de terre dévastateurs qui pourraient à l’avenir provoquer l’effondrement du bâtiment réacteur n°4 déjà à moitié ruiné,
.
Parce que de nombreux experts dans le monde entier sont d’accord sur la nécessité d’intervenir au plus vite pour éviter l’évacuation du Japon mais aussi une catastrophe radiologique internationale mettant en péril la santé de l’ensemble des hommes et de leurs descendants,
.
Parce que la compagnie Tepco considère qu’il n’y a pas de danger d’effondrement de cette piscine et qu’elle compte mettre plusieurs années pour transférer le combustible dans un lieu sûr,
.
Parce que la compagnie Tepco et le gouvernement japonais sont incapables de gérer la situation de crise concernant le combustible de la piscine du réacteur n°4 de Fukushima Daiichi,

Parce que l’ONU, garante de la sécurité internationale, est la seule organisation apte à prendre en charge cette menace permanente pesant aujourd’hui sur tous les hommes,

En savoir plus sur ce que disent précisément des sismolgues, ingénieurs, physiciens, experts en nucléaire, universitaires, diplomates, etc. sur la menace de la piscine 4 de Fukushima Daiichi :

http://fukushima.over-blog.fr/article-appel-urgent-pour-eviter-une-nouvelle-catastrophe-nucleaire-mondiale-107834979.html

Après avoir lu le dossier complet préparé par le bog de Fukushima 


Fukushima, réacteur 4: système de refroidissement tombé en panne et réparé: ouf!

Le système de refroidissement du combustible nucléaire usé d’une piscine sur le quatrième réacteur nucléaire de la centrale Fukushima-1 est tombé en panne. Cela a été rapporté par la société TEPCO qui est l’opérateur de centrale nucléaire accidentée. La société a assuré que la situation dans la Fukushima-1 reste sous contrôle. La température dans la piscine du combustible nucléaire usé n’augemente pas, les fuites d’eau radioactive n’ont pas été trouvées. La voix de la Russie 30.06.2012

La Fukushima est tombée en panne à nouveau

Photo: EPA

Le système de refroidissement a été arrêté automatiquement après qu’un défaut de la pompe à eau a été constaté. Les experts de TEPKO arrivent d’essayer de trouver les causes de l’incident.

C’est le deuxième échec du système de refroidissement du quatrième réacteur sur la centrale Fukushima-1 au cours du dernier mois. Au début de juin, deux pompes sont tombées en panne et le système a cessé de fonctionner pendant presque toute la journée.

Infos en direct du Japon  20h samedi: le  système refroidissement ne marche toujours pas piscine du 4 #Fukushima Température monte peu à peu

La progression est linéaire : 9 degrés en 18 h, il reste ???  H pour trouver la solution….

http://fukushima-diary.com/

 OUF : Encore des sueurs froides avec Fukushima. ( info 1 juillet 2012)

Système de refroidissement du Réacteur 4 de Fukushima, mise à jour par TEPCO : L’UPS (Uninterruptable Power Supply = onduleur) hors service

 TEPCO s’est débrouillé pour contourner l’onduleur et a redémarré le système de refroidissement à 15h07 le 1er juillet. Au moment du redémarrage, la température de l’eau à l’intérieur de la piscine était de 42,9°C. TEPCO prévoit de remplacer l’onduleur fautif cette semaine. (d’après les tweets d’un autre journaliste indépendant qui reçoit des emails de TEPCO.)

[Reactor4] Coolant system is still running without proper equipment 2

[Reactor4] Coolant system is still running without proper equipment 3

Le travailleur de Fukushima, Happy11311, a tweeté sur la panne du système de secours du circuit de refroidissement de la piscine (SFP4).

続き2:片側のポンプが停止したらバックアップポンプが起動するはずなんだけど、こっちも同じく電源供給されずに動かなかったみたい。簡単にいうと設計ミスとチェック漏れでし。根本的原因は調べてるみたいだけど湿気とか塩害の可能性もあるのかなぁ…。
— ハッピーさん (@Happy11311) 7月 2, 2012
(Traduction) La pompe de secours était supposée démarrer lorsque l’une des deux pompes s’arrête mais celle-ci n’était pas alimentée non plus, ça ne marchait pas. Pour faire simple, C’était une erreur de conception et un manque de vérification. Ils semblent en rechercher la cause mais je me demande si l’humidité ou les dégâts du sel ne sont pas impliqués… (Fin)

続き3:冷却系は事故の初期段階で突貫で据え付けた物が多いから設計時間もなく結構チェックしきれてないものが多いのかなぁ…。でもあれから一年近くたってるから、あってはいけない事でし。またトラブルが起きてからの対応で「転んでからの杖」になってしまったでし。
— ハッピーさん (@Happy11311) 7月 2, 2012
(Traduction) Plusieurs parties du système de refroidissement ont été construites de façon provisoire, ils n’avaient pas assez de temps pour concevoir et vérifier. C’était il y a un an, on ne peut pas admettre qu’il reste encore aujourd’hui des parties non vérifiées. Maintenant, une fois encore, c’est du « on regarde après que ça saute ».(Fin)

In: http://fukushima-diary.com/2012/07/reactor4-actual-fukushima-worker-in-short-it-was-a-design-error/


Alerte des experts contre une nouvelle catastrophe à Fukushima 25.06.2012

Publiée le 29 juin 2012 par kna60
Interview par Marc Willacy d’ABC Australie sur les dangers de la piscine de combustible n°4 de Fukushima.
Les personnes interrogées sont :
– Pr. Hiroaki Koide, expert en réacteurs nucléaires de l’université de Kyoto.
– Robert Alvarez, conseiller en politique énergétique aux Etats-Unis
– Yoshimi Hitosugi, porte-parole de TEPCO
– Tomohiko Suzuki, journaliste et travailleur clandestin à la centrale de Fukushima.
– Misuhei Murata, ancien embassadeur du Japon en Suisse.

Vidéo et transcription originales :
http://www.abc.net.au/7.30/content/2012/s3532725.htm
Traduction & sous-titrage par kna60.

A Fukushima, état d’urgence pour le réacteur 4

Un arrêt du refroidissement des barres de combustible stockées dans la piscine provoquerait un accident majeur. Le Monde 8 juin 2012 Tokyo Correspondance Philippe Mesmer

Malgré la volonté du gouvernement japonais et celle de la Compagnie d’électricité de Tokyo (Tepco) de la minimiser, la gravité de la situation à la centrale nucléaire de Fukushima continue de menacer l’environnement et la population. Les bâtiments des réacteurs numéros 1, 2 et 3 restent difficilement accessibles, l’état du combustible dans les réacteurs demeure incertain et les dégagements radioactifs se poursuivent.

A court terme, ce n’est pourtant pas ce qui inquiète le plus les experts. Pour eux, l’urgence se situe au niveau de la piscine du réacteur 4, remplie de 1 535 barres de combustible usagé ou non.

Perchée à une trentaine de mètres de hauteur, elle repose aujourd’hui sur une structure gravement endommagée et fragilisée par une explosion d’hydrogène survenue le 15 mars 2011, quatre jours après le séisme et le tsunami qui ont ravagé le site. Les murs et le toit ayant été soufflés, elle est visible de l’extérieur, recouverte d’une simple bâche. Beaucoup redoutent l’effondrement de ce qui reste du bâtiment en cas de nouveau puissant séisme, ou une interruption du refroidissement du combustible. Le 6 juin, Tepco a annoncé un problème au niveau d’une des deux pompes de son système de refroidissement. Résolu, l’incident a cependant rappelé la fragilité de la situation et la gravité du risque.

Une exposition à l’air de ces barres pourrait être catastrophique. Pour Robert Alvarez, ancien haut responsable du département américain de l’énergie, elle provoquerait une réaction  » impliquant une quantité de césium 137 dix fois supérieure à celle de Tchernobyl « . La difficulté d’arrêter ce processus ferait que  » toutes les substances radioactives se répandraient dans l’atmosphère « , ajoute Arnie Gundersen, de la société de consultants en énergie Fairewinds Associates.

Dans un scénario du pire établi par le gouvernement japonais, une telle catastrophe pourrait se traduire par une évacuation de la métropole de Tokyo. En visite au Japon en février et conscient du danger, Bernard Bigot, administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), qualifiait déjà de  » sujet majeur «  la nécessité de  » libérer la piscine du réacteur 4 « . Et ce, le plus vite possible. Tepco, de son côté, se veut rassurante. La compagnie insiste sur le fait que  » la piscine a une profondeur de 11 m. Il y a 7 m d’eau au-dessus des barres de combustible qui mesurent 4 m. En cas d’interruption du refroidissement, il faudrait trois semaines pour que 5 m d’eau s’évaporent « .

L’entreprise estime également que les travaux de renforcement de la structure lui permettent de résister à un séisme d’intensité 6 + sur l’échelle japonaise graduée de 0 à 7. Or, le tremblement de terre de mars 2011 a provoqué des secousses de niveau 7 à la centrale. Et le 25 mai, les instances de régulation du nucléaire lui ont demandé de revoir la solidité de la paroi ouest du bâtiment, qui présente une importante déformation.

Le 26 mai, le ministre chargé du suivi de la catastrophe nucléaire, Goshi Hosono, s’est rendu au réacteur 4.  » Je ne pense pas que la situation soit instable « , a-t-il déclaré à l’issue de sa visite, tout en appelant à  » agir le plus vite possible «  pour retirer le combustible.

Vider la piscine s’annonce difficile. Tepco déblaye le site du réacteur 4 tout en installant une structure devant recouvrir le bâtiment. Puis les techniciens achemineront le matériel nécessaire – notamment une grue spéciale en cours de mise au point – pour retirer les barres de combustible. Cette procédure commencera au plus tôt en décembre 2013.  » Ensuite, nous ne savons pas combien de temps l’opération durera « , précise-t-on chez Tepco.

Avec une question : que faire des barres de combustible ? Les sites de stockage du Japon sont presque pleins et la centrale de retraitement de Rokkasho (département d’Aomori) ne fonctionne pas encore malgré dix-neuf ans de travaux et un investissement de 20 milliards de dollars (16 milliards d’euros), trois fois plus que prévu.

Dans l’attente, le combustible du réacteur 4 devrait être transféré dans la piscine commune de la centrale de Fukushima, où de la place aura été faite en retirant une partie des 6 400 barres qu’elle contient. Celles-ci devraient être placées dans des fûts à sec et entreposées dans le site de stockage de Mutsu (département d’Aomori).

Tout cela prendra beaucoup de temps, ce qui fait dire à Mitsuhei Murata, ancien diplomate et actuel dirigeant de la Société japonaise pour une éthique globale, que le problème devrait être considéré comme  » une question de sécurité nationale «  et ne devrait pas être laissé aux seules mains d’une entreprise privée dont les moyens sont forcément limités. Il y a urgence, estime-t-il, car  » les séismes n’attendent pas « .

Philippe Mesmer