Ecologie : Hollande doit revoir sa copie

Jeudi 20 Septembre 2012

SUPERNO – BLOGUEUR ASSOCIÉ
Quadra d’origine lorraine, travailleur de l’informatique, et écologiste tendance… En savoir plus sur cet auteur

Lors de la conférence environnementale qui s’est tenue les 14 et 15 septembre, François Hollande a annoncé la fermeture de la centrale de Fessenheim et le rejet de permis d’exploration de gaz de schiste. Pourtant, pour notre blogueur associé SuperNo, la politique écologique du gouvernement socialiste n’est guère convaincante…

(François Hollande, septembre 2012 – MOUSSE-POOL/SIPA)
Ha ! Ca y est ! Fini de critiquer les «socialistes» : c’est officiel, ils sont enfin devenus écolos ! D’ailleurs, Cécile Duflot l’a dit, c’est quand même une preuve. Le miracle ne s’est pas produit à Lourdes, mais à Paris, lors de la Conférence Environnementale, une causerie de deux jours réunissant toute la hiérarchie gouvernementale, Hollande et Ayrault compris ; ainsi que la crème des zécolos dont le pays peut s’enorgueillir. Y’avait même Nicolas Hulot, c’est dire comme c’était sérieux.

Bon, déjà Ayrault qui parle d’écologie, c’est à peu près aussi improbable que Ribéry qui parlerait de grammaire, ou Larcher de diététique. Son comportement hautain et implacable dans la lamentable et ridicule affaire de l’Ayraultport de Notre-Dame des Landes, projet anachronique à la seule gloire de l’édile local et preuve irréfutable de son incompréhension de l’avenir, invalide totalement tout discours qu’il ferait sur le sujet. Quant à la ministre de l’Environnement, Delphine Batho, quel crédit apporter à cette protégée de Ségolène Royal, incapable de comprendre qu’une députée n’a rien à foutre dans un logement social ? Cécile Duflot, emportée par l’ambiance débilitante de l’instant, se lâche et couche sur Twitter les mots suivants : «Je pèse mes mots : ce discours du président de la République est historique et infiniment émouvant à entendre pour une écologiste».

Bon, on arrête de ricaner dans le fond, je vous vois, c’est pas charitable. C’est vrai, quoi. Depuis qu’il a été élu, on aurait cru qu’Hollande faisait tout pour désespérer les écolos. Comme le dit si bien Zgur, «à force d’avaler des boas, les ministres EELV vont finir par mettre l’espèce en danger». Et là, pour une fois que Hollande déclare qu’il va fermer la centrale de Fessenheim, les nerfs de Duflot lâchent.Vu que le Sarkozy du début de son quinquennat, estampillé Nicolas Hulot et Grenelle de l’environnement, faisait à peu près les mêmes discours, tout en étant un ennemi irréductible de l’écologie, Cécile Duflot devrait être plus prudente.

DES MESURES INEFFICACES
Redevenons sérieux cinq minutes. La fermeture de Fessenheim, c’est tout de même pas un scoop, non ? C’était même une des rares promesses précises de la campagne ! Et encore, il va falloir attendre 2016, en priant qu’il n’y ait pas de problème d’ici là… La fermeture de cette ruine semblait relever de l’évidence à tout le monde… Bon, sauf à Estrosi, bien sûr, qui n’est plus à une connerie près, et déclare que cela va «mettre en péril notre indépendance énergétique»… Y’a quelqu’un qui lui explique que l’uranium ne s’extrait pas sur la Promenade des Anglais, mais qu’on le pille au Niger, en toute indépendance ? En même temps, essayer d’expliquer quelque chose à Estrosi, difficile de savoir par où commencer…

Et au fait, Madame Duflot, quand vous aurez fini de sécher vos larmes d’émotion, pouvez-vous confirmer que Fessenheim sera la seule centrale fermée ? Il restera donc 56 réacteurs sur 58 en 2017 ? Ah, non, 57, même… L’EPR de Flamanville est toujours au programme ! Sachant que la production de l’EPR devrait équivaloir à celle des deux réacteurs de Fessenheim, on appréciera la réduction de la production nucléaire… Du foutage de gueule véritable. D’autant que la décision concernant le deuxième EPR à Penly semble tout sauf «irrévocable» (comme disait Noël Mamère). Car ils sont nombreux dans l’ombre au P”S” à penser comme Allègre et Montebourg que le nucléaire est une énergie d’avenir…

Je ne vais pas encore parler longuement de bagnole. Oh, il y a bien le petit délire d’Ayrault, qui les verrait bien consommer 2 litres aux 100 km d’ici 10 ans. Pourquoi 2, et pas 1 ? Il a dû inventer le chiffre juste avant de monter à la tribune, pour tenter de faire oublier le ridicule de la «baisse des prix »… Et d’ici 10 ans ? Ben rien… Le diesel ? Rien. La détaxation de ce carburant et la prolifération des bagnoles qui le consomment, alors même qu’elles sont officiellement cancérigènes, c’est le pur résultat de l’incompétence et de la corruption de politiciens. C’est même une prédécesseuse de Cécile Duflot, Dominique Voynet, qui collait des vignettes vertes sur des bagnoles qui fumaient noir. Nous risquons fort de nous retrouver avec une nouvelle affaire de l’amiante, et tout le monde s’en fout.

Le comique, c’est que Hollande continue à faire de la publicité gratuite pour une bagnole hors de prix et technologiquement aberrante. Peugeot vire des gens ? Après avoir fait des moulinets montebourgeois pour faire croire que le gouvernement pouvait s’y opposer, on s’achemine vers un classique subventionnement des licenciements. Si ces «socialistes» étaient vraiment dignes de l’émotion de Cécile Duflot, ils prendraient acte de la fin de l’industrie automobile et se lanceraient à corps perdu dans la reconversion de la filière.

GAZ DE SCHISTE : UN RISQUE D’EXPLOITATION MALGRÉ LA PROMESSE DE HOLLANDE
Mais l’annonce jugée la plus spectaculaire, c’est à propos des gaz de schistes : pas de permis d’exploration sur le quinquennat. Enfin, nuançons un petit peu… Comme certains l’ont remarqué (mais pas Cécile Duflot, qui ce matin encore sur France Inter a joué les connes et à fait mine d’ignorer que de nouvelles techniques voient le jour), c’est uniquement la technique de la «fracturation hydraulique» qui est visée. Dès lors qu’une technique légèrement différente sera employée, la digue s’effondrera. Un peu comme l’opposition à un traité Merkozy dès lors qu’on y accole le mot «croissance» dans un coin… Car une chose est sûre : s’il y a vraiment autant de gaz qu’on le prétend dans le sous-sol français, il sera exploité un jour ou l’autre. Quelle que soit l’opposition. Au diable le réchauffement climatique, vive les zemplois, le gaz pas cher et «l’indépendance énergétique» !

Vous avez peut-être vu le documentaire d’Envoyé Spécial la semaine dernière, qui montrait le désastre aux Etats-Unis. Outre la pollution irrémédiable des nappes phréatiques (c’est pas grave, on achètera de l’eau en bouteille fournie à prix d’or par les multinationales et puisée dans les rares secteurs préservés), concrètement le massacre se caractérise entre autres par un ballet incessant et monstrueux de camions, dévastant tout sur leur passage. Vacarme, boue, poussière : ambiance «Mad Max» à deux pas de chez vous. Car les puits de gaz de schiste, contrairement à ceux des champs géants de pétrole, peuvent se compter par milliers, et éclore dans votre jardin (il paraît par exemple que la Lorraine en est farcie).

Même si Hollande tenait sa promesse, elle ne vaut que jusqu’en 2017. Là, il est plus que probable qu’un UMP aux crocs acérés va le remplacer, et va sans tarder annoncer que vu l’échec des «socialistes», il faut d’urgence relancer le programme nucléaire et démarrer le massacre du territoire au profit de cupides zentrepreneurs (parmi lesquels le frère Balkany …). N’oublions pas que les «écolos» Borloo et NKM avaient signé en loucedé les premiers permis d’exploration. Je parie même que ce sera la mesure-phare de la campagne 2017, et que nombreux seront les chômeurs des régions sinistrées (comme la Lorraine) qui voteront UMP pour cette seule raison. L’éternel problème des crocodiles qui plébiscitent leurs maroquiniers.

UNE ABSENCE DE CHANGEMENT
Si madame Duflot voulait bien se donner la peine de s’élever de son fauteuil de ministre, d’oublier les beaux discours qui n’engagent que les naïfs qui y croient, elle comprendrait pourtant qu’il n’y a pas de quoi s’ébaudir. Aucune surprise. Rien n’a changé depuis Sarkozy et même bien avant. Les mots-clés restent les mêmes : croissance, compétitivité (Moscovici a encore répété que ce n’était «pas un gros mot»), relance, consommation, bagnole, bétonnage… La logique libérale, la logique patronale, la logique financière. Ce ne sont pas les mots de l’avenir, mais au contraire ceux du passé. Un passé dont ni Hollande, ni Ayrault, ni les autres ne semblent avoir compris qu’il était… passé ! Les trente glorieuses, c’était il y a 40 ans, mais ils ne les ont pas vues passer…

Ne soyons pas chien, il y a au moins une bonne mesure qui a été annoncée : la mise en œuvre d’un important programme d’isolation des logements. Une lueur d’espoir, qui pourrait faire croire qu’ils auraient peut-être compris que l’énergie la moins chère et la moins polluante, c’est celle qui n’a pas besoin d’être produite.

Pas assez en tout cas pour pour pleurer de joie, pas assez pour effacer tout le reste…

L’écologie derrière ses frontières

Le mouvement écologique va mal. Comment l’expliquer, alors que la dégradation constante de l’environnement mondial est de plus en plus perceptible et inquiétante ? Aurélien Bernier apporte un diagnostic qui mérite d’être sérieusement analysé. Par Hervé Kempf Le Monde 9 sept 2012

Cet auteur a publié en 2008 Le Climat, otage de la finance (éd. Mille et une nuits), une analyse critique du marché du carbone, dont l’évolution de celui-ci a depuis confirmé la pertinence. Dans Comment la mondialisation a tué l’écologie, il revient aux racines intellectuelles de l’écologie pour expliquer pourquoi, selon lui, elle a abouti à la présente impuissance. Il rappelle ainsi l’importance d’un penseur aujourd’hui presque oublié, Barry Commoner, qui avait développé, dans L’Encerclement (1971), une analyse politique de la crise écologique, en montrant le rôle de la recherche du profit et des firmes multinationales. Cette approche s’opposait à celle d’un autre écologiste (toujours vivant), Paul Ehrlich, qui insistait sur la  » menace démographique  » et  » la surpopulation «  – une façon, observe Bernier, de dépolitiser la question écologique en évacuant le problème de la répartition des richesses, que Commoner mettait en avant.

Le mouvement écologique a plutôt suivi la voie ouverte par Ehrlich que celle de Commoner, assure Bernier. Aux Etats-Unis et en Europe, les valeurs écologistes cultivaient  » l’individualisme, un certain communautarisme, des références à la spiritualité et à la morale en lieu et place de perspectives politiques. De même, l’hostilité à l’Etat s’est traduite par une préférence pour le fédéralisme, les instances locales, mais aussi le mondialisme «  » qui vise le remplacement de l’Etat par des structures supranationales « .

Ce faisant, juge Bernier,  » les écologistes – ont fait – l’erreur de ne pas voir ce qui se – profilait – déjà dans les années 1960 et 1970 et que l’on appellera plus tard mondialisation « . Pour l’auteur, qui s’affiche clairement hostile au capitalisme, la  » diatribe anti-Etat «  des écologistes est entrée  » en résonance avec celle des néolibéraux qui organisent la mondialisation « .

L’intérêt des entreprises d’abord

Dans les instances internationales, l’écologie a été progressivement pliée aux desiderata des entreprises et des partisans d’un marché mondial le plus libre possible. Une évolution néfaste, rappelle Bernier, puisque de nombreuses études montrent que l’expansion du commerce mondial a entraîné une forte croissance des émissions de gaz à effet de serre.

Au fond, selon l’auteur, l’écologie ne peut retrouver de la force et peser que si elle s’affiche nettement protectionniste, seul moyen d’échapper à la contrainte du profit à court terme et de développer des politiques écologiques souveraines.

Le livre pèche parfois par des analyses trop abruptes ou des affirmations contestables. En revanche, il s’appuie de manière convaincante sur des textes oubliés ou négligés. Son analyse provocante devrait être discutée par les écologistes – du moins ceux qui ne croient pas aux vertus magiques du marché.

Hervé Kempf

Comment la mondialisation

a tué l’écologie

Aurélien Bernier

Mille et une nuits, 354 p., 19,50 €

Ancien membre d’Attac, Aurélien Bernier a travaillé dix ans pour l’Agence

de l’environnement

et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Il collabore au  » Monde diplomatique

 

 

 

Le nucléaire français , filière d’avenir pour Sapin, Hayrault, Montebourg

Il ne manque plus que Cazeneuve , le trop voyant député proche d’Areva devenu ministre et Batho la ministre de l’Ecologie plus « sous marin à voile  » du nucléaire qu’écologiste d’ailleurs. Peu a peu à 15 jours de la Conférence Environnementale , les soutiens du lobby nucléaire français se dévoilent…. On remarquera au passage qu’ils n’ont rien à proposer en terme de diversification énergétique….

Commentaire de Jeudi: Si le nucléaire français est une filière d’avenir pour le PS,  le PS est de moins en moins un parti d’avenir pour la France.

Voir aussi:

Eva Joly tance Arnaud Montebourg après ses déclarations sur le nucléaire

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2012/08/28/eva-joly-tance-arnaud-montebourg-apres-ses-declarations-sur-le-nucleaire/

Corinne Lepage: M. Montebourg, soyez logique et arrêtez de faire la promotion du nucléaire !

http://blogs.rue89.com/corinne-lepage/2012/08/27/m-montebourg-soyez-logique-et-arretez-de-faire-la-promotion-du-nucleaire-0

La peur face à l’urgence et le rejet de l’écologie

J’ai pu constater une fois de plus combien l’écologie pouvait déclencher de haine et de propos absurdes, de mépris et de remarques délirantes lors d’un récent billet. Il y a là un fait qui se systématise, une pratique concertée pour abattre un message que beaucoup ne veulent pas entendre. Trop gênant, trop pertinent, trop accusateur, trop culpabilisant.  Par C’est Nabum , le 4 août 2012.

http://www.legrandecart.net/la-peur-face-a-lurgence-et-le-rejet-de-lecologie/#.UB2baOvQ3nh

C’est comme-ci les batailles idéologiques de notre siècle dernier avaient figé le champ des possibles. Le libéralisme est sorti vainqueur et s’imagine gouverner le monde jusqu’à sa fin prochaine qu’il va contribuer joyeusement à accélérer. On tolère d’un regard tendrement bienveillant les avatars du communisme, souvent mâtinés d’une grosse dose de libéralisme. On laisse place au nationalisme, sans trop oser s’opposer à cette folie sans issue.

Mais tous les boucliers se lèvent dès que l’écologie pointe son nez comme système cohérent et global pour penser le Monde. Là, pas de pitié, toutes les moqueries, tous les poncifs délirants, toutes les images archaïques sont sortis avec une jouissance rare. Vous avez droit à l’âge de pierre, la bougie et le refus de toute modernité. Vous êtes insulté, montré du doigt, ridiculisé par des arguments délirants.

L’écologie doit remuer bien des mauvaises consciences pour être ainsi en ligne de mire de toutes les intolérances politiques. Il est difficile d’avoir raison contre tous, de dire ce que personne ne veut entendre, de demander un effort qui mettrait en cause un confort factice qui nous conduit tout droit à la catastrophe !

Plus les évidences crèvent les yeux, plus la Planète se détériore, plus le système devient incontrôlable, plus le discours écologique est rejeté avec une énergie du désespoir qui ne fera jamais tourner la moindre Centrale, ni la plus petite éolienne. Pas question de se rendre à l’évidence, les moqueurs tournent le dos aux données objectives et se persuadent que rien n’est vrai, que tout peut encore être régulé par les progrès de la science.

Bien sûr, cette doctrine humaniste est largement victime de ses têtes de gondoles. Les leaders des mouvements verts se distinguent par leur division, leur capacité à retourner leur veste et leurs convictions pour obtenir des postes ou des sièges, par l’habitude qu’ils ont du prendre de franchir les limites de la légalité. Chaque fois, ils sont cités en contre exemple pour décrédibiliser l’idéologie de la vie. Comme si tous les margoulins des autres obédiences n’existaient pas !

Puis, il y a ce raccourci repoussant, ce vocable qui range définitivement l’écologie au rang des propositions sectaires : « Écolos ! » Ceux-là sont rayés de la carte des gens fréquentables, ils sont vilipendés pour leur mode de vie, leurs pratiques extrémistes, leurs excès de toute nature. Ils sont paradoxalement le paradigme de la pensée.

Se prétendre de cette philosophie politique c’est automatiquement être comparé à cette franche marginale qui pousse les principes dans des zones qui ne sont pas acceptables pour les braves citoyens, attachés à leur confort et à un train de vie chèrement obtenu. Et là, quel bonheur de pouvoir se servir de ces repoussoirs absolus. La marginalité est pointée du doigt, dénoncée, porteuse de tous les fantasmes.

Pourtant, l’écologie ce n’est pas ça, ce n’est pas non plus les gesticulations des élus de la cause qui semble avoir renié leurs convictions pour entrer au gouvernement ( à moins qu’ils ne rejouent la fable du cheval de Troie ??? ). C’est une pensée nouvelle qui suppose de revoir radicalement notre mode de vie, nos méthodes de production, les échanges mondiaux, les transports, les priorités pour la recherche (oui, le progrès est aussi écologique), le rôle des citoyens, la démocratie participative, les systèmes économiques fondés sur d’autres principes que la folie actuelle… C’est une pensée cohérente bien loin des caricatures dans lesquelles votre peur et votre mauvaise confiance nous enferment. Ouvrez les yeux !

Écologiquement vôtre.

http://www.legrandecart.net/la-peur-face-a-lurgence-et-le-rejet-de-lecologie/#.UB2baOvQ3nh

Yannick Jadot : « Sur la taxe carbone, Batho est très légère… »

Le député européen appelle ses collègues parlementaires et militants écologistes à « marquer davantage [leurs] convictions ». Le Nouvel Obs 10-07-2012  par 

Le député européen Yannick Jadot appelle les Verts à la passer à l'offensive. (BALTEL/SIPA)

Le député européen Yannick Jadot appelle les Verts à la passer à l’offensive. (BALTEL/SIPA)

 La nouvelle ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, a dressé dans « Libération » ses priorités pour  la conférence environnementale prévue à la rentrée : l’énergie et biodiversité. Vous êtes satisfait ?

– Sur les priorités, rien à dire. Mais le problème c’est que je ne l’entends pas reprendre, pas plus qu’Ayrault dans son discours de politique générale, l’idée d’un grand débat public national et citoyen sur le modèle énergétique en France. C’était pourtant une promesse du candidat Hollande. Est-ce juste un « oubli » ou la volonté de réduire la voile pour s’en tenir à une discussion entre experts et acteurs sociaux comme au Grenelle ?

J’ajoute qu’il ne faudrait pas qu’on ouvre ce débat en en donnant déjà les conclusions. François Hollande a dit qu’il voulait passer de 75% à 50% d’électricité d’origine nucléaire à l’horizon 2025, ce qui, selon l’accord PS-EELV signifie la fermeture de 24 réacteurs. Ça ne peut pas être juste « on ferme Fessenheim » dans ce quinquennat et les 23 restants dans le suivant, y’a un truc qui ne va pas ! Il faut que les Français puissent discuter des scénarios, et qu’on se pose la question de l’option nucléaire en France au-delà de 2025.

Delphine Batho dit clairement son opposition au projet de taxe carbone défendu par Europe Ecologie-les verts…

– C’est le plus grave ! Je trouve qu’elle fait preuve d’une très grande légèreté, à plusieurs niveaux. D’abord sur le plan de la réflexion. Tout le monde perçoit aujourd’hui qu’il faut passer d’une fiscalité du travail à une fiscalité sur l’environnement.

C’est léger aussi par rapport à ce qui marche dans les autres pays européens. L’OCDE vient de rendre un rapport sur l’Allemagne qui montre que cette fiscalité sur l’environnement a permis de faire baisser la consommation d’énergie, les gaz à effet de serre, tout en stimulant l’emploi et en rendant l’économie plus compétitive. Cette contribution-climat-énergie est un projet éminemment social, indolore pour les plus modestes à court terme et qui redonne à moyen et long terme du pouvoir d’achat pour tout le monde.

C’est léger enfin par rapport à l’état de la réflexion politique en France, aux discussions qui ont déjà eu lieu avec les syndicats et les socialistes. Je rappelle que cette contribution-climat-énergie est prévue noir sur blanc dans l’accord signé entre EELV et le PS. Visiblement, elle a besoin de travailler le sujet !

Les écologistes semblent hésiter sur la ligne à tenir vis-à-vis du gouvernement. On les a peu entendus s’inquiéter de la disparition de Nicole Bricq. Etes-vous tenus par le devoir de solidarité ?

– Nos ministres oui ! Sans que cela se transforme en langue de bois. C’est un chemin difficile pour eux. Quant aux parlementaires et au mouvement, il faut qu’on marque davantage nos convictions. Quand on voit François Hollande réaffirmer au président nigérien l’importance des contrats d’uranium, ou Laurent Fabius dire au Japon qu’il veut relancer la coopération sur le nucléaire, on se dit que cela ressemble étrangement à ce qu’était l’attitude de la France il y a quelques mois… Si ce gouvernement continue à vendre le nucléaire au niveau international sans faire les ruptures nécessaires sur la fiscalité écolo, on aura très vite de gros soucis sur le fond !

Daniel Cohn-Bendit se désolait récemment de l’image d’ »arrivistes » des écologistes. C’est aussi votre avis ?

– On a clairement une image brouillée. Quand un petit parti passe un accord avec un gros parti pour être représenté à l’Assemblée, il passe toujours pour opportuniste. Même si cet accord, sur le fond, était bon. Mais dans la dernière période, c’est vrai qu’on a pu donner l’image d’une conquête de postes plus que d’une conquête de la société. A mon avis, le mouvement a trois chantiers devant lui : la participation forte au débat national sur l’énergie, l’organisation d’une grande réflexion sur la France dans l’Europe, et un chantier interne, changer nos pratiques pour retrouver l’élan d’Europe Ecologie.

Propos recueillis par Maël Thierry

Solaire : percée technique dans la photosynthèse artificielle en Suède

Des chercheurs du département de chimie de l’Ecole royale polytechnique de Stockholm (KTH) ont mis au point un catalyseur moléculaire, à base de ruthénium, qui permet d’oxyder l’eau en oxygène et hydrogène à une vitesse comparable à celle de systèmes photosynthétiques naturels;  Bulletins électroniques – 26 mai 2012

http://www.reporterre.net/spip.php?article2974

Dans le champ des énergies renouvelables, la recherche se concentre depuis plus de 30 ans sur la mise au point d’un processus de photosynthèse artificielle qui permettrait de développer l’utilisation de l’énergie solaire. Le problème central dans ce système qui utilise la lumière pour produire directement de l’hydrogène est la vitesse d’oxydation de l’eau, les catalyseurs connus étant toujours trop peu efficaces.
L’équipe de KTH a produit un catalyseur [Ru(bda)(isoq)2] qui accélère l’oxydation à une vitesse jusqu’ici jamais atteinte : la fréquence de production d’oxygène est supérieure à 300 molécules par site et par seconde. Ce résultat est pour la première fois comparable à la vitesse de la réaction dans des systèmes in vivo, qui va de 100 à 400 molécules par seconde. Ce record mondial ouvre de nouvelles perspectives pour l’énergie solaire ainsi que d’autres sources d’énergie renouvelable. Avec ce système, la lumière du soleil peut notamment être utilisée pour convertir le dioxyde de carbone en différents carburants tels que le méthanol.Photosynthèse artificielle : un nouveau catalyseur qui change la donne

Licheng Sun, professeur de chimie organique à KTH et co-auteur de l’article qui présente ce résultat estime que la vitesse atteinte grâce à ce catalyseur rend par exemple envisageable la création de grandes infrastructures dans le Sahara pour produire de l’hydrogène. Il pourrait aussi permettre la conversion de l’énergie solaire en électricité avec une efficacité bien supérieure à celle des meilleures technologies aujourd’hui disponibles sur le marché.

La prochaine étape est de rendre cette technologie accessible et donc compétitive par rapport aux carburants d’origine fossile. L’équipe poursuit son travail dans cette direction. Les recherches sont financées par la fondation Wallenberg et l’Agence suédoise de l’énergie.

…………………………

Références : 
- Communiqué de presse de KTH

- Article : « A molecular ruthenium catalyst with water-oxidation activity comparable to that of photosystem II », Lele Duan et al., Nature Chemistry, 4, 418-423, 2012.


 

Source : Bulletins électroniques

Photo : Futura sciences

Lire aussi : Energie solaire : une percée majeure au MIT

Appel pour une sortie de crise par l’écologie

Cette tribune est cosignée par Nicolas Bouleau, mathématicien, spécialiste de l’économie financière, diplômé de l’Ecole nationale des Ponts et chaussées, Dominique Bourg, philosophe à l’université de Lausanne et vice-président de la Fondation Nicolas Hulot, Gaël Giraud, économiste, chercheur au CNRS, et Nicolas Hulot. Une série de personnalités se joignent à cet appel à restaurer le primat du politique sur la toute-puissance des marchés (la liste complète est disponible à la fin de cette tribune). huffingtonpost.fr du 23 mai 2012

La débâcle économique et écologique à laquelle nous assistons découle de la perte organisée du contrôle des instances politiques sur les grands choix collectifs. L’idéologie néolibérale qui domine en partie le monde politique est fondée sur la croyance, quasi religieuse, en la toute-puissance des marchés; elle marginalise la sphère démocratique. Or, les conséquences du défaut de régulation, local et global, sont d’ores et déjà dramatiques: les inégalités explosent, les limites des ressources naturelles et la vulnérabilité des grands équilibres qui nous font vivre sont ignorées. 
Nous appelons avec force à un éveil des consciences et de la solidarité mondiale, à un sursaut moral de tous. La solution ne peut passer que par le renouveau du civisme et la réaffirmation de la puissance publique.

Au lendemain de l’élection présidentielle, nous appelons:

    • À la reconnaissance des liens qui unissent les enjeux économiques et écologiques. L’ouverture d’un marché mondial de milliards d’individus, avec pour objectif la réduction des protections et régulations, n’a fait que renforcer les inégalités. Les élites politiques, économiques et financières, en captant la quasi-totalité de la richesse produite ont condamné à la misère les paysans du Sud, et au déclassement nombre des populations du Nord. Si les 30 dernières années ont été caractérisées par une croissance de la richesse produite, elles ont aussi connu un creusement des inégalités sans précédent.
    • Dans le même temps, une seconde catastrophe est en train de condamner l’essentiel de la population mondiale à des conditions d’existence nettement dégradées. L’élévation de 4°C de la température durant ce siècle, scénario hautement probable, excéderait nos capacités d’adaptation dans un grand nombre de régions du monde. Cela se traduirait notamment par une chute de la production agricole et alimentaire mondiale. Plus généralement, des ressources raréfiées, un climat de plus en plus hostile, une montée inexorable du niveau des mers, etc. ne faciliteront certes pas les activités économiques!
    • À contrecarrer la puissance court-termiste de la finance mondialisée. Il est temps de contrecarrer l’approche court-termiste des questions d’environnement et de développement. Il faut pour cela renforcer les capacités de régulation de la communauté internationale et lutter à l’échelle des Etats contre l’impuissance du politique. Force est de constater que sur une planète où le commerce est la fin suprême, c’est toujours le moins-disant social et environnemental qui l’emporte. Les biens circulent et sont consommés sans aucune considération, ni pour les conditions de travail des personnes qui les produisent, ni pour leur impact environnemental global.
    • À la condamnation de toute vision opportuniste des changements climatiques. Les données régionales de plus en plus précises fournies par les modèles climatiques rendent possibles des stratégies d’adaptation et d’investissement cyniques. Un petit nombre d’acteurs croit ainsi pouvoir tirer profit, au moins pour un temps, des changements en cours en déplaçant au fur et à mesure des opportunités nouvelles leurs investissements.
    • À une décroissance des flux physiques et à la fin du pillage des ressources naturelles du Sud. Les rapports Nord-Sud ne peuvent pas se limiter à faire envier aux classes moyennes des pays en développement le train de vie actuel des pays riches. Les limites physiques, que nous atteignons aujourd’hui (terres rares et autres minéraux, pétrole conventionnel, etc.) montrent qu’il faut ouvrir d’autres voies. Il est indispensable d’organiser rapidement, en commençant par les pays du Nord et les modes de vie les plus dispendieux, une décroissance des flux physiques sur lesquels reposent nos économies. Il convient de mettre fin au pillage quasi systématique des ressources naturelles du Sud qui prive la majeure partie de la population des conditions de satisfaction des besoins essentiels (eau, énergie, alimentation).
    • À une réaffirmation de la puissance publique pour sortir de la crise par l’écologie. La décision politique est l’unique voie, à condition d’être respectueuse des règles démocratiques, pour définir un intérêt général qui s’est largement lui aussi mondialisé. Elle permettra de mettre en œuvre une série de mesures indispensables pour réussir la transition vers une économie juste et équitable, sobre et soutenable.

Il est urgent:

    • D’imposer des règles environnementales et sociales à l’OMC, afin de faire du bien-être social et du respect des limites de la biosphère les principes fondateurs de l’économie soutenable.
    • De développer des normes financières nationales et internationales contraignantes pour mettre fin aux dérives du système financier et le réorienter vers le financement de l’économie réelle.
    • De concrétiser l’engagement de solidarité vis-à-vis des victimes des crises écologiques et des populations qui souffrent de l’extrême pauvreté, passant notamment par la mise en place du « Fonds Vert pour le climat » décidé à Copenhague, avec des modalités innovantes de financement et de contrôle de l’allocation des fonds.
    • De mobiliser la création monétaire publique pour financer la transition écologique et l’adaptation à un monde naturel en cours de changement rapide, mais aussi pour en finir avec la crise de la dette et revenir à l’équilibre budgétaire pour les dépenses courantes.
    • De faire basculer la fiscalité du travail et de l’investissement vers le prélèvement des ressources, pour asseoir une vraie fiscalité écologique, incitant au changement de comportement.
    • De réformer l’enseignement de l’économie et de créer au sein des universités des programmes de recherche sur de nouveaux modèles économiques et sociaux compatibles avec une consommation décroissante et équitable des ressources.
    • De transmettre par le système éducatif des valeurs civiques, de respect des êtres humains et de la nature, conditions au bien-vivre ensemble.

Face aux dérives collectives d’une société de plus en plus individualiste, nous appelons à rendre son rôle au pouvoir politique, démocratiquement désigné et exercé.

Liste complète des signataires:

Yohan Ariffin (politiste, Université de Lausanne, Suisse)

Christian Arnsperger (économiste, Université de Louvain, Belgique)

Floran Augagneur (philosophe, Sciences Po. Paris, France)

Guillemette Bolens (angliciste, vice-rectrice de l’Université de Genève, Suisse)

Nicolas Bouleau (mathématicien, spécialiste de l’économie financière, Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, France)

Dominique Bourg (philosophe, Université de Lausanne/vice-président Fondation Nicolas Hulot/ Suisse)

Isabelle Cassiers (économiste, FNRS et Université de Louvain, Belgique)

Gauthier Chapelle (biologiste, spécialiste du biomimétisme, directeur scientifique de Greenloop, Belgique)

Eric Duchemin (environnementaliste, directeur de la revue Vertigo, Université du Québec, Montréal, Canada)

Marc Dufumier (agronome, AgroParistech, France)

Benoît Faraco (politiste, Fondation Nicolas Hulot, France)

Augustin Fragnière (environnementaliste, Université de Lausanne, Suisse)

Benoît Frund (géographe, vice-recteur de l’Université de Lausanne, Suisse)

Jean-David Gerber (géographe et politiste, Université de Lausanne, Suisse)

Gaël Giraud (économiste, CNRS, France)

Pierre Henry Gouyon (biologiste, Museum National d’Histoire Naturelle, biologiste de l’évolution, Paris, France)

Marek Hudon (économiste, professeur à la Solvay Business School, Université Libre de Bruxelles, Belgique)

Alain Grandjean (économiste et co-fondateur de Carbone4, FNH, Paris, France)

Gérald Hess (philosophe éthicien, Université de Lausanne, Suisse)

Marek Hudon (économiste, professeur à la Solvay Business School, Université Libre de Bruxelles, Belgique)

Nicolas Hulot (président Fondation Nicolas Hulot, France)

Claire Jaquier (professeure de littérature française, vice-rectrice de l’Université de Neuchâtel, Suisse)

Jean Jouzel (scientifique du climat, IPSL)

Alain Kaufmann (directeur de l’Interface Sciences Société, Université de Lausanne, Suisse)

Etienne Klein (physicien et philosophe, CEA, France)

Pietro Majno (chirurgien, hôpital universitaire de Genève, Suisse)

Jacques Mirenowicz (directeur de La Revue durable, Suisse)

Cécile Ostria (directrice Fondation Nicolas Hulot, France)

Déborah Philippe (sociologue des organisations, Université de Lausanne, Suisse)

Cécile Renouard (philosophe et économiste, Centre Sèvres et ESSEC, Paris, France)

Philippe Roch (ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement, ancien secrétaire d’Etat, Suisse)

Adèle Thorens Goumaz (philosophe, conseillère nationale les Verts /VD, Suisse)

Présidentielle: les programmes des candidats pour l’ énergie et l’écologie

A un mois de la présidentielle, le bal des prétendant(e)s se poursuit, avec toujours plus de passion et de tension. On n’en oublierait leurs propositions. Alors, arrêtons-nous cinq minutes (voire un peu plus) sur leurs idées en matière d’urbanisme et d’aménagement du territoire. Entendues au sens large, à travers quatre thèmes : transports et mobilité ; énergie et écologie; agriculture et réalité logement et urbanisme. Ce deuxième article est consacré à l’Energie et à l’Ecologie. Publié par Johan Totain  http://www.urbanews.fr/ le 01/04/2012 

Bal des Prétendants (2/4) Demandez le programme : Energie et Ecologie - AFP

Bal des Prétendants (2/4) Demandez le programme : Energie et Ecologie – AFP

L’énergie est un sujet de première importance pour les dix candidats, au regard de la place qui y est consacrée dans leurs programmes présidentiels. Les dix ont été amenés à se positionner sur le nucléaire, un an après le drame de Fukushima. La valorisation des énergies renouvelables et la sobriété énergétique sont autant d’autres sujets de premier ordre pour les prétendants à l’Elysée. En matière d’écologie, nous nous sommes d’abord penchés sur le thème de la fiscalité écologique, des institutions environnementales, des plans d’investissement et de recherche. Nous avons également abordé d’autres questions, comme celle des nuisances, des risques environnementaux et des pollutions, mais les candidats se sont montrés moins disserts sur ces thèmes. D’autres sujets (ressources naturelles et piscicoles, biodiversité, agriculture et environnement) seront traités dans le prochain article, consacré à la ruralité.

Institutions, fiscalité et investissements

Cheminade (S&P) : Mise en place d’une véritable politique écologique, celle d’une écologie humaine dégagée de son « entrave malthusienne destructrice » (entendue celle de la croissance zéro, des économies d’énergie et des ressources). S’appuyer sur des principes physiques nouveaux, appliqués sous forme de technologies plus denses dans un processus de développement harmonieux.

Arthaud (LO) : Expropriation des grands groupes industriels et financiers afin de donner les moyens à la collectivité d’organiser véritablement l’économie, de planifier la production, et ainsi choisir à chaque fois les solutions les moins coûteuses en travail humain et en ressources naturelles

Hollande (PS) : Mise en place d’une Organisation mondiale de l’environnement

Joly (EELV) : Remplacement du Pacte de Stabilité de la Zone Euro par le Pacte de Développement Écologique et Social, comprenant des objectifs financiers, sociaux et environnementaux, et un grand plan d’investissement dans la transition écologique, avec le soutien de la BCE.

Joly (EELV) : Constitution d’un pôle d’investissement public autour de la Caisse des Dépôts et Consignations et d’OSEO pour financer les projets de transition écologique, en particulier ceux des petites entreprises et de l’économie sociale et solidaire, grâce au déploiement d’un livret Vert.

Bayrou (MODEM) : Création d’un fonds d’investissement dédié au développement durable, alimenté par les quotas carbone issus du protocole de Kyoto, l’investissement privé, et l’épargne populaire. Il investira dans l’efficacité énergétique du logement et des transports, dans le capital des projets industriels d’énergie renouvelable, la recherche dans le domaine des énergies nouvelles, et la restauration et la préservation de la biodiversité

Bayrou (MODEM) : Modulation dans un cadre européen de l’impôt sur les sociétés en fonction de leurs performances environnementales

Bayrou (MODEM) : Créer un malus environnemental sur les produits de consommation les plus nuisibles à l’environnement

Arthaud (LO) : Opposition à toutes les mesures, même imposées au nom de l’écologie, visant à restreindre la consommation populaire par des augmentations de prix, par la création de taxes

Sarkozy (UMP) : « Taxe carbone » aux frontières de l’Europe.

Le Pen (FN) : Les protections raisonnées aux frontières nationales (droits de douane et contingentements) seront déterminées selon le niveau de protection sociale des pays exportateurs, mais aussi selon la qualité écologique de leur production.

Joly (EELV) : La France soutiendra l’instauration d’une préférence sociale et environnementale aux frontières de l’Europe : les produits entrants sur le marché commun devront respecter les normes environnementales et les normes sociales internationales de l’Organisation Internationale du Travail.

Joly (EELV) : Bioconditionnalité des aides publiques : aucune subvention ne pourra être versée pour des projets contraires aux objectifs environnementaux. Les dépenses publiques considérées néfastes pour l’environnement seront progressivement supprimées (exonération de la TVA sur le kérosène, TVA à taux réduit sur les pesticides, etc)

Sarkozy (UMP) : La commande publique ainsi que l’attribution des aides publiques doivent intégrer systématiquement les critères environnementaux et énergétiques.

Dupont-Aignan (DLR) : Constitution de pôles de compétitivité renforcés, qui associeront public et privé, écoles d’ingénieurs, universités, organismes de recherche et industrie, et investissement dans les filières d’avenir dans le cadre du Plan (énergies renouvelables, transports non polluants, recyclage, biotechnologies)

Nucléaire

Arthaud (LO) : Refus de simplement mettre en cause des techniques particulières comme le nucléaire. « Ce ne sont pas les techniques, mais les conditions de leur mise en œuvre, ainsi que l’absence d’information et de contrôle de la population sur ces sujets qui sont à incriminer »

Bayrou (MODEM) : Organiser un débat sur l’avenir de la production électrique en France, dès le début de la mandature, dont l’objectif est de définir un scénario et une feuille de route à un horizon 2030, avec des rendez-vous d’étape tous les 3 ans. Cette feuille de route devra assurer à la fois l’approvisionnement électrique nécessaire, réduire le plus possible le recours aux énergies carbonées en visant un développement massif des énergies renouvelables

Mélenchon (FDG) : Débat public national immédiat sur la politique énergétique en France. Dans le domaine du nucléaire civil, l’ensemble des possibilités – dont la sortie du nucléaire ou le maintien d’un nucléaire sécurisé et public – sera alors tranché. Sans attendre, la réinternalisation de toutes les opérations de maintenance et de sûreté nucléaire sera engagée

Sarkozy (UMP) : Confirmer le choix du nucléaire, dans le respect de normes de sûreté très strictes

Dupont-Aignan (DLR) : Fermeture des centrales nucléaires vieillissantes situées dans des zones sismiques et renforcement de la recherche sur les centrales de 4e génération, plus sûres et plus propres. À long terme, rééquilibrage de la filière énergétique en fonction du coût, du respect de l’indépendance nationale, de la sûreté et du respect de l’environnement en développant les énergies renouvelables (notamment le solaire).

Cheminade (S&P) : Développer un programme nucléaire de « quatrième génération ». « Les types de réacteurs à mobiliser sont ceux à haute température, refroidissement gazeux et sécurité intrinsèque, et à neutrons rapides »

Cheminade (S&P) : Poursuite de la construction des EPR de Flamanville et de Penly car « l’EPR est un réacteur plus sûr et à meilleur rendement »

Le Pen (FN) : Conserver l’énergie nucléaire à moyen terme en investissant dans la recherche. en particulier sur les dispositifs de sûreté du nucléaire et sur le rendement des nouveaux réacteurs. « Parce que le risque nucléaire ne peut pas être réduit à zéro, à long terme il est souhaitable de pouvoir sortir du nucléaire»

Hollande (PS) : Réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% à l’horizon 2025, en garantissant la sûreté maximale des installations et en poursuivant la modernisation de l’industrie nucléaire.

Hollande (PS) Fermeture de la centrale de Fessenheim mais achèvement du chantier de Flamanville (EPR).

Joly (EELV) : Organiser la sortie du nucléaire en 20 ans. Créer un pôle d’excellence industrielle en matière de gestion des déchets et de démantèlement des centrales, pour maintenir ainsi les emplois dans la filière.

Poutou (NPA) : Sortie du nucléaire en dix ans maximum par une politique de sobriété énergétique et par un développement des énergies renouvelables.

Bayrou (MODEM) : Pour le nucléaire, énergie de transition, la garantie de sécurité des installations est non négociable : conforter l’indépendance de l’Agence de Sureté Nucléaire en intégrant des experts européens et en donnant aux citoyens la possibilité de poser des questions avec obligation pour l’agence de donner une réponse publique

Energies renouvelables et nouvelles énergies

Dupont-Aignan (DLR) : Réquisition de Total pour réguler le prix de l’essence et afin qu’une partie de ses bénéfices soit consacrée à la transition énergétique de la France

Dupont-Aignan (DLR) : Mettre en place dans les DOM-TOM  une action d’équipement en photovoltaïque des maisons et des toits de bâtiments commerciaux et industriel

Dupont-Aignan (DLR) : Renforcer les filières d’énergie marine renouvelable (éolienne, hydro-éolienne et géothermie)

Dupont-Aignan (DLR) : Valoriser les fonds marins (métaux précieux et rares, hydrocarbures)

Hollande (PS) : Favoriser la montée en puissance des énergies renouvelables en soutenant la création et le développement de filières industrielles dans ce secteur.

Le Pen (FN) : Soutien de la recherche en matière d’énergies renouvelables. Couvrir 10 à 15% des besoins énergétiques par les énergies renouvelables.

Bayrou (MODEM) : Développement massif des énergies renouvelables qui devraient atteindre en 2030 40% de la production électrique française ;

Bayrou (MODEM) : Stabiliser et simplifier les règlementations administratives et fiscales pour les énergies renouvelables sur les 20 prochaines années ;

Bayrou (MODEM) : Créer un consortium européen de l’énergie renouvelable, à l’image d’EADS, en lien avec nos partenaires européens ;

Bayrou (MODEM) : Orienter la politique énergétique européenne vers une politique de lutte contre le rejet de gaz à effet de serre, pensée et voulue en commun, même si chaque Etat garde la maîtrise de ses grands choix

Joly (EELV) : Faire de la France un leader industriel des énergies renouvelables, en produisant 40 % de notre énergie par des sources renouvelables dès 2020 (hors carburant)

Mélenchon (FDG) : Effort massif en faveur de la recherche, des filières technologiques et industrielles, des investissements, de la formation pour le développement des énergies renouvelables et leur utilisation publique ainsi que pour le traitement des déchets issus de la filière nucléaire

Mélenchon (FDG) : Lancement d’un réseau de géothermie profonde

Joly (EELV) : Zéro gaz de schiste

Cheminade (S&P) : Remplacement d’une économie de carburants fossiles pour les transports (charbon, pétrole…) par une économie de l’hydrogène. « Tous les modes de production et les applications mécaniques doivent être testés, pour la mise au point de piles à combustibles. » « A terme, le pétrole ne devrait plus être un carburant, mais la matière première de la pétrochimie »

Le Pen (FN) : Valorisation des recherches dans le domaine de l’hydrogène et soutien au programme ITER à Cadarache.

Le Pen (FN) : Favoriser l’exploitation des richesses du sous-sol, qu’elle soit pétrolière ou aurifère en Guyane ou encore liée au nickel en Nouvelle-Calédonie. Des financements publics assureront les développements portuaires et routiers.

Economies d’énergies et sobriété énergétique

Bayrou (MODEM) Rénover le bâti ancien pour limiter nos émissions de CO2 : simplifier et amplifier significativement le mécanisme des certificats d’économie d’énergie

Bayrou (MODEM) : Créer un organisme public / privé pour accompagner les projets de rénovation énergétique, intervenant directement auprès des particuliers propriétaires ou des entreprises pour les conseiller dans les travaux les plus efficaces à envisager et pour faire le suivi des travaux afin que ces derniers soient effectués avec le plus d’efficience possible

Bayrou (MODEM) : Moduler la taxe sur le foncier bâti en fonction de la performance énergétique des bâtiments ;

Joly (EELV) : Rénover un million de logements par an, d’ici 2020, au niveau «basse consommation d’énergie », en commençant par ceux dans lesquels vivent les huit millions de personnes en situation de précarité énergétique. Les bâtiments publics seront tous rénovés d’ici 2030

Mélenchon (FDG) : Mise aux normes énergétiques des logements et de l’ensemble des bâtiments publics. Création pour les particuliers d’une allocation sur condition de ressources pour financer la rénovation thermique des logements.

Hollande (PS) : Lancement d’un vaste plan qui permettra à 1 million de logements par an de bénéficier d’une isolation thermique de qualité

Hollande (PS) : Nouvelle tarification progressive de l’eau, de l’électricité et du gaz afin de garantir l’accès de tous à ces biens essentiels et d’inciter à une consommation responsable.

Déchets, nuisances et santé 

Joly (EELV) : Mise en place d’une stratégie nationale contre le gaspillage : extension du système de bonus-malus aux produits électroménagers, allongement de la garantie des produits, soutien au secteur de la réparation, etc.

Joly (EELV) : Refonte de la législation sur les déchets, avec un plan de fermeture progressive des incinérateurs, à mesure de la montée en puissance des filières alternatives. Le suivi des déchets de construction sera mis en oeuvre pour garantir leur tri et leur recyclage.

Mélenchon (FDG) : Développement des consignes pour que l’usager ne paie plus le prix des emballages

Mélenchon (FDG) : Renforcement de la législation contre l’utilisation de molécules chimiques qui nuisent à la santé

Joly (EELV) : Réduction du seuil légal d’exposition aux pollutions électromagnétiques et mise en place de plans d’actions locaux pour lutter contre la pollution de l’air.

Mélenchon (FDG) : Limitation de la publicité dans l’espace public

 

Boudée, l’écologie grande absente de la campagne

Pauvre Eva Joly : d’après un sondage réalisé par TNS-Sofres pour Canal+, seul 1% des Français considère que ses solutions pour réduire le chômage sont crédibles. Thème majeur de la campagne présidentielle en 2007, l’écologie est désormais reléguée au second plan, aussi bien par les candidats que par les électeurs.

Eva Joly à Dimanche + (capture d’écran) Marie Kostrz | Journaliste Rue89

Eva Joly en fait elle-même le constat sur le plateau de Dimanche+, lorsque la journaliste Anne-Sophie Lapix lui demande d’expliquer pourquoi les Français lui font si peu confiance pour améliorer la santé économique du pays :

« Je pense que ça vient du fait que cela fait maintenant 30 ans qu’on explique aux gens que l’écologie est un problème et non pas la solution. »

En cinq ans, la crise économique, devenue préoccupation numéro 1 en France, a donc poussé vers la porte de sortie l’écologie, qui n’a jamais été considérée comme un moyen de relancer la croissance. Après le bouillonnement suscité par le pacte écologique, les promesses de taxe carbone et le grenelle de l’environnement semblent bien loin. Dès 2010, Nicolas Sarkozy avait tranché :

« L’écologie ça commence à bien faire. »

L’Europe ? « Ils en parlent pas beaucoup »

Le 28 janvier, le congrès de France nature environnement (FNE), mouvement influent qui regroupe plus de 3000 associations, a brièvement remis l’écologie sur le devant de la scène. François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou, Corinne Lepage, Hervé Morin, Dominique de Villepin et Eva Joly se sont succédés sur l’estrade de l’espace Paris Est de Montreuil (Seine-Saint-Denis) afin de présenter en 15 minutes top chrono leurs solution pour améliorer l’environnement.

L’affirmation de leur vert engagement n’a semble-t-il pas convaincu les militants présents sur place. Interviewé par RFI, l’un d’entre eux, originaire de l’Allier, regrette :

« Moi je suis un indécrottable rural, c’est mes problèmes locaux qui m’intéressent et puis aussi les problèmes européens. Et ils en parlent pas beaucoup, ni de l’Europe, ni de l’environnement au niveau qui me touche. »

Peu de propositions écolos dans les programmes

Les candidats y ont avant tout fait acte de présence, tant l’écologie semble subsidiaire en 2012. Si François Hollande veut « faire de la France une nation de l’excellence environnementale », il a seulement consacré trois de ses 60 propositions à l’écologie.

Elle n’est pas non plus l’un des 14 grands thèmes mis en avant dans le projet 2012de l’UMP.

A Dimanche +, c’est donc avec l’Europe, son deuxième cheval de bataille, qu’Eva Joly a retenu l’attention. Interrogée sur les dérives nationalistes du Premier ministre hongrois, Viktor Orban, la candidate a rappelé que le plus choquant « est que la droite européenne [le Parti populaire européen, ndlr] l’a applaudi » au Parlement européen.

Avant d’ajouter :

« Nous avons des textes et le respect de la démocratie, la liberté d’expression sont nos valeurs commune (…) Nous devons veiller à ce que les institutions ne dérapent pas, à ce que démorcatie soit respectée. »

Hollande s’engage à ouvrir une « conférence environnementale »

France Nature Environnement a insufflé un peu d’environnement dans la présidentielle à l’occasion de son 36e Congrès samedi 28 janvier où sept candidats, dont François Hollande, apôtre du « dialogue environnemental », sont venus chercher un brevet d’écologie. Sept candidats à la présidentielle se sont exprimé à l’occasion du 36e Congrès de France Nature Environnement.

 Le Nouvel Observateur avec AFP le 28-01-2012. Voir en seconde partie du billet, le même sujet vu par le  JDD. Quinze minutes pour chacun, chrono affiché sur écran géant derrière la scène: les candidats ont défilé devant les 2.000 militants de la plus importante fédération écologiste de France (3.000 associations) pour parler nucléaire, agriculture, biodiversité et économies d’énergie dans un exercice s’inspirant du « Pacte écologique » de Nicolas Hulot en 2007.

La quasi-profession de foi « verte » d’Hollande

L’occasion notamment pour François Hollande de décliner une quasi-profession de foi « verte » deux jours après avoir présenté ses « 60 engagements pour la France ».

Le candidat PS s’est engagé à « ouvrir une conférence environnementale » s’il était élu pour permettre « un dialogue environnemental au même niveau que le dialogue social ».

Il a annoncé une « loi de programmation de transition énergétique » et rappelé son engagement à réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production électrique et la fermeture de la centrale de Fessenheim « dans le quinquennat ».

Avant lui étaient intervenus François Bayrou (MoDem), Eva Joly (EELV), Corinne Lepage (Cap21), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), Hervé Morin (NC) et Dominique de Villepin (République solidaire).

Le nucléaire, thème récurrent des interventions

La question du nucléaire, en débat depuis l’accident de Fukushima, a été le thème récurrent des interventions, Eva Joly et Corinne Lepage évoquant la sortie de l’atome. Jean-Luc Mélenchon, Hervé Morin et Dominique de Villepin ont défendu l’idée d’un référendum sur l’énergie alors que François Bayrou a qualifié le nucléaire d' »énergie de transition ».

Absence de l’UMP, sans candidat déclaré

Avec des applaudissements nourris, notamment pour la candidate écologiste, les militants ont respecté les consignes du président de FNE qui les avait appelés à ne pas se montrer « irrespectueux vis-à-vis des différents intervenants ».

« France Nature Environnement compte dans ses rangs des militants qui votent de manière diverse et nous tenons fermement à notre indépendance vis-à-vis des partis politiques », avait souligné le président Bruno Genty.

Pas question de « noter » les candidats pour FNE, mais les réponses seront « relayées » auprès des membres des associations affiliées à la fédération, soit quelque 850.000 électeurs, en vue de la présidentielle et des législatives.

FNE avait soumis aux candidats une série de propositions (l' »Appel des 3.000″) sur lesquelles les candidats étaient appelés à se positionner.

L’UMP, faute de candidat déclaré, n’a pas participé à ce « grand oral ».

NKM revient sur le Grenelle de l’environnement

Mais la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, de passage à la mi-journée pour inaugurer le « village » des associations, en a profité pour vanter le bilan « solide » de Nicolas Sarkozy, probable candidat de l’UMP.

« Avec le Grenelle de l’environnement, il est probablement le président de la Ve République qui a le bilan le plus solide en matière d’environnement », a-t-elle dit devant la presse.

« On trouvera l’occasion pour que le président de FNE puisse échanger avec notre candidat », a-t-elle ajouté au cours d’une visite où elle s’est vu offrir une pomme bio, mais aussi un paquet d’algues vertes de Bretagne, un sac sur lequel était brodé « Non au gaz de schiste » et des tracts contre l’aéroport de Notre-Dame des landes, près de Nantes.

« L’enjeu (de cette journée) est de faire en sorte que l’environnement soit abordé dans la campagne », a rappelé l’ex-ministre de l’Environnement et maire (EELV) de Montreuil Dominique Voynet.

 

Le JDD: Les candidats passent leur grand oral d’écologie

Samedi, sept candidats à la présidentielle ont parlé écologie à l’occasion du congrès de France Nature Environnement à Montreuil. L’occasion pour les prétendants à l’Elysée de dévoiler leur programme environnemental.

L’objectif? « Obliger les candidats à sortir du bois ». Samedi, sept d’entre eux* – tous ceux qui ont été invités – se sont succédé à la tribune à l’occasion du congrès de France Nature Environnement (FNE) à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Un grand oral d’écologie de quinze minutes – sûrement le seul de la campagne pour plusieurs d’entre eux – au cours duquel chacun a tenté de mettre en avant ses priorités environnementales. « La survie des abeilles » ou encore le « frelon asiatique » pour François Bayrou, qui s’est interrogé sur sa capacité à « répondre exactement au cahier des charges » de la fédération. Cette dernière a lancé un « appel des 3.000 » et demandé aux candidats de se prononcer sur ces propositions. Sans signature, à l’inverse du Pacte écologique de Nicolas Hulot en 2007.

Et tous ont évoqué la question du nucléaire, qui a été il y a quelques semaines – au moment de l’accord entre EELV et le PS – au coeur du débat politique. Le candidat du MoDem y voit une « énergie de transition en attendant que se mettent en place les promesses des énergies éoliennes ou hydrauliques ». Si Eva Joly a expédié ce sujet – car « vous connaissez déjà ma position », a-t-elle lancé à l’assistance – préférant demander aux autres candidats « d’expliquer le choix moral qu’ils font ». « L’écologie n’est pas une affaire d’opportunité politique », a estimé Eva Joly, qui a terminé son intervention, sous les applaudissements, en faisant le V de la victoire.

Mélenchon, Morin et Villepin pour un référendum

Mais Eva Joly, pourtant bien reçue devant un public acquis à la cause écologiste, n’a toutefois pas réellement pris l’avantage à l’applaudimètre. Car d’autres, à l’image de Jean-Luc Mélenchon, Dominique de Villepin ou encore François Hollande, ont également suscité les applaudissements. Tout comme le chef de file du Front de gauche qui juge sa position « centrale » sur la question, l’ancien Premier ministre rejoint également par Hervé Morin (Nouveau centre) se sont prononcés pour la tenue d’un référendum sur le nucléaire. « Ne faisons pas l’erreur de couper l’environnement des autres enjeux », a déclaré Dominique de Villepin, qui s’est dit favorable à « une fiscalité écologiste au niveau national et européen ».

Dernier intervenant, François Hollande a pris une autre direction. Le socialiste a écarté l’idée d’un référendum – « ma démarche n’est pas celle là » – auquel il dit préférer un « grand débat citoyen qui prendra le temps qu’il faudra ». Avec une issue parlementaire puisque « le Parlement votera la loi de programmation de transition énergétique ». « C’est trop facile. Si ça passe par le Parlement, ça ne passera pas! », dénonce quelques minutes plus tard un membre du collectif Stop EPR, qui a déroulé une banderole au début du discours du socialiste. Le député de Corrèze – pour la fermeture de Fessenheim mais pour la poursuite de l’EPR de Flamanville – mettra également à son agenda une « conférence environnementale » et promis d’ouvrir « un dialogue environnemental au même niveau que le dialogue social ».

« L’environnement, c’est transversal »

Du « clientélisme », dénonce le porte-parole d’EELV, Pascal Durand, qui rappelle que François Hollande n’a pas parlé d’écologie dans son discours du Bourget. « C’est le pire de la politique », précise-t-il, reconnaissant que, pour l’heure, « l’écologie politique ne rencontre pas l’écho » souhaité. « Il va y avoir une nouvelle séquence début mars » à l’occasion des un an de la catastrophe de Fukushima, ajoute l’élu parisien Denis Baupin, pour qui il est essentiel de « marteler le discours » d’EELV jusqu’au premier tour de la présidentielle. Afin de montrer que les écologistes portent les solutions à la crise.

Car, même au sein d’une assistance qui fait de l’environnement une priorité, Eva Joly ne remporte pas l’ensemble des voix. « Les 850.000 militants de FNE ne votent pas tous comme un seul homme », précisait il y a quelques semaines le président de la fédération, Bruno Genty, au JDD.fr. Un avis partagé par Monique, 68 ans, militante de l’association Graine : « L’environnement, c’est transversal », estime cette retraitée de l’enseignement, qui penche plutôt pour Jean-Luc Mélenchon, un candidat dont elle aime « la rigueur ». « Cela doit être la préoccupation de tous les candidats », renchérit Géraldine, 56 ans. Elle estime toutefois qu’Eva Joly « a le mérite de porter les idées de beaucoup de personnes ». « A nous de leur donner des raisons » de voter pour elle, conclut l’écologiste Pascal Durand.
* Dans l’ordre d’intervention : François Bayrou, Eva Joly, Corinne Lepage, Jean-Luc Mélenchon, Hervé Morin, Dominique de Villepin et François Hollande.