Les actions de l’ASN sur le contrôle du chantier de construction du réacteur EPR de Flamanville : les points marquants. Lettre d’information n°13 –

Depuis la fin 2011, l’ASN a poursuivi au cours de plusieurs inspections le contrôle du chantier de construction du réacteur EPR Flamanville 3 et des différentes fabrications à destination de celui-ci. Les points marquants de ces derniers mois sont détaillés ci-après. ASN Paris, le 01 Octobre 2012 

Fabrication des consoles du pont polaire

Coopération avec l’Autorité de sûreté finlandaise (STUK) et contrôle des activités de bétonnage complexe

Réparation du couvercle de la cuve

Identification des exigences associées au montage des équipements

Prescriptions complémentaires applicables à Flamanville 3 au vu des conclusions des évaluations complémentaires de sûreté (ECS)

http://www.asn.fr/index.php/S-informer/Actualites/2012/Lettre-d-information-de-l-EPR-n-13

 

Nucléaire: les 19 centrales françaises épinglées par l’UE

INFO LE FIGARO – Les stress tests européens post-Fukushima révèlent des défaillances de sécurité dans toutes les centrales nucléaires françaises. Mais aucune fermeture n’est préconisée par Bruxelles. Par Jean-Jacques MevelFabrice Nodé-LangloisService infographie du Figaro Mis à jour le 02/10/2012.

Chacun des 58 réacteurs nucléaires d’EDF affiche des défaillances, d’incidence variable, à l’issue de contrôles de sécurité systématiques menés par l’Union européenne (UE), selon un bilan encore confidentiel, obtenu par Le Figaro.

Le document de travail qui recense les «tests de résistance» menés depuis un an sur les 134 réacteurs du parc européen doit être validé par la Commission ce mercredi. Les recommandations seront ensuite soumises au sommet des chefs d’État et de gouvernement, probablement en octobre. Aucune fermeture n’est préconisée. «En général, la situation est satisfaisante, mais nous ne devons avoir aucune complaisance», a fait savoir lundi le commissaire à l’ÉnergieGünther Oettinger, sans confirmer ni démentir le contenu du rapport.

Première puissance nucléaire civile de l’UE avec 58 réacteurs, la France avait statistiquement plus de chances d’être épinglée que les autres. Le rapport du régulateur européen, l’Ensreg (qui regroupe en fait les autorités de sûreté nationales), relève des centaines de carences à l’échelle du continent. Il paraît néanmoins concentrer le tir sur l’Hexagone. Les 19 installations ont été testées par les autorités françaises, exercice suivi pour quatre d’entre elles par une visite d’experts européens (Cattenom, Chooz, Fessenheim et Tricastin).

Fessenheim mieux noté que Cattenom

Les 19 centrales françaises épinglées par l'UE

Dix-huit mois après le tremblement de terre et le tsunami de Fukushima, le document confidentiel établit que les 19 centrales manquent d’instruments de mesure sismique adaptés aux exigences post-Fukushima. Sans exception non plus, les équipements de secours en cas d’accident ne sont pas adéquatement protégés des éléments; à la différence des réacteurs allemands, britanniques, espagnols ou suédois. Des carences qui avaient été relevées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française dans son propre rapport, et auxquelles EDF s’est engagé à remédier.

La centrale de Fessenheim, doyenne du parc d’EDF que François Hollande s’est engagé à fermer en 2016, présente moins de mauvais points dans le tableau récapitulatif du document européen. Un exemple: les procédures prévues en cas d’accident grave sont jugées insuffisantes à Chooz et Cattenom mais adéquates à Fessenheim.

Un bon point pour les centrales hexagonales: toutes sont équipées de recombineurs d’hydrogène, un dispositif qui aurait, selon les experts du Commissariat à l’énergie atomique notamment, évité les explosions d’hydrogène à Fukushima si les réacteurs japonais en avaient été pourvus. Ces équipements manquent aux réacteurs espagnols et britanniques, pointe le rapport européen.

Les tests conduits par l’UE relèvent aussi des facteurs de risque propres à la France, dans les scénarios extrêmes envisagés par Bruxelles: tremblement de terre, inondations, résistance par conception à des secousses ou à des impacts comme la chute d’un avion. «Fukushima a démontré que les réacteurs doivent être protégés, mêmes contre des accidents considérés comme hautement improbables», affirment les auteurs.

Pour finir, le document européen évalue entre 10 et 25 milliards d’euros le coût de la nécessaire mise à niveau des 14 pays européens (de 30 à 200 millions par réacteur). La Cour des comptes, dans son rapport publié en janvier dernier, avait évalué cette dépense, pour les réacteurs d’EDF, à 5,6 milliards d’euros sur quatorze ans.

LIRE AUSSI:

» La centrale de Fessenheim sera fermée à la fin 2016

» Fessenheim, une centrale âgée et controversée

» L’Europe se penche sur la sécurité de ses réacteurs 

A nouveau épinglée, la centrale de Chinon reste sous « surveillance renforcée »

La centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire) a enregistré des performances décevantes en matière de sûreté et de radioprotection pour la deuxième année consécutive et restera sous « surveillance renforcée », a déclaré vendredi l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) des régions Centre et Limousin. Le Monde 22 09 2012

Dans son rapport, le gendarme du nucléaire juge les performances de la centrale « en retrait » par rapport au reste du parc. « Le site a arrêté de plonger. Nous constatons quelques signes de progrès, mais ils ne sont pas à la hauteur de ce que nous attendions »,a  précisé le délégué territorial de l’ASN, Nicolas Forray.

L’ASN observe notamment « un manque de culture » des intervenants en matière de radioprotection ainsi que « des fragilités du site dans ce domaine ». En conséquence, la centrale Chinon, qui compte quatre réacteurs à eau pressurisée de 900 MW mis en service entre 1982 et 1987, poursuivra le plan de rigueur mis en œuvre par EDF depuis 2010.

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2012/08/17/des-micro-fissures-sur-les-cuves-de-dix-reacteurs-francais/

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2012/02/02/a-fukushima-des-maires-francais-face-a-lennemi-invisible/

 

Fini de jouer!: Pour l’ASN la centrale de Fessenheim doit fermer en juillet 2013 si les travaux ne sont pas finis.

Fini de jouer! Déjà en juillet dernier l’avertissement est tombé. Il résonne en écho depuis  l’accident du 5 septembre et suite aux 23 évènements intervenus depuis mars 2012.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a de nouveau pris ses distances avec la doyenne des centrales nucléaires en activité, Fessenheim. Selon Le Figaro, le président de l’Autorité, André-Claude Lacoste, a affirmé : « Si le radier [la dalle de béton] du réacteur de Fessenheim n’est pas épaissi d’ici juillet 2013, on ferme. » Des propos tenus lors d’une audition par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Le Monde.fr avec AFP  05.07.2012

http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2012/07/05/pour-l-asn-fessenheim-doit-fermer-si-les-travaux-ne-sont-pas-finis_1729974_3244.html

« Ces travaux, évoqués de longue date, font partie des mesures préconisées par l’Autorité de sûreté nucléaire dans le cadre du renforcement de la résistance des centrales aux séismes et aux inondations décidé après la catastrophe de Fukushima de mars 2011 », rappelle le journal. 

En avril en effet, le directeur de la centrale avait indiqué qu’EDF allait investir près de 20 millions d’euros à Fessenheim pour se conformer aux conditions posées par l’ASN au maintien en activité de son réacteur n° 1. Les travaux devaient comprendre notamment le renforcement, pour 15 millions d’euros, du radier de ce réacteur. Un chantier qui doit être achevé d’ici juin 2013, faute de quoi l’ASN n’est pas censée autoriser la poursuite de l’exploitation.

La centrale est déjà vivement critiquée par des écologistes et de nombreux élus, en raison de sa prétendue « vétusté » et de son exposition aux risques sismiques et d’inondation. Le président François Hollande s’est engagé durant sa campagne à fermer la centrale d’ici 2017. L’installation aura alors quarante ans.

Voir aussi:

A la connaissance de Jeudi, le seul radier  consolidé à ce jour est celui de Tchernobyl, afin de sauver la nappe phréatique…Et il a fallu être convainquant pour trouver de la main d’oeuvre….

Retour sur l’accident-incident de Fessenheim

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2012/09/05/incident-chimique-a-la-centrale-de-fessenheim-deux-employes-blesses-aux-mains/

Un éclairage sur le rôle de l’eau oxygénée dans une centrale nucléaire

http://fukushima-informations.fr/?p=3178

Fissures: les cuves des réacteurs français sans défauts !…?

L’Autorité de sûreté nucléaire confirme l’absence de défauts identiques à ceux du réacteur belge. Les contrôles réalisés sur les réacteurs nucléaires français « n’ont à ce jour pas mis en évidence de défauts » du type de ceux détectés sur un réacteur de la centrale nucléaire belge de Doel, indique l’Autorité de sûreté nucléaire dans une note publiée samedi par le ministère de l’Écologie. Le Point.fr – Publié le 12/08/2012

Dès l’annonce mercredi par l’Autorité fédérale de contrôle nucléaire belge (AFCN) de la découverte de défauts sur la cuve du réacteur n° 3 de la centrale de Doel, la ministre de l’Écologie et de l’Énergie Dephine Batho a « immédiatement interrogé » l’ASN en France sur « d’éventuelles conséquences sur le parc électronucléaire français », a indiqué le ministère dans une déclaration écrite à l’AFP.

Dephine Batho a reçu la réponse de l’ASN jeudi et l’a rendue publique samedi dans un souci de transparence, précise le ministère interrogé par l’AFP. « En France, la fabrication des principaux équipements sous pression nucléaires, dont la cuve, est suivie de façon spécifique par l’ASN depuis 1974 », indique la note de l’ASN. « L’ensemble des composants de la cuve des réacteurs français ont fait l’objet de contrôles en fin de fabrication visant à détecter les défauts présents dans les pièces forgées, du type de ceux observés à Doel 3 ». « À la suite de la détection de défauts sur plusieurs composants lors de leur élaboration, la performance et les résultats de ces contrôles ont fait l’objet d’un examen approfondi par l’ASN en 1985 et 1986. L’ASN s’est également assurée lors du suivi des fabrications que les composants présentant des défauts inacceptables étaient rebutés », selon la note.

Sûreté nucléaire, un « impératif absolu »

« En ce qui concerne le suivi en service des cuves des réacteurs nucléaires, il est demandé de réaliser, en France, un contrôle tous les 10 ans. Les défauts détectés à Doel 3 ont été mis en évidence par un contrôle semblable à celui mis en oeuvre sur les cuves des réacteurs français. Ce contrôle, plus étendu que le contrôle habituellement réalisé dans de nombreux pays dont la Belgique, a été réalisé pour la première fois à Doel 3 en 2012 à la demande de l’AFCN », poursuit l’ASN.

« Les contrôles réalisés sur les réacteurs français n’ont à ce jour pas mis en évidence de défauts de cette nature », indique l’ASN. « Les viroles des cuves des réacteurs français présentent cependant pour certaines des défauts sous leur revêtement interne en acier inoxydable qui sont des défauts de fabrication situés dans une zone qui ne faisait pas l’objet d’un contrôle adapté lors de la construction des équipements ». tiens tiens…

« Ces défauts ne sont pas comparables à ceux détectés à Doel 3. Ils sont aujourd’hui bien identifiés et font l’objet d’une justification particulière examinée périodiquement par l’ASN et leur absence de nocivité est avérée. Le dernier examen de cette justification apportée par EDF a fait l’objet d’une prise de position de l’ASN en septembre 2010, publiée sur son site internet ».

Delphine Batho souligne que « la sûreté nucléaire n’est pas une option mais un impératif absolu et que la France attache la plus grande importance au suivi et au contrôle régulier de ses installations nucléaires, dont les résultats sont rendus publics en toute transparence ». Denis Baupin, le vice président (EELV) de l’Assemblée nationale, avait demandé à Delphine Batho de garantir la sûreté des cuves des réacteurs nucléaires français, dans une question écrite rendue publique samedi.

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L’ASN menace Fessenheim de fermeture en cas de retard des travaux

Si la dalle de béton n’est pas épaissie d’ici à juillet 2013, la centrale sera fermée, assure le directeur du gendarme du nucléaire…05/07/2012 N Beu 20 Minutes

Fessenheim fermée dans un an? André-Claude Lacoste, le patron de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), en a brandi la menace lors de son audition jeudi matin par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, rapporte Le Figaro. «Si le radier (dalle de béton) du réacteur de Fessenheim n’est pas épaissi d’ici à juillet 2013, on ferme», a-t-il déclaré.

Un accident à Fessenheim aurait un coût «gigantesque»

Les travaux en question, qui font partie des mesures préconisées par l’ASN après la catastrophe de Fukushima en mars 2011, doivent être effectués par EDF, qui s’y est engagé en juin. Toutefois, précise Le Figaro, EDF sait bien que l’Etat peut décider in fine de fermer la centrale. Lors de la campagne présidentielle, François Hollande avait d’ailleurs promis de fermer les deux réacteurs de la centrale alsacienne avant la fin du quinquennat.

Egalement auditionné, Jacques Repussard, le directeur général de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), a quant à lui expliqué que «si une pollution du Rhin survenait à la suite d’un accident à Fessenheim», sans même parler de catastrophe avec des conséquences humaines, «le coût serait gigantesque pour le pays». Un argument qui devrait sans nul doute peser dans la balance au moment de la décision finale.

PS: La centrale à été mise en service en 1977.

Tchernobyl a signé la fin de l’URSS, Fukushima menace toute la vie au Japon, Qu’en serait-t-il si Fessenheim « pétait »?. On n’ose y penser..Alors fermons Fessenheim au plus vite!!

Rapport ASN: « il y aura un avant et un après Fukushima »

Suite aux ECS (Évaluations Complémentaires de la Sûreté)  conduites en 2011, l’ASN ( Autorité de sûreté nucléaire)  a pris, le 26 juin 2012, 32 décisions fixant chacune une trentaine de prescriptions complémentaires relatives aux centrales nucléaires d’EDF, aux installations d’AREVA et à certains réacteurs du CEA. Les mesures prises vont conduire à un renforcement significatif des marges de sûreté au-delà de leur dimensionnement. ASN 28 juin 2012

Ces décisions imposent ainsi aux exploitants des travaux considérables impliquant notamment un investissement particulier en matière de ressources humaines et de compétences. Ces travaux ont déjà débuté pour certains exploitants et s’étendront sur plusieurs années. Pour les mesures les plus complexes, dont les échéances sont les plus lointaines, les décisions imposent des mesures transitoires.

En particulier, les exploitants vont devoir mettre en place un « noyau dur ». Ainsi, tous les sites devront disposer d’une organisation et de locaux de crise robustes résistant à la survenue d’un évènement de grande ampleur touchant plusieurs installations.

Pour les centrales d’EDF, le « noyau dur » devra comprendre des moyens électriques « bunkerisés » qui doivent être en place partout avant 2018 ; dès la fin 2013, des groupes diesel de secours supplémentaires devront être installés.
Pour ce « noyau dur », tous les exploitants doivent remettre le 30 juin 2012 un dossier détaillé présentant les matériels à ajouter et les échéances associées. L’ASN évaluera le contenu technique de ces dossiers, avec l’appui de l’IRSN, pour le début de l’année 2013.

Les autres mesures comprennent par exemple :

pour EDF :

  • la « Force d’action rapide nucléaire (FARN) », qui sera en mesure d’intervenir dès fin 2012 et devra être complètement opérationnelle au plus tard fin 2014 ;
  • des formations renforcées de ses agents pour intervenir en cas de séismes et en cas d’accident grave ;

pour AREVA :

  • à La Hague, des moyens robustes de réalimentation des piscines d’entreposage, qui devront être soumis à l’ASN avant le 31 décembre 2012, et la réalisation des opérations de reprise et de reconditionnement des déchets anciens encore présents sur le site ;
  • sur les installations nucléaires d’Eurodif, Socatri, TU5GB II, Comurhex, des moyens efficaces de réduction des conséquences d’une fuite accidentelle de trifluorure de chlore (ClF3), fluorure d’hydrogène gazeux (HF) ou d’hexafluorure d’uranium (UF6), qu’AREVA doit soumettre à l’ASN avant le 31 décembre 2012 ;

pour le CEA :

  • l’évacuation, au plus tard au 31 décembre 2013, des matières fissiles de l’installation MASURCA vers une installation suffisamment dimensionnée au séisme, comme le CEA s’y était engagé à plusieurs reprises ;
  • des améliorations des installations à l’égard du risque d’inondation ou de maîtrise des feux de sodium pour ce qui concerne le réacteur Phénix, du risque de perte de refroidissement pour le réacteur OSIRIS, des risques d’inondation et de perte de refroidissement et du comportement en cas de séisme pour le réacteur Jules Horowitz.

En conclusion, André-Claude Lacoste a indiqué que les suites de l’accident de Fukushima représentent un travail considérable, pendant plusieurs années, pour les exploitants, mais aussi pour l’ASN et son appui technique, l’IRSN. Ce travail nécessite un fort investissement visant un renforcement de la sûreté des installations nucléaires en France. L’ASN attachera une vigilance particulière au suivi de la mise en œuvre de l’ensemble des prescriptions qu’elle a édictées.

http://www.asn.fr/index.php/S-informer/Actualites/2012/Rapport-de-l-ASN-2011-il-y-aura-un-avant-et-un-apres-Fukushima

L’ASN impose « des travaux massifs » aux exploitants de centrales nucléaires

Fukushima est « en fait, devant nous » : l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a détaillé jeudi 28 juin le calendrier des « travaux massifs » obligatoires pour sécuriser les centrales françaises. L’ASN a adopté 32 décisions comportant chacune une trentaine de préconisations. Elle portent sur les 19 centrales exploitées par EDF, mais aussi 8 sites d’Areva (liés au combustible) et 5 sites du Commissariat à l’énergie atomique (CEA, pour le volet recherche). AFP 28/06/2012 

Voir plus bas: Un plan secret pour arrêter 20 réacteurs en France

Le « gendarme français du nucléaire », s’appuyant sur les conclusions de son audit post-Fukushima de janvier, impose notamment à EDF la création d’une « force d’action rapide » d’ici 2014 et, à plus long terme, d’un « noyau dur » dans chaque centrale permettant de limiter les conséquences d’un éventuel accident.

« Beaucoup pensent que Fukushima est derrière nous, mais c’est, en fait, devant nous », a résumé le directeur général de l’ASN, Jean-Christophe Niel, en marge d’une conférence de presse au siège de l’instance, à Paris.

L’ASN a adopté 32 décisions comportant chacune une trentaine de préconisations. Elle portent sur les 19 centrales exploitées par EDF, mais aussi 8 sites d’Areva (liés au combustible) et 5 sites du Commissariat à l’énergie atomique (CEA, pour le volet recherche).

Après l’accident de Fukushima, en mars 2011, l’ASN avait analysé le niveau de sûreté des installations françaises et en avait conclu qu’aucune centrale ne devait être fermée mais qu’il fallait en accroître la « robustesse ».

Ces « travaux massifs » vont prendre plusieurs années, selon un « échéancier raisonnable », a précisé le président de l’ASN, André-Claude Lacoste.

La « force d’action rapide », un dispositif d’urgence permettant d’envoyer des équipes spécialisées et du matériel sur un site accidenté en moins de 24 heures, devra être capable d’intervenir sur un réacteur fin 2012 et sur tous les réacteurs d’une même centrale fin 2014, souligne l’ASN.

Facture évaluée à 10 milliards d’euros

Le « noyau dur », c’est-à-dire des locaux bunkerisés et des procédures renforcées adaptées à des situations de crise, constituera le coeur de ce renforcement des centrales françaises.

Dans ce cadre, l’ASN exige un système d’alimentation supplémentaire de sécurité par réacteur, au plus tard en 2018. Et un dispositif temporaire, plus léger, doit être installé d’ici un an.

Pour l’ensemble des travaux, EDF a évalué la facture à environ 10 milliards d’euros, a rappelé M. Lacoste, jugeant ce chiffre « pas invraisemblable ».

Greenpeace se pose néanmoins la question de « la pertinence de tels investissements » alors que « le nouveau président de la République a promis de faire baisser la part du nucléaire dans le mix électrique d’ici 2025 ».

« On peut craindre que ces investissements massifs ne gèlent toute possibilité de décision de fermeture d’autres centrales pour les dix années à venir », a regretté Sophia Majnoni, chargée de campagne nucléaire.

Le président de l’ASN, lui, voit un autre « point embarrassant » : le fait qu’il faudra peut-être 10 ans pour avoir le fin mot de la catastrophe de Fukushima.

« Nous avons évidemment le devoir de prendre dès que possible des décisions pour améliorer la sûreté mais nous sommes amenés à les prendre sans être totalement sûrs d’avoir compris ce qui s’est passé », a indiqué M. Lacoste.

Concernant par exemple le fait, admis pour le moment, que seul le tsunami a provoqué la catastrophe alors que les installations ont, elles, bien résisté au séisme, le 11 mars 2011 : « à vérifier » pour le patron de l’ASN.

L’ASN, qui a par ailleurs dressé le bilan de ses inspections de 2011, a qualifié l’année d' »assez satisfaisante » en France. 

Avec toutefois deux mauvais élèves en ce qui concerne les centrales : Chinon (Indre-et-Loire), « en retrait » en matière de radioprotection, surtout Saint-Alban (Isère), en « queue de peloton » depuis plusieurs années en termes de respect des procédures de sécurité. 

Un plan secret pour arrêter 20 réacteurs en France ?! 

Un plan secret pour arrêter 20 réacteurs en France ?!

Contraint et forcé, cédant aux pressions conjuguées des citoyens, des municipalités et des compagnies d’assurance qui ne veulent plus assumer le risque, le Japon est sorti vendredi du nucléaire. Plus un seul réacteur ne fonctionne tandis que ceux de Fukushima continuent à polluer la région, la contamination poursuivant son grignotage du pays. L’histoire et la pression de la population diront si cette sortie est définitive. Politis Par Claude-Marie Vadrot 5 mai 2012

En France, dans le plus grand secret, sans que Nicolas Sarkozy et François Hollande en soient vraiment informés, EDF vient de finir la préparation d’un plan prévoyant la mise à l’arrêt avant la fin de la décennie, d’une vingtaine de réacteurs, dont ceux de Fessenheim, de Dampierre en Burly et de Civaux dans la Vienne. Tout simplement parce que les plus récentes études ont fait apparaître le coût pharamineux, des dizaines de milliards d’euros de la modification et de la mise aux normes de la plupart des 58 réacteurs en fonctionnement. 58…ce n’est que quatre de plus que le nombre de ceux qui viennent de « s’éteindre » au Japon.

La mise au point de de ce plan sera évidemment démentie, mais il existe et sera soumis dans les mois qui viennent, au gouvernement.

http://www.politis.fr/Sortie-du-nucleaire-au-Japon-un,18216.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=facebook

Ci dessous: un article d’octobre 2011 qui indique que les réacteurs 1 et 2 de Flamanville parmi 44 autres en France , devront attendre 2017 ou 2018 pour que les échangeurs défectueux soient changés s’ils ne colmatent pas avant . C’était avant les expertises de l’ASN et les devis mirobolants….

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2011/10/06/edf-mega-commande-a-areva-et-westinghouse/

EPR de Flamanville: le bétonnage interrompu pour plusieurs mois

L’interruption du bétonnage du bâtiment réacteur EPR de Flamanville (Manche), annoncée début mars, va durer « plusieurs mois », a-t-on appris vendredi auprès d’EDF et de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Interrogée par l’AFP, l’ASN a confirmé que cela signifiait que l’interruption du bétonnage du bâtiment réacteur annoncée le 1er mars durerait plusieurs mois. AFP La Croix le 16 mars 2012

« Nous maintenons la mise en service en 2016 », a déclaré à un correspondant de l’AFP Antoine Ménager, directeur EDF du chantier EPR.

Il faudra « plusieurs mois » pour refabriquer 46 « consoles », des boîtes métalliques sur lesquelles doit prendre appui le futur pont de manutention du réacteur, et qu’EDF a décidé de « remplacer en totalité » en raison de « défauts », a indiqué une porte-parole d’EDF à l’AFP.

Interrogée par l’AFP, l’ASN a confirmé que cela signifiait que l’interruption du bétonnage du bâtiment réacteur annoncée le 1er mars durerait plusieurs mois.

« EDF a pris la décision de remplacer toutes les consoles. On a un nombre de défauts très importants et parmi eux des défauts qu’on considère inacceptable pour supporter le pont polaire », a aussi déclaré M. Ménager au correspondant.

L’électricien va essayer de réorganiser le chantier pour avancer certains travaux qui devaient être effectués après la pause du dôme du réacteur qui n’aura pas lieu à l’été comme annoncé encore il y a quelques mois, a-t-il ajouté.

EDF a en outre mis en ligne un communiqué sur le sujet.

Le 1er mars, EDF avait annoncé avoir interrompu le bétonnage en raison de défauts dont l’ampleur et la gravité étaient en cours d’examen.

L’électricien expliquait avoir détecté « des défauts » sur ces « consoles », disposées sur toutes la circonférence de l’enceinte interne du bâtiment réacteur et destinées à soutenir le futur pont de manutention du réacteur.

Ce pont, qui pivotera à l’horizontale en glissant le long des parois de ce bâtiment cylindrique, doit notamment servir à placer et sortir les combustibles de la cuve, selon Greenpeace.

EDF a suspendu le bétonnage de sa propre initiative, avait précisé début mars le gendarme du nucléaire, qui a déjà demandé à deux reprises sa suspension depuis le début du chantier en 2007.

EDF a annoncé à deux reprises un report de la mise en service de l’EPR à Flamanville qui a pris un retard de 4 ans.

Le bâtiment réacteur a presque atteint sa hauteur finale. Le génie civil du chantier est terminé à 90%, selon EDF. C’est l’électro-mécanique qui prend le relais.

Le coût de ce réacteur, lancé pour être une vitrine à l’exportation, a quasiment doublé à 6 milliard d’euros, contre 3,3 mds en 2005. Il a été en 2011 au coeur de désaccords entre le PS et Europe Ecologie les Verts, ces derniers exigeant une suspension du chantier que François Hollande n’estime pas opportune.

AFP

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