Nouveaux incidents de niveau 1 à La Hague

Un incident, classé de niveau 1 par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), s’est produit  à l’usine de retraitement des déchets nucléaires de La Hague (Manche), a annoncé Areva. Cet incident s’est produit dans le cadre du « rejet en mer d’eaux faiblement radioactives d’un volume de 133,3 m3 », après une analyse « sur l’ensemble de ce volume conformément à la procédure », indique dans un communiqué l’opérateur. 26/10/2012

Mais, précise Areva, « durant le délai d’attente des résultats (des 133 m3), un volume de 1,1 m3 d’effluents de même nature s’est ajouté suite au dysfonctionnement d’une vanne ». « Après obtention des résultats d’analyse (des 133 m3), vérification de l’origine des effluents rajoutés et confirmation de l’absence d’impact, le rejet a été autorisé alors que la procédure d’exploitation aurait nécessité de refaire une analyse sur la totalité du volume, soit 134,4 m3 », explique Areva. « En l’absence de conséquences pour le personnel, l’environnement et l’installation concernée, mais du fait que l’analyse ait été effectuée sur 99% du volume au lieu de 100%, l’Autorité de Sûreté Nucléaire a classé cette anomalie au niveau 1 de l’échelle INES graduée de 0 à 7 », conclut Areva.

Un premier incident, qui devrait également être classé de niveau 1 par l’ARS, s’était déroulée sur le même site dans la journée. Il portait sur des fûts de déchets produits dans les années 1970 et toujours entreposés à la Hague. Un programme prévoit que « chaque fût fasse l’objet de mesures radiologiques ». Sur plus de 3.600 fûts contrôlés, les quantités de matières nucléaires mesurées sur 2 d’entre eux sont légèrement supérieures à la limité définie par les règles d’exploitation, sans présenter de risques en matière de sûreté », avait indiqué Areva dans un précédent communiqué. « Au regard du dépassement d’une valeur règlementaire, il a été proposé à l’Autorité de Sûreté Nucléaire de classer cet évènement au niveau 1 (sur 7, ndlr) de l’échelle INES », avait précisé Areva.

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L’Etat somme Areva d’agir contre les suicides à La Hague

6 suicides ont déjà été recensés. L’Etat a mis en demeure l’usine Areva La Hague (Manche) de mettre en place un plan d’action après avoir notamment relevé un fort taux de fréquence de suicide des salariés du site.  JDLE  Le 15 octobre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg

L’AFP a reçu ce lundi 15 octobre une copie de cette mise en demeure révélée par la Presse de la Manche. Le chef de la santé au travail de Areva NC La Hague a souligné, dans le rapport d’activité 2011, un taux de fréquence de suicide au sein de l’établissement trois fois supérieur à la moyenne de la Manche, elle-même supérieure à la moyenne nationale, écrit Christine Lesdos, directrice de l’unité territoriale de la Manche de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) dans une mise en demeure.

Le texte, qui invoque des risques pour la sûreté des installations, est daté du 18 septembre, et a été transmis le 8 octobre au Comité d’hygiène et sécurité (CHSCT) du site.?? Ces derniers mois, les syndicats avaient averti à plusieurs reprises que l’usine de recyclage des combustibles nucléaires usés, où Areva emploie directement 3.000 personnes, connaissait un nombre préoccupant de suicides de salariés, chez eux dans la plupart des cas.??

L’Etat demande la mise en place d’un plan d’action permettant l’évaluation et la maîtrise de la charge mentale et physique de travail. Areva La Hague doit en outre ramener la durée du travail sur site et hors site du personnel aux limites maximales légales et mettre en place un système d’enregistrement automatique du début et de la fin de chaque période de travail.

L’état de la santé mentale des salariés se dégrade de façon accélérée depuis deux ans, selon le rapport 2011 du chef de la santé du site. Une possible conséquence de sa nouvelle organisation industrielle, dont le déploiement, rappelle l’Autorité de sûreté nucléaire, n’a pas été une franche réussite.

Les éléments présentés démontrent l’importance de la charge mentale et physique pour certains salariés qui génèrent des risques pour leur santé et leur sécurité et des risques pour la sûreté des installations, écrit Christine Lesdos. Un volume d’heures supplémentaires conséquent a été déclaré en 2011 par des salariés non cadres du service dans lequel un salarié non cadre s’est suicidé en janvier, relève encore la Direction du travail.

En juin 2011, la cour d’appel de Caen a validé une demande d’expertise des risques psychosociaux émanant du CHSCT d’Areva NC, suite à six suicides et une tentative [JDLE].

Souffrance croissante au travail à l’usine Areva de la Hague selon la CFDT

Les salariés de l’usine Areva de Beaumont-Hague (Manche) connaissent une souffrance au travail croissante et une dégradation de leur santé mentale, a affirmé mercredi à l’AFP Thierry Mouchel, secrétaire CFDT du CHSCT (comité hygiène et sécurité) du site. (©AFP / 26 septembre 2012 18h53) 

L’usine, où travaillent 5.000 personnes dont 3.000 sont employées directement par Areva, et qui concentre la plus grande quantité de matière radioactive en Europe, continue à connaître un nombre de suicides de salariés, chez eux, supérieurs à la moyenne, a-t-il affirmé.

Selon lui, deux salariés d’Areva se sont suicidés en 2012 et deux autres ont tenté de le faire; un salarié d’un sous-traitant a mis fin à ses jours, tous à leur domicile. En 2011, il y a eu a priori sept suicides, en 2010 quatre, et en 2009 trois, selon la CFDT.

Les syndicats avaient tiré la sonnette d’alarme début 2011 sur la question de ces suicides dont les raisons – personnelles ou professionnelles -, restent floues. La question avait été évoquée en juin 2011 devant la cour d’appel de Caen qui avait partiellement validé une demande d’expertise du CHSCT.

M. Mouchel était interrogé en marge d’une réunion de commission locale d’information du site (qui regroupe direction, syndicats, associations et élus locaux). 

Au cours de cette réunion, le CHSCT a souligné que le rapport du secteur santé au travail 2011 et les différents rapports d’expertise réalisés montrent une dégradation de la santé mentale des salariés et une souffrance au travail croissante.

Interrogée par l’AFP, M. Mouchel a estimé que 2012 allait être un copié-collé de 2011. 

Cette dégradation est attribuée par les syndicats à de fréquentes restructurations opérées dans les services.

Elle n’a pas d’impact direct sur la sûreté du site. Mais il est évident que quelqu’un qui est mal dans sa tête ne peut pas avoir la même vigilance que les autres, selon la CFDT.

Interrogée par l’AFP, la direction de l’usine a affirmé que les salariés étaient au coeur de (ses) priorités et que des structures et équipes médicales étaient prévues pour prendre soin de ceux qui ont des difficultés. 

En cas de drame, on ne fait aucun commentaires sur la vie privée, a déclaré Catherine Argant, directrice de la communication du site, refusant de commenter les chiffres de la CFDT.

Selon l’Insee, la Manche est le troisième département le plus touché par les suicides avec 29,1 pour 100.000 habitants contre 16,3 en France en 2009. 

AREVA

(©AFP / 26 septembre 2012 18h53) 

FukushiManche en Cotentin: audience de justice surréaliste à Cherbourg

Le Cotentin est une des régions les plus nucléarisées du monde, c‘est un Fukushima qui s’ignore:

  • à La Hague, une usine de retraitement qui stocke sous des hangars et retraite le combustible d’une centaine de réacteurs ;
  • à Flamanville, deux réacteurs de 1300 mw et un EPR en construction , étendard mondial et déjà mité des centrales nucléaires françaises ;
  • à Cherbourg, un arsenal militaire consacré à la terreur atomique mondiale et au démantèlement des coeurs de sous marins ;
  • à Digulleville, un centre de stockage de déchets radioactifs qui contaminent la nappe phréatique ; 
  • partout autour, ces territoires quadrillés, assujettis et balafrés par ces lignes « très haute tension » (THT) destinées à alimenter le marché concurrentiel et international de l’énergie.

Pas étonnant que l’ on cherche à anéantir toute contestation quitte à inventer des coupables parfaits.

Mardi matin à Cherbourg,  il y avait salle comble pour le procès de  3 inculpés du camp de Valognes en novembre 2011.

Le Tribunal  les a relaxés au terme d’un procès démontrant l’absence de preuves.

Ce procès s’est déroulé dans une ambiance surréaliste où le public se sentant malmené a réagi aux propos et attitudes peu amènes du Tribunal.

Le journaliste de la Presse de la Manche rapporte l’ambiance.

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De l’ambiance à l’audience…Si les audiences du tribunal correctionnel de Cherbourg se déroulent en règle générale dans une ambiance feutrée, par respect pour l’institution judiciaire et le bon déroulement de l’audience, ce n’était pas vraiment le cas hier. « Je vous préviens, je ne veux ni rires, ni huées, ni sifflets ou applaudissements pendant l’audience », avait pourtant mis en garde fermement le président, Jean-Wilfrid Noël, en guise d’introduction. Après un quart d’heure relativement tranquille, premier incident. Lors d’une perquisition au domicile de l’un des prévenus, des cahiers de notes évoquant des actions militantes, une carte IGN, des bons de livraison de tracts et banderoles anti-THT avaient été trouvés… « Vous êtes ridicules ! », éructe alors un homme au fond de la salle, avant de se répéter. « Moi aussi j’ai des tracts chez moi ! » Outré, le président réclame qu’on le sorte.Au moment où le procureur entame son propos…
« Micro ! On n’entend rien ! », peut-on entendre dans l’assistance.
« Et alors ? », ricane le magistrat. Les avocats de la défense : « On aimerait tout de même entendre vos réquisitions ! ». « Ah bon ? Pourquoi ? » Le ton monte. Jean-Wilfrid Noël calme le jeu : « C’est une taquinerie, il ne faut pas le prendre au premier degré ! ».Éric Bouillard est vraiment au cœur des tensions, ses mots sont régulièrement ponctués de rires ironiques de la part des soutiens aux prévenus. Quand son tour est passé, et qu’il murmure quelques mots à ses substituts, la plaidoirie de la défense est ainsi interrompue : « Est-ce que Monsieur le Procureur peut écouter ? » Un jeune homme s’avance même jusqu’au magistrat pour réitérer la demande. Du jamais vu…

Après avoir prononcé la relaxe, Jean-Wilfrid Noël, visiblement irrité, annonce : « Tous ceux (NDLR : quatre ou cinq personnes) qui se sont permis très grossièrement de perturber cette audience seront entendus et éventuellement jugés sur ces faits d’outrage. »

Entre les militants antinucléaires du collectif Stop Castor et les représentants de la justice, qui sont pourtant amenés régulièrement à se rencontrer (!), ce n’est pas de l’amour vache… c’est de la rage.

La Presse de la Manche, le 10/10/2012

Avec un merci spécial à Percysoustension

http://percysoustension.pagesperso-orange.fr/nucleaire/archives/cherbourg_01.html

Train Castor de Valognes: trois inculpés relaxés

Ce mardi matin à Cherbourg,  il y avait salle comble pour le procès de  3 inculpés du camp de Valognes en novembre 2011. Le Tribunal  les a relaxés au terme d’un procès démontrant l’absence de preuves.

Les trois inculpés ne cachaient pas leur satisfaction à l’issue de cette audience qui a vu tour à tour le Président du tribunal, les trois inculpés, le Procureur de la République et les deux avocats intervenir.

Le tribunal n’a pas retenu les demandes du Procureur quant à trois mois de prison avec sursis pour deux prévenus et à six mois de prison avec sursis pour le troisième, et les a relaxés faute de preuves.

Compte rendu d’audience à suivre.

http://basse-normandie.france3.fr/2012/10/09/proces-de-3-militants-anti-nucleaire-cherbourg-118433.html

Le contexte:

Trois militants ont été inculpés suite aux évènements perturbant le passage d’un train CASTOR (transport de déchets nucléaires hautement radioactifs) en provenance de l’usine de la Hague et à destination du site de stockage de déchets de Gorleben, en Allemagne. Ils sont convoqués le 9 octobre 2012 à 10 heures au tribunal de Cherbourg pour les chefs d’inculpation suivants :

  • Complicité de destruction de biens d’autrui par l’effet d’un moyen dangereux pour les personnes.
  • Incitations directes ayant provoqué un attroupement de plusieurs centaines de personnes dont certaines étaient armées.
  • Organisation d’une manifestation sur la voie publique ayant été interdite.

En réalité le pouvoir a choisi de poursuivre ceux qui se sont exprimés devant la Presse en les faisant passer pour des organisateurs et donc les responsables.

Dans cette histoire,  la SNCF veut se voir rembourser 163 000 euros de dégâts sur une ligne. L’État français – producteur et exportateur d’énergie nucléaire à l’échelle mondiale – voudrait retrouver le calme et la soumission qui accompagnent d’ordinaire son florissant commerce notamment dans le Cotentin qui est une des régions les plus nucléarisées du monde, 

L’enjeu de l’audience du 9 octobre à Cherbourg est important: l’Etat sous Hollande et Valls veut faire taire toute opposition antinucléaire et anti THT dans la Fukushimanche .

Les récents jugements de Coutances et de Laval montrent une Justice aux ordres et inflexible:

  • A Coutances  un « déboulonneur symbolique » de plylone,  responsable d’une organisation paysanne a pris des peines d’amendes et autres .
  • A Coutances un étudiant a pris 3 mois fermes suite à la Bataille de Montabot sans que les faits ne soient prouvés à son encontre.
  • A  Laval un jeune a pris 300 euros d’amende avec sursis alors qu’il manifestait sa simple volonté de ne pas vouloir quitter le terrain privé où il était invité ! La salle a exprimé sa totale réprobation suite à cette condamnation.

Pour couronner le tout, le Préfet de la Manche vient de demander au TGI de Coutances de se déclarer incompétent ( au profit de la Justice administrative ) dans une affaire opposant RTE et une propriétaire qui refuse l’installation de pylônes sur son terrain?

L’idée est d’anéantir toute volonté de contentieux des propriétaires et militants  contre RTE afin que rien ne s’oppose à la réalisation de la THT.

Sous le régime de Hollande et de Valls nous entrons peu à peu dans une république bananière où  Fukushimanche est une province administrée en direct par l’Etat, EDF, RTE et AREVA.

http://www.acdn.net/spip/breve.php3?id_breve=1241&lang=fr

FukushiManche en Cotentin

Fukushimanche

c’est le doux pays du ministre des affaires européennes, député AREVA indéfectible, défenseur du lobby nucléaire dans le Cotentin.

Le Cotentin est une des régions les plus nucléarisées du monde : à La Hague, une usine de retraitement qui stocke sous des hangars et retraite le combustible d’une centaine de réacteurs ; à Flamanville, un EPR, étendard mondial et déjà mité des centrales nucléaires françaises ; à Cherbourg, un arsenal militaire consacré à la terreur atomique mondiale et au démantèlement des coeurs de sous marins ; à Digulleville, un centre de stockage de déchets radioactifs qui contaminent la nappe phréatique ; partout autour, ces territoires quadrillés, assujettis et balafrés par ces lignes « très haute tension » (THT) destinées à alimenter le marché concurrentiel et international de l’énergie. La Manche et son cotentin est un Fukushima qui s’ignore…

Si le Cotentin a accueilli Bernard Cazeneuve pour lui offrir Cherbourg, sa communauté urbaine et sa circonscription PS, elle a confié son destin à un nucléocrate indéfectible.

C’est lui qu’AREVA appela en pleine discussion entre les Verts et le PS sur la question de l’EPR et du MOX.

En quelques mois, le nouveau gouvernement socialiste aura nommé Cazeneuve ministre, relancé la recherche sur le surgénérateur Astrid de quatrième génération, acté le maintien du parc nucléaire actuel, annoncé l’ouverture de la plus grande mine d’uranium du monde à Imouraren au Niger, validé le développement de l’EPR en France et à l’international, poursuivi la construction de la ligne THT Cotentin-Maine, etc.

On ne pouvait sacrifier FukushiManche sur l’autel de l’écologie et de l’avenir de l’humanité.

à suivre

Mardi 9 octobre 2012, à 10 h, tribunal de Cherbourg, procès des inculpés de Valognes

Trois militants ont été inculpés suite aux évènements perturbant le passage d’un train CASTOR (transport de déchets nucléaires hautement radioactifs) en provenance de l’usine de la Hague et à destination du site de stockage de déchets de Gorleben, en Allemagne. Ils sont convoqués le 9 octobre 2012 à 10 heures au tribunal de Cherbourg pour les chefs d’inculpation suivants :

  • Complicité de destruction de biens d’autrui par l’effet d’un moyen dangereux pour les personnes.
  • Incitations directes ayant provoqué un attroupement de plusieurs centaines de personnes dont certaines étaient armées.
  • Organisation d’une manifestation sur la voie publique ayant été interdite.

En réalité le pouvoir a choisi de poursuivre ceux qui se sont exprimés devant la Presse en les faisant passer pour des organisateurs et donc les responsables.

Dans cette histoire,  la SNCF veut se voir rembourser 163 000 euros de dégâts sur une ligne. L’État français – producteur et exportateur d’énergie nucléaire à l’échelle mondiale – voudrait retrouver le calme et la soumission qui accompagnent d’ordinaire son florissant commerce notamment dans le Cotentin qui est une des régions les plus nucléarisées du monde, 

L’enjeu de l’audience du 9 octobre à Cherbourg est important: l’Etat sous Hollande et Valls veut faire taire toute opposition antinucléaire et anti THT dans la Fukushimanche .

Les récents jugements de Coutances et de Laval montrent une Justice aux ordres et inflexible:

  • A Coutances  un « déboulonneur symbolique » de plylone,  responsable d’une organisation paysanne a pris des peines d’amendes et autres .
  • A Coutances un étudiant a pris 3 mois fermes suite à la Bataille de Montabot sans que les faits ne soient prouvés à son encontre.
  • A  Laval un jeune a pris 300 euros d’amende avec sursis alors qu’il manifestait sa simple volonté de ne pas vouloir quitter le terrain privé où il était invité ! La salle a exprimé sa totale réprobation suite à cette condamnation.

Pour couronner le tout, le Préfet de la Manche vient de demander au TGI de Coutances de se déclarer incompétent ( au profit de la Justice administrative ) dans une affaire opposant RTE et une propriétaire qui refuse l’installation de pylônes sur son terrain?

L’idée est d’anéantir toute volonté de contentieux des propriétaires et militants  contre RTE afin que rien ne s’oppose à la réalisation de la THT.

Sous le régime de Hollande et de Valls nous entrons peu à peu dans une république bananière où  Fukushimanche est une province administrée en direct par l’Etat, EDF, RTE et AREVA.

Dans ce contexte inadmissible et anti démocratique, Jeudi sera présent mardi matin à Cherbourg pour soutenir pacifiquement les 3 inculpés.

Il invite ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de la République à le rejoindre.

http://www.acdn.net/spip/breve.php3?id_breve=1241&lang=fr

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Fukushimanche

c’est le doux pays du ministre des affaires européennes, député AREVA indéfectible, défenseur du lobby nucléaire dans le Cotentin.

Le Cotentin est une des régions les plus nucléarisées du monde : à La Hague, une usine de retraitement des catastrophes quotidiennes qui stocke le combustible d’une soixantaine de réacteurs ; à Flamanville, un EPR, étendard mondial et déjà mité des centrales nucléaires françaises ; à Cherbourg, un arsenal militaire consacré à la terreur atomique mondiale ; à Digulleville, un centre de stockage de déchets radioactifs qui contaminent la nappe phréatique ; partout autour, ces territoires quadrillés, assujettis et balafrés par ces lignes « très haute tension » (THT) destinées à alimenter le marché concurrentiel et international de l’énergie.

Si le Cotentin a accueilli Bernard Cazeneuve pour lui offrir Cherbourg, sa communauté urbaine et sa circonscription PS, elle a confié son destin à un nucléocrate indéfectible  C’est lui qu’AREVA appela en pleine discussion entre les Verts et le PS sur la question de l’EPR et du MOX.

En quelques mois, le nouveau gouvernement socialiste aura nommé Cazeneuve ministre, relancé la recherche sur le surgénérateur Astrid de quatrième génération, acté le maintien du parc nucléaire actuel, annoncé l’ouverture de la plus grande mine d’uranium du monde à Imouraren au Niger, validé le développement de l’EPR en France et à l’international, poursuivi la construction de la ligne THT Cotentin-Maine, etc.

On ne pouvait sacrifier Fukushimanche sur l’autel de l’écologie….

« Ecolos marginalisés ? »: Didier Anger adresse une lettre ouverte à Michel LAURENT pdt des CLI du Cotentin

Didier ANGER,
Président du CRILAN
Et à ce titre, membre des commissions locales
AREVA NC, CSM-ANDRA, EDF FLAMANVILL

Lettre ouverte à

Michel LAURENT
Président des Commissions locales d’Information du Cotentin nucléaire
au titre du Conseil général de la Manche
Copie aux journaux meusiens

Monsieur,

On vient de me faire parvenir deux articles parus l’un dans “L’Est Républicain” du 22/07/2012 et l’autre dans le “Républicain Lorrain”  de la même date dans lesquels vous avez donné une interview, en tant qu’élu et président des commissions locales d’information de la Manche”, en compagnie de J. Hamelin, maire de Digulleville, membre des CLI. Avant le débat public qui doit se tenir l’an prochain à Bure, l’Andra a en effet invité les médias à aller voir ces colis vitrifiés, majoritairement entreposés à La Hague.

Soucieux du droit à la libre expression en démocratie, je ne vous conteste pas le droit à développer vos opinions favorables au nucléaire. Je vous laisse bien sûr la responsabilité de votre analyse de la situation du Nord Cotentin et de propos qui font titrer aux journalistes, pour l’un ,“ Le regard des élus, la population a appris à vivre avec” et pour l’autre “ Pour les élus de la Manche, c’est que du bonheur”…( !)

Ce que je ne peux admettre, c’est la falsification des faits . Je n’en citerai que quelques extraits ( cf articles ci-dessous):

  • Dans le “ Républicain Lorrain” : “Quant à l’opposition écolo, elle est aujourd’hui marginalisée. Depuis qu’on les a intégrés dans les CLI, ça se passe bien”.
  • Dans “l’EST Républicain” “il n’y a plus de manifestation et les écologistes sont dans le dialogue”.
  1. L’arrivée de “l’opposition écolo”, selon vos termes, dans les Commissions (CLI) est loin d’être récente ! Faut-il vous rappeler que la commission d’information près d’AREVA NC, a été créée sous le vocable de CSPI en 1981, sous la responsabilité du Ministre de l’Industrie, présidée par le député de Cherbourg, que le commission de surveillance du centre de stockage Manche( CSM) a été créée sous la responsabilité de l’État ( Préfet de la Manche), après sa fermeture au milieu des années 1990 ?  Quant à la CLI de Flamanville, elle a été créée en 1986, à la demande du CRILAN, au début du fonctionnement du premier réacteur nucléaire, sur la base d’une circulaire MAUROY, en date de 1981, qui en attribuait déjà la responsabilité au Conseil Général de la Manche.
    Le CRILAN  a été membre de toutes ces commissions, dès leur origine, ce qui n’a pas été votre cas. C’est seulement à la suite de la loi TSN (transparence et Sûreté Nucléaire) de 2006, qu’à partir de 2008, toutes ces commissions sont passées sous la responsabilité du Président du Conseil général de la Manche qui vous en a délégué la présidence.
  2. Le “I” de CLI ne signifie pas encore…“Intégration” mais “Information”. Ne prenez pas vos intentions pour la réalité et le dialogue mené au sein d’un groupe inter-CLI post Fukushima sur les risques d’accidents, d’attentats a été impulsé pour une grande partie sur la base de travaux critiques des associations, dont le CRILAN, pendant plus d’un an.
    Les inquiétudes des populations varient, on le sait,  au gré des événements, et   même si les pouvoirs publics s’évertuent à les masquer et à les calmer, vous ne pouvez affirmer qu’elles ont disparu.
  3. Seriez-vous aveugle à une partie des événements que vous et vous amis de l’industrie nucléaire ne maîtrisez pas ?
    « Marginalisés », dites-vous?
    ➤ Que faites-vous des refus des populations à propos des projets de stockage des déchets nucléaires en profondeur à Barfleur, en Nord Cotentin en 1991-1992, ou proches comme à Fougères, ou au début des années 2000 à Athis de l’Orne ou Bais en Mayenne?
    ➤ Que faites-vous du rassemblement de Cherbourg à Pâques 2006, contre l’EPR, à l’initiative régionale du CRILAN, avec le soutien du collectif régional « L’EPR, non merci ! » et du Réseau Sortir du Nucléaire, qui a compté entre 25 000 et 30 000 personnes, sur deux jours, venues pour la plus grande partie de la Région ? C’est la plus forte manifestation jamais enregistrée localement (20 000 en 1980) et ces jours-là, selon l’expression d’un journaliste local, “le Cherbourg du nucléaire s’est réveillé avec la gueule de bois !”
    ➤Que faites-vous des centaines de personnes réunies tous les ans à Flamanville-même en mémoire des victimes de Tchernobyl et de Fukushima (800 personnes en 2011 après la catastrophe…) ?
    ➤Que faites-vous des manifestations très récentes, celles-là, dues à d’autres initiatives que les nôtres, car nous n’avons pas et nous ne souhaitons avoir le monopole, contre les transports, comme à Valognes dernièrement, ou le long du couloir de lignes THT lié à l’EPR en construction à  Flamanville durant tous ces derniers mois et qui défraient la chronique?

Et la liste de ces événements est bien loin d’être exhaustive.

Nous aurions été en droit d’attendre du Président des CLI de la Manche une vision plus objective des faits. Aussi vous demanderai-je un rectificatif à vos propos rapportés par ces deux organes de presse.
Nous n’avons jamais participé et il est bien clair que nous ne participerons jamais à des CLI…d’intégration.

Veuillez croire, Monsieur Laurent à mon attachement aux libertés démocratiques.

Le 3 août 2012,
Pour le CRILAN,
Didier ANGER

Pour mémoire, les impressions de certains maires dont Mr Laurent lors de leur visite à Fukushima

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2012/02/02/a-fukushima-des-maires-francais-face-a-lennemi-invisible/

Voir aussi:

Nucléaire en Cotentin, économie locale et dépendances

Communiqué du CRILAN du 24 juillet 2012: arrivée de déchets italiens à la Hague:

Transparence , droit et démocratie : des slogans de propagande.

Au mépris de la transparence, du droit et de la démocratie, en pleines vacances, encore un train de déchets nucléaires italiens vers le terminal ferroviaire d’AREVA à Valognes et l’usine de retraitement, en réalité d’extraction du plutonium de la Hague !

Rappelons-nous : lorsque le contrat entre AREVA et les gestionnaires des déchets italiens ont été signés en 2007, Berlusconi envisageait de relancer le nucléaire civil, malgré le referendum de 1988 qui avait décidé à 80% d’arrêter ce dernier. Il pensait même avec ENEL( électricien italien) commander quelques EPR qui auraient pu utiliser le plutonium extrait à la HAGUE pour fabriquer du MOX ( combustible Mixte plutonium- uranium).
Après Fukushima, un nouveau referendum confirmait à 90% la sortie du nucléaire: aucune centrale nucléaire n’est opérationnelle en Italie depuis presque 25 ans et ne le sera pas.
Alors que faire des 95% d’uranium issus du retraitement, dit valorisables par AREVA , mais non valorisés, même en France ? Que faire du 1% du plutonium extrait, non utilisé à des fins civiles par les centrales italiennes et non utilisé à des fins militaires ?
Restent les 4% de déchets dits de haute activité à vitrifier. Aucun site de stockage n’est accepté et prévu en Italie .
L’ensemble transporté à travers la France devrait être stocké, ici, et ailleurs, sur le territoire français, jusqu’en 2025 , prétend AREVA.
Qui plus est, il apparaît que dans ce transport, la quantité de combustibles irradiés ( 700 kg), est très faible par rapport aux conteneurs utilisés. Que cache-t-on ? Ne transporterait-on pas, par la même occasion, des résidus de démantèlement, certains posant des problèmes particuliers, peut-être même des déchets dits de faible et moyenne activité non retraitables ? Ce n’est pourtant pas autorisé par la loi française qui interdit le stockage en France de déchets nucléaires étrangers et par la réglementation européenne qui déclare que les producteurs doivent en être responsables…
Aucune Région du Monde, pas même le Cotentin ne mérite pour des raisons marchandes de devenir le dépotoir nucléaire de tous les producteurs, au mépris des risques, ici, et au cours des transports, et ceci, quels que soient les Gouvernements.

Pour le CRILAN,

Didier ANGER

Rokkasho, l’autre défi du nucléaire japonais

Déjà malmenée par l’arrêt de ses réacteurs, la filière nucléaire japonaise doit faire face à un nouveau dossier explosif : des montagnes de déchets radioactifs s’amoncellent dans le pays. Et l’usine censée les recycler n’est toujours pas opérationnelle.Par Yann Rousseau Les Échos 23/05/2012

Construite dans les années 1990 et 2000 sur le modèle de la Hague, avec l’aide des ingénieurs français d’Areva, l’usine de Rokkasho n’a pas réussi à mettre au point sa chaîne de retraitement. –

Le 19 avril dernier, à Tokyo, les débats ont été assez virils devant la Commission japonaise pour l’énergie atomique (JAEC). Les grands électriciens du pays ont vivement mis en garde les experts, qui planchent actuellement sur le futur de la politique énergétique de l’Archipel, contre une remise en cause soudaine de la stratégie du « cycle fermé » sur laquelle s’est construite, depuis des décennies, l’ensemble de la filière nucléaire locale. Déjà malmenés par l’arrêt des 54 réacteurs du pays, ils redoutent une révision de la gestion des combustibles usés utilisés dans leurs centrales. Début mai, le gouvernement a proposé à la commission de reporter, pour le moment, toute prise de décision dans ce dossier trop explosif. En coulisses, les experts notent pourtant que le Japon va devoir rapidement se prononcer sur l’avenir de ses colossales montagnes de déchets hautement radioactifs. « Le pays est face à un problème très, très grave », résume Masako Sawai, une chercheuse du Citizen Nuclear Information Center, un groupe opposé à l’énergie nucléaire. « C’est comme si on avait construit une maison sans toilettes », ironisait récemment dans une interview, Jitsuro Terashima, le président du Japan Research Institute.
Sur le papier, cette controverse n’aurait jamais dû avoir lieu. Manquant de ressources naturelles pour alimenter des centrales électriques traditionnelles en charbon, en pétrole ou en gaz, le Japon avait fait le choix, il y a plusieurs décennies, de pousser la part du nucléaire dans son mix énergétique. Et pour casser encore sa dépendance aux fournisseurs étrangers, le pouvoir avait opté pour la mise en place d’un cycle du combustible complet comprenant, en théorie, l’enrichissement d’uranium, le retraitement des combustibles usés et la fabrication de MOX – un mélange de plutonium et d’uranium pouvant être réutilisé dans de nouveaux réacteurs -ou d’uranium appauvri destiné à un éventuel surgénérateur.
L’échéance de 2017

C’est dans le petit village de Rokkasho, situé tout au nord de l’île de Honshu, sur une côte sauvage battue par les bourrasques, que cette stratégie devait se concrétiser. Sur place, le pays devait enrichir, stocker, retraiter et refabriquer son combustible. Dans une immense usine, en grande partie copiée sur le modèle français de la Hague et construite, dans les années 1990 et 2000, avec l’aide des ingénieurs d’Areva, le groupe japonais Japan Nuclear Fuel Ltd (JNFL), né de l’association des électriciens du pays, devait, à partir de 2005, être capable de retraiter 800 tonnes de combustibles radioactifs usés par an. Le cycle « vertueux » aurait pu être enclenché. Sept ans plus tard, il est toujours paralysé. Et les électriciens du pays, qui n’envoient plus depuis les années 1990 leurs combustibles usés dans les centres de retraitement français ou anglais, se retrouvent contraints de stocker, dans leurs centrales, des dizaines de milliers de tonnes de déchets. « C’est un potentiel de radioactivité considérable qui n’est pas protégé », prévient Mycle Schneider, un consultant indépendant travaillant sur les politiques nucléaires.
Lorsqu’ils avaient opté pour une reproduction de l’usine de la Hague, les industriels japonais avaient acheté l’ensemble des technologies françaises à l’exception du procédé de vitrification qui intervient à la fin du processus de retraitement. Au cours de cette étape clef, les déchets de haute activité, qui ne peuvent être réutilisés, sont isolés et mélangés à du verre en fusion avant d’être refroidis dans des blocs capturant la radioactivité. Ces « matrices de verres » sont ensuite placées dans des cylindres en acier inoxydable de 1,34 mètre de hauteur et 0,43 mètre de diamètre, pour être stockées pour des milliers d’années.
A Rokkasho, les ingénieurs japonais étaient convaincus de pouvoir utiliser, à grande échelle,une technologie de vitrification expérimentée par leurs propres chercheurs sur le site de Tokai, au nord de Tokyo. Or, des dizaines d’essais ont jusqu’ici échoué et le mélange au verre au borosilicate ne se fait toujours pas correctement. « Nous allons reprendre nos essais début juin », assure un porte-parole de JNFL, qui note que les autres étapes du retraitement (cisaillage, séparation du plutonium et de l’uranium, purification…) fonctionnent, elles, normalement. Mais nombre d’experts étrangers et japonais doutent désormais de la capacité du groupe à tenir ses engagements. « Je ne vois aucun élément scientifique prouvant un quelconque progrès », modère Masako Sawai, qui parie sur un échec complet. « Nous pensons qu’ils vont y arriver », confie au contraire Luc Oursel, le PDG d’Areva, dont les équipes ont été renforcées à Rokkasho afin d’aider à la réussite de la vitrification.
Même les analystes les plus optimistes doutent que le site de JNFL atteigne un jour sa capacité de retraitement de 800 tonnes par an. Dans l’attente d’un fonctionnement complet de sa chaîne de retraitement, l’usine de Rokkasho n’accepte plus que quelques rares chargements des électriciens du pays. Ses piscines de refroidissement, où sont déjà stockées 3.344 tonnes de matériaux radioactifs, sont proches de la saturation. « Nous prévoyons de recevoir approximativement 19 tonnes de combustible usé au cours de l’année fiscale », indique le groupe. Ce qui représente à peine le volume de combustibles usés produit en un an par une tranche nucléaire.
Selon les calculs de la JAEC, les électriciens du pays doivent trouver, au total, chaque année, de l’espace pour un millier de tonnes de crayons de combustibles dans les piscines de refroidissement de leurs centrales. A ce rythme, le stockage semble théoriquement possible dans le pays jusqu’en 2017, selon les projections de la commission. « En réalité, certains électriciens vont se retrouver très embarrassés dès le milieu de la décennie. Les autres vont avoir besoin de solutions d’ici à 2022 », souffle un expert, qui note toutefois que l’actuel arrêt des centrales du pays leur donne un peu de répit.
Vigilance de la population

Ne pouvant plus espérer un envoi à Rokkasho et ne pouvant procéder à des relocalisations dans les centrales de leurs homologues – la pratique est interdite -, les électriciens étudient de multiples solutions. « Mais toutes vont se heurter à l’extrême sensibilité des populations qui sont désormais très vigilantes sur ces questions depuis l’accident de Fukushima-Daiichi », assure Mycle Schneider.
Certains électriciens semblent opter pour un renforcement des capacités de stockage dans les piscines de refroidissement situées près de leurs réacteurs. La technique de « reracking » est connue et pratiquée dans de nombreux pays. Elle nécessite toutefois l’autorisation des autorités locales qui rechignent à voir leur ville devenir des « dépotoirs nucléaires » et pointent l’inquiétante vulnérabilité de ces bassins sur le site de Fukushima-Daiichi. Le groupe Tepco, l’opérateur de la centrale détruite, et la société Japco (Japan Atomic Power Company) font construire, eux, à Mutsu, une bourgade située non loin de Rokkasho, un centre d’entreposage de 3.000 tonnes de déchets radioactifs isolés, à sec, dans des fûts d’acier. Après le tremblement de terre du 11 mars 2011, le chantier du site, où les combustibles seront, théoriquement, entreposés avant d’être retraités dans quelques décennies à Rokkasho, a été suspendu pendant plus de douze mois. Les travaux ont repris en mars dernier et pourraient s’achever en octobre 2013.
Pour les autres électriciens, les options sont rares. Aucun n’ose pour l’instant envisager publiquement une reprise de ses envois vers les centres de retraitements étrangers. Quelques experts japonais soufflent l’idée de lancer rapidement, à Rokkasho, la construction d’une autre chaîne de retraitement basée, elle, sur une technologie ayant prouvée son efficacité. Areva, qui dispose de cette solution, assure qu’aucune discussion sérieuse n’a été entamée sur ce dossier et rappelle que la priorité des autorités du pays et des électriciens reste actuellement l’organisation d’un redémarrage des centrales de l’Archipel. « Après ça, on verra… », souffle un cadre français.
Intervenant il y a peu dans ce débat sensible, la Commission japonaise pour l’énergie atomique a semblé être prête, pour la première fois, à conseiller au gouvernement un abandon partiel du processus de retraitement afin d’envisager la mise en place, en parallèle, de sites de stockage à sec dans des municipalités se portant volontaires en échange de généreuses subventions. Elle a noté que le retraitement de la totalité des combustibles japonais ne s’imposait plus forcément si les produits recyclés (plutonium et uranium) n’étaient pas ensuite réutilisés dans des réacteurs. Pointant encore le coût exorbitant de la gestion des déchets, elle a indiqué que, selon ses calculs, la combinaison d’une solution d’entreposage au programme de retraitement ne coûterait au pays, d’ici à 2030, que 9.100 milliards de yens (87 milliards d’euros) contre 9.700 milliards (93 milliards d’euros) si l’option du retraitement seul était poursuivie et si des réacteurs du pays étaient relancés. Si aucune centrale n’était rallumée, la solution de l’entreposage s’imposerait et les infrastructures de Rokkasho, qui ont déjà coûté plus de 20 milliards d’euros, seraient démantelées.
, ENVOYÉ SPÉCIAL À ROKKASHO

Yann Rousseau

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Yann Rousseau

Écrit par Yann ROUSSEAU
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