Quitter le gouvernement ?

Faut-il quitter le gouvernement ? Telle est la question que certains d’entre nous n’hésitent plus à poser publiquement, comme s’il s’agissait d’anticiper les interpellations de la presse qui nous harcèle sur ce thème en soulignant à l’envi notre « incohérence ». LeMonde 23.11.2012 Par Noël Mamère, député écologiste

Force est de reconnaître que le piège se referme chaque jour un peu plus sur nous : rester en se soumettant serait un suicide politique ; partir signerait l’échec de nos accords passés avec le Parti socialiste en novembre 2011. Même nos plus fervents partisans du compromis prennent aujourd’hui la mesure du danger… A qui la faute ? Faire peser la responsabilité d’une telle situation sur les seuls socialistes et le tandem exécutif est à la fois injuste et lâche, parce que c’est refuser de regarder en face la faiblesse de notre accord programmatique sacrifié sur l’autel de notre accord électoral.

Nous voulions un groupe à l’Assemblée nationale et des ministres. Nous les avons, mais à quel prix ? Le scénario que nous vivons aujourd’hui était déjà écrit sur la liste des désaccords actés entre EELV et le PS. Dans l’euphorie de la victoire, nous avons réussi à dissimuler ce qui ressemble fort à une arnaque politique. Aujourd’hui confrontés au principe de réalité, nous ne pouvons plus nous contenter de langue de bois, d’imprécations ou de contorsions politiciennes… Au prétexte qu’il ne faut pas mettre en difficulté nos ministres.

Comment rester crédible quand on vote le mardi contre le pacte budgétaire européen (TSCG), parce qu’il choisit l’austérité contre la transition écologique, et le mercredi pour la loi organique qui le transpose dans le droit français ? Il faut reconnaître que nous avons contribué à remplir cette coupe que nous trouvons maintenant trop pleine.

Notre faiblesse politique ajoutée à la domination du Parti socialiste nous vaut quelques humiliations : nos ministres ont découvert le texte du « pacte de compétitivité » à l’entrée d’un « séminaire » gouvernemental. Tout était déjà décidé à Matignon, Bercy et l’Elysée. Après la loi de finances qui a gommé l’essentiel des propositions fiscales des écologistes, ledit « pacte » signe la victoire d’un modèle productiviste, à cent lieues de la transition écologique promise par le président de la République.

TROIS CHOIX

Si l’on ajoute à cela la politique d’immigration et de régularisation du ministre de l’intérieur, le recul sur le vote des étrangers dans les élections locales, l’absurdité de Notre-Dame-des-Landes, le doute sur la fermeture de Fessenheim en 2016, la surreprésentation du lobby nucléaire au comité de pilotage du débat sur la transition énergétique, l’exploitation des gaz de schiste qui n’est plus exclue, la liberté de conscience des maires face au mariage pour tous, etc., nos électeurs et sympathisants sont fondés à se demander pourquoi nous avalons autant de couleuvres.

Faut-il, dès lors, quitter le gouvernement ? En 1970, l’économiste et sociologue Albert Hirschman a publié un ouvrage célèbre, Défection et prise de parole(Fayard, 1995). Il explique que trois choix s’offrent aux individus mécontents :

  • la réaction silencieuse,

  • le renoncement à l’action, par fidélité,

  • la protestation et la prise de parole.

Nous devons collectivement faire entendre notre voix, des ministres aux parlementaires et au parti, dire au gouvernement qu’il se fourvoie… Pour autant qu’il soit toujours capable de nous entendre.

Noël Mamère, député écologiste

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Japon: Horreur , la JAEA veut redémarrer le surgénérateur de Monju !

Le surgénérateur situé dans la préfecture de Fukui a connu ne nombreux problèmes , il a coûté une fortune juste pour le garder en service (si l’on veut) depuis 30 ans et  maintenant il est prêt à être redémarré, après que le IVTM (In-Vessel Transfer Machine) qui était tombé dans le réacteur en août 2010 a été enfin enlevé en juin l’année dernière après deux tentatives infructueuses. 

ACRO La JAEA, veut redémarrer le surgénérateur Monju ! Posted on 11 novembre 2012 | in ACTUALITÉS FUKUSHIMA-INFORMATIONS | by

See on Scoop.it – FUKUSHIMA INFORMATIONS

La Japan Atomic Energy Agency (JAEA, équivalent du CEA français) n’en démord pas, elle veut redémarrer le surgénérateur Monju, arrêté en 1995 suite à une fuite de sodium. Il y a peut-être des failles actives sous ce prototype de centrale. Le refroidissement se fait avec du sodium, qui s’enflamme spontanément dans l’eau comme on peut le voir sur la vidéo . Que se serait-il passé si Monju avait été installé à Fukushima ?
See on www.youtube.com

Exactement comme pour la centrale de Ooi (et deux autres centrales du même secteur), Monju n’est accessible que par une seule route, qui se termine à Monju. Il y a des failles qui courent sous la centrale, comme le dit la NISA, qui passera en revue les failles au niveau et autour de toutes les centrales nucléaires japonaises.

Ce réacteur utilise du sodium liquide comme refroidisseur, qui s’enflamme au contact de l’air.

MONJU Japon: une histoire sans fin, un risque majeur

Surgénérateur de Monju (japon) quitte ou double….

MOX, de qui se moxe-t-on?

Pour la France:

Le CEA et Bouygues s’allient pour le réacteur de 4e génération ASTRID

ASTRID et les couleuvres à neutrons

France: La feuille de route des scientifiques du nucléaire pour… continuer l’aventure.

Les écologistes fâchés contre Astrid, le réacteur du futur

Environnement: le PS s’obstine à rester dans le passé


Une ère nouvelle

Nous rentrons dans l’ère de l’énergie chère qui va poser un énorme problème social, et qui va nous obliger à reconsidérer entièrement notre type de développement, notre modèle socio-économique et notre organisation politique.

Le temps de la croissance infinie s’achève. Celui de la mondialisation tous azimuts permise par des transports très bon marché également. La civilisation du tout voiture n’aura été qu’un épisode minuscule – mais particulièrement destructeur – de l’histoire de l’humanité.

L’organisation centralisée et uniformisée de notre société va devoir laisser la place à des modèles diversifiés, s’adaptant aux ressources spécifiques de chaque territoire (en matière d’isolation et de sobriété énergétique, de développement des énergies renouvelables) et reposant sur la proximité et la relocalisation de l’économie et du politique.

Le PS se fourvoie complètement

Chaque bataille, chaque enjeu, chaque résistance, chaque investissement actuel doivent s’analyser à la lumière de cette perspective là, sous peine de se fourvoyer profondément. Ce qui est hélas le cas du PS actuellement au pouvoir, localement ou à Paris.

Le PS soutient le projet de voie nouvelle LGV car il croit dur comme fer que les transports – de personnes et de marchandises – vont continuer à croître sans cesse, en suivant les mêmes tendances que lors de ces 30 dernières années.

Le PS envoie la police déloger brutalement les opposants au projet de super- aéroport de Notre Dame des Landes, près de Nantes, parce qu’il n’a pas compris que nous rentrons dans l’ère du pétrole cher, et que cela va bien évidemment anéantir toute perspective de viabilité pour ce projet conçu il y a 40 ans.

Le PS n’a en bouche que la relance de l’industrie automobile, sans comprendre que ce ne sont pas des automobiles moins polluantes qu’il nous faut, mais la fin du tout voiture (598 voitures pour 1000 habitants en France !), un plan Marshall alliant réaménagement global du territoire et des villes, et politique radicale de transports collectifs de proximité.

Le PS s’arc-boute sur le logiciel jacobin au lieu de miser sur l’autonomie et la diversité des territoires, meilleure arme pour la résilience, une meilleure adaptation aux crises à venir et une transition réussie vers l’ère de l’énergie chère.

Une trop grande partie du PS persiste à mener un combat d’arrière-garde contre une collectivité territoriale spécifique du Pays Basque, refusant même les expérimentations majoritairement souhaitées par les populations locales et leurs élus, qui permettraient de juger sur pièce de la validité d’un modèle ou d’un autre.

Le PS continue à baser l’essentiel de sa politique économique et sociale sur l’espoir d’une reprise de la croissance, elle-même liée à une énergie bon marché, et non sur une redistribution radicale des richesses produites et une reconversion sociale et écologique de notre économie.

Bref, le PS n’a pas du tout intégré les mutations énormes en cours et leurs conséquences prévisibles sur tous les aspects de notre vie quotidienne et de notre avenir.

Aux socialistes qui refusent la politique de l’autruche

Il suffit pourtant de vouloir s’informer pour être en possession de toutes les données nécessaires à faire les bons choix dès aujourd’hui. Rester dans l’ignorance d’une telle situation signifie en fait VOULOIR ne rien en savoir, pour éviter d’avoir à changer sa politique et son mode de pensée, bref pour éviter de se remettre en cause.

Ce sont vos propres enfants qui condamneront le plus durement une telle attitude.


Source :

http://www.reporterre.net/spip.php?article3432

Article paru dans le numéro de novembre 2012 de Alda

Illustration : La revue des ressources

Lire aussi : L’écologie, le PS s’en fout

Train Castor de Valognes: trois inculpés relaxés

Ce mardi matin à Cherbourg,  il y avait salle comble pour le procès de  3 inculpés du camp de Valognes en novembre 2011. Le Tribunal  les a relaxés au terme d’un procès démontrant l’absence de preuves.

Les trois inculpés ne cachaient pas leur satisfaction à l’issue de cette audience qui a vu tour à tour le Président du tribunal, les trois inculpés, le Procureur de la République et les deux avocats intervenir.

Le tribunal n’a pas retenu les demandes du Procureur quant à trois mois de prison avec sursis pour deux prévenus et à six mois de prison avec sursis pour le troisième, et les a relaxés faute de preuves.

Compte rendu d’audience à suivre.

http://basse-normandie.france3.fr/2012/10/09/proces-de-3-militants-anti-nucleaire-cherbourg-118433.html

Le contexte:

Trois militants ont été inculpés suite aux évènements perturbant le passage d’un train CASTOR (transport de déchets nucléaires hautement radioactifs) en provenance de l’usine de la Hague et à destination du site de stockage de déchets de Gorleben, en Allemagne. Ils sont convoqués le 9 octobre 2012 à 10 heures au tribunal de Cherbourg pour les chefs d’inculpation suivants :

  • Complicité de destruction de biens d’autrui par l’effet d’un moyen dangereux pour les personnes.
  • Incitations directes ayant provoqué un attroupement de plusieurs centaines de personnes dont certaines étaient armées.
  • Organisation d’une manifestation sur la voie publique ayant été interdite.

En réalité le pouvoir a choisi de poursuivre ceux qui se sont exprimés devant la Presse en les faisant passer pour des organisateurs et donc les responsables.

Dans cette histoire,  la SNCF veut se voir rembourser 163 000 euros de dégâts sur une ligne. L’État français – producteur et exportateur d’énergie nucléaire à l’échelle mondiale – voudrait retrouver le calme et la soumission qui accompagnent d’ordinaire son florissant commerce notamment dans le Cotentin qui est une des régions les plus nucléarisées du monde, 

L’enjeu de l’audience du 9 octobre à Cherbourg est important: l’Etat sous Hollande et Valls veut faire taire toute opposition antinucléaire et anti THT dans la Fukushimanche .

Les récents jugements de Coutances et de Laval montrent une Justice aux ordres et inflexible:

  • A Coutances  un « déboulonneur symbolique » de plylone,  responsable d’une organisation paysanne a pris des peines d’amendes et autres .
  • A Coutances un étudiant a pris 3 mois fermes suite à la Bataille de Montabot sans que les faits ne soient prouvés à son encontre.
  • A  Laval un jeune a pris 300 euros d’amende avec sursis alors qu’il manifestait sa simple volonté de ne pas vouloir quitter le terrain privé où il était invité ! La salle a exprimé sa totale réprobation suite à cette condamnation.

Pour couronner le tout, le Préfet de la Manche vient de demander au TGI de Coutances de se déclarer incompétent ( au profit de la Justice administrative ) dans une affaire opposant RTE et une propriétaire qui refuse l’installation de pylônes sur son terrain?

L’idée est d’anéantir toute volonté de contentieux des propriétaires et militants  contre RTE afin que rien ne s’oppose à la réalisation de la THT.

Sous le régime de Hollande et de Valls nous entrons peu à peu dans une république bananière où  Fukushimanche est une province administrée en direct par l’Etat, EDF, RTE et AREVA.

http://www.acdn.net/spip/breve.php3?id_breve=1241&lang=fr

Ligne THT : les élus d’EELV sous les pylônes

Le secrétaire national d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), Pascal Durand, et plusieurs élus du parti écologistes ont rencontré cet après-midi, dans la Manche, des militants anti-THT et des riverains concernés par la future ligne à très haute tension. Ouest France lundi 01 octobre 2012

Pascal Durand, secrétaire national d’EELV, Hélène Lipietz, sénatrice de Seine-et-Marne et Isabelle Attard, député du Calvados évoquent la ligne THT sous ses pylônes.

Pascal Durand, secrétaire national d’EELV, Hélène Lipietz, sénatrice de Seine-et-Marne et Isabelle Attard, député du Calvados évoquent la ligne THT sous ses pylônes.

Les écologistes ont apporté leur soutien aux opposants et réaffirmé leur opposition au projet porté par RTE, filiale d’EDF. Lors d’une conférence de presse organisée sous des pylônes, près de Saint-Germain-sur-Sèves, les militants d’EELV ont assuré « comprendre leur combat ».

« L’État doit entendre ce que les citoyens ont à dire », a expliqué Pascal Durand, le successeur de Cécile Duflot à la tête du parti. « Cela donne l’impression d’un immense gâchis », a jugé Hélène Lipietz, sénatrice de Seine-et-Marne également venue sur place.

Hélène Lipietz s’apprête justement à déposer, avec le groupe parlementaire EELV au Sénat, une proposition de loi visant à instaurer systématiquement l’indépendance des experts mandatés pour réaliser des études sur des sujets majeurs. Une telle étude a toujours été refusée concernant la ligne THT Cotentin-Maine.

Isabelle Attard, député du Calvados, a de son côté appelé à ne pas« commettre à nouveau cette erreur », en évoquant le manque de concertation et l’achèvement prochain de la ligne THT Cotentin-Maine. Elle entend s’appuyer sur son mandat de parlementaire pour faire bouger les lignes. « Il n’est peut-être pas trop tard pour faire comprendre aux gens l’inutilité de l’EPR », avance Isabelle Attard.

Mettre fin au jeu de dupes des ministres verts

Editorial du Monde. La question de confiance était posée aux écologistes français. Ils ont répondu non en votant, samedi 22 septembre, à 70 % contre le traité budgétaire européen lors du conseil fédéral d’Europe Ecologie – Les Verts (EELV). La question n’est pas anodine : elle concerne l’axe fondamental de la politique de François Hollande. LE MONDE  24.09.2012

Cécile Duflot avec François Hollande, le 21 aout 2008

Le chef de l’Etat a décidé de respecter les engagements européens de la France et de faire redescendre les déficits publics sous la barre des 3 % du PIB, au prix d’un tour de vis fiscal sans précédent. Surtout, il a fait du sauvetage de l’euro son horizon. Le non des écologistes est incompatible avec cette politique. Jean-Marc Ayrault a bien résumé l’attitude des partisans du non : « La conséquence logique de leur démarche, c’est la sortie de l’euro », a déclaré le premier ministre.

Les écologistes peuvent argumenter que le sujet du traité budgétaire européen ne figure pas dans le contrat de gouvernement signé avec les socialistes, prétendre que le candidat Hollande avait promis de le renégocier. C’est vrai… et faux. Si le texte n’a pas été retouché, le président français a obtenu des compensations, comme l’union bancaire. Surtout, le contexte a changé avec la décision de la BCE de sauver l’euro et le feu vert de la Cour constitutionnelle allemande aux mécanismes européens de solidarité.

M. Ayrault assure ne pas vouloir avancer des arguments d’autorité mais de responsabilité. Là réside le problème : les écologistes demandent à être traités en partenaire de coalition, ils se comportent en groupuscule irresponsable. Incapables d’avoir une éthique de responsabilité et incohérents, puisqu’ils comptent soutenir le budget 2013.

Cette attitude est d’autant plus inacceptable que le Parti socialiste ne cesse de compenser les handicaps de la Ve République en traitant les écologistes comme si la France se trouvait en démocratie parlementaire : il leur réserve soixante circonscriptions, négocie un contrat de gouvernement, attribue des portefeuilles de ministre et leur fait des concessions substantielles en renonçant à toute recherche sur le gaz de schiste. Il s’agit d’un jeu de dupes. Les Verts formulent des exigences comme s’ils étaient une force de progrès soutenue par 10 % des électeurs. Ils ne réalisent de tels scores que lorsqu’ils sont emmenés par le Vert pro-européen Daniel Cohn-Bendit. On l’a vu avec le score d’Eva Joly à la présidentielle : ils retombent à 2 % lorsque leurs tendances dogmatiques reprennent le dessus.

Les écologistes font mine de croire que leur attitude ne portera pas à conséquence, à l’instar de Cécile Duflot, qui a séché la réunion de samedi mais vantait, dans la soirée, sur Twitter et photo à l’appui, sa méthode « antistress » : cuisiner un chili con carne.

Les communistes avaient quitté le gouvernement en 1984, après le virage de la rigueur. Au nom de la cohérence de son action et du respect des électeurs, c’est à François Hollande d’en tirer les conséquences : il doit mettre fin aux fonctions des deux ministres d’EELV, Cécile Duflot et Pascal Canfin. Ils reviendront si leur formation se transforme en parti de gouvernement. Un jour, peut-être.

En décidant de sortir du nucléaire, le Japon va devenir le laboratoire mondial des énergies renouvelables

La décision avait beau être attendue, elle revêt une portée économique et politique considérable au niveau mondial : un an et demi après le terrible séisme qui a frappé le Japon et entraîné la catastrophe de Fukushima, le gouvernement japonais a annoncé, vendredi 14 septembre, l’arrêt progressif de la production d’électricité nucléaire sur trente ans. René Tregouet Vendredi, 21/09/2012

http://www.rtflash.fr/en-decidant-sortir-nucleaire-japon-va-devenir-laboratoire-mondial-energies-renouvelables/article 

Le Japon devient ainsi le troisième pays, après l’Allemagne et la Suisse, à faire part de son intention de stopper ses réacteurs depuis l’accident du 11 mars 2011 à Fukushima Daiichi (220 km au nord-est de Tokyo). La production nucléaire représentait 30 % de la consommation électrique du Japon et cette part devait être portée à 53 % d’ici à 2030. Elle est cependant pratiquement à l’arrêt puisque, actuellement, il ne reste que deux réacteurs nucléaires sur 50 en service au Japon. Les autres réacteurs n’ont pas redémarré depuis le terrible séisme du 11 mars 2011 car ils doivent non seulement être réparés mais également être modifiés pour satisfaire aux nouvelles normes de sécurité décidées par le gouvernement japonais. Compte tenu de cette décision, il est probable que la plupart de ces réacteurs, sinon la totalité, ne soient jamais redémarrés.

Confronté à une chute brutale et massive de la production électronucléaire, le Japon tente de se réorganiser et de s’adapter à cette situation inédite depuis mars 2011 : il a dû diminuer de plus de 20 % la production électrique dans certaines régions pour éviter un black out complet du réseau et doit avoir recours à de nombreuses centrales thermiques dont l’approvisionnement en énergies fossiles plombe sa balance commerciale devenue très déficitaire. Il est vrai que depuis 2011, plus de la moitié de ce déficit commercial provient de l’augmentation massive des importations d’énergies fossiles, gaz et pétrole notamment.

Autre conséquence de cette situation : une augmentation sans précédent du prix de l’électricité depuis un an : 17 % pour les entreprises et 10 % pour les ménages car les compagnies productrices d’électricité sont bien obligées de répercuter sur les usagers l’augmentation importante de leurs coûts de production de l’énergie.

De son côté, le gouvernement nippon élabore depuis 6 mois un plan de transition énergétique qui a servi de base de réflexion pour la décision historique du 14 septembre. Pour justifier celle-ci, le Premier Ministre a souligné que le Japon devait « mettre toutes ses forces dans la balance pour qu’aucune centrale nucléaire ne fonctionne lors de la décennie 2030 ». Il a précisé que cette sortie responsable du nucléaire respecterait trois principes : ne plus construire de nouvelle centrale nucléaire, arrêter les réacteurs existants après quarante ans d’activité et, enfin, ne redémarrer les réacteurs arrêtés qu’après une mise aux nouvelles normes de sécurité constatée par une autorité indépendante.

Mais au-delà de cette décision politique majeure qui engage l’avenir à long terme du Japon, le gouvernement japonais construit une ambitieuse stratégie énergétique qui repose sur trois piliers complémentaires : développer massivement toutes les énergies renouvelables et non-conventionnelles, y compris les énergies issues de la mer, réduire de manière considérable la consommation d’énergie du pays et améliorer l’efficacité énergétique globale de l’économie nippone.

Dans ce cadre, le Premier Ministre japonais, Monsieur Noda, a évoqué trois scénarios de transition énergétique à l’horizon 2030 : une production nucléaire représentant 20 à 25 % de la consommation d’électricité, une part de seulement 15 %, ou une sortie complète du nucléaire à cette échéance.

Répondant  aux critiques concernant l’augmentation inévitable de la facture énergétique qui résultera de l’arrêt du nucléaire, le ministre de l’Economie, Yukio Edano, a pour sa part souligné que la sortie progressive du nucléaire était, au contraire, une « opportunité » pour le Japon et allait relancer la croissance en stimulant la recherche et l’innovation dans les domaines des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.

La nouvelle politique énergétique japonaise table sur un coût de l’électricité solaire divisé par trois d’ici à 2020, et par six d’ici à 2030. Elle prévoit également l’installation de panneaux solaires sur les toits de 10 millions de bâtiments. Pour encourager le développement de l’énergie solaire, le gouvernement japonais vient de relever le tarif du KWh à 42 centimes d’euros, un tarif de rachat unique au monde et deux fois plus élevé qu’en Allemagne, qui sera garanti pendant 20 ans pour toutes les installations supérieurs à 10 mégawatts (MW).

Grâce à ces nouveaux tarifs, le retour sur investissement deviendra très rapide et devrait avoir un effet « boule de neige » sur le développement de l’énergie solaire. Le Japon est aujourd’hui au sixième rang mondial en matière solaire avec 1,3 gigawatt installé en 2011 et une puissance totale installée de 5 GW qui devrait tripler d’ici deux ans. Le Japon a par ailleurs annoncé, en avril 2012, la réalisation de la plus grande centrale solaire du pays qui totalisera une puissance installée de 70 MW sur 1,3 km² et devrait fournir assez d’électricité pour satisfaire 22.000 foyers.

L’éolien sera également massivement mobilisé et d’immenses parcs éoliens marins sont envisagés d’ici la fin de la décennie. En utilisant une nouvelle génération d’éoliennes marines, plus légères et plus performantes, les chercheurs japonais pensent qu’il est envisageable de recourir à une multitude d’éoliennes flottantes, respectueuses des fonds marin et moins chères à installer. Selon leurs calculs, il serait envisageable, sur une surface maritime de 440 000 km², de produire au total plus de 2 600 TW/h, soit deux fois et demi la consommation électrique totale du Japon (1 040 TWh par an) ou encore 13 % de la production électrique mondiale (20 000 TWh par an en 2010).

Enfin, un projet volontariste de production de bio et d’agrocarburants à partie de la biomasse terrestre mais également de micro-algues issues de la mer est à l’étude.

Mais la réflexion de la société japonaise va plus loin et le Premier Ministre a également dénoncé pour la première fois publiquement « L’évolution des modes de vie, qui supposent des ressources énergétiques infinies » et a appelé ses concitoyens à « Créer de nouvelles manières d’être où une vie confortable pourra être alimentée avec une énergie limitée ».

Le Japon veut non seulement produire la quasi-totalité de son énergie de manière propre et durable d’ici 30 ans mais il veut également changer les habitudes et réduire très sensiblement la consommation d’énergie à la source. C’est dans ce contexte qu’un projet de maison intelligente, utilisant la domotique, a été lancé début 2011.

Cette « Smart Energy House » préfigure ce que pourrait être l’habitation du futur. Entièrement gérée par informatique, elle est équipée d’une pile à combustible de 700 W, de panneaux solaires de 5 kW, de batteries de stockage lithium-ion. Résultat : dans une telle maison, une famille de trois personnes a pu réduire de presque 90 % sa consommation totale d’électricité et n’a consommé que 584 kWh en un an, contre 4830 kWh pour la même famille dans une maison japonaise standard ! Certes, le coût d’un tel système, encore à l’état de prototype reste prohibitif (environ 200 000 euros) mais le gouvernement souhaite le mettre sur le marché dès 2015 et table sur sa production industrielle pour faire baisser son prix.

Le Japon est également à la pointe en matière de valorisation énergétique des déchets. Des chercheurs de l’Université de Shizuoka ont en effet mis au point un combustible synthétique combinant de manière très innovante déchets plastiques et agricoles. Le résultat final se présente sous la forme de petits granulés d’un diamètre de 5 millimètres. Un kilo de ces granulés possède un pouvoir calorifique d’environ 6 600 kcal, équivalent à celui du charbon. Autre avantage, ces granulés ne dégagent pas d’oxyde de soufre quand ils sont brûlés et leurs cendres, riches en phosphore, sont elles-mêmes recyclables dans des engrais… A terme, ce type de combustible synthétique pourrait se substituer avantageusement au charbon qui assure encore plus du quart de la production électrique japonaise.

Le Japon mise également depuis plusieurs années sur le développement de l’hydrogène comme vecteur énergétique et compte bien accélérer son effort dans cette voie. Il y a quelques jours le « HIT Business Group », regroupant quatre compagnies, a annoncé un vaste projet de production d’hydrogène peu émettrice de CO2, à partir de déchets organiques provenant des égouts. L’unité de production expérimentale s’inscrit dans une chaîne compète de valorisation qui assure la récupération, le traitement et la transformation de ces déchets en hydrogène destiné à être utilisé dans des piles à combustible domestiques, industrielles ou automobiles dès 2015.

Mais le salut énergétique pour le Japon pourrait bien venir d’une autre voie aussi prometteuse mais longtemps inaccessible : les hydrates de méthane emprisonnés au fond des océans. L’information est passée inaperçue en Europe mais début 2012, une équipe de recherche américano-japonaise a en effet réussi pour la première fois au monde à extraire de manière continue pendant deux mois des hydrates de méthane dans la région de North Slope, en Alaska en utilisant une nouvelle méthode prometteuse qui consiste à récupérer ces hydrates en injectant un mélange de CO2 et d’azote dans un puits d’un kilomètre de profondeur.

Or, selon différentes estimations géologiques, il y aurait au fond des mers entourant le Japon au moins 7 milliards de m3 d’hydrates de méthane, soit l’équivalent de plus d’un siècle de consommation japonaise de gaz naturel, à condition toutefois de mettre au point des technologies de récupération qui préservent l’environnement et préviennent efficacement les risques de pollution et d’émissions massives de ce gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

En prenant la décision de se passer de l’énergie nucléaire, le Japon fait donc un pari risqué mais qui à terme peut s’avérer payant. Ce grand pays scientifique et industriel sera obligé de relever, d’une manière ou d’une autre, ce défi de l’approvisionnement durable en énergie et nous pouvons être certains, compte tenu de la volonté de la société japonaise, de ses ressources intellectuelles et de sa culture d’innovation, que ce pays va se mobiliser complètement pour réussir ce pari de l’après nucléaire. Le Japon va devenir le laboratoire mondial des énergies renouvelables et non conventionnelles et sa capacité d’entraînement va accélérer l’inévitable transition énergétique mondiale liée à l’épuisement annoncée des ressources fossiles et à la nécessité de réduire plus fortement et plus rapidement nos émissions de gaz à effet de serre si nous voulons éviter d’ici 50 ans une rupture climatique brutale.

Souhaitons que l’Europe prenne toute la mesure de la décision japonaise du 14 septembre, qu’elle accélère le rythme de sa mutation énergétique et qu’elle mette rapidement en oeuvre un programme beaucoup plus ambitieux de recherche dans ce domaine stratégique des énergies renouvelables qui sera l’un des principaux moteurs de la croissance, de l’emploi et de la compétitivité au cours de ce siècle.

René TRÉGOUËT

Sénateur Honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat

Le patron d’Areva va présider l’Association nationale de la recherche

Le président du groupe nucléaire public Areva, Luc Oursel, a annoncé jeudi sa nomination à la présidence de l’Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT), un organisme qui promeut les partenariats de recherche entre acteurs publics et privés. ©AFP / 20 septembre 2012

Scandaleux!

Je suis honoré de prendre la présidence de l’Association Nationale de la Recherche et de la Technologie et de succéder à Louis Gallois, a indiqué M. Oursel sur le compte twitter d’Areva.

J’aurai à coeur de perpétuer l’activité de cet organisme d’un intérêt majeur pour la recherche et la développement en France et je suis conscient, en tant que président d’Areva, du rôle crucial que joue l’innovation dans la compétitivité d’une entreprise, a-t-il ajouté.

Il remplacera Louis Gallois, ex-dirigeant de la SNCF et d’EADS, qui avait été désigné président de l’ANRT le premier juin dernier, avant d’être nommé quelques jours plus tard commissaire général à l’investissement par le gouvernement.

Cette nomination ne devrait pas ravir les opposants à l’atome, après la polémique suscitée par les propos du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, qui avait provoqué une tempête politique au coeur de l’été en déclarant que le nucléaire était une filière d’avenir.

L’Association nationale de la recherche et de la technologie rassemble les acteurs publics et privés de la recherche et de l’innovation. Elle gère notamment le dispositif Cifre (conventions industrielles de formation par la recherche), qui subventionne les entreprises françaises embauchant des doctorants dans le cadre d’une collaboration avec un laboratoire public.

AREVA

EADS – EUROPEAN AERONAUTIC DEFENCE AND SPACE COMPANY

(©AFP / 20 septembre 2012 18h49)

La Bulgarie coupe ses réacteurs

La coopération entre la Bulgarie et le groupe français Areva, qui devait fournir deux réacteurs de troisième génération pour la centrale de Kozlodouï, risque d’être interrompue Pour la Bulgarie, Béléné était le symbole du retour à sa position de leader énergétique dans les Balkans et le moyen de créer des milliers d’emplois. 20 septembre, 2012 Maurice Lemaire

La Bulgarie a annoncé son refus de poursuivre le projet de construction de la centrale nucléaire de Béléné. Elle est sur le point de perdre non seulement beaucoup d’argent mais aussi la confiance des investisseurs. Le russe Rosatom a engagé une procédure pour exiger la somme non négligeable d’un milliard d’euros de compensation à la Compagnie électrique nationale bulgare pour le travail déjà réalisé.

Après cinq ans de négociations infructueuses, en mars 2012, le Premier ministre décide d’annuler le contrat, devant rapporter près de 6,3 milliards d’euros à la Russie. Il explique cette décision par le coût trop élévé (la Bulgarie avait indiqué ne pas vouloir dépenser plus de 5 milliards d’euros).

En chiffres :

2 GW, c’est la capacité (2 gigawatts) que devait atteindre la centrale de Béléné. La construction avait débuté en 1981, été gelée en 1991, puis relancée en 2002 et en 2006.
« Areva et Siemens étaient avec Atomstroïexport les principaux sous-traitants pour la centrale de Béléné. Les compagnies française et allemande ont créé un consortium devant fournir à Rosatom des systèmes automatiques de gestion de la sécurité de la centrale. L’annulation de ce projet a enlevé à Areva une importante source de revenus et la possibilité de s’implanter sur le marché du nucléaire bulgare, ainsi que de continuer à développer ses compétences en matière de nouvelles technologies nucléaires », considère Leonid Bolchov, directeur de l’Institut de la sécurité et de développement nucléaire en Russie et membre de l’Académie des sciences russe. Bolchov affirme que Rosatom a de fortes chances de gagner son procès car le groupe agit dans le cadre de la Cour d’arbitrage internationale.

Pour la Bulgarie, Béléné était le symbole du retour à sa position de leader énergétique dans les Balkans et le moyen de créer des milliers d’emplois. Quatre réacteurs de la centrale de Kozlodouï construits à l’époque soviétique avaient été fermés sur demande de l’Union européenne pour des raisons de sécurité, provoquant une vague d’indignation dans tout le pays.

Le projet de Bénélé avait reçu en 2007 toutes les autorisations nécessaires. Son annulation a provoqué une nouvelle levée de boucliers : plus de 700 000 personnes ont signé une pétition adressée exigeant un référendum pour relancer la construction de la centrale. Selon l’ex-Premier ministre bulgare Simeon II, « ce sujet est devenu trop politisé. La construction de cette centrale stratégique est très importante pour notre secteur énergétique, mais elle ne doit pas être un instrument utilisé poir réunir le parti ou se préparer pour les éléctions ».

Areva, qui avait racheté la part de Siemens dans la coentreprise des deux groupes dans le nucléaire, était resté seul sous-traitant de la société russe Atomstroyexport pour les systèmes de sécurité, selon un accord signé en 2008. Le projet prévoyait la construction de deux réacteurs à 1 000 MW chacun jusqu’à 2017, selon une technologie russe moderne qui devait être mise en service pour la première fois dans un pays de l’Union européenne.

Sofia doit prendre une décision définitive et la très forte amende réclamée par Rosatom pourrait s’avérer catastrophique pour l’économie du pays, sur laquelle planerait par ailleurs le risque d’une « famine énergétique » selon certains. La proposition de Boïko Borissov envisageant la construction d’une centrale à gaz sur le site de Béléné laisse les experts perplexes du fait de l’absence d’infrastructure gazière dans la région.

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Rosatom prend Alstom sous son bras
Le projet de construction de la Centrale nucléaire d’une puissance de 2 gigawatts a connu une histoire mouvementée depuis sa naissance en 1981. Il semblait en bonne voie en 2006, lorsqu’à la suite d’un appel d’offres international, un contrat a été signé entre l’électricien national bulgare NEK et la société russe AtomStroïExport (filiale à 100% de Rosatom). Mais suite à l’arrivée au pouvoir de Boïko Borissov, chef de la droite bulgare, le projet fut gelé, les parties ne parvenant pas à s’accorder sur le coût ni les conditions de l’exécutin des travaux.

Moins d’électricité nucléaire, plus d’EPR ?

Voici un très intéressant article du site dissident-media qui est un site consacré au nucléaire. Il calcule simplement ce que signifie de faire passer la part du nucléaire à 50% en France pour la production d’électricité. Et au bout du compte, on s’aperçoit que pour « sortir du nucléaire » comme le prétend EELV, il faut… du nucléaire en plus! Il y aura ainsi des centrales construites pour « sortir » du nucléaire, puis finalement plus de sortie du tout! 17 sept, 2012

Question à 1 000 euros : que signifie pour EELV 50% de nucléaire en 2025 ? Aujourd’hui, en fait depuis une quinzaine d’année, la part atomique injectée sur le Réseau de transport d’électricité (RTE) tourne autour de 75% de la production nette d’électricité en France.

François Hollande s’est engagé à faire baisser cette proportion d’un tiers d’ici 2025, soit d’ici 13 ans.

La production annuelle d’électricité atomique (données RTE) s’est stabilisée autour de 420 TWh depuis une dizaine d’années, tandis que la consommation, pertes en ligne comprises, augmente en tendance d’un peu plus de 1,2% par an depuis une douzaine d’années. Durant cette période, le solde export – import a fluctué entre 7 et 15% (moyenne = 12%) de la production nette.

La crise a eu pour effet de tasser offre et demande. Le taux moyen d’augmentation de la consommation de 1,2% durant ces 12 dernières années en a été affecté. On peut donc raisonnablement tabler sur un maintien de ce taux, qui conjuguerait, reprise d’un côté, et effort de maîtrise de l’autre, d’ici 2025. Par ailleurs, le programme de développement des énergies renouvelables devrait, comme cela a été le cas du Danemark, conduire à au moins maintenir le niveau moyen du solde export – import.

À partir de ces hypothèses, la production d’électricité devrait atteindre 675 TWh en 2025, dont 595 TWh pour la consommation intérieure. La part nette de la fission de l’atome dans la production d’électricité s’établirait donc à 337 TWh en 2025.
_ Certains ont pu croire que la réduction d’un tiers de la proportion (de 75% à 50%) signifiait une réduction d’un tiers de la production. La réalité sera différente : moins de 20%

Le plus significatif vient maintenant. D’ici 2025, 31 réacteurs auront dépassé 40 ans d’exploitation). Ils font partie d’un ensemble de 34 réacteurs qui ne satisfait pas des exigences de sûreté considérées depuis longtemps comme élémentaires, notamment celle de disposer d’une enceinte de confinement double.

Sachant que l’ASN ne se montrera pas plus exigeante sur ce point précis qu’elle ne l’a été dans le passé, on suppose que seuls ces 31 réacteurs auront été mis hors service une fois atteinte la limite d’âge de 40 ans. L’expérience montre que le taux de charge tend à diminuer (il était de 66% pour les 19 réacteurs ayant atteint ou dépassé 30 ans de service en 2009) lorsque les centrales vieillissent.

On tablera sur le maintien de ces 66% jusqu’à l’âge de 40 ans. L’arrêt de ces 31 tranches entraînera donc une perte de production annuelle de l’ordre de 160 TWh. Avec en perspective proche le remplacement des 3 dernières tranches de 900 MWh et des 8 tranches de 1300 MWh, une perte de production d’au moins 67 TWh est à prévoir entre 2025 et 2030 (vraiment “au moins” car 9 tranches supplémentaires auront dépassé 40 années d’exploitation en 2030…).

Calendrier de construction des centrales nucléaires françaises (1970-2000)

Deux et deux font quatre, n’est-ce pas ? Si on soustrait 160 de 420 on trouve 260. Puis si on soustrait encore 67 de 260, on trouve 193.
Question : combien d’EPR de 1600 MW électriques faut-il construire pour produire la différence entre 335 et 260 TWh, puis entre plus de 335 et 193 TWh ? On va généreusement leur accorder un taux de charge effectif de 80 % (une performance que les centrales d’EDF n’atteignent pas). Chaque EPR produirait alors 11,2 Twh/an.

L’administration Hollande doit donc engager un programme industriel visant la construction d’au moins 5 EPR avant 2025 (en sus des 2 déjà engagés) et la mise en service d’au moins 6 EPR supplémentaires d’ici 2030.
La construction de ces machines dure au moins 7 ans. Il faudra donc décider le lancement de la construction d’un EPR/an d’ici 2025, compris les deux déjà programmés.
Si l’administration Hollande dure deux mandats, et si aucune catastrophe atomique ne frappe l’Europe d’ici là, elle aura mis à son actif 8 EPR !
Le 4 juillet, le leader du groupe EELV à l’Assemblée nationale a déclaré au nom de ses amis partager avec le gouvernement la « première étape » de « baisse programmée et résolue de la production d’électricité d’origine nucléaire », tout en étant partisan à long terme « de la sortie du nucléaire ».
Les écologistes ont une connaissance des questions d’énergie atomique très supérieure à celle des autres politiciens du pays.
Ils savent donc que les EPR sont conçus pour une durée d’exploitation supérieure au demi siècle. En appuyant solennellement sur ce point la déclaration de politique générale du Premier Ministre, ils se sont donc prononcés pour la stratégie de remplacement du parc existant par des EPR. Ils soutiennent ainsi formellement la poursuite indéfinie de la production d’électricité atomique dans notre pays.
Voilà le prix réel, ou du moins une part certaine du prix à payer, de la présence d’un groupe EELV à l’Assemblée Nationale !
Allez, courage, encore un effort pour ne plus être du tout écologiste !
Comment vont réagir les collègues Verts élus au Parlement Européen ?