Urgent Ayraultport: l’Acipa appelle à la mobilisation dès 05h00 lundi matin

Appel à mobilisation demain lundi 26 novembre sur le site de la Châtaigneraie

Dans un communiqué dimanche soir, l’Acipa a appelé les opposants au projet d’aéroport soutenu par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, à occuper la ZAD « lundi 26 novembre sur le site de la Châtaigneraie dès 5H00 du matin et au plus tard avant 9H00 pour protéger les cabanes ré-occupées et les 40 tracteurs arrivés sur les lieux et enchaînés autour».
  • Le petit déjeuner est prévu.
  • Un point presse est prévu à 11h sur le site.
Soyez mobilisés toute la semaine ! Venez donner un coup de main pour les reconstructions ! Continuez à approvisionner en nourriture et bois de construction.
Le local du Syndicat à côté de la mairie de Notre Dame des Landes est toujours ouvert dès 9h.

ND-des-Landes. Jean-Marc Ayrault annonce la création d’une «Commission du dialogue»

En dépit des affrontements qui ont émaillé l’après-midi dans le bois de Rohanne à Notre-Dame-des-Landes, après la manifestation qui a rassemblé 3 500 personnes à Nantes, les signes de sortie de crise se sont multipliés dans la journée.

D’abord Europe Ecologie les Verts a pris acte des engagements du gouvernement de ne pas entamer les travaux de défrichement avant au moins 6 mois. Cette décision, a dit le patron d’EELV est «un premier signe d’ouverture».

Ensuite, en milieu de soirée, le premier ministre en personne, annonçait que «dans un souci d’apaisement, le gouvernement confiera dès la semaine prochaine à une commission du dialogue le soin d’exposer ce projet et d’entendre toutes les parties prenantes.»

Cette commission devrait être composée de trois personnalités incontestables dont les noms n’ont pas été révélés pour l’instant. samedi 24 novembre 2012 AFP

Un opposant au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes fait face à un gendarme, sur le futur terrain de l'aéroport, le 24 novembre 2012.

Un opposant au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes fait face à un gendarme, sur le futur terrain de l’aéroport, le 24 novembre 2012.

(JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

L’aéroport de Notre-Dame des Landes est illégal

La préfecture de Loire-Atlantique et l’Etat s’appuient sur la légalité pour motiver les expulsions des opposants à l’aéroport. En apparence, c’est vrai. Le projet bénéficie de toutes les autorisations légales nécessaires et Vinci est chez lui sur une grande partie des terres. Mais si l’on creuse, non. DUP archaïque, droit de l’eau foulé aux pieds, revue des multiples illégalités du projet. 22/11/2012

http://breizhjournal.wordpress.com/2012/11/22/laeroport-de-notre-dame-des-landes-est-illegal/

« Si la loi sur l’eau est appliquée, le projet d’aéroport coule »

Les 1600 hectares du site du projet d’aéroport se trouvent à cheval sur les deux bassins versants de la Loire et de la Vilaine. Cette zone humide joue le rôle de château d’eau naturel en contribuant à réguler le débit des cours d’eau et à garantir le bon état des masses d’eau, participe à l’interception des pollutions diffuses et favorise la conservation de la biodiversité. La carte des zones humides de Loire-Atlantique se trouve sur le site de la  DREAL Pays de Loire  qui porte, avec Vinci, le projet d’aménagement de l’aéroport. La présence de zones humides sur le site de l’aéroport apparaît très clairement.

Depuis 2010, il existe un schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau(SDAGE) Loire-Bretagne auquel tous les aménagements publics doivent être conformes ; il est valable sur la période 2010-2015. Le SDAGE, document officiel d’urbanisme mis en œuvre par la Préfecture de Loire-Atlantique,  met en application les lois issues du Grenelle de l’Environnement et la directive-cadre sur l’eau (2000/60/CE, modifiée le 16 décembre 2008 par la directive2008/105)

Le SDAGE dispose qu’il faut empêcher toute nouvelle dégradation du milieu et précise « il ne s’agit pas d’interdire tout nouvel aménagement, mais de prévoir des mesures suffisantes pour compenser l’impact négatif des projets (…) lorsque les mesures envisagées ne permettent pas de réduire significativement ou de compenser ces effets, les projets sont refusés ». Or le projet d’aéroport doit mordre dans les zones humides, donc il doit compenser. Comme tout le site est en zones humides, c’est impossible de reconstruire de la zone humide sur de la zone humide, donc Vinci privilégie – aussi pour raisons comptables – une « approche qualitative », en clair, en refaire moins, mais mieux. L’aménagement de l’extension du port Autonome de Saint-Nazaire à la place des roselières de Donges-est privilégiait aussi la « qualité » à la quantité. La commission européenne ne l’a pas entendu de cette oreille et le projet d’extension a été bloqué.

En vert et en orange, les zones humides, en rouge, le périmètre de la ZAD

Dorian Piette, porte-parole d’EELV à Nantes et professeur de droit dans la même ville, nous précise « si la loi sur l’eau est appliquée, le projet coule. Parce que s’il est réformé pour tenir compte du droit de l’eau, c’est deux ans de retard, alors que la concession prévoit que l’aéroport doit ouvrir en 2018 au plus tard ». L’Union Européenne ne permet pas de porter atteinte au principe de la compensation quantitative des zones humides (autant de surfaces recrées que de surfaces enlevées) et que sa vision influence celle des tribunaux. « Et quand bien même les tribunaux français prendraient des décisions contraires à l’esprit de la directive, ce qui est déjà arrivé et ce qui reste possible au vu des implications politiques du projet,  il y aura toujours la possibilité d’un recours devant les juridictions européennes », d’autant plus que les travaux irréversibles ne commencent que à la toute fin 2013.

Par ailleurs, un colloque intitulé « Restauration écologique, quand conserver ne suffit plus », organisé à destination des professionnels du droit et des acteurs publics par France Nature Environnement et Natureparif en avril 2012 a éclairé la formulation de l’article 230 de la loi du Grenelle 2 de l’Environnementdont la formulation restait imprécise. L’article dispose que l’étude d’impact doit comprendre « les mesures proportionnées envisagées pour éviter, réduire, et lorsque c’est possible, compenser les effets négatifs du projet  sur l’environnement ». En clair, ce n’est pas un choix donné à l’aménageur entre trois options, soit éviter, soit réduire, soit compenser. Mais, pour Fabien Quétier, chargé d’études à la société Biotope et l’un des intervenants du colloque, la description d’un processus avec ses étapes obligatoires « Il s’agit d’abord d’éviter les impacts du projet sur l’environnement, de réduire ensuite les impacts qui n’ont pu être évités et enfin – et seulement enfin – de compenser les impacts résiduels ». Le projet de l’aéroport taille dans le vif des zones humides sans chercher à limiter ses impacts. Il apparaît très clairement qu’il ne s’inscrit pas dans les processus légaux rendus obligatoires par les lois du Grenelle de l’Environnement.

Une DUP archaïque

Le projet, bien qu’illégal au vu du droit sur l’eau, est autorisé. Il bénéficie d’une déclaration d’utilité publique de…2008, basée sur une enquête publique encore plus ancienne. L’arrêté autorisant Vinci à engager les travaux, et fixant les indemnités d’expropriation devrait être signé incessamment sous peu par le Préfet. Or, depuis 2008, le droit a bougé. La directive-cadre sur l’eau a été réformée par la Commission Européenne à la toute fin de 2008, transcrite en droit français en 2009, il y a eu le Grenelle de l’Environnement, etc. Donc, si le projet était en règle en 2008, il ne l’est plus en 2012 alors que les travaux n’ont pas commencé. Ce qui légitime, d’après les opposants, une nouvelle enquête publique et donc une nouvelle DUP, soit un retard supplémentaire au projet de 6 à 12 mois.

Etat et Vinci s’accrochent donc au projet actuel, mordicus, le sachant illégal, mais sachant aussi pertinemment que la moindre réadaptation au droit entraînera des retards si importants qu’il faudra revoir la concession et éventuellement abandonner un projet contre lequel la contestation gagne chaque jour en puissance. Contrairement à ce qu’affirment Valls et Ayrault, l’aéroport n’est pas près d’atterrir, alors que des recours ont déjà décollé en escadrille. 

Des recours juridiques multiples

Plusieurs recours ont été déposés. L’un d’eux, contre le décret qui octroie la concession du projet d’aéroport à Vinci, a été rejeté en juillet par le Conseil d’Etat. D’autres sont en cours.

Un recours a été déposé en mars 2012 par le Collectif d’élus Doutant de la Pertinence de l’Aéroport (CédPA) contre le refus du Premier Ministre d’abroger la DUP en raison d’un changement depuis l’enquête publique de 2006 et la DUP du 9 février 2008 des circonstances de fait (rapport CE Delft, prix du baril de pétrole), et de droit (Grenelle 1, Grenelle 2, loi sur l’eau et SDAGE Loire-Bretagne 2010-2015, etc.).  Le jugement devrait intervenir fin 2013.

Un autre recours a été déposé devant la Cour de cassation contre les ordonnances fixant les indemnités d’expropriation (pour les propriétaires qui les contestent et qui ont refusé une procédure amiable). Il se fonde notamment sur le respect de la « juste et préalable  indemnité » qui doit être octroyée aux propriétaires expropriés, qui jugent insuffisante l’indemnité d’expropriation.

Un troisième recours a été introduit par le CéDPA et l’ACIPA devant la Commission des pétitions du Parlement européen le 24 octobre 2012 dernier. Ce recours non juridictionnel peut déboucher sur un recours juridictionnel, à savoir une condamnation de la France par la CJUE pour non-respect des directives européenne sur les études d’impact, les directives sur l’eau, les oiseaux et les habitats. Le dossier sera étudié début 2013.

Un autre recours a été déposé par le CéDPA devant le Conseil d’Etat contre le décret en date du 5 avril 2012 instituant le comité de suivi stratégique de la concession de NDDL déposé par le CéDpa (texte). Le Conseil d’Etat devrait se prononcer fin 2013.

Enfin, un recours a été déposé devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH de Strasbourg) pour non-respect du droit à un procès équitable (article 6§1 de la Convention) lors du rejet par le Conseil d’Etat du recours de l’ACIPA contestant le décret prononçant la DUP le 9 février 2010.

De plus, divers recours seront faits devant le tribunal administratif de Nantes dès la parution des arrêtés préfectoraux autorisant les travaux, sur le fondement de la loi sur l’eau et de la destruction des zones humides.

Ayraultport: Le PS tourne le dos au peuple et le rejet grandit; vers un nouveau Larzac?

Et si seulement Hollande écoutait ses vrais  amis? Au delà du reportage photo édifiant, leblogdejeudi propose l’avis de Patrick Warin , ami de Hollande et aussi un article de Jean Gadrey économiste à Alternatives Economiques. 02/11/2012

[Altermonde-sans-frontières] Assourdissant silence médiatique sur la guerre civile contre l’écologie... | ACIPA | Scoop.it

Les forces du changement version Ayrault

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http://www.despasperdus.com/index.php?post/2012/11/01/NDDL#.UJJbeHuM-JA.twitter

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http://www.despasperdus.com/index.php?post/2012/11/01/NDDL#.UJJbeHuM-JA.twitter

Heureusement, la #gauche est au #pouvoir. (#NDL) | ACIPA | Scoop.it

La récolte de douilles lacrymo en provenance du potager du Sabot

Les gendarmes ouvrent la piste de l'aéroport - 20minutes.fr | ACIPA | Scoop.it

Les évacuations « graduées »

http://vimeo.com/52063732#

Une vidéo attristante  sous un gouvernement dit de gauche

Côte d'Or | Dijon : des tags anti-Vinci visent la fédération du Parti socialiste - Le Bien Public | ACIPA | Scoop.it

Devant le PS de Dijon

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Devant le local PS de la Roche sur Yon

Inquiétantes inscriptions sur la mairie de Couëron, au nord de Nantes - Nantes.maville.com | ACIPA | Scoop.it

La mairie de Coueron  du député-maire, Jean-Pierre Fougerat, qui fut suppléant de Jean-Marc Ayrault.

Rennes. La permanence du parti socialiste visée par les anti-aéroport

La vitrine du PS de Rennes prise pour cible par les opposants à l’aéroport de Notre-Dame des landes.

La vitrine du PS de Rennes prise pour cible par les opposants à l’aéroport de Notre-Dame des landes.
Cela fait partie des choses auxquelles un parti au pouvoir est exposé », note un brin fataliste, un membre du secrétariat fédéral. Paroles inadmissible pour un représentant d’un parti incapable de se remettre en cause….
Photo DR

Saint-Brieuc le 3 novembre , Aéroport Notre-Dame-des-Landes : manifestation devant le local du PS.
Photo DRA

04/11/12 –  La Montagne- Aéroport Notre-Dame-des-Landes : la Fédération PS de la Corrèze taguée

Vandalisme sur les murs de la permanence du ps à Tulle - GAUDIN AgnèsVandalisme sur les murs de la permanence du ps à Tulle – GAUDIN Agnès

Après la Fédération du PS de la Haute-Vienne, le 22 octobre, c’est au tour de celle, très symbolique, de la Corrèze, basée à Tulle, d’avoir été taguée dans la nuit de vendredi à samedi. « PS = Vinci = CRS », « collabo » » et « Non à l’Ayraultport », …….De son côté, le maire de Tulle, Bernard Combes, regrette « qu’on n’ait pas trouvé des moyens d’expression autres. C’est déplorable et cela abîme la cité ».
Mais c’est au  chef qu’il faut le dire !

Poitiers le 17 octobre les façades de  ont été redécorées à la peinture. En grosses lettres, 3 phrases :

 » non aux expulsions à nddl « 

 » non à l’aéroport « 

 » expulsons le ps « 

4 mois après les élections quel triste spectacle pour un parti qui promettait le changement.

Tout ceci prêterait à sourire si ce n’était pas si sérieux

Des manifestants ont été évacués, mardi, à Notre-Dame-des-Landes, sur le site du projet de l'aéroport situé à 30 kilomètres de Nantes.

Des manifestants ont été évacués, mardi, à Notre-Dame-des-Landes, sur le site du projet de l’aéroport situé à 30 kilomètres de Nantes. Crédits photo : STEPHANE MAHE/REUTERS

Pendant ce temps la Auxiette bombe le torse et montre ses biceps:  le Pdt de région Jacques Auxiette, dans Libérationde ce jour, estime que «plus aucune action en justice ne peut remettre en cause la réalisation du projet» d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il oublie les multiples recours et la chose politique, la Res Publica…qui ne lui appartient pas.


Lettre ouverte de Patrick Warin à François Hollande contre l’aéroport

Patrick Warin est un ancien élève de l’ENA promotion Voltaire la même que François Hollande. Ancien Directeur à la Caisse des Dépôts et Consignations. Il parle d’un nouveau Larzac

Le directeur directeur général du Groupe Ecole nationale d’assurances et ancien camarade de promotion du président de la République à L’Ecole Nationale d’Administration publie une lettre ouverte à François Hollande après l’intervention des forces de l’ordre sur le site de Notre-Dame-Des-Landes :
« Monsieur le Président, mon cher camarade, cher François, 
J’ai décidé de vous adresser cette lettre, écrite ce matin du 30 octobre, alors qu’une nouvelle opération de police de grande envergure se déroule à quelques dizaines de kilomètres d’Angers mon lieu de résidence, ville et région qui vous sont également familières.Sur le territoire prévu pour accueillir le futur aéroport de Nantes /Grand Ouest  des hommes et des femmes qui, pour l’écrasante majorité  d’entre eux ont voté pour vous, doivent se confronter une nouvelle fois à un déploiement de forces de police dépêchées par un gouvernement de gauche, dirigé par l’ancien maire de Nantes. Alors que depuis des années ces femmes et ces hommes, tous non violents, tous soutenus par une solidarité locale, régionale et nationale demandent simplement à être entendus au-delà des procédures légales et formelles dont ils estiment à juste titre qu’elles ont été menées de manière tronquées, et trompeuses, la seule réponse que votre gouvernement leur apporte est celle de l’emploi de la force.
Cette attitude, Monsieur le Président, cher camarade est inacceptable.Parmi bien d’autres je me suis engagé pour assurer votre élection, puis vous garantir une majorité solide. Dans notre circonscription du Maine et Loire tenue par la droite depuis plusieurs dizaines d’années nous avons failli à 86 voix près envoyer l’ancien ministre Marc Laffineur  à une retraite bienvenue. Nous sommes fiers d’avoir mené ce combat et de nous retrouver dans cet Ouest déjà largement conquis par la gauche en terre de futures conquêtes  en compagnie de nos alliés écologistes.
Cher François, la manière dont le pouvoir que vous incarnez gère le projet Notre Dame des Landes va totalement bouleverser ces positions politiques chèrement acquises car vous n’imaginez pas l’immense potentiel de sympathie, de soutien militant, de soutiens politiques  à la base dont bénéficient ces personnes en lutte, alors que la technostructure du Parti socialiste et des grands élus régionaux est en train de s’isoler.
Monsieur le Président je vous l’affirme avec la conviction d’un sympathisant socialiste de longue date, de tradition enracinée auprès de mes proches, mon père Jacques Warin, qui collabora avec Pierre Mauroy au moment de l’alternance en 1981, vous êtres face à un nouveau Larzac !
Déjà au moment de votre élection je vous avais alerté discrètement, par l’intermédiaire de nos amis communs de Démocratie 2012, dont  Pierre René Lemas pour éviter qu’en pleine campagne la situation ne provoque des conséquences électorales néfastes. Il me semblait  avoir, avec bien d’autres qui avaient intercédé,  été entendu.
Aujourd’hui il est temps que vous ne vous contentiez plus de répondre aux lettres qui vous sont adressées à ce sujet par des formules standards qui renvoient  à votre ministre Monsieur Cuvillier le soin de traiter le dossier.  Outre que cette attitude peu respectueuse de l’écoute citoyenne ne vous ressemble pas, vous êtes face à une situation qui  exige une attitude d’homme d’Etat.
La révision du Schéma national des infrastructures de transport, l’emploi parcimonieux de la dépense publique, le souci de la transition écologique, l’application loyale de la Loi sur l’Eau, dans sa dimension universelle et a fortiori européenne,  sont autant de motifs pour rouvrir le dialogue et éviter que votre quinquennat ne soit entaché par un abcès de fixation politiquement désastreux.
Cela vous fait courir compte tenu de la manière utilisée aujourd’hui, des risques sérieux de dérapages, de provocations dont vous porterez seul la responsabilité face à des personnes dont la conviction s’exprime de manière pacifique, non violente, respectueuse de la loi républicaine dès lors que celle-ci s’exerce elle aussi dans le respect du dialogue citoyen.
Monsieur le Président, cher camarade, j’ai eu le privilège de vivre un parcours professionnel dont tous ceux qui furent mes supérieurs, collaborateurs, collègues, partenaires s’accordent à dire qu’il fut toujours ouvert à l’innovation, à l’adaptation au monde changeant, à la recherche de nouveaux paradigmes et à la réalité de la concurrence globalisée. Je continue en tant qu’enseignant universitaire à stimuler la créativité de mes étudiants, dans le monde entier, tout en leur transmettant mon expérience de dirigeant du  service public puis d’homme d’entreprise .Je ne suis pas un nostalgique, ni un tenant de la décroissance, ni un « illuminé anti progrès ». Ces traits de caractère sont partagés par les personnes que je côtoie lors des réunions d’information sur le projet Notre Dame des Landes. En vérité, c’est nous qui incarnons la modernité et l’ouverture au 21éme siècle.
En effet, qui peut croire que  les opérateurs aériens vont implanter dans le Grand Ouest des infrastructures aéroportuaires renforcées et surdimensionnées, au moment  où nous atteignons le pic de l’énergie fossile et alors que leur modèle économique est de ramener les passagers vers quelques hubs majeurs soit par des avions qui rallient Nantes à Orly, ou Charles De Gaulle, ou Francfort ou Londres, ou Amsterdam ou Madrid…. ?
A partir de ces plateformes le modèle est alors de procéder au remplissage maximum de très gros porteurs économes en carburant. Sauf à souffrir d’une mégalomanie ridicule, qui peut croire qu’un Grand Ouest aujourd’hui  déjà bien relié par TGV aux plates formes parisiennes en cours de modernisation a besoin d’un équipement nouveau, coûteux, détruisant plusieurs milliers  d’hectares de terres agricoles, déracinant aux propre et au figuré paysages et hommes attachés à leur territoire ?
Nantes a déjà 2 aéroports qui figurent dans les codes internationaux de l’IATA, Nantes Atlantique qui croît sans que cela permette de justifier le transfert coûteux et….. la gare SNCF de Nantes qui est utilisée dans la tarification aérienne  pour acheminer les passagers vers les plateformes parisiennes et retour. Nantes Atlantique va devoir de toutes façons être conservé pour les besoins logistiques de la fabrication d’Airbus sur l’usine nantaise, et la gare de Nantes me parait être  une bonne solution  pour les voyageurs de notre région pour leur transfert vers les hubs parisiens. Posons donc la question à Air France sur sa vision  du transport aérien au 21 ème siècle et remettons nous autour d’une table pour réexaminer les prévisions de trafic utilisées pour justifier le transfert!
Monsieur le Président, cher camarade, vous qui êtes aujourd’hui soucieux que vos hautes fonctions  et votre agenda ne vous coupent pas de la réalité que vivent nos concitoyens, vous, qui vous entourez des avis et opinions issus de la société civile, comme en témoigne la mission confiée à votre proche Bernard Poignant (qu’en dit on à Quimper ?), je vous conjure d’écouter ce qui se vit dans notre région auprès de personnes qui vous soutiennent , qui partagent vos valeurs, qui se mobiliseront autant qu’il le faudra et aussi longtemps qu’il le faudra pour que leurs argument soient écoutés une fois que les gaz lacrymogènes de ce matin se seront dissipés .
Cher François, le Larzac a rencontré son homme d’Etat, le magnifique film qui a retracé cette lutte  rend hommage à des Français ordinaires, femmes et hommes de conviction mais aussi à l’homme d’Etat qui les a entendus.
Ceux de Notre Dame des Landes et ceux du Larzac sont de la même trempe de Français, nous serons des millions à les soutenir pour qu’on les écoute. Monsieur le Président, cher François Hollande, nous attendons de vous  que vous soyez  à notre rendez vous citoyen comme l’a été François Mitterrand.
Je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments respectueux et de mon cordial souvenir,
Patrick Warin
ENA Promotion VoltaireCopie : Monsieur Jean Marc Ayrault, Monsieur Pierre René Lemas, Monsieur Michel Sapin, Monsieur Jean Pierre Jouyet, Monsieur Bernard Poignant, Monsieur le Préfet de la Région Pays de la Loire. »

L’AyrautPort de NDDL ou la destructrice folie des grandeurs des barons locaux

Par Jean Gadrey

Jean Gadrey, 68 ans, est Professeur émérite d’économie à l’Université Lille 1. 
Il a publié au cours des dernières années :Socio-économie des services et (avec Florence Jany-Catrice) Les nouveaux indicateurs de richesse (La Découverte, coll. Repères). 
S’y ajoutent En finir avec les inégalités(Mango, 2006) et, en 2010, Adieu à la croissance (Les petits matins/Alternatives économiques).  Il collabore régulièrement à Alternatives économiques.

Tout est à jeter dans ce projet démesuré et destructeur, qui a débuté en… 1963, à l’époque du Concorde. Un projet auquel Jean-Marc Ayrault entend, depuis les années 1990, voir son nom attaché. Veut-il entrer dans l’histoire à reculons en imposant par une occupation policière un projet largement rejeté, sauf par le « business as usual » ? Il existe d’autres façons de marquer son temps.

1) L’avenir du transport aérien dans un contexte de pic du pétrole et de montée inéluctable de politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre est sombre, ce que veulent ignorer les avocats du projet, qui croient à l’avenir radieux du low cost (des champions du travail low quality) en fermant les yeux sur ces arguments.

Pour être à la hauteur des données du GIEC, ce qui n’éviterait pas un réchauffement déjà très marqué, mais pourrait permettre de ne pas franchir des seuils catastrophiques pour l’humanité, la France et l’Europe devraient diminuer leurs émissions de GES de 40 % d’ici 2020 et de 90 % d’ici 2050. Il faudra donc planifier une décroissance nette du transport aérien, énorme émetteur par kilomètre et par passager : en gros, un kilomètre en avion émet, par passager, autant qu’un kilomètre en voiture si vous êtes seul à bord.

2) Les aéroports surdimensionnés qui fonctionnent avec un trafic insuffisant sont légion en Espagne et dans les pays du Maghreb. Mais il en existe en France aussi, par exemple celui d’Angers, qui fonctionne à 15 % de sa capacité, à 36 minutes de Nantes en TGV. Quant à l’aéroport actuel, il n’est pas saturé. Oui, il engendre des nuisances sonores. Mais les opposants au projet proposent une très raisonnable réorientation de la piste de l’aéroport actuel, supprimant le survol de Nantes. Et puis il y aura de moins en moins de vols aériens dans les décennies qui viennent… si on mène une vraie politique de transition écologique et sociale, réductrice d’innombrables autres nuisances.

3) La population régionale n’en veut pas. Avec toutes les limites des sondages en ligne, Presse Océan a obtenu récemment 60 % de contre et 37 % de pour, sur 4000 votants, chiffres arrêtés au 17 octobre 2012. D’autres sondages d’années précédentes indiquent une semblable opposition. Par ailleurs, au niveau national, un sondage BVA du début 2010 montrait qu’une large majorité de Français (71%) estimait en général « inopportun » de construire de nouveaux aéroports en France. Quant au défunt Grenelle de l’environnement, ses conclusions prévoyaient de ne pas augmenter les capacités aéroportuaires en France.

4) Le coût du projet est notoirement sous-estimé. Si l’on y met vraiment tout, les dessertes et autres infrastructures (ferroviaires, etc.), c’est peut-être à l’arrivée un projet coûtant entre 2 et 3 milliards d’euros (4 milliards selon le Canard enchaîné), dans un contexte d’endettement à risque des collectivités. N’ont-elles pas mieux à faire de que financer de grands projets largement nuisibles ?

5) Ce sera, dit-on un aéroport écologique ! Cela me fait penser à Rama Yade, alors Secrétaire d’État aux sports, qui voulait promouvoir un circuit de Formule 1 « vert »…

Les Amis de la Terre ont décerné les 4ème Prix Pinocchio du développement durable le 17 novembre 2011. Près de 13 000 internautes se sont exprimés. Vinci a obtenu 43 % des votes pour ses efforts de « verdissement » du projet d’aéroport de NDDL. Afin de compenser la destruction massive de terres agricoles, Vinci se contente de créer un observatoire agricole, une ferme de démonstration en face des parkings et une AMAP afin d’« encourager l’agriculture durable » …

6) En fait, plus de 2000 ha de terrains agricoles seraient sacrifiés, au moment où il faudrait rapprocher les zones de production maraîchère des grands centres urbains.

7) Un collectif d’élu-e-s opposé-e-s au projet a été créé en juin 2009. Il réunit actuellement près de 1000 élu-e-s de familles politiques diverses. Ce collectif a financé une étude économique réalisée par un cabinet d’étude indépendant dont la conclusion est sans appel : le projet ne se justifie pas non plus économiquement.

J’ai cette étude, de novembre 2011, sur les analyses « coûts/bénéfices » du projet, avec une comparaison avec des propositions d’aménagement de l’aéroport actuel de Nantes Atlantique. C’est édifiant et convaincant, dans les limites de ces analyses auxquelles échappent certains bénéfices non ou peu monétarisables, mais cela ne peut que renforcer les arguments des opposants.

Voici juste quelques extraits (vous pouvez télécharger le fichier pdf via ce lien etudenddl.pdf, il fait 50 pages) :

« Tous les scénarios sur lesquels les projections sont fondées supposent que les coûts de l’aviation vont continuer à décroître dans les prochaines décennies. » [ il me semble que cela suffirait à déconsidérer ces scénarios]

« Une analyse des données de trafic des aéroports européens montre que le nombre de passagers par vol à Nantes Atlantique est plutôt faible pour un aéroport de cette taille. »

« En corrigeant la valeur extrêmement élevée donnée au temps et en tenant compte des projections sur le prix du pétrole et de l’introduction de l’aviation dans le marché européen des quotas d’émissions (ETS), LES COUTS D’UN NOUVEL AEROPORT A NOTRE DAME DES LANDES SONT SUPERIEURS AUX BENEFICES… Si, en outre, les coûts de construction sont 40 % plus élevés que prévu, ce qui est la moyenne des dépassements de coûts pour ces travaux d’infrastructures importantes, les coûts excèdent très largement les bénéfices. »

« En résumé, sur la base de cette étude, l’optimisation de Nantes Atlantique apparaît plus génératrice de richesses pour la France que la construction d’un nouvel aéroport à Notre Dame des Landes. »

8. Preuve de plus du déni de démocratie, il y a quelques jours, plus de 1 000 gendarmes et CRS ont été déployés pour expulser violemment quelques dizaines de personnes, détruire quelques maisons occupées, saccageant bocage et zones humides.

9) Et pourtant, sur place, ce ne sont pas les « petits projets utiles » qui manquent, ni les bras et les têtes pour les faire vivre : agroécologie, AMAP, circuits courts, relocalisation d’activités économiques et sociales, monnaies locales, expérimentations et transitions énergétiques, habitats groupés et écologiques, préservation des semences paysannes…

Cette fois, je n’ai pas besoin de conclure mon billet. Vous le ferez très bien.

AJOUT, jeudi matin 25 octobre

Je crois utile de vous reproduire un témoignage de Geneviève Coiffard-Grosdoy, une des personnes qui mènent avec courage le combat sur place et en réseau. Elle a 65 ans, mesure 1,53, et, sans avoir fait autre chose que résister pacifiquement, elle a passé toute l’après-midi d’hier à l’hôpital, avec une fracture et 21 jours d’arrêt.

Chers amis
vers 16h sur la zone, un couple de paysans chez qui j’envoyais des mails a reçu un appel d’un voisin : il a été témoin du fait que les gendarmes avaient cisaillé des barbelés et barrières, et dispersé des génisses (ils font volontairement des dégâts pour en accuser ensuite les ’squatters’) J’y suis allée avec les copains pour regrouper les bêtes et prendre des images.

Je fais court sur les circonstances, mais je me suis fait arracher mon caméscope, et fracturé la main gauche (je ne voulais pas lâcher l’appareil). Nous avons, non sans mal, récupéré le caméscope. Je suis ensuite allée voir le toubib pour constatations (il était alors presque 19h), avec des radios à faire ensuite.

Étonnant tout de même que ces gros ‘poulets’ aux hormones, soi-disant formés au maintien de l’ordre et à assurer notre ’sécurité’, soient incapables de maîtriser sans dégâts une nana de 65 ans, 1,53 m de haut et parfaitement non-violente…

En attendant, je ne suis plus sur la zone, et je tape avec la main droite et un doigt de la gauche.
Je vais bien… dans ma tête et mes pompes… ni héroïne…, ni martyre… juste (très légère) victime conjoncturelle de la répression policière.

La solidarité continue.

PS. j’ai une fracture, et 21 jours d’interruption temporaire de travail, et bien sur je vais porter plainte, à 21 jours, ils auront du mal à classer sans suite ; la nouvelle peut circuler.

http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2012/10/24/l%E2%80%99ayrautport-de-nddl-ou-la-destructrice-folie-des-grandeurs-des-barons-locaux/

Hollande : les critiques à demi-mot de ses amis

Plusieurs élus PS ont adressé des conseils à l’exécutif pour améliorer la pédagogie de l’Etat. Et les reproches sur la communication au sein de la majorité se multiplient. le 02-11-2012 Par 

Ce ne sont pas encore des reproches, tout juste des conseils appuyés. Les ténors de la gauche se sont succédé à la barre ce vendredi matin 2 novembre, pour envoyer des signaux au gouvernement. Plus de « lisibilité », de « pédagogie », la communication de l’exécutif ne semble pas ravir tout le monde.

François Rebsamen a inauguré le cahier des doléances sur RTL : « Mon cri d’alarme, c’est de dire à mes amis socialistes, à tous les ministres : faites de la pédagogie ! » Le sénateur-maire de Dijon, proche de François Hollande, plaide pour plus de clarté : « Expliquez aux Français, a-t-il insisté, sinon ils ne comprennent pas pourquoi, comme ça, d’un seul coup, ils sont obligés de subir tous ces impôts, même si ces impôts frappent d’abord les plus privilégiés ». Il met en cause la cacophonie générale : « Quand j’entends des socialistes dire: on ne fera pas 3%, mais peut-être 3,1, 3,2, je dis : qu’ils se taisent ! On fera 3%, c’est l’engagement du président de la République ».

Des ministres recadrés

Même refrain pour André Vallini dans « Le Figaro » : « Certains ont pensé qu’ils étaient toujours dirigeants du PS et ont eu tendance à s’exprimer un peu sur tout, à faire de la politique, voire à penser un peu plus loin que leur ministère. Quand on est ministre, on s’occupe de son ministère à 100 %! Des ministres ont été recadrés par le premier ministre récemment, et c’est très bien. »

Le sénateur socialiste et président du Conseil général de l’Isère demande lui aussi au président de prendre la parole devant les Français : « François Hollande doit à nouveau s’adresser aux Français pour leur expliquer comment il veut redresser la France. » Le chef de l’Etat a prévu de prendre la parole lors d’une grande conférence de presse à la mi-novembre.

MarieNoëlle Lienemann, la sénatrice de Paris, y est allée elle aussi de son commentaire sur Public Sénat : « Il y a une question de lisibilité du cap stratégique suivi par François Hollande et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. » Pilier de l’aile gauche du PS qui a mené une motion indépendante au congrès de Toulouse, elle pointe du doigt les divisions internes : « Il y a aussi un problème politique : pour que la gauche réussisse, il faut que la gauche soit rassemblée. »

Notre Dame des Tarmacs

parAriane Walter Agoravox vendredi 26 octobre 2012

Not’maître, ce Ayrault, au sourire si mou,

Parcourait en tracto, au soir d’un bataille,

Un champ couvert de flics expulsant pour Vinci…

 Il va l’avoir son épopée, s’il continue à s’entêter, Ayrault, donnant ainsi une nouvelle fois à comprendre qu’il est de droite et du parti du capital, les menues protestations du peuple ne le touchant qu’à partir du moment où l’on est spécialiste ou pigeon. Il faut une carte « high society » pour être entendu par M. Ayrault. Surtout quand il a signé avec Vinci, le bétonneur de la planète. Et le baron Vinci, quand il prend le thé avec le marquis Ayrault, s’énerve et veut ses terres. Or, ça tombe bien, Ayrault est au pouvoir et peut donc envoyer tous les flics qu’il veut…

Il y a donc quarante ans environ que ce projet a vu le jour, cet aéroport à Notre-Dame des Landes. Si beau nom ! Notre-Dame des Landes ! (Surtout pas Notre Dame de Hollande !) Quarante ans, cela signifie donc, (je le précise pour M Ayrault) que 39 ans se sont déjà écoulés et tant et tant de choses. Lit-il le journal ? A-t-il entendu parler de cette fameuse crise qui fait suspendre en région quantité de projets ? (Mais pas dans sa région a lui semble-t-il !) A-t-il entendu parler de ces problèmes de réchauffement climatique ? De la nécessité d’aborder une phase décroissante ? Du fait que le pétrole coûte cher ?

Il semblerait qu’en fait Ayrault, au pouvoir, soit tout heureux de son nouveau jouet et veuille faire mumuse pour se faire plaisir. Et après lui le déluge et le FN, il s’en fout. Il veut son aéroport.

Certains d’entre vous, au moment de prendre parti, se demandent peut-être ce qu’il en est réellement de ce projet. A-t-on à faire à des paysans rétrogrades qui veulent priver la France d’une merveille indispensable à l’économie d’une région ?

On va vite calmer la joie des amateurs de modernité :

 Vinci a promis 12% de rentabilité à ses actionnaires et si l’aéroport est déficitaire, ce sont les contribuables qui paieront la facture. Et ce pendant 55 ans. Bon. On ira à pied.

A partir de là, vu le vote récent du TSCG, on ne comprend plus rien.

D’un côté, on n’a plus d’argent. De l’autre il y en a pour Vinci.

Voilà pourquoi la résistance s’est organisée.

Et quand on dit « Résistance », le Front de Gauche n’est pas loin !

François Verchère, conseillère générale Front de Gauche, a pris la tête du Collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport (le Cedpa, regroupant écologistes, Front de Gauche, NPA, MoDem, une moitié de locaux, une moitié de nationaux) créé en 2009.

Ils sont allés jusqu’à trouver 20 000 euros pour faire faire une analyse indépendante. Le cabinet hollandaisCE Delft, connu pour ses études d’impact économique des grands projets, a rendu en octobre un document de 50 pages qui démonte point par point les scénarios sur lesquels se fonde la Déclaration d’utilité publique (DUP) (décret du 9 février 2008) du projet d’aéroport.(Fichier PDF)

-le prix du pétrole est projeté comme étant 15 à 50% moins cher que ce qu’il est réellement ;

-le marché des émissions de CO2, qui renchérit le coût de l’aviation, a été omis ;

-la nouvelle liaison TGV Rennes-Paris prévue pour 2020-2025 devrait inciter beaucoup de Rennais à prendre l’avion à Paris plutôt qu’à Notre-Dame-des-Landes ;

-si le tram-train pour l’aéroport ne se fait pas tout de suite (or son coût n’est pas dans le budget prévu), cela oblige nombre de passagers à venir en voiture et engendre des coûts de parking élevés…

-L’aéroport actuel suffit parfaitement.

-une zone écologique précieuse va être détruite.

Et de conclure :

‘L’optimisation de Nantes-Atlantique apparaît plus génératrice de richesses pour la France que la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes.’

Mais tout ceci, l’avis du menu peuple et des spécialistes qu’il appointe, n’est que roupie de sansonnet. Vinci, déjà propriétaire des lieux, on comprend qu’ils s’énervent, après avoir sablé le champagne lors de la victoire de Mou 1er, veulent bétonner promptement.

C’est ainsi qu’a commencé la fameuse opération qui se déroule sous nos yeux.

Les Gaulois contre l’Empire.

D’un côté des habitants légaux qui vont être expropriés, leurs terres étant achetées un carambar, la nouvelle unité de monnaie du gouvernement Ayrault ; Avec eux des gueux entêtés, qui squattent la nature et y font des merveilles, (mais vous n’êtes pas chez vous, les loulous. Comme l’écrivait si bien notre grand Rousseau : « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire… », on eut dû l’empaler sur ses pieux. ( La conclusion est de moi.)

De l’autre des robocops, CRS et gendarmes mobiles qui ont pour mission de chasser, de raser, d’hélicoptérer, de lacrymoger, le tout à grands frais . On parle d’une note qui sera présentée au contribuable : entre 500 000 et 1 million d’euros. ( Merkel a-t-elle autorisé ce gâchis ? Ah ! Merkel est la cousine de Vinci ! Pardon !)

Cette opération porte un nom. C’est le préfet qui la baptisée : l’opération César. (Il sort de l’ENA. Il a de la culture.) Excellente trouvaille, la salade César se faisant en effet avec du poulet (On n’ose imaginer que ce nom ait été donné pour évoquer le grand César, l’homme du « Veni, vidi, vici. » Quoique Ayrault ressemble assez au personnage de la bande dessinée, avec cette mauvaise mine qui caractérise les politiques en exercice, nourris de trahisons matin et soir. Mais ici c’est « Veni, vomi, Vinci ! » 

On entre dans la catégorie, très en vogue sur notre planète :

 « Small people against big government. »

Si vous n’avez pas trop entendu parler de ces évènements, c’est que, mystérieusement, cette presse mirifique qui nous informe des vérités officielles, n’est pas très bavarde quand un nouvel incident chatouille l’empire Goldman Sachs. Mais pas seulement. Où sont les défenseurs ?

Hier, en effet, nous parvenait le témoignage par deux jeunes en lutte : Morgan Ody (de la confédération paysanne du Morbihan) et Nicolas Dreyer,( de la confédération paysanne du Var) Ils appellent à l’aide :

« Si on réfléchit à ce qui se passe à Notre Dame des Landes depuis une semaine, il y a un fait vraiment inquiétant : le silence du « mouvement social français ».
Depuis mardi matin, plus de 500 gardes mobiles ont envahi la campagne tranquille du Nord de Nantes, ils ont chassé les gens de leur habitat, détruit des maisons et enlevées les pierres une par une pour s’assurer qu’elles ne seraient pas rebâties. Depuis six jours, environ 200 personnes dorment
chaque nuit sur des barricades, respirent des gaz lacrymo, organisent le ravitaillement des copains en première ligne, tout cela dans une non-violence exemplaire (sinon, il n’y aurait pas cet assourdissant silence médiatique !). Depuis quelques jours, des gros ballots de vêtements, de bottes,
de chaussettes, de piles, de pommes, de pâtes, de légumes, de café, de jus de fruits, de barres de céréales, affluent dans le hangar qui sert de QG à la résistance, témoignant que si peu de gens osent s’aventurer dans le « territoire en guerre » qu’est devenu ce beau bocage, il existe une véritable indignation dans la population.
Et enfin bon, des raisons de s’indigner il y en a tout de même : il n’a rien d’autres à faire ce gouvernement que de mobiliser des centaines de flics pendant des semaines pour chasser des gens de leur maison alors qu’il semble qu’il y ait une crise du logement dans ce pays, rien de plus urgent
comme dépense que de construire un aéroport pour en remplacer un autre loin d’être saturé alors qu’on nous dit que la priorité c’est de réduire les déficits, rien de plus important que de développer le trafic aérien alors qu’il paraît qu’il y a un truc qui s’appelle le changement climatique ???

Alors pourquoi ce silence ?

– Soit, ce qui est une possibilité réelle, le mouvement social est bien mal en point, tué par la « crise », asphixié par l’arrivée de la gauche au gouvernement,
– Soit ce combat n’est pas celui du mouvement social, car ceux qui luttent pied à pied à Notre Dame des Landes ne sont pas très présentables, un peu trop boueux, avec en prime des têtes un peu trop jeunes et que donc certainement ils sont violents, donc peu fréquentables,
– Soit encore vous ne savez pas quoi faire.

Si c’est cette dernière option qui prime, quelques idées :
La résistance à Notre Dame des Landes est incroyable. Il est incroyable que quelques centaines de personnes sans moyen financier, sans soutien logistique aucun à part celui de quelques habitants et paysans des alentours, logeant dans des abris de fortune, sans eau, sans électricité, aux vêtements détrempés, aient résisté une semaine derrière des barricades de bric et de broc face à une véritable armée. Ils sont encore là et ne vont pas lâcher, même si il leur faudra probablement se replier à un moment ou à un autre.
Il ne manque pas de courage ni de détermination à Notre Dame des Landes. Il manque de la légitimité.

 Et cela, vous, vous qui savez écrire, qui avez les arguments en tête, qui êtes reconnus socialement comme des gens « sérieux », qui avez de l’audience auprès des militants de vos organisations, qui connaissez des journalistes, qui êtes en contact avec des politiques, vous qui êtes respectés, vous pouvez le donner à la lutte de Notre Dame des Landes : de la légitimité.

Ce sont des choses que vous savez faire : écrire aux pages débat des journaux, organiser des conférences de presse, passer des coups de fil à droite à gauche, signer des tribunes collectives, intervenir lors de conférences, convaincre des gens connus d’aller à Notre Dame des Landes, ne serait-ce qu’une demi-heure, pour qu’ils puissent dire leur indignation devant les médias, puisque ces médias n’ont rien à faire de l’indignation des gens ordinaires.

Vous savez faire cela et c’est vraiment le moment de le faire maintenant.

Cette lutte est exemplaire et c’est aujourd’hui à chacun d’entre vous de permettre au mouvement social dans son ensemble de faire preuve d’une solidarité exemplaire.

Une personne, plus que les autres devrait intervenir : Cecile Duflot qui représente, ce me semble, un parti écologique, « EELV les Verts », qui vient de changer de nom : » EELV les verts de frousse, à l’idée de se faire jeter du gouvernement ». Là, c’est plus clair. Donc, la dite Duflot, du temps où elle n’était pas ministre, était allée planter un arbre à Notre Dame des Landes, pour marquer son soutien aux populations. A présent, ministre du logement, bâillonnée comme dans une séance sado-maso, Ayrault tenant le fouet pendant que Hollande visionne, elle ne risque pas de dire un mot. Il paraît que tout le monde va pisser sur cet arbre, sans le couper quand même, le respect de la nature prévaut !

Mais heureusement, les prises de position se multiplient.

Hier, jeudi 25 octobre, des représentants de Greenpeace France, Attac France, Agir pour l’Environnement, Réseau Action Climat France, Les Amis de la Terre, Confédération paysanne, Générations Futures, Solidaires, Paysages de France, Droit au Logement, Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports se sont réunis pour s’exprimer, ensemble, sur la situation actuelle à Notre Dame des Landes.

La brutalité employée par la force publique en vue d’expulser, à la veille de la trêve hivernale, les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes nous amène à protester officiellement, collectivement et vigoureusement.

Alors que nous estimons que le dialogue et la concertation sont une nécessité pour dépasser les crises écologiques, sociales et économiques, le déploiement de force auquel nous assistons actuellement à Notre-Dame des Landes ne fait que renforcer notre détermination à contester ce projet d’infrastructure inutile, coûteux et clairement contradictoire avec nos objectifs en matière de lutte contre le dérèglement climatique.

Sur la forme comme sur le fond, ce projet d’aéroport est contestable. Au scandale écologique de ce projet, le premier ministre semble vouloir ajouter un scandale démocratique et social. Il va de soi que cette façon de faire ne peut que créer de la défiance. Cinq ans durant, nous avons subi une politique reposant sur une duplicité quasi institutionnalisée. Nous ne saurions accepter plus longtemps une écologie des mots qui, à l’aide de discours enjoués, permet de justifier des actes profondément scandaleux.

Nous appelons solennellement et avec la plus grande fermeté le gouvernement à cesser les expulsions des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes.

Nous appelons le premier ministre à remettre en cause ce projet d’aéroport qui aura une incidence significative sur le budget de l’Etat, un impact irréversible sur plus de 2000 hectares de zone humide et terre agricole et sur nos émissions de gaz à effet de serre.

A l’heure des crises alimentaire, climatique et énergétique, à l’heure de l’effondrement des écosystèmes, nous ne cautionnerons pas un double-discours qui tend à devenir une seconde nature des responsables politiques.

Par cette déclaration solennelle, nous tenons à exprimer notre solidarité et à apporter tout notre soutien à celles et ceux qui luttent pour un monde vivable. Nous appelons l’ensemble des citoyennes et citoyens à participer à des mobilisations locales et ainsi répondre démocratiquement à une violence qui, pour être institutionnelle, n’en est pas moins illégitime. 

Vous pourrez également consulter un dossier complet sur rue 89.

http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/10/24/debut-dune-guerilla-champetre-sur-les-terres-de-jean-marc-ayrault-236497http://www.lepartidegauche.fr/actualites/actualite/aeroport-notre-dame-des-landes-le-parti-gauche-soutient-les-nouvelles-initiatives-resistance-17597

Un coup de pouce sympa de nos amis du Québec.

http://lesindignesduquebec.wordpress.com/2012/10/25/2000-ha-de-terres-menaces-a-notre-dame-des-landes/

Et un résumé très intéressant de la situation par la fédération anarchiste.

 Notre-Dame-des-Landes, Zone à défendre : L’information circulait depuis quelques jours : le gouvernement socialo-écologiste mobilisait des troupes de gardes mobiles et de CRS (plusieurs centaines), des tractopelles pour déloger les occupants et occupantes installé-e-s, un peu partout, sur la zone d’aménagement différé, faite de bocages, de terres agricoles, destinée à construire le futur aéroport international de Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique.

Si, pour le moment, ne sont visés que les occupants considérés comme illégaux par les tribunaux, les procédures sont en cours pour expulser les propriétaires, les locataires et paysans concernés de la zone.

Cet endroit avait été rebaptisé Zone à défendre (ZAD) par les résistants et résistantes opposés à l’aménagement capitaliste du territoire, à un projet ruineux qui ne répond pas aux besoins de la population, mais à des ambitions politico-financières, et qui saccagerait l’environnement. Il y a 40 ans que ce projet existe et que les premières expropriations ont débuté.

Cette zone à défendre appartient, légalement, à la multinationale Vinci, chargée de construire et gérer ensuite cet aéroport, dans le cadre d’un partenariat public-privé, très avantageux pour le groupe financier. En effet, les collectivités locales s’engagent à compenser les éventuelles pertes qui pourraient survenir… durant 55 ans !

Mais cette ZAD est aussi devenue, depuis plus de 3 ans, le lieu d’expériences alternatives et autogérées très intéressantes pour plus d’une centaine de personnes y résidant et pour les milliers qui y sont passées, appréciant la créativité : terres maraîchères défrichées collectivement, construction de cabanes, de fours à pains, cuisines collectives, rencontres, échanges de savoir (de la sérigraphie à la découverte des plantes sauvages comestibles), concerts à prix libre, une radio locale (Radio Klaxon), une revue (Lèse béton)…

Ce projet d’aéroport est porté, en particulier, par l’actuel Premier ministre Jean-Marc Ayrault (ex maire de Nantes et ex député, conseiller municipal de Nantes et conseiller communautaire de Nantes métropole), depuis le 21 juin 2012, qui en fait une affaire personnelle, sans doute afin de laisser son nom glorieux dans l’Histoire des « grands chantiers ». Nul ne peut donc être surpris du déploiement massif de forces de l’ordre pour satisfaire les intérêts d’un potentat local, des partis politiques alliés officiellement dans cette affaire (PS et UMP) et de ceux qui le sont, de fait, comme EELV, en tant que co-gestionnaires au Gouvernement et au Parlement. Les soi-disant écologistes de EELV, une fois de plus, retournent leur veste – malgré leurs rodomontades pré-électorales contre l’aéroport – pour le confort de quelques ministères.

Ainsi, mardi 16 octobre, les forces de l’État ont commencé, tôt le matin, à déloger des habitants de la ZAD, détruisant des habitations, en murant d’autres. Bien prétentieux et décalé de la réalité, le préfet annonçait, dès 10 h 30, que la mission était accomplie. Or, si certains lieux d’habitation ont été démolis, fermés, la résistance continue de plus belle et reçoit de plus en plus de soutiens !

Je joins également une belle déclaration d’un mouvement alternatif, le cadtm. http://cadtm.org/Notre-Dame-des-Landes-S-ils

On les appelle les « aménageurs » : vivant de béton et de pétrole, dont ils recouvrent les rares zones vertes encore existantes, ils « aménagent » les territoires pour que voitures et avions puissent transporter de tout et de rien.
La société Vinci par exemple, avec un chiffre d’affaire de 18 milliards, bétonne à tour de bras de tractopelles du Chili à la forêt de Khimki en Russie. Quartiers rasés, forets dévastées, rien ne semble leur résister (il faut dire que Vinci s’implante à long terme en signant de juteux contrats avec les États pour gérer en concession ou en délégation des équipements d’utilité publique).

À Nantes, ce sont 2000 hectares de nature (une des plus importantes réserves d’eau de la région et l’habitat d’espèces en voie de disparition, mais aussi des terres agricoles nourricières depuis des centaines d’années) que les « décideurs » veulent détruire pour en faire un aéroport (le projet est plus large puisque le port proche va être agrandi, des routes et autoroutes vont être construites,…). Depuis 40 ans les habitants refusent ce projet ridicule. Depuis quelques années des maisons sont occupées, d’autres construites, des terrains sont cultivés,… des personnes vivent, se nourrissent et en nourrissent bien d’autres, apprennent à vivre ensemble tout en inventant par la pratique de nouvelles solidarités en faisant le choix de la lutte et de l’autonomie face à ce système qui les écrase, nous écrase, écrase la planète…

 La lutte va-t-elle prendre de l’ampleur ?

M. Mélenchon, votre voix, s’il vous plaît.

Plus encore, votre présence.

On dit que Notre Dame des Landes est partie pour être le Larzac d’Ayrault.

Mélenchon vs Ayrault. Voilà le combat.

Le front de gauche et le front du peuple contre la social-démocratie capitaliste.

On connaît votre position à ce sujet. On sait que Martine Billard et vous-même aviez pris fait et cause contre l’aéroport, lors du meeting de Nantes. Que certains communistes l’avaient regretté et avaient manifesté leur mécontentement. A ce sujet, je vous communique l’extrait d’un blog de militant PC qui résume la situation :

 Le  conseiller régional, Aymeric SEASSAU, jeune barbu ambitieux, est sans appel après le meeting : « le transfert de l’aéroport se fera et il se fera avec l’appui constant des communistes, de leurs élus, de leur parti parce que eux n’échangent pas des circonscriptions contre des réacteurs nucléaires ou des aéroports ».

 Mais, de quel droit, camarade, tu donnes 1600 ha de terre de France à VINCI qui représente bien le grand capital ? De quel droit tu chasses de leur terre les paysans ? De quel droit tu rayes de la carte la population qui vit et travaille à NDL ? Que vas-tu faire de ces familles ? Quels emplois vas-tu créer ?

Tu es membre et responsable d’un parti qui se dit représentatif de la classe laborieuse. Mais tu leur as expliqué à ces gens qui ne gagnent que le SMIC, à ces jeunes, ces travailleurs, ces retraités que le transfert de l’aéroport que tu veux imposer à la Poutine et qui devrait rien coûter au contribuable, va en réalité aujourd’hui être financé à 46% par celui-ci.

Ces problèmes, tu veux les ignorer. La seule chose qui compte, c’est la fidélité à Jean-Marc AYRAULT car de lui dépend ta place d’élu et ta réélection. Les puissants ont toujours eu besoin de valets pour leur cirer les pompes et aboyer quand il le faut.

Pour ton information, camarade SEASSAU, tes camarades du PC de Vendée ont leur stand en juillet à Notre Dame des Landes. Des communistes de Loire Atlantique signent aussi la pétition contre l’aéroport à NDL. Les militants anti-aéroport ont été invités à la fête de l’Huma à Paris.

Va donc faire un tour à NDL : tu pourras causer après et ça évitera de te crasher !

 
 Notre Dame des Landes est une cause aussi importante que celle des OGM que vous venez de défendre. Vous vous êtes élevé hier contre la décision scandaleuse de la France d’en accepter certains. Et ce après la terrible enquête, critiquée on s’en doute, du professeur Seralini.

Je vous cite :

La commission européenne a autorisé l’importation et la mise sur le marché européen d’un nouveau maïs OGM. Je dénonce cette autorisation d’importation. J’ai interpellé la Commission européenne sur ce sujet par http://europe.jean-luc-melenchon.fr/2012/10/25/il-nous-faut-un-moratoire-europeen-sur-la-culture-et-limportation-des-ogm/ Je dénonce également l’attitude du gouvernement français qui s’est rendu complice de cette décision en s’abstenant lors de la procédure d’autorisation.

Il y a urgence à décréter un moratoire sur l’importation et la culture des OGM en Europe.
Le gouvernement PS-EELV conduit par Ayrault doit radicalement changer de position. Il doit agir en Europe pour l’interdiction des 41 OGM autorisés à l’importation et des 2 OGM autorisés à la culture.
Sans attendre, il doit désobéir à l’autorisation de la Commission européenne et fermer ses frontières aux OGM. C’est une exigence écologique et sanitaire. C’est aussi une condition indispensable à la construction d’une agriculture libérée du productivisme.

Et on nous dit que les lobbys des OGM sont désormais interdits d’assemblée nationale ! Ahahahah !!! S’ils n’ont même plus besoin d’y être pour voir leurs intérêts défendus, on juge de leur importance au sein de ce gouvernement !

 Notre Dame des Landes est une bataille dans cet affrontement mondial dont dépend l’idée même de conscience citoyenne et de démocratie.

Vous avez déjà pris position M. Mélenchon. Continuez le combat vous, dont la voix à gauche, la vraie gauche, est la seule à être audible.

N’écoutez que vous-même : L’humain d’abord !

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/notre-dame-des-tarmacs-124847

Hollande, Ayrault, Notre-Dame-Des-Landes sera votre Larzac

Propositions du Mouvement des Objecteurs de Croissance dimanche 21 octobre 2012, par Christian Sunt

Appel à l’ensemble des mouvements qui s’opposent au projet destructeur de Notre Dame des Landes.

Les Objecteurs de croissance ne feront pas un communiqué de soutien de plus à la lutte d’occupation de Notre-Dame-Des-Landes. Pourtant nous en aurions la légitimité, beaucoup d’habitants de la ZAD sont objecteurs de croissance ; c’est à NDDL que nous avons, avec d’autres, lancé l’Appel « Relocalisons », pour que se créent des Collectifs pour la Relocalisation et la Sauvegarde des terres vivrières.

Mais il faut maintenant que l’ENSEMBLE de ceux qui soutiennent la lutte à NDDL se rassemblent sur un texte commun pour marquer notre détermination contre l’absurdité productiviste du gouvernement Ayrault.

Ensemble il faut agir !

SI le PS et Vinci nous délogent, nous délogerons Vinci et le PS ! Créons partout des Collectifs de soutien à la lutte des paysans et habitants de NDDL Préparons des actions sur ce sujet et tant d’autres pour le (Contre-)Congrès du PS, à Toulouse du 26 au 28 octobre…. Proposez et annoncez vos actions : contact@contrecongresps.org

La coopérative du Mouvement des Objecteurs de Croissance

contact@ml.les-oc.info

http://www.les-oc.info/

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, destiné à remplacer en 2017 l’actuel aéroport de Nantes Atlantique, a été validé par l’État et les collectivités locales socialistes. Celui-ci est devenu le symbole des Grands Projets Inutiles Imposés (GPII).

8 mai 2012 un accord avait lieu entre une délégation du parti socialiste de Loire-Atlantique et des paysans alors en grève de la faim, qui s’opposaient aux expropriations et expulsions des terres de Notre-Dame-des-Landes. Un moratoire stoppait alors toute expulsion et suspendait les travaux. L’engagement était pris qu’ils pourraient rester dans leurs fermes jusqu’à la fin des derniers recours concernant les procédures engagées.

16 octobre 2012 : les occupant-e-s de la ZAD (Zone A Défendre), et des soutiens extérieurs, résistent aux expulsions et tentent de réoccuper les lieux vidés de leurs habitant-e-s. Les forces militaires en présence sont d’une ampleur sans précédent et lancent chaque jour des opérations de grande envergure afin de les en empêcher. Le silence des médias restent assourdissant.

L’abus de la violence légitimé par le gouvernement est inquiétant. Les protestataires sont inondés de gaz lacrymogène, les interpellations se font à tour de bras, comme si agir manu militari était l’unique alternative de notre société dite démocratique.

Au-delà du soutien physique, moral, politique que le Parti Pour La Décroissance apporte à cette résistance légitime, pour la préservation d’un vaste territoire de bocage unique et de terres agricoles, se perpétue la question de la légitimité de ces trop nombreux grands projets inutiles imposés et nuisibles (LGV, autoroutes, EPR, Laser Mégajoule…).

Dominique Fresneau, président de l’Acipa, principale association d’opposants le rappelle si bien : « Nous comptons en France déjà 145 aéroports (contre 47 en Allemagne, 37 en Angleterre) » …sommes-nous à ce point obstinés à dilapider l’argent public dans la poursuite de tous ces projets pharaoniques sur la pure spéculation de besoins futurs ?

En fait, il est fort vraisemblable que l’aérien commercial tel que nous le connaissons ait disparu bien avant que cet aéroport soit terminé. L’enjeu aujourd’hui n’est plus de gaspiller toujours plus de pétrole mais bien de nourrir la planète !

Présentés comme le progrès en marche, alors même que de nombreux experts contestent leur viabilité économique et leur utilité réelle, ces projets ne reflètent que l’organisation d’une société souhaitée par une petite minorité. En prônant une pleine jouissance des ressources planétaires, par le pillage, la destruction des écosystèmes, de la terre nourricière, le capitalisme nous bouscule vers des logiques imposées de « maldéveloppement ». Non, « plus » n’est pas forcément mieux, encore moins lorsqu’il est sans rapport avec les besoins réels de la population. Les intérêts économiques en jeu derrière tous ces grands projets mégalomaniaques, posent de véritables questions : pour quoi ? et pour qui ? Nombreux sont ceux qui sous-estiment leur dangerosité, dénonçant simplement les nombreux artifices d’une législation de plus en plus contraignante, destinée à offrir de vaines garanties écologiques et incitant au greenwashing.

Il existe plusieurs manières d’aménager nos territoires ou de penser nos organisations collectives. Par l’expérimentation concrète, de nombreux collectifs deviennent force de proposition. De véritables contre-exemples prennent vie tout en répondant à la satisfaction des besoins sociaux. Plaçons-nous du côté du bon usage, de la frugalité, de la gratuité (des transports publics, de l’eau…), osons des actes de désobéissance qui interrogent nos concitoyens, allons jusqu’au bout de la critique par l’invention de nouvelles pratiques (jardins partagés, AMAP, slow food, accueil-paysan…) à opposer à chaque nouveau GPII qui se présente près de chez nous ! Montrons combien l’argent gaspillé pourrait permettre d’élargir le champ des possibles quant « au mieux vivre », pour chacun d’entre nous.

Des petits projets utiles au lieu des grands projets inutiles. D’autres solutions sont possibles, soyons créatifs et construisons une alternative à ces projets mégalomanes et initions une transition vers de nouveaux modèles de sociétés soutenables et souhaitables.

Dès maintenant, nous appelons l’ensemble des mouvements qui s’opposent au projet destructeur de Notre Dame des Landes, ainsi que les objecteurs de croissance qui le peuvent, à créer partout des collectifs de soutien à la lutte des paysans et habitants de NDDL. Enfin, il y a cette lettre contre les Grands Projets Inutiles Imposés (GPII) que vous pouvez envoyer au président de la république. Plus de détails ici.

Parti Pour La Décroissance

contact@ml.partipourladecroissance.net http://www.partipourladecroissance.net/

D’autres informations : « Notre victoire ne sera pas militaire, elle ne peut être que politique » :http://www.bastamag.net/article2710.html Les anti-Ayrault avaient pourtant voté Hollande : http://www.partipourladecroissance….Les Grands projets inutiles imposés :http://paularies.canalblog.com/page… L’art des grands projets inutiles : http://www.monde-diplomatique.fr/20…

Hollande et les jeunes : http://reporterre.net/spip.php?arti…Assourdissant silence médiatique sur la guerre civile contre l’écologie à l’Ayraultport de Notre-Dame-des-Landeshttp://www.superno.com/blog/2012/10…

Bridget Kyoto : le nanéroport http://youtu.be/WYqbHXj0Wh4

FLASH INFO

sur les expulsions jeudi 18 octobre ici :https://zad.nadir.org/spip.php?arti…

Voir en ligne : https://zad.nadir.org/

« Notre-Dame-des-Landes, au cœur de la lutte » le film

Construire un aéroport transatlantique taillé sur mesure pour le Concorde, à 27 kms au nord de la rocade de Nantes, à Notre-Dame-des-Landes ! Oublié un temps, ce vieux projet qui remonte aux Trente Glorieuses renaît de ses cendres à la fin des années 90 sous la houlette de Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes. 

Les paysans conduisent la « révolte » contre ce projet qui mangera 2 000 ha de terres, soit en une opération l’équivalent des terres agricoles qui disparaissent chaque année en Loire-Atlantique. 

Julien Durand, Michel Tarin, Sylvain et Brigitte Fresneau, Marcel et Sylvie Thébault nous racontent leur lutte au quotidien contre un projet jugé coûteux et inutile, écologiquement irresponsable. Ils sont rejoints pas Hervé Thébaud et Françoise Verchère, respectivement pilote de ligne et élue, également farouchement opposés au déménagement de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique. 

Plus qu’une simple opposition, cette lutte révèle les questionnements de citoyens engagés sur les motivations réelles de ce projet. C’est au fil de la lutte un apprentissage de la démocratie et une véritable alternative de société qui se dessine, le projet aéroportuaire devenant le symbole d’une société dispendieuse tournée vers le passé. 

Le projet est aujourd’hui dans sa phase pré-opérationnelle, les démarches d’expropriations sont en cours, la tension à son comble mais Julien, Michel, Sylvain, Brigitte, Marcel, Sylvie ne lâcheront rien car ils sont persuadés que la victoire les attend au bout de cette lutte emblématique. Comme des milliers d’autres, rejoignez-les !

Les réalisateursChristophe Kergosien et Pierrick Morin sont des militants écologistes, en aucun cas des professionnels du cinéma. Ils travaillent tout deux par ailleurs. Il y a moins d’un an, ils ouvrent un blog, l’Agora de Bretagne, avec un objectif : valoriser par l’image les actions de terrain. Leurs films, entretiens, reportages, réalisés à leurs frais et sur leur temps libre, sont systématiquement libres de droit. Ainsi, ils apportent une valeur ajoutée aux initiatives et de nouveaux outils aux acteurs de terrain. 

pour les joindre : 06 47 00 63 35 ou par mail lagoradebretagne@free.fr

http://www.lagoradebretagne.fr/arti…

Onze organisations nationales interpellent Ayrault sur l’aéroport nantais

Onze organisations nationales dont Greenpeace, Les Amis de la Terre, Réseau action climat, la Condéfération paysanne ou Attac ont interpellé jeudi Jean-Marc Ayrault au sujet du projet d’un nouvel aéroport à Nantes et dénoncé la « brutalité » des expulsions en cours. 25/10/12 – 19 h 30 AFP – FRANCE

« Nous appelons le Premier ministre à remettre en cause ce projet d’aéroport qui aura une incidence significative sur le budget de l’Etat, un impact irréversible sur plus de 2.000 hectares de zones humides et terres agricoles et sur nos émissions de gaz à effet de serre », ont déclaré les 11 organisations lors d’une conférence de presse à Paris.

Elles apportent « un soutien plein et entier » aux opposants au projet de nouvel aéroport, qui doit voir le jour en 2017 et remplacer l’actuel aéroport, et veulent en faire « un enjeu national ».

« Nous appelons avec la plus grande fermeté le gouvernement à cesser les expulsions des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes », ont-elles poursuivi, ajoutant que « le déploiement de force auquel nous assistons actuellement à Notre-Dame-des-Landes ne fait que renforcer notre détermination à contester ce projet d’infrastructure ».

Depuis une semaine, les forces de l’ordre procèdent sur le terrain destiné au futur aéroport à des expulsions de maisons illégalement occupées et à des destructions de ces habitations.

Une lettre ouverte a été adressée jeudi au Premier ministre Jean-Marc Ayrault par les onze organisations (Agir pour l’environnement, Attac, Réseau action climat, Générations futures, Les Amis de la Terre, Confédération paysanne, Greenpeace, Solidaires, Fnaut, Paysages de France, Droit au logement).

M. Ayrault, ex-maire de Nantes, a soutenu ce projet de nouvel aéroport qui est poussé par les dirigeants locaux socialistes et UMP.

Au niveau local et national, EELV, le Parti de Gauche et le MoDem y sont opposés.

Pour Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace, « ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes, c’est un nouveau signal négatif envoyé par le gouvernement à la veille d’un grand débat sur la transition énergétique ».

« Après la reprise des forages en Guyane, le départ précipité de Nicole Bricq (ex-ministre de l’Ecologie), les provocations d’Arnaud Montebourg sur le nucléaire et les gaz de schiste et la conférence environnementale qui n’a pas répondu à l’urgence, le débat semble mal parti avant même d’avoir débuté », a estimé le responsable de Greenpeace France.

Pour Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’environnement, « participer à un débat avec parallèlement des interventions policières et des expulsions, ça devient compliqué ».

Philippe Colin, porte-parole de la Confédération paysanne, a dénoncé « une contradiction entre les beaux discours sur la volonté de ralentir l’artificialisation des sols et la volonté de prendre possession de ces terres ».

 

AFP

AYRAULTPORT à Notre-Dame-des-Landes, projet inutile ou mégalo ?

Petit rappel utile: Alors que la construction de l’aéroport nantais semble inéluctable, une poignée d’irréductibles opposants rêve d’une mobilisation semblable à celle du Larzac.Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89 18/02/2012 

 C’est l’histoire d’une ville de province qui se prenait pour une capitale. Son maire, Jean-Marc Ayrault, ne parle plus du « projet » de Notre-Dame-des-Landes, mais d’un aéroport du Grand-Ouest qui est « en train de se faire ». Ce conseiller spécial de François Hollande, que l’on dit « ministrable », a convaincu le candidat PS d’inscrire dans son programme la poursuite de ce projet, vieux de plus de quarante ans, soutenu par la droite locale, indispensable à la région. Circulez, y a rien à voir.

Pour nombre de Nantais, il est trop tard pour inverser le cours de l’histoire. La question de l’aéroport a été écartée de l’accord de gouvernement PS-EELV, et chaque jour dans la presse locale, le syndicat mixte annonce le « décollage imminent “ du futur aéroport.

PRÉSENTATION DU PROJET D’AÉROPORT PAR VINCI

Guidée par Ariel Aliega, producteur chilien marié à la fille d’un agriculteur de Notre-Dame-des-Landes, je suis allée à la rencontre de ceux qui peuvent apparaître, vus de Paris, comme des jusqu’au-boutistes défendant leur pré carré, des écolos radicaux refusant le progrès, des décroissants préférant les petits oiseaux à l’emploi. Et je suis tombée sur des citoyens de tous horizons politiques, prônant la bonne gestion des deniers publics, en révolte contre les ‘mensonges’ de l’oligarchie, où les deux partis majoritaires sont alliés aux intérêts économiques des géants du BTP.

‘Décider de la société dans laquelle on veut vivre’

Odile Martin se gèle cet après-midi-là, place Royale à Nantes. C’est son tour de tenir la ‘vigie citoyenne’, montée il y a trois ans sur le modèle de celle installée devant le siège de l’OMS à Genève pour demander la vérité sur l’après-Tchernobyl. Odile alpague les passants un par un. Certains ajoutent leur signature aux 25 000 déjà recueillies contre l’aéroport. Odile :

‘Il s’agit de décider de la société dans laquelle on veut vivre. Il n’y a qu’une personne sur dix qui soutient cet aéroport, mais les gens ne vont pas s’afficher. Nantes est certes une ville socialiste, mais bourgeoise.’


La vigie citoyenne à Nantes (Sophie Verney-Caillat/Rue89)

Débordement par la gauche

A première vue, l’affaire Notre-Dame-des-Landes ressemble à un Larzac qui n’aurait pas trouvé son José Bové.

Après le premier Camp action climat de 2009, quelques dizaines de manifestants ont commencé à squatter des friches et maisons vides. Ces promoteurs de l’autogestion sont toujours sur la lande, mais bien cachés derrière les haies. L’été dernier, des violences avaient éclaté en marge d’une manifestation, et les militants historiques avaient craint que leur mouvement ne soit discrédité.


Ariel Aliega (Sophie Verney-Caillat)

‘En 2014, toute cette histoire sera oubliée’, prophétise Cyril Bouligand, dont la ferme est située à 10 km de la future tour de contrôle.

Quand le promoteur Vinci l’a invité à participer à la ‘ferme pédagogique’ projetée à la sortie de l’aérogare ‘haute qualité environnementale’, il a répondu que c’était ‘odieux de vouloir nous mettre dans un zoo’. Depuis, il boycotte les réunions, empêche le rachat de ses terres, et attend les bulldozers.

‘Ce sont les contribuables qui paieront la facture’

Christian Grisollet consacre son temps libre à la distribution du tract ‘Danger et bruit, mensonges et propagande’, dans 100 000 boîtes aux lettres de l’agglomération nantaise. Ce formateur technique, pas personnellement concerné par le futur aéroport, est l’un des coprésidents de l’Acipa, l’association citoyenne, qui revendique 3 000 cotisants dont une cinquantaine de membres très actifs. Il nous jure que ‘la mobilisation grandit’ :

‘Depuis la crise, les gens ont compris qu’on a bien d’autres choses à faire avec l’argent public. Vinci a promis 12% de rentabilité à ses actionnaires et si l’aéroport est déficitaire, ce sont les contribuables qui paieront la facture. C’est un cas d’école de ce qu’il ne faut plus faire.’

Une étude prône l’optimisation de Nantes-Altantique

Désormais, c’est sur le terrain économique que les opposants combattent le maire et ses soutiens (l’UMP locale, le conseil général et régional, la chambre de commerce et bien sûr Vinci le concessionnaire).


L’aéroport de Nantes-Atlantique (Sophie Verney-Caillat/Rue89)

L’ancienne maire de Bouguenais, la commune où est situé l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique, conseillère générale Front de Gauche, a pris la tête du Collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport (le Cedpa, regroupant écologistes, Front de Gauche, NPA, MoDem, une moitié de locaux, une moitié de nationaux) créé en 2009.

Françoise Verchère explique pourquoi il n’y a pas de ‘nimbysme (de Not in my backyard’, pas dans ma cour arrière en anglais) dans cette lutte :

‘Notre credo est : ni ici ni ailleurs, c’est un projet inutile. Je n’arrive pas à comprendre comment les gens de gauche que je connais déroulent un tel tapis rouge à Vinci.’

Espérant se faire mieux entendre, le millier d’élus du Cedpa a trouvé 20 000 euros pour faire faire une analyse indépendante. Le cabinet hollandaisCE Delft, connu pour ses études d’impact économique des grands projets, a rendu en octobre un document de 50 pages qui démonte point par point les scénarios sur lesquels se fonde la Déclaration d’utilité publique (DUP) (décret du 9 février 2008) du projet d’aéroport. Florilège des erreurs relevées :

VOIR LEDOCUMENT

(Fichier PDF)

  • le prix du pétrole est projeté comme étant 15 à 50% moins cher que ce qu’il est réellement ;
  • le marché des émissions de CO2, qui renchérit le coût de l’aviation, a été omis ;
  • la nouvelle liaison TGV Rennes-Paris prévue pour 2020-2025 devrait inciter beaucoup de Rennais à prendre l’avion à Paris plutôt qu’à Notre-Dame-des-Landes ;
  • si le tram-train pour l’aéroport ne se fait pas tout de suite (or son coût n’est pas dans le budget prévu), cela oblige nombre de passagers à venir en voiture et engendre des coûts de parkingélevés…

Et de conclure :

‘L’optimisation de Nantes-Atlantique apparaît plus génératrice de richesses pour la France que la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes.’

‘C’est de la spoliation’


Un autocollant anti-Notre-Dame-des-Landes sur une voiture (Sophie Verney-Caillat/Rue89)

Etienne Boittin lance des procédures tous azimuts pour tenter de bloquer les bulldozers, programmés pour 2014 :

‘Parcelle par parcelle, je conteste devant le tribunal administratif les arrêtés de cessibilité de 23 requérants. Tous les jours, j’attaque les actes d’expropriation que reçoivent les agriculteurs.

Les indemnités proposées aux propriétaires sont de 16 centimes par m2, alors que l’un d’eux a acheté son terrain 24 centimes par m2 en 1977. Je demande 5 euros et je considère qu’en-dessous d’1 euro, c’est de la spoliation.’

‘On n’y a jamais cru à leurs prévisions’

Gérard Lefèvre, le directeur du Syndicat mixte Aéroport Grand-Ouest réagit tranquillement sur l’analyse économique du cabinet néerlandais. Pour lui :

‘Il n’y a rien de nouveau dans les arguments des opposants. Cette étude est très sommaire par rapport à l’analyse de la DUP, et ces accusations sont un peu gratuites. Il n’y a pas de raison de dire qu’on ne sera pas aux 4 millions de voyageurs par an à l’ouverture.’

Pas de raison, sauf que, se souvient Michel Tarin, agriculteur à la retraite et mémoire de la résistance à l’aéroport :


Michel Tarin (Sophie Verney-Caillat/Rue89)

‘Les politiques rêvaient d’un aéroport intercontinental comme Roissy et ses 55 millions de passagers, mais Nantes a vocation à rester une plateforme régionale.

En France, on a déjà 147 aéroports dont 14 dans le Grand-Ouest, on n’a pas besoin d’un quinzième. Regardez l’aéroport d’Angers tout neuf, et quasi désert…

Lui jure que pour l’exproprier, il faudra l’expulser. Il y aura peut-être des drames mais la violence sera de leur côté.’

Vinci, grand bénéficiaire de l’opération ?

Les militants s’appuient désormais sur l’expertise technique de spécialistes de l’aéronautique. Thierry Masson est pilote de ligne chez Air France. Piqué au vif un jour de 2007 où il entend dire que le survol de Nantes est ‘dangereux’, il s’engage :

‘Certes, pour atterrir, il faut survoler la ville. Si on veut interdire les survols, il faudra fermer Toulouse, Marseille, Paris…’

Avec quelque 200 collègues, il se met à fournir des arguments aux opposants ‘dans l’ombre, hors de toute association, en raison des pressions que l’on subit de toutes parts’. Littérature de l’aviation civile en main, il démontre techniquement l’inutilité d’un nouvel aéroport à Nantes :

  • L’approche : ni relief ni météo particulièrement sensibles à Nantes-Atlantique ;
  • La capacité de la piste : l’actuelle (2 900 m + 100 m roulables et untaxiway parallèle) permet d’absorber 35 avions par heure, alors qu’il n’y en a que 10 à 12 actuellement ;
  • La capacité du terminal peut aller jusqu’à 4,1 millions de passagers, il y en a pour l’instant 3,2 millions par an ;
  • Les parkings : il y a un manque à Nantes-Atlantique, mais pourquoi ne pas en construire en étages comme ça se fait partout ailleurs ?
  • Les servitudes, c’est-à-dire le réseau reliant à l’aéroport : il y a justement des voies de chemin de fer s’arrêtant à 150 mètres de Nantes-Atlantique, et le tram a son terminus à 1 km, pourquoi ne pas le prolonger ?’

La communication officielle laisse croire à un transfert d’un aéroport désuet vers un autre tout neuf, mais en réalité, Nantes-Atlantique conservera sa piste pour les besoins de l’usine Airbus de Bouguenais, donc il y aura bien deux aéroports à Nantes.

Libérer des terrains dans cette partie sud-ouest de l’agglomération répond surtout à une logique d’aménagement global : selon l’Insee, répète Jean-Marc Ayrault, Nantes accueillera 150 000 habitants supplémentaires d’ici 2030.

Et c’est notamment le groupe Vinci, qui vient d’obtenir la concession de cinq aéroports de l’Ouest, qui aura le droit de construire de nouveaux quartiers sur les terrains libérés. Le géant du BTP semble soumettre les pouvoirs publics à tous ses désirs. N’a-t-il pas obtenu d’agrandir les parkings du futur aéroport du Grand-Ouest de 7 000 à 11 000 places de parking, alors que les pistes ont été revues à la baisse, faute de moyens ?