Fukushima : une facture d’au moins 80 milliards d’euros

LES ECHOS | LE 27/08/2014
Selon une nouvelle étude, les coûts liés à la catastrophe nucléaire risquent d’être deux fois plus élevés que le chiffrage initial du gouvernement. – AFP1 /

Selon une nouvelle étude, les coûts liés à la catastrophe nucléaire risquent d’être deux fois plus élevés que le chiffrage initial du gouvernement.
L’accident atomique de Fukushima coûtera au bas mot à peu près le double de ce que le gouvernement japonais avait estimé, a affirmé une étude universitaire. Kenichi Oshima, professeur d’économie environnementale à l’Université Ritsumeikan et Masafumi Yokemoto, professeur de politique environnementale à l’Université dOsaka ont chiffré « au minimum à 11.082 milliards de yens » (80 milliards d’euros) les sommes à débourser pour payer les dégâts de cette catastrophe survenue en mars 2011 à la suite d’un gigantesque séisme dans le nord-est de l’archipel.
« C’est le résultat de calculs faisables avec les informations dont nous disposions en juin, mais cela va encore augmenter: de ce fait, 11.000 milliards est le seuil minimal », ont prévenu les deux chercheurs, cités par l’AFP et l’agence japonaise Kyodo.
Le gouvernement japonais avait pour sa part évalué à 5.800 milliards l’argent nécessaire pour couvrir les conséquences de ce sinistre qui a eu un impact considérable sur la région et ses habitants. Selon les chercheur, il faudrait presque y ajouter les 2.200 milliards de yens (près de 15 milliards d’euros) qui seront nécessaires pour mettre en conformité les installations nucléaires du pays à la suite de la révision des normes de sûreté pour éviter un deuxième désastre ailleurs. « Ce sont des coûts indirects, donc ils ne sont pas dans le total », a précisé Kenichi Oshima.
Décontamination
Les sommes prises en compte intègrent l’indemnisation des personnes évacuées et/ou ayant perdu leur travail à cause de l’accident, soit pour le moment quelque 4.980 milliards de yens, fournis à la compagnie gérante Tokyo Electric Power (Tepco) par un fonds spécialement créé auquel contribue l’Etat et les compagnies d’électricité. Ces dommages et intérêts pourraient toutefois encore doubler. Le fonds a d’ailleurs relevé son plafond à 9.000 milliards de yens au lieu de 5.000 milliards.
Ce qui, selon les deux universitaires est une mauvaise nouvelle pour le contribuable puisque Tepco doit rembourser les sommes avancées au cours des prochaines années ce qui devrait avoir un impact sur le prix de l’électricité.
Sont aussi inclus les frais de décontamination des alentours de la centrale et de stockage des déchets résultants, soit 3.540 milliards. S’y ajoutent 2.168 milliards de coûts directement liés à la gestion de la situation au sein du complexe atomique et de démantèlement des réacteurs saccagés. Le reste relève d’autres dépenses administratives relatives à cet accident.
Kenichi Oshima et Masafumi Yokemoto pointent en outre du doigt le fait que ces coûts vont reposer sur les citoyens, en tant que contribuables si l’Etat paye, ou en tant qu’utilisateurs de courant via la facture émise par la compagnie si elle finit par rembourser les sommes avancées. Selon lui, la particularité de ce type d’accident est que le coût pour la société augmente au fil du temps et qu’on ne parvient pas à le prévoir et à l’appréhender dans son intégralité.
I

Japon 19 nov 2012 : Conférence du Dr Caldicott sur Fukushima

Le Dr Helen Caldicott est médecin pédiatre, militante anti nucléaire, et fondatrice entre autres de l’IPPNW (Association Internationale des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire), qui a été lauréat du prix Nobel de la paix en 1985.

Lors d’une conférence à Tokyo le 19 novembre 2012, le Dr. Caldicott a rappelé que les femmes enceintes et enfants devraient être évacués dès que possible des zones contaminées par la radioactivité de Fukushima, s’agissant du pire accident de l’histoire de l’humanité.

Elle précise que les 40% de cas d’anomalies thyroïdiennes décelées chez les enfants examinés est d’une occurrence extrêmement rare en pédiatrie, et que vu la rapidité de leur apparition, il est probable que ces enfants aient été soumis à des doses de radiations plus fortes qu’à Tchernobyl.

D’autre part, les promesses de décontamination sont illusoires, car scientifiquement impossibles à tenir.
Elle revient sur le comportement irresponsable du gouvernement Japonais qui a préféré protéger TEPCO que la population, ainsi que des médias dont le rôle est d’informer les citoyens de ce qui se passe exactement dans leur pays. Entre autres, le devenir des travailleurs qui ont lutté pour garder le contrôle des réacteurs au péril de leur vie n’a jamais été détaillé.

A priori, seuls une vingtaine de membres de la Chambre des Représentants auraient assisté à cette conférence qui n’aurait pas eu l’audience méritée, à cause des perturbations causées par l’annonce de la dissolution de la Chambre Basse du Parlement. Une autre conférence qui s’est tenue la veille semble avoir connu une bien meilleure affluence et une tout autre ambiance.

Merci à Kna d’avoir encore une fois traduit et sous-titré cette intervention du Dr Caldicott.

Source: Hélios

En 2016, 3.600 cancers thyroïdiens chez des enfants japonais

Une nouvelle étude confirme le nombre élevé de nodules thyroïdiens chez les enfants de la région de Fukushima. En 2016, 3.600 cancers thyroïdiens chez des enfants japonais pour 8 cas en France. lundi 12 /11/ 2012. 

Cette étude porte sur 42.000 enfants. Il a été procédé à des échographies. Chez 43% des enfants, on trouve des « nodules thyroïdiens ».

Dans un article précédent, ici, j‘avais déjà précisé que la présence de nodules thyroïdiens ne devait pas être confondue avec la présence d’un cancer.

Le cancer thyroïdien peut être induit par une radio-activité environnementale. En général, ces cancers n’apparaissent qu’après un délais de 5 ans. On estime qu’ 1/5 des nodules se cancérisent.

Dans une population d’enfants non exposés à de la radio-activité, la présence de tels nodules est extrêmement basse. En France, le pourcentage de cancers thyroïdiens chez l’enfant n’est que de 0,25 cas / million d’enfants. Soit 4 cas pour une population d’enfants de 15 millions environ.

Une étude japonaise réalisée chez des enfants, avant la catastrophe de Fukushima, en l’an 2.000, n’a montré aucun nodule sur 250 enfants testés !

A l’opposé, des recherches effectuées chez des enfants de Biélorussie après Tchernobyl avaient montré un taux de présence de nodules de 1,74%. Près de 8 fois plus que chez nous.

S’il existe un taux anormalement élevé de nodules chez les enfants de Fukushima, cela ne présage rien de bon concernant l’apparition de cancers thyroïdiens chez ces enfants. Ce fut le cas chez les enfants de Biélorussie.

On peut estimer que, en 2016, soit 5 ans après Fukushima, il y aura probablement 3.600 cas de cancers thyroïdiens chez des enfants japonais.

Chez nous, à population équivalente (environ 60 millions de Français contre 120 millions de Japonais), cela ne représenterait que…8 cas !

source : mediapart

Le taux de natalité de la préfecture de Fukushima a chuté rapidement en 2012

Selon la préfecture de Fukushima, la natalité est en diminution rapide. Fukushima Diary 14/11/2012

Quand le nucléaire tue l’avenir..

oct 2008 ~ sept 2009 : 8.06 ‰
oct 2009 ~ sept 2010 : 7.92 ‰ (↓0.14‰)
oct 2010 ~ sept 2011 : 7.75 ‰ (↓0.17‰)
oct 2011 ~ sept 2012 : 6.99 ‰ (↓0.76‰)

Natalité = (naissances d’octobre au septembre suivant ) / (Population en mars) × 1 000

Les dernières statistiques de population publiées par les autorités locales sont toujours celles de septembre 2012, donc c’est compté d’octobre à septembre.

Le taux de natalité de la préfecture de Fukushima a chuté rapidement en 2012

Source

Le Dr. Helen Caldicott estime que la moitié du territoire Japonais est contaminée

Interviewée sur democracy now 1 le Dr. Helen Caldicott 2 a déclaré que, selon elle, la moitié environ du territoire Japonais aurait été contaminée suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima-Daiichi. Publié le 7 novembre 2012 par Gen 4

http://gen4.fr/2012/11/helen-caldicott-moitie-japon-contaminee.html

Un océan de censure

Le Dr. Caldicott a également insisté, lors d’une intervention effectuée par Amy Goodman – au moment précis où CBS annonçait le résultat définitif des élections américaines – sur le fait que le gouvernement Japonais poursuit sa politique de désinformation et de muselage de la presse Japonaise sur l’ensemble des conséquences de la catastrophe Japonaise.

Helen Caldicott se rendra au Japon la semaine prochaine pour tenter de faire une analyse plus précise de la situation sanitaire.

Une situation sanitaire périlleuse

Compte tenu des rejets effectués par les réacteurs éventrés et des vents ayant soufflé vers l’intérieur des terres à partir du 15 mars 2011, une partie non négligeable des particules radioactives échappées des confinements endommagés s’est dirigée vers le Sud et l’Ouest de la centrale en perdition, contaminant gravement terres, rivières et… habitants dans les régions non évacuées.

Des maladies radioinduites en gestation

Il est évident que la situation sanitaire, compte tenu du temps de latence des anomalies génétiques cellulaires 3 se développant relativement lentement au sein des organismes soumis à une contamination non négligeable et par un large échantillon de radionucléides s’aggravera dans un période comprise de quelques années à quelques dizaines d’années.

La double peine des cellules irradiées

En outre, un autre effet mal documenté mais qui commence à être étudié de près 4 permet de penser que les cellules affectées par les rayonnements répercutent une espèce de  « signal de détresse » qui toucherait plus rapidement et à des niveaux de doses très inférieurs les cellules adjacentes et même parfois celles nettement plus éloignées.

 

10% seulement des cellules exposées à des radiations Alpha suffiraient à « contaminer » 100% des cellules avoisinantes

La constatation effectuée dans les services de médecine nucléaire 5 peut hélas s’appliquer dans les cas de contamination accidentelle sur des organismes en bonne santé : les tissus ne font pas de différence entre des irradiations « bénéfiques » (dans le cadre d’une thérapie) et celles créant le chaos, la destruction et la mort de cellules saines. Les particules Alpha sont celles qui sont principalement émises par les noyaux lourds 6 dont on sait par ailleurs qu’une quantité certaine a accompagné sans aucun doute les rejets d’autres noyaux plus légers dans le cadre de la catastrophe nucléaire Japonaise.

Des doses mêmes très faibles peuvent en fait induire des dégâts génétiques intenses

Si l’on superpose les dégâts chromosomiques agissant plutôt sur le long terme (les cellules reproduites) à l’hypothèse de l’effet de choc (effet bystander), les deux étant peut-être d’ailleurs liées 7 il est hélas raisonnable de penser que, même soumis à des doses relativement faibles de radionucléides – dont les fameux émetteurs Alpha – les organismes exposés relativement longtemps pour se retrouver irradiés et contaminés ne développent des pathologies cellulaires dans un délai plus ou moins long.

D'après le Dr. Helen Caldicott, la moitié du territoire Japonais serait contaminé

Des doses de 10 mSv semblent suffisantes pour induire cette réaction en chaine cellulaire

Alors que les seuils d’innocuité aux rayonnements Gamma généralement utilisés par les radioprotectionnistes sont habituellement situés de 100 à 200 mSv , les études récentes sur l’effetbystander semblent supporter l’hypothèse que les effets de choc des irradiations débuteraient à des seuils bien plus bas et seraient ensuite relativement linéaires : une irradiation Gamma évaluée à 0.01 Gy (soit 10 mSv de Gamma) suffirait à induire des dégâts cellulaires équivalents à des doses 10 fois supérieures (le seuil Gamma « référentiel » habituel de 0.1 Gy / 100 mSv).

 

Sources :

Interview de Helen Caldicott, 7/11/12, (00:30, anglais)

Caldicott Live on TV, enenews, 7/11/12, anglais

Lire également :

« L’effet bystander induit par les rayonnements », traduction française de l’étude d’Oleg V. Belyakov (110)

  1. Chaîne TV d’information indépendante basée à New-York qui travaille principalement sur les sujets de politique internationale des USA. 
  2. Médecin Australien, militante pour la paix et opposante au nucléaire militaire et civil 
  3. L’instabilité génomique est induite par le fait que le mécanisme de dégradation cellulaire affecte principalement les descendantes des cellules touchées par la radioactivité 
  4. L’effet bystander (« contagion radioactive » dans des tissus cellulaires), savoir.fr 
  5. Utilisation de rayonnements ionisants sur des tissus cancéreux en radiothérapie 
  6. Transuraniens : les éléments les plus lourds, totalement artificiels 
  7. Le choc initial pourrait en quelque sorte démarrer le processus de mutation génétique 

La catastrophe de Fukushima en passe de ruiner le Japon?

« Personne n’ évoque l’impact économique de la catastrophe de Fukushima sur les finances publiques du Japon, un oubli sans doute » Marc Berniolle . Dans les semaines à venir avec les voyants de l’ économie Japonaise qui passent au rouge nous pourrions assister en plus des problèmes environnementaux  au « double effet Kisscool » d’un accident nucléaire car comme le dit très justement F BOISARD  la banqueroute de la deuxième économie du monde ne serait pas sans conséquences sur l’économie mondiale ! Posted on 4 novembre 2012 | in ACTUALITÉS FUKUSHIMA-INFORMATIONS | by

Fukushima pourrait elle engendrer un Krach comme en 1929

Dans le blog  http://fukushima-informations.fr/?p=4040  n’a encore jamais abordé le coté économique de la catastrophe de Fukushima , pourtant ce dernier est en train de pointer le bout de son nez , et la méthode Coué qui jusqu’à maintenant était censée entraîner l’adhésion des Japonais aux idées positives qu’ elle impose est peut être en train d’arriver à son terme.

En effet la catastrophe de Tchernobyl selon certains économistes  a sans doute participé à la chute de l’ ex Union Soviétique . Le coût financier véritable de la catastrophe de Tchernobyl ne sera sans doute jamais connus dans sa globalité,  selon la documentation Française  les dépenses additionnées des trois pays concernés (Ukraine – Biélorussie – Russie)  excèdent certainement 500 milliards de dollars.

Le versement d’indemnités aux victimes représente la charge la plus lourde pour les trois pays. Sept millions de personnes reçoivent actuellement des allocations liées à Tchernobyl.
L’industrie nucléaire ne trouve pas à s’assurer ( le risque est trop grand ) , et les dommages  nucléaires sont exclus de la majorité des polices d’assurance des particuliers (c’est le moment de lire la votre ) .

En conséquence au Japon suivant le bon vieux principe de nationalisation des pertes et de privatisations des profits,  c’ est l’ Etat et donc les citoyens qui vont payer les conséquences d’une catastrophe engendrée par une société privée , qui pour garantir de gros bénéfices à ses actionnaires , a décidé d’implanter une centrale nucléaire dans une zone qui était  sous la menace d’un éventuel et prévisible tsunami.

Mais cette semaine nous apprenons sous la plume du Figaro qu’ au Japon   le spectre d’une faillite panique les financiers  F Boisard lui dans son blog écrit  »  Je n’aurais pas la muflerie de rappeler aux journalistes du Figaro que le verbe « paniquer » n’existe pas en français : nous sommes désormais habitués à ce que les journalistes écrivent comme des pieds.

Le fond du problème est bien connu.

Charles Gave et Jean-Pierre Petit le répètent à longueur d’années : tant que le taux d’intérêt à dix ans est inférieur à la croissance, on peut s’endetter avec inconscience et irresponsabilité, la sanction ne vient pas.

Mais le jour (qui finit toujours par arriver car la dette incontrôlée sert à financer le clientélisme qui tue la croissance) où le taux d’intérêt devient supérieur à la croissance, c’est la panique.

On notera avec intérêt que les crises de surdendettement étatique, en Europe, aux Etats-Unis, au Japon,  ont toujours la même cause, malgré les différences culturelles : l’étouffement de la démocratie par une oligarchie qui, pour se maintenir au pouvoir malgré son illégitimité, achète des clientèles avec de la dette.

Il y a bien une «solution» : la célébrissime «planche à billets». La banque centrale rachète les dettes étatiques. Mais cela induit une guerre des changes à l’extérieur et une inflation à l’intérieur.

Toutes choses très néfastes pour un pays vieillissant comme le Japon.

L’heure de vérité approche. Et pour tout le monde. Car qui peut croire que la banqueroute de la deuxième économie du monde serait sans conséquences partout ailleurs ? 

Dans un autre article publié cette semaine Jean Marc Berniolle  qui rappelons le est ( spécialiste sécurité nucléaire IRSN Cadarache)

lui conclu  : «  Si l’on s’intéressait vraiment au Japon, on verrait que ce pays lutte avant tout contre des fléaux qui le ravagent en profondeur, la déflation d’abord et l’augmentation de la dette publique qui est d’un tel niveau que pas mal d’économistes s’accordent à penser que cela débouchera inéluctablement sur un défaut de paiement.« 

Il est intéressant de constater qu’aussi bien dans les colonnes du figaro où dans l’article du très pro nucléaire Jean Marc Berniolle , personne n’ évoque l’impact économique de la catastrophe de Fukushima sur les finances publiques du Japon, un oubli sans doute .

Dans les semaines à venir avec les voyants de l’ économie Japonaise qui passent au rouge nous pourrions assister en plus des problèmes environnementaux  au « double effet Kisscool » d’un accident nucléaire car comme le dit très justement F BOISARD  la banqueroute de la deuxième économie du monde ne serait pas sans conséquences sur l’économie mondiale !

Voir aussi

L’industrie nucléaire japonaise a financé des experts gouvernementaux en sécurité

TOKYO – Quatre des six membres d’une cellule gouvernementale japonaise chargée de fixer de nouvelles normes de sécurité pour les réacteurs du pays ont reçu des milliers de dollars de financement de l’industrie nucléaire, révèlent des informations de presse.

Les quatre experts ont reçu entre 3 et 27 millions de yens (29.000-260.000 euros) sous forme de subventions et donations financières diverses au cours des trois ou quatre dernières années, selon l’agence de presse Kyodo, citant l’Autorité de régulation nucléaire (NRA).

Ces experts ont été sélectionnés conformément aux procédures et il ne devrait pas y avoir de problème, a affirmé la NRA, réfutant tout risque de conflit d’intérêt.

La NRA exige des experts qu’ils fassent état de leurs revenus mais n’a pas les moyens de les révoquer sur la base des informations de Kyodo, a-t-elle ajouté.

Akira Yamaguchi, professeur d’université d’Osaka, a reçu au moins 27,14 millions de yens de donations et de bourses de recherche du groupe d’industrie lourde nippon Mitsubishi Heavy Industries (MHI), et d’autres firmes.

Akio Yamamoto, professeur à l’université de Nagoya, a reçu 10,1 millions de yens de Japan Atomic Power Co., constructeur et exploitant de centrales, entre autres bienfaiteurs.

Yutaka Abe, professeur à l’université de Tsukuba, a reçu 5 millions de yens notamment d’un laboratoire de la compagnie gérant la centrale nucléaire de Fukushima, Tokyo Electric Power (Tepco) tandis qu’un chercheur de l’Agence de l’énergie atomique japonaise, Tomoyuki Sugiyama, a reçu un total de 3 millions de yens de Nuclear Fuel Industries, spécialisée dans le combustible nucléaire.

Actuellement, deux réacteurs seulement sont en service sur les 50 installés au Japon, les autres ayant été arrêtés après l’accident nucléaire à la centrale de Fukushima survenu à la suite des séisme et tsunami du 11 mars 2011.

(©AFP / 04 novembre 2012 08h51) 

Fukushima: 225.000 cancers radio-induits probables

Selon une étude gouvernementale, la catastrophe de Fukushima pourrait provoquer 225.000 cancers radio-induits Publié le 14 octobre 2012 par Gen 4

Loin de Fukushima, le Dr Bradford Weeks est un médecin américain peu conventionnel qui a ouvert en 1993 la clinique Weeks pour la médecine corrective et la psychiatrie sur l’île de Whidbey, dans l’État de Washington. Le Dr Weeks pense qu’une bonne hygiène de vie et une médecine préventive efficace peuvent éviter en grande partie l’apparition des maladies « modernes » comme le cancer au sujet desquelles la médecine allopathique ne sait que traiter tardivement les effets et freiner le développement sans en identifier réellement les causes primaires.

http://gen4.fr/2012/10/selon-une-etude-gouvernementale-la-catastrophe-de-fukushima-pourrait-provoquer-225-000-cancers-radio-induits.html

Selon une étude gouvernementale, la catastrophe de Fukushima provoquera 225.000 cancers radio-induits

225.000 nouveaux cas de cancer liés à la catastrophe de Fukushima-Daiichi ?

Le Dr. Weeks cite, sans toutefois préciser ses sources ni donner de détails (1), « certaines études gouvernementales » qui établiraient un accroissement considérable de la morbidité par cancer directement attribuable à la catastrophe de Fukushima-Daiichi.

De 0 à… 2 millions de cancers supplémentaires

La guerre de chiffres des effets sanitaires radio-induits initiée après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (2) a toutes les chances de se reproduire après celle de Fukushima-Daiichi :

– 0 selon l’ORNL (3) (juillet 2012)

– Une centaine selon la fameuse étude américaine de Stanford avec une incertitude très élevée (de 15 à 1300 décès et de 25 à 2500 maladies déclarées)

– De 100 à 1000 selon l’ANS (p. 27)

– 2 millions selon l’expert indépendant Arnie Gundersen dont la moitié induiront le décès du patient

Des maladies apparaissant de 5 à plus de 50 années après les premières expositions

Une apocalypse au ralenti : voilà ce que pourrait être l’avenir du Japon. Expliquons-nous : si une exposition unique à une dose de radioactivité faible à modérée peut être relativement bien modélisée et les effets sanitaires anticipés, la situation au Japon (et en Ukraine / Biélorussie) se complique du fait que les populations non-évacuées sont soumises constamment à des doses d’irradiation interne (par l’alimentation, la respiration) qui présentent un fort effet d’accumulation dans l’organisme au fil des mois et des années.

Tableau 1 : Après environ 3 mois, une ingestion unique de 1000 Bq de Cs-137 devient moins radio-toxique pour l’organisme qu’une contamination interne équivalent à 10 Bq / jour, soit 900 Bq de Cs-137 incorporés (ICRP, 2011)

 

Ne pas avoir évacué largement les populations n’a en fait simplifié le problème que pour une courte période

Les autorités Japonaises ont choisi l’option d’un zonage minimal, plus restreint comparativement à celui de Tchernobyl. Si l’on ajoute à cette constatation que la densité de population relativement élevée dans toute la zone côtière située à l’Est du Japon (200 habitants / km2 soit 2.5 fois plus qu’en Ukraine et 4 fois plus qu’en Biélorussie), on peut raisonnablement estimer qu’a contamination relativement égale (4) les effets sanitaires de la catastrophe de Fukushima-Daiichi ne pourront à priori qu’être supérieurs à ceux constatés en Ukraine et en Biélorussie.

L’idée de repousser les échéances est inhérente aux élites politiques : si tout va bien, elles s’auto-tresseront des lauriers et si tout va mal, avec un peu de chance, la gestion de la situation sanitaire future incombera aux adversaires politiques et, de toute façon, le temps aura dilué les responsabilités comme l’océan et l’atmosphère « diluent » la radioactivité ‘(5).


(1) L’origine est probablement un rapport secret d’une agence gouvernementale des USA.

(2) Mortalité radio-induite par Tchernobyl : 10.000 décès (ONU/OMS), 40.000 (URSS, 1986), 125.000 (Belbéoch)500.000 (Gofman, Berkeley) à 1 million (Yablokov, Nesterenko) ; morbidité : chiffres sensiblement équivalents (2 maladies radio-induites = 1 décès radio-induit)

(3) Oak Ridge National Laboratory : l’un des « laboratoires » américains consacrés au nucléaire civil et militaire

(4) Un peu moins de noyaux moyens, noyaux lourds équivalents, beaucoup plus de noyaux légers dispersés et un territoire de dispersion 2/3 océan 1/3 terrestre

(5) Raisonnement étroitement lié à une notion de « seuil » extrêmement controversée : si 1 million de particules radioactives contaminent 1000 individus, les effets sanitaires seront relativement identiques à celles induites si elles avaient affecté uniquement 100 individus (hypothèse de la relation linéaire sans seuil et d’une dispersion homogène dans zone de densité de population homogène)


Source : enenews, 13/10/12

Fukushima: la compagnie Tepco avoue avoir minimisé le risque de tsunami

La compagnie d’électricité japonaise Tepco, qui opère à la centrale nucléaire de Fukushima, a admis pour la première fois vendredi qu’elle avait minimisé le risque de tsunami par peur d’une fermeture pour améliorer la sécurité.  © 2012 AFP 12/10/2012  

« Il existait une peur latente d’une fermeture jusqu’à ce que des mesures draconiennes de sécurité soient mises en place », indique Tokyo Electric Power (Tepco) dans un rapport intitulé « Politique fondamentale pour la réforme du dispositif nucléaire de Tepco ».

Ce rapport, en forme de confession, indique qu’avant même que le tsunami géant de mars 2011 ne submerge la centrale, la compagnie était au courant que les systèmes de défense et de protection étaient insuffisants, mais qu’elle n’avait toutefois pas agi.

« Il y avait cette inquiétude que si de nouvelles et sévères mesures étaient imposées, la sécurité de toutes les centrales existantes serait devenu un sujet de préoccupation », lit-on encore.

En décembre 2011, Tepco avait rendu public un épais rapport sur les causes de l’accident nucléaire de mars 2011, soulignant l’insuffisance de sa préparation.

En juillet dernier, un nouveau rapport, officiel cette fois, mettait sévèrement en cause le gouvernement japonais et Tepco dans l’accident de Fukushima, fustigeant leur aveuglement face aux risques et leurs erreurs dans la gestion de la catastrophe.

« Le problème principal provient du fait que les compagnies d’électricité, dont Tepco, et le gouvernement, n’ont pas perçu la réalité du danger, car ils croyaient au mythe de la sécurité nucléaire d’après lequel un accident grave ne peut se produire dans notre pays », soulignaient alors les membres de la commission d’enquête.

Malgré ce rapport accablant, Tepco continuait jusque-là de prétendre que la puissance du séisme et l’ampleur du tsunami avaient dépassé toutes les prévisions et n’avaient donc pu être envisagées.

 

Fukushima: les batteries qui auraient pu éviter le pire…

Fukushima : l’explosion du réacteur 3, la fusion du cœur du réacteur 2, peut-être parce que TEPCO n’a pu enfreindre les règlements en apportant des batteries à la centrale. Helios 7 10 2012

Ultraman a publié très tard cet article sur les batteries qui auraient pu éviter le pire… Quels règlements, demanderez-vous ? De bons règlements sociaux, comme  »Si vous voulez quelque chose dans un magasin, vous l’achetez avec des sous. » Ou  »Pour transporter des matériaux ou de l’équipement potentiellement dangereux, vous demandez une autorisation du gouvernement et attendez jusqu’à obtention du permis. » Ils sont tous valables et corrects en temps de paix.

TEPCO n’est plus en temps de paix depuis le 11 mars 2011. Mais la compagnie et les ouvriers ne savaient pas clairement comment opérer dans la situation hors du commun où ils se sont retrouvés. Ils se sont donc cantonnés à ce qu’ils connaissaient le mieux – respectueux des règlements et de la loi – en bons citoyens.

D’après la vidéo de la téléconférence que TEPCO a récemment publié, à 7h17 le matin du 13 mars 2011 à la centrale de Fukushima :

Voilà l’équipe des matériaux, désolé de l’interruption. Nous allons sortir pour acheter des batteries et autres choses. Mais, heu, nous sommes un peu juste en argent. Pour ceux parmi vous qui ont de la monnaie sur eux, nous apprécierions que vous puissiez nous en prêter. Nous sommes désolés [et embarassés] mais si vous avez de la monnaie, pourrions-nous vous en emprunter ? Merci d’avance.

Après cette annonce, on entend un responsable haut placé (je pense que c’est M. Komori du quartier général de TEPCO à Tokyo) murmurer,  »Pas d’argent ? C’est lamentable. Il faut faire quelque chose… »
L’Asahi Shinbun a transcrit la totalité des 150 heures de la vidéo de la téléconférence, et a écrit plusieurs articles (pour les abonnés uniquement) sur leurs découvertes. Cet épisode sur les batteries se trouvait dans le troisième épisode de la série d’articles qui ont été publiés début septembre. La suite est mon résumé de la situation, basé sur l’article de l’Asahi du 5 septembre, lui-même basé sur leur propre transcription de la vidéo :

Tôt le matin du 13 mars 2011 (28 heures avant l’explosion du bâtiment du réacteur 3). Les ouvriers de TEPCO ont imaginé qu’en installant des batteries de voiture ils pourraient avoir juste assez de courant pour faire fonctionner la soupape principale de décharge pour relâcher la pression dans la cuve du réacteur 3. Cela ne nécessitait que 10 batteries de 12 volts à ce moment-là, pensaient-ils. Le problème était qu’ils n’en avaient pas dix. Ils ont demandé aux ouvriers avec des voitures de bien vouloir les enlever pour s’en servir.

20 batteries de voiture ont été proposées. Mais ils en avaient besoin de plus. Beaucoup plus, pour surveiller la situation des réacteurs 3 et 2. Les systèmes de surveillance de la salle de contrôle centrale étaient dans le noir, par manque d’électricité. Ils avaient besoin de 50, 100 batteries.

La ville d’Iwaki se trouve à 30 km au sud de la centrale et il y avait des magasins de fournitures pour auto. Donc, des ouvriers de TEPCO décidèrent d’y aller en voiture et d’acheter des batteries au magasin.

Mais ils ne purent trouver que 8 batteries à Iwaki. L’article de l’Asahi Shinbun ne dit pas si c’était par manque d’argent ou manque de stock du magasin.

Ce n’était pas que le quartier général de TEPCO était resté assis sans rien faire. Il avait déjà demandé 1000 batteries à Toshiba le 12 mars et s’était arrangé pour les faire venir immédiatement à la centrale.

Il y avait un problème. Il fallait une autorisation du gouvernement, apparemment, pour transporter ces nombreuses batteries par la grande route, et l’autorisation ne venait pas facilement. Le véhicule chargé des 1000 batteries ne pouvait quitter Tokyo avant que le problème de l’autorisation ne soit résolu.

Finalement 320 batteries sur les 1000 arrivèrent à la centrale dans la soirée du 14 mars, longtemps après l’explosion du réacteur 3. Le cœur du réacteur 2 avait déjà été exposé.

Ce seul épisode, je pense, incarne ce qui fonctionne fondamentalement de travers avec les japonais en situation de crise : ils ne peuvent enfreindre les règles.
Ils n’ont donc pu surveiller les réacteurs, ouvrir la soupape de décharge, mais savaient que s’ils avaient eu des batteries, même des batteries de voitures en grande quantité, ils auraient pu faire ces deux actions. En ne le faisant pas, il y a eu une fusion du cœur et la libération d’une grande quantité de matériaux radioactifs. Ce n’était pas l’heure d’observer les règlements imposés par la société ou le gouvernement.

1. Au lieu de faire de la route pour aller à Iwaki pour acheter des batteries de voiture, ils auraient pu arrêté des voitures et des camions en dehors de la centrale, demandé, supplié, menacé les conducteurs pour qu’ils donnent leur batterie pour éviter de multiples fusions à la centrale.

Qu’auraient fait les conducteurs ? Refuser ? Je pense que non. Ils pouvaient même demander aux habitants de passer le mot que la centrale avait besoin de batteries de voiture pour empêcher une catastrophe nucléaire.

Ils auraient pu demander aux forces d’auto-défense de réunir pour eux des batteries dans le voisinage. Les forces d’auto-défense auraient pu dire  »non », malgré tout, ayant besoin d’une autorisation du premier ministre.

2. En allant à Iwaki, ils auraient pu simplement prendre les batteries, au lieu d’essayer de les acheter, si le manque d’argent était le problème. Cela a été la plus grande urgence dans la vie d’entreprise de TEPCO. Ils auraient pu simplement dire aux gérants de magasin d’apporter toutes les batteries en stock et de les prendre. Ils pouvaient écrire un mot disant combien de batteries et à quel prix et TEPCO aurait payé plus tard, après la réparation des réacteurs.

Qu’auraient fait les gérants de magasin ? Refuser de donner des batteries à TEPCO sans être payés ? Je ne le pense pas.

3. Si le gouvernement faisait des histoires pour l’autorisation du transport des batteries, Toshiba ou TEPCO (je ne sais pas qui était responsable du transport) aurait pu dire au gouvernement d’aller se faire voir et de démarrer.
 Ou de ne rien dire au gouvernement et de partir.

Qu’aurait fait le gouvernement ? Stopper les camions par la force ? Quand des réacteurs étaient sur le point d’exploser ? Je ne le pense pas.

4. De même, si le gouvernement japonais faisait les casse-pieds même dans une telle urgence, TEPCO aurait pu demander l’aide du gouvernement et de l’armée US. Pourriez-vous nous apporter des batteries ? L’armée américaine aurait pu facilement transporter des batteries dans leurs chinooks (hélicoptères?). Le gouvernement et l’armée américaine auraient-ils dit  »Non, nous ne pouvons rien faire, sans une requête de votre gouvernement  » ? Quand le transport de batteries aurait pu sauver les réacteurs d’une fusion ? Je ne le pense pas.

Qu’aurait fait le gouvernement japonais au gouvernement/armée américaine ? Se fâcher parce que les US auraient aidé a stopper les fusions ? Laissez-les se fâcher.

50 ou 100 batteries auraient pu ou non empêché les fusions, mais au moins ils auraient donné aux ouvriers sous la responsabilité du responsable de la centrale Masao Yoshida une chance – une meilleure prise de la situation, un peu plus de contrôle sur les réacteurs, et la capacité de réduire la pression pour pouvoir continuer à injecter de l’eau facilement et empêcher le cœur d’être exposé.

Combattre ou s’enfuir (force extraordinaire de la scène de l’incendie). TEPCO a essayé de combattre, c’est très apparent dans les vidéos de la téléconférence. Mais ils ont tenté de le faire dans les limites des règles et normes socialement acceptable au Japon en temps de paix quand les réacteurs nucléaires fonctionnent normalement.

Quand j’ai lu l’article de l’Asahi pour la première fois, la vérité est qu’il ne m’est pas venu à l’idée que TEPCO aurait pu enfreindre toutes les règles dans une urgence de ce genre. J’ai juste pensé  »Les bureaucrates sont des bureaucrates, peu importe » pour l’autorisation de transporter les batteries de Toshiba sur la grande route. J’en ai parlé à un ami américain, qui m’a dit immédiatement,  »Pourquoi devaient-ils attendre pour une autorisation dans une situation comme ça ? »

Après tout, je suis japonais. J’ai pensé comme TEPCO.

 
par Hélios 

Fukushima, santé-environnement, tous cobayes : Le coup de gueule de Michèle Rivasi

Le 26 septembre 2012 par Yves Leers · Michèle Rivasi est députée européenne (EELV). Fondatrice de la CRIIRAD, ce labo indépendant sur la radioactivité créé juste après la catastrophe de Tchernobyl (1986), elle se bagarre contre toutes sortes de pollutions (radioactives, ondes électromagnétiques…) qui ont de graves conséquences sur la santé. On retrouve cette lanceuse d’alertes qui ne désarme pas dans le film « Tous cobayes » de Jean-Paul Jaud, y compris à Fukushima où elle raconte le désarroi de la population après la catastrophe de 2011.

Pourquoi sommes-nous tous cobayes ? Oui, nous sommes tous cobayes et ça ne s’arrange pas ! Aujourd’hui ce sont les multinationales qui décident de tout ce que nous consommons: du contenu de notre nourriture (OGM, pesticides, additifs alimentaires…), de ce que nous respirons, de nos médicaments, de la course effrénée à la nouvelle molécule aux OGM toxiques, bisphénol A, ondes électromagnétiques, gaz de schiste, nanotechnologies, chimie pas vraiment verte, jouets toxiques, lignes haute tension pour évacuer l’électricité nucléaire au lieu de développer les énergies renouvelables de proximité : la liste est longue des scandales qui éclatent jour après jour sur l’environnement et la santé. Il y a face à nous, consommateurs, de telles collusions d’intérêts qu’on a l’impression de se battre contre des moulins. Et les lanceurs d’alerte crient dans le désert alors qu’il faudrait les protéger légalement (*). Regardez le « marché » de la santé qui pèse des milliards : il n’y a pas si longtemps, on se donnait dix ans de recul avant de mettre un médicament sur le marché. Aujourd’hui, de nouvelles molécules sortent tous les jours sans précaution. On met sur le marché dans l’urgence des médicaments « fast tracks » et on verra bien ce que ça donne. Nous sommes bien des cobayes.  

Résultats : 40% des médicaments inutiles. Et tant mieux s’ils ne sont pas dangereux. Où est la surveillance? Tout va bien pour les labos : les Français sont les premiers consommateurs de médicaments en Europe. A Bruxelles, nous nous sommes battus contre la collusion d’intérêts à l’Agence européenne des médicaments en refusant de  voter ses subventions pour son fonctionnement. Tous cobayes mais aussi sur-consommateurs ? Quelle que soit la technologie – alimentaire, cosmétiques, santé – on ne dit pas tout car le profit passe avant tout. En France, on essaye de ne pas voir jusqu’au jour où la vérité éclate enfin si ce n’est pas trop tard comme cela a été le cas pour l’amiante. Comment expliquer un développement de la consommation presque illimitée de produits fabriqués à l’autre du bout de monde alors qu’on ne parle que de crise : on se jette un nouveau téléphone curieusement « androïde » ou la dernière tablette. On dirait que la crise ne joue pas sur ces objets de surconsommation programmés pour … ne pas durer. Le consommateur est-il roi ou dupe ? Je viens d’entendre une pub dans laquelle un jeune incite un autre « à changer son portable préhistorique »… Jean-Paul Jaud vous a suivie au Japon près de Fukushima. Comment avez-vous vécu cette visite sur le terrain et qu’avez-vous vu ? J’étais très émue et très en colère car je retrouvais ce que j’avais vécu au moment de Tchernobyl : le désarroi d’une population qui n’avait aucun choix de s’alimenter autrement qu’avec les produits locaux dans ce qu’on a appelé la zone d’évacuation volontaire. Une opacité totale, une population pas du tout informée de la dangerosité de la radioactivité voire désinformée, des habitants complètement démunis.  On a maintenu sciemment les gens dans l’ignorance en leur disant que la radioactivité n’était pas plus dangereuse que deux verres de saké. Ce qui m’a frappé aussi, c’est l’incompétence des ‘responsables’. A propos de la nourriture, on leur disait juste: « c’est bon ou pas », sans proposer d’alternative. Les gens étaient perdus  jusqu’au jour où une ONG s’est créée avec l’aide de la CRIIRAD et a pu faire des mesures indépendantes. Les petits agriculteurs ont été les plus touchés, en particulier les bio. Je me souviens d’un paysan dans un petit village qui ne comprenait pas où était le problème : nous étions au printemps et les papillons volaient. Tout semblait si « normal » et c’est bien le problème de la radioactivité. Il y a au Japon une culture de la soumission et Fukushima a fait éclater une rupture entre les hommes qui ne voulaient rien voir ni entendre et les femmes qui s’inquiétaient pour l’avenir de leurs enfants. « Je suis très en colère à l’intérieur », disaient-elles. Le cheminement peut être très lent mais cela peut sortir d’un coup. Il y a eu des ruptures terribles. Que dire cette femme dont le mari s’est suicidé parce qu’il ne voulait pas revivre Hiroshima comme ses parents. Elle, elle reste seule avec son fils pour cultiver sa petite parcelle. »   (*)  Une proposition de loi sur la protection des lanceurs d’alerte doit être déposée le 15 octobre au Sénat.