La facture de l’EPR gonfle de deux milliards d’euros

EDF a encore relevé son estimation du coût de la construction du réacteur nucléaire de Flamanville . 03-12-2012 Challenges.fr
EDF a annoncé lundi 3 décembre avoir relevé de 2 milliards d’euros son estimation du coût de la construction du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche), portée à 8,5 milliards d’euros inflation comprise, en partie à cause des problèmes et retards subis par le chantier.

Le géant français de l’électricité a en revanche maintenu le calendrier de mise en service de ce réacteur de 3e génération, tablant toujours sur un démarrage de la production en 2016.

Le groupe a expliqué dans un communiqué avoir pris en compte dans cette révision à la hausse l’évolution du design de la chaudière (le coeur du réacteur), des études d’ingénierie supplémentaire, l’intégration de nouvelles exigences réglementaires, ainsi que des enseignements postérieurs à la catastrophe nucléaire de Fukushima intervenue l’an dernier au Japon.

« Aléas industriels »

De plus, il a tendu compte d' »aléas industriels », comme le remplacement des « consoles » (énormes pièces métalliques entourant le bâtiment réacteur, que le groupe a dû remplacer après la détection de défauts) et ses conséquences sur le planning des travaux, qui a dû être réaménagé, ainsi que de « l’impact financier de l’allongement des délais de construction ».

Le coût de cet EPR avait déjà été quasiment doublé l’an dernier à 6 milliard d’euros, contre 3,3 milliards annoncés en 2005. Outre les 2 milliards de surcoûts, l’inflation porte le total à 8,5 milliards d’euros en valeur actualisée, selon le groupe.

L’an dernier, la mise en service du réacteur avait été repoussée à 2016, soit 4 ans de retard par rapport au calendrier d’achèvement initial.

(Avec AFP)

Nouvel arrêt du réacteur n°1 à Flamanville suite à un dysfonctionnement

Le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche), qui avait redémarré il y a quelques jours, trois semaines après un incident de niveau 1 (sur 7), est à nouveau à l’arrêt depuis samedi, a-t-on appris auprès d’EDF.

Un dysfonctionnement a été observé lors d’un test sur une vanne dans la partie non nucléaire du réacteur et celui-ci a dû être coupé du réseau. Il n’y a aucune conséquence sur l’environnement, a-t-on ajouté de même source.

Après cette interruption de trois semaines fin octobre/début novembre, le réacteur avait atteint lundi dernier sa pleine puissance. AFP 24/11/2012

L’arrêt pour maintenance du réacteur avait été prolongé au total de plus de sept semaines par rapport au planning initial qui prévoyait moins de 10 semaines d’arrêt, à la suite de plusieurs aléas dont l’incident de niveau 1 du 24 octobre est le plus important, selon des données fournies par EDF.

Le réacteur était arrêté depuis le 21 juillet et devait redémarrer au départ le 24 septembre.

Le 24 octobre, une fuite radioactive de 7 m3 par heure, restée contenue dans le bâtiment du réacteur, était survenue pendant près de six heures sur le circuit primaire qui fonctionnait à une pression supérieure à 150 bar à une température proche de 300°C.

Selon une lettre de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à la centrale fin octobre, l’événement aurait pour cause profonde une défaillance de type organisationnelle et humaine. Le gendarme du nucléaire a demandé à EDF de fournir une analyse précise de l’événement avant fin 2012.

La centrale nucléaire de Flamanville compte deux réacteurs en fonctionnement et un troisième en construction, le réacteur de nouvelle génération EPR qui divise socialistes et écologistes.

Afp

Et bien sur, on avait préféré le redémarrer avant de connaitre l’ analyse précise de l’événement….

Accident à la centrale nucléaire de Flamanville : des témoignages qui font froid dans le dos. Arrêtons le nucléaire avant la catastrophe

Communiqué de la Fédération Anti-nucléaire Bretagne, 30 Octobre 2012.

Le 25 Octobre 2012 l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) nous informe d’un banal “incident” sans gravité dit de niveau 1 à la centrale nucléaire de Flamanville. Cet accident nucléaire a provoqué une fuite radioactive d’au moins 42 000 litres d’eau radioactive sur le circuit primaire, partie hautement sensible du réacteur, qui peut s’emballer en cas de fuite et donc de refroidissement insufissant.

Et c’est par le communiqué du CRILAN*, qui réagit aussitôt le 26 octobre 2012 à la communication “soft” de l’ASN, que nous prenons connaissance du ressenti des travailleurs pendant ces longues heures de nuit en milieu hostile. Voici le témoignage de l’un d’entre eux :

« Je travaillais de nuit, une nuit comme on ne les aime pas quand on bosse ! 3 collègues ont failli mourir par négligence ! On nous fait faire de plus en plus n’importe quoi, pour une chose, le profit ! On nous a demandé de remplir un tronçon du circuit primaire qui avait eu une panne après un arrêt de tranche catastrophique ! Le problème c’est qu’on nous l’a demandé à 155b et 300 degrés ! Résultat : 3 mecs au médical et un repli de tranche en phase accidentelle ! Un vrai miracle, les 3 collègues ont pu après une visite au médical, reprendre le boulot et stopper la fuite. Résultat : un bâtiment réacteur légèrement contaminé et encore une prolongation d’arrêt ! (…) »

 Un autre témoignage tout aussi effrayant nous a été donné par un ancien intervenant à la centrale de St Laurent des Eaux où a eu lieu deux débuts de fusion du coeur du réacteur en 1969 et 1980.

« J’ai connu cela un jour à Saint Laurent, les opérateurs et les cadres présents en salle de commande étaient « blancs comme des cierges de Paques », car sur les 4 boucles refroidissant le réacteur (turbo-soufflante), 3 étaient tombées en rideau et on était tous suspendus au fonctionnement de cette dernière turbo-soufflante. Sans réel secours en cas de panne totale du soufflage. Dernière turbo-soufflante qui a donné des signes de faiblesse pendant 1 ou 2 minutes. J’était trop jeune pour prendre la mesure de ce qu’il se passait mais je pense que rétrospectivement, certains ont dû prier en salle de commande ce jour là. »

 Aujourd’hui, une demi-douzaine de réacteurs aux Etats-Unis sont à l’arrêt ou fonctionnent à faible puissance pour faire face à la tempête tropicale Sandy. A proximité de New-York, les pompes de refroidissement du réacteur d’Oyster Creek au New-Jersey, bien qu’à l’arrêt depuis le 22 octobre pour rechargement de combustible, menaçaient d’être submergées à 11 h 45 heure locale par une montée des eaux supérieure à 2 mètres, obligeant ainsi l’opérateur à faire appel aux pompes anti-incendie et à prévoir une pompe « portable ». Le réacteur d’Indian Point 3 quant à lui a été mis en arrêt d’urgence du fait des fluctuations du réseau électrique et de l’obstruction des pompes du circuit secondaire par des débris…** Une nouvelle fois, il apparaît que des réacteurs nucléaire sont en situation critique face à un évènement climatique pourtant prévisible.

 Réagissez !

 Le nucléaire est moralement et socialement inacceptable.

Il faut en finir maintenant, avant la catastrophe.

Fédération Anti-nucléaire Bretagne

6 rue de la Tannerie – 56000 VANNES

Email : fan-bretagne@laposte.net – Tel : 06 65 72 31 66

* CRILAN : www.crilan.fr Comité Régional d’Information et de Lutte Antinucléaire basé tout près de Flamanville

** Sources : http://www.beyondnuclear.org et http://www.nrc.gov/reading-rm/doc-collections/news/2012

Contacts presse :

Alain Rivat : 06 28 01 20 33

Chantal Cuisnier : 06 84 14 58 87

Cedric Cadoret : 02 56 22 02 37

La Fédération Anti-nucléaire Bretagne a été constituée le 27 octobre 2012 à Pontivy. Elle a pour but de structurer et d’amplifier l’action régionale du mouvement anti‑nucléaire breton, et d’agir pour l’arrêt immédiat du nucléaire.

Plateforme disponible sur les sites www.stop-nucleaire56.org et www.sortirdunucleairecornouaille.org

Oct 2012, incident à la centrale nucléaire de Flamanville : l’essentiel

Une fuite radioactive a été constatée, mercredi 24 octobre au soir, à l’intérieur du bâtiment d’un réacteur en maintenance, dans la centrale nucléaire de Flamanville (Manche). « La fuite a été confinée dans le bâtiment réacteur tout au long de l’événement », indique l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). « Elle a été arrêtée à 5 heures » jeudi, précise l’ASN, soit six heures après avoir été identifiée par EDF. Le Monde.fr avec AFP 25.10.2012

Voir Aussi:

  • Mediapart: « Incident » nucléaire à Flamanville. Circulez, y a rien à voir !

  • L’avis du CRILAN sur » l’incident »

Mais ou sont passés les 42 m3 (7000 l/h pendant 6 heures ) d’eau contaminée?

(suite article Le Monde) Jeudi 25, cet incident était classé provisoirement au niveau 1 sur l’échelle INES (International Nuclear Event Scale). Cette échelle internationale, qui mesure la gravité des accidents nucléaires, va de 0 à 7.

PAS DE PERSONNEL CONTAMINÉ

La fuite est survenue sur une ligne auxiliaire du circuit primaire du réacteur n° 1.
Le circuit primaire est le réseau de tuyaux qui se situe entre le système producteur de chaleur – le cœur de réacteur – et le circuit secondaire, qui achemine la chaleur vers des sous-systèmes de distribution.

« Le réacteur était à l’arrêt pour maintenance et rechargement de combustible depuis fin juillet. Il était en phase finale de redémarrage : le circuit primaire fonctionnait à une pression supérieure à 150 bars et une température proche de 300 °C », précise l’ASN.

La fuite a eu lieu lors de la remise en pression de la ligne auxiliaire dans le cadre d’une opération de maintenance. Son débit « a conduit l’exploitant à appliquer les consignes de mise à l’arrêt à froid du réacteur, permettant une baisse rapide en pression et température de l’eau », selon l’ASN qui précise que ni le personnel EDF ni l’environnement n’ont été contaminés. En outre, l’ASN a procédé jeudi à une inspection du réacteur.

Voir Aussi:

  • « Incident » nucléaire à Flamanville. Circulez, y a rien à voir !

  • L’avis du CRILAN sur » l’incident »

« Incident » nucléaire à Flamanville. Circulez, y a rien à voir !

Mediapart 26 octobre 2012 Par victorayoli
– Oh ! Kevin. Regarde : un cadran de mesure vient d’exploser !

 – Dégage vite Grégory, ça vient du circuit primaire et c’est une sauce sacrément radioactive ! Avertis les autres.

 – Eh ! Chef. Regardez ce jet d’eau bouillante sous pression ! Si j’avais été devant comme il y a 30 secondes, j’étais transformé en homard radioactif ! Qu’est-ce qu’on fait chef ?

 – Oh merde alors ! Vite, on dégage…

 Pendant que les trois employés évacuent le lieu de « l’incident classé provisoirement au niveau 1 sur l’échelle INES qui va de 0 à 7 », l’eau à 200°C sous pression provenant directement du circuit primaire – des séries de tuyaux qui prennent et transportent dans le cœur du réacteur la chaleur émise par les barres de combustible nucléaire – continue de s’échapper de l’instrument de mesure éclaté. Il va continuer de s’échapper pendant six heures. A raison de 7.000 litres à l’heure !

Mais c’est pas grave qu’ils disent. Tout est confiné dans le bâtiment réacteur. Encore heureux !

« L’incident » a eu lieu un peu avant minuit et l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) le « gendarme » du nucléaire n’a été averti que le lendemain matin, lorsque la fuite – ouf ! – a pu enfin être maitrisée. Cet « incident » mineur a tout de même imposé la « mise à froid » du réacteur alors en phase de redémarrage après maintenance et l’évacuation de tout le personnel hors du bâtiment.

 Eh ! Rassurez-vous, nous sommes en France, pas dans ces pays de sauvages sous-developpés comme le Japon. En France, vous entendez ! Donc, chez nous, l’industrie nucléaire est absolument parfaite ! Il n’y a aucun risque ! Nous sommes les plus forts !

Ben voyons ! Puisqu’ils nous le disent… Quintidi 5 Brumaire 221

http://blogs.mediapart.fr/blog/victorayoli/261012/incident-nucleaire-flamanville-circulez-y-rien-voir

Le CRILAN: Incident de niveau 1 sur le réacteur N°1 de Flamanville : quand les ressentis diffèrent …

http://www.s323409623.onlinehome.fr/crilan/

 

 

Janick Magne militante antinucléaire et universitaire à Tokyo a parcouru la France cet été


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Visites buissonnières au pays du nucléaire en Cotentin

 

Cahors. Une universitaire vient témoigner sur Fukushima 

Janick Magne hier à Cahors, à l'invitation de mouvements pour la sortie du nucléaire./Photo DDM, J-M. F. ()

Janick Magne hier 9 septembre  à Cahors, à l’invitation de mouvements pour la sortie du nucléaire./Photo DDM, J-M. F.

Elle est universitaire et vit depuis 34 ans à Tokyo. Janick Magne a été la candidate d’Europe Écologie les Verts dans la 11e circonscription des Français de l’étranger (Asie, Océanie et ex URSS soit 49 pays). L’enseignante donnait hier à Cahors, une conférence sur Fukushima, à l’invitation du Réseau zéro nucléaire et du mouvement citoyen lotois pour la sortie du nucléaire.

Comment avez-vous vécu ces événements ?

J’étais à Tokyo pendant la catastrophe. Tokyo a tremblé pendant des semaines, jour et nuit et ça continue occasionellement. L’eau du robinet a contenu de l’iode pendant une dizaine de jours.

Quels effets pour les habitants ?

Les enfants portent des dosimètres (pour mesurer la dose radioactive), mais les parents n’ont pas accès aux données, celles-ci sont envoyées directement à des hôpitaux. Dans la région de Fukushima, 30 % des enfants examinés présentent des nodules, normalement, on devrait être en dessous de 1 %.

La situation aujourd’hui ?

On vit avec la peur. Sur le site de Fukushima, la piscine de désactivation des combustibles nucléaires usés du réacteur n° 4 peut s’effondrer, elle est juchée à 30 mètres de haut dans un bâtiment totalement éventré. À l’intérieur il y a 260 t de combustibles. Si ces barres entrent au contact de l’air, on peut craindre une réaction au moins 80 fois supérieure à Tchernobyl.

Allez-vous retourner au Japon ?

Oui, le 13 septembre mais avec appréhension. Heureusement, mes enfants sont grands et vivent ailleurs.

Propos recueillis par Jean-Michel Fabre

http://www.ladepeche.fr/article/2012/09/10/1436118-fukushima-on-vit-avec-la-peur.html

Dégagement de fumée à la centrale de Flamanville

Ce matin à 10 h 30, un dégagement de fumée a été constaté sur un diesel de secours, installé dans l’unité N° 2 de la centrale de Flamanville. Trois véhicules de pompiers ont été dépêchés sur place. Ce dégagement n’a provoqué aucun dommage, ni pour les personnes, ni pour la sécurité. Le diesel en question était en essai périodique quand l’incident s’est produit. La machine n’est pas située en zone nucléaire. Les raisons de cet incident sont en cours d’analyse. Ouest France jeudi 06 septembre 2012

France: Grave lacune de sûreté sur 8 réacteurs, les piscines de combustibles vulnérables aux séismes

Flamanville, Saint Alban, Paluel. Le Réseau « Sortir du nucléaire » a reçu des documents d’EDF et de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) qui font état d’une anomalie générique sur les réacteurs nucléaires de Paluel, Flamanville et Saint-Alban. Des dispositifs sous-dimensionnés, alliés à la vulnérabilité au séisme de certaines canalisations des piscines de combustible, pourraient mener au découvrement des combustibles usés en une heure environ. Ceux-ci, non refroidis, pourraient alors entrer en fusion, ce qui provoquerait d’importants dégagements de radioactivité empêchant toute intervention sur le site. 

Pour Flamanville ça commence à faire beaucoup d’anomalies sur le parc en fonctionnement: les deux réacteurs de 1300 MW doivent recevoir  de nouveaux de générateurs de vapeur  .. mais pas avant 2018. En attendant on croise les doigts pour qu’il n’arrive rien, la zone sismique ayant connu un séismes de l’ordre de 6 à 6.5 en 1927. EDF danse au dessus du  trou Baligan! voir plus bas.

Une anomalie similaire avait déjà été observée à Cattenom

Le 18 janvier 2012, EDF a déclaré une anomalie sur les piscines de combustible 2 et 3 de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) : il y manquait un dispositif censé empêcher la vidange accidentelle des piscines de combustible en cas de problème sur les circuits de purification et de traitement des eaux [voir la déclaration sur le site de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire)]. Ce dispositif, dénommé « casse-siphon » prend la forme d’un orifice de 20 mm de diamètre sur les tuyauteries. 
La vidange accidentelle d’une piscine de combustible constituerait un événement grave : les combustibles usés, encore extrêmement chauds et radioactifs, doivent être refroidis en permanence. S’il n’y a plus d’eau pour les recouvrir, ils pourraient libérer des radioéléments, voire entrer à nouveau en fusion. Ces scénarios pourraient mener à d’importants rejets dans l’environnement, dans la mesure où les piscines, à la différence des réacteurs, ne possèdent pas d’enceinte de confinement.

Le problème remarqué à Cattenom, d’ailleurs signalé très tardivement à l’ASN, a été classé au niveau 2 de l’échelle INES. Le Réseau « Sortir du nucléaire » avait d’ailleurs porté plainte, menant à l’ouverture d’une enquête par le Parquet de Thionville.

Une anomalie similaire détectée sur 8 réacteurs

Le Réseau « Sortir du nucléaire » a reçu récemment des documents d’EDF et de l’IRSN, accompagnés d’une note explicative (voir ci-dessous), qui font état de problèmes similaires à ceux de Cattenom sur d’autres réacteurs nucléaires français. Ainsi, sur les 8 réacteurs de Flamanville (Manche), Paluel (Seine-Maritime) et Saint-Alban (Isère), les fameux « casse-siphons » sont d’un diamètre insuffisant pour permettre le bon fonctionnement du dispositif et prévenir efficacement la vidange des piscines [1].

De plus, sur les piscines de ces huit réacteurs, une partie des tuyauteries du circuit de réfrigération et de filtration des eaux n’est pas dimensionnée pour résister aux séismes [2] ! En conséquence, en cas de séisme, la conjugaison de ces deux anomalies pourrait aboutir en une heure environ à un début de découvrement des combustibles entreposés dans les piscines [3]. Du fait du haut niveau de radiation, toute intervention sur le site pourrait devenir impossible.

Des risques pris à la légère

Ce scénario catastrophe ne peut être balayé, la centrale de Saint-Alban étant située dans la vallée du Rhône, une zone de sismicité « modérée ».

Il est frappant que le risque ne soit identifié que vingt-cinq ans après la construction des réacteurs concernés ; cette anomalie s’ajoute donc à la longue liste de toutes celles qu’EDF « découvre » tous les ans, invalidant largement l’idée d’une sûreté sous contrôle.

Il est déplorable que l’ASN, informée depuis trois mois de ces graves anomalies, n’ait à ce jour publié aucun avis d’incident à ce sujet.

Les centrales concernées étaient censées avoir passé avec succès l’épreuve des « évaluations complémentaires de sûreté », qui devaient étudier entre autres leur vulnérabilité au séisme. Les anomalies récemment découvertes confirment une nouvelle fois qu’il ne s’agissait que d’un exercice de communication.

Notes :

[1] Le document IRSN nous apprend en effet que « les 8 réacteurs sont équipés d’un casse-siphon d’un diamètre interne n’excédant pas 10,4 mm » (p.9). Or, différentes études ont amené EDF à proposer, pour des raisons de sûreté, de passer à un diamètre de 40 mm sur l’ensemble des réacteurs.

[2] p. 9 note IRSN : « Dans le cas particulier des réacteurs de type P4, il doit être pris en considération que le circuit de traitement et de purification de l’eau des piscines, connecté au circuit de refroidissement, n’est pas dimensionné au séisme (particularité de ce type de réacteurs). De plus, les tuyauteries de ce circuit (d’un diamètre d’environ 100 mm) sont difficilement inspectables sur toute leur longueur […]. Par le passé, des fissurations traversantes ont déjà été détectées sur ces portions de tuyauteries. »

[3] p. 9 note IRSN : « Un séisme susceptible d’entraîner une rupture brutale de la ligne du circuit de traitement et de purification des piscines a une forte probabilité de conduire simultanément à une perte totale des alimentations électriques externes, donc à un arrêt automatique du réacteur et à la mise en œuvre des procédures de conduite accidentelle des règles générales d’exploitation. L’entrée dans ces procédures mènerait l’équipe de conduite à ignorer toutes les alarmes et procédures incidentelles relatives à la piscine de désactivation. Compte tenu du dimensionnement actuel du casse-siphon des réacteurs de type P4, un tel élément conduirait à une forte probabilité de dénoyage des assemblages combustibles entreposés en piscine de désactivation et donc d’accident grave ».

- Documents à télécharger

Le trou Baligan:

http://lagrotteauxgoubelins.over-blog.com/article-le-trou-baligan-a-flamanville-50-67656250.html

http://www.flamanville.fr/temps-libre/patrimoine/le-trou

EPR : Chine et Flamanville, même combat ??

EDF et Areva progressent sur l’EPR chinois, pendant qu’à Flamanville le génie français se fissure..Par Gaiga Kaunta Médiapart 05 Juin 2012 

EDF, Areva et CGNPC ont franchi une « étape clé » dans la construction de l’EPR de Taishan en Chine, avec l’introduction de la cuve dans le bâtiment réacteur de l’unité 1, suivie de son installation à son emplacement définitif dans le puits de cuve.

Ce composant en acier pèse 420 tonnes. Sa mise en place « est l’aboutissement de nombreuses activités de génie civil et de montage depuis la mise en place du dôme métallique sur le bâtiment réacteur fin octobre 2011 ».

Cette opération marque le début des travaux de mise en place des équipements de la chaudière nucléaire, soit, outre la cuve, les 4 générateurs de vapeur, le pressuriseur, les 4 groupes motopompes primaires et les tuyauteries, parallèlement à l’installation des matériels et circuits auxiliaires. 

(C) Finance Plus

source : EDF et Areva progressent sur l’EPR chinois,

ba didon depuis la signature en 2007, ils ont pas chômé…

Tandis qu’ à Flamanville, le génie français se fissure :

« EDF avait avoué fin juillet que la mise en service de l’EPR était attendue en 2016, avec quatre ans de retard sur le calendrier initial. Le chantier de la Manche qui a déjà coûté plus de 6 milliards d’euros prendra certainement encore du retard ! « 

Un peu à la bourre donc ….d’autant que le chantier est à cette heure suspendu :

EDF a détecté « des défauts » sur les « consoles » ou supports métalliques internes à l’enceinte et destinés à soutenir le futur pont de manutention du réacteur. Ce pont qui pivotera à l’horizontale en glissant le long des parois de ce bâtiment cylindrique doit notamment servir à placer et sortir les combustibles de la cuve. Il doit s’appuyer sur 46 « consoles », des boîtes métalliques disposées sur toute la circonférence de l’enceinte interne.

voir l’article en entier ici :  http://www.sudouest.fr/2012/03/02/nucleaire-interruption-de-betonnage-sur-le-chantier-de-l-epr-de-flamanville-648478-706.php

Ceci s’ajoute à d’autres malfaçons comme celles constatées depuis 2008 et pas des moindres : 

« Des problèmes de ferraillage, de fissuration du radier (dalle de 4 mètres d’épaisseur qui sert de fondation au bâtiment) ou de soudures du liner (peau métallique assurant l’étanchéité de l’enceinte du réacteur) »

 A ce jour, l’EPR a fait l’objet de onze lettres d’information de la part de l’ASN, consultables sur le site du gendarme du nucléaire. 

Tentant de se défendre, Martin Bouygues, le PDG du groupe de BTP, chargé de la construction, a déclaré devant la presse que les critiques sur la qualité du gros oeuvre du futur réacteur nucléaire sont « une manipulation honteuse et scandaleuse ». « C’est vrai qu’il y a des malfaçons, car c’est un prototype et il y a des difficultés techniques, mais elles sont reprises », a-t-il expliqué aux journalistes. »

Un prototype ??? J’ai peur…

l’article en entier ici    http://www.enerzine.com/2/12527+lasn-confirme-des-malfacons-dans-lepr-de-flamanville+.html

On fait vite donc on fait pas bien, du coup on prend du retard… zut! ça coûte des sous tout ça …bon , on accélère la cadence…. et bis repetita…et patatra….

Par ailleurs…

Outre le matériel, les emplois des travailleurs semblent eux aussi présenter quelques « irrégularités »

 Cette fois, c’est l’inspection du travail qui a rélevé que les droits de salariés polonais « embauchés » sur le chantier n’étaient pas respectés.

lire l’article ici : http://basse-normandie.france3.fr/info/bouygues-rompt-un-contrat-avec-un-sous-traitant-69408234.html

Et hop ! aux prud’hommes :

« Bouygues et son ex sous-traitant sur le chantier du réacteur nucléaire EPR à Flamanville, Atlanco, sont poursuivis par 43 ouvriers polonais qui les accusent de ne pas leur avoir payé de couverture sociale. »

article ici :  http://basse-normandie.france3.fr/info/epr–bouygues-ne-coupera-pas-aux-prud-hommes-72828214.html

De malfaçons à mauvaises façons ….

Le traitement de ces travailleurs est franchement discutable

 « 460 d’entre eux sont logés aux Pieux dans les 250 bungalows souvent délabrés et entassés les uns sur les autres d’un ancien camping, sans aucune prise en charge par les collectivités, ni volonté de les intégrer à la vie locale. »

article ici : http://basse-normandie.france3.fr/info/la-solitude-des-travailleurs-etrangers-aux-pieux-66709469.html

 

Mais alors ?  comment font-ils pour faire si vite et bien en Chine ?

Sont certainement moins regardants ….. Je « vois » que ça….

 

Un petit coup d’oeil sur ce chantier pharaonique franco-chinois :

2 réacteurs EPR en construction, plus 1 barrage… plus 4 autres réacteurs en projet sur le même site….

voir et lire ici 
http://webtv.edf.com/edf-en-asie-dossier-100-535.html

 ET, je n’invente rien, voici la présentation de ce projet par EDF TV  themselves (lien ci-dessus donc) 
« A Taishan le Groupe EDF supervise le chantier de ce qui sera le plus gros EPR du monde : deux réacteurs de troisième génération. Leur conception et leur installation nécessitent une main d’oeuvre compétente et nombreuse ; l’expérience d’EDF, développée notamment à Flamanville, est un atout important pour la bonne réalisation du chantier.. »

 Je confirme, j’ai peur…..

 

Aller on va faire confiance au « génie français  » en la matière (qui a une lampe à huile ? )  et on va finir en musique avec la superbe vidéo d’AREVA faite au mois de novembre dernier, sur l’avancée des travaux  EPR en France, Finlande et Chine :

ça fait rêver, c ‘est plein de couleurs et de technologie et en plus  » ces projets seront les références de demain, pour une énergie respectueuse de l’environnement. » 

cliquer sur le lien , la vidéo se trouve dans l’encart orange de droite

http://www.areva.com/FR/activites-2404/chine–taishan-12.html

BIENVENUE DANS LA FUNKYTOWN !

GET DOWN !!

En complément de cet article de Gaiga Kaunta leblogdejeudi propose trois articles toujours d’actualité:

Sismologie et sensibilité du Cotentin aux tsunamis: l’EPR de Flamanville disqualifié 

Pourquoi il faut abandonner l’EPR de Flamanville

L’EPR en résumé

 

Pourquoi il faut abandonner l’EPR de Flamanville

Jeudi 24 mai, après avoir visité l’EPR de Flamanville en construction en compagnie de Daniel Vaillant ancien ministre de l’intérieur, le candidat PS aux législatives tenait une réunion publique à Les Pieux (Manche). Force était de constater que les militants PS étaient  peu nombreux au rendez vous, les antinucléaires du CRILAN étant bien présents à l’extérieur de la salle  pour distribuer leur tract et engager la discussion. Monsieur Vaillant a pu constater que l’ EPR ne faisait pas l’unanimité dans le Cotentin.

Le tract du CRILAN

http://www.tendanceouest.com/medias/pdf/32135/4546.pdf

L’EPR en détail:

Il est construit dans une zone sismique potentielle de 6 à 6.5 degrès alors qu’il ne peut supporter qu’un séisme de 5.7.

Il est donc disqualifié au même titre que les deux  réacteurs  1 et 2 de Flamanville.

Voir article spécifique

Ce n’est pas la première fois que EDF prend des libertés avec les risques sismiques

la conception du réacteur indique que des problèmes d’éjection de grappes de combustible peuvent entrainer un emballement  et une explosion du réacteur:

EDF reconnait pudiquement ce risque accidentel

les soudures du couvercle du réacteurs sont trop fragiles pour garantir un fonctionnement sous pression pendant 60 ans; Elle seraient en cours de reprise…..

Le système de contrôle commande a  fait l’objet de réserves de la part de l’ASN. Elles seraient levées depui mai 2012;

La conception du réacteur étant trop complexe et le savoir faire étant trop dilué, qui aura encore la connaissance de ce réacteur dans 60 ans??? 

http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=actualites&sousmenu=dossiers&soussousmenu=EPRrevelations2&page=index

les groupes et pompes de secours ne sont pas en mesure de supporter un raz de marée alors que cette région est historiquement sensible à ce phénomène, notamment au regard de la sismologie du Cotentin

http://www.youtube.com/watch?v=pvZK302sIFg

le béton et la construction montrent de nombreux défauts, le bétonnage est interrompu suite à des défauts sur les consoles de fixation du futur pont servant à l ‘alimentation du réacteur. 

l’EPR va rejeter des effluent liquides et gazeux  en quantité jamais connue avec les 2 précédents réacteurs.

Pour le CRILAN, les droits à polluer accordés par l’ASN en 2010 en comparaison des rejets potentiels de ce réacteur, calculés à partir des rejets des réacteurs 1&2 du CNPE Flamanville sont respectivement multipliés par 2,9 pour le tritium liquide,  par 11,5 pour les rejets de tritium gazeux, plus de 8 pour les iodes gazeux, près de 3 pour les iodes liquides, entre  5,9 et 7,5  pour le carbone 14 et entre 2,5 fois et 5,4 pour les autres éléments beta, gamma.1.

Le CRILAN observe que ces dispositions sont contraires:

  • à la convention OSPAR signée par la France, visant à réduire à  zéro les rejets chimiques et radioactifs dans les mers de l’Atlantique nord, dont la Manche, d’ici 2019
  • au principe de précaution, inscrit dans la charte de l’environnement.

L’EPR est sensé utiliser le MOX , un mélange hautement radioactif contenant de l’uranium et du plutonium (comme dans le réacteur 3 de Fukushima). Selon le CRILAN, des incertitudes à propos de ce combustible se sont fait jour, liées à l’interaction du gainage M5 et du combustible HTC ( MOX) dont l’emploi initialement prévu pour l’EPR , a été abandonné. Enfin, le retraitement du MOX à la Hague suppose de longs délais d’entreposage et de refroidissement et un risque accru lors du retraitement .

Enfin l’EPR est inutile et coûteux ( 6 milliards d’euros) , le prix de revient du MW serait de l’ordre de 60 à 80 euros alors que le tarif officiel est de 40 euros....

L’EPR tourne le dos à la sortie du nucléaire  dans les 15 ans, sa durée d’exploitation étant prévue pour 60 ans.

Les habitants du Cotentin, de l’Ouest de la France et de l’Europe de l’ouest ont nulle envie de vivre la même catastrophe que les habitants du NE du Japon voire de Tokyo. Si ‘EPR de Flamanville est la vitrine mondiale d’AREVA,  les populations refusent d’ être les cobayes des lobbies du nucléaire.

Parce qu’on ne laisse pas les enfants jouer avec des allumettes, il y aura un avant et un après Fukushima: Stop EPR!.

200 personnes Flamanville un an après Fukushima

A l’initiative du CRILAN, soutenu par la coordination anti-nucléaire de Basse Normandie, 200 personnes ont assisté à une réunion débat ce 11 Mars à Flamanville.

COMMUNIQUÉ CRILAN (11 MARS 2012)

FUKUSHIMA, Un an après….au pays du nucléaire : 200 personnes à Flamanville  même. 

Moment fort à Flamanville, où se construit un réacteur EPR, dans un des fiefs du nucléaire français, face à l’usine de retraitement-extraction du plutonium de la Hague : 200 personnes sont venues en cet après midi du 11 mars, premier anniversaire de la catastrophe de Fukushima partager le témoignage d’Haruko Boaglio, enseignante japonaise qui a dû quitter MIHARU,à 45 Km de la centrale, le 11 mars 2011, avec son mari et leur fillette de 3 ans .

Je veux témoigner pour mes proches, mes amis et tous ceux qui sont restés avec la peur au ventre, dans un état de stress permanent, au rythme des répliques très fréquentes...”

Comme en écho, ce message d’une autre enseignante, française,  reçu après la réunion, sur le site du CRILAN, organisateur de cette réunion-débat, avec le soutien de la coordination antinucléaire de Basse Normandie:

 Merci pour cette conférence en ce jour anniversaire qui fait frissonner le mondeDepuis toujours je suis révoltée par ce que représente le nucléaire, mais ou on me prenait pour une marginale, ou le sujet était tabou, surtout ici où toutes nos connaissances travaillent sur ces deux pôles explosifs. J’ai entendu de gens très cultivés et sensés  » Barre toi si ça te dérange tant que ça !  » mais c’est toute la France qui est en danger !

            Contente d’avoir assisté donc cet après midi à cette réunion, mais attristée de n’y retrouver aucune connaissance. Toutefois des amis faisaient la chaîne humaine en vallée du Rhône et cette solidarité m’a redonné espoir. Depuis que j’habite ici, (15 ans ) pas un jour sans penser au nucléaire. Cette année, j’ai arrêté mes fonctions d’enseignante. Ma hantise était cet ordre en cas d’alerte: ne pas rendre les enfants à leurs parents, ce que je n’aurais pu faire évidemment. Merci à vous, merci à l’ACRO pour son travail, merci à votre amie japonaise .”

Moments forts d’échange et de solidarité. 

 Pierre Barbey a fait une analyse du déroulement de la catastrophe encore en cours et des relevés de la radioactivité effectués par l’ACRO.

Didier ANGER pour le CRILAN est revenu sur les risques de l’accident majeur dans les installations nucléaires françaises.

            Aujourd’hui, la surdité des principaux dirigeants politiques français sous influence de la pieuvre nucléaire montre leur déconnection de la réalité ressentie par les populations, en Normandie, comme ailleurs Notre avenir n’est pas dans leurs mains mais dans leur mobilisation.

Le compte rendu d’EELV sur le site de Coutances:

Au programme, le témoignage d’ Haruko Sakaguchi, qui a dû quitter Miharu, petite ville de la Préfecture de Fukushima, avec sa famille. Elle a donné un récit poignant de son expérience terminant par ces mots « Pour le japon la crise ne fait que commencer et c’est trop tard mais pour vous, il n’est pas encore trop tard ! »

Ensuite Pierre Barbey (ACRO) a exposé une analyse précise de la situation depuis les heures qui ont suivies le début de la catastrophe jusqu’à la situation actuelle.Le site de l’ACRO

Enfin Didier Anger (CRILAN) a poursuivie sur les risques en France. Rappelant que le risque d’explosion provoqué par l’accumulation hydrogène était connu depuis longtemps. De la même façon un défaut générique sur les générateurs de vapeur a été dénoncé depuis 30ans, générateurs qui seront changés à Flamanville en 2017. Enfin il est revenu sur le problème de stockage des déchets dans les piscines.