Eva Joly tance Arnaud Montebourg après ses déclarations sur le nucléaire

Dans une interview au Parisien/Aujourd’hui en France, mardi, l’ancienne candidate d’Europe Ecologie Les Verts à la présidentielle Eva Joly s’en prend à Arnaud Montebourg.
Le Monde.fr 28 août 2012

Interrogée sur les propos du ministre du Redressement productif estimant que le nucléaire serait « une filière d’avenir », Mme Joly affirme que « la position d’Arnaud Montebourg que j’espère isolée consiste à regarder l’avenir dans un rétroviseur ». « Il est prisonnier de vieux schémas », a-t-elle souligné ajoutant que « pendant ce temps, la France passe à côté de l’occasion de prendre le leadership en matière d’énergies renouvelables ».
« François Hollande ne doit pas passer à côté des enjeux de la transition écologiste. », rappelle-t-elle.

A propos de l’accord passé avec le PS, l »ancienne juge d’instruction a dit « surtout » regretter que « le PS n’écoute pas d’avantage les aspirations de la société »

http://www.20minutes.fr/politique/991345-sortie-montebourg-nucleaire-cree-premiere-polemique-rentree-politique

http://www.lepoint.fr/politique/montebourg-mes-propos-ne-sont-pas-une-provocation-27-08-2012-1499560_20.php

http://www.lefigaro.fr/politique/2012/08/27/01002-20120827ARTFIG00317-nucleaire-montebourg-irrite-les-ecologistes.php

http://www.lefigaro.fr/politique/2012/08/19/01002-20120819ARTFIG00162-une-rentree-sous-tension-pour-la-gauche.php

http://www.20minutes.fr/politique/990887-nucleaire-valls-soutient-montebourg-ecologistes-agaces

Communiqué de presse EELV Rennes:lundi 23 avril 2012.

Si le score national d’Eva Joly est décevant, il atteint 5,03 % à Rennes, alors qu’en 2007, Dominique Voynet et José Bové y obtenaient à eux deux 3,69 %. Parmi les grandes villes, Rennes est celle où Eva Joly a fait le meilleur score, certains bureaux de vote affichant jusqu’à 9,6 %. Nous remercions les Rennais-es qui, toujours plus nombreux-ses, font le choix de l’écologie.

Nous sommes frappés par le fort résultat du Front national, qui semble avoir réussi à banaliser ses idées. La politique menée par le président sortant l’y a certainement aidé, nombre d’idées d’extrême-droite ayant été mises en œuvre pendant ce quinquennat.

Fermement opposés à un deuxième mandat de Nicolas Sarkozy, nous appelons à voter pour François Hollande au second tour.

L’écologie a eu du mal à trouver sa place dans cette campagne présidentielle, mais les attentes des citoyens à ce sujet ont été fortement exprimées lors des scrutins précédents. Nous continuerons à nous mobiliser, notamment lors des élections législatives, afin d’amplifier le souffle et le poids de ce mouvement.

L’écologie politique ne saurait être une simple valeur ajoutée environnementale et constitue un programme complet, ambitieux et novateur, qui apporte des réponses pertinentes aux crises économiques et sociales et environnementales. Nous la portons avec force et conviction.

Solène Raude et Xavier Baron

porte-paroles d’EELV Rennes

 

 

Marine Le Pen perd son procès en diffamation contre Eva Joly

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé, jeudi 19 mars, Eva Joly qui était poursuivie en diffamation par Marine Le Pen. Cette dernière va faire appel, a indiqué son avocat immédiatement après que le tribunal a rendu sa décision. Le Monde.fr avec AFP | 19.04.2012 

 Jeudi: Le courage d’Eva est exemplaire face à la médiocrité

Eva Joly était poursuivie en diffamation par Marine Le Pen après avoir déclaré une semaine plus tôt qu'elle était "l'héritière de son père milliardaire par un détournement de succession".

 

Le 16 avril, le parquet avait recommandé la relaxe de la candidate écologiste à la présidentielle Eva Joly. Elle était poursuivie en diffamation par son adversaire du Front national après avoir déclaré une semaine plus tôt qu’elle était « l’héritière de son père milliardaire par un détournement de succession »en référence à l’héritage Lambert perçu par la famille de Mme Le Pen.

Avant l’audience, Eva Joly avait assumé ses propos à l’encontre de la famille Le Pen. Dans un entretien diffusé mercredi 11 avril sur iTélé, elle déclarait que« c’était [son] devoir de rappeler qui est Marine Le Pen, d’où elle vient et ce qu’elle porté »« Je pense que c’est une femme qui ment lorsqu’elle dit que c’est la candidate du peuple. Il est important que quelqu’un dise que ce n’est pas vrai, qu’elle vit dans un château et je rappelle l’origine de ce château », avait ajouté la candidate écologiste.

Mme Le Pen réclamait 20 000 euros de dommages et intérêts.

Meeting d’Eva Joly : « si on se fait berner par les socialistes… »

Rassemblés au dernier meeting d’Eva Joly mercredi à Paris, sympathisants et militants écolos étaient unanimes dans leur souhait de voir l’emporter François Hollande. Tout en redoutant que l’accord passé entre PS et EELV ne soit mis à mal le 7 mai. REPORTAGE Par Léa GIRET TF1 , le 19 avril 2012 

Il s’en félicite d’avance. « Je voterai Hollande, y’a pas de soucis. S’il gagne, c’est une bonne nouvelle, il va mettre Sarkozy dans les choux. » Fine moustache et cheveux poivre et sel, Jean attend devant les grilles fermées du Cirque d’hiver, à Paris, où Eva Joly prendra la parole dans une heure. Ce militant écolo est venu des Deux-Sèvres assister, en ce mercredi gris et frisquet, au dernier rassemblement de campagne de sa candidate. « Mais dire que Hollande est sur la même ligne politique que nous, ça non, il y a du chemin à parcourir. » Pas besoin d’insister pour qu’il ne lâche, à 4 jours du premier tour, son point de vue sur le champion de la gauche. Le propos est réservé. Surtout à l’évocation de l’accord programmatique passé à l’automne entre EELV et le PS, qui contient des engagements sur la réduction du nucléaire et réserve des sièges aux écolos aux législatives. « Y’a toujours eu un peu de poker menteur à ces élections. Mais si on s’est fait berner par les socialistes, il faudra en tirer les leçons », annonce le militant de 69 ans.

Virginie, à ses côtés, est candidate aux législatives sur une circonscription non réservée à Niort. Elle partage les doutes de Jean. »Hollande vient de dire que seul son programme l’engageait, l’accord avec les Verts est loin », soupire cette enseignante à la retraite. Elle constate les bisbilles entre PS et écolos dans la circonscription de Châtellerault, non loin de chez elle, dans la Vienne. Là, les socialistes sont tentés d' »entrer en dissidence », même si « ça s’arrange ». Mais Europe Ecologie prendra du galon, promet Jean, énigmatique. « Hollande n’aura pas envie d’être débordé sur sa gauche et aura besoin de nous pour contrebalancer le Front de gauche », espère le militant. « Il va devoir mettre de l’eau dans son vin. »

L’amphithéâtre du Cirque d’hiver, rouge et chaleureux, se remplit peu à peu. Coline, sympathisante vert écolo convaincue de 29 ans, très séduite par la « République irréprochable, la lutte contre les pesticides, le bio dans les cantines » d’Eva Joly est assise, genoux serrés, dans ce lieu emprunt de magie avec trois amis. Pour la jeune femme qui travaille dans le logement social, François Hollande n’incarne pas de « changement radical » avec Nicolas Sarkozy. S’il est présent au second tour, elle votera pour lui, sans enthousiasme. Elle lui reproche de ne pas aller « au bout des choses comme le fait Eva Joly sur le nucléaire ou le logement », citant les propositions de la candidate sur l’habitat écologique. Et redoute que l’accord ne soit pas respecté en cas de score faible de sa candidate. Une raison de plus de voter pour l’ex-juge à ses yeux : « J’en ai marre du vote utile ! « , peste Coline, amère.

« Hollande a du composer »

Johanna, 25 ans, est moins dure avec François Hollande. Et pour cause : elle a toujours voté PS. Son adhésion pour Eva Joly cette année résulte d’un coup de cœur humain il y a un an pour une femme qui « ne dissimule rien », adopte une « droiture morale » exceptionnelle, mise à l’épreuve par des années comme juge. Elle aime bien François Hollande « parce qu’il ressemble à Jospin, il est intègre ». Elle le dédouane de « ne pas avoir placé l’écologie au cœur de sa campagne » : « la portée électoraliste est faible. C’est compliqué de rassembler tous les Français. Il a du composer. Moi l’écologie me fait rêver mais ce n’est pas le cas de tout le monde. »

Les discours commencent. Le partenaire socialiste est omniprésent (lire notre article > Au Cirque d’hiver, le dernier meeting des Verts). « Nous sommes prêts à prendre des responsabilités dans la nouvelle majorité pour que la politique de ce pays change », lance, pour la première fois aussi clairement, un Daniel Cohn-Bendit acclamé. Le député européen invite à pratiquer le « judo » avec le PS pour le bousculer sur le terrain des idées tandis qu’Eva Joly, un peu plus tard, met en garde la future majorité contre un retour « dans les ornières du passé, mélange de conformisme, de renoncement et d’absence de volonté qui ont causé tant de déception. »

« Pas forcément honnête avec les Verts »

« Hollande n’est pas forcément honnête avec les Verts », estime Romain en fumant une cigarette devant le théâtre, ciblant l’accord signé en octobre. Il sera respecté « a minima » selon ce jeune homme de 32 ans sans emploi, sympathisant écolo depuis qu’il vote. « Je voterai pour lui mais je trouve qu’il dit tout et son contraire dans la même phrase pour ratisser le plus large possible », regrette le Parisien. Des ministres écolos dans un gouvernement socialiste ? Romain y croit. « Mais il ne faudrait pas qu’ils soient circonscris à des postes subalternes ou symboliques », juge le jeune homme en se protégeant sous le parapluie de son amie Fanny. Son voeu ? « Eva Joly au ministère de la Justice ». Réponse dans quelques semaines.

Dimanche 22 avril, je vote pour la vie, je vote Eva!

En 2012, la responsabilité politique est d’une autre nature qu’au siècle dernier. Les fondamentaux de la démocratie et de la justice  ne servent à rien si les hommes qu’ils prétendent protéger sont menacés dans leur propre vie par la pire invention de tous les temps: le nucléaire civil et militaire.

Comme les paysans de Fukushima s’indignant près du gouvernement des conditions de vie imposées à leurs familles et à leur bétail suite à la catastrophe nucléaire en cours, il est encore temps de dire à nos élites:  rendez-nous notre vie !

Comme Stéphane Hessel et Albert Jacquard, reprenons notre vie en mains, Exigeons!

Au moment où la question du nucléaire civil devrait occuper une place de choix dans la campagne électorale, elle n’est pas vraiment débattue par les principaux candidats.
Or, à celle-ci est étroitement liée la question du nucléaire militaire, qui, loin d’être une réflexion réservée aux stratèges, nous concerne tous. Stéphane Hessel et Albert Jacquard conjuguent leur voix pour lancer un appel au désarmement nucléaire total, en complément d’un état des lieux établi avec l’Observatoire des armements. Parce que l’existence de ces armes menace le destin de l’Humanité. Parce que les arsenaux du monde entier contiennent l’équivalent de 60 000 bombes de la puissance de celle d’Hiroshima.
Parce que l’Iran, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord détiennent ces armes dans un contexte géopolitique d’une extrême fragilité. Parce que l’avènement de l’ère nucléaire militaire, toute force de dissuasion, tout équilibre de la terreur, sont devenus de tragiques illusions. Parce qu’il n’est pas trop tard, et qu’une prise de conscience et une sensibilisation du public s’imposent. 

http://www.decitre.fr/livres/Exigez-Un-desarmement-nucleaire-total.aspx/9782234073975

voir aussi

http://acdn.france.free.fr/spip/article.php3?id_article=731&lang=fr

De Neuilly au Fouquet’s, le « Sarkozy Tour » d’Eva Joly

La candidate écologiste et ancienne juge, Eva Joly, a affrété un bus, mercredi 18 avril, pour emmener la presse dans un « Sarkozy Tour ». Objectif du déplacement : évoquer les soupçons de malversations autour de la campagne du président-candidat en 2007 et les questions posées sur les modalités d’achat d’un logement en 1997. Le Monde.fr avec Reuters  18.04.2012

 

La candidate d'Europe Ecologie-Les Verts, Eva Joly, à Neuilly-sur-Seine, mercredi 18 avril.

La première étape était prévue sur l’île de la Jatte à Neuilly (Hauts-de-Seine), où Nicolas Sarkozy a acheté en 1997 un logement avec des fonds dont l’origine est mystérieuse, selon Eva Joly. Il était prévu ensuite de s’arrêter près du domicile de l’héritière de L’Oréal, Liliane Bettencourt, et du patron du groupe de BTP Martin Bouygues à Neuilly, devant une agence bancaire à Paris où auraient été retirés 50 000 euros en espèces des comptes Bettencourt pour la campagne Sarkozy de 2007, selon des dépositions versées à un dossier judiciaire.

ÉTAPE DEVANT LE FOUQUET’S

Le bus devait enfin faire étape devant le restaurant Fouquet’s, sur les Champs-Elysées, où Nicolas Sarkozy avait célébré sa victoire en 2007, devant l’Hôtel de Crillon, place de la Concorde, où Patrick Balkany et son épouse, des proches du chef de l’Etat, ont dormi pour 9 500 euros samedi soir avant un meeting de campagne dimanche.

Eva Joly devait ensuite se rendre à la Commission des comptes de campagne pour déposer une demande officielle de publication intégrale des comptes de la campagne Sarkozy de 2007.

Bloquée dans les sondages autour de 2 % des intentions de vote, la candidate a martelé le thème des malversations prêtées au chef de l’Etat en déplorant son immunité et ce qu’elle voit comme une complaisance médiatique et politique. Nicolas Sarkozy, interrogé brièvement dans plusieurs émissions sur ces sujets, a fait part de son « mépris » quant à ce qu’il qualifie de « ragots ».

Nucléaire: Un enjeu de taille, peu débattu

La place qu’occupe l’énergie dans la campagne n’est certainement pas à la hauteur des enjeux qu’elle représente. Au coeur du rapprochement PS-EELV, le nucléaire a cristallisé un temps le débat et forcé chacun à prendre position. Ouest France Mercredi 21 mars 2012  Environnement

L’UMP ne varie pas : le parti de Nicolas Sarkozy considère l’atome comme la condition nécessaire d’une « énergie sûre à coût réduit ». Il compte bien continuer à tirer parti du parc de cinquante-huit réacteurs qui fournit les trois quarts de l’électricité. Le reste provient essentiellement des centrales thermiques (11 %), et des barrages (12 %).

À l’opposé, Eva Joly (Europe Écologie-Les Verts) veut abandonner le nucléaire, porteur de risques lourds. Fukushima l’a rappelé, il y a tout juste un an.

À mi-chemin, François Hollande (PS) annonce la fermeture de la centrale de Fessenheim (Alsace), la plus âgée, la poursuite du chantier EPR de Flamanville (Manche) et l’objectif de ramener à 50 % la part du nucléaire dans la production électrique, en 2025. Mais il ne dit pas sur quelle quantité d’électricité produite il fonde cet objectif. François Bayrou (MoDem) pense lui aussi que le nucléaire, « énergie de transition », sera nécessaire encore pour « trois ou quatre décennies ».

La position de Marine Le Pen (FN) est plus difficile à saisir. En septembre 2011, elle estimait que l’accident de Marcoule (Gard) « illustre la dangerosité de cette énergie et la nécessité d’envisager une sortie progressive et réfléchie du nucléaire ». À présent, son programme souligne la nécessité de conserver le parc nucléaire et même de construire de nouveaux réacteurs.

Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) qui se dit, à titre personnel, pour l’abandon, propose de soumettre la question à tous les Français à travers un référendum.

Eva Joly à François Hollande : « nous nous rencontrerons »

Un an jour pour jour après le séisme qui a provoqué la catastrophe de Fukushima, au Japon, la candidate de la sortie du nucléaire, Eva Joly, revient sur son combat dans le Journal du Dimanche. « Faut-il attendre un accident de type Fukushima pour sortir du nucléaire ? », s’interroge la candidate d’Europe Ecologie – les Verts, selon qui cet accident « a démontré une fois encore que le nucléaire sûr n’existe pas ».  ELLE Par S.C. – Le 11/03/2012

Alors que François Hollande, candidat PS, compte poursuivre la construction de l’EPR à Flamanville, Eva Joly admet que « c’est une difficulté » qu’un écologiste entre dans un gouvernement qui devra inaugurer ce réacteur en 2016. « Pour autant, je crois que les Français attendent que les écologistes soient les garants du vrai changement au coeur de la nouvelle majorité : pas seulement un changement de président mais un changement radical de perspective, et des améliorations concrètes de leur vie quotidienne », assure l’ancienne magistrate dans le JDD. Un pont sera-t-il bien construit entre le PS et EELV, malgré les tensions entre les deux formations ? Interrogée sur la phrase de François Hollande dans son livre disant d’Eva Joly qu’elle « paraît implacable dans la dénonciation des faiblesses humaines », la principale intéressée répond dans l’hebdomadaire : « Cher François, lorsque tu me connaîtras mieux, tu ne penseras pas cela. Le temps viendra où nous travaillerons ensemble et nous nous rencontrerons ».

Privilégier les énergies renouvelables

Tandis que les Japonais multiplient les hommages pour les victimes du séisme et du tsunami qui avait endommagé la centrale de Fukushima, Eva Joly revient sur la sortie du nucléaire dans les colonnes du JDD. « Il faut une montée en puissance des énergies renouvelables avec la création d’une filière industrielle qui pourrait créer près de 400 000 emplois. Enfin, on ferme les centrales en fonction de leur état. On garde alors une grande partie des salariés pour assurer la sécurité et le démantèlement et ensuite on accompagne leur reconversion », explique-t-elle. Revenant sur son faible taux d’intentions de vote – elle est créditée de 2 à 4% selon les sondages -, Eva Joly, chantre de la transition énergétique, déplore le fait que « les gens ne voient pas le lien entre la sortie du nucléaire et la solution à la crise ».

Présidentielle J-45 : la campagne vue par l’écrivain Véronique Ovaldé

Jusqu’au 1er tour de l’élection présidentielle, Télérama.fr publie le journal de campagne collectif de cent personnalités du monde culturel. Aujourd’hui l’écrivain Véronique Ovaldé. Télerama le 6 mars 2012

N’est-il pas atterrant qu’Eva Joly ait si peu de chances à la présidentielle alors que, passé à la loupe de la « désintox », son discours est celui qui recèle le moins de mensonges et d’exagérations?

– 23 métaphores paysannes à la noix
– 52 tentatives d’hypnose collective
– 292 promesses : « plus de trucs bien, moins de trucs pas bien »

Une campagne, ce pourrait être une accumulation de listes.

Une liste de projets idiots et inenvisageables, de promesses qui n’engagent que ceux qui les croient, une liste de piques misogynes, de compromissions, de tentatives de persuasion par l’exemple (en général fallacieux), une liste d’attaques contre les services publics, une liste de ratages, de noms d’oiseaux et de révélations scabreuses. Une liste deJe me souviens.

Au fond il n’y a eu que trois élections dont je pourrais faire des listes. Celle de Mitterrand en 81, celle de Chirac en 2002 et celle de Sarkozy en 2007.

Celle de Mitterrand, c’était mon père qui glapissait que les chars russes allaient envahir Paris, que Mitterrand était juif et/ou franc-maçon et qu’il ne pouvait pas y avoir de femmes au gouvernement parce que dans ce cas « qui ferait donc leur ménage ? »

Inutile de préciser de quel côté allaient ses affinités.

En 2002 (j’avais échappé depuis un moment à cet éblouissant terreau) ma fille est née le 5 mai. Je n’ai pas pu voter. Pendant des années elle a répété « Je suis née le jour où Chirac a fait son truc ».

L’élection de 2007 m’a rendue infiniment triste. Ou plutôt démunie. J’explique pourquoi plus bas.

Et donc voici celle de 2012.

Ce qu’il me restera de cette campagne.

La diction d’Eva Joly.

J’aime sa diction.

J’aime qu’on me dise des choses importantes et qu’on le fasse sur une mélodie délicate, tenace et personnelle. Je déteste les engouements, les mouvements de foule, les gagneurs, les évidences. Je n’aime pas qu’on me parle comme si j’étais une abrutie, comme si je regardais la bande-annonce d’un film à grand spectacle, en appuyant sur les mots qui font frémir et en laissant les suspense là où il le faut. Je n’aime pas qu’on martèle, je n’aime pas qu’on s’indigne artificiellement. Je n’aime pas les Carmina Burana. C’est sans doute la mélodie de la voix norvégienne qui me la rend convaincante. Moi qui suis si profondément latine, j’adhère à cette mélodie norvégienne non spectaculaire. J’adhère à ces démonstrations calmes, dont la cadence si particulière ne tente pas de me capturer par les tripes et les sentiments (qui sont placés dans les tripes la majorité du temps). Ici on ne s’adresse pas à mes liquides corporels ; écouter Eva Joly demande de l’attention et de la mesure.

C’est sans doute pour ces raisons que je suis si peu sensible aux effets de manches et aux femmes et aux hommes qui aboient et flattent et embobinent (voir plus haut mon désarroi de 2007).

N’est-il pas atterrant qu’Eva Joly ait si peu de chances à la présidentielle alors que, passé à la loupe de la « désintox », son discours est celui qui recèle le moins de mensonges et d’exagérations ?

Le discernement de nos contemporains n’est-il pas désespérément en berne ? Mais c’est sans doute que je n’ai pas compris ce qu’est et à quoi sert une campagne présidentielle. Je continuerai donc discrètement à me méfier des séducteurs, des bateleurs et des démagogues (tout cela pouvant se conjuguer au féminin). Et je continuerai à prendre soin de ma paranoïa.

Véronique Ovaldé est écrivain. Elle a publié sept romans dont Et mon cœur transparent (prix France Culture Télérama 2008), Ce que je sais de Vera Candida (Grand Prix des lectrices de Elle 2010). Son dernier roman Des vies d’oiseaux est paru en 2011 aux éditions de l’Olivier. 

Un an après l’accident de Fukushima, Eva Joly compare le nucléaire à la roulette russe

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La détermination d’Eva Joly à sortir du nucléaire ne faiblit pas.

La candidate d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) a dressé tout à l’heure le bilan de l’accident nucléaire de Fukushima (Japon), qui justifie selon elle de renoncer définitivement à l’atome. par Guillaume Duhamel, Zegreenweb Lundi 5 mars 2012

François Hollande entend poursuivre le chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche) et semble avoir lâché du lest au lobby de l’atome ces dernières semaines, réitérant tout juste sa volonté de fermer la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) – et aucune autre – d’ici 2017. Dans ces conditions, disons-le tout net, l’accord qu’ont scellé le Parti socialiste et Europe Écologie-Les Verts (EELV) s’apparente à un peu glorieux échange de bons procédés politiques. Car de leur côté, les écologistes gardent le cap, et ils en sont persuadés : la France peut et doit sortir du nucléaire d’ici vingt ans.

Eva Joly a réaffirmé cet engagement caractéristique du parti tout à l’heure, à l’occasion d’une conférence de presse donnée au siège d’EELV (Xe arrondissement de Paris) pour le premier anniversaire de la catastrophe de Fukushima, dont les enseignements ont été interprétés différemment selon les partis, en présence de sa porte-parole de campagne, l’eurodéputée EELV Michèle Rivasi, et d’Eisaku Sato, ancien gouverneur de la préfecture de Fukushima. Toujours malmenée dans les sondages, la dame aux lunettes rouges, qui s’était rendue sur place en fin d’année dernière, a ainsi en quelque sorte « riposté » au récent déplacement du ministre de l’Énergie Éric Besson, venu aux dires des écologistes dans le seul but de vanter le modèle atomique français auprès du pays du soleil levant, au sein duquel le nucléaire ne représente plus aujourd’hui que 2 % de la production nationale d’électricité. Désireuse de suivre l’exemple allemand, elle souhaite par dessus tout que « la France ne se retrouve jamais dans la situation du Japon, contraint de se passer de l’énergie nucléaire en quelques semaines ». Et de rappeler les accidents de Three Mile Island (États-Unis), Tchernobyl (Ukraine) et Fukushima, lesquels ont ébranlé le mythe de la sécurité, ainsi que la très inquiétante estimation de Bernard Laponche et Benjamin Dessus formulée dans leur ouvrage En finir avec le nucléaire. Pourquoi et comment, selon lesquels la probabilité d’une catastrophe atomique en France (NDLR : pays où la concentration de réacteurs nucléaires est la plus élevée au monde) est de l’ordre d’une sur six tous les dix ans.

« Il y a six balles dans le barillet, et tous les dix ans, vous appuyez sur la détente »

« C’est l’image du revolver. Il y a six balles dans le barillet, et tous les dix ans, vous appuyez sur la détente », a commenté l’ancienne magistrate, laquelle a également repris à son compte l’évaluation financière des deux experts précités de l’accident de Fukushima, qui aurait coûté mille milliards d’euros, « c’est-à-dire la moitié de notre PIB ». Maintenir le nucléaire signifie, entre autres, « prendre le risque de voir une partie du territoire national gelée, inhabitable pour des dizaines de milliers d’années », estime en outre Mme Joly, qui assure qu’« aujourd’hui, ce qui n’est plus propice à la production à cause de l’accident de Fukushima correspond à trois fois la taille de la Corse, sans parler des morts et des maladies générées »« C’est un risque inutile car nous savons faire autrement, et ne pas faire autrement est impardonnable », a-t-elle conclu.

Des propos qu’aurait aussi bien pu prononcer Mme Rivasi, fondatrice de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la RADioactivité) dans le sillage de l’accident de Tchernobyl et spécialiste des questions énergétiques.« Que ce soit aux États-Unis, à Tchernobyl ou à Fukushima, c’est la même désinformation : nous n’avons pas accès à l’information […] Jusqu’au 20 mars, nous n’avions aucune donnée sur la quantité d’iode radioactif et de césium radioactif en becquerels par mètre cube au niveau de l’atmosphère », a-t-elle rapporté à la suite de l’intervention de la candidate écologiste, regrettant également le déficit de moyens de surveillance et de détection au niveau de la centrale. « Le nucléaire ne veut pas intégrer la technologie, la modélisation et la prise en compte de la population. La radioactivité, c’est l’ennemi invisible […] Par ailleurs, les centrales fuient encore ! Il y a encore beaucoup de césium qui sort des centrales, ce qui fait qu’à la décontamination succède une recontamination […] Enfin, j’ai été surprise de voir que l’Europe se borne à une surveillance alors qu’aux États-Unis, en Chine, en Inde ou en Corée du Sud, les pouvoirs publics ont interdit toute importation de produits en provenance du Japon », a poursuivi la parlementaire.

« Le lobby nucléaire a fonctionné comme un tank écrasant le peuple »

Gouverneur de la préfecture de Fukushima entre 1988 et 2006, M. Sato était également là pour fustiger l’irresponsabilité des pouvoirs publics, mais aussi de troublantes connivences entre l’appareil politique et l’appareil nucléaire. L’équivalent japonais de l’ASN, la NISA, ne dépend-elle pas, il est vrai, du ministère de l’Économie ? « Les voleurs et les pompiers travaillent ensemble », a résumé l’ancien gouverneur, qui a été mis en examen puis condamné (et de fait contraint d’abandonner son poste) après qu’un journaliste pro-nucléaire ait révélé une affaire de corruption dans l’entreprise dirigée par son frère, et selon lequel, au Japon, jusqu’à l’accident de Fukushima, « le lobby nucléaire a fonctionné comme un tank écrasant le peuple ».

L’information, elle, demeurerait étroitement sous contrôle. Docteur en Ingénierie, professeur des universités et ancien concepteur de réacteurs nucléaires Toshiba,Masashi Goto a tout de même relaté que dans la zone de confinement, c’est-à-dire dans un périmètre de vingt à trente kilomètres de la centrale accidentée, les personnes âgées ou à mobilité réduite ont grandement souffert de la fermeture des hôpitaux et de nombreux services sociaux. Pas mieux lotis, les enfants qui n’ont pu jouer dehors seraient quant à eux confrontés à un stress anormal, et d’une façon générale les populations concernées douteraient fortement de la véracité des allégations gouvernementales.

Un scepticisme d’autant plus compréhensible que M. Sato assure n’avoir jamais été pris au sérieux lorsqu’il a cherché à avertir les pouvoirs publics quant à la menace que constituait la centrale de Fukushima. Au début des années 2000, à la suite d’une dénonciation en interne, des têtes sont tombées chez TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany), jadis électricien tout-puissant, mais depuis un an sous perfusion, en raison de dissimulations et de falsifications à répétition. L’accident de Fukushima est un terrible retour de bâton. Le boomerang Dame Nature est venu frapper l’opérateur de plein fouet, provoquant un désastre nucléaire, humain, mais aussi sanitaire et environnemental sans précédent depuis un quart de siècle. Comme à Tchernobyl, l’atome s’est mué en monstre, répandant la mort, le silence et un doute qui courra pendant de longues décennies.

Dans quelques jours, la communauté internationale commémorera le premier anniversaire du drame nippon. Comme après Tchernobyl, il y a cela de terrifiant qu’il n’a pas réussi à éloigner le spectre de la manipulation.