Ecologie : Hollande doit revoir sa copie

Jeudi 20 Septembre 2012

SUPERNO – BLOGUEUR ASSOCIÉ
Quadra d’origine lorraine, travailleur de l’informatique, et écologiste tendance… En savoir plus sur cet auteur

Lors de la conférence environnementale qui s’est tenue les 14 et 15 septembre, François Hollande a annoncé la fermeture de la centrale de Fessenheim et le rejet de permis d’exploration de gaz de schiste. Pourtant, pour notre blogueur associé SuperNo, la politique écologique du gouvernement socialiste n’est guère convaincante…

(François Hollande, septembre 2012 – MOUSSE-POOL/SIPA)
Ha ! Ca y est ! Fini de critiquer les «socialistes» : c’est officiel, ils sont enfin devenus écolos ! D’ailleurs, Cécile Duflot l’a dit, c’est quand même une preuve. Le miracle ne s’est pas produit à Lourdes, mais à Paris, lors de la Conférence Environnementale, une causerie de deux jours réunissant toute la hiérarchie gouvernementale, Hollande et Ayrault compris ; ainsi que la crème des zécolos dont le pays peut s’enorgueillir. Y’avait même Nicolas Hulot, c’est dire comme c’était sérieux.

Bon, déjà Ayrault qui parle d’écologie, c’est à peu près aussi improbable que Ribéry qui parlerait de grammaire, ou Larcher de diététique. Son comportement hautain et implacable dans la lamentable et ridicule affaire de l’Ayraultport de Notre-Dame des Landes, projet anachronique à la seule gloire de l’édile local et preuve irréfutable de son incompréhension de l’avenir, invalide totalement tout discours qu’il ferait sur le sujet. Quant à la ministre de l’Environnement, Delphine Batho, quel crédit apporter à cette protégée de Ségolène Royal, incapable de comprendre qu’une députée n’a rien à foutre dans un logement social ? Cécile Duflot, emportée par l’ambiance débilitante de l’instant, se lâche et couche sur Twitter les mots suivants : «Je pèse mes mots : ce discours du président de la République est historique et infiniment émouvant à entendre pour une écologiste».

Bon, on arrête de ricaner dans le fond, je vous vois, c’est pas charitable. C’est vrai, quoi. Depuis qu’il a été élu, on aurait cru qu’Hollande faisait tout pour désespérer les écolos. Comme le dit si bien Zgur, «à force d’avaler des boas, les ministres EELV vont finir par mettre l’espèce en danger». Et là, pour une fois que Hollande déclare qu’il va fermer la centrale de Fessenheim, les nerfs de Duflot lâchent.Vu que le Sarkozy du début de son quinquennat, estampillé Nicolas Hulot et Grenelle de l’environnement, faisait à peu près les mêmes discours, tout en étant un ennemi irréductible de l’écologie, Cécile Duflot devrait être plus prudente.

DES MESURES INEFFICACES
Redevenons sérieux cinq minutes. La fermeture de Fessenheim, c’est tout de même pas un scoop, non ? C’était même une des rares promesses précises de la campagne ! Et encore, il va falloir attendre 2016, en priant qu’il n’y ait pas de problème d’ici là… La fermeture de cette ruine semblait relever de l’évidence à tout le monde… Bon, sauf à Estrosi, bien sûr, qui n’est plus à une connerie près, et déclare que cela va «mettre en péril notre indépendance énergétique»… Y’a quelqu’un qui lui explique que l’uranium ne s’extrait pas sur la Promenade des Anglais, mais qu’on le pille au Niger, en toute indépendance ? En même temps, essayer d’expliquer quelque chose à Estrosi, difficile de savoir par où commencer…

Et au fait, Madame Duflot, quand vous aurez fini de sécher vos larmes d’émotion, pouvez-vous confirmer que Fessenheim sera la seule centrale fermée ? Il restera donc 56 réacteurs sur 58 en 2017 ? Ah, non, 57, même… L’EPR de Flamanville est toujours au programme ! Sachant que la production de l’EPR devrait équivaloir à celle des deux réacteurs de Fessenheim, on appréciera la réduction de la production nucléaire… Du foutage de gueule véritable. D’autant que la décision concernant le deuxième EPR à Penly semble tout sauf «irrévocable» (comme disait Noël Mamère). Car ils sont nombreux dans l’ombre au P”S” à penser comme Allègre et Montebourg que le nucléaire est une énergie d’avenir…

Je ne vais pas encore parler longuement de bagnole. Oh, il y a bien le petit délire d’Ayrault, qui les verrait bien consommer 2 litres aux 100 km d’ici 10 ans. Pourquoi 2, et pas 1 ? Il a dû inventer le chiffre juste avant de monter à la tribune, pour tenter de faire oublier le ridicule de la «baisse des prix »… Et d’ici 10 ans ? Ben rien… Le diesel ? Rien. La détaxation de ce carburant et la prolifération des bagnoles qui le consomment, alors même qu’elles sont officiellement cancérigènes, c’est le pur résultat de l’incompétence et de la corruption de politiciens. C’est même une prédécesseuse de Cécile Duflot, Dominique Voynet, qui collait des vignettes vertes sur des bagnoles qui fumaient noir. Nous risquons fort de nous retrouver avec une nouvelle affaire de l’amiante, et tout le monde s’en fout.

Le comique, c’est que Hollande continue à faire de la publicité gratuite pour une bagnole hors de prix et technologiquement aberrante. Peugeot vire des gens ? Après avoir fait des moulinets montebourgeois pour faire croire que le gouvernement pouvait s’y opposer, on s’achemine vers un classique subventionnement des licenciements. Si ces «socialistes» étaient vraiment dignes de l’émotion de Cécile Duflot, ils prendraient acte de la fin de l’industrie automobile et se lanceraient à corps perdu dans la reconversion de la filière.

GAZ DE SCHISTE : UN RISQUE D’EXPLOITATION MALGRÉ LA PROMESSE DE HOLLANDE
Mais l’annonce jugée la plus spectaculaire, c’est à propos des gaz de schistes : pas de permis d’exploration sur le quinquennat. Enfin, nuançons un petit peu… Comme certains l’ont remarqué (mais pas Cécile Duflot, qui ce matin encore sur France Inter a joué les connes et à fait mine d’ignorer que de nouvelles techniques voient le jour), c’est uniquement la technique de la «fracturation hydraulique» qui est visée. Dès lors qu’une technique légèrement différente sera employée, la digue s’effondrera. Un peu comme l’opposition à un traité Merkozy dès lors qu’on y accole le mot «croissance» dans un coin… Car une chose est sûre : s’il y a vraiment autant de gaz qu’on le prétend dans le sous-sol français, il sera exploité un jour ou l’autre. Quelle que soit l’opposition. Au diable le réchauffement climatique, vive les zemplois, le gaz pas cher et «l’indépendance énergétique» !

Vous avez peut-être vu le documentaire d’Envoyé Spécial la semaine dernière, qui montrait le désastre aux Etats-Unis. Outre la pollution irrémédiable des nappes phréatiques (c’est pas grave, on achètera de l’eau en bouteille fournie à prix d’or par les multinationales et puisée dans les rares secteurs préservés), concrètement le massacre se caractérise entre autres par un ballet incessant et monstrueux de camions, dévastant tout sur leur passage. Vacarme, boue, poussière : ambiance «Mad Max» à deux pas de chez vous. Car les puits de gaz de schiste, contrairement à ceux des champs géants de pétrole, peuvent se compter par milliers, et éclore dans votre jardin (il paraît par exemple que la Lorraine en est farcie).

Même si Hollande tenait sa promesse, elle ne vaut que jusqu’en 2017. Là, il est plus que probable qu’un UMP aux crocs acérés va le remplacer, et va sans tarder annoncer que vu l’échec des «socialistes», il faut d’urgence relancer le programme nucléaire et démarrer le massacre du territoire au profit de cupides zentrepreneurs (parmi lesquels le frère Balkany …). N’oublions pas que les «écolos» Borloo et NKM avaient signé en loucedé les premiers permis d’exploration. Je parie même que ce sera la mesure-phare de la campagne 2017, et que nombreux seront les chômeurs des régions sinistrées (comme la Lorraine) qui voteront UMP pour cette seule raison. L’éternel problème des crocodiles qui plébiscitent leurs maroquiniers.

UNE ABSENCE DE CHANGEMENT
Si madame Duflot voulait bien se donner la peine de s’élever de son fauteuil de ministre, d’oublier les beaux discours qui n’engagent que les naïfs qui y croient, elle comprendrait pourtant qu’il n’y a pas de quoi s’ébaudir. Aucune surprise. Rien n’a changé depuis Sarkozy et même bien avant. Les mots-clés restent les mêmes : croissance, compétitivité (Moscovici a encore répété que ce n’était «pas un gros mot»), relance, consommation, bagnole, bétonnage… La logique libérale, la logique patronale, la logique financière. Ce ne sont pas les mots de l’avenir, mais au contraire ceux du passé. Un passé dont ni Hollande, ni Ayrault, ni les autres ne semblent avoir compris qu’il était… passé ! Les trente glorieuses, c’était il y a 40 ans, mais ils ne les ont pas vues passer…

Ne soyons pas chien, il y a au moins une bonne mesure qui a été annoncée : la mise en œuvre d’un important programme d’isolation des logements. Une lueur d’espoir, qui pourrait faire croire qu’ils auraient peut-être compris que l’énergie la moins chère et la moins polluante, c’est celle qui n’a pas besoin d’être produite.

Pas assez en tout cas pour pour pleurer de joie, pas assez pour effacer tout le reste…

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Mix énergique, taxe carbone, lutte contre la pollution… les sujets conflictuels abondent

Quelle transition énergétique ?

Le gaz de schiste n’aurait pas dû être l’une des vedettes de la conférence environnementale puisqu’il est l’un des thèmes-clés du débat à venir sur la transition énergétique. Mais les déclarations d’Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, suivies de celles de Jean-Marc Ayrault qui semblaient plaider pour une réouverture du dossier de cet hydrocarbure non conventionnel, ont relancé le débat et la mobilisation dans le sud-est de la France où la contestation était partie dès fin 2010.

Selon plusieurs sources, François Hollande qui inaugurera le 14 septembre la conférence, pourrait  » recadrer  » le chantier. Il y est notamment poussé par de nombreux parlementaires socialistes qui veulent fermer ce front. Le président de la République pourrait donc se prononcer pour un moratoire sur les expérimentations scientifiques, autorisées sous moult contraintes, dans la loi du 13 juillet 2011.

Le nucléaire pourrait être aussi évoqué. Ne serait-ce que pour rappeler les engagements du candidat François Hollande à savoir la réduction de la part de la production d’électricité issue de l’atome, de 74% à 50% d’ici à 2025 et la fermeture de la centrale de Fessenheim, la plus ancienne du parc français d’ici à 2017. Un nouvel incident chimique – après un départ de feu au printemps – survenu mercredi 5 septembre dans la centrale alsacienne a remobilisé les Verts qui attendent du gouvernement un calendrier plus précis sur la fermeture des deux réacteurs.

Relance de l’éolien et du solaire ?

Le secteur des énergies renouvelables attend une clarification de la stratégie des pouvoirs publics après deux années de décisions contradictoires. Les installateurs d’éoliennes espèrent une simplification des procédures réglementaires.

Les opérateurs du photovoltaïque, dont beaucoup sont en difficulté, réclament de leur côté des mesures d’urgence sur le tarif de rachat de l’électricité ainsi qu’un nouvel appel d’offres pour les centrales d’une puissance supérieure à 250 kV. Mais c’est sur le développement de l’éolien en mer que les annonces sont attendues avec le lancement d’un deuxième appel d’offres pour des sites au large du Tréport (Seine-maritime) et de l’île de Noirmoutier (Vendée).

Chantier de la rénovation thermique

Le candidat Hollande a promis la réalisation d’un million de logements basse consommation par an, moitié en neuf, moitié en ancien. La rénovation thermique des bâtiments est l’un des plus gros chantiers du gouvernement. Son objectif est triple : créer des emplois, lutter contre la précarité énergétique et réduire les émissions de CO2. Le gouvernement doit trancher deux questions : faut-il rendre obligatoire- notamment pour les ménages- cette mesure et trouver les moyens de financer le plan de réhabilitation. Une des pistes évoquées par Cécile Duflot, serait de mieux utiliser les fonds européens. Mais ce sera loin d’être suffisant.

Biodiversité

Les défenseurs de la nature n’ont rien contre une loi-cadre sur la biodiversité, dont la méthode et le calendrier devraient être précisés durant la table ronde du même nom. Mais leur urgence, reste la mise en oeuvre de la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB), lancée en mai 2011 par le précédent gouvernement. Car pour qu’elle soit déterminante dans les politiques publiques, tout ou presque reste à faire. A commencer par l’engagement de tous les ministères concernés. Pour coordonner et aider les décisions au plan régional et local, la création d’une Agence nationale de la biodiversité, sur le modèle de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), est évoquée depuis 2007. Cette structure, pour laquelle une mission de préfiguration pourrait être annoncée, aurait pour tâche première d’aiguiller les élus désireux d’agir en faveur des écosystèmes. Enfin, le candidat François Hollande avait promis de rendre contraignante la création de la trame verte et bleue prévue par le Grenelle de l’environnement. La promesse sera-t-elle tenue dès ce week-end, ce serait un signal fort.

Risques sanitaires

Le dossier des perturbateurs endocriniens est représentatif des souhaits des Français, dont plus de la moitié (52 %) attend de la conférence environnementale des décisions vis-à-vis de l’impact de l’environnement sur la santé, selon un sondage Ifop pour le WWF et le Rassemblement pour la planète publié mercredi 12 septembre. Pour un nombre croissant de scientifiques, de lanceurs d’alerte et d’associations, il est urgent d’agir contre les substances comme le bisphénol A (Bpa), ou les phtalates, présentes dans l’environnement, susceptibles d’altérer le bon fonctionnement hormonal et d’avoir des répercussions sur les futures générations suivantes. Le parlement examinera prochainement un projet de loi interdisant le Bpa mais, au-delà d’un des produits en cause, les associations estiment que la conférence environnementale est l’occasion d’avancer vers une loi sur l’ensemble des perturbateurs endocriniens.

Mais la conférence devrait surtout être l’occasion de partager un constat et d’avancer sur la méthode pour mieux prendre en compte les risques sanitaires liés à l’environnement et notamment les risques émergents et les expositions professionnelles. Il sera aussi question de savoir comment prendre en compte les facteurs environnementaux dans une stratégie nationale de santé, de biosurveillance, de toxicologie. Enfin, l’épineux sujet de l’indépendance de la recherche et de l’expertise sera aussi abordé.

Pesticides

Les pesticides, sources de pathologies graves chez les agriculteurs –  » leurs premières victimes  » disent les associations environnementalistes, s’inscrivent à la fois dans le thème de la santé et dans celui de la biodiversité par leurs impacts sur les écosystèmes terrestres et aquatiques. La question des abeilles et des néonicotinoïdes, une famille très toxique de pesticides, devrait être une nouvelle fois posée. Le Rassemblement pour la planète demande que l’évaluation de ces produits ne relève plus exclusivement du ministère de l’agriculture mais dépende aussi des ministères de la santé et de l’environnement. L’ensemble des associations attendent que le gouvernement relance le plan qui prévoyait de réduire de moitié l’usage de pesticides d’ici 2018.

Dans les faits, sur le marché français, les ventes ont progressé de 1,3 % en volume en 2011. Les représentants de la profession agricole jugent que l’objectif du Grenelle est inatteignable.

Un nouveau droit

L’environnement a besoin de nouvelles règles de droit, estiment plusieurs ONG. Elles espèrent voir abroger un décret de 2011 qui limite leur représentativité auprès des instances officielles à celles d’entre elles qui comptent le plus d’adhérents, au détriment des petites associations d’experts. Par ailleurs, certaines réclament la possibilité pour des plaignants de présenter des recours collectifs devant la justice sur des questions de santé et d’atteintes à l’environnement.

Une loi inspirée du droit anglo-saxon permettrait par exemple à des victimes de pollution présentant la même pathologie d’avoir, ensemble, plus de chance de voir leurs plaintes aboutir.

La ministre de la justice, Christiane Taubira, avait formulé une proposition en ce sens début juin, mais seulement pour les préjudices en matière de consommation. Plusieurs projets de création de recours collectifs ont été rédigés sous des gouvernements précédents, sans avoir débouché.

Etalement urbain

L’étalement urbain est devenu une question écologique majeure depuis que les statistiques ont révélé la gravité de la situation : 74 000 hectares de terres agricoles sont avalés chaque année par la ville sous toutes ses formes, alors que le territoire français est déjà artificialisé à 8,5 %. L’idée d’un moratoire se répand, et Nicolas Hulot a proposé dans Le Monde l’objectif de ne pas dépasser 10 %.

Durant la préparation de la Conférence environnementale, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) s’est montrée volontariste sur ce sujet, à la surprise de plusieurs écologistes, peu habitués à un tel allié. La ministre du Logement, qui préside l’atelier Biodiversité, sait qu’elle joue une part de sa crédibilité écologique sur ce terrain : elle a annoncé le 5 septembre que le projet de loi sur l’urbanisme qu’elle présentera au printemps abordera l’artificialisation des terres, une des questions  » sur lesquelles il y a absolument besoin d’avancer de manière déterminante « .

Une fiscalité verte Alors que le gouvernement doit réduire le déficit budgétaire, ce pourrait être le moment de s’attaquer aux nombreuses niches fiscales défavorables à l’environnement, notamment toutes les aides aux énergies fossiles. Le total de ces dépenses atteindrait entre 21 à 33,5 milliards d’euros par an, selon les modes de calcul. Le collectif budgétaire adopté en juillet n’en a pas montré le chemin mais François Hollande s’est plusieurs fois prononcé en faveur d’une fiscalité écologique.

La Conférence environnementale doit aussi être l’occasion de remettre sur la table le débat sur la création d’une taxe-carbone abandonnée par le précédent gouvernement. Ce alors que la proposition de loi sur la tarification progressive des prix du gaz et de l’électricité est critiquée par les associations au motif, selon elles, qu’elle n’incitera pas les foyers à réaliser les travaux nécessaires à une meilleure efficacité énergétique.

D’autres propositions sont soutenues par les ONG, comme la taxation de certains produits alimentaires nocifs pour la santé. La taxe, un instant discutée lors du Grenelle de l’environnement, pour les sodas n’a jamais vu le jour. Les entreprises des secteurs polluants et énergivores vont cependant être très vigilantes à ce qu’aucune nouvelle charge ne vienne peser sur leur activité. La crise économique et l’emploi seront leur premier argument.

Service Planète Le Monde

Nucléaire et débat énergétique: Capitaine quel est le cap?

Capitaine quel est le cap?. André Jacques, 11 septembre 2012

 » Sarkozy avait la direction mais pas la méthode, Hollande sait faire mais n’a pas de cap « 

Dans un article du Monde du 9 septembre 2012, le philosophe et historien Marcel Gauchet décrypte pourquoi l’attentisme du Président est si mal perçu dans l’opinion et les médias. Selon Gauchet, François  Hollande serait  « victime du phénomène médiatique, » mais aussi d’ une incertitude sur la direction qu’il doit donner.

Gauchet continue en précisant que si la société  ne veut pas entrer dans la réflexion politique approfondie, elle  a « par contre une demande très forte de résultats immédiats. Dans le contexte actuel, c’est un défi formidable ». Le Président de la République doit donc orchestrer les discussions dont la « société a besoin pour retrouver le sentiment que la politique prend les vraies questions à bras-le-corps ».

En matière nucléaire, Hollande a cultivé le flou tout en roulant pour le lobby.

« Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup » disait Martine Aubry pendant la compétition des primaires qui l’opposait à Hollande. Ce flou savamment dosé par Hollande était fondé en particulier sur la conviction non déclarée qu’aucun candidat anti nucléaire ne pourrait être élu Président de la République.

Dans ces conditions, la révolution écologique et énergétique attendra. On voit se développer un grand malentendu entre  la majorité gouvernementale et le peuple sur la question de l’écologie. Et le domaine est vaste: nucléaire,  sécurité alimentaire, pesticides, agriculture industrielle etc.

Le nucléaire français est fondé sur une doctrine militaire et civile élaborée dans les années 50.  Il dispose de grands moyens d’investissement et de recherche ( 50 % environ de la recherche publique). Quoi qu’en dise Sarkosy le nucléaire n’a jamais fait l’objet de débats sérieux  dans le cadre de choix ou d’alternatives énergétiques. Tout est bouclé;  le nucléaire avance et l’exemple nous est donné avec l’EPR devenu indiscutable malgré ses hasards techniques et ses coûts prohibitifs, la  THT Cotentin Maine qui défigure les paysages et ruine  les exploitations laitières, ASTRID ou réacteur nucléaire de 4 me dimension (sorte de nouveau phénix faisant suite à Superphenix qui a été abandonné), ITER qui doit donner accès à la fusion nucléaire. Tout est écrit même si un doute persiste sur les les 50% d’énergie nucléaire en 2025. Sont ils  basés sur la consommation de 2012 ou de 2025 qui est prévue en progression?. Un autre doute subsiste sur les 24 centrales à fermer et sur Fessenheim..

Les énergies alternatives  sont décrédibilisées d’avance y compris au moyen d’un lobbying quasi scientifique, de revirements dans le soutien public à la production d’énergies nouvelles, d’absence de financement structuré  dans la recherche. 

Pendant ce temps les opposants au nucléaire sont vigoureusement condamnés comme ce fut le cas après la bataille anti THT de Montabot ou à l’occasion de rassemblements anti THT . La proximité entre la société nucléaire et la société policière reste bien établie même sous Hollande et Valls.

Dans le domaine agricole la crise Doux illustre les limites du modèle productiviste. Par contre  les alternatives sont déclarées suspectes: Kokopelli perd la face sur le marché des graines au mépris  de la biodiversité,  le secteur de l’économie bio doit se justifier au regard de l’agriculture chimique, les abeilles sont en danger de disparition et les timides décisions du nouveau gouvernement sont prises à l’arraché…

La conférence environnementale est une occasion pour montrer à Hollande que le monde a changé et que nous devons tous  évoluer.

Tout l’enjeu de notre époque est de savoir si nous allons ou non tourner le dos au vieux monde productiviste jusqu’à la mort du dernier de ses esclaves. Pourtant la crise actuelle nous montre qu’un nouveau monde est possible, qui intègre les questions énergétiques et environnementales, les relations économiques, les  communications etc. Dans son ouvrage « la troisième révolution industrielle », Jeremy Rifkin brillant essayiste américain dresse la vison du monde nouveau fondé sur les énergies renouvelables, les bâtiments jouant le rôles de centrales énergétiques positives, le stockage de l’hydrogène, les réseaux intelligents en énergie comme en communication, 

C’est un enjeu systémique mondial et local pour reprendre l’approche d’Edgard Morin.

L’indispensable éthique de conviction

Hollande a réussi à se faire élire sur la promesse d’une société plus juste et plus respectueuse des citoyens et de la démocratie. Le premiers pas de son gouvernement ne sont pas à la hauteur des promesses ou plus exactement de ce que chacun avait compris du changement promis. L’état de grace étant passé on attend dans tous les domaines les signes d’une politique assise sur la conviction du Capitaine.

C’est ce moment que nous vivons; il faudra dissiper les malentendus mais aussi désigner le cap, écouter et motiver.

Avec la crise, nous sommes entrés dans un nouveau paradygme, les repères sont brouillés. La crise énergétique et la crise économique et sociale vont de pair. On ne peut traiter l’une sans l’autre.

L’annonce des changements de mode de vie en lien avec la finitude de nos ressources naturelles procède de ce même cap nécessaire pour garantir la qualité de vie sur notre petite planète.

Sur le nucléaire Hollande doit sortir du flou: soit le nucléaire n’est pas dangereux et alors Hollande doit énoncer le plan de route ci dessus. Soit le nucléaire est dangereux notamment depuis Fukushima et dans ce cas il faut arrêter les centrales et vite!,  au risque d’un nouvel accident en France.

Tout moyen terme n’est que l’acceptation du risque et depuis Tchernobyl et Fukushima, « on ne peut laisser des enfants jouer avec des allumettes ». Ce n’est pas un caprice de « bobo » mais une évidence.

En République, c’est le devoir d’un Chef d’Etat que de  protéger les citoyens. Un bon roi n’en ferai pas moins pour ses sujets.

Si le rôle du Capitaine est d’annoncer les tumultes du monde et de de l’économie, il est aussi d’annoncer et d’énoncer  les changements écologiques indispensables. La mutation de notre système énergétique va avec car s’il s’agit d’en finir avec le nucléaire,  il s’agit avant tout de protéger l’espèce humaine. 

C’est ce cap qui sera probablement difficile à Hollande d’ annoncer au peuple endormi dans une économie productiviste sans lendemain, tout en le rassurant sur les alternatives à construire ensemble. L’Europe recèle effectivement de nombreuses expériences réussies qui peuvent servir de points d’appui dans le monde latéral et coopératif à construire.

Faute de pouvoir engager tout le monde dans une « réflexion politique approfondie » selon l’expression de Gauchet, le pouvoir doit s’engager dans la pédagogie de l’action en mobilisant tous les moyens et capacités des individus pour la transition écologique et sociale.

Encore faut il en avoir la conviction.

http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2012/09/08/marcel-gauchet-hollande-sait-faire-mais-n-a-pas-de-cap_1757431_823448.html

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2011/12/31/jeremy-rifkin-le-nucleaire-est-mort/

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2012/07/03/jeremy-rifkin-la-troisieme-revolution-industrielle/

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2012/02/10/pourquoi-on-peut-aimer-le-dernier-rifkin/

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2011/11/20/jeremy-rifkin-une-empathie-nouvelle-gagne-lhumanite/

https://leblogdejeudi.wordpress.com/2012/01/09/jeremy-rifkin-partageons-lenergie-comme-linformation/

http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2012/09/11/francois-hollande-doit-siffler-la-fin-de-la-recre_1758498_3244.html

Il est crucial que l’Europe réduise sa consommation d’énergie

Claude Turmes, député (Vert) luxembourgeois au Parlement européen, est le rapporteur du projet de directive sur l’efficacité énergétique. Un texte qu’il négocie avec le Conseil européen et la Commission. La discussion est entrée dans une phase décisive, qui devrait se conclure le 15 juin, lors de la réunion des ministres européens de l’énergie. LE MONDE 05.06.2012  Propos recueillis par Hervé Kempf

Quel est l’enjeu de la directive sur les économies d’énergie ?

Il s’agit de finaliser le paquet énergie climat de mars 2007, en rendant contraignant l’objectif de réduction de 20 % en 2020 de la consommation d’énergie en Europe. C’est bon pour le climat, et bon pour l’économie.

Pourquoi ?

Les calculs de l’Agence internationale de l’énergie sont clairs : les mesures permettant de limiter le réchauffement à 2°C reposent à plus de 50 % sur les économies d’énergie. Le reste concerne les renouvelables et quelques autres technologies. Le gros de l’effort pour le climat signifie des maisons mieux isolées, des voitures plus économes et en moins grand nombre, ainsi que des processus industriels plus efficaces.

Et pour l’économie ?

La faiblesse de l’Europe est en partie due à notre balance commerciale déficitaire : l’Europe importe 450 milliards d’euros par an de pétrole et de gaz, dont 60 milliards pour la France. Gaspiller l’énergie crée le plus grand transfert de richesses de l’humanité, des consommateurs européens vers la Russie, le Qatar ou la Norvège.

Si l’efficacité énergétique est si cruciale, pourquoi est-il aussi difficile de la faire progresser ?

Elle implique un changement structurel beaucoup plus profond que, par exemple, le transfert du nucléaire vers les renouvelables ou le gaz. Dans un monde où l’on devient efficace, le marché de l’énergie se rétrécit, et le modèle économique des revendeurs de gaz et de l’électricité doit changer pour trouver sa rentabilité dans les services de conseil et d’investissement dans la maîtrise de l’énergie. Des tankers comme EDF ou Gaz de France hésitent, parce que le rendement financier de ces mesures par rapport à celui des centrales existantes est incertain.

Comment interprétez-vous cette réalité ?

Selon moi, cela signifie que les responsables politiques privilégient les intérêts des entreprises énergétiques plutot que l’intérêt collectif. Pourtant, les consommateurs ont tout à gagner au niveau de l’emploi – un euro dans la rénovation du bâtiment est plus créateur d’emploi local que tout autre investissement dans l’énergie. Mais la politique est soumise à d’énormes pressions des lobbies. La transition énergétique suppose qu’elle se libère de cette pression.

Où en sont les négociations ?

Nous allons mener deux réunions entre la présidence danoise du Conseil européen et le Parlement, afin d’essayer de clore le dossier pour la réunion des ministres européens de l’énergie, le 15 juin, ou du moins ne leur laisser que quelques points à finaliser.

Lesquels sont essentiels ?

L’article 6 du texte indique une économie de 1,5 % d’énergie finale par an. Mais le Conseil voudrait exclure les transports et une partie de l’industrie, si bien que l’on ferait plutôt 1,1 %. C’est trop peu pour atteindre l’objectif de réduction de 20 % en 2020.

Par ailleurs, l’article 4 prévoit que les bâtiments publics doivent être exemplaires. Le Conseil voudrait se limiter à ceux de l’Etat central, en excluant ceux des collectivités locales. Pour débloquer ce point, nous poussons l’idée d’une feuille de route « Bâtiment 2050 », prévoyant les outils pour rénover le parc, la formation des salariés, l’information des citoyens, etc.

Quelle est l’attitude des principaux Etats ?

La Pologne veut une directive ambitieuse, parce qu’elle a compris que les prix élevés de l’énergie menaçaient son économie. L’Allemagne – c’est absurde en pleine décision de sortie du nucléaire – est divisée entre le ministère de l’énergie, très hostile à cette directive, et un ministère de l’environnement qui y est favorable. L’Espagne est très négative, alors que c’est le pays qui dépend le plus du pétrole en Europe. L’Italie est positive, la maîtrise de l’énergie y est un point fort des réformes.

Et la France ?

L’ancien gouvernement ne nous aidait pas. Mon message à la nouvelle ministre : « Aidez-nous à tirer cette directive vers le haut. »

Propos recueillis par Hervé Kempf

 

Efficacité énergétique : la commission européenne de l’énergie approuve Source: Enerzine

L’accord sur la proposition de directive de l’Union Européenne sur l’efficacité énergétique conclu par les députés et le Conseil le 13 juin a été approuvé par la commission de l’énergie jeudi dernier.

La directive introduira des mesures obligatoires, telles que la rénovation de bâtiments publics et des programmes d’économie d’énergie pour les services publics.

Le rapporteur, Claude Turmes (Verts/ALE, LU), qui a mené les négociations, a déclaré à ce sujet : « la nouvelle directive sur l’efficacité énergétique consacre dans un cadre juridique l’objectif d’efficacité de 20% et prévoit des mesures contraignantes, un moyen important de combler le fossé actuel de l’UE confrontée à la réalisation de son engagement de réduire la consommation d’énergie de 20% d’ici 2020. Cependant, il faudra clairement agir davantage pour combler complètement l’écart. Réaliser l’objectif d’économie d’énergie de l’UE permettra non seulement de respecter nos engagements en matière de sécurité énergétique et de changement climatique, mais également d’un point de vue économique plus large, de stimuler l’activité économique et la création de millions d’emplois, tout en réduisant les factures d’énergie des entreprises et des ménages, et notre dépendance à l’égard des importations d’énergie« .

Rénovation des bâtiments

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Présidentielle: les programmes des candidats pour l’ énergie et l’écologie

A un mois de la présidentielle, le bal des prétendant(e)s se poursuit, avec toujours plus de passion et de tension. On n’en oublierait leurs propositions. Alors, arrêtons-nous cinq minutes (voire un peu plus) sur leurs idées en matière d’urbanisme et d’aménagement du territoire. Entendues au sens large, à travers quatre thèmes : transports et mobilité ; énergie et écologie; agriculture et réalité logement et urbanisme. Ce deuxième article est consacré à l’Energie et à l’Ecologie. Publié par Johan Totain  http://www.urbanews.fr/ le 01/04/2012 

Bal des Prétendants (2/4) Demandez le programme : Energie et Ecologie - AFP

Bal des Prétendants (2/4) Demandez le programme : Energie et Ecologie – AFP

L’énergie est un sujet de première importance pour les dix candidats, au regard de la place qui y est consacrée dans leurs programmes présidentiels. Les dix ont été amenés à se positionner sur le nucléaire, un an après le drame de Fukushima. La valorisation des énergies renouvelables et la sobriété énergétique sont autant d’autres sujets de premier ordre pour les prétendants à l’Elysée. En matière d’écologie, nous nous sommes d’abord penchés sur le thème de la fiscalité écologique, des institutions environnementales, des plans d’investissement et de recherche. Nous avons également abordé d’autres questions, comme celle des nuisances, des risques environnementaux et des pollutions, mais les candidats se sont montrés moins disserts sur ces thèmes. D’autres sujets (ressources naturelles et piscicoles, biodiversité, agriculture et environnement) seront traités dans le prochain article, consacré à la ruralité.

Institutions, fiscalité et investissements

Cheminade (S&P) : Mise en place d’une véritable politique écologique, celle d’une écologie humaine dégagée de son « entrave malthusienne destructrice » (entendue celle de la croissance zéro, des économies d’énergie et des ressources). S’appuyer sur des principes physiques nouveaux, appliqués sous forme de technologies plus denses dans un processus de développement harmonieux.

Arthaud (LO) : Expropriation des grands groupes industriels et financiers afin de donner les moyens à la collectivité d’organiser véritablement l’économie, de planifier la production, et ainsi choisir à chaque fois les solutions les moins coûteuses en travail humain et en ressources naturelles

Hollande (PS) : Mise en place d’une Organisation mondiale de l’environnement

Joly (EELV) : Remplacement du Pacte de Stabilité de la Zone Euro par le Pacte de Développement Écologique et Social, comprenant des objectifs financiers, sociaux et environnementaux, et un grand plan d’investissement dans la transition écologique, avec le soutien de la BCE.

Joly (EELV) : Constitution d’un pôle d’investissement public autour de la Caisse des Dépôts et Consignations et d’OSEO pour financer les projets de transition écologique, en particulier ceux des petites entreprises et de l’économie sociale et solidaire, grâce au déploiement d’un livret Vert.

Bayrou (MODEM) : Création d’un fonds d’investissement dédié au développement durable, alimenté par les quotas carbone issus du protocole de Kyoto, l’investissement privé, et l’épargne populaire. Il investira dans l’efficacité énergétique du logement et des transports, dans le capital des projets industriels d’énergie renouvelable, la recherche dans le domaine des énergies nouvelles, et la restauration et la préservation de la biodiversité

Bayrou (MODEM) : Modulation dans un cadre européen de l’impôt sur les sociétés en fonction de leurs performances environnementales

Bayrou (MODEM) : Créer un malus environnemental sur les produits de consommation les plus nuisibles à l’environnement

Arthaud (LO) : Opposition à toutes les mesures, même imposées au nom de l’écologie, visant à restreindre la consommation populaire par des augmentations de prix, par la création de taxes

Sarkozy (UMP) : « Taxe carbone » aux frontières de l’Europe.

Le Pen (FN) : Les protections raisonnées aux frontières nationales (droits de douane et contingentements) seront déterminées selon le niveau de protection sociale des pays exportateurs, mais aussi selon la qualité écologique de leur production.

Joly (EELV) : La France soutiendra l’instauration d’une préférence sociale et environnementale aux frontières de l’Europe : les produits entrants sur le marché commun devront respecter les normes environnementales et les normes sociales internationales de l’Organisation Internationale du Travail.

Joly (EELV) : Bioconditionnalité des aides publiques : aucune subvention ne pourra être versée pour des projets contraires aux objectifs environnementaux. Les dépenses publiques considérées néfastes pour l’environnement seront progressivement supprimées (exonération de la TVA sur le kérosène, TVA à taux réduit sur les pesticides, etc)

Sarkozy (UMP) : La commande publique ainsi que l’attribution des aides publiques doivent intégrer systématiquement les critères environnementaux et énergétiques.

Dupont-Aignan (DLR) : Constitution de pôles de compétitivité renforcés, qui associeront public et privé, écoles d’ingénieurs, universités, organismes de recherche et industrie, et investissement dans les filières d’avenir dans le cadre du Plan (énergies renouvelables, transports non polluants, recyclage, biotechnologies)

Nucléaire

Arthaud (LO) : Refus de simplement mettre en cause des techniques particulières comme le nucléaire. « Ce ne sont pas les techniques, mais les conditions de leur mise en œuvre, ainsi que l’absence d’information et de contrôle de la population sur ces sujets qui sont à incriminer »

Bayrou (MODEM) : Organiser un débat sur l’avenir de la production électrique en France, dès le début de la mandature, dont l’objectif est de définir un scénario et une feuille de route à un horizon 2030, avec des rendez-vous d’étape tous les 3 ans. Cette feuille de route devra assurer à la fois l’approvisionnement électrique nécessaire, réduire le plus possible le recours aux énergies carbonées en visant un développement massif des énergies renouvelables

Mélenchon (FDG) : Débat public national immédiat sur la politique énergétique en France. Dans le domaine du nucléaire civil, l’ensemble des possibilités – dont la sortie du nucléaire ou le maintien d’un nucléaire sécurisé et public – sera alors tranché. Sans attendre, la réinternalisation de toutes les opérations de maintenance et de sûreté nucléaire sera engagée

Sarkozy (UMP) : Confirmer le choix du nucléaire, dans le respect de normes de sûreté très strictes

Dupont-Aignan (DLR) : Fermeture des centrales nucléaires vieillissantes situées dans des zones sismiques et renforcement de la recherche sur les centrales de 4e génération, plus sûres et plus propres. À long terme, rééquilibrage de la filière énergétique en fonction du coût, du respect de l’indépendance nationale, de la sûreté et du respect de l’environnement en développant les énergies renouvelables (notamment le solaire).

Cheminade (S&P) : Développer un programme nucléaire de « quatrième génération ». « Les types de réacteurs à mobiliser sont ceux à haute température, refroidissement gazeux et sécurité intrinsèque, et à neutrons rapides »

Cheminade (S&P) : Poursuite de la construction des EPR de Flamanville et de Penly car « l’EPR est un réacteur plus sûr et à meilleur rendement »

Le Pen (FN) : Conserver l’énergie nucléaire à moyen terme en investissant dans la recherche. en particulier sur les dispositifs de sûreté du nucléaire et sur le rendement des nouveaux réacteurs. « Parce que le risque nucléaire ne peut pas être réduit à zéro, à long terme il est souhaitable de pouvoir sortir du nucléaire»

Hollande (PS) : Réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% à l’horizon 2025, en garantissant la sûreté maximale des installations et en poursuivant la modernisation de l’industrie nucléaire.

Hollande (PS) Fermeture de la centrale de Fessenheim mais achèvement du chantier de Flamanville (EPR).

Joly (EELV) : Organiser la sortie du nucléaire en 20 ans. Créer un pôle d’excellence industrielle en matière de gestion des déchets et de démantèlement des centrales, pour maintenir ainsi les emplois dans la filière.

Poutou (NPA) : Sortie du nucléaire en dix ans maximum par une politique de sobriété énergétique et par un développement des énergies renouvelables.

Bayrou (MODEM) : Pour le nucléaire, énergie de transition, la garantie de sécurité des installations est non négociable : conforter l’indépendance de l’Agence de Sureté Nucléaire en intégrant des experts européens et en donnant aux citoyens la possibilité de poser des questions avec obligation pour l’agence de donner une réponse publique

Energies renouvelables et nouvelles énergies

Dupont-Aignan (DLR) : Réquisition de Total pour réguler le prix de l’essence et afin qu’une partie de ses bénéfices soit consacrée à la transition énergétique de la France

Dupont-Aignan (DLR) : Mettre en place dans les DOM-TOM  une action d’équipement en photovoltaïque des maisons et des toits de bâtiments commerciaux et industriel

Dupont-Aignan (DLR) : Renforcer les filières d’énergie marine renouvelable (éolienne, hydro-éolienne et géothermie)

Dupont-Aignan (DLR) : Valoriser les fonds marins (métaux précieux et rares, hydrocarbures)

Hollande (PS) : Favoriser la montée en puissance des énergies renouvelables en soutenant la création et le développement de filières industrielles dans ce secteur.

Le Pen (FN) : Soutien de la recherche en matière d’énergies renouvelables. Couvrir 10 à 15% des besoins énergétiques par les énergies renouvelables.

Bayrou (MODEM) : Développement massif des énergies renouvelables qui devraient atteindre en 2030 40% de la production électrique française ;

Bayrou (MODEM) : Stabiliser et simplifier les règlementations administratives et fiscales pour les énergies renouvelables sur les 20 prochaines années ;

Bayrou (MODEM) : Créer un consortium européen de l’énergie renouvelable, à l’image d’EADS, en lien avec nos partenaires européens ;

Bayrou (MODEM) : Orienter la politique énergétique européenne vers une politique de lutte contre le rejet de gaz à effet de serre, pensée et voulue en commun, même si chaque Etat garde la maîtrise de ses grands choix

Joly (EELV) : Faire de la France un leader industriel des énergies renouvelables, en produisant 40 % de notre énergie par des sources renouvelables dès 2020 (hors carburant)

Mélenchon (FDG) : Effort massif en faveur de la recherche, des filières technologiques et industrielles, des investissements, de la formation pour le développement des énergies renouvelables et leur utilisation publique ainsi que pour le traitement des déchets issus de la filière nucléaire

Mélenchon (FDG) : Lancement d’un réseau de géothermie profonde

Joly (EELV) : Zéro gaz de schiste

Cheminade (S&P) : Remplacement d’une économie de carburants fossiles pour les transports (charbon, pétrole…) par une économie de l’hydrogène. « Tous les modes de production et les applications mécaniques doivent être testés, pour la mise au point de piles à combustibles. » « A terme, le pétrole ne devrait plus être un carburant, mais la matière première de la pétrochimie »

Le Pen (FN) : Valorisation des recherches dans le domaine de l’hydrogène et soutien au programme ITER à Cadarache.

Le Pen (FN) : Favoriser l’exploitation des richesses du sous-sol, qu’elle soit pétrolière ou aurifère en Guyane ou encore liée au nickel en Nouvelle-Calédonie. Des financements publics assureront les développements portuaires et routiers.

Economies d’énergies et sobriété énergétique

Bayrou (MODEM) Rénover le bâti ancien pour limiter nos émissions de CO2 : simplifier et amplifier significativement le mécanisme des certificats d’économie d’énergie

Bayrou (MODEM) : Créer un organisme public / privé pour accompagner les projets de rénovation énergétique, intervenant directement auprès des particuliers propriétaires ou des entreprises pour les conseiller dans les travaux les plus efficaces à envisager et pour faire le suivi des travaux afin que ces derniers soient effectués avec le plus d’efficience possible

Bayrou (MODEM) : Moduler la taxe sur le foncier bâti en fonction de la performance énergétique des bâtiments ;

Joly (EELV) : Rénover un million de logements par an, d’ici 2020, au niveau «basse consommation d’énergie », en commençant par ceux dans lesquels vivent les huit millions de personnes en situation de précarité énergétique. Les bâtiments publics seront tous rénovés d’ici 2030

Mélenchon (FDG) : Mise aux normes énergétiques des logements et de l’ensemble des bâtiments publics. Création pour les particuliers d’une allocation sur condition de ressources pour financer la rénovation thermique des logements.

Hollande (PS) : Lancement d’un vaste plan qui permettra à 1 million de logements par an de bénéficier d’une isolation thermique de qualité

Hollande (PS) : Nouvelle tarification progressive de l’eau, de l’électricité et du gaz afin de garantir l’accès de tous à ces biens essentiels et d’inciter à une consommation responsable.

Déchets, nuisances et santé 

Joly (EELV) : Mise en place d’une stratégie nationale contre le gaspillage : extension du système de bonus-malus aux produits électroménagers, allongement de la garantie des produits, soutien au secteur de la réparation, etc.

Joly (EELV) : Refonte de la législation sur les déchets, avec un plan de fermeture progressive des incinérateurs, à mesure de la montée en puissance des filières alternatives. Le suivi des déchets de construction sera mis en oeuvre pour garantir leur tri et leur recyclage.

Mélenchon (FDG) : Développement des consignes pour que l’usager ne paie plus le prix des emballages

Mélenchon (FDG) : Renforcement de la législation contre l’utilisation de molécules chimiques qui nuisent à la santé

Joly (EELV) : Réduction du seuil légal d’exposition aux pollutions électromagnétiques et mise en place de plans d’actions locaux pour lutter contre la pollution de l’air.

Mélenchon (FDG) : Limitation de la publicité dans l’espace public

 

Révolution énergétique : des Bretons à la pointe

Zéro atome, zéro pétrole à l’horizon 2030 ! Grâce à l’inventivité et la pugnacité de ses habitants, le pays du Mené, en Bretagne, s’est lancé dans une révolution verte aux résultats probants.  Weronika Zarachowicz Télérama n° 3238 Le 3 février 2012

 Nous sommes en 2012 ; toute la France est envahie par le nucléaire. Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Bretons résiste encore grâce à une arme redoutable : la potion verte. Même si l’image agace ces irréductibles, il y a bien une pointe d’Astérix dans ce coin de Bretagne, devenu en une dizaine d’années une référence en matière énergétique. Dans les vertes collines du pays du Mené, dans les Côtes-d’Armor, sept villages de granit réussissent une révolution douce et de bon sens, faite de chaudières à bois, d’éoliennes, d’huilerie de colza ou d’usine de méthanisation. Avec, en ligne de mire pour 2030, une autonomie énergétique totale. Zéro atome, zéro pétrole… et sans retour à la bougie.

Comment ce projet culotté, à rebours du modèle nucléaire dominant, a-t-il germé là, dans ce pays longtemps défavorisé par ses sols pauvres et son relief accidenté ? Sans doute parce que l’énergie, avant de devenir un projet économique et écologique collectif, fut d’abord celui d’une poignée d’individus à forte tête, quelques agriculteurs-pionniers-explorateurs portés par l’envie de sauver leur pays. 

« Soit on se prenait en main, soit notre territoire allait mourir, car on cumulait les handicaps », résume Dominique Rocaboy, le défricheur, l’un des premiers agriculteurs en France à s’être équipés de panneaux photovoltaïques, pdg de l’usine de méthanisation Géotexia. Non seulement Le M­ené dépendait d’une monoactivité – le centre d’abattage Kermené, qui emploie près de la moitié des six mille cinq cents habitants –, mais il devait affronter une urgence : la pollution des sols, due aux excédents de lisiers de porcs. « Le déclic a eu lieu en 1995, au Salon des fourrages de Plessala, un vrai laboratoire d’idées qui a accueilli quarante-trois mille personnes. »

Réunis au sein du MIR (Mené initiatives rurales), qui regroupe élus, agriculteurs et associations, nos aventuriers multiplient alors les voyages d’études en Europe. Et notamment à Güssing, bourgade déshéritée de l’Autriche rurale qu’un maire visionnaire décida d’affranchir du p­étrole et du déclin, il y a vingt ans, et devenue le premier village vert d’Europe, 100 % autonome grâce aux énergies renouvelables.

Les pionniers du Mené en reviennent convaincus, ils utiliseront ce qu’ils ont sous leurs pieds avant de chercher ailleurs : les déjections de porcs et les boues issues de l’industrie agroalimentaire. Ils choisissent un procédé encore peu utilisé en France : la méthanisation, qui consiste à laisser fermenter les déchets sans oxygène pour en tirer des biogaz (surtout du méthane et du CO2) et produire de l’électricité ! En activité depuis la mi-décembre, Géotexia, qui est détenue à 34 % par une trentaine d’agriculteurs, traite 75 000 tonnes de lisiers et de produits agroalimentaires, et produit entre 12 et 15 gigawattheures par an, l’équivalent de la consommation électrique domestique du Mené pour une même période.

Chemin faisant, l’énergie verte gagne les esprits, sur l’impulsion de quelques élus. Et les initiatives fleurissent, toutes adossées aux ressour­ces du territoire. A Saint-Gouéno, un autre pionnier, l’agriculteur et maire Jacky Aignel, se plonge dans « les anciens manuels de M. Diesel, qui a tout inventé à partir de l’huile de ricin ! ». Il crée l’huilerie Menergol, qui propose une alternative au pétrole par la pressurisation à froid des graines de colza. « C’est interdit en France pour les voitures individuelles, à la différence de l’Allemagne. Mais on peut alimenter plus de trois mille tracteurs, soit trois fois nos équipements sur la communauté de communes. Et avec les déchets des graines, on produit des tourteaux de colza pour nourrir les bêtes. Résultat : on n’importe plus de soja brésilien, on se réapproprie les moyens de production, on diminue la longueur des circuits de distribution et nos émissions de CO2 ! »

Des chaudières collectives, alimentées avec du bois produit localement, chauffent logements et bâtiments publics. Ajoutez des panneaux photovoltaïques, des éoliennes. « Les énergies renouvelables couvrent 25 % des besoins de la communauté de communes ; on vise les 75 % pour 2020 et les 100 % pour 2030 grâce également aux économies d’énergie, sourit Marc Théry derrière sa belle moustache blanche. Avec le seul éolien, nous pourrions produire assez d’électricité pour alimenter les habitants de Saint-Brieuc ! » Si le projet du Mené s’est épanoui, c’est aussi grâce à lui : polytechnicien, ex-pdg de Rowenta et Somfy, et devenu, par le hasard d’une maison achetée dans la région, chargé de mission énergie du Mené !

“Les collectivités ont peu de moyens.  Mais la détermination de certains élus et de certains citoyens y supplée. L’avenir est à une énergie décentralisée et démocratisée.”

« L’enjeu énergétique est au cœur des territoires, résume-t-il, mais les collectivités ont peu de moyens et pas de grand pouvoir légal. Mais la détermination de certains élus et, de plus en plus, de certains citoyens y supplée. L’avenir est à une énergie décentralisée et démocratisée. » Cent quarante familles, mini-entrepreneurs énergétiques, viennent d’investir ensemble dans le prochain défi du Mené : un site de six éoliennes. Le pouvoir (et l’électricité) au peuple, en somme.

« Nous refusons de rester atomisés, dans les deux sens du terme », lance le maire, Jacky Aignel, qui énumère les autres projets à venir, la construction de logements énergétiquement autonomes, une ZAC consacrée aux énergies renouvelables. Avec Dominique Rocaboy, il vient de se remettre à l’anglais pour animer un réseau européen de petites communes rurales pour la neutralité énergétique.

Pas question d’« opposer le local au global, mais si on n’est pas costaud dans le local, on ne sera rien dans le global ». La potion verte pourrait bien irriguer le reste de la France.

 


La riposte des Etats pro-nucléaires européens

Le commissaire à l’Energie veut influer davantage sur les choix énergétiques des gouvernements. Les Etats favorables au nucléaire, réunis à Paris, ont déclaré vouloir rester souverains dans la constitution de leur bouquet énergétique. 10/02/2012

C’est la réponse du berger à la bergère. 16 pays* de l’Union européenne favorables au développement de l’énergie nucléaire étaient présents à Paris, vendredi 10 février. L’occasion pour eux de réaffirmer leur attachement au nucléaire dans leur mix énergétique.  Et de renvoyer dans ses buts le commissaire européen à l’Energie. Lors d’une conférence au comité économique et social européen à Bruxelles, l’Allemand Günther Oettinger, a déclaré le 31 janvier qu’il souhaitait que la Commission acquière « une compétence totale, y compris sur le bouquet énergétique et sur les décisions relatives au traitement de l’énergie ». Seule manière, selon lui, de construire un projet énergétique commun dans l’UE. 

« Les renouvelables auront plus de valeur »

« Pour le moment, ce sont les Etats membres qui s’en occupent, mais je pense que le Parlement et le Conseil devraient prendre le relais. » « Des arguments solides plaident en faveur d’une compétence renforcée [pour la Commission] », a ajouté M. Oettinger. « Au cours de la prochaine décennie, les énergies renouvelables auront plus de valeur dans le bouquet énergétique [de l’UE]. » Aujourd’hui, les Etats de l’UE sont totalement libres de choisir les énergies qu’ils souhaitent produire ou utiliser, dans la limite des objectifs européens sur le climat.   Ces propos du commissaire ont peu de chances d’être suivis d’effets. Et n’ont pas manqué de déplaire dans les capitales de l’UE. Au premier rang desquelles la France, dont le bouquet énergétique fait la part belle à l’électricité d’origine nucléaire (environ 75%). 

« Heurté »

« J’ai été heurté d’entendre que l’Europe serait en train de sortir du nucléaire. C’est faux tant dans la production électrique que dans le nombre de pays concernés », a déclaré le ministre de l’Energie Eric Besson lors d’une conférence de presse à l’issue de la rencontre sur le nucléaire à Paris. Il faut maintenir « la liberté pour chacun des pays de choisir son mix énergétique, même si nous sommes interdépendants », a-t-il ajouté. Sans surprise, le Royaume-Uni soutient la France quand il s’agit de garder hors des griffes de Bruxelles un pan de sa souveraineté nationale. « Il est essentiel de jouer sur un pied d’égalité et que chaque pays soit libre de prendre ses décisions » sur son mix énergétique, a indiqué le secrétaire d’Etat britannique au Commerce James Sassoon.  Depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon, des débats ont eu lieu en Allemagne, en Italie, en Belgique et même en France sur la place de cette énergie dans les bouquets énergétiques. Dans le même temps, les objectifs de développement des renouvelables de l’UE pour 2020 risquent de ne pas être atteints. 

« Pas une alliance »

Cette rencontre informelle des pays européens favorables à l’utilisation du nucléaire « n’est pas une alliance, ni même un groupe formel », a déclaré Eric Besson. Elle vise néanmoins à faire entendre la voix des pays qui sont bien décidés à maintenir une place de choix au nucléaire dans leur bouquet énergétique, notamment en prolongeant la durée de vie de leur centrale.  Reprenant le laïus maintes fois répété par la France à Bruxelles, notamment lors des négociations sur les objectifs climatiques de l’UE pour 2020, Eric Besson a martelé : « Notre préoccupation est l’énergie décarbonnée, le nucléaire peut avoir sa place. » Les ministres présents lui ont emboité le pas. 

Point d’étape

Interrogés sur l’augmentation des coûts du nucléaire à l’avenir, le ministre français a lié ce débat à celui du renforcement de la sûreté des centrales et rappelé que la décision de faire des audits en Europe avait été prise collectivement après Fukushima. En France, l’Autorité de sûreté nucléaire estime le surcoût à 10 milliards d’euros.  La rencontre des ministres européens, prévue depuis début décembre, a eu lieu une semaine avant le point d’étape de la Commission européenne sur ces « stress tests ».

Les ministres de l’Energie ont rendez-vous à Bruxelles le 14 février. 

Quant aux 16 Etats pro-nucléaires, ils devraient se retrouver la prochaine fois au Royaume-Uni. Mais aucune date n’a été arrêtée. 

*Bulgarie, Espagne, Estonie, Finlande, France, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie et Suède. 

Clémentine Forissier

Source : http://www.euractiv.fr/riposte-etats-pro-nucleaires-article
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L’énergie, une question plus idéologique que technique chez les candidats

À l’occasion du 13e colloque du syndicat des énergies renouvelables (SER) le 7 février, plusieurs candidats ou leurs représentants ont exposé leurs ambitions en matière d’énergie renouvelables et de politique énergétique. Usine Nouvelle Le 08 février 2012 par Ludovic Dupin

Après une journée complète de conférences dans l’amphithéâtre de l’Unesco à Paris, ce mardi 7 février, le SER a invité six candidats à la présidentielle à débattre sur les énergies renouvelables. L’académicien Erik Orsena avait été désigné, pour l’occasion, maître de cérémonie. Il lançait la discussion en déclarant : « La façon dont on produit et distribue l’énergie décrit la société dans laquelle on appartient ». Mais difficile de voir quel est ce choix de société proposé par chaque candidat, tant tous se sont inscrit plus ou moins dans la même démarche.

Ce non-débat tenait plus de la prise de position idéologique de chacun que de réelles ambitions s’appuyant sur l’exemple et la connaissance technique. Ainsi, les énergies renouvelables, encensées par tous les candidats, ont été considérées comme un tout sans différencier les différentes technologies et leur pertinence. Sur le sujet de l’atome, on peut noter que tous ont milité pour une réduction de sa part dans le mix énergétique suivant un éventail de possibilité. L’UMP vise 60 % en 2050 tandis qu’EELV annonce une sortie à court terme sur 20 ans. Au cours des discussions, on peut regretter, ou s’étonner, que les notions de réseaux, d’intermittences des énergies renouvelables, de stockage ou de gaz naturel n’aient jamais été abordées, ou seulement de manière très périphérique par un ou deux candidats…

A CHACUN SES PROPOSITIONS

La seule empoignade a eu lieu entre la représentante de François Hollande, Marie Hélène Aubert, et celle du possible candidat Nicolas Sarkozy, Chantal Jouano. La première accusait l’UMP d’avoir entravé l’émergence des énergies renouvelables par des cadres législatifs instables, en particulier pour le photovoltaïque et l’éolien à terre. La représentante UMP y répondait par le fait que jamais autant n’avait été fait pour ces énergies que depuis ces cinq dernières années. Un argument avancé à plusieurs reprises par le Syndicat des énergies renouvelables, même s’il invite à accentuer encore cet effort. C’est au final sur des questions de financement de la transition énergétique et des projets d’énergies renouvelables que les propositions les plus intéressantes ont été entendues. Tour d’horizon de quelques propositions :

Marie-Hélène Aubert, représentante de François Hollande, candidat PS
François Hollande vise un renforcement des prérogatives des collectivités locales et la prise en compte des contextes régionaux pour l’énergie. « Il faut restaurer la confiance grâce à un cadre réglementaire clair malgré les vicissitudes imposées par le dernier gouvernement », explique Marie-Hélène Aubert, faisant référence au moratoire sur la filière photovoltaïque de début 2011. Le financement des projets d’énergies renouvelables sera entre autres assurés par la banque publique d’investissement, proposée par le candidat PS.

Eva Joly, candidate d’Europe Ecologie – Les Verts
« L’Etat centralisé, Jacobin, empêche d’avoir un débat censé sur le nucléaire », juge la candidate. Or les énergies renouvelables sont une question à traiter par les territoires. Ces programmes doivent être acceptés et financés par les citoyens à travers l’investissement direct dans des projets locaux ou en investissant dans un livret vert.

Yann Wherling, représentant de François Bayrou, candidat du Modem
La première nécessité serait de faire changer les consciences pour arrêter de penser que l’énergie est bon marché. Elle sera de plus en plus chère quelle que soit la solution choisie. Le candidat Bayrou souhaite débrider la législation qui entoure les énergies renouvelables, qu’il juge nécessaires à l’indépendance du pays. En matière de financement, le Modem se dit intéressé par le mécanisme des certificats d’énergie.

Corinne Lepage, Candidate de Cap 21
Corinne Lepage annonce le passage d’une société pétrolière avec un appendice nucléaire à une société basée sur les énergies renouvelables. Le financement de cette transition serait assuré par le programme « Soleil ». Il s’agit d’un fonds d’investissement de 300 milliards sur 30 ans. Il serait alimenté par la rente nucléaire, par la fiscalité sur les hydrocarbures, par les quotas de CO2 et par un livret bancaire.

Michel Agostini, représentant de Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche
L’accès à l’énergie est un droit fondamental car il initie tous les autres droits du citoyen (école, santé…). Le Front de gauche affirme qu’il faut arrêter de parler des « caisses vides de l’État » et reprendre la main sur les finances. Le parti invite entre autres à la création d’un pôle public bancaire pour financer, entre autres, les filières renouvelables. Par ailleurs, il veut utiliser la méthode de la « planification écologique », qui sort l’énergie des logiques de marchés, et s’appuie sur des temps longs. Par ailleurs, il appelle à mettre en place un nouveau « plan Mesmer » (ndr : plan à l’origine du programme nucléaire) en faveur de la sobriété énergétique.

Chantal Jouano, représentante de l’UMP
Dans la foulée du Grenelle de l’environnement, l’UMP mise sur un outil de production décarbonné misant sur le nucléaire et les énergies renouvelables. Pour financer ces dernières, le parti imagine un financement à l’échelle européenne reposant sur la taxe carbone. Enfin, l’ancienne ministre, aujourd’hui sénatrice de Paris, lance la piste d’un EADS des énergies renouvelables.

Energie: la commission Besson plaide pour la poursuite du nucléaire

La commission d’experts missionnée en septembre par le ministre de l’Energie, Eric Besson, pour examiner différents scénarios énergétiques à l’horizon 2050, plaide pour une prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires, selon une « synthèse » provisoire. Sciences et Avenir le 30-01-2012 

Le rapport définitif de la commission, présidée par le professeur d’université Jacques Percebois, sera rendu public le 13 février, a-t-on appris auprès d’un membre du comité.

Selon une « synthèse générale » provisoire, obtenue par l’AFP, « l’analyse des scénarios énergétiques à 2050 » montre « en particulier que la trajectoire optimale pour notre pays consiste à prolonger la durée de vie des centrales existantes aussi longtemps que l’Autorité de sûreté nucléaire le permettra ».

La conclusion des experts s’oriente aussi vers la nécessité de « prévoir un petit nombre d’EPR pour lisser la production au moment de la fermeture des centrales les plus anciennes, et à préparer l’avenir en poursuivant activement le développement de la génération 4 » des réacteurs.

La commission laisse pour autant « ouverte » la question de la part — 75% aujourd’hui — que devrait représenter le nucléaire dans la production électrique française en 2050.

Le gouvernement avait annoncé en septembre la création de cette commission « pluraliste » chargée d’évaluer différents scénarios existants, et notamment ceux prévoyant une sortie du nucléaire.

Les ONG avaient toutefois refusé d’y siéger, jugeant la composition de la commission trop pro-nucléaire et refusant d’être associées à un rapport publié juste avant l’élection présidentielle.

Dans la « synthèse » provisoire, la commission formule sept recommandations appelant notamment à « s’interdire toute fermeture administrative d’une centrale nucléaire qui n’aurait pas été décidée par l’exploitant à la suite des injonctions de l’autorité de sûreté » mais aussi à « faire de la sobriété et de l’efficacité énergétique une grande cause nationale ».

Sur la question du prix de l’énergie, les experts constatent que « tous les scénarios s’accordent sur une perspective de hausse durable des coûts énergétiques » et appellent à « s’engager courageusement dans une politique de vérité (c’est-à-dire de hausse) des prix de l’énergie ».

Interrogés par le site Mediapart, qui publie certaines parties du rapport, deux experts « indépendants », l’économiste Benjamin Dessus et le physicien Bernard Laponche, membres de l’association Global Chance, qualifient ce document encore provisoire d' »exercice médiocre, biaisé par des erreurs factuelles ».