Europe et Environnement: la Commission présente un plan d’action pour la sauvegarde des ressources en eau de l’Europe

La Commission a lancé un plan d’action pour la sauvegarde des ressources en eau de l’Europe. Il s’agit d’une stratégie visant à assurer la disponibilité d’une eau de qualité en quantité suffisante pour répondre aux besoins des populations, de l’économie et de l’environnement. Bruxelles, le 15 novembre 2012

Un document utile dans le cadre du recours européen contre le projet d’Ayraultport de Notre Dame des Landes: 

voir: Aéroport de Notre-Dame-des-Landes: La voie de sortie européenne

En dépit des améliorations réalisées ces dernières années, la qualité des eaux de l’UE laisse à désirer. Le problème relatif à la quantité d’eau est tout aussi préoccupant, une partie toujours plus importante de l’Europe étant frappée par la rareté de cette ressource, tandis qu’un trop grand nombre d’États membres subissent de plus en plus d’événements exceptionnels, tels que des inondations.

Nous devons redoubler d’efforts pour régler les problèmes anciens et émergents, notamment la pollution de l’eau, le captage d’eau pour l’agriculture et la production d’électricité, l’utilisation des sols et les effets du changement climatique. Des mesures plus strictes s’imposent pour aider l’UE à protéger ses ressources en eau et à faire un usage plus rationnel de ses ressources en général (y compris en eau).

Janez Potočnik, membre de la Commission européenne chargé de l’environnement, s’est exprimé en ces termes: «Le plan d’action montre que nous avons bien cerné les problèmes auxquels nous devons faire face et que nous disposons d’une base solide pour les régler. Le moment est venu de passer à l’action afin de tirer pleinement avantage de notre législation et d’ouvrir la voie à des solutions novatrices dans le domaine de la politique de l’eau et dans le secteur de l’eau. Il faut établir un équilibre durable entre la demande et l’offre dans ce secteur, en tenant compte des besoins tant des populations que des écosystèmes naturels dont elles dépendent.»

Un plan d’action

Pour atteindre l’objectif d’un bon état de l’eau d’ici à 2015 déjà fixé par la directive-cadre sur l’eau, le plan d’action sur l’eau propose une approche à trois volets:

  • améliorer la mise en œuvre de la politique de l’eau actuelle de l’UE en exploitant pleinement les possibilités offertes par les lois en vigueur. A titre d’exemple, il conviendrait de favoriser le recours aux mesures de rétention naturelle des eaux, telles que la restauration des prairies humides et des plaines inondables, et d’améliorer la mise en œuvre du principe du «pollueur‑payeur» grâce au comptage, à la tarification et à une meilleure analyse économique;
  • favoriser l’intégration des objectifs de la politique de l’eau dans les autres domaines d’action concernés tels que l’agriculture, la pêche, les énergies renouvelables, le transport, ainsi que dans le Fonds de cohésion et les Fonds structurels;
  • combler les lacunes du cadre existant, en particulier en ce qui concerne les instruments nécessaires pour parvenir à une utilisation plus rationnelle de l’eau. À cet égard, le plan d’action prévoit la fixation, par les États membres, d’objectifs en matière de comptabilité de l’eau et d’utilisation rationnelle de cette ressource, ainsi que l’élaboration de normes de l’UE en ce qui concerne la réutilisation de l’eau.

Le plan d’action sur l’eau ne définit pas un cadre étroit contenant une solution unique pour tous, mais propose aux États membres une panoplie d’instruments susceptibles d’améliorer la gestion de l’eau à l’échelle nationale, régionale et des bassins hydrographiques.

Le plan d’action sur l’eau précise que la question de la protection de l’eau ne se limite pas à l’aspect environnemental, mais est aussi une question de santé et de bien‑être, qui a également des répercussions sur la croissance et la prospérité économiques. Le plan d’action vise à s’assurer que le secteur de l’eau de l’UE exploite pleinement ses possibilités de croissance et que tous les secteurs économiques qui dépendent de la disponibilité d’une eau d’une certaine qualité puissent prospérer et stimuler ainsi la croissance et la création d’emplois. Le plan d’action bénéficie du soutien du partenariat d’innovation sur l’eau lancé en mai 2012.

Prochaines étapes

La mise en œuvre des propositions présentées dans le plan d’action se fera dans le cadre de la stratégie commune de mise en œuvre de la directive‑cadre sur l’eau. Il s’agit d’un processus ouvert et participatif qui réunit les États membres, des organisations non gouvernementales et des entreprises. Le calendrier du plan d’action sur l’eau est étroitement lié à celui de la stratégie Europe 2020 de l’UE et, en particulier à celui de la feuille de route pour une utilisation efficace des ressources, dont le plan d’action est le volet consacré à l’eau. Toutefois, l’analyse présentée dans le plan d’action couvre une période plus longue, qui court jusqu’à 2050, et devrait orienter les politiques de l’eau de l’UE à plus long terme.

Contexte

En 2000, la directive-cadre sur l’eau a établi une base juridique destinée à protéger et à remettre en état les eaux européennes, ainsi qu’à assurer leur exploitation durable à long terme. L’objectif général de la directive-cadre sur l’eau est de faire en sorte que toutes les eaux de l’UE, qu’il s’agisse des lacs, des fleuves, des rivières ou des nappes phréatiques, atteignent un bon état d’ici à 2015. Mais la réalisation des objectifs des politiques de l’UE dans le domaine de l’eau est menacée par plusieurs problèmes anciens et émergents. Le plan d’action pour la sauvegarde des eaux de l’Europe est la réponse apportée par l’UE pour relever le défi permanent qui consiste à atteindre les objectifs de la politique de l’UE dans le domaine de l’eau. Les propositions contenues dans le plan d’action sur l’eau sont le fruit d’un processus de vaste consultation du public et des parties prenantes.

Lors de l’élaboration du plan d’action, il a été procédé à une évaluation des plans de gestion des bassins hydrographiques des États membres de l’UE et de la politique de l’UE concernant la rareté de l’eau et les sécheresses. L’évaluation a révélé que la législation actuelle sur l’eau présente encore certaines lacunes, ainsi que des faiblesses considérables sur le plan de la mise en œuvre. Elle souligne également qu’il est nécessaire de régler les conflits entre la politique de l’eau et les objectifs d’autres politiques.

Pour plus d’informations:

Page Web de la Commission consacrée au plan d’action pour la sauvegarde des ressources en eau de l’Europe:

http://ec.europa.eu/environment/water/blueprint/index_en.htm

Ecologie : Hollande doit revoir sa copie

Jeudi 20 Septembre 2012

SUPERNO – BLOGUEUR ASSOCIÉ
Quadra d’origine lorraine, travailleur de l’informatique, et écologiste tendance… En savoir plus sur cet auteur

Lors de la conférence environnementale qui s’est tenue les 14 et 15 septembre, François Hollande a annoncé la fermeture de la centrale de Fessenheim et le rejet de permis d’exploration de gaz de schiste. Pourtant, pour notre blogueur associé SuperNo, la politique écologique du gouvernement socialiste n’est guère convaincante…

(François Hollande, septembre 2012 – MOUSSE-POOL/SIPA)
Ha ! Ca y est ! Fini de critiquer les «socialistes» : c’est officiel, ils sont enfin devenus écolos ! D’ailleurs, Cécile Duflot l’a dit, c’est quand même une preuve. Le miracle ne s’est pas produit à Lourdes, mais à Paris, lors de la Conférence Environnementale, une causerie de deux jours réunissant toute la hiérarchie gouvernementale, Hollande et Ayrault compris ; ainsi que la crème des zécolos dont le pays peut s’enorgueillir. Y’avait même Nicolas Hulot, c’est dire comme c’était sérieux.

Bon, déjà Ayrault qui parle d’écologie, c’est à peu près aussi improbable que Ribéry qui parlerait de grammaire, ou Larcher de diététique. Son comportement hautain et implacable dans la lamentable et ridicule affaire de l’Ayraultport de Notre-Dame des Landes, projet anachronique à la seule gloire de l’édile local et preuve irréfutable de son incompréhension de l’avenir, invalide totalement tout discours qu’il ferait sur le sujet. Quant à la ministre de l’Environnement, Delphine Batho, quel crédit apporter à cette protégée de Ségolène Royal, incapable de comprendre qu’une députée n’a rien à foutre dans un logement social ? Cécile Duflot, emportée par l’ambiance débilitante de l’instant, se lâche et couche sur Twitter les mots suivants : «Je pèse mes mots : ce discours du président de la République est historique et infiniment émouvant à entendre pour une écologiste».

Bon, on arrête de ricaner dans le fond, je vous vois, c’est pas charitable. C’est vrai, quoi. Depuis qu’il a été élu, on aurait cru qu’Hollande faisait tout pour désespérer les écolos. Comme le dit si bien Zgur, «à force d’avaler des boas, les ministres EELV vont finir par mettre l’espèce en danger». Et là, pour une fois que Hollande déclare qu’il va fermer la centrale de Fessenheim, les nerfs de Duflot lâchent.Vu que le Sarkozy du début de son quinquennat, estampillé Nicolas Hulot et Grenelle de l’environnement, faisait à peu près les mêmes discours, tout en étant un ennemi irréductible de l’écologie, Cécile Duflot devrait être plus prudente.

DES MESURES INEFFICACES
Redevenons sérieux cinq minutes. La fermeture de Fessenheim, c’est tout de même pas un scoop, non ? C’était même une des rares promesses précises de la campagne ! Et encore, il va falloir attendre 2016, en priant qu’il n’y ait pas de problème d’ici là… La fermeture de cette ruine semblait relever de l’évidence à tout le monde… Bon, sauf à Estrosi, bien sûr, qui n’est plus à une connerie près, et déclare que cela va «mettre en péril notre indépendance énergétique»… Y’a quelqu’un qui lui explique que l’uranium ne s’extrait pas sur la Promenade des Anglais, mais qu’on le pille au Niger, en toute indépendance ? En même temps, essayer d’expliquer quelque chose à Estrosi, difficile de savoir par où commencer…

Et au fait, Madame Duflot, quand vous aurez fini de sécher vos larmes d’émotion, pouvez-vous confirmer que Fessenheim sera la seule centrale fermée ? Il restera donc 56 réacteurs sur 58 en 2017 ? Ah, non, 57, même… L’EPR de Flamanville est toujours au programme ! Sachant que la production de l’EPR devrait équivaloir à celle des deux réacteurs de Fessenheim, on appréciera la réduction de la production nucléaire… Du foutage de gueule véritable. D’autant que la décision concernant le deuxième EPR à Penly semble tout sauf «irrévocable» (comme disait Noël Mamère). Car ils sont nombreux dans l’ombre au P”S” à penser comme Allègre et Montebourg que le nucléaire est une énergie d’avenir…

Je ne vais pas encore parler longuement de bagnole. Oh, il y a bien le petit délire d’Ayrault, qui les verrait bien consommer 2 litres aux 100 km d’ici 10 ans. Pourquoi 2, et pas 1 ? Il a dû inventer le chiffre juste avant de monter à la tribune, pour tenter de faire oublier le ridicule de la «baisse des prix »… Et d’ici 10 ans ? Ben rien… Le diesel ? Rien. La détaxation de ce carburant et la prolifération des bagnoles qui le consomment, alors même qu’elles sont officiellement cancérigènes, c’est le pur résultat de l’incompétence et de la corruption de politiciens. C’est même une prédécesseuse de Cécile Duflot, Dominique Voynet, qui collait des vignettes vertes sur des bagnoles qui fumaient noir. Nous risquons fort de nous retrouver avec une nouvelle affaire de l’amiante, et tout le monde s’en fout.

Le comique, c’est que Hollande continue à faire de la publicité gratuite pour une bagnole hors de prix et technologiquement aberrante. Peugeot vire des gens ? Après avoir fait des moulinets montebourgeois pour faire croire que le gouvernement pouvait s’y opposer, on s’achemine vers un classique subventionnement des licenciements. Si ces «socialistes» étaient vraiment dignes de l’émotion de Cécile Duflot, ils prendraient acte de la fin de l’industrie automobile et se lanceraient à corps perdu dans la reconversion de la filière.

GAZ DE SCHISTE : UN RISQUE D’EXPLOITATION MALGRÉ LA PROMESSE DE HOLLANDE
Mais l’annonce jugée la plus spectaculaire, c’est à propos des gaz de schistes : pas de permis d’exploration sur le quinquennat. Enfin, nuançons un petit peu… Comme certains l’ont remarqué (mais pas Cécile Duflot, qui ce matin encore sur France Inter a joué les connes et à fait mine d’ignorer que de nouvelles techniques voient le jour), c’est uniquement la technique de la «fracturation hydraulique» qui est visée. Dès lors qu’une technique légèrement différente sera employée, la digue s’effondrera. Un peu comme l’opposition à un traité Merkozy dès lors qu’on y accole le mot «croissance» dans un coin… Car une chose est sûre : s’il y a vraiment autant de gaz qu’on le prétend dans le sous-sol français, il sera exploité un jour ou l’autre. Quelle que soit l’opposition. Au diable le réchauffement climatique, vive les zemplois, le gaz pas cher et «l’indépendance énergétique» !

Vous avez peut-être vu le documentaire d’Envoyé Spécial la semaine dernière, qui montrait le désastre aux Etats-Unis. Outre la pollution irrémédiable des nappes phréatiques (c’est pas grave, on achètera de l’eau en bouteille fournie à prix d’or par les multinationales et puisée dans les rares secteurs préservés), concrètement le massacre se caractérise entre autres par un ballet incessant et monstrueux de camions, dévastant tout sur leur passage. Vacarme, boue, poussière : ambiance «Mad Max» à deux pas de chez vous. Car les puits de gaz de schiste, contrairement à ceux des champs géants de pétrole, peuvent se compter par milliers, et éclore dans votre jardin (il paraît par exemple que la Lorraine en est farcie).

Même si Hollande tenait sa promesse, elle ne vaut que jusqu’en 2017. Là, il est plus que probable qu’un UMP aux crocs acérés va le remplacer, et va sans tarder annoncer que vu l’échec des «socialistes», il faut d’urgence relancer le programme nucléaire et démarrer le massacre du territoire au profit de cupides zentrepreneurs (parmi lesquels le frère Balkany …). N’oublions pas que les «écolos» Borloo et NKM avaient signé en loucedé les premiers permis d’exploration. Je parie même que ce sera la mesure-phare de la campagne 2017, et que nombreux seront les chômeurs des régions sinistrées (comme la Lorraine) qui voteront UMP pour cette seule raison. L’éternel problème des crocodiles qui plébiscitent leurs maroquiniers.

UNE ABSENCE DE CHANGEMENT
Si madame Duflot voulait bien se donner la peine de s’élever de son fauteuil de ministre, d’oublier les beaux discours qui n’engagent que les naïfs qui y croient, elle comprendrait pourtant qu’il n’y a pas de quoi s’ébaudir. Aucune surprise. Rien n’a changé depuis Sarkozy et même bien avant. Les mots-clés restent les mêmes : croissance, compétitivité (Moscovici a encore répété que ce n’était «pas un gros mot»), relance, consommation, bagnole, bétonnage… La logique libérale, la logique patronale, la logique financière. Ce ne sont pas les mots de l’avenir, mais au contraire ceux du passé. Un passé dont ni Hollande, ni Ayrault, ni les autres ne semblent avoir compris qu’il était… passé ! Les trente glorieuses, c’était il y a 40 ans, mais ils ne les ont pas vues passer…

Ne soyons pas chien, il y a au moins une bonne mesure qui a été annoncée : la mise en œuvre d’un important programme d’isolation des logements. Une lueur d’espoir, qui pourrait faire croire qu’ils auraient peut-être compris que l’énergie la moins chère et la moins polluante, c’est celle qui n’a pas besoin d’être produite.

Pas assez en tout cas pour pour pleurer de joie, pas assez pour effacer tout le reste…

Japon : la peur au ventre

Un an et demi après l’accident de Fukushima près de la moitié des aliments seraient contaminés par la radioactivité. Le poisson, le riz, les légumes, aliments de base des japonais ne sont plus sûrs.  Un reportage de Mathilde Pasinetti et Vivien Roussel. France 2. 6 septembre

Des centres de tests se sont ouverts un peu partout sur le territoire mais contrôler l’ensemble de la chaîne alimentaire est un travail titanesque, et une illusion. Aujourd’hui les pêcheurs de Fukushima ne pêchent plus sauf pour réaliser des tests, les agriculteurs ne vendent plus leurs produits même bradés et les consommateurs s’inquiètent, ils tentent de trouver des solutions …  Comment les Japonais vivent-ils cette chasse aux Becquerels ?

http://envoye-special.france2.fr/les-reportages-en-video/japon-la-peur-au-ventre-6-septembre-2012-4587.html

Les ONG se préparent à la Conférence environnementale

La conférence environnementale promise par François Hollande et prévue en principe en juillet, se tiendra finalement en septembre. La ministre de l’écologie, Delphine Batho, l’a assuré aux huit ONG de défense de l’environnement qu’elle a rencontrées le 27 juin. « Elle sera du même niveau que la conférence sociale qui se réunit les 9 et 10 juillet », a-t-elle annoncé aux responsables des associations reçus au ministère.

La ministre devrait proposer le 10 juillet, lors du Conseil national du développement durable et du suivi du Grenelle de l’environnement (CNDDGE), aux associations, syndicats, représentants du patronat et des élus locaux, une méthode et une organisation pour cette conférence. Différents groupes de travail, sur le mode de la conférence sociale, seront mis en place. Par Rémi Barroux LE MONDE  02.07.2012 

« Il y a une vraie attente de la part des organisations que j’ai rencontrées, a expliqué au Monde Mme Batho. Elles m’ont exprimé leurs inquiétudes au vu des résultats décevants de la conférence mondiale sur l’environnement, Rio+20. » Prudente, elle ne souhaite pas s’exprimer plus avant sur la future politique environnementale du gouvernement avant la déclaration de politique générale du premier ministre, mardi 3 juillet, devant les députés.

UN DOSSIER SENSIBLE POUR LES ONG

Mme Batho fixera alors un cap pour la rencontre de septembre, qui devrait se tenir sur deux jours, qui pourrait être ouverte par le président de la République et qui abordera tous les dossiers du Grenelle de l’environnement. Elle lancera notamment le débat sur la transition énergétique, préparatoire à une conférence qui devrait se tenir en octobre. La ministre veut aussi aborder les questions de gouvernance et de démocratie environnementale – agrément des associations, etc. -, un dossier très sensible pour les ONG.

Celles-ci ont d’ailleurs commencé les grandes manœuvres. Lundi 2 juillet, sept d’entre elles – Ecologie sans frontière, Générations futures, Réseau environnement santé, Robin des toits, Respire, Sea-Shepherd et Green Cross France – ont lancé une nouvelle fédération, le Rassemblement pour la planète.

Ces ONG, qui annoncent déjà le ralliement de nouvelles associations, font toutes le lien entre santé et environnement. Outre le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources naturelles et la chute de la biodiversité qui caractérisent, selon elles, la crise écologique, ces organisations insistent sur la« crise sanitaire ». Combat contre la pollution de l’air et de l’eau, contre les pesticides ou les champs électromagnétiques, lutte pour la biodiversité et la défense des océans, elles sont toutes spécialisées. « Nous voulons mutualiser nos expertises et les exprimer au niveau national », explique Nadine Lauvergeat (Générations futures), première présidente du Rassemblement pour la planète.

LIMITER L’INFLUENCE DE FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT

L’autre objectif, à peine caché, est de contrebalancer l’influence de France nature environnement (FNE). Et d’obtenir du gouvernement une révision du décret sur la représentativité des organisations de défense de l’environnement, qui opère une sélection selon des critères ne permettant l’agrément que des plus importantes d’entre elles.

« Ce décret a été écrit par le cabinet de l’ex-ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet et FNE, dans une stratégie de cogestion, et nous voulons qu’il soit revu », explique Frank Laval, président d’Ecologie sans frontière, en précisant que « le Rassemblement pour la planète sera un contre-pouvoir constructif ». Ces ONG, qui ont combattu le décret avec Greenpeace, WWF, Humanité et Biodiversité, rappellent que Delphine Batho l’avait dénoncé pour le Parti socialiste à l’Assemblée nationale.

Du côté de FNE, la nouvelle fédération est accueillie avec philosophie. « Les thématiques santé et environnement sont complémentaires des nôtres, dit Benoît Hartmann, porte-parole de FNE. Il y a de la place pour tout le monde et l’important est de réussir le rendez-vous sur l’environnement. » Et, selon lui, la conférence sociale de juillet ne doit pas « s’imposer à la conférence environnementale ».

Le nouveau Rassemblement pour la planète, associé entre autres à WWF, à la Fondation Nicolas Hulot et aux Amis de la Terre, a écrit au premier ministre, le 26 juin, pour lui demander d’être présents à la conférence sociale. Sans grand espoir, certains syndicats et le patronat y étant hostiles. « Les enjeux économiques, sociaux, fiscaux autour de l’environnement sont considérables, estime Mme Lauvergeat. Les deux conférences doivent être coordonnées. »

Un élément rassure cependant les ONG, inquiètes de voir une fois de plus l’environnement relégué. « Le volontarisme, voire l’ambition, de la nouvelle ministre devrait empêcher que notre conférence passe sous la table ; si l’environnement doit être son marchepied, profitons-en », confient plusieurs responsables associatifs.

Rémi Barroux

Appel pour une sortie de crise par l’écologie

Cette tribune est cosignée par Nicolas Bouleau, mathématicien, spécialiste de l’économie financière, diplômé de l’Ecole nationale des Ponts et chaussées, Dominique Bourg, philosophe à l’université de Lausanne et vice-président de la Fondation Nicolas Hulot, Gaël Giraud, économiste, chercheur au CNRS, et Nicolas Hulot. Une série de personnalités se joignent à cet appel à restaurer le primat du politique sur la toute-puissance des marchés (la liste complète est disponible à la fin de cette tribune). huffingtonpost.fr du 23 mai 2012

La débâcle économique et écologique à laquelle nous assistons découle de la perte organisée du contrôle des instances politiques sur les grands choix collectifs. L’idéologie néolibérale qui domine en partie le monde politique est fondée sur la croyance, quasi religieuse, en la toute-puissance des marchés; elle marginalise la sphère démocratique. Or, les conséquences du défaut de régulation, local et global, sont d’ores et déjà dramatiques: les inégalités explosent, les limites des ressources naturelles et la vulnérabilité des grands équilibres qui nous font vivre sont ignorées. 
Nous appelons avec force à un éveil des consciences et de la solidarité mondiale, à un sursaut moral de tous. La solution ne peut passer que par le renouveau du civisme et la réaffirmation de la puissance publique.

Au lendemain de l’élection présidentielle, nous appelons:

    • À la reconnaissance des liens qui unissent les enjeux économiques et écologiques. L’ouverture d’un marché mondial de milliards d’individus, avec pour objectif la réduction des protections et régulations, n’a fait que renforcer les inégalités. Les élites politiques, économiques et financières, en captant la quasi-totalité de la richesse produite ont condamné à la misère les paysans du Sud, et au déclassement nombre des populations du Nord. Si les 30 dernières années ont été caractérisées par une croissance de la richesse produite, elles ont aussi connu un creusement des inégalités sans précédent.
    • Dans le même temps, une seconde catastrophe est en train de condamner l’essentiel de la population mondiale à des conditions d’existence nettement dégradées. L’élévation de 4°C de la température durant ce siècle, scénario hautement probable, excéderait nos capacités d’adaptation dans un grand nombre de régions du monde. Cela se traduirait notamment par une chute de la production agricole et alimentaire mondiale. Plus généralement, des ressources raréfiées, un climat de plus en plus hostile, une montée inexorable du niveau des mers, etc. ne faciliteront certes pas les activités économiques!
    • À contrecarrer la puissance court-termiste de la finance mondialisée. Il est temps de contrecarrer l’approche court-termiste des questions d’environnement et de développement. Il faut pour cela renforcer les capacités de régulation de la communauté internationale et lutter à l’échelle des Etats contre l’impuissance du politique. Force est de constater que sur une planète où le commerce est la fin suprême, c’est toujours le moins-disant social et environnemental qui l’emporte. Les biens circulent et sont consommés sans aucune considération, ni pour les conditions de travail des personnes qui les produisent, ni pour leur impact environnemental global.
    • À la condamnation de toute vision opportuniste des changements climatiques. Les données régionales de plus en plus précises fournies par les modèles climatiques rendent possibles des stratégies d’adaptation et d’investissement cyniques. Un petit nombre d’acteurs croit ainsi pouvoir tirer profit, au moins pour un temps, des changements en cours en déplaçant au fur et à mesure des opportunités nouvelles leurs investissements.
    • À une décroissance des flux physiques et à la fin du pillage des ressources naturelles du Sud. Les rapports Nord-Sud ne peuvent pas se limiter à faire envier aux classes moyennes des pays en développement le train de vie actuel des pays riches. Les limites physiques, que nous atteignons aujourd’hui (terres rares et autres minéraux, pétrole conventionnel, etc.) montrent qu’il faut ouvrir d’autres voies. Il est indispensable d’organiser rapidement, en commençant par les pays du Nord et les modes de vie les plus dispendieux, une décroissance des flux physiques sur lesquels reposent nos économies. Il convient de mettre fin au pillage quasi systématique des ressources naturelles du Sud qui prive la majeure partie de la population des conditions de satisfaction des besoins essentiels (eau, énergie, alimentation).
    • À une réaffirmation de la puissance publique pour sortir de la crise par l’écologie. La décision politique est l’unique voie, à condition d’être respectueuse des règles démocratiques, pour définir un intérêt général qui s’est largement lui aussi mondialisé. Elle permettra de mettre en œuvre une série de mesures indispensables pour réussir la transition vers une économie juste et équitable, sobre et soutenable.

Il est urgent:

    • D’imposer des règles environnementales et sociales à l’OMC, afin de faire du bien-être social et du respect des limites de la biosphère les principes fondateurs de l’économie soutenable.
    • De développer des normes financières nationales et internationales contraignantes pour mettre fin aux dérives du système financier et le réorienter vers le financement de l’économie réelle.
    • De concrétiser l’engagement de solidarité vis-à-vis des victimes des crises écologiques et des populations qui souffrent de l’extrême pauvreté, passant notamment par la mise en place du « Fonds Vert pour le climat » décidé à Copenhague, avec des modalités innovantes de financement et de contrôle de l’allocation des fonds.
    • De mobiliser la création monétaire publique pour financer la transition écologique et l’adaptation à un monde naturel en cours de changement rapide, mais aussi pour en finir avec la crise de la dette et revenir à l’équilibre budgétaire pour les dépenses courantes.
    • De faire basculer la fiscalité du travail et de l’investissement vers le prélèvement des ressources, pour asseoir une vraie fiscalité écologique, incitant au changement de comportement.
    • De réformer l’enseignement de l’économie et de créer au sein des universités des programmes de recherche sur de nouveaux modèles économiques et sociaux compatibles avec une consommation décroissante et équitable des ressources.
    • De transmettre par le système éducatif des valeurs civiques, de respect des êtres humains et de la nature, conditions au bien-vivre ensemble.

Face aux dérives collectives d’une société de plus en plus individualiste, nous appelons à rendre son rôle au pouvoir politique, démocratiquement désigné et exercé.

Liste complète des signataires:

Yohan Ariffin (politiste, Université de Lausanne, Suisse)

Christian Arnsperger (économiste, Université de Louvain, Belgique)

Floran Augagneur (philosophe, Sciences Po. Paris, France)

Guillemette Bolens (angliciste, vice-rectrice de l’Université de Genève, Suisse)

Nicolas Bouleau (mathématicien, spécialiste de l’économie financière, Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, France)

Dominique Bourg (philosophe, Université de Lausanne/vice-président Fondation Nicolas Hulot/ Suisse)

Isabelle Cassiers (économiste, FNRS et Université de Louvain, Belgique)

Gauthier Chapelle (biologiste, spécialiste du biomimétisme, directeur scientifique de Greenloop, Belgique)

Eric Duchemin (environnementaliste, directeur de la revue Vertigo, Université du Québec, Montréal, Canada)

Marc Dufumier (agronome, AgroParistech, France)

Benoît Faraco (politiste, Fondation Nicolas Hulot, France)

Augustin Fragnière (environnementaliste, Université de Lausanne, Suisse)

Benoît Frund (géographe, vice-recteur de l’Université de Lausanne, Suisse)

Jean-David Gerber (géographe et politiste, Université de Lausanne, Suisse)

Gaël Giraud (économiste, CNRS, France)

Pierre Henry Gouyon (biologiste, Museum National d’Histoire Naturelle, biologiste de l’évolution, Paris, France)

Marek Hudon (économiste, professeur à la Solvay Business School, Université Libre de Bruxelles, Belgique)

Alain Grandjean (économiste et co-fondateur de Carbone4, FNH, Paris, France)

Gérald Hess (philosophe éthicien, Université de Lausanne, Suisse)

Marek Hudon (économiste, professeur à la Solvay Business School, Université Libre de Bruxelles, Belgique)

Nicolas Hulot (président Fondation Nicolas Hulot, France)

Claire Jaquier (professeure de littérature française, vice-rectrice de l’Université de Neuchâtel, Suisse)

Jean Jouzel (scientifique du climat, IPSL)

Alain Kaufmann (directeur de l’Interface Sciences Société, Université de Lausanne, Suisse)

Etienne Klein (physicien et philosophe, CEA, France)

Pietro Majno (chirurgien, hôpital universitaire de Genève, Suisse)

Jacques Mirenowicz (directeur de La Revue durable, Suisse)

Cécile Ostria (directrice Fondation Nicolas Hulot, France)

Déborah Philippe (sociologue des organisations, Université de Lausanne, Suisse)

Cécile Renouard (philosophe et économiste, Centre Sèvres et ESSEC, Paris, France)

Philippe Roch (ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement, ancien secrétaire d’Etat, Suisse)

Adèle Thorens Goumaz (philosophe, conseillère nationale les Verts /VD, Suisse)

Energie: la commission Besson plaide pour la poursuite du nucléaire

La commission d’experts missionnée en septembre par le ministre de l’Energie, Eric Besson, pour examiner différents scénarios énergétiques à l’horizon 2050, plaide pour une prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires, selon une « synthèse » provisoire. Sciences et Avenir le 30-01-2012 

Le rapport définitif de la commission, présidée par le professeur d’université Jacques Percebois, sera rendu public le 13 février, a-t-on appris auprès d’un membre du comité.

Selon une « synthèse générale » provisoire, obtenue par l’AFP, « l’analyse des scénarios énergétiques à 2050 » montre « en particulier que la trajectoire optimale pour notre pays consiste à prolonger la durée de vie des centrales existantes aussi longtemps que l’Autorité de sûreté nucléaire le permettra ».

La conclusion des experts s’oriente aussi vers la nécessité de « prévoir un petit nombre d’EPR pour lisser la production au moment de la fermeture des centrales les plus anciennes, et à préparer l’avenir en poursuivant activement le développement de la génération 4 » des réacteurs.

La commission laisse pour autant « ouverte » la question de la part — 75% aujourd’hui — que devrait représenter le nucléaire dans la production électrique française en 2050.

Le gouvernement avait annoncé en septembre la création de cette commission « pluraliste » chargée d’évaluer différents scénarios existants, et notamment ceux prévoyant une sortie du nucléaire.

Les ONG avaient toutefois refusé d’y siéger, jugeant la composition de la commission trop pro-nucléaire et refusant d’être associées à un rapport publié juste avant l’élection présidentielle.

Dans la « synthèse » provisoire, la commission formule sept recommandations appelant notamment à « s’interdire toute fermeture administrative d’une centrale nucléaire qui n’aurait pas été décidée par l’exploitant à la suite des injonctions de l’autorité de sûreté » mais aussi à « faire de la sobriété et de l’efficacité énergétique une grande cause nationale ».

Sur la question du prix de l’énergie, les experts constatent que « tous les scénarios s’accordent sur une perspective de hausse durable des coûts énergétiques » et appellent à « s’engager courageusement dans une politique de vérité (c’est-à-dire de hausse) des prix de l’énergie ».

Interrogés par le site Mediapart, qui publie certaines parties du rapport, deux experts « indépendants », l’économiste Benjamin Dessus et le physicien Bernard Laponche, membres de l’association Global Chance, qualifient ce document encore provisoire d' »exercice médiocre, biaisé par des erreurs factuelles ».