Scoop: Toshiba-Westinghouse veut quitter l’industrie nucléaire ?!

Naufrage ou manipulation?. Les rats quittent le navire: après Siemens et  General electric, Toshiba-Westinghouse, un autre poids lourd veut quitter le nucléaire. Pas d’information dans la presse ou à la TV sur ce sujet à vérifier,  ni sur les déboires d’AREVA en Tchéquie, en Angleterre, aux USA  et en Finlande.

This quietly began in July as Toshiba hired JP Morgan to find a buyer for the Westinghouse nuclear company they now own. The Times UK is reporting they do not have any potential buyers. October 5th, 2012

According to the Times Toshiba wants to quit the nuclear industry. “Toshiba-Westinghouse wants to quit the nuclear industry altogether and is struggling to raise finance for the joint venture.”

Toshiba-Westinghouse was unable to secure financing for the build at Hinckley Point in the UK. Even their own country’s export bank denied them a loan. “Japan’s state-controlled export credit agency, JBIC, has refused to underwrite an estimated £4.3 billion capital raising planned by Toshiba because the country is also phasing out nuclear power after Fukushima.”

This put Toshiba-Westinghouse out of the running for this UK project unless they can come up with the funds themselves. The company is trying to sell off this division, can’t find any buyers and can’t find any investors. The one reactor currently under construction in the US is an AP1000 reactor, the design Westinghouse owns. This was funded by forcing consumers to pre-pay for the cost of building the reactor. This highly controversial tactic is now in the court in FL over a similar program there that is attempting to raise funds for new reactors and repairs on a current unit.

If Toshiba curtails or ends their nuclear division and Westinghouse both the US and UK lose one of their approved reactor designs. They would also lose any support services for existing Westinghouse units.

Source:

SimplyInfo » Dernières nouvelles » Toshiba-Westinghouse Wants Out Of Business nucléaire

Toshiba-Westinghouse Wants Out Of Business nucléaire

5 octobre 2012 

[Traduction]

Ce silence a commencé en Juillet que Toshiba engagé JP Morgan pour trouver un acheteur pour le Westinghouse entreprise nucléaire qu’ils possèdent maintenant. Le Royaume-Uni Times rapporte qu’ilsn’ont pas tous les acheteurs potentiels .

Selon le Times, Toshiba veut quitter l’industrie nucléaire.  » Toshiba-Westinghouse veut quitter l’industrie nucléaire au total et a du mal à lever des fonds pour la coentreprise. « 

Toshiba-Westinghouse n’était pas en mesure d’obtenir du financement pour la construction à la pointe Hinckley au Royaume-Uni. Même banque d’exportation de leur propre pays leur a refusé un prêt .  « Japon contrôlée par l’État agence de crédit à l’exportation, la JBIC, a refusé de souscrire une estimation £ 4,3 milliards de levée de capitaux prévue par Toshiba parce que le pays est également la sortie du nucléaire après Fukushima. »

Cette mise Toshiba-Westinghouse hors de la course pour ce projet au Royaume-Uni à moins qu’ils puissent trouver les fonds eux-mêmes. La société essaie de vendre cette division, ne peut pas trouver des acheteurs et ne peut pas trouver tous les investisseurs. Le réacteur d’un cours de construction aux États-Unis est un réacteur AP1000, la conception Westinghouse possède. Cela a été financé en forçant les consommateurs à payer d’avance le coût de la construction du réacteur. Cette tactique très controversée est maintenant dans le camp en Floride sur un programme similaire là-bas qui tente de lever des fonds pour de nouveaux réacteurs et des réparations sur une unité en cours.

Si Toshiba restreint ou met fin à la division nucléaire et Westinghouse États-Unis et au Royaume-Uni perdent l’un de leurs modèles de réacteurs approuvés. Ils perdent également des services de soutien pour les unités existantes Westinghouse.

Voir aussi:

http://www.no2nuclearpower.org.uk/news/daily12/daily.php?dailynewsid=277

Malgré l’arrêt prévu du nucléaire, le Japon continue de construire des réacteurs

Le gouvernement japonais, qui avait annoncé vendredi l’arrêt progressif du nucléaire en 30 ans, a tout de même fait savoir samedi qu’il autorisait la poursuite de la construction des trois réacteurs nucléaires déjà en chantier, sans pour autant préjuger s’ils seraient ensuite autorisés à fonctionner. Le Monde.fr avec AFP 15 09 2012

Déjà un  pas de coté ou « quand la main gauche ignore ce que fait la main droite ».

« Nous ne comptons pas retirer la permission qui a déjà été accordée par le ministère », a déclaré le ministre de l’économie, du commerce et de l’industrie Yukio Edano lors d’une visite à Aomori, dans le nord du Japon. Deux des trois réacteurs concernés sont en construction à Aomori.

M. Edano a toutefois précisé qu’une fois les réacteurs terminés, leur démarrage serait soumis à l’approbation de la commission qui vient d’être créée par le gouvernement pour contrôler l’industrie nucléaire. Le gouvernement avait annoncé vendredi qu’il comptait prendre toutes les mesures possibles pour amener la production nucléaire à zéro en trente ans.

LA PRESSE DIVISÉE

Avant l’accident de Fukushima, la production nucléaire représentait près de 30 % de la consommation d’électricité au Japon et les autorités prévoyaient d’augmenter cette part à 53 % d’ici à 2030.

Samedi matin, la presse japonaise était divisée dans ses commentaires. L’Asahi Shimbun y voyait une décision « réaliste » car « les centrales nucléaires représentent un énorme risque et les compagnies d’électricité ont totalement perdu la confiance de la nation ».

Le Yomiuri Shimbun, journal populaire, estimait que le gouvernement aurait dû commencer par mettre en place des mesures pour augmenter la production d’électricité non nucléaire avant d’annoncer la fin du nucléaire.

Hervé Kempf: Tout va bien

C’est la fin des vacances, il faut reprendre le collier. Mais tout va bien : pendant notre absence, on a pris soin de l’environnement comme jamais, les questions écologiques sont presque résolues. Le Monde 01 09 2012

José Bové a jugé qu’il fallait  » tuer les loups «  – une suggestion suivie par les préfets des Hautes-Alpes, du Var et des Alpes-de-Haute-Provence, qui ont ordonné des  » tirs de prélèvement «  contre le dangereux prédateur. Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, a jugé que le  » nucléaire est une filière d’avenir « .

Le problème des déchets radioactifs confirme la sagacité du ministre, puisqu’il va falloir s’en occuper pendant des milliers d’années, ce qui assure l’avenir. D’ailleurs, assure la presse japonaise, l’industrie nucléaire du pays du Soleil-Levant dispose maintenant d’un avantage commercial puisqu’elle peut arguer de sa compétence en matière de catastrophe nucléaire – Mitsubishi, Hitachi et Toshiba proposent ainsi la construction de centrales accompagnée d’un service après-vente incluant la  » gestion des dégâts «  et  » l’expérience de la catastrophe « .

La ministre de l’écologie, Delphine Batho, ne voulant pas être en reste, a observé que la France  » a durablement besoin du nucléaire  » le jour même où l’on apprenait que les Etats-Unis recalent le réacteur du futur, l’EPR. Celui-ci est aussi populaire à l’exportation que l’avion Rafale : il semble qu’il n’y ait qu’en France qu’on en ait besoin. La même ministre, réinterprétant l’approche écologique du  » besoin « , a affirmé que le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (à 30 kilomètres au nord de Nantes) est  » une infrastructure dont nous avons besoin « . On murmure qu’elle a un plan secret pour faire pousser le blé sur le ciment et éviter que les avions n’émettent des gaz à effet de serre.

L’été a été marqué aux quatre coins de la planète par diverses sécheresses, tempêtes, retards de mousson, inondations, et l’on a vu les scientifiques se départir de leur légendaire prudence pour dire que oui, cela pouvait être associé au changement climatique. Mais une large majorité des Américains ne les croit pas, et M. Obama s’est félicité qu’il y ait eu plus de forages pétroliers sous sa présidence que jamais.

Ah, il paraît aussi qu’existe un parti écologiste, il s’appellerait EELV, aurait des ministres et des parlementaires. Mais les problèmes écologiques sont si bien pris en charge qu’il ne dit plus mot. On murmure qu’il prépare sa dissolution.

par Hervé Kempf

kempf@lemonde.fr

Annie Thébaud-Mony à Cécile Duflot : pourquoi je refuse votre légion d’honneur

Quand Annie Thébaud-Mony, sociologue chercheuse, refuse la légion d’honneur en déplorant l’absence de prise en compte de la santé au travail.

Annie Thébaud-Mony, est sociologue, et directrice de recherches à l’Institut français de la santé et de la recherche médicale (INSERM).

Pionnière de l’étude des conditions de travail dans les centrales, elle a publié L’industrie nucléaire – Sous-traitance et servitude (EDK/INSERM, 2001) qui fait référence en la matière (traductions en anglais et japonais en cours). Dans son nouvel opus, Travailler peut nuire gravement à votre santé .

Madame Cécile Duflot Ministre de l’égalité, des territoires et du logement,

Par votre courrier du 20 juillet 2012, vous m’informez personnellement de ma nomination au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur et m’indiquez que vous êtes à l’origine de celle-ci. J’y suis très sensible et je tiens à vous remercier d’avoir jugé mon activité professionnelle et mes engagements citoyens dignes d’une reconnaissance nationale. Cependant – tout en étant consciente du sens que revêt ce choix de votre part – je ne peux accepter de recevoir cette distinction et je vais dans ce courrier m’en expliquer auprès de vous.

Concernant mon activité professionnelle, j’ai mené pendant trente ans des recherches en santé publique, sur la santé des travailleurs et sur les inégalités sociales en matière de santé, notamment dans le domaine du cancer. La reconnaissance institutionnelle que je pouvais attendre concernait non seulement mon évolution de carrière mais aussi le recrutement de jeunes chercheurs dans le domaine dans lequel j’ai travaillé, tant il est urgent de développer ces recherches.

En ce qui me concerne, ma carrière a été bloquée pendant les dix dernières années de ma vie professionnelle. Je n’ai jamais été admise au grade de directeur de recherche de 1e classe. Plus grave encore, plusieurs jeunes et brillant.e.s chercheur.e.s, qui travaillaient avec moi, se sont vu.e.s fermer les portes des institutions, par manque de soutien de mes directeurs d’unité, et vivent encore à ce jour – malgré la qualité de leurs travaux – dans des situations de précarité scientifique.

Quant au programme de recherche que nous avons construit depuis plus de dix ans en Seine Saint Denis sur les cancers professionnels Giscop, bien que reconnu au niveau national et international pour la qualité scientifique des travaux menés, il demeure lui-même fragile, même s’il a bénéficié de certains soutiens institutionnels. J’en ai été, toutes ces années, la seule chercheure statutaire. Pour assurer la continuité du programme et tenter, autant que faire se peut, de stabiliser l’emploi des jeunes chercheurs collaborant à celui-ci, il m’a fallu en permanence rechercher des financements – ce que j’appelle la « mendicité scientifique » – tout en résistant à toute forme de conflits d’intérêts pour mener une recherche publique sur fonds publics.

Enfin, la recherche en santé publique étant une recherche pour l’action, j’ai mené mon activité dans l’espoir de voir les résultats de nos programmes de recherche pris en compte pour une transformation des conditions de travail et l’adoption de stratégies de prévention. Au terme de trente ans d’activité, il me faut constater que les conditions de travail ne cessent de se dégrader, que la prise de conscience du désastre sanitaire de l’amiante n’a pas conduit à une stratégie de lutte contre l’épidémie des cancers professionnels et environnementaux, que la sous-traitance des risques fait supporter par les plus démunis des travailleurs, salariés ou non, dans l’industrie, l’agriculture, les services et la fonction publique, un cumul de risques physiques, organisationnels et psychologiques, dans une terrible indifférence. Il est de la responsabilité des chercheurs en santé publique d’alerter, ce que j’ai tenté de faire par mon travail scientifique mais aussi dans des réseaux d’action citoyenne pour la défense des droits fondamentaux à la vie, à la santé, à la dignité.

Parce que mes engagements s’inscrivent dans une dynamique collective, je ne peux accepter une reconnaissance qui me concerne personnellement, même si j’ai conscience que votre choix, à travers ma personne, témoigne de l’importance que vous accordez aux mobilisations collectives dans lesquelles je m’inscris. J’ai participé depuis trente ans à différents réseaux en lutte contre les atteintes à la santé dues aux risques industriels. Ces réseaux sont constitués de militants, qu’ils soient chercheurs, ouvriers, agriculteurs, journalistes, avocats, médecins ou autres… Chacun d’entre nous mérite reconnaissance pour le travail accompli dans la défense de l’intérêt général.

Ainsi du collectif des associations qui se bat depuis 15 ans à Aulnay-sous-bois pour une déconstruction – conforme aux règles de prévention – d’une usine de broyage d’amiante qui a contaminé le voisinage, tué d’anciens écoliers de l’école mitoyenne du site, des travailleurs et des riverains. Ainsi des syndicalistes qui – à France Télécom, Peugeot ou Renault – se battent pour la reconnaissance des cancers professionnels ou des suicides liés au travail. Ainsi des ex-ouvrières d’Amisol – les premières à avoir dénoncé l’amiante dans les usines françaises dans les années 70 – qui continuent à lutter pour le droit au suivi post-professionnel des travailleurs victimes d’exposition aux cancérogènes. Ainsi des travailleurs victimes de la chimie, des sous-traitants intervenant dans les centrales nucléaires, des saisonniers agricoles ou des familles victimes du saturnisme…

Tous et chacun, nous donnons de notre temps, de notre intelligence et de notre expérience pour faire émerger le continent invisible de ce qui fut désigné jadis comme les « dégâts du progrès », en France et au delà des frontières du monde occidental.

La reconnaissance que nous attendons, nous aimerions, Madame la ministre, nous en entretenir avec vous. Nous voulons être pris au sérieux lorsque nous donnons à voir cette dégradation des conditions de travail dont je parlais plus haut, le drame des accidents du travail et maladies professionnelles, mais aussi l’accumulation des impasses environnementales, en matière d’amiante, de pesticides, de déchets nucléaires et chimiques… Cessons les vraies fausses controverses sur les faibles doses. Des politiques publiques doivent devenir le rempart à la mise en danger délibérée d’autrui, y compris en matière pénale. Vous avez récemment exprimé, à la tribune de l’Assemblée nationale, votre souhait d’écrire des lois « plus justes, plus efficaces, plus pérennes”. En qualité de Ministre chargée de l’Egalité des territoires et du logement, vous avez un pouvoir effectif non seulement pour augmenter le nombre des logements mais légiférer pour des logement sains, en participant à la remise en cause de l’impunité qui jusqu’à ce jour protège les responsables de crimes industriels.

En mémoire d’Henri Pézerat qui fut pionnier dans les actions citoyennes dans lesquelles je suis engagée aujourd’hui et au nom de l’association qui porte son nom, la reconnaissance que j’appelle de mes vœux serait de voir la justice française condamner les crimes industriels à la mesure de leurs conséquences, pour qu’enfin la prévention devienne réalité.

Pour toutes ces raisons, Madame la ministre, je tiens à vous renouveler mes remerciements, mais je vous demande d’accepter mon refus d’être décorée de la légion d’honneur. Avec l’association que je préside, je me tiens à votre disposition pour vous informer de nos activités et des problèmes sur lesquels nous souhaiterions vous solliciter.

Je vous prie d’agréer, Madame la ministre, l’expression de ma reconnaissance et de mes respectueuses salutations

Annie Thébaud-Mony

Pourquoi Annie Thébaud-Mony refuse la Légion d’Honneur de Cécile Duflot « les échos de la gauchosphère

6 juillet: Meeting AREVA au Stade de France

Le Meeting AREVA du 06 juillet 2012 au Stade de France est véritablement scandaleux.  Il  détourne l’argent public des citoyens des villes de Saint-Denis et de Paris pour désinformer sur l’industrie nucléaire par captation de l’image positive du sport, avec la complicité du journal l’Humanité !. Pendant ce temps là on feint d’ignorer le vécu des enfants sportifs de Fukushima ( voir plus bas)

http://accueil.stadefrance.com/interstitial.html?page=http%3A%2F%2Faccueil.stadefrance.com%2Ffr%2Fcustomers%2Fevenement%2Fmeeting-areva-2012

Pendant ce temps là au Japon, on nie les dangers de la radioactivité mortifère d’AREVA.

Sur le blog Janick Magne au Japon: un rappel de novembre 2011

http://janickmagne.blog.lemonde.fr/2011/11/14/a-fukushima-les-chevaux-sont-mieux-proteges-des-radiations-que-les-enfants/

A Fukushima, les chevaux sont mieux protégés des radiations que les enfants

« Je lis avec effroi aujourd’hui à travers blogs, posts et twitters d’amis et de correspondants cette invraisemblable nouvelle qui a fait le tour de la communauté étrangère de Tokyo et sans doute de tout le Japon : la course traditionnelle qu’on appelle ‘ekiden’ (ce terme est désormais utilisé en athlétisme en France et ailleurs pour désigner des courses de relais sur route) et dont la longueur totale est celle du marathon (42,195 km) a bien eu lieu aujourd’hui dimanche 13 novembre dans la ville de Fukushima. Elle a été courue par un collectif de très jeunes filles, collégiennes et lycéennes dont les plus jeunes avaient 13 ans, venues de tout le pays ou résidentes de Fukushima et la région. A priori, on se dit que les précautions nécessaires ont dû être prises.

Eh bien non, justement. »

Tout l’article ici Ici

Regardez bien le tracé de cette course mortifère: son  parcours en zone « verte ».

A se demander si ce n’est pas voulu à titre « expérimental », ce ne serait pas la première fois.

Radioactive-Ekiden-Marathon-In-Fukushima

1,47 micro Sv / heure équivalent 129 mSv/an

Dose annuelle moyenne reçue en France : ~2,4 mSv/an/personne

Le niveau de rayonnement est aussi élevée que dans la zone d’évacuation obligatoire de Tchernobyl…

Mais ce n’est pas tout! ( info Hélios)

Aout 2012: : un match de football féminin entre le Canada et le Japon va se dérouler à Fukushima City au pays du Japon radioactif 

Ce sont maintenant des jeunes femmes de moins de 20 ans qui vont rejoindre les étudiants des collèges et lycées pour faire un travail de nettoyage bénévole à Tohoku, y compris à Fukushima et qui vont dissiper avec les entreprises de décontamination américaines les  »rumeurs sans fondement » et faire un appel au monde entier pour dire que Fukushima est  »sans danger » (comme l’ambassadeur américain au Japon John Roos)

D’après les tweets de NHK Kabun :

La coupe mondiale de football féminin pour les moins de 20 ans se déroulera au Japon le mois prochain. Pour soutenir la reconstruction, un match amical est prévu entre l’équipe japonaise et l’équipe canadienne à Fukushima City.

Pour référence, voici les niveaux de radiations  »nouvellement normaux » dans les parcs de Fukushima City le 5 juillet à 7h40 près de 16 mois après l’accident nucléaire, il semble qu’il y ait au moins 1 microsievert/h pour les radiations aériennes :

Le match devrait se dérouler sur le terrain de l’Athlétique Shinobugaoka au centre de Fukushima. On voit que le niveau de radiations à environ 500 mètres du terrain est de 1,517 microsievert/h. Le taux devrait être plus bas sur le terrain même, parce qu’il n’y a pas d’arbres à perdre leurs feuilles et que la ville a dû faire de la  »décontamination » en novembre l’année dernière (je l’espère) à l’époque de la course Ekiden, avec également des jeunes de moins de 20 ans, qui s’est déroulé dans la ville.

(Hum. En novembre l’année dernière l’entrée du terrain de sports mesurait 1,23 microsievert/h…)

La règle des nucléocrates : Ne rien entendre, ne rien voir, ne rien dire…

La sécurité du monde en péril – le nucléaire de la peur

A Séoul s’est tenu pendant deux jours un sommet sur la sécurité nucléaire et la prévention de la prolifération nucléaire. 53 pays dont l’Algérie ont participé. Un petit rappel de ce que c’est que l’énergie nucléaire. Chems Eddine CHITOUR 1er avril 2012

« Le problème aujourd’hui n’est pas l’énergie atomique, mais le coeur des hommes. » – Albert Einstein

L’industrie nucléaire est née en 1942 par la fameuse expérience d’Enrico Fermi qui réussit à faire diverger une réaction nucléaire en procédant à la fission de noyau d’uranium bombardé par des neutrons. Rapidement, les Etats-Unis démarrent alors un programme militaire top secret appelé « Projet Manhattan ». Son objectif est de mettre au point la première bombe atomique au monde. Le 16 juillet 1945, les Etats-Unis testaient leur bombe dans le désert du Nouveau-Mexique. A cette date, la Seconde Guerre mondiale était finie en Europe, mais pas en Asie. Les Etats-Unis décidèrent de lâcher des bombes atomiques sur le Japon. Le 6 août 1945, une bombe atomique détruisait la ville d’Hiroshima. Trois jours plus tard, une autre tombait sur la ville de Nagasaki. 200.000 personnes y ont perdu la vie.

Depuis 1945, huit autres pays se sont dotés d’armes nucléaires (la Grande-Bretagne, la France, la Russie, la Chine, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord). 31 ont construit des centrales nucléaires (soit au total 439 réacteurs nucléaires à travers le monde). Le 27 juin 1954, la première centrale nucléaire civile fut connectée au réseau électrique en Urss, avec une puissance de production d’électricité de 5 Mégawatts. Le 7 janvier 1956, le site nucléaire de Sellafield au Royaume-Uni est connecté. Enfin le réacteur nucléaire de Shippingport aux États-Unis, fut connecté en 1957. En France, la première centrale nucléaire fut celle de Chinon.

Les coulisses de la création du TNP

Pour l’histoire et comme le rappelle Olivier Zajec : « L’idée du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) prend racine dans les années 1950, alors que trois pays (Etats-Unis, Russie et Royaume-Uni) détiennent d’ores et déjà l’arme atomique (…) Les Etats-Unis poussent dès le début des années 1950 à un « confinement » diplomatique de la maîtrise étatique de la bombe. Dans cette logique, le président Dwight Eisenhower propose, le 8 décembre 1953, devant l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), la création d’une agence chargée de contrôler l’usage des matières nucléaires.Pour favoriser la paix mondiale (et maintenir leurs statuts respectifs), les autres puissances nucléaires, ou sur le point de le devenir, font rapidement leurs comptes : elles ont également intérêt à ce qu’un dispositif reconnaisse leurs progrès et fasse cesser la « démocratisation » à terme d’un outil de puissance plus que discriminant. Les alliés objectifs ne manquent donc pas à l’entreprise. »(1)

Après des débats houleux, l’ONU crée finalement l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) en octobre 1956. Sa vraie mission consiste, selon l’article 3.5 de sa charte, à « garantir que les produits fissiles spéciaux et autres produits, les services, l’équipement, les installations et les renseignements fournis par l’Agence ou à sa demande ou sous sa direction ou sous son contrôle ne sont pas utilisés de manière à servir à des fins militaires ». En contrepartie, explique son article 3.1, elle offre « d’encourager et de faciliter, dans le monde entier, le développement et l’utilisation pratique de l’énergie atomique à des fins pacifiques et la recherche dans ce domaine ».(1)

« (…) Trois difficultés majeures fragilisent le traité : d’une part, la frontière de plus en plus poreuse entre technologies nucléaires civile et militaire ; d’autre part, le caractère déclaratoire du processus de contrôle (les Etats informent l’Aiea des installations à visiter, mais peuvent en dissimuler certaines) ainsi que la non-définition réelle des « preuves » des manquements éventuels ; enfin, la possibilité pour certains Endan liés par le traité de continuer à manoeuvrer pour parvenir au « seuil » nucléaire ou au-delà, au long d’une séquence signature-ratification-application qui peut traîner en longueur. » L’auteur conclut en citant les points noirs toujours d’actualité : « Principal point noir à recenser : l’ascension atomique des frères ennemis d’Asie du Sud, l’Inde et le Pakistan, devenus puissances nucléaires militaires respectivement en 1974 et en 1985 – et non signataires du TNP. (…) Israël constitue l’autre échec majeur, le plus problématique de la liste des non-signataires, car accompagné des circonstances aggravantes d’une négation officielle de la réalité (contrairement au Pakistan et à l’Inde) et d’un soutien impavide des Etats-Unis, qui n’en savent pas moins tout ce qu’il faut savoir sur la non-détention de façade de Tel-Aviv. (…) Le cas de l’Iran semble plus clair : pays signataire du traité, il violerait ses engagements en cherchant apparemment à obtenir l’arme ; en matière de garanties, nul, pas plus la Chine que la Russie, ne peut revendiquer une influence efficace sur les choix de ce pays. La Corée du Nord, quant à elle, offre à l’examen un cas également grave, puisque, contrairement à l’Iran, elle s’est retirée du traité en 2003. D’autre part, ses progrès, bien que tardifs, ont longtemps bénéficié d’une certaine bienveillance de la part de la Chine. » (1)

Les pays nucléarisés

Le principe de base du TNP repose sur la discrimination opérée entre les États dotés de l’arme nucléaire ayant fait exploser un engin nucléaire avant le 1er janvier 1967 (Edan), et les autres États, non dotés de l’arme nucléaire (Endan) : les premiers (États-Unis, URSS, Royaume-Uni, France, Chine), également membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, s’engagent en signant le traité à ne pas aider un autre pays à acquérir des armes nucléaires ; les seconds s’engagent à ne pas fabriquer d’armes nucléaires et à ne pas essayer de s’en procurer. (..) Le TNP crée intrinsèquement une discrimination entre les Edan et les Endan, à peine compensée par les contreparties accordées par les cinq Edan, comme la possibilité pour les Endan de développer des applications nucléaires pacifiques ou leur engagement de réduire les potentiels nucléaires et de favoriser un désarmement complet. (2)

Le cas de la Corée du Sud et de l’Iran

Le sommet de Séoul est dominé en coulisses par le projet de lancement d’une fusée par la Corée du Nord ainsi que par la crise qui oppose les pays occidentaux à l’Iran à propos du programme nucléaire de Téhéran. A l’heure actuelle nous avons trois grandes catégories de pays. Nous avons les cinq pays du Conseil de sécurité qui disposent d’un arsenal impressionnant toujours perfectionné d’ogives nucléaires, qui ne sont pas contrôlés par l’Aiea comme le prévoit pourtant l’Aiea. Il s’agit des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine, du Royaume-Uni et de la France.

Une deuxième catégorie de pays ayant des armes atomiques dont certains comme Israël n’ont pas signé le TNP et détiennent des centaines de bombes. C’est le cas aussi de l’Inde et du Pakistan qui développent sans problème à la fois le nucléaire civil mais aussi le nucléaire militaire. Une troisième classe est constituée par les pays maitrisant le nucléaire civil mais n’ayant pas développé de technologies militaires bien qu’ils puissent rapidement le faire, c’est le cas de l’Allemagne et du Japon. Nous avons aussi ceux qui disposent en théorie que de réacteurs nucléaires civils, (Espagne, Italie, Finlande, Suède, Suisse, Belgique) et les anciens pays de l’Est que l’on soupçonne de ne pas être suffisamment vigilants dans le contrôle de leur uranium et qui risque d’être « subtilisé » par les terroristes islamiques.

Nous avons enfin deux pays pestiférés, d’abord la Corée du Nord qui disposerait de la bombe atomique, de réacteurs nucléaires et qui ambitionne de lancer une fusée avec satellite le 12 avril le jour du centenaire de Kim Il Song le père du communisme coréen. La Corée du Nord n’abandonnera « jamais » le droit de lancer « un satellite pacifique », a indiqué mardi l’agence officielle nord-coréenne Kcna La Corée du Nord indique avoir invité la Nasa américaine à envoyer ses experts (sur le site de lancement), « afin qu’ils puissent voir de leurs propres yeux la nature pacifique de notre lancement de satellite ». Ensuite, l’Iran qui, péniblement a pu mettre en marche, en dépit de tous les empêchements, la centrale de Buscheer et qui souhaite enrichir son propre uranium, ce que veulent lui interdire les pays occidentaux et Israël.

Début janvier, l’Agence internationale de l’énergie, atomique (Aiea) annonce que l’Iran avait commencé la production controversée d’uranium enrichi à 20% sur son site de Fordo, enfoui sous une montagne et difficile à attaquer.(…) Au-delà de 20%, l’uranium peut être utilisé pour la fabrication de bombes. L’Iran ayant signé le traité du TNP, a subi des centaines de contrôles de l’Aiea. L’Iran n’arrête pas de déclarer que son programme est pacifique. Il y a quelques semaines on pensait qu’on était à deux doigts d’une attaque de la part d’Israël qui, fort de l’aide américaine, pense punir l’Iran en le bombardant. D’ailleurs, il semble que près de deux-tiers des Israéliens juifs estiment qu’une attaque contre l’Iran serait moins dangereuse que de laisser la République islamique se doter de l’arme nucléaire, selon un sondage publié lundi dans le quotidien Haaretz. Quelque 65% des personnes interrogées sont d’accord avec l’hypothèse que le prix qu’Israël aurait à payer pour vivre avec un Iran nucléaire est plus important que celui d’éventuelles représailles suite à une attaque israélienne contre les installations nucléaires iraniennes. Ce sondage a été réalisé par le professeur Camille Fuchs pour le Jerusalem Center for Public Affairs. (avec AFP)

Meir Dagan, ancien chef du Mossad, les services de renseignements israéliens, s’est dit opposé pour l’heure à des frappes contre les sites nucléaires iraniens, lors d’un entretien sur une chaîne américaine. « Attaquer l’Iran avant d’avoir réfléchi à toutes les autres approches n’est pas viable », a déclaré M.Dagan dans des extraits d’une interview accordée à la chaîne CBS et qui doit être diffusée in extenso dimanche. Barack Obama « a clairement dit que l’option militaire est envisageable et qu’il ne laisserait pas l’Iran se doter de l’arme nucléaire, et d’expérience je fais confiance au président américain », a encore confié Meir Dagan. (3)

Les résultats du sommet

Le président américain, Barack Obama, a déclaré mardi 27 mars que la sécurité du monde dépendait des actions décidées lors du sommet du nucléaire qui se déroule actuellement à Séoul en présence des représentants de cinquante-trois pays. « La sécurité du monde dépend des actions que nous prenons » ici, a déclaré M.Obama, « beaucoup avait été accompli » depuis le sommet inaugural, tenu à Washington en 2010, citant le renforcement de la sécurité sur les sites nucléaires et l’élimination ou la mise en sécurité de matériels dangereux. « Cela doit nous encourager, et non pas nous inciter à l’autosatisfaction. Cela doit renforcer notre volonté de continuer à agir sur ces questions », a-t-il ajouté. « Je crois que nous comprenons tous qu’aucun pays ne peut agir seul. » « Il est indiscutable que la menace persiste. Il y a encore trop d’individus malintentionnés à la recherche de ces matériels dangereux, dont une partie reste vulnérable dans trop d’endroits », a encore dit M.Obama. « Il n’en faudrait pas beaucoup – juste une poignée de ces matériels – pour tuer des centaines de milliers d’innocents. »

Le président chinois, Hu Jintao, a lui aussi noté les progrès accomplis depuis 2010, mais a souligné que la situation restait « grave ». Son pays va renforcer sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) et aider les pays qui le souhaitent à adapter leurs réacteurs fonctionnant avec de l’uranium hautement enrichi (UHE) à l’uranium faiblement enrichi (UFE).

Le président sud-coréen a rappelé que 1600 tonnes d’UHE et 500 tonnes de plutonium – de quoi produire plus de cent mille engins atomiques – étaient encore stockés, parfois dans des conditions de sécurité discutables, dans les républiques de l’ancienne Union soviétique ou ailleurs dans le monde (4).

Après avoir réaffirmé les « objectifs communs de désarmement nucléaire, de non-prolifération nucléaire et d’usages pacifiques de l’énergie nucléaire » formulés lors du premier sommet, en 2010 à Washington, ils ont émis une série de recommandations dans différents domaines allant de la consolidation de »l’architecture de la sécurité nucléaire globale » au travers de textes telle la convention de 2005 sur la répression des actes de terrorisme nucléaire et l’amendement à la Convention sur la protection physique des matières nucléaires (Cppnm), à la lutte contre le trafic nucléaire illicite ou encore la coopération internationale.

Le rôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) sort renforcé. Les pays sont appelés à faire plus souvent appel à ses services, à se conformer à ses cadres de régulation et à augmenter les contributions financières qu’ils lui versent. Comme annoncé avant l’ouverture du sommet, les questions du nucléaire nord-coréen et iranien n’ont pas fait l’objet de discussions en session plénière, mais seulement lors d’échanges bilatéraux. (5)

En définitive, la sécurité du monde non pas du fait des « lampistes » mais justement de ceux qui y veillent. En effet, les pays nucléarisés veulent à travers le contrôle des stocks d’uranium et de plutonium avoir l’oeil sur le nucléaire mondial aussi bien civil que militaire. Les pays disposant de la bombe et ceux qui sont au seuil constituent sans nul doute les futurs décideurs. Rien ne leur est interdit, l’Aiea ne les contrôle pas. De plus et c’est le plus grave, une variante dérivée de la bombe, – à mi-chemin entre la bombe atomique et les armes conventionnelles à savoir l’arsenal de bombes à l’uranium appauvri, constitue un défi à la conscience humaine.

Cette arme capable de percer les blindages les plus puissants est surtout un vecteur de prolifération radioactive donnant lieu à toutes les maladies possibles et imaginables (cancers, leucémies, brûlures, malformations..). Nous l’avons vu en Irak et peut-être ailleurs. Qui va contrôler les contrôleurs des autres ? Décidément, l’humanité ne va pas vers l’apaisement malgré toutes les déclarations doucereuses. Ainsi va le monde. Nietzsche disait : « Périsse les faibles et les ratés. » A-t-il raison ?

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

1. Olivier Zajec, http://www.monde-diplomatique.fr/2010/05/ZAJEC/19085 mai 2010

2. Le Traité de non-prolifération. Encyclopédie Wikipédia

3. Un ex-chef des renseignements israéliens opposé à une frappe contre l’Iran AFP 09.03.2012

4. Obama juge que la sécurité du monde se joue au sommet du nucléaire Le Monde.fr 27.03.2012

5. Philippe Mesmer : Le Sommet s’achève sur des progrès limités Le Monde.fr 27.03.2012

L’accord PS-MRC (Chevènement), une menace pour l’acccord PS-EELV

Quand la main gauche ne sait plus ce que la main droite à signé…..

« L’indépendance énergétique de la France est une autre clé. Le PS et le MRC se prononcent pour un une politique énergétique innovante en matière d’énergies renouvelables, et vigoureuse en matière d’économies d’énergie, capable d’assurer les mêmes performances tout en préservant l’environnement et le climat. La garantie de la sûreté de l’outil nucléaire fait partie des premiers objectifs à rechercher dans le cadre d’un système renforcé de contrôle public incluant le contrôle sur la sous-traitance. Les décisions seront prises à l’issue d’un grand débat public. Le Parti Socialiste souhaite engager notre pays dans une transition énergétique maitrisée, avec un objectif de 50% d’énergie nucléaire dans la production d’électricité en 2025, en développant des filières de pointe dans les énergies renouvelables. Les consommateurs seront protégés par l’instauration d’une tarification progressive selon les usages qui garantira l’accès de tous à l’électricité et au gaz. Le MRC estime qu’il ne doit pas être porté atteinte à notre industrie nucléaire et à ses capacités, à ses yeux garantes d’une électricité moins chère et moins polluante et atout majeur pour nos exportations et nos emplois.  »

Le Figaro du 16 mars rapporte que Nathalie Kosciusko-Morizet a trouvé François Hollande « très ennuyeux » hier dans l’émission « Des paroles et des actes » sur France2.  Pour l’ex-ministre..« On ne sait toujours pas ce que François Hollande veut faire sur le nucléaire« , a-t-elle poursuivi. Elle souligne qu’il « a signé avec les Verts pour passer de 75% à 50 d’électricité nucléaire et pour fermer 24 réacteurs ». « Mais il aussi signé cette semaine un accord avec Jean-Pierre Chevènement dans lequel on explique que le nucléaire, c’est formidable ». « C’est quoi la cohérence entre les deux », a demandé NKM.

Mycle Schneider: «L’énergie nucléaire n’a plus de perspective»

Ni le traumatisme de Fukushima ni la décision allemande de sortir du nucléaire n’ont entamé la résolution des dirigeants français: pour eux, hors de l’atome, point de salut.

Et si, loin d’être une nécessité, le choix nucléaire était une impasse?

Mycle Schneider, consultant dans le domaine de l’énergie, lauréat du prix Nobel alternatif en 1997, étudie l’industrie nucléaire depuis trente ans. Il livrait  son point de vue sur Mediapart le 31 mai 2011.

Angela Merkel vient de décider que l’Allemagne sortira du nucléaire d’ici 2022. S’agit-il d’un tournant décisif dans l’histoire de l’énergie ?

C’est une décision spectaculaire. Ce gouvernement était considéré comme le plus pro-nucléaire possible dans le paysage politique allemand. Ce qui se passe en Allemagne est une véritable coupure historique, pas une simple péripétie politicienne. Le choix d’Angela Merkel s’appuie sur un texte, le rapport de la Commission éthique pour l’approvisionnement énergétique sûr, qui analyse la situation énergétique et propose un ensemble de mesures cohérentes pour remplacer le nucléaire.

Ce rapport a été demandé par le gouvernement, et la commission est présidée par Klaus Töpfer, ancien ministre de l’environnement, qui a aussi été directeur du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). La commission Töpfer estime que sortir du nucléaire en dix ans n’est pas un problème et qu’il serait même souhaitable d’aller encore plus vite !

Selon le rapport, des changements systémiques profonds s’imposent dans la manière de gérer l’énergie. Et Töpfer défend l’idée intéressante que la sortie du nucléaire peut être un «booster de croissance». La campagne pour les élections législatives allemande de 2013 pourrait tourner autour de la question « qui sortira le plus vite du nucléaire? »

Certains estiment que la décision allemande est une sorte de trompe-l’œil, parce que les Allemands feront appel au nucléaire français pour remplacer celui qu’ils n’utiliseront pas chez eux. En somme, la sortie allemande retarderait une éventuelle sortie française…

L’idée est amusante… mais fausse. Depuis des années, la France est importatrice nette d’électricité d’Allemagne. Autrement dit, le bilan des achats et ventes d’électricité entre les deux pays aboutit à ce que la France importe plus d’Allemagne qu’elle n’exporte. En 2010, la France a importé 6,7 TWh (milliards de kWh) nets d’Allemagne, soit la production d’une tranche nucléaire ! Sauf que la France importe de l’électricité surtout en hiver, donc en provenance des centrales à charbon allemandes. La pointe de consommation hivernale en France est de 96 gigawatts, alors qu’elle est de 80 gigawatts en Allemagne, dont la population compte 16 millions d’habitants de plus !

Les échanges d’électricité en Europe se font sur la base du prix du marché et non pas de la capacité installée. Les premières études montrent que l’Allemagne ne dépendra certainement pas du courant nucléaire français. En quoi la décision allemande retarderait-elle, dans ce cas, une sortie du nucléaire française ?

Rien n’est réglé à Fukushima

Eric Besson, ministre de l’industrie, a déclaré à Libération que «Fukushima va faire progresser la sûreté nucléaire» et que le Japon n’avait «nullement l’intention d’arrêter ces centrales». La page de l’accident est-elle tournée ?

Non, une telle vision ne correspond pas à la réalité. Je connais assez bien le Japon, où je me suis rendu vingt-cinq fois, et je pense qu’il ne faut certainement pas sous-estimer le traumatisme de Fukushima. L’espèce de croyance en la technologie et de confiance presque aveugle dans les décideurs en a pris un coup. Et surtout, la situation n’est absolument pas réglée. Elle continue de s’aggraver jour après jour.

Deux mois et demi après l’accident, les rejets radioactifs continuent, Tepco n’a toujours pas de stratégie cohérente pour sécuriser la centrale et les autorités sanitaires japonaises n’ont pas mis en place un plan d’ensemble pour protéger les populations ! On n’a aucune information fiable sur l’état exact des réacteurs et de leur combustible, mais rien n’est stabilisé. Dans un communiqué du 25 mai, la firme a indiqué qu’à la demande de l’Autorité de sûreté nucléaire japonaise, elle allait équiper les travailleurs de dosimètres individuels… Ce qui veut dire qu’ils n’en avaient pas jusqu’ici, alors qu’ils travaillent dans des zones très fortement irradiées ! Hallucinant…

Pire, Tepco précise qu’en attendant d’avoir équipé tous les travailleurs, on peut se baser sur un seul dosimètre pour un groupe de techniciens sous réserve que la dose soit la même sur l’ensemble de la zone d’intervention. Or, quiconque a travaillé sous rayonnements ionisants une demi-journée sait que les doses reçues peuvent varier d’un facteur 10 ou plus à quelques mètres de distance. Ça veut dire que les travailleurs ne sont pas protégés, tout comme les liquidateurs de Tchernobyl. Deux mois après le début de l’accident, on n’est même pas en train d’appliquer le b.a-ba de la radioprotection.

Quant à la stratégie pour mettre les réacteurs dans un état sûr, elle repose sur des déductions tirées de données très fragmentaires. On peut être certain qu’il y a eu fusion du combustible dans trois réacteurs, mais on ne sait pas exactement quelle proportion du combustible est endommagée ou fondue. Tepco appuie ses analyses sur des scénarios tirés d’un nombre insuffisant de données, de mesure réelles, qui plus est souvent fausses parce que les capteurs ne marchent plus. C’est du bricolage… Et c’est la même chose pour la gestion des déchets, ou de l’eau contaminée.

Tepco et le gouvernement japonais ne devraient-ils pas faire davantage appel à l’aide internationale ?

Compte tenu de ce que les Japonais font depuis deux mois la démonstration qu’ils sont incapables de résoudre le problème, il est clair que la communauté internationale a une lourde responsabilité. Actuellement, les Etats-Unis, la France ou l’Allemagne apportent leur assistance au Japon, mais il s’agit à chaque fois d’une assistance bilatérale, basée sur une relation entre le Japon et un partenaire, sans concertation entre les puissances intervenantes.

Les Etats-Unis ont une relation privilégiée avec le Japon, ils ont des drones, ils ont peut-être plus d’informations que les autres pays, mais ils ont aussi leurs intérêts spécifiques et notamment des bases militaires proches de Fukushima. La France a ses intérêts commerciaux avec Areva. Et ainsi de suite. On laisse Tepco bricoler avec une série d’aides bilatérales, sans action d’ensemble concertée. Ça ne peut pas marcher. Et je ne comprends pas que les grandes puissances nucléaires acceptent cette situation. Il faudrait lancer une initiative de type task force internationale associant les meilleurs experts disponibles.

Des conséquences sanitaires pires que celles de Tchernobyl

Qu’en est-il de la protection des populations japonaises, et de l’environnement en dehors du site de Fukushima ?

Cela ne va guère mieux. Fukushima est très différent de Tchernobyl en ce qu’il n’y a pas eu, comme en Ukraine, une très grande explosion suivie d’un feu de dix jours qui a projeté le panache à plus de 3000 mètres d’altitude. On sait aujourd’hui que plus de la moitié des rejets de Tchernobyl est retombée ailleurs que dans les trois républiques ex-soviétiques (Ukraine, Biélorussie et Russie).

Au contraire, à Fukushima, on a des rejets continus et l’essentiel des retombées affecte la région autour de la centrale. Le rayon concerné est de l’ordre de 100 ou 200 kilomètres, pas des milliers de kilomètres. C’est une très bonne nouvelle pour les autres pays et une très mauvaise pour le Japon ! Et à l’heure actuelle, on n’a pas de carte précise des zones contaminées. La contamination ne se fait pas de manière régulière, ce sont des taches au sol, qui dépendent des conditions météo, et pour connaître les points dangereux, il faut faire de très nombreuses mesures. Aujourd’hui, on ne peut plus acheter un compteur Geiger au Japon ! Là aussi, on est dans le bricolage.

A mon niveau, je soutiens un projet privé mené par un Américain établi au Japon, qui vise à installer une quarantaine de laboratoires de mesure mobiles. Mais il faudrait aussi créer des labos fixes, en utilisant les sites qui existent déjà. Par exemple, les entreprises de produits alimentaires ont des laboratoires que l’on pourrait équiper de spectromètres pour analyser la radioactivité. Mais cela devrait être organisé de manière cohérente à l’échelle du pays, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Quand on regarde les calculs de doses auxquelles sont exposés les habitants dans certains lieux, par exemple les écoles, c’est affolant. Le gouvernement japonais a autorisé une dose de 20 mSv par an pour les écoliers, c’est la dose normale pour les travailleurs du nucléaire. On a multiplié par 20 le risque autorisé pour les enfants ! Il n’y a aucune véritable stratégie pour réduire le risque auquel sont exposées les populations. Si rien ne change, il y aura des milliers de cancers dus aux radiations, c’est évident…

Pensez-vous que la situation des habitants de la région de Fukushima soit aussi grave que celle des Biélorusses après Tchernobyl ?

Je pense que les conséquences sanitaires à terme pourraient être pires que celles de Tchernobyl parce que, même s’il se confirme que les rejets radioactifs sont moindres, ils se répartissent sur une surface beaucoup plus réduite, avec une densité de population très supérieure. Ça risque d’être une hécatombe.

L’énergie nucléaire n’a plus de perspective

Malgré cette situation dramatique, le Japon n’a pas annoncé son intention de sortir du nucléaire…

Dans les faits, il en prend la direction. Encore une fois, le traumatisme de Fukushima est considérable, même si l’on ne s’en rend pas compte de l’extérieur. De plus, le Japon se trouve dans une situation politique particulière : pour la première fois en un demi-siècle, ce n’est pas le Parti libéral démocrate qui est au pouvoir, mais le Parti démocrate japonais. Or, le PDJ n’a jamais été un parti très pronucléaire, nombre de ses membres sont même très critiques vis-à-vis du nucléaire – plus que ne le sont les socialistes français, par exemple. Il y a des personnalités critiques vis-à-vis du nucléaire à des postes importants, ce ne sont pas seulement des voix isolées.

Certes, le lobby nucléaire japonais est très puissant, et le pays était en passe d’accomplir le virage consistant à devenir un exportateur de centrales. Mais le PDJ n’a pas à revendiquer cet héritage, il a même tout intérêt à s’en distancier. Le premier ministre Naoto Kan, très critiqué pour sa gestion de la crise de Fukushima, peut chercher une issue dans la rupture avec la politique de ses prédécesseurs. Dans un pays où perdre la face est le pire qui puisse arriver à un responsable politique, il est tentant d’essayer de s’en sortir en mettant sur le dos du PLD la responsabilité de la crise.

Kan est au plus bas dans les sondages, il n’a rien à perdre à rompre avec le nucléaire. Et c’est ce qu’il a commencé à faire, en pratique : il a annoncé qu’il n’y aurait pas de nouvelles centrales construites et il a demandé la fermeture du site de Hamaoka, qui se trouve comme Fukushima en bord de mer. Hamaoka possède cinq réacteurs, deux avaient été définitivement stoppés en 2009 parce qu’on avait estimé qu’il était trop coûteux de les mettre en conformité avec les nouvelles normes antisismiques. Les trois autres sont aujourd’hui arrêtés. Et il ne s’agit pas de «vieilles casseroles», le réacteur n°5 est tout neuf, il avait démarré en 2005.

Au total, sur les 54 réacteurs nucléaires en service au Japon, près de la moitié sont aujourd’hui à l’arrêt. La probabilité d’une rupture complète avec la politique du passé est à mon avis forte. Aussi bien la situation politique intérieure que le contexte international s’y prêtent.

Qu’en est-il des Etats-Unis, le pays qui possède le plus grand nombre de centrales nucléaires en activité ?

L’administration Obama a fait une déclaration favorable au renouvellement des installations nucléaires. Mais dans la pratique, ce n’est pas le gouvernement qui commande les centrales, ce sont les sociétés productrices d’électricité. Et aujourd’hui, les industriels de l’électricité sont en retrait. Le principal projet, le South Texas Project, vient d’être abandonné, et avec lui un investissement de 481 millions de dollars !

Le seul réacteur actuellement en construction aux Etats-Unis est celui de Watts Bar, au Tennessee, il a été lancé en 1972 et, si tout va bien, devrait être mis en service l’année prochaine. Même s’il démarre effectivement, sa construction aura pris quarante ans… John Rowe, président d’Exelon, l’une des principales firmes d’électricité américaines, affirmait avant Fukushima que construire de nouveaux réacteurs nucléaires n’avait économiquement aucun sens.

Le coût du nucléaire neuf a plus que doublé entre 2008 et 2010 et il va augmenter encore avec Fukushima. Cette technologie n’a plus de perspective. Et les Etats-Unis ne sont certainement pas le pays de la renaissance nucléaire. Il n’y a plus que la Chine et l’Inde qui construisent des centrales nucléaires. Et la Chine développe autant, sinon davantage, les énergies renouvelables. Elle leur a consacré 38 milliards d’euros en 2010, et se place en leader mondial. Fin 2010, les éoliennes installées en Chine cumulaient quatre fois et demie la capacité nucléaire.

Mais le nucléaire n’est-il pas une réponse à la menace climatique ?

Le dernier argument de vente du nucléaire est qu’il permet de réduire les émissions de gaz à effets de serre. A ceci près que pour être vraiment intéressante du point de vue du risque climatique, une énergie doit satisfaire à un double critère : être bon marché et rapide à mettre en œuvre. Le nucléaire est très cher et très lent à mettre en place.

La France est en train de rater un train

Sur quelles autres énergies miser ?

Les renouvelables, bien sûr ! Mais aussi et même avant tout, l’efficacité des services énergétiques. Certains Etats, comme la Californie, sont très en avance. Nettement plus que l’Allemagne, qui est en train de prendre le virage mais où, jusqu’en 2007, l’éolien et le solaire n’ont fait que couvrir l’augmentation de consommation. Cependant, les Allemands sont très optimistes quant à la baisse de coût de l’électricité photovoltaïque qui pourrait, d’ici 2015, atteindre la «grid parity», autrement dit le moment où elle ne sera pas plus chère que les autres sources d’énergie. Aux Etats-Unis on y est déjà dans certaines situations.

Mais le domaine où les Etats-Unis sont le plus en pointe est celui de l’architecture des réseaux électriques. L’avenir de l’électricité, en dehors de la question des sources d’énergie, c’est l’organisation des réseaux. Le système actuel dans lequel un nombre limité de producteurs transporte le courant, le distribue et arrose les consommateurs, est appelé à disparaître. Au profit d’un nouveau paradigme dans lequel les consommateurs seront aussi producteurs. Demain, il y aura des millions de producteurs parce que chaque foyer sera équipé de cellules photovoltaïques ou d’éoliennes ou tout simplement parce que le congélateur sera un élément du réseau…

Comment cela ?

Votre congélateur peut être équipé d’une puce qui le met hors circuit pendant l’heure ou les deux heures de pointe de consommation, sans que cela affecte son fonctionnement. C’est le principe des smart grids, les réseaux intelligents, dans lequel on peut moduler les consommations de chaque foyer de manière à aplanir les courbes de charge, autrement dit à réduire les à-coups de consommation. De même, vous pouvez avoir une machine à laver qui ne fonctionne pas dans certains créneaux horaires. Variante : vous bénéficiez d’un service qui vous oblige à respecter ces créneaux, mais si cela vous ennuie, vous payez plus cher et vous faites ce que vous voulez.

L’électronique permet de gérer ce genre de choses, de changer de fournisseur en un délai rapide, etc. La marque américaine Whirlpool a annoncé qu’elle ne produirait plus que des appareils « smart grid compatibles » dès 2015. Tout ce que cela demande pour être utilisable, c’est l’installation d’un compteur « intelligent ». En Europe, on sait fabriquer ces compteurs, mais on n’a pas encore les réglementations qui permettent de les utiliser… Aux Etats-Unis, ça va très vite.

Dans un point de vue publié par Le Monde (12 août 2010), Colette Lewiner, directrice chez Capgemini, affirmait que la clé de voûte de l’évolution actuelle du marché de l’électricité était «la transformation des réseaux électriques en réseaux intelligents». Et que si l’Europe ne se saisissait pas de la question, elle serait rapidement distancée par les Etats-Unis…

On est loin de l’EPR français ou des projets de réacteurs nucléaires de quatrième génération !

J’observe l’industrie nucléaire depuis 30 ans. Elle a toujours eu une attitude nombrilique, presque autiste, toujours les mêmes interlocuteurs qui se retrouvent dans les colloques, ils se parlent entre eux, ça tourne en rond. Quand Henri Proglio affirme dans un entretien au Monde que les centrales japonaises ont bien résisté au séisme et que l’accident ne remet pas en cause le nucléaire, ce n’est pas responsable, c’est nier la réalité.

On a envie de demander aux nucléocrates français s’ils lisent les journaux ! C’est très grave parce que la cinquième économie mondiale en est encore aux années 1970 pour ce qui concerne l’énergie. Le nucléaire est lourd, rigide, centralisé alors que les maîtres mots actuels sont légèreté, flexibilité et décentralisation. On est en train de rater le train. Obama a déclaré dans son discours sur l’état de l’union en février 2010 que la nation qui maîtrisera l’énergie verte sera la nation du XXIe siècle. La France est mal partie…

Pour compléter: Ecouter l’émission de France Culture du 28 janvier avec Mycle Schneider de retour de la Conférence de Yokohama

ENERGIE-JAPON: Le fossé nucléaire se creuse entre le gouvernement japonais et ses citoyens

Le Japon prévoit de relancer ses exportations nucléaires alors que le pays peine toujours à apaiser la colère de ses citoyens en ce qui concerne les fuites radioactives de la centrale de Fukushima Daiichi. Celle-ci a été détruite par un séisme suivi d’un tsunami le 11 mars 2011. TOKYO, 23 janvier (IPS)

Jeudi: Situation surréaliste que celle du japon, de la Chine et de l’Inde que de vouloir relancer l’industrie nucléaire alors qu’aucune leçon n’a été tirée de Fukushima.

L’attitude de la France ne fait pas exception en raison de  l’aveuglement  des pro nucléaire … et du négationnisme qui va avec.

Selon Yuki Tanabe, expert au Japan Centre for a Sustainable Environment and Society (JACSES), « le Japon stimule ces exportations risquées car elles sont synonymes d’opportunités commerciales et d’influence diplomatique dans les pays émergents ».

Le mois dernier, la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants a approuvé des projets de loi visant à autoriser l’exportation de centrales nucléaires vers le Vietnam et la Jordanie. Ces exportations constituent une des clauses d’un accord bilatéral.

Le Premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, a justifié cette décision en déclarant que le Vietnam et la Jordanie « ont cruellement besoin de la technologie de pointe japonaise ». Il a cependant ajouté que le Japon devait aider « à améliorer la sécurité des centrales nucléaires dans ces pays ».

D’autres accords sont sur le point d’être signés avec d’autres pays, dont l’Inde, le Bangladesh et la Turquie. Ils comprennent la construction de centrales nucléaires, leur exploitation et leur gestion par des entreprises japonaises.

Cependant, les activistes environnementaux japonais ont uni leurs efforts contre ces projets dans une campagne qui a pris de l’envergure à la suite de l’accident de Fukushima. Outre les importants risques sanitaires que présente la contamination radioactive, les activistes soulignent que le nucléaire entraîne des coûts exorbitants, un fait tangible au Japon ces derniers mois.

La contamination radioactive qui a suivi la fusion du cœur du réacteur à Fukushima a contraint plus de 150.000 personnes résidant aux environs de la centrale à fuir.

En outre, des dizaines de milliers d’hectares de terres arables ont été répertoriées comme étant nocives pour la production alimentaire. Les tests effectués ce mois-ci sur l’eau de mer aux abords de la centrale ont révélé que les ressources marines sont contaminées et ne conviennent donc plus à la consommation.

Des compensations s’élevant à plus de 60 milliards de dollars sont aujourd’hui réclamées à Tepco, l’opérateur privé de la centrale de Fukushima. La société est donc obligée de demander l’intervention du financement public.

Ces questions épineuses ont été abordées les 14 et 15 janvier à Yokohama, lors d’une conférence antinucléaire organisée par des organisations japonaises et internationales luttant pour un monde sans nucléaire. Des intervenants des quatre coins du globe, notamment de Corée du Sud, du Canada et de l’Union européenne ont exposé les arguments antinucléaires de leur pays respectif.

Praful Bidwai, le célèbre militant indien pour une énergie saine et renouvelable, a souligné, lors d’une de ses interventions, que des manifestations régulières des personnes qui vivent à proximité des centrales sont essentielles.

Actuellement, le nucléaire ne fournit que 3 % des besoins indiens en énergie, mais ce chiffre augmentera jusqu’à 20 % d’ici 2020 afin de maintenir la croissance économique et de satisfaire les exigences énergétiques.

Selon Bidwai, l’Inde n’a pas signé le Traité de non-prolifération et obtient de piètres résultats en matière de sécurité nucléaire. Ainsi, les travailleurs et la population ont été à maintes reprises exposés aux radiations lors d’accidents, d’incendies, d’explosions et de déversement de matières radioactives dans l’eau.

En octobre 2011, le Premier ministre Noda et le ministre des Affaires étrangères, Somanahalli Krishna, s’accordaient à dire qu’il était indispensable de reprendre les négociations afin d’instaurer un partenariat entre le Japon et l’Inde qui encouragerait une énergie nucléaire pacifique.

Les autorités et les représentants commerciaux partisans du nucléaire soutiennent que l’exportation doit continuer et montrent du doigt la concurrence sud-coréenne. Néanmoins, Kim Heyung du Mouvement environnemental sud-coréen contre l’énergie nucléaire, a expliqué lors de la conférence de Yokohama que l’accident de Fukushima avait sensibilisé la population les dangers du nucléaire.

Ainsi, un sondage effectué en octobre a révélé que 68 % des Sud-coréens étaient contre la construction de nouveaux réacteurs, ce qui indique le manque de soutien de la population à la proposition du gouvernement de construire six nouvelles centrales.

La Corée du Sud a signé un nouvel accord d’exportation du nucléaire en 2011 avec les Émirats arabes unis et est en concurrence avec la Finlande pour obtenir des commandes. La Mongolie, pays riche en uranium, s’est également retrouvée au cœur du débat antinucléaire après que les médias ont relayé, en mai dernier, le projet du Japon et des États-Unis de mettre en place un dispositif d’élimination du combustible usagé dans ce pays.

Selnge Lkhagvajav, membre du parti vert mongolien dont la campagne antinucléaire a porté ses fruits, a déclaré lors de la conférence que son pays ne dispose ni des experts, ni de la technologie ad hoc pour accepter l’énergie nucléaire ou ses déchets. « Les pays disposant de l’énergie nucléaire voient la Mongolie et ses lois laxistes comme un dépotoir. Nous combattrons de telles idées », a-t-elle confié à l’agence IPS.

Le Japon, dont 30 % de l’énergie est issue du nucléaire, a promis de mettre en place des mesures rigoureuses afin de relever le niveau de protection dans le cadre d’accidents comme celui de Fukushima. Cependant, Tanabe du JACSES considère de telles mesures comme étant futiles.

Parallèlement, les tests extrêmement stressants pratiqués régulièrement dans les centrales nucléaires ont réduit drastiquement le rendement japonais, ce que les activistes environnementaux considèrent comme une occasion pour le pays de chercher des sources d’énergie plus sûres.

(FIN/IPS/2012)

« Tu n’as encore rien vu de Fukushima ! » avec « Avignon mon Amour « 

« Avignon mon Amour » récidive les 14 et 15 janvier 2012 avec « Tu n’as encore rien vu de Fukushima ! »

mar, 2012-01-10  par toma

Après leur action citoyenne d’occupation de l’espace public pendant 3 jours au mois d’octobre dernier (conférences, expo, débats, rencontres,..) dans le quartier populaire de Saint-Ruf d’Avignon, le groupe « Avignon Mon Amour » récidive ce week-end dans la cité des Papes. À l’initiative de personnes militantes ou non, auxquelles se sont agrégés des collectifs, des associations, des activistes… la nébuleuse “Avignon mon amour” a pour ambition de documenter sur les réalités du nucléaire en France, et outre-mer, et plus localement dans le sud-est du pays. Fukushima nous interroge. Où voulons-nous aller ? Avignon est au Carrefour de cette réflexion. Au programme : Visio-conférences en direct avec le Japon, film, débat, recrutement de « volontaires-liquidateurs », concert,..

Le 11 mars dernier, au Japon, un tremblement de terre suivi d’un tsunami provoquait la fusion partielle de trois réacteurs à la centrale de Fukushima, réveillant la hantise du drame de Tchernobyl. En France, les spéculations à propos du nuage de particules arrivant par l’Atlantique allèrent bon train : on ne pouvait pas, en effet, resservir l’argument grotesque d’un bouclier magique arrêtant les radionucléïdes aux frontières.

On s’attendait au pire. Mais très vite les discours des nucléocrates (ceux qui décident à notre place) ont minimisé la portée et les conséquences de la catastrophe nucléaire. Une première tentative pour dédouaner l’industrie nucléaire, consista à accuser l’entreprise privée Tepco pour sa gestion irresponsable. Ensuite, et afin d’éviter la panique, les médias de masse cessèrent d’informer les populations sur l’évolution de la catastrophe. Que voulez-vous il faut bien que les affaires reprennent…

À ce jour pourtant, la catastrophe est loin d’être jugulée, rien n’est rentré dans l’ordre, les réacteurs éventrés sont toujours à ciel ouvert sous un amas de décombres, des rejets considérables d’eau contaminée se déversent dans l’océan – jolie poubelle, sacrée poubelle.

À ce jour, des populations vivant dans les zones contaminées n’ont toujours pas été évacuées. Des régions entières sont définitivement interdites à la vie.

Le combustible fondu est à refroidir sans cesse, tout comme à Tchernobyl, où pour éviter le pire l’entretien du sarcophage restera permanent.

Chez nous qui le sait ? En France, première puissance nucléaire industrielle, la population n’est pas informée – et pour cause – sur la réelle nocivité de la technologie nucléaire.

Heureusement parmi nous des voix s’élèvent, aussi compétentes que celle des prétendus “experts”, pour dénoncer cette énergie de fission qu’on tente toujours plus de nous imposer sous prétexte de réchauffement climatique.
Nous trouvons criminel que la France continue à vendre du Mox (plutonium recyclé) au Japon – comme cela s’est produit encore à la mi-novembre.

Mais l’Etat – en tant que principal actionnaire d’Areva – mise sur notre indifférence. Nous disons que ces gens on perdu la raison ! Nous exigeons l’arrêt immédiat de cette production. Profitons de la période électorale avant que le débat ne retourne aux oubliettes.

Fukushima nous interroge. Où voulons-nous aller ? Avignon est au Carrefour de cette réflexion.

Le Programme :
– SAMEDI 14 Janvier 2012 ————————————————————————————————————————–
Utopia Manutention
9h30 – Ptit déjeuner : on prépare le café, pensez à la brioche
10 h – Projection du Syndrome chinois de J. Briges (1979)
Suivie d’une rencontre avec Roland Desbordes (CRIIRAD) pour une synthèse des événements de Fukushima.
AJMI (Manutention)
13 h – On mange ensemble ? Pique-nique tiré du sac
14 h – 18 h : Témoignages et échanges
> Visio-conférences en direct avec le Japon :
– depuis la ville de Fukushima
– depuis Yokohama, où se tient une mobilisation antinucléaire nationale
> Exposé de Kolin Kobayashi, journaliste japonais, sur les réalités sociales et sanitaires après l’accident
En parallèle au cours de l’après-midi : Atelier confection d’affiches, banderoles, slogans…
19 h – Apéro, soupe, tartines
22 h – Concert de Namogodine – P.A.F 3 €
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– DIMANCHE 15 janvier 2012——————————————————————————————————————–
11h30 – Rassemblement Place Pie pour actions
et recrutement de liquidateurs en vue de la prochaine explosion…

Contact et infos: http://avignonmonamour.wordpress.com