Accident à la centrale nucléaire de Flamanville : des témoignages qui font froid dans le dos. Arrêtons le nucléaire avant la catastrophe

Communiqué de la Fédération Anti-nucléaire Bretagne, 30 Octobre 2012.

Le 25 Octobre 2012 l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) nous informe d’un banal “incident” sans gravité dit de niveau 1 à la centrale nucléaire de Flamanville. Cet accident nucléaire a provoqué une fuite radioactive d’au moins 42 000 litres d’eau radioactive sur le circuit primaire, partie hautement sensible du réacteur, qui peut s’emballer en cas de fuite et donc de refroidissement insufissant.

Et c’est par le communiqué du CRILAN*, qui réagit aussitôt le 26 octobre 2012 à la communication “soft” de l’ASN, que nous prenons connaissance du ressenti des travailleurs pendant ces longues heures de nuit en milieu hostile. Voici le témoignage de l’un d’entre eux :

« Je travaillais de nuit, une nuit comme on ne les aime pas quand on bosse ! 3 collègues ont failli mourir par négligence ! On nous fait faire de plus en plus n’importe quoi, pour une chose, le profit ! On nous a demandé de remplir un tronçon du circuit primaire qui avait eu une panne après un arrêt de tranche catastrophique ! Le problème c’est qu’on nous l’a demandé à 155b et 300 degrés ! Résultat : 3 mecs au médical et un repli de tranche en phase accidentelle ! Un vrai miracle, les 3 collègues ont pu après une visite au médical, reprendre le boulot et stopper la fuite. Résultat : un bâtiment réacteur légèrement contaminé et encore une prolongation d’arrêt ! (…) »

 Un autre témoignage tout aussi effrayant nous a été donné par un ancien intervenant à la centrale de St Laurent des Eaux où a eu lieu deux débuts de fusion du coeur du réacteur en 1969 et 1980.

« J’ai connu cela un jour à Saint Laurent, les opérateurs et les cadres présents en salle de commande étaient « blancs comme des cierges de Paques », car sur les 4 boucles refroidissant le réacteur (turbo-soufflante), 3 étaient tombées en rideau et on était tous suspendus au fonctionnement de cette dernière turbo-soufflante. Sans réel secours en cas de panne totale du soufflage. Dernière turbo-soufflante qui a donné des signes de faiblesse pendant 1 ou 2 minutes. J’était trop jeune pour prendre la mesure de ce qu’il se passait mais je pense que rétrospectivement, certains ont dû prier en salle de commande ce jour là. »

 Aujourd’hui, une demi-douzaine de réacteurs aux Etats-Unis sont à l’arrêt ou fonctionnent à faible puissance pour faire face à la tempête tropicale Sandy. A proximité de New-York, les pompes de refroidissement du réacteur d’Oyster Creek au New-Jersey, bien qu’à l’arrêt depuis le 22 octobre pour rechargement de combustible, menaçaient d’être submergées à 11 h 45 heure locale par une montée des eaux supérieure à 2 mètres, obligeant ainsi l’opérateur à faire appel aux pompes anti-incendie et à prévoir une pompe « portable ». Le réacteur d’Indian Point 3 quant à lui a été mis en arrêt d’urgence du fait des fluctuations du réseau électrique et de l’obstruction des pompes du circuit secondaire par des débris…** Une nouvelle fois, il apparaît que des réacteurs nucléaire sont en situation critique face à un évènement climatique pourtant prévisible.

 Réagissez !

 Le nucléaire est moralement et socialement inacceptable.

Il faut en finir maintenant, avant la catastrophe.

Fédération Anti-nucléaire Bretagne

6 rue de la Tannerie – 56000 VANNES

Email : fan-bretagne@laposte.net – Tel : 06 65 72 31 66

* CRILAN : www.crilan.fr Comité Régional d’Information et de Lutte Antinucléaire basé tout près de Flamanville

** Sources : http://www.beyondnuclear.org et http://www.nrc.gov/reading-rm/doc-collections/news/2012

Contacts presse :

Alain Rivat : 06 28 01 20 33

Chantal Cuisnier : 06 84 14 58 87

Cedric Cadoret : 02 56 22 02 37

La Fédération Anti-nucléaire Bretagne a été constituée le 27 octobre 2012 à Pontivy. Elle a pour but de structurer et d’amplifier l’action régionale du mouvement anti‑nucléaire breton, et d’agir pour l’arrêt immédiat du nucléaire.

Plateforme disponible sur les sites www.stop-nucleaire56.org et www.sortirdunucleairecornouaille.org

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Des Bas-Normands contre le futur aéroport de Nantes

Le collectif antinucléaire régional de Basse-Normandie souhaite apporter son soutien à l’action de ceux qui sont mobilisés contre le projet d’aéroport « Notre Dame des Landes », près de Nantes. Publié le 01-11-2012 

Le collectif estime que les deux luttes se rejoignent sur différents aspects :

  • Une préoccupation environnementale : la lutte contre les gazs à effets de serre, la déprise des terres agricoles, la destruction de zones humides, l’arasement des haies bocagères..etc…, 
  • la dénonciation du déni de démocratie dans les projets industriels tels que cet aéroport, l’EPR ou les lignes THT : les gouvernements qui se succèdent restent sourds aux alertes citoyennes et ne connaissent pour seul langage que la répression du mouvement social par le déploiement de forces de l’ordre en grand nombre. Ces projets exigent le maintien d’un système policier et autoritaire que nous dénonçons.  
  • La nécessité de sensibiliser l’opinion publique sur des projets pharaoniques et coûteux dont l’utilité sociale n’existe pas et qui n’enrichissent que les grands groupes industriels et financiers« .

Pour rappel, le collectif antinucléaire régional de Basse-Normandie est composé des organisations suivantes: 

CRILAN, EELV, Gauche alter, Gauche unitaire, NPA, Parti de gauche, Pas de THT sous les pommiers, Sud retraités.

CRILAN: Après les annonces de F. Hollande lors de la conférence environnementale, la lutte continue…

COMMUNIQUÉ du 15 septembre 2012

Dans son discours d’ouverture de la conférence gouvernementale, F. HOLLANDE n’a en fait avancé rien de nouveau en ce qui concerne le Cotentin nucléaire.

Continuent :

  • L’extraction du plutonium par AREVA NC à la Hague, l’entreposage de l’équivalent de plus d’une centaine de cœurs de réacteurs dans les piscines de l’usine, couvertes comme de simples hangars, vulnérables aux accidents comme aux attentats, le stockage de déchets, vitrifiés ou non.
  • La construction du réacteur prototype EPR, prévu pour durer 60 ans, malgré malfaçons, surcoûts et retard de quatre ans au moins, piètre vitrine commerciale de moins en moins crédible à l’international. L’arrêt des vieux réacteurs de Fessenhem, annoncé pour fin 2016, au moment de la mise en marche prévue  pour l’EPR, ne signifie nullement une sortie du nucléaire même programmée et lointaine…Elle ne mène même pas sur le chemin de la réduction annoncée de 75 à 50% de la part du nucléaire dans la production française d’électricité dans les 15 ans à venir. Certains écologistes, associatifs comme politiques, se sont félicités de cette décision refusant de voir ces évidences et l’envers du décor, laissant accréditer l’idée que leurs dirigeants semblent plus soucieux de leur avenir institutionnel  que de leurs convictions d’origine ou de celles de leurs sympathisants.
  • La construction des couloirs de lignes Cotentin Maine vers les Pays de Loire du Premier Ministre, même si la justice vient de donner gain de cause à des agriculteurs de Montabot, victimes de voie de fait de la part de RTE, même si des militants locaux, socialistes, écologistes, et anti-THT revendiquent toujours une étude épidémiologique quant aux effets électromagnétiques de lignes 400 000 volts.

Dans la Manche nucléarisée, pour le nouveau gouvernement, le changement, ce n’est pas pour maintenant ! S’y perpétue le développement d’un modèle énergétique à hauts risques environnementaux et sanitaires, centralisateur, autoritaire, brutal, que les événements du Chefresne et de Montabot ont malheureusement parfaitement illustré.
Il nous contraint, plus que jamais depuis la catastrophe de Fukushima, toujours en cours, aux actions continuelles de harcèlement et/ou de masse.

C’est pourquoi le CRILAN appelle à la manifestation de

LAVAL, le 13 OCTOBRE, à partir de 14 heures.

Un car est prévu au départ de CHERBOURG, à 10 heures, parking Sernam derrière la gare SNCF. S’inscrire en prenant contact au 02 33 52 45 59.

Didier ANGER  pour le CRILAN
C.R.I.L.A.N
Association loi 1901, agréée au titre de l’article L.141-1 du code de l’Environnement.
Siège social : 10 route d’Etang Val, 50340-Les Pieux-
Tél : 02 33 52 45 59– Fax : 02 33 52 53 26  –www.crilan.fr.
Siret n° 442 001 285 00018, Ass.N° W5000033 ,Code NAF 9499Z

Communiqué du CRILAN après les verdicts de prison et d’amende contre des militants anti THT

COMMUNIQUÉ du 21 août 2012

 

THT/EPR : Prison et forte amende pour  deux militants !

         

Les verdicts sont tombés ce matin pour deux opposants à la ligne à très haute tension (THT) Cotentin-Maine, qui devrait évacuer( en…2016!) le courant du réacteur nucléaire EPR, en construction à FLAMANVILLE.

Le premier concernait Michel HOUSSIN, agriculteur, président de l’association “Marais sous Tension”, par ailleurs, responsable de la Confédération paysanne de la Manche. Il a été condamné à  2.000 euros d’amende dont 1.000 avec sursis, 2.500 euros de dédommagement à RTE, la filiale d’EDF, et 800 euros de remboursement de frais de justice pour avoir dévissé symboliquement des boulons sur un pylône en construction. C’est vraiment très cher du boulon !

Le second, un étudiant de 24 ans, a écopé  de  trois mois de prison , avec aménagement de peine, pour violences aggravées ( pourtant bénignes…) sur 2 gendarmes, lors des événements de Montabot, le 24 juin, alors que l’on relevait 25 blessés dont 2 graves parmi les manifestants sans que la justice ne s’en inquiète.

Faut-il encore une fois rappeler que les décisions concernant les recours contre cette ligne THT ont été reportées par le Conseil d’état ? Que celui du CRILAN mettait en évidence que RTE n’a mené aucune enquête publique, aucune étude d’impact sur le tronçon de ligne depuis Flamanville jusqu’au secteur de Périers?

Pendant ce temps, RTE, se précipite, joue les faits accomplis, pour les rendre irréversibles avec l’aval du pouvoir, de sa police et de sa justice !

Les décisions du Tribunal de Coutances contre ces deux militants  confirment malheureusement l’incompatibilité de la démocratie avec l’industrie nucléaire et ses annexes, et cela quels que soient les gouvernements en place.

La répression, déjà exercée en d’autres lieux et en d’autres temps, n’a jamais suffi à mettre un terme à la contestation anti-THT et anti-nucléaire, ici comme ailleurs. D’autres procès sont déjà programmés. Nous pouvons craindre que l’état nucléaire ne recherche l’affrontement et l’irréparable.

Tout véritable démocrate ne peut que se sentir solidaire des victimes de la violence d’État.

Didier ANGER

http://www.s323409623.onlinehome.fr/crilan/index.php?option=com_content&view=article&id=246:-actualite-thtepr-tribunal-de-coutances&catid=36:actus&Itemid=73

« Ecolos marginalisés ? »: Didier Anger adresse une lettre ouverte à Michel LAURENT pdt des CLI du Cotentin

Didier ANGER,
Président du CRILAN
Et à ce titre, membre des commissions locales
AREVA NC, CSM-ANDRA, EDF FLAMANVILL

Lettre ouverte à

Michel LAURENT
Président des Commissions locales d’Information du Cotentin nucléaire
au titre du Conseil général de la Manche
Copie aux journaux meusiens

Monsieur,

On vient de me faire parvenir deux articles parus l’un dans “L’Est Républicain” du 22/07/2012 et l’autre dans le “Républicain Lorrain”  de la même date dans lesquels vous avez donné une interview, en tant qu’élu et président des commissions locales d’information de la Manche”, en compagnie de J. Hamelin, maire de Digulleville, membre des CLI. Avant le débat public qui doit se tenir l’an prochain à Bure, l’Andra a en effet invité les médias à aller voir ces colis vitrifiés, majoritairement entreposés à La Hague.

Soucieux du droit à la libre expression en démocratie, je ne vous conteste pas le droit à développer vos opinions favorables au nucléaire. Je vous laisse bien sûr la responsabilité de votre analyse de la situation du Nord Cotentin et de propos qui font titrer aux journalistes, pour l’un ,“ Le regard des élus, la population a appris à vivre avec” et pour l’autre “ Pour les élus de la Manche, c’est que du bonheur”…( !)

Ce que je ne peux admettre, c’est la falsification des faits . Je n’en citerai que quelques extraits ( cf articles ci-dessous):

  • Dans le “ Républicain Lorrain” : “Quant à l’opposition écolo, elle est aujourd’hui marginalisée. Depuis qu’on les a intégrés dans les CLI, ça se passe bien”.
  • Dans “l’EST Républicain” “il n’y a plus de manifestation et les écologistes sont dans le dialogue”.
  1. L’arrivée de “l’opposition écolo”, selon vos termes, dans les Commissions (CLI) est loin d’être récente ! Faut-il vous rappeler que la commission d’information près d’AREVA NC, a été créée sous le vocable de CSPI en 1981, sous la responsabilité du Ministre de l’Industrie, présidée par le député de Cherbourg, que le commission de surveillance du centre de stockage Manche( CSM) a été créée sous la responsabilité de l’État ( Préfet de la Manche), après sa fermeture au milieu des années 1990 ?  Quant à la CLI de Flamanville, elle a été créée en 1986, à la demande du CRILAN, au début du fonctionnement du premier réacteur nucléaire, sur la base d’une circulaire MAUROY, en date de 1981, qui en attribuait déjà la responsabilité au Conseil Général de la Manche.
    Le CRILAN  a été membre de toutes ces commissions, dès leur origine, ce qui n’a pas été votre cas. C’est seulement à la suite de la loi TSN (transparence et Sûreté Nucléaire) de 2006, qu’à partir de 2008, toutes ces commissions sont passées sous la responsabilité du Président du Conseil général de la Manche qui vous en a délégué la présidence.
  2. Le “I” de CLI ne signifie pas encore…“Intégration” mais “Information”. Ne prenez pas vos intentions pour la réalité et le dialogue mené au sein d’un groupe inter-CLI post Fukushima sur les risques d’accidents, d’attentats a été impulsé pour une grande partie sur la base de travaux critiques des associations, dont le CRILAN, pendant plus d’un an.
    Les inquiétudes des populations varient, on le sait,  au gré des événements, et   même si les pouvoirs publics s’évertuent à les masquer et à les calmer, vous ne pouvez affirmer qu’elles ont disparu.
  3. Seriez-vous aveugle à une partie des événements que vous et vous amis de l’industrie nucléaire ne maîtrisez pas ?
    « Marginalisés », dites-vous?
    ➤ Que faites-vous des refus des populations à propos des projets de stockage des déchets nucléaires en profondeur à Barfleur, en Nord Cotentin en 1991-1992, ou proches comme à Fougères, ou au début des années 2000 à Athis de l’Orne ou Bais en Mayenne?
    ➤ Que faites-vous du rassemblement de Cherbourg à Pâques 2006, contre l’EPR, à l’initiative régionale du CRILAN, avec le soutien du collectif régional « L’EPR, non merci ! » et du Réseau Sortir du Nucléaire, qui a compté entre 25 000 et 30 000 personnes, sur deux jours, venues pour la plus grande partie de la Région ? C’est la plus forte manifestation jamais enregistrée localement (20 000 en 1980) et ces jours-là, selon l’expression d’un journaliste local, “le Cherbourg du nucléaire s’est réveillé avec la gueule de bois !”
    ➤Que faites-vous des centaines de personnes réunies tous les ans à Flamanville-même en mémoire des victimes de Tchernobyl et de Fukushima (800 personnes en 2011 après la catastrophe…) ?
    ➤Que faites-vous des manifestations très récentes, celles-là, dues à d’autres initiatives que les nôtres, car nous n’avons pas et nous ne souhaitons avoir le monopole, contre les transports, comme à Valognes dernièrement, ou le long du couloir de lignes THT lié à l’EPR en construction à  Flamanville durant tous ces derniers mois et qui défraient la chronique?

Et la liste de ces événements est bien loin d’être exhaustive.

Nous aurions été en droit d’attendre du Président des CLI de la Manche une vision plus objective des faits. Aussi vous demanderai-je un rectificatif à vos propos rapportés par ces deux organes de presse.
Nous n’avons jamais participé et il est bien clair que nous ne participerons jamais à des CLI…d’intégration.

Veuillez croire, Monsieur Laurent à mon attachement aux libertés démocratiques.

Le 3 août 2012,
Pour le CRILAN,
Didier ANGER

Pour mémoire, les impressions de certains maires dont Mr Laurent lors de leur visite à Fukushima

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2012/02/02/a-fukushima-des-maires-francais-face-a-lennemi-invisible/

Voir aussi:

Nucléaire en Cotentin, économie locale et dépendances

EPR-THT : Au pays du nucléaire, où est le “changement “?

C.R.I.L.A.N.  COMMUNIQUÉ du 1er août 2012 suite à l’arrestation d’un agriculteur au Chefresne 

Après ,

– L’interpellation du Maire et la démission du conseil municipal du Chefresne,

– Le procès de Michel Houssin, de “Marais sous tension” pour un “déboulonnage” symbolique de pylône,

– Les pressions psychologiques, la répression et les intimidations quotidiennes, sur le maire et sa famille , sur les riverains et sur tous les militants anti-THT et antinucléaires criminalisés,

– Les violences policières de Montabot des 23 et 24 juin derniers qui ont fait 25 blessés dont 2 graves,

Voici maintenant l’arrestation d’un agriculteur (1)

relevant de pratiques qui sont plus celles d’États autoritaires et policiers que celles de la démocratie dont la France se réclame.

Pourtant la construction de l’EPR à FLAMANVILLE a déjà plus de 4 ans de retard. Bien que ce nouveau réacteur ne doive pas produire d’électricité avant 2016 selon EDF, bien que le contentieux du Conseil d’ÉTAT vienne de reporter sa décision concernant les recours ( dont celui du CRILAN) contre le couloir de lignes THT Cotentin Maine qui en est la conséquence, RTE continue, avec le concours de l’État nucléaire et de sa police à imposer la construction de la ligne 400 000 volts vers les Pays de Loire. La force et le fait accompli l’emportent sur le Droit.

Qu’attend donc le pouvoir d’une telle escalade ? Il devrait savoir depuis Malville en 1977 et Auckland en 1985, à quels drames cette situation peut conduire !

En l’occurrence, où est le “ changement” après les élections de mai et juin 2012 ? Quel silence assourdissant des défenseurs des Droit de l’homme !

Le nucléaire est un des révélateurs du poids des lobbies et du dérapage croissant de la démocratie vers un état policier. Le CRILAN appelle à la solidarité avec ceux qui luttent contre cette dégradation, quel que soit le pouvoir politique en place.

Pour le CRILAN,

Didier ANGER

http://www.crilan.fr

1 THT : interpellation musclée d’un agriculteur (1/08/2012)

Pourquoi il faut abandonner l’EPR de Flamanville

Jeudi 24 mai, après avoir visité l’EPR de Flamanville en construction en compagnie de Daniel Vaillant ancien ministre de l’intérieur, le candidat PS aux législatives tenait une réunion publique à Les Pieux (Manche). Force était de constater que les militants PS étaient  peu nombreux au rendez vous, les antinucléaires du CRILAN étant bien présents à l’extérieur de la salle  pour distribuer leur tract et engager la discussion. Monsieur Vaillant a pu constater que l’ EPR ne faisait pas l’unanimité dans le Cotentin.

Le tract du CRILAN

http://www.tendanceouest.com/medias/pdf/32135/4546.pdf

L’EPR en détail:

Il est construit dans une zone sismique potentielle de 6 à 6.5 degrès alors qu’il ne peut supporter qu’un séisme de 5.7.

Il est donc disqualifié au même titre que les deux  réacteurs  1 et 2 de Flamanville.

Voir article spécifique

Ce n’est pas la première fois que EDF prend des libertés avec les risques sismiques

la conception du réacteur indique que des problèmes d’éjection de grappes de combustible peuvent entrainer un emballement  et une explosion du réacteur:

EDF reconnait pudiquement ce risque accidentel

les soudures du couvercle du réacteurs sont trop fragiles pour garantir un fonctionnement sous pression pendant 60 ans; Elle seraient en cours de reprise…..

Le système de contrôle commande a  fait l’objet de réserves de la part de l’ASN. Elles seraient levées depui mai 2012;

La conception du réacteur étant trop complexe et le savoir faire étant trop dilué, qui aura encore la connaissance de ce réacteur dans 60 ans??? 

http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=actualites&sousmenu=dossiers&soussousmenu=EPRrevelations2&page=index

les groupes et pompes de secours ne sont pas en mesure de supporter un raz de marée alors que cette région est historiquement sensible à ce phénomène, notamment au regard de la sismologie du Cotentin

http://www.youtube.com/watch?v=pvZK302sIFg

le béton et la construction montrent de nombreux défauts, le bétonnage est interrompu suite à des défauts sur les consoles de fixation du futur pont servant à l ‘alimentation du réacteur. 

l’EPR va rejeter des effluent liquides et gazeux  en quantité jamais connue avec les 2 précédents réacteurs.

Pour le CRILAN, les droits à polluer accordés par l’ASN en 2010 en comparaison des rejets potentiels de ce réacteur, calculés à partir des rejets des réacteurs 1&2 du CNPE Flamanville sont respectivement multipliés par 2,9 pour le tritium liquide,  par 11,5 pour les rejets de tritium gazeux, plus de 8 pour les iodes gazeux, près de 3 pour les iodes liquides, entre  5,9 et 7,5  pour le carbone 14 et entre 2,5 fois et 5,4 pour les autres éléments beta, gamma.1.

Le CRILAN observe que ces dispositions sont contraires:

  • à la convention OSPAR signée par la France, visant à réduire à  zéro les rejets chimiques et radioactifs dans les mers de l’Atlantique nord, dont la Manche, d’ici 2019
  • au principe de précaution, inscrit dans la charte de l’environnement.

L’EPR est sensé utiliser le MOX , un mélange hautement radioactif contenant de l’uranium et du plutonium (comme dans le réacteur 3 de Fukushima). Selon le CRILAN, des incertitudes à propos de ce combustible se sont fait jour, liées à l’interaction du gainage M5 et du combustible HTC ( MOX) dont l’emploi initialement prévu pour l’EPR , a été abandonné. Enfin, le retraitement du MOX à la Hague suppose de longs délais d’entreposage et de refroidissement et un risque accru lors du retraitement .

Enfin l’EPR est inutile et coûteux ( 6 milliards d’euros) , le prix de revient du MW serait de l’ordre de 60 à 80 euros alors que le tarif officiel est de 40 euros....

L’EPR tourne le dos à la sortie du nucléaire  dans les 15 ans, sa durée d’exploitation étant prévue pour 60 ans.

Les habitants du Cotentin, de l’Ouest de la France et de l’Europe de l’ouest ont nulle envie de vivre la même catastrophe que les habitants du NE du Japon voire de Tokyo. Si ‘EPR de Flamanville est la vitrine mondiale d’AREVA,  les populations refusent d’ être les cobayes des lobbies du nucléaire.

Parce qu’on ne laisse pas les enfants jouer avec des allumettes, il y aura un avant et un après Fukushima: Stop EPR!.

200 personnes Flamanville un an après Fukushima

A l’initiative du CRILAN, soutenu par la coordination anti-nucléaire de Basse Normandie, 200 personnes ont assisté à une réunion débat ce 11 Mars à Flamanville.

COMMUNIQUÉ CRILAN (11 MARS 2012)

FUKUSHIMA, Un an après….au pays du nucléaire : 200 personnes à Flamanville  même. 

Moment fort à Flamanville, où se construit un réacteur EPR, dans un des fiefs du nucléaire français, face à l’usine de retraitement-extraction du plutonium de la Hague : 200 personnes sont venues en cet après midi du 11 mars, premier anniversaire de la catastrophe de Fukushima partager le témoignage d’Haruko Boaglio, enseignante japonaise qui a dû quitter MIHARU,à 45 Km de la centrale, le 11 mars 2011, avec son mari et leur fillette de 3 ans .

Je veux témoigner pour mes proches, mes amis et tous ceux qui sont restés avec la peur au ventre, dans un état de stress permanent, au rythme des répliques très fréquentes...”

Comme en écho, ce message d’une autre enseignante, française,  reçu après la réunion, sur le site du CRILAN, organisateur de cette réunion-débat, avec le soutien de la coordination antinucléaire de Basse Normandie:

 Merci pour cette conférence en ce jour anniversaire qui fait frissonner le mondeDepuis toujours je suis révoltée par ce que représente le nucléaire, mais ou on me prenait pour une marginale, ou le sujet était tabou, surtout ici où toutes nos connaissances travaillent sur ces deux pôles explosifs. J’ai entendu de gens très cultivés et sensés  » Barre toi si ça te dérange tant que ça !  » mais c’est toute la France qui est en danger !

            Contente d’avoir assisté donc cet après midi à cette réunion, mais attristée de n’y retrouver aucune connaissance. Toutefois des amis faisaient la chaîne humaine en vallée du Rhône et cette solidarité m’a redonné espoir. Depuis que j’habite ici, (15 ans ) pas un jour sans penser au nucléaire. Cette année, j’ai arrêté mes fonctions d’enseignante. Ma hantise était cet ordre en cas d’alerte: ne pas rendre les enfants à leurs parents, ce que je n’aurais pu faire évidemment. Merci à vous, merci à l’ACRO pour son travail, merci à votre amie japonaise .”

Moments forts d’échange et de solidarité. 

 Pierre Barbey a fait une analyse du déroulement de la catastrophe encore en cours et des relevés de la radioactivité effectués par l’ACRO.

Didier ANGER pour le CRILAN est revenu sur les risques de l’accident majeur dans les installations nucléaires françaises.

            Aujourd’hui, la surdité des principaux dirigeants politiques français sous influence de la pieuvre nucléaire montre leur déconnection de la réalité ressentie par les populations, en Normandie, comme ailleurs Notre avenir n’est pas dans leurs mains mais dans leur mobilisation.

Le compte rendu d’EELV sur le site de Coutances:

Au programme, le témoignage d’ Haruko Sakaguchi, qui a dû quitter Miharu, petite ville de la Préfecture de Fukushima, avec sa famille. Elle a donné un récit poignant de son expérience terminant par ces mots « Pour le japon la crise ne fait que commencer et c’est trop tard mais pour vous, il n’est pas encore trop tard ! »

Ensuite Pierre Barbey (ACRO) a exposé une analyse précise de la situation depuis les heures qui ont suivies le début de la catastrophe jusqu’à la situation actuelle.Le site de l’ACRO

Enfin Didier Anger (CRILAN) a poursuivie sur les risques en France. Rappelant que le risque d’explosion provoqué par l’accumulation hydrogène était connu depuis longtemps. De la même façon un défaut générique sur les générateurs de vapeur a été dénoncé depuis 30ans, générateurs qui seront changés à Flamanville en 2017. Enfin il est revenu sur le problème de stockage des déchets dans les piscines.

Sismologie et sensibilité du Cotentin aux tsunamis: l’EPR de Flamanville disqualifié

Comme par hasard l’EPR en construction se situe dans une zone potentiellement sensible aux tsunamis.

Le Figaro du 6 avril 2011 indique que « les premières recherches n’ont commencé sur le territoire français qu’après le tsunami de Sumatra en décembre 2004. La grosse vague meurtrière du Japon, le 11 mars dernier, va les relancer encore. Un projet de recherche baptisé Maremoti est en cours concernant cette problématique. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a, en effet, décidé de réévaluer les risques d’inondations auxquelles pourraient être soumises les cinq centrales EDF situées sur les côtes: Blayais (Gironde), Flamanville (Manche), Paluel et Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Nord). » Ainsi, plusieurs (petites) vagues ont été enregistrées entre 1725 et 1850 dans le port de Cherbourg, dont l’origine reste encore inexpliquée.

Le Figaro cite Jean Roger, de l’École normale supérieure, qui explore l’origine d’un mystérieux tsunami qui, le 6 avril 1580, a submergé une partie des côtes de la Manche. «Il ne figure pas dans notre catalogue», relève Jérôme Lambert (BRGM).

Une carte récente du BRGM donne une représentation concrète. Même s’il n’y a pas eu de vagues meurtrières, la présence des centrales nucléaires sur le littoral pose question. 


Sismologie du Cotentin : l’EPR disqualifié

Le 14 juillet 2011, 8 h 59 en mer, un séisme de magnitude 3,9 sur l’échelle ouverte de Richter est survenu au milieu de la Manche, à une profondeur de 10 km ; il a été localisé au sud de Portsmouth (Sud de l’Angleterre), selon le Bristish Geological Survey (BGS).

Il s’agit de la secousse la plus importante dans la région depuis le séisme de 1734 d’une magnitude de 4,5 degrés. Trois départements normands ont été affectés : Calvados, Manche et Seine-Maritime. Les témoins évoquent principalement « un grondement souterrain faible et lointain accompagné d’une faible vibration ou oscillation d’objets ». Chargé d’étudier les phénomènes sismologiques enregistrés en France, le BCSF confirme que la Manche et la Normandie ne sont pas considérés comme des zones de « forte sismicité ».  » Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucun risque de voir un séisme se produire. Cependant, il ne peut pas se produire dans la Manche ce qui s’est passé cette année au Japon au large de Fukushima ».

Or, là où le séisme a eu lieu le 14 juillet 2011,  il y a eu un précédent le 6 avril 1580. Ce séisme de magnitude 8 a provoqué un grand nombre de dégats dans le Nord-Est de la France, détruisant beaucoup de maisons et de nombreuses églises, notamment à Calais, mais aussi dans la vallée de la Seine et le Sud-Est de l’Angleterre.

 D’après l’ouvrage de l’Abbé Maurice Jacques GRAINDOR[1], le 17 Décembre 1850 à 12h30, un raz de marée d’origine sismique balaye Cherbourg et fait baisser le niveau de la mer de plus de un mètre, peut-être un 1,30 m, laissant l’avant-port de Cherbourg à sec .

L’abbé Graindor cite également le séisme du 01 Avril 1853 à 22h45 qui ébranle la Normandie , la Bretagne , les Iles Anglo-Normandes et l’Angleterre. Il provoque des dégâts un peu partout , à Coutances , à Granville , à Avranches où une grande frayeur s’est manifestée aussi bien chez les hommes que chez les animaux . Le séisme fut ressenti à Saint-Malo , Rennes , Nantes , à Laval , à Alençon , à Sèvres , à Saint-Brieuc et à Portrieux , à Caen , à Falaise où deux faibles secousses ont réveillé les dormeurs. Vers l’Ouest le séisme s’est manifesté à Jersey et à Guernesey ; il fut ressenti à Plymouth, Southampton, Portsmouth, Brighton et dans les comtés de Dorset et Hampshire et à Weymouth ; selon un journal anglais , l’espace ébranlé était de 20 000 milles carrés .

http://www.cossmannia.fr/cossmann_cotentin1/tertiaire_cotentin/seisme/sismique.htm

Mr Graindor cite enfin un séisme d’intensité 6 à 6,5 sur la côte Ouest du Cotentin et qui est largement ressenti le 17 Février 1927.

Mr Graindor conclut en estimant qu’il est peu probable que nous soyons prochainement témoins de bouleversements considérables de la face de la Terre, en Normandie, mais qu’il serait fort téméraire d’affirmer que les conditions actuelles ne changeront pas ou ne se modifieront que lentement ».

La sismologie du Cotentin et la présence d’une centrale nucléaire (avec 3 réacteurs dont un EPR) dans une zone potentiellement sensible aux tsunamis doivent nous interroger. En effet, l’EPR serait conçu pour  un séisme maximal de  5.7.

Dans son édition du 26 aout , Le Monde rapporte que La centrale de Flamanville n’est pas complètement protégée en cas de séisme et que l’ASN garde une « impression mitigée » concernant la conformité au risque sismique du site. Tous les endroits qui le nécessitent sont « dimensionnés » pour un séisme de 5,7 sur l’échelle de Richter sauf le « bloc de sécurité » en référence au  plus grave séisme survenu dans la région de mémoire d’homme (à Jersey en 1926, avec 5,2).

Compte tenu de l’information rapportée par l’Abbe Graindor, on observe une imprécision sur le séisme du 30 Juillet 1926 par Le Monde. Ce seisme concernait les Iles Anglo-Normandes et plus particulièrement Saint-Hélier et le Cotentin, ce séisme  de large extension était d’intensité 7 mais seulement 5 sur la côte Ouest du Cotentin.

La prudence exige de reconsidérer l’aptitude sismique des réacteurs de Flamanville au regard du séisme du 17 février 1927 (6 à 6.5) qui les disqualifie au regard de leur seuil de 5.7.

Voir en pièce jointe la reprise de ce sujet par le CRILAN: 


Une attention particulière devrait animer les responsables politiques au regard de la sismologie des sites industriels et notamment nucléaires. Le nombre de tremblements de terre d’une magnitude de 6 ou plus est en forte croissance depuis 1966 et plus particulièrement depuis le début des années 2000, les récents de 2010-2011 étant à eux seuls des plus significatifs 

Voir aussi:

http://www.fruitarisme.lautre.net/eprflamanville.html


1- Chronique de la sismicité de la Normandie, 1973, Etudes des socles Européens, Travaux effectués au Laboratoire de Géologie du Collège de France

2- Deux nouvelles secousses sismiques ont eu lieu le 22 septembre 2011 en manche a quelques km du calvados, la plus forte  a été située à 3 sur l’échelle de Richter, profondeur: 15km.