Le Dr. Helen Caldicott estime que la moitié du territoire Japonais est contaminée

Interviewée sur democracy now 1 le Dr. Helen Caldicott 2 a déclaré que, selon elle, la moitié environ du territoire Japonais aurait été contaminée suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima-Daiichi. Publié le 7 novembre 2012 par Gen 4

http://gen4.fr/2012/11/helen-caldicott-moitie-japon-contaminee.html

Un océan de censure

Le Dr. Caldicott a également insisté, lors d’une intervention effectuée par Amy Goodman – au moment précis où CBS annonçait le résultat définitif des élections américaines – sur le fait que le gouvernement Japonais poursuit sa politique de désinformation et de muselage de la presse Japonaise sur l’ensemble des conséquences de la catastrophe Japonaise.

Helen Caldicott se rendra au Japon la semaine prochaine pour tenter de faire une analyse plus précise de la situation sanitaire.

Une situation sanitaire périlleuse

Compte tenu des rejets effectués par les réacteurs éventrés et des vents ayant soufflé vers l’intérieur des terres à partir du 15 mars 2011, une partie non négligeable des particules radioactives échappées des confinements endommagés s’est dirigée vers le Sud et l’Ouest de la centrale en perdition, contaminant gravement terres, rivières et… habitants dans les régions non évacuées.

Des maladies radioinduites en gestation

Il est évident que la situation sanitaire, compte tenu du temps de latence des anomalies génétiques cellulaires 3 se développant relativement lentement au sein des organismes soumis à une contamination non négligeable et par un large échantillon de radionucléides s’aggravera dans un période comprise de quelques années à quelques dizaines d’années.

La double peine des cellules irradiées

En outre, un autre effet mal documenté mais qui commence à être étudié de près 4 permet de penser que les cellules affectées par les rayonnements répercutent une espèce de  « signal de détresse » qui toucherait plus rapidement et à des niveaux de doses très inférieurs les cellules adjacentes et même parfois celles nettement plus éloignées.

 

10% seulement des cellules exposées à des radiations Alpha suffiraient à « contaminer » 100% des cellules avoisinantes

La constatation effectuée dans les services de médecine nucléaire 5 peut hélas s’appliquer dans les cas de contamination accidentelle sur des organismes en bonne santé : les tissus ne font pas de différence entre des irradiations « bénéfiques » (dans le cadre d’une thérapie) et celles créant le chaos, la destruction et la mort de cellules saines. Les particules Alpha sont celles qui sont principalement émises par les noyaux lourds 6 dont on sait par ailleurs qu’une quantité certaine a accompagné sans aucun doute les rejets d’autres noyaux plus légers dans le cadre de la catastrophe nucléaire Japonaise.

Des doses mêmes très faibles peuvent en fait induire des dégâts génétiques intenses

Si l’on superpose les dégâts chromosomiques agissant plutôt sur le long terme (les cellules reproduites) à l’hypothèse de l’effet de choc (effet bystander), les deux étant peut-être d’ailleurs liées 7 il est hélas raisonnable de penser que, même soumis à des doses relativement faibles de radionucléides – dont les fameux émetteurs Alpha – les organismes exposés relativement longtemps pour se retrouver irradiés et contaminés ne développent des pathologies cellulaires dans un délai plus ou moins long.

D'après le Dr. Helen Caldicott, la moitié du territoire Japonais serait contaminé

Des doses de 10 mSv semblent suffisantes pour induire cette réaction en chaine cellulaire

Alors que les seuils d’innocuité aux rayonnements Gamma généralement utilisés par les radioprotectionnistes sont habituellement situés de 100 à 200 mSv , les études récentes sur l’effetbystander semblent supporter l’hypothèse que les effets de choc des irradiations débuteraient à des seuils bien plus bas et seraient ensuite relativement linéaires : une irradiation Gamma évaluée à 0.01 Gy (soit 10 mSv de Gamma) suffirait à induire des dégâts cellulaires équivalents à des doses 10 fois supérieures (le seuil Gamma « référentiel » habituel de 0.1 Gy / 100 mSv).

 

Sources :

Interview de Helen Caldicott, 7/11/12, (00:30, anglais)

Caldicott Live on TV, enenews, 7/11/12, anglais

Lire également :

« L’effet bystander induit par les rayonnements », traduction française de l’étude d’Oleg V. Belyakov (110)

  1. Chaîne TV d’information indépendante basée à New-York qui travaille principalement sur les sujets de politique internationale des USA. 
  2. Médecin Australien, militante pour la paix et opposante au nucléaire militaire et civil 
  3. L’instabilité génomique est induite par le fait que le mécanisme de dégradation cellulaire affecte principalement les descendantes des cellules touchées par la radioactivité 
  4. L’effet bystander (« contagion radioactive » dans des tissus cellulaires), savoir.fr 
  5. Utilisation de rayonnements ionisants sur des tissus cancéreux en radiothérapie 
  6. Transuraniens : les éléments les plus lourds, totalement artificiels 
  7. Le choc initial pourrait en quelque sorte démarrer le processus de mutation génétique 

Etat de santé des enfants du Bélarus après l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl

Voici les résultats d’une étude épidémiologique réalisée par un pédiatre biélorusse (le Dr Galina Bandajevskaya). Cette étude a été présentée en mai dernier au Forum de Radioprotection à Genève. Elle concerne l’état de santé des enfants après 25 ans de contamination radioactive (essentiellement à la suite de la consommation régulière d’aliments).

http://www.aset.be/etat-de-sante-des-enfants-du-belarus-apres-l-accident-de-la-centrale-nucleaire-de-tchernobyl

Japon, les enfants contaminés et malades du nucléaire

Plus d’un an après la catastrophe nucléaire de Fukushima, les analyses d’urine effectuées par l’association française ACRO montrent que les enfants à Tokyo et sa banlieue ne montrent pas de contamination par la radioactivité.  Moins loin de la centrale, des enfants présentent toujours une contamination de leurs urines, plus d’un an après les rejets massifs de radionucléides dans l’environnement. . Par Gilles Héluin le lundi 30 juillet 2012 Lien permanent

C’est le cas en particulier dans la province de Fukushima, mais aussi dans les provinces voisines de Miyagi et de Tochigi.
Ces contaminations sont faibles, mais persistent dans le temps.
Selon le laboratoire de l’association « dans tous les cas, il y a une légère baisse de la contamination interne, ce qui montre malgré tout l’utilité de ce genre de test qui permet aux personnes concernées de faire attention, notamment à leur alimentation (voie actuellement prépondérante de la contamination interne) ».

Cette information qui peut sembler rassurante sur l’évolution de l’état de santé des enfants a été largement reprise par les média.
Il en est tout autrement pour une nouvelle bien plus inquiétante qui n’a été que peu relayée : 35% des enfants de Fukushima présentent des excroissances anormales.
C’est ce que révèle le rapport d’enquête mené sur 38 000 enfants à Fukushima un an après la catastrophe nucléaire précise que les kystes ou les nodules se trouvent sur leurs thyroïdes.

Le site Internet Fukushima Voice, qui publie le rapport du Centre de recherche sur les symptômes de contamination radioactive à Fukushima, explique notamment que ces chiffres montrent « une progression bien plus rapide qu’à Tchernobyl ». En effet, une étude réalisée entre cinq et dix ans après la catastrophe de 1986 révélait qu’1,74% des enfants de la région ukrainienne présentaient des nodules à la thyroïde, soit près de 20 fois moins qu’à Fukushima.

Selon le site Fukushima Voice, les enfants qui vivent actuellement à Hamadori (région côtière) et Nakadori (adjacente à la région côtière) ont un risque de vieillissement accéléré de la fonction pulmonaire de plusieurs années. Il existe aussi une possibilité que la fonction hématopoïétique de la moelle osseuse pourrait être supprimées pendant une longue période chez les enfants qui vivent actuellement dans des régions Hamadori et Nakadori de la préfecture de Fukushima. Ils pourraient être sujet à une leucopénie qui réduit la résistance du corps contre les bactéries et les virus et auraient un risque accru d’anémie et d’hémorragie en cas de blessure.

Sources :
ACRO
Fukushima voice


Une fillette tient une pétition pour demander au ministère de l’Education de protéger les enfants contre la radioactivité, le 23 mai 2011 à Tokyo

Pendant ce temps, en France les gouvernants de « gauche » semblent eux-aussi penser que nous sommes la patrie du nucléaire gentil, tant ils poursuivent la politique énergétique de leurs prédécesseurs.
Peut être la centrale de Fessenheim sera-t-elle fermée à plus ou moins long terme, mais qu’attendre de mieux lorsque l’on voit la poursuite du projet Astrid pour la renaissance de la filière de surgénération ?
Mais heureusement nous avons deux ministres « écologistes » pour pousser dans la bonne voie…
Déplorable.

Témoignage de Kokoro Fujinami, 15 ans et chanteuse japonaise

Discours prononcé par Mlle Kokoro Fujinami lors d’un rassemblement anti-nuke au parc Yoyogi à Tokyo le 11 Février 2012, où environ 12.000 personnes ont participé.

Kokoro Fujinami, 15 ans, est une chanteuse japonaise, personnalité de la télévision et auteur, qui a joué un rôle actif dans le mouvement anti-nucléaire depuis le 11.03. Pour en savoir plus, voir : http://youtu.be/IRra9bqolO8

Information publiée le 3 mars 2012 par kna60

Alerte des experts contre une nouvelle catastrophe à Fukushima 25.06.2012

Publiée le 29 juin 2012 par kna60
Interview par Marc Willacy d’ABC Australie sur les dangers de la piscine de combustible n°4 de Fukushima.
Les personnes interrogées sont :
– Pr. Hiroaki Koide, expert en réacteurs nucléaires de l’université de Kyoto.
– Robert Alvarez, conseiller en politique énergétique aux Etats-Unis
– Yoshimi Hitosugi, porte-parole de TEPCO
– Tomohiko Suzuki, journaliste et travailleur clandestin à la centrale de Fukushima.
– Misuhei Murata, ancien embassadeur du Japon en Suisse.

Vidéo et transcription originales :
http://www.abc.net.au/7.30/content/2012/s3532725.htm
Traduction & sous-titrage par kna60.

« Die-In » des femmes contre le redémarrage de la centrale nucléaire d’Ooi 07.06.2012

Le 7 Juin 2012, environ 70 femmes dont 10 femmes de Fukushima ont fait un « die-in » en face de la résidence officielle du Premier Ministre pour protester contre le redémarrage de la centrale nucléaire de Ooi. Avant le die-in, 10 femmes de Fukushima ont visité le Bureau du Conseil des Ministres et ont rencontré des représentants pour soumettre une lettre de requête adressée au Premier Ministre Yoshihiko Noda. Publiée le 13 juin 2012 par kna60

Ce clip vidéo montre les mots de ces femmes de Fukushima et une partie du die-in.

Le lendemain 8 Juin 2012, le Premier Ministre Noda a tenu une conférence de presse et a déclaré qu’il allait redémarrer la centrale nucléaire d’Ooi.

Vidéo originale créé par OurPlanet-TV : http://youtu.be/ODNhDhw_-VY
http://www.ourplanet-tv.org/?q=node/287

OurPlanet-TV est un média indépendant sur le net qui accepte vos dons.

Version sous-titrée en Anglais par tokyobrowntabby : http://youtu.be/zYQNd2ybiDg
Montage vidéo par sievert311 (http://www.youtube.com/user/sievert311).

Traduction Française par Helios (http://bistrobarblog.blogspot.fr),

Fukushima mai 2012: le point avec Arnie Gundersen

Dans le cadre d’une présentation dans le Kansai au Japon le 12 mai 2012, Maggie et Arnie Gundersen de Fairewinds Energy Education ont répondu aux questions spécifiques posées par les organisateurs du colloque sur l’état de la piscine de combustible usé de l’unité 4 de Fukushima Daiichi.
Fairewinds analyse l’explosion à l’unité 3 de Fukushima Daiichi.
En outre, Arnie discute de quel peut être l’avenir du Japon s’il choisit une voie sans énergie nucléaire.

Vidéo et transcripts originaux en Anglais : http://fairewinds.com/content/fukushima-daiichi-truth-and-future
Traduction & sous-titrage Fr par Kna, avec l’autorisation de Fairewinds Energy Education.

Akiko Ida porte les paroles des enfants de Fukushima

Au Japon, des adultes proches des enfants de par leur métier se sont engagés dans l’aide à la libération de la parole des enfants concernés par la catastrophe de Fukushima.  Akiko Ida doctorante à l’EHESS a réuni la parole des enfants dans un cahier.

Télécharger   Les paroles des enfants de Fukushima


« Quand j’ai entendu que je pouvais être irradiée, je me suis demandée si je serais paralysée (à cause d’une maladie déclenchée par la radioactivité) et perdrais mes cheveux comme Gen d’Hiroshima, ou si j’allais mourir. Puis, j’avais peur. J’ai cru que je ne voulais pas mourir alors que j’avais seulement huit ans.»  « J’ai peur de la radioactivité. J’ai peur d’être atteinte des maladies comme le cancer. » 

Ce document est présenté par Hélios  qui suit quotidiennement l’actualité du Japon. L’auteure nous autorisant à le publier, Jeudi a entrepris de l’illustrer avec des vignettes réalisées par Misato Yugi, dessinatrice japonaise.

France: l’image des irradiés qu’on nous cache

En une seule image, OWNI propose un état des lieux global des contaminations provoquées par les installations nucléaires françaises au cours des dix dernières années. La France, par tradition, dissimule ces données chiffrées. Derrière lesquelles tentent de vivre, ou survivre, les fantômes de la contamination. Sur OWNI, aujourd’hui, plusieurs articles sont consacrés à cette maladie honteuse, bien de chez nous. LE 27 AVRIL 2012 

Du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l’avenir des utilisations pacifiques de l’énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s’accommoder de l’ignorance et de l’incertitude…

Rapport de l’OMS de 1955, Cité par Jacques Ellul, in Le bluff technologique, p 294

“Légère irradiation d’un expérimentateur”“perte de protection biologique dans un local de travail”,“accident de niveau 1 sur une échelle qui en compte 7”. Si un profane survole les rapports de l’Autorité de sureté nucléaire (ASN), chargée du contrôle des installations nucléaires françaises,  il ne s’inquiètera pas des contaminations touchant les salariés du secteur.

RAS, nucléaire : rien à signaler, pour reprendre le titre du documentaire d’Alain de Halleux. À partir des avis d’incidents disponibles sur le site sous une forme particulièrement indigeste,OWNI a ré-exploité ces données pour visualiser, en une seule et même image, les contaminations produites par le nucléaire français. C’est l’image ci-dessous. Vous pouvez cliquer dessus puis zoomer à l’intérieur pour prendre connaissance des différents cas.

Derrière la froideur technocratique rassurante des rapports de l’ASN, la réalité est plus inquiétante. Certains chercheurs estiment que des conséquences aussi graves que l’amiante en terme de santé publique sont à prévoir. Le fichier Dosinat – mis en place en 1992 par EDF – répertorie pour chaque intervenant, qu’il soit sous-traitant ou non, les doses qu’il reçoit. Il est établi que les sous-traitants encaissent 80% des irradiations dans nos dix-neuf centrales. Pourtant, dans les informations des rapports, il est ainsi impossible de savoir systématiquement si des sous-traitants ont été touchés, encore moins le nom de leur entreprise.

On ignore aussi dans la plupart des cas le radioélément impliqué. Information pourtant importante puisque selon le radioélément, les effets seront plus ou moins forts et longs. De même, on ne sait pas systématiquement si l’accident a lieu pendant un arrêt de tranche ou une autre période de maintenance, durant lesquels le recours à la sous-traitance est très majoritaire : EDF sous-traite à plus de 80% sa maintenance, et les sous-traitants sont trois fois plus touchés par les accidents du travail.

Le thermomètre cassé

Il est admis qu’un être humain doit rester à 37° de température environ. Au-delà, il faut s’inquiéter. Mais admettons qu’un décret indique que la température normale soit désormais comprise entre 37 et 39°, par exemple quand sévit une épidémie de grippe. Une partie de la population cesse d’entrer dans la catégorie des gens atteints de fièvre.

C’est ce qui s’est passé avec le nucléaire, industrie où cette question du thermomètre est au cœur de la controverse scientifique. Les seuils ont en effet été abaissés avec les ans, modulant dans le sens d’un renforcement la notion de dangerosité. En France selon le Code du travail, il était de 50 mSv à partir de 1988, de  30 mSv jusqu’en 2003, puis de 20 mSv, la norme actuelle. À titre de comparaison, le reste de la population ne doit pas dépasser 1 mSv/an/personne dixit le Code de la santé publique.

Ce seuil, fixé sur la base des recherches du Commission internationale de protection radiologique (CIPR), est remis en cause par celles du Comité européen sur le risque de l’irradiation (CERI) depuis 2003. Leurs conclusions : il faut diviser par 4 le seuil actuel, soit 5 mSv. Et par conséquent, la dangerosité d’une partie des incidents de contamination relevée par l’ASN devrait être reconsidérée à la hausse. L’IRSN reconnaitra lui-même en 2005 que ces problèmes soulevés par le CERI “ont été largement négligés par la communauté scientifique.”

Enfin, les incidents en-dessous de 10 000 becquerels ne font pas l’objet d’un rapport de l’ASN. Or l’IRSN reconnaissait aussi que les recherches sur les effets des faibles doses avaient jusqu’à présent été basées sur un postulat faux :

Il a longtemps été postulé que l’incorporation de 100 becquerels en un jour revenait à incorporer 1 becquerel pendant 100 jours. Cela est tout à fait exact mais faux en biologie.

La traçabilité est donc perfectible, comme le souligne Annie Thébaud-Mony, sociologue et directrice de recherche honoraire à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Une déclaration d’incident de travail (différente du rapport ASN) devrait être faite systématiquement puisqu’il s’agit d’un risque grave, afin d’avoir une trace de toutes les contaminations, y compris celles en-dessous du seuil. Selon la législation, les lésions peuvent être immédiates ou différées. Et ce n’est jamais fait.

Une procédure judiciaire a été engagée à l’initiative d’un inspecteur dans ce sens, mais sa demande a été déboutée en correctionnel.

Nous avons lancé une campagne notamment avec des syndicalistes délégués de CHSCT [Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, NDLR] de différentes centrales pour inciter à faire la déclaration, et si l’entreprise refuse, l’employé a deux ans pour le faire. Il y a eu une circulaire de la direction du parc nucléaire pour dire qu’il n’y avait pas de raison de faire une déclaration, révélée parMediapart [payant]. Cela nous a servi de leçon, j’ai dit aux inspecteurs du travail qu’il fallait aller au-delà du droit du travail sur le pénal pour mise en danger d’autrui, on en est là.

Biaisé, le thermomètre l’est aussi par le peu de fiabilité des dosimètres. Les travailleurs doivent en porter deux, un dosimètre-film et, depuis la fin des années 90, un dosimètre électronique. Annie Thébaud-Mony estime qu’“il présente 20 à 40 % de marge d’erreurs. Et entre les deux dosimètres, il y a 20% de taux d’erreur.” Nous avons contacté EDF pour avoir des explications sur ce sujet, qui nous a “conseillé d’interroger les fournisseurs de dosimètres, notamment l’IRSN”. Ces derniers n’ont pas répondu.

Parfois, le dosimètre est jeté aux orties : un rapport datant de 2006 de l’inspecteur général d’EDF mentionne “une pratique préoccupante de salariés qui ne portent pas de dosimètre”. Une pratique préoccupante dont elle se défausse sur les entreprises sous-traitantes. Perversité de ce système des poupées russes.

Personne pour vérifier

Derrière chaque incident, la proposition de l’exploitant d’un classement sur l’échelle INES. ”Soit l’ASN est d’accord avec l’exploitant, soit il lui explique pourquoi. C’est un partenariat.” se défend l’ASN. Et bien souvent, le classement de l’exploitant est validé par l’autorité. Pour pouvoir juger des conséquences, l’ASN a donc en main une déclaration – de bonne foi – des exploitants, qui proposent un classement. Parfois, les équipes de l’ASN se déplacent pour vérification ou appréciation sur le terrain. Mais ”rarement dans le cas d’un niveau 0. S’il n’y a pas d’enjeu, on ne se déplace pas”, confie un des employés de l’autorité :

Ça dépend des informations que nous avons à partir de la déclaration. On les appelle et on voit selon ce que dit l’exploitant. Les investigations interviennent juste après la déclaration d’évènement. En fonction, on peut arrêter l’installation. La responsabilité première est celle de l’exploitant : on se base sur ce qui est dit et sur la nature de ce qui s’est passé. On peut aussi solliciter l’appui technique de l’IRSN [Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, NDLR].

Le bras de fer entre les deux instances n’est que le reflet de ce que l’humain peut peser dans une échelle de classement : pas grand chose au vu du peu d’importance que revêtent les contaminations dans le classement INES.


Nous remercions vivement, dans l’ordre d’arrivée, Julien Kirch (au code), Cédric Suriré, doctorant en socio-anthropologie du risque et des vulnérabilités, Annie Thébaud-Mony et Marion Boucharlat (au graphisme), sans qui ce travail n’aurait jamais abouti.

A. Gundersen, échantillons de sol de Tokyo = déchets nucléaires aux États Unis 25.03.2012

En attendant la suite du Japon, regardez cette courte vidéo d’Arnie Gundersen, sous-titrée en français par Kna, qui nous montre l’état radioactif très grave à Tokyo. Ce qui se trouve à Tokyo serait considéré comme déchets radioactifs aux US et devrait être envoyé pour élimination dans un centre spécialisé.

Lors d’un voyage au Japon en Février 2012 (voir http://dai.ly/zmXX4B), Arnie Gundersen de Fairewinds a pris des échantillons de sol dans des parcs publics, terrains de jeux de Tokyo et un jardin sur un toit. Tous les échantillons seraient considérés comme des déchets nucléaires aux États-Unis. Ce niveau de contamination est en cours de découverte à travers le Japon.
Lors de la Conférence d’Information sur la Régulation de la NRC à Washington D.C. du 13 au 15 Mars, le président de la NRC, le Dr. Gregory Jaczko a souligné sa préoccupation du fait que la NRC et l’industrie nucléaire actuellement ne considèrent pas les coûts des évacuations massives dues à la contamination radioactive dans leur analyse coût-bénéfice utilisées pour autoriser les centrales nucléaires.
En outre, Fairewinds estime que les coûts d’évacuation près d’une centrale nucléaire des États-Unis pourrait facilement dépasser un milliard de dollars et que la terre contaminée serait inhabitable pendant des générations.

Vidéo, descriptif, & tanscript sources : http://fairewinds.com/content/tokyo-soil-samples-would-be-considered-nuclear-…
Traduction & sous-titrage par Kna