FukushiManche en Cotentin

Fukushimanche

c’est le doux pays du ministre des affaires européennes, député AREVA indéfectible, défenseur du lobby nucléaire dans le Cotentin.

Le Cotentin est une des régions les plus nucléarisées du monde : à La Hague, une usine de retraitement qui stocke sous des hangars et retraite le combustible d’une centaine de réacteurs ; à Flamanville, un EPR, étendard mondial et déjà mité des centrales nucléaires françaises ; à Cherbourg, un arsenal militaire consacré à la terreur atomique mondiale et au démantèlement des coeurs de sous marins ; à Digulleville, un centre de stockage de déchets radioactifs qui contaminent la nappe phréatique ; partout autour, ces territoires quadrillés, assujettis et balafrés par ces lignes « très haute tension » (THT) destinées à alimenter le marché concurrentiel et international de l’énergie. La Manche et son cotentin est un Fukushima qui s’ignore…

Si le Cotentin a accueilli Bernard Cazeneuve pour lui offrir Cherbourg, sa communauté urbaine et sa circonscription PS, elle a confié son destin à un nucléocrate indéfectible.

C’est lui qu’AREVA appela en pleine discussion entre les Verts et le PS sur la question de l’EPR et du MOX.

En quelques mois, le nouveau gouvernement socialiste aura nommé Cazeneuve ministre, relancé la recherche sur le surgénérateur Astrid de quatrième génération, acté le maintien du parc nucléaire actuel, annoncé l’ouverture de la plus grande mine d’uranium du monde à Imouraren au Niger, validé le développement de l’EPR en France et à l’international, poursuivi la construction de la ligne THT Cotentin-Maine, etc.

On ne pouvait sacrifier FukushiManche sur l’autel de l’écologie et de l’avenir de l’humanité.

à suivre

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Déchets nucléaires : les solutions de stockage

Quelles sont les différentes façons de stocker les déchets nucléaires ? Un petit panorama dressé par Sophie Rosenzweig.  ARTE JOURNAL – 27/09/12

En créant de l’énergie, l’industrie nucléaire pollue. En clair elle produit des tonnes de déchets radioactifs qui resteront dangereux pendant des milliers d’années. Alors comment les stocker?

Les déchets nucléaires peuvent être liquides, solides ou gazeux. Ils se divisent en 3 groupes :

– les déchets de faible activité :
Ce sont les vêtements des personnels, les équipements peu contaminés et les filtres à air.– les déchets de niveaux intermédiaires :
Ce sont les tubes combustibles irradiés, les produits chimiques provenant du traitement des déchets.

– les déchets de haute activité :
Ce sont les plus dangereux. Pour que ces déchets deviennent inoffensifs, il faut compter des centaines de milliers d’années. Par exemple, il faut 200 000 ans pour neutraliser le plutonium. Cela signifie que ce sont les générations futures qui devront gérer ce problème

Que fait-on des déchets radioactifs?

C’est le vrai problème.Car chaque cas est spécifique. A ce jour, on stocke ou on enfouit les déchets.

  • Le stockage :Réservés aux éléments dits « à vie courte » (300 ans !), les déchets sont entreposés, en France, soit au Centre de Stockage de la Manche à La Hague soit à Soulaines dans l’Aube. Ils devront faire l’objet d’une surveillance étroite pendant plusieurs siècles.
  • L’enfouissement :C’est la solution pour les éléments les plus radioactifs et à vie longue (plusieurs milliers, voire millions d’années). En France, un premier centre d’enfouissement a été mis en chantier à Bure (Meuse/Haute-Marne), ce centre pourrait bien néanmoins se transformer en site de stockage.

LE STOCKAGE DES DÉCHETS NUCLÉAIRES DANS LE MONDE

L’immersion

Jusqu’en 1983, les pays européens possédant une industrie nucléaire immergeaient leurs déchets radioactifs dans le nord de l’océan Atlantique. Une convention internationale ayant ensuite interdit cette pratique, les stockages se sont poursuivis à terre, du moins pour les déchets de moyenne et basse activité. Les déchets de haute activité, issus du retraitement des combustibles irradiés, sont actuellement stockés temporairement dans les deux usines de retraitement européennes, Sellafield en Grande-Bretagne, et La Hague en France, en attendant de retourner dans leurs pays d’origine lorsque ceux-ci auront trouvé des sites en grande profondeur pour les enfouir.

Le stockage

Les Etats-Unis, qui ont décidé en 1977 de ne plus retraiter leurs combustibles irradiés, ont ouvert en 2010 le site de Yucca Mountain, un dépôt en profondeur. Après 20 ans d’études, le Waste isolation Plant accueille des déchets transuraniens depuis 1999.

La situation au sein de l’ex-Union soviétique est particulièrement préoccupante. Il existe de nombreux sites militaires et civils où divers types de déchets sont entreposés ou stockés dans des conditions discutables. Aucune stratégie à long terme n’a encore été définie.

L’Allemagne, entre 1967 et 1978, a stocké ses déchets faiblement et moyennement radioactifs dans les mines de sel de Asse. Puis, à partir de 1990, dans la mine de sel de Morsleben. Un centre de stockage à grande profondeur, destiné aux déchets à hautes activités revenant de l’usine de La Hague, est également opérationnel à Gorleben.

La France a ouvert le Centre de stockage de la Manche en 1969, où les fûts sont entreposés en surface, puis le Centre de l’Aube en 1992. Elle recherche deux sites en profondeur pour stocker ses déchets de haute-activité.

La Grande-Bretagne possède deux centres de stockage en surface pour ses déchets de faible activité, à Drigg et Dounreay. Les autres pays européens (Belgique, Espagne, Italie, Portugal, Grèce, Pays-Bas et Danemark) conservent «temporairement» leurs déchets, déjà conditionnés ou non, sur leurs sites nucléaires.

Sophie Rosenzweig / ARTE Journal

Nouvelles questions sur le stockage profond des déchets nucléaires

 

Le 10 septembre, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) entrera dans le vif d’une problématique nouvelle concernant l’enfouissement des déchets nucléaires à vie longue, dont la radioactivité perdure pendant des milliers d’années. Pour la première fois, se réunira le comité de pilotage d’un nouveau programme, GEOSAF2, visant à étudier les méthodes d’exploitation des centres de stockage de ces déchets. Par Hervé Kempf, LE MONDE  29.08.2012

“Jusqu’à récemment, on analysait la faisabilité du concept. Il s’agit maintenant de faire le lien entre la sûreté à long terme du stockage et la sûreté de l’installation en phase d’exploitation”, explique Michael Tichauer, président de ce comité et chercheur à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRNS) français.

Pendant une centaine d’années après la décision de créer un site de stockage en profondeur, il faudra à la fois creuser les galeries et y installer les équipements nécessaires, tout en commençant à l’exploiter, c’est-à-dire à y entreposer les conteneurs de déchets.

“La sûreté pendant la phase d’exploitation est un des sujets qui nous mobilise le plus”, affirme Marie-Claude Dupuis, directrice de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Celle-ci conduit le projet français de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), qui doit être mis en service en 2025.

“Il y aura des dizaines de kilomètres de galeries, ce sera une installation immense, bien plus grande que celle de la Hague, dit M.Tichauer. Il y aura d’un côté des mineurs, de l’autre des travailleurs du nucléaire plaçant les colis dans les alvéoles : ce sont deux cultures qui n’ont rien à voir.” Cette cohabitation va créer des problèmes de sûreté nouveaux. “L’objectif est de confiner au maximum les colis nucléaires, mais dans les travaux souterrains, la priorité absolue est l’évacuation du personnel”, note MmeDupuis.

RISQUE D’INCENDIE

Une préoccupation importante est le risque d’incendie, soulevé par un ingénieur indépendant, Bernard Thuillier, qui a analysé les dossiers publiés par l’Andra et qui, reconnaît sa directrice, “pose de bonnes questions”.

Ce risque découle de la présence de bitume dans des colis de déchets anciens, ainsi que de l’éventuelle formation d’hydrogène sur certains colis. Le danger semble gérable à l’IRSN et à l’Andra, qui évoquent cependant la nécessité de reconditionner les colis contenant du bitume et de doubler les galeries, pour pouvoir évacuer les mineurs en cas de besoin. Des précautions qui entraîneraient des surcoûts.

D’autres problèmes apparaissent, comme le rejet par l’installation de gaz faiblement radioactifs, sa consommation d’eau comparable à celle d’une ville de 50 000 habitants, ou sa consommation électrique requérant une puissance de 72 mégawatts. Des questions nouvelles, aussi : “L’exploitation se déroulera sur cent ans. Comment maintenir les compétences sur une telle durée ?”, interroge M. Tichauer. Toutes ces questions devront trouver des réponses avant le débat public qui aura lieu en 2013 sur ce projet de stockage.

Lire aussi le reportage sur le centre de stockage de Bugey dans l’Ain

Hervé Kempf

Arte 21 aout: Tchernobyl, une histoire naturelle ?. Alors pourquoi vouloir cacher les effets biologiques?

Et si  l’apparente bonne santé de l’écosystème devait  beaucoup à la disparition de l’homme dans la zone? A voir: Mardi 21 août de 20h50 à 22h25 sur Arte. Télérama.

Ce billet comprend deux articles: un de Télérama sur le film, une controverse du Réseau Sortir du Nucléaire.

Synopsis de l’émission

Vingt-quatre ans après l’explosion du réacteur n°4, le 26 avril 1986, la zone interdite, instaurée dans un rayon d’une trentaine de kilomètres autour de la centrale nucléaire, offre la vision idyllique et paradoxale d’une nature préservée des ravages de la civilisation. Ce territoire où les radionucléides se sont dispersés irrégulièrement, avec l’explosion et l’incendie qui a suivi, est aussi devenu un vaste laboratoire à ciel ouvert, où les scientifiques étudient sur le long terme, en situation réelle, les effets de la radioactivité de faible dose sur les organismes vivants. Pourquoi certains organismes meurent-ils prématurément, pourquoi la croissance des pins est-elle perturbée, alors que mulots et peupliers semblent en pleine santé ?

La critique TV de télérama du 11/08/2012

On aime un peu http://television.telerama.fr/tele/documentaire/tchernobyl-une-histoire-naturelle,4345735,emission15646024.php

Le 26 avril 1986, l’explosion du réacteur numéro 4 de Tchernobyl propulsait dans l’atmosphère des milliards de particules radioactives. Plus de deux décennies après, à quoi ressemble la « zone interdite », cette enclave de 30 kilomètres carrés autour de la centrale ? Etonnamment, la nature, luxuriante, s’y épanouit librement, et de nombreuses espèces animales — dont certaines extrêmement rares — prolifèrent. Comment expliquer que les mulots ne subissent aucune mutation ? Pourquoi certains arbres survivent-ils ? Véritable laboratoire naturel, le site est devenu le terrain d’observation privilégié de scientifiques du monde entier, venus étudier les effets à long terme de la radioactivité.

Nourri de nombreuses expertises en situation, d’images superbes et de schémas en 3D, le film met en lumière les mécanismes de défense naturels développés par certains organismes, attire notre attention sur les fascinantes capacités d’adaptation de la nature, tente, sans toujours y parvenir, d’en percer les mystères. Parfois un tantinet technique, cette épopée, filmée sur près d’un an, a quelque chose d’envoûtant dans sa manière de mettre en scène l’énigme fondamentale du vivant, la beauté post-apocalyptique d’un monde où la nature, abandonnée à son sort, envahit jusqu’aux HLM de la ville fantôme de Pripiat… Le film s’achève d’ailleurs sur ce constat ironique : la bonne santé de l’écosystème doit beaucoup à la disparition de l’homme dans la zone. — 

Hélène Marzolf

Informations détaillées

Genre : Environnement
Durée : 90 mn
Origine : français
Auteur : Antoine Bamas
Réalisateur : Luc Riolon

Pourquoi vouloir cacher les effets biologiques de Tchernobyl?

Par Marc Saint Aroman Membre du réseau Sortir du nucléaire jeudi 03 juin 2010 

En se faisant l’écho d’un documentaire sur la radioactivité à Tchernobyl, le Professeur Jacques Foos en a profité pour « tacler » le réseau Sortir du nucléaire. Voici la réponse des antis.

Voir le papier de Jacques Foos « Que se passe-t-il aujourd’hui autour de Tchernobyl« 

En réponse à la publication du texte de Jacques Foos suite à la diffusion du documentaire d’Antoine Bamas et Luc Riolon «Tchernobyl, une histoire naturelle ?» sur Arte, voici quelques éléments de réponse du Réseau « Sortir du nucléaire« : 

Le documentaire décrit par Jacques Foos montre une équipe de recherche américaine qui, à l’aide d’un appareil sophistiqué, prétend prouver qu’il n’y a pas de mutations chez les souris, mais seulement des croisements d’espèces suite à leur grande mobilité. Il est bien évident, et Sortir du Nucléaire l’affirme également, qu’il n’y a pas de mutations, puisque la mutation est un phénomène qui ne peut se produire qu’à l’échelle de milliers de générations sur les espèces dites « supérieures ». Et pour cause: les phénomènes constatés suite aux expositions aux rayonnements sont exclusivement des malformations. Un phénomène averé, qui n’est pourtant pas mentionné dans le documentaire…

Le professeur Yuri Bandajevsky, ancien recteur de l’Institut de médecine de Gomel (Belarus), a prouvé, pendant des années, que des malformations systématiques sont survenues sur des mulots vivant sur le territoire contaminé de Tchernobyl.  

Parmi les nombreux travaux sur ces questions d’expositions et de contaminations aux radiations, le documentaire passe également sous silence les travaux de la généticienne Rosa Gontcharova, membre de l’Institut de génétique de l’Académie des Sciences du Belarus. Une scientifique qui a étudié les anomalies génétiques des poissons et des rongeurs, et  prouvé qu’elles s’aggravent de génération en génération sur des territoires pourtant relativement peu contaminés par le Césium137, à 200 kilomètres de Tchernobyl.

A ce titre, il existe aussi une étude qui montre le niveau d’atteinte des oiseaux dans les territoires contaminés : http://www.actualites-news-environnement.com/19947-animaux-Tchernobyl.html 

Le documentaire diffusé sur Arte ose également exhumer la théorie fumeuse dite « de l’Hormesis »: cette théorie ancienne qui voudrait que des expositions chroniques à des doses prétendument « faibles » (tout de même 1000 fois le niveau de la radioactivité naturelle, selon le documentaire !) de radiations protègent de l’exposition ultérieure à de fortes doses de radioactivité : ce serait un peu comme un vaccin atomique ! Une théorie qui vise très probablement à démolir les études établissant des constats épidémiologiques sur l’homme, sur la notion d’effets sans seuils. Etonnant lorsque l’on sait qu’il a été démontré internationalement, il y a plus de 20 ans, qu’il n’existait pas de seuil en dessous duquel la radioactivité ne présenterait pas d’effets néfastes sur le vivant. La très officielle Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR) reconnaît elle-même depuis des années que « toute dose de rayonnement comporte un risque cancérigène et génétique ».

Enfin, sur l’impact l’impact du rayonnement sur les êtres humains, le professeur Jean-François Viel notait, suite à son étude sur les leucémies et cancers des enfants autour de La Hague, que les médecins eux-mêmes concevaient mal l’éventualité d’un effet néfaste des faibles doses sur l’individu suite à l’utilisation médicale qu’ils font de la radioactivité. Le médecin suisse Henri Paul Deshusses mentionnait pour sa part, dans son livre « La radioactivité  dans tous ses états » (3) que la toxicité de la radioactivité naturelle n’était plus contestée et qu’il était important de n’y rajouter aucune radioactivité artificielle.

Il existe actuellement une large propagande visant à étouffer la démonstration des terribles effets biologiques liés à l’accident de Tchernobyl ainsi qu’à la soixantaine d’accidents nucléaires survenus à travers le monde. Ne nous laissons pas leurrer : le nucléaire est dangereux, et  nous devons en sortir.

Note : Dans sa conclusion, le professeur Jacques Foos se trompe. En effet il y a eu deux annonces faites sur la liste d’information du Réseau « Sortir du nucléaire » (Rezo-actu), 5 jours avant la diffusion du film sur Arte, puis le jour même. (1) et (2)

La catastrophe de Tchernobyl en chiffres ( source Arte)

 

 

Promo Nucléaire : pour toute centrale achetée, une leucémie en prime !

Chaque fois qu’une investigation met en péril la réputation d’une région, d’une commune, celui qui la mène a intérêt à avoir la bénédiction des responsables des secteurs dans lesquels il a l’intention d’enquêter, sinon, il risque de grosses déconvenues. Par Olivier Cabanel 

Merci à Olivier Cabanel pour ce travail de synthèse qui fait le point sur un sujet redevenu d’actualité depuis la catastrophe de Fukushima. Voir aussi les autres articles sur ce blog en catégorie: nucléaire et santé.

Il s’appelle Jean-François Viel, et en 1995, ce professeur de biostatistiques et d’épidémiologie, avait réalisé une enquête afin de vérifier si la proximité d’une installation nucléaire pouvait avoir une incidence sur le nombre de leucémies.

Ce « lanceur d’alerte » en a publié un livre « la santé publique atomisée » (édition La découverte, 1998)Lien

Il n’en était pas à son coup d’essai : dès 1990, il avait publié, avec Sylvia Richardson, dans le British Médical Journal, une première étude portant sur les risques de leucémies pour les moins de 25 ans habitant dans un rayon de 35 km autour du site de La Hague.

Puis, il avait remis ça en 1993, enfin 1995, grâce à un financement de l’INSERM et de la ligue Nationale contre le cancer, en collaboration avec 33 médecins locaux, avec la participation de Dominique Pobel, il avait réussi à démontrer, en prenant en compte la radioactivité naturelle, que le nombre de leucémies augmentait proportionnellement à la proximité de l’installation nucléaire. lien

Il avait diagnostiqué 27 cas de leucémies pendant la période 1978-1993 chez les moins de 25 ans, dont le détail est sur ce lien.

Le résultat ne s’est pas fait attendre : dans le camp des municipalités, lesquelles profitaient des généreuses retombées de la taxe professionnelle conséquente payée par l’industrie nucléaire, les insultes se mirent à pleuvoir sur l’épidémiologiste professeur, et il fut même empêché de parole, privé de subventions, à tel point qu’il dut quitter rapidement la région pour survivre.

Le détail de la polémique signée Olivier Baisnée, est paru dans « Politix  ».

lien.

Mais les attaques ne sont pas venues seulement des municipalités, et autres conseils départementaux, mais aussi de personnalités comme Georges Charpakprix Nobel de physique, membre du conseil d’administration de la Cogéma, laquelle exploite le site de la Hague.

Charpak fit, d’après la Criirad, des déclarations publiques à la limite de la diffamation. lien

Le professeur Souleau, président d’un comité d’experts, nommés manifestement pour rassurer la population, à du démissionner.

En effet, il avait présenté des chiffres comme ceux des travaux du comité, alors que ces chiffres émanaient des exploitants du site. lien

Dans un article paru dans le journal « La Recherche  », Elisabeth Cardis affirme que les résultats de l’enquête ont peut-être été sur-interprétés. lien

Naturellement les résultats publiés par Viel furent contestés par d’autres épidémiologistes, et l’état, via le ministère de l’environnement diligenta une commission d’enquête, laquelle confirma la validité scientifique du travail du Professeur Viel, au grand dam des lobbys nucléaires. lien

Comme il était probable que cette pollution radioactive soit consécutive aux rejets en mer des exploitants de La HagueGreenpeace s’en mêla, et mis en évidence une contamination significative des sédiments à l’extrémité de la conduite des rejets en mer, même si les plongeurs de la COGEMA et des gendarmes maritimes, tentèrent d’empêcher les mesures, en volant le matériel de prélèvement. lien

Mais est-il très productif de s’en prendre au thermomètre lorsqu’on a de la température ?

Toujours est-il que Greenpeace réussit à mesurer  90 000 Bq/m3 de Krypton 85, alors que le rayonnement naturel est de l’ordre de 1 à 2 Bq/m3 dans l’air. lien

Le journal « Ouest France » titrait le 12 mars « des taux 3000 fois supérieurs à la normale » et « le Monde » ajoutait « la Hague est-elle mortelle ? ».

Le centre de traitement de la Hague, c’est 300 hectares, et 5000 travailleurs, qui s’emploient à cisailler les combustibles usagés en tronçons de 35 mm, lesquels seront plongés dans de l’acide nitrique ; D’autres opérations permettront de solidifier l’uranium, qui retournera par convoi ferroviaire, sur son site d’origine, avec les risques que l’on imagine. lien

Mais ce serait oublier qu’il reste 74 tonnes de plutonium stockés à La Hague, dont on sait qu’un millionième de gramme est une dose mortelle, et que dans les années 60, les containers de déchets nucléaires étaient envoyés par le fond, dans la Manche, alors que des déchets liquides sont toujours évacués par la conduite s’avançant de 2km dans la mer, a raison de 50 mètres cubes journaliers, depuis 1966  ; lien Tout cela en dépit de la convention de Genève qui publia, le 29 avril 1958, un article (n°25 alinéa 2) stipulant : « tout Etat est tenu de prendre des mesures pour éviter la pollution des mers due à l’immersion de déchets radioactifs… ». lien

Quant au plutonium, il est converti en oxyde de plutonium, et envoyé par camions à l’usine Melox, à Marcoule, à près de 1000 km de là, afin d’être transformé en MOX, ce combustible qui est au cœur de la catastrophe deFukushima.

D’autres enquêtes épidémiologiques, menée par J.D. Urquhart, ont déjà été menées ailleurs, (à Sellafield, etDournreay, (usines anglaises de retraitement et stockage de déchets nucléaires), près des centres atomiques militaires d’Aldermaston et de Burghfield et du centre nucléaire de Harwell, et à proximité de la centrale nucléaire de Hinkley Point) et on apporté le même résultat : augmentation de leucémies lorsque l’on s’approche des installations nucléaires.

En Allemagne, une étude similaire a été menée en décembre 2007, amenant à l’évidence que la proximité des installations nucléaires augmentait les risques de leucémies et de cancers. lien

Dans un rayon de 50 km, le risque de cancer infantile est très élevé. lien

Sachant que toutes les centrales nucléaires, malgré toutes les précautions prises, rejettent de la radioactivité dans l’eau, dans l’air, et que les installations de traitement/stockage de déchets nucléaires en rejettent plus que les centrales, il ne serait pas inutile qu’une enquête épidémiologique indépendante, prenant en compte la radioactivité naturelle, se penche sur le problème et analyse les cas de leucémies et de cancer, afin de savoir s’ils sont en augmentation chaque fois que l’on se rapproche d’une installation nucléaire.

Et quid des lobbys nucléaires qui jouent avec la norme, demandant qu’elle soit modifiée, lorsqu’il y a dépassement, comme cela a été le cas pour le tritium récemment. lien

On se souvient qu’au Japon, lors de la catastrophe de Fukushima, la norme de pollution nucléaire a été multipliée par un facteur de 12,5 afin de ne pas trop élargir le périmètre interdit, et permettre l’enfouissement des cendres issues des déchets radioactifs lien

Sauf que la norme n’empêche pas le danger.

Et puis il faut que l’enquête menée soit réellement indépendante, car, on l’a vu par le passé, au Tricastin par exemple, où, malgré le cahier des charges établi, il a été décidé que le choix de l’expert devrait revenir« uniquement au conseil général et à l’ASN (autorité de sureté nucléaire) avec comme expert l’institut de veille sanitaire  », ce qui pose de sérieux doutes sur l’indépendance objective de l’expertise menée. lien

Mais revenons à La Hague.

Certains vont encore plus loin brossant un tableau catastrophique de l’installation, comme l’ingénieur Christian Kernaonet, confirmant qu’il n’est pas antinucléaire, qui a déclaré pour libérer sa conscience : « de 1969 à 1977, les fûts radioactifs ont été classés n’importe comment, certains baignant dans la nappe phréatique, tandis que les bordereaux d’inventaire étaient incomplets  », ajoutant une révélation bien plus inquiétante : « alors que le site ne contenait pas moins de 100 kg de plutonium disséminés, les fûts concernés ont été « reconcentrés », d’où des risques de criticité ». lien

En attendant, se basant sur une étude publiée par l’équipe du CESP (Inserm) publiée dans « l’international Journal of cancer », constatant que l’incidence des leucémies est en augmentation d’un facteur 1,9 pour les enfants de moins de 15 ans dans un rayon de 5 km autour des centrales nucléaires, Corinne Lepage, remettant la question sur le tapis,  vient de demander au ministre de la santé de mettre en place un suivi épidémiologique autour des centrales et des centres de recherche, et de s’engager à en assurer l’entière transparence, (lien) alors qu’Eva Joly lance la notion de crimes écologistes contre l’humanité, demandant à la Cour internationale de poursuivre et réprimer les crimes écologistes. lien

Alors qu’à Fukushima, la température du réacteur n°2 continue de faire le yoyo, (lien) les japonais découvrent que du béton contaminé aurait été vendu à 200 entreprises, ce qui expliquerait la dose élevée de radioactivité découverte au Japon dans les matériaux d’un logement récent. lien

Comme dit parfois mon vieil ami africain : «  le feu qui te brulera peut être celui qui te chauffe ».

L’image illustrant l’article provient de « les moutonsenrages.fr »

Merci à Corinne Py pour son aide efficace.

Olivier Cabanel

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