Ayraultport: Hollande l’inflexible et la tentation du coup de force

Le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes est devenu le bourbier du gouvernement. Le Président est déterminé à soutenir son Premier ministre. Le JDD le 17 nov 2012 + actualisation 

« C’est son bébé et, en même temps, c’est LE dossier sur lequel il ne peut pas parler. Entre Jean-Marc Ayrault et Notre-Dame-des-Landes, l’histoire est ancienne… et passionnelle. … S’il voulait que la manifestation se passe bien, le chef de l’État voudrait surtout tourner rapidement la page et que « cet investissement puisse être fait ».

Quelle porte de sortie dans ce dossier explosif? Juridiquement, il n’y a guère de solution (ah?). Et politiquement, il doit y avoir un vaincu. Soit Ayrault perd la face. Soit ce sont ses ministres écologistes qui la perdent. «  » JDD

Astérix contre César

Curieuse pratique que celle du rapport de forces pour un Président de Gauche adepte (en paroles) du gagnant-gagnant mais qui veut reprendre la main en faisant fi des plaintes au niveau Européen…..
    

Le summum de l’autoritarisme politique revient à Bruno Leroux chef des parlementaires PS qui déclarait dimanche soir à France Inter:  « Je ne comprendrais pas qu’il y ait aujourd’hui continuité dans une guérilla menée contre des décisions démocratiques ». Selon lui, « dans la majorité, il ne peut pas y avoir d’élus qui mènent la guérilla contre un projet tel que celui-ci (…). Je ne souhaite pas que les Verts s’installent dans une stratégie d’empêcher l’exécution de décisions démocratiques. »
En clair, le PS ne peut pas se tromper car ses décisions sont par avance démocratiques même quand il oublie les recours en justice au niveau Européen. Rien ne peut donc remettre en cause ses décisions même si ce sont des erreurs environnementales et commerciales, un gouffre pour les finances publiques… L’obscurantisme n’est pas loin.. C’est où le Goulag?

Jean-Luc Mélenchon a accusé dimanche François Hollande, qui a fait valoir « la force du droit » dans le dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, d’avoir « tort » et de mentir.

« François Hollande a tort et il ment », a lancé le coprésident du Parti de gauche, invité de « C’Politique » sur France 5.

« Il a tort », a-t-il poursuivi, parce que « juridiquement ce n’est pas fini ». « Il a tort de faire ce genre d’annonces depuis la Pologne », a-t-il aussi reproché au chef de l’Etat.

Mélenchon prévient Hollande d’un désaveu européen plus que probable… mais…

Sur le terrain, les policiers ont repris leurs rondes dans l’attente des « ordres »;  le préfet n’a t il pas dit que les cabanes ont vocation à « disparaître » …

Malgré la forte mobilisation de samedi dernier , on peut donc s’attendre que le gouvernement Ayrault et Valls en tête dirigent les opérations de re militarisation de la Zone.

Une râfle en préparation à l’Ayraultport?

Sur place les militants on a eu un appel d’un avocat  signalant que beaucoup de ses collegues ont eu des appels afin de servir comme avocats de commissariat pour la semaine qui commence.

Valls  se prépare t il à une  râfle de grande ampleur à l’Ayraultport de Notre Dame des landes  en criminalisant les occupants pour mieux les faire juger manu militari, comme lors de la Bataille de Montabot (manif anti THT) du mois de juin dernier ? (La « détermination du gouvernement » à porter le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, et à « faire respecter la loi », est « totale », a affirmé le ministre de l’Intérieur Manuel Valls ce lundi, après la manifestation de samedi. LEXPRESS.fr, 19/11/2012 )

Ça commence comme ça: Le 22 Novembre, la brigade de Chateaubriant a fait irruption chez un militant de l’ACIPA et a perquisitionné son domicile. Il a ensuite été emmené en garde à vue et auditionné au sujet d’un simple mail écrit au syndicat de l’aéroport. En cause son mail serait menaçant. Il est donc poursuivi et sera jugé à une date ultérieure ( source ZAD Nadir) 

Victimes d’une désaffection grandissante en raison de leur politique incompréhensible, Hollande (41% de satisfaits) et Ayrault (43% de satisfaits) auraient tort de ne pas vouloir admettre que la manifestation qui a réuni 40000 personnes appelle une médiation et non un coup de force.

Depuis la manif, Ayrault ne cesse de répéter en forme de mantra pour mieux se convaincre: ça se fera, ça se fera!

http://bab007-babelouest.blogspot.fr/2012/11/il-se-fera-se-fera-se-fera-nddl.html

La prise de parole du député de Notre Dame des Landes Yves Daniel ( voir ci-dessous) à l’Assemblée le 21 novembre montre une déconsidération affligeante pour  la protestation des 40000 personnes le 17 novembre dernier.

En regardant cette vidéo :  

  • on voit que le député en question préfère souligner une agression (non élucidée d’ailleurs) pour mieux déconsidérer le mouvement…
  • on observe que le sourire entendu du premier ministre en écho aux propos du député  ne traduit pas  l’exigence républicaine qui sied dans  une telle situation. Stéphane Hessel et Mr Varin lui ont  pourtant donné de bon conseils…
  • On se demande combien de temps Duflot pourra t elle rester immobile devant Ayrault ?, elle qui affirmait: « Je le dis les yeux dans les yeux. L’accord de 2012 avec le PS, s’ils ne lâchent pas sur NDDL, ce sera non ! ».

En réalité, « le gouvernement a décidé d’opposer systématiquement un mur à la mobilisation sociale, ce qui n’est pas une bonne manière de faire vivre la démocratie en France (…). Si nous avons une situation de conflit, d’intensification, de radicalisation, c’est directement la conséquence non pas des mesures de fermeté du gouvernement mais probablement d’orgueil du président de la République, qui refuse les négociations », Benoît Hamon porte-parole du Parti socialiste, à propos de la réforme des retraites, en octobre 2010 .

C’était sous Sarko, Où est la différence?

 

Assourdissant silence médiatique sur la guerre civile contre l’écologie à l’Ayraultport de Notre Dame des Landes

Ce qui se passe en ce moment même à Notre Dame des Landes est un scandale véritable. Et le deuxième scandale, c’est que tout le monde s’en fout ! Superno 18 octobre 2012 

[La démocratie et l’écologie selon Jean-Marc Ayrault. Cette photo a été prise ces dernières heures à Notre Dame des Landes. Je n’en connais pas l’auteur, mais s’il se fait connaître je le créditerai et le remercierai.]

http://www.superno.com/blog/2012/10/assourdissant-silence-mediatique-sur-la-guerre-civile-contre-lecologie-a-layraultport-de-notre-dame-des-landes/

La télé, les grands médias, n’en parlent quasiment pas. Un entrefilet sur France Info, un bandeau de quelques secondes sur Itélé, point barre. Ah si, un petit article dans “Le Monde”, un autre sur rue 89. Mais rien dans les JT nationaux.

Sur Internet, c’est à peine mieux. Il faut dire que depuis que Hollandréou et sa clique ont pris le pouvoir, la plupart des blogueurs “de gauche” sont de plus en plus mal à l’aise, le cul entre deux chaises, et se ridiculisent à défendre des gens et des trucs indéfendables (genre le TSCG et le prix Nobel à l’UE). Et puis il faut bien dire qu’il y a des sujets autrement plus importants . Ah, si c’était Sarkozy qui s’était amusé à faire la même chose, c’eût été la révolution !

Je ne suis même pas sûr que chacun d’entre vous connaisse les détails du projet de Notre Dame des Landes, et sache ce qui se passe là-bas, maintenant.

Je vais donc essayer de vous le résumer.

Tout d’abord, il y a déjà un aéroport à Nantes, l’aéroport de Nantes Atlantique (anciennement Château-Bougon), à quelques kilomètres au sud ouest de la ville. Un bel aéroport, d’ailleurs. En place depuis des dizaines d’années. 3 200 000 passagers par an. Et capable d’en accueillir bien plus, puisque lorsque le volcan islandais a fait des siennes, ce sont 20 000 passagers par jour qui y sont passés dans des conditions correctes. On peut donc supposer que son seuil de saturation est au delà de 7 millions de passagers par an.

Il a même obtenu en 2011 le prix européen du meilleur aéroport décerné par l’ERA (European Region Airlines Association) . C’est dire s’il est pourri et bon à jeter.

Au passage, il y a au total 14 aéroports dans l’ouest de la France. Cela pourrait sembler suffisant…

Seulement voilà. Aéroport ancien et opérationnel, ça veut dire possibilité de bétonnage supplémentaire limité. Pas bon pour la “croissance”. Et pas bon pour le bétonneur Vinci, société multinationale bien connue pour sa rapacité et son influence sur les politicards, et qui cogère l’aéroport de Nantes Atlantique.

Le maire de Nantes depuis plus de 20 ans s’appelait jusqu’en juin dernier Jean-Marc Ayrault. Un notable régional médiocre, un roublard de la politique comme on en connaît hélas tant. Or, quand un élu le reste trop longtemps, chacun sait qu’il a une fâcheuse tendance à se monarchiser ou se dictateuriser, on ne connaît que trop bien le problème en Lorraine avec Metz et Nancy.

Toujours partant pour faire parler de lui ou pour laisser une trace dans l’histoire régionale, le maire écoute forcément d’une oreille attentive les margoulins cupides qui se pressent autour de lui.

Ayrault, comme Hollande et tous les “socialistes” archaïques, en sont resté aux 30 glorieuses, au béton, au nucléaire, et à la sacro-sainte “croissance” qui s’est évanouie mais pour laquelle ils sont prêts à tout sacrifier dans l’espoir de son retour, un peu comme un amoureux éconduit qui ne comprend pas que c’est foutu, elle ne reviendra jamais. En particulier, ils ne semblent jamais avoir entendu parler de Peak Oil ou de réchauffement climatique.

Complètement plongés dans la politique, avec une vision rétrécie qui ne dépasse jamais l’horizon de la prochaine élection, ils n’ont pas vu le temps passer, le monde changer. Oh, ils ont bien entendu parler d’écologie, mais ils n’y ont rien compris. Des conseillers en comm leur ont dit d’en parler ? OK on en parle. Mettez-moi un ou deux ministres écolo, fermez moi une vieille centrale nucléaire, une bagnole hybride pour le président, Montebourg qui se promène en voiture électrique, et voilà, ça fait la rue Michel. Pour le reste ? Ben on change rien, c’est croissance, nucléaire, béton et bagnole.

Il est d’ailleurs assez symptomatique de voir sur Twitter des arguments en faveur de l’Ayraultport qui soient défendus par Théo Aubin, le cheffaillon régional des “jeunes de la droite populaire” ! (Au passage, visez l’oxymore ! Jeunes sur leur carte d’identité, et déjà tellement vieux cons dans leur tête !). Ca ne vous interpelle pas ?

Le projet de Notre Dame des Landes est ancien. On avait même failli réussir à le justifier pour faire atterrir… le Concorde ! C’est dire le niveau et la clairvoyance de nos dirigeants. Qui n’a pas évolué depuis 40 ans.

Mais un jour, j’imagine que quelqu’un de désintéressé à dû souffler à l’oreille de Ayrault qu’un deuxième aéroport à Nantes ce serait bien pour la croissance, pour le rayonnement régional, pour celui du maire, aussi, hein, hé hé…

Et l’aéroport actuel ? Comme le vieux chien dont on veut se débarrasser, on l’accuse de la rage. Ah ? Euh… Oh… Il est vieux et tombe en ruines… Avec la croissance du trafic, il sera bientôt saturé… Et puis il est… dangereux !

Comme on l’a vu, cet aéroport est loin de la saturation. Et personne ne l’a jamais trouvé dangereux, ni les pilotes, ni la Direction Générale de l’Aviation Civile. Et s’il doit tomber en ruines, c’est que plus un investissement n’y est fait en raison du nouveau projet.

Souvent, dans les projets régionaux, les clans s’affrontent et cela peut donner des catastrophes aberrantes. Tout près de chez moi, il y a l’exemple magnifique de l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine et de la gare de Cheminot. Après une guerre Metz-Nancy, l’aéroport a été construit, pour ne froisser personne, à exacte distance entre les deux. Sauf qu’il est perdu dans le trou du cul du monde et qu’il faut faire 25m pour y aller. D’ailleurs il y a très peu de trafic, et c’est un gouffre à pognon qui fermera tôt ou tard. Ensuite, il fallait construire une gare TGV. Là encore, deux clans se sont battus. Les uns voulaient cette gare à Cheminot, près de l’aéroport, d’autres à Vandières. C’est la première solution qui a été retenue. Merveilleux. Sauf que cette gare, qui se trouve aussi dans le trou du cul du monde, n’est reliée à rien. Même pas à l’aéroport, distant de quelques km seulement, et encore moins au réseau TER. Du coup, il est à nouveau question de construire une nouvelle gare à Vandières. Bref. Et on confie l’avenir de nos enfants à cette engeance…

Ayrault n’a pas eu ce problème à Nantes. Dès qu’il s’agit de “croissance ou de béton”, l’UMP est toujours d’accord. Comme le PCF. Et les barons du Grand Ouest, comme Fillon et Raffarin, ont soutenu ce projet ridicule et scandaleux. Pour être honnête, il y a un peu d’opposition. Le Parti de Gauche, par exemple (au passage on notera encore une fois que le “Front de Gauche” est un attelage très étrange…). EELV, bien sûr, dont on reparlera. Le Modem, aussi. Ségolène Royal. Et Philippe de Villiers (qui lui n’est pas contre l’aéroport, mais le trouve trop loin de la Vendée, et voudrait donc… construire un nouveau pont sur la Loire… Du béton, des bagnoles, on n’en sort pas). Mais tous ces gens là ne pèsent pas grand chose face au Front du Béton.

Le nouveau projet d’aéroport se situe au nord-ouest de Nantes, plus loin, à une vingtaine de kilomètres de la ville. Tant mieux, c’est toujours autant d’autoroutes et de béton à construire. La surface totale du terrain à saccager est de 1650 hectares. Monstrueux ! Cette ZAD (“Zone à Aménagement Différé”, que les opposants ont rebaptisée “Zone à Défendre”) se trouve dans un secteur rural et fragile. A 1km du lac de Grand-Lieu ! Inutile de préciser que l’eau du secteur à du souci à se faire. Au moment où l’agriculture bio peine à décoller car elles ne trouve pas de terrains pour l’accueillir, inutile de préciser qu’on est en présence d’une ineptie sans nom.

C’est un projet principalement privé, mené par Vinci, qui en obtiendra la concession pour 55 ans ! Le coût du projet, sous-estimé à un peu plus de 500 millions d’euros (la moitié d’argent public), serait en fait au total (comprenant donc les autoroutes) de 4 milliards d’euros.

Mais rien n’arrêtera les bétonneurs et leurs complices politiciens. Les gouvernements passent, et le projet se poursuit. On habille bien entendu l’ignominie avec les habits du droit (enquête d’utilité publique…). Le Grenelle de l’environnement Sarkozyste en 2007 aurait dû enterrer le projet définitivement, mais non, il se poursuit. Il faut dire qu’on a mis le paquet dans le greenwashing et l’intoxication médiatique. A écouter ces andouilles, ce site sera un merveilleux paradis écologique. Non polluant, autosuffisant en énergie. Labellisé “Haute Qualité Environnementale”. Pour un peu, ils nous feraient croire que seuls des avions à pédale ou à élastique vont s’y poser.

Voilà pour ce rapide résumé. Passons maintenant à l’actualité.

Depuis quelques années, et malgré la quasi-unanimité des politiciens du Front des Bétonneurs, la résistance s’est organisée sur place. Des riverains. Des écolos. Une association, l’ACIPA compte désormais 3000 membres. Et même des citoyens engagés venus de loin : Notre Dame des Landes est devenu un symbole de la résistance à l’absurdité. Des séminaires y ont eu lieu, réunissant décroissants, écolos, et “Vraie Gauche”. Force est de constater que la situation a comme un arrière goût de Larzac, 40 ans après.

Tiens, le Larzac. Voilà qui doit faire mal au cul à quelques “socialistes” qui dans leur jeunesse y sont venus affuter leurs dents de lait contre le pouvoir de droite de l’époque. Mais comme les notaires de Jacques Brel, ils sont désormais passés dans l’autre camp..

Des propriétaires qui ont eu la malchance de se trouver sur la zone ont été sommés de déguerpir. Nombreux sont ceux qui refusent de vendre leur maison à Vinci. Et des maisons expulsées sont squattées par des opposants. La résistance s’est concentrée dans la ferme maraîchère du sabot où les derniers irréductibles se sont installés.

Et c’est dans ce contexte que les bétonneurs ont commencé à passer à l’action. Hier, ils ont envoyé 1200 flics (CRS, gendarmes mobiles, BAC…) déloger les empêcheurs de bétonner en rond. Mille deux cents ! Plus que l’effectif total de l’armée Luxembourgeoise ! Milice au service de Vinci. Des scènes de guerre civile dans le bocage nantais (cf photo d’illustration). Des robocops qui gazent les manifestants pacifiques, et selon certains témoignages, tirent au flash ball.  C’est ça, la “gauche” ?

Les flics ont reculé hier soir le temps de la nuit, mais sont revenus ce matin. Et à l’heure où j’écris ces lignes les affrontements se poursuivent. Dans le silence télévisuel.

L’aéroport de Notre Dame des Landes est un projet pharaonique et anachronique. C’est le triste résultat de raisonnements faits par des cerveaux malades de gens drogués depuis leur enfance par l’idée de “croissance”. Ces gens-là sont persuadés que le trafic aérien va poursuivre une croissance exponentielle, alors que dès qu’on regarde la situation sans oeillères, on voit clairement que le secteur aérien sera l’un des premiers touchés par la crise de l’énergie et l’effondrement économique qui va s’ensuivre (et qui a déjà commencé)

[ça donne envie, hein ?]

Et puis ce qui est saturé, ce sont les plages et les stations balnéaires de la région, prises d’assaut en été. Même si le trafic aérien était multiplié par 3, où mettrait-on ces touristes ? On bétonnerait 3 fois plus Saint Jean de Monts ? On mettrait des mezzanines sur les plages ? C’est ridicule.

Comme le dit si bien Paul Ariès pour illustrer l’absurdité du concept de “croissance”, le problème n’est pas de faire grossir le gâteau, le problème c’est de changer la recette. Et dans cette recette, le kérosène, le béton est les avions n’ont pas leur place.

La croissance infinie n’existe pas, inutile de courir après. Il ne faut pas chercher toujours plus de croissance, il faut réfléchir aux moyens de vivre mieux sans croissance et les mettre en place. Respecter la planète au lieu de l’exploiter jusqu’à en faire un désert inhabitable et surchauffé. Si on écoute les croissancistes, on va creuser des puits de gaz de schiste dans tous les jardins, saloper toutes les nappes phréatiques pour repousser l’inéluctable de quelques années.
Ces “socialistes” n’ont rien compris à l’écologie. Pire, ils ne comprennent plus rien à rien. Notre Dame des Landes juste après le TSCG, personne ne peut avaler ça. Quoi qu’ils en disent, ils veulent poursuivre et amplifier le nucléaire. Ils veulent faire baisser le prix de l’essence, et le nouveau “bonus/malus écologique” confirme le choix du “tout-diesel” cancérigène. Des aveugles, des incompétents, des irresponsables. Je n’ai pour ces gens que mépris. D’ailleurs, quand on voit qu’ils veulent pénaliser de 130 000 euros les impudents qui ont osé dire non au TSCG, quand on voit la procédure “démocratique” (similaire à celle utilisée par les communistes dans Tintin au Pays des Soviets) qui va se terminer ce soir par la nomination d’Harlem Désir au poste de premier secrétaire, on se dit que rien ne va plus dans ce parti.

Notre Dame des Landes est encore plus symbolique depuis que son promoteur, Ayrault, est devenu premier ministre. Bon, il est en train de se planter, les Valls ou Touraine guignent déjà sa place en coulisses. Et pendant que les CRS gazent les résistants du “Sabot”, Môôssieur Ayrault part 4 jours en Asie du Sud-Est. Même pas de couilles !

Dans ces oeuvres de malfaisance, le P”S” est toujours épaulé par les “écolos” d’EELV. Ils ont toujours 2 ministres, des députés, des sénateurs, des voitures de fonction, du travail pour des dizaines de collaborateurs. Pour garder ce train de vie confortable, ils sont contraint de tout avaler. Ils n’ont rien dit pour le TSCG, rien pour le nucléaire, rien pour le diesel… Ils ne diront plus rien pour rien.

A notre Dame des Landes, ils n’ont jamais été à la pointe du combat, adoptant tout juste une opposition de principe. On se souvient d’un passage éclair d’Eva Joly, du seau d’épluchures jeté sur Nicolas Hulot. Mais depuis qu’ils sont au pouvoir, c’est pire.

Pour certains, c’est manifestement un supplice de se voir ainsi écartelé entre des convictions et la soupe. Le président d’EELV, Pascal Durant, s’est tout de même fendu d’un article sans ambiguïté.  Les élus locaux ont aussi mis leur grain de sel. Et Yannick Jadot a trouvé sur Twitter le temps de condamner le projet et le déploiement de militaires.

Mais Cécile Duflot, d’ordinaire très prolixe sur Twitter, est totalement muette de saisissement sur le sujet. Idem pour son collègue Pascal Canfin. Extinction de voix totale. Et pendant qu’on prépare le bétonnage à Notre Dame des Landes, la députée européenne EELV de la région Est, Sandrine Bélier, continue comme si de rien n’était à parler de biodiversité. Ce très grand écart est ridicule. Ces “écolos” ne sont même pas fichus de se rendre compte qu’ils cautionnent ces saloperies, qu’ils doivent quitter ce gouvernement où ils n’auraient d’ailleurs jamais dû entrer.

Le Canard Enchaîné nous apprenait cette semaine que l’élue EELV parisienne mise en examen pour un blanchiment d’argent présumé était aussi actionnaire d’une site internet de “sex shop bio”, et qu’elle vendait entre autres joyeusetés un “lubrifiant anal à l’extrait naturel d’écorce de goyave”. J’espère qu’elle en a mis quelques hectolitres de côté à l’attention de ses collègues ministres, parce qu’il y a là un marché de grande ampleur à la croissance prometteuse.

Terminons en remerciant les lanceurs d’alerte, des gens bien connus sur ce blog, et sur lesquels on peut compter :

Fabrice Nicolino , qui qualifie Jean-Marc Ayrault de “pauvre imbécile”. C’est inexact : il n’est pas pauvre du tout!

Corinne Morel Darleu , du Parti de Gauche, qui une fois de plus, sauve l’honneur des politiques. Son billet sur Vinci.

Hervé Kempf et son site “reporterre.net” , auteur d’un article au titre ironique : la transition écologique a commencé

Si ce silence médiatique se poursuit, les opposants ne tiendront pas longtemps. Hollandréou a lâchement cédé aux “geonpis”, parce qu’ils ont été capables d’organiser un battage médiatique de grande ampleur. Avis aux vrais blogueurs de Gauche. Nous devons lui faire comprendre que ce projet est une folie et que comme Mitterrand en 1981 qui avait mis fin le délire au Larzac et à Plogoff, il se grandirait en reconnaissant cette colossale erreur.


Plus d’infos sur le sujet :

L’association ACIPA, à suivre notamment sur son Twitter @ACIPA_NDL ou encore ici
https://zad.nadir.org/spip.php?article353
http://leflochingtonpost.wordpress.com/2012/10/16/occupation-militaire-a-notre-dame-des-landes/
http://lutteaeroportnddl.wordpress.com/
http://www.zebigweb.com/_NDDL.html

OGM : Séralini « Nous n’attendons rien de l’Efsa »

Le chercheur Gilles-Eric Séralini répond à l’autorité européenne de sécurité alimentaire, qui juge son étude « insuffisante » et réclame des précisions. Par  04-10-2012 

Gilles-Eric Séralini dénonce les conditions d'opacité dans lesquelles ont été réalisées les évaluations de l'Efsa. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Gilles-Eric Séralini dénonce les conditions d’opacité dans lesquelles ont été réalisées les évaluations de l’Efsa. (JACQUES DEMARTHON / AF

Le chercheur français Gilles-Eric Séralini a répondu jeudi 4 octobre à l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) qui a jugé son étude insuffisante. 

Le professeur de l’université de Caen, qui a dirigé une étude choc sur un maïs OGM de Monsanto, a indiqué au « Nouvel Observateur » : « Nous n’attendons rien de l’Efsa, lourdement mise en cause pour conflits d’intérêts sur les OGM, comme je l’écris dans mon livre. De plus, l’agence est juge et partie en ayant autorisé les produits que nous avons évalués à long terme et dont nous avons publié les résultats dans l’une des meilleures revues mondiales de toxicologie ». 

Gilles-Eric Séralini dénonce les conditions d’opacité dans lesquelles ont été réalisées les évaluations de l’Efsa : « L’Efsa, pour autoriser ces mêmes produits, a travaillé de manière laxiste à très court terme, avec les données problématiques et très très ‘insuffisantes’ de Monsanto, qu’elle garde anormalement secrètes. Nous demandons immédiatement un accès public sur internet à ces données ». Pour l’heure, il maintient qu’il ne donnera aucune donnée supplémentaire à l’Efsa. 

Une étude « insuffisante »

L’EFSA a jugé « insuffisante » l’étude du chercheur français sur la toxicité du maïs NK 603 du groupe Monsanto et lui a demandé de fournir davantage d’informations sous peine de la rejeter. « Sans ces éléments, il est peu probable que l’étude se révèle fiable, valide et de bonne qualité », indique l’EFSA dans un communiqué. L’examen préliminaire publié jeudi « constitue la première étape d’un processus qui se déroulera en deux phases. Une seconde analyse, plus complète, sera publiée d’ici la fin octobre », précise l’EFSA. (> Lire notre dossier ici

L’avis préliminaire est la conclusion d’une analyse de l’article publié par le chercheur français dans la revue Food and Chemical Toxicology. Les résultats de cette étude choc sur l’alimentation d’un groupes de rats avec le NK 603, publiés par « Le Nouvel Observateur », établissaient la toxicité du maïs OGM. 

Avec agences

SUR LE MÊME SUJET

Mettre fin au jeu de dupes des ministres verts

Editorial du Monde. La question de confiance était posée aux écologistes français. Ils ont répondu non en votant, samedi 22 septembre, à 70 % contre le traité budgétaire européen lors du conseil fédéral d’Europe Ecologie – Les Verts (EELV). La question n’est pas anodine : elle concerne l’axe fondamental de la politique de François Hollande. LE MONDE  24.09.2012

Cécile Duflot avec François Hollande, le 21 aout 2008

Le chef de l’Etat a décidé de respecter les engagements européens de la France et de faire redescendre les déficits publics sous la barre des 3 % du PIB, au prix d’un tour de vis fiscal sans précédent. Surtout, il a fait du sauvetage de l’euro son horizon. Le non des écologistes est incompatible avec cette politique. Jean-Marc Ayrault a bien résumé l’attitude des partisans du non : « La conséquence logique de leur démarche, c’est la sortie de l’euro », a déclaré le premier ministre.

Les écologistes peuvent argumenter que le sujet du traité budgétaire européen ne figure pas dans le contrat de gouvernement signé avec les socialistes, prétendre que le candidat Hollande avait promis de le renégocier. C’est vrai… et faux. Si le texte n’a pas été retouché, le président français a obtenu des compensations, comme l’union bancaire. Surtout, le contexte a changé avec la décision de la BCE de sauver l’euro et le feu vert de la Cour constitutionnelle allemande aux mécanismes européens de solidarité.

M. Ayrault assure ne pas vouloir avancer des arguments d’autorité mais de responsabilité. Là réside le problème : les écologistes demandent à être traités en partenaire de coalition, ils se comportent en groupuscule irresponsable. Incapables d’avoir une éthique de responsabilité et incohérents, puisqu’ils comptent soutenir le budget 2013.

Cette attitude est d’autant plus inacceptable que le Parti socialiste ne cesse de compenser les handicaps de la Ve République en traitant les écologistes comme si la France se trouvait en démocratie parlementaire : il leur réserve soixante circonscriptions, négocie un contrat de gouvernement, attribue des portefeuilles de ministre et leur fait des concessions substantielles en renonçant à toute recherche sur le gaz de schiste. Il s’agit d’un jeu de dupes. Les Verts formulent des exigences comme s’ils étaient une force de progrès soutenue par 10 % des électeurs. Ils ne réalisent de tels scores que lorsqu’ils sont emmenés par le Vert pro-européen Daniel Cohn-Bendit. On l’a vu avec le score d’Eva Joly à la présidentielle : ils retombent à 2 % lorsque leurs tendances dogmatiques reprennent le dessus.

Les écologistes font mine de croire que leur attitude ne portera pas à conséquence, à l’instar de Cécile Duflot, qui a séché la réunion de samedi mais vantait, dans la soirée, sur Twitter et photo à l’appui, sa méthode « antistress » : cuisiner un chili con carne.

Les communistes avaient quitté le gouvernement en 1984, après le virage de la rigueur. Au nom de la cohérence de son action et du respect des électeurs, c’est à François Hollande d’en tirer les conséquences : il doit mettre fin aux fonctions des deux ministres d’EELV, Cécile Duflot et Pascal Canfin. Ils reviendront si leur formation se transforme en parti de gouvernement. Un jour, peut-être.

A Nantes, la lutte contre le projet d’aéroport continue

Les militants ont été choqués par les propos de ministres déclarant que l’infrastructure  » se fera «  . Les opposants à l’aéroport du Grand Ouest, près de Nantes (Loire-Atlantique), gardent bon moral, malgré l’adversité. La ministre de l’écologie, Delphine Batho, n’a-t-elle pas rappelé le 29 août l’intérêt de la majorité pour le projet ? N’a-t-elle pas immédiatement trouvé l’appui de Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement, pour laquelle l’aéroport  » se fera « , malgré les procédures en cours ? Nantes Correspondant Le Monde 9 sept 2012

 » La ministre de l’écologie est au garde-à-vous devant Jean-Marc Ayrault « , ironise Sylvain Fresneau, président de l’Association de défense des exploitants concernés par l’aéroport (Adeca), qui attend le 11 septembre d’être jugé pour avoir dirigé son tracteur en direction des gendarmes lors d’une manifestation. Le militant souligne le fait que le premier ministre a toujours porté le projet à bout de bras, notamment lorsqu’il était député et maire de Nantes.

 » Mme Batho est en service commandé « , renchérit Michel Tarin, agriculteur retraité, qui a suivi une grève de la faim durant quatre semaines en avril à l’issue de laquelle une trêve a été négociée concernant les expulsions d’habitants. Beaucoup ont vu dans ce geste d’apaisement la main de François Hollande, tout juste élu président, désireux d’enlever une épine du pied de Jean-Marc Ayrault, avant de le nommer à Matignon.

En coulisses, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes trace son sillon. Au niveau foncier, le ciel se dégage progressivement pour Aéroports du Grand Ouest (AGO), filiale de Vinci, promoteur du projet. Sur les 1 250 hectares dédiés à la plate-forme aéroportuaire,  » il manque 200 hectares à acquérir par la voie judiciaire « , indiquait, fin juin, Eric Delobel, directeur du projet.

Cinq enquêtes publiques ont été menées cet été, au grand dam des opposants. Parmi ces dossiers examinés au pas de charge, les enquêtes au titre de la  » loi sur l’eau  » visent notamment à définir les futures compensations écologiques qui accompagneront l’opération d’aménagement prévue sur un site riche en zones humides. Sur ce sujet, AGO veut privilégier  » une approche qualitative plutôt que quantitative « . Insuffisant, aux yeux des antiaéroport.

Les conclusions des commissaires enquêteurs devraient être connues en octobre. Les opposants saisiront le  Conseil d’Etat, puis les instances européennes, en cas de revers. » On ne baissera pas les bras, assène Julien Durand, autre figure emblématique de la contestation. Le gouvernement devra bien respecter in fine la réglementation européenne. «  Les militants ont sollicité un entretien avec Mme Batho et comptent se rappeler à son bon souvenir lors de la conférence environnementale, les 14 et 15 septembre. Ils espèrent aussi que la crise économique ait raison du projet…

Yan Gauchard

Notre-Dame-des-Landes: le Nantais Ayrault doit laisser place au 1er ministre

Le numéro un d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Pascal Durand, a estimé vendredi que le Nantais Jean-Marc Ayrault devrait laisser place au Premier ministre et abandonner le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) pour des raisons budgétaires. 7 09 12 AFP

Jean-Marc Ayrault (…), le Nantais, est très attaché à ce projet, a souligné M. Durand. Mais je ne suis pas persuadé que le Premier ministre, quand arriveront les arbitrages (financiers, ndlr) aura la même vision que le maire de Nantes, a-t-il ajouté, lors d’une visite sur le site de La Vache Rit, une grange d’où est organisée l’opposition à l’aéroport.

On ne peut pas dire qu’on veut un autre modèle de société et en même temps développer des projets absurdes, y compris dans la logique productiviste et économique, comme cet aéroport, la THT ou l’EPR, a ajouté M. Durand.

Soyons raisonnables, abandonnez ce projet, a-t-il déclaré à l’adresse des principaux responsables socialistes. Je fais le pari de l’intelligence et que ça ne se fera pas, a-t-il ajouté.

Jean-Marc Ayrault en tant que Premier ministre a une responsabilité nouvelle qui n’a rien à voir avec celle de maire de Nantes, a ajouté le député EELV de Loire-Atlantique, François de Rugy. Dans le cadre du gouvernement, il est confronté à une situation budgétaire très délicate: il n’y a aucune raison que ce projet ne soit pas, lui aussi, remis en cause pour raisons budgétaires.

M. Durand était accompagné du porte-parole national d’EELV, Jean-Philippe Magnen, également vice-président du conseil régional des Pays de la Loire et de plus d’une vingtaine d’élus EELV du Grand Ouest.

Les responsables écologistes sont allés symboliquement arroser quatre chênes plantés en août 2010 par les responsables d’alors d’EELV, parmi lesquels Cécile Duflot, devenue depuis ministre du Logement et de l’Egalité des territoires du gouvernement Ayrault.

Ce projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, à 30 km au nord de Nantes, destiné à remplacer l’actuel aéroport de Nantes Atlantique situé au sud de l’agglomération, a été validé par l’Etat et les collectivités locales socialistes, mais il est contesté par de nombreuses associations pour son impact environnemental et son coût.

(©AFP / 07 septembre 2012 17h14) 

Nucléaire, Gaz de schiste: EELV et le gouvernement pourraient « divorcer »

Le divorce entre Europe Ecologie Les Verts (EELV) et socialistes arrivera « vite » si le gouvernement prend le chemin du « conservatisme productiviste », a déclaré vendredi l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot. OUEST FRANCE – Thomas BREGARDIS vendredi 31 août 2012

Quand Laurence Rossignol ( PS) déclare que « Toute cette agitation est sans fondement réel et concret.*  » , qu’elle aille dire ça aux victimes de tchernobyl et de Fukushima….( Voir article du Monde ci-dessous)

Ouest France: Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a créé la polémique dimanche chez les écologistes en qualifiant le nucléaire de « filière d’avenir ». Des propos soutenus par la ministre de l’écologie Delphine Batho qui a estimé jeudi que la France avait « durablement besoin du nucléaire »

Le gaz de schiste

Un débat a également émergé au sein de la majorité au sujet de l’exploitation des gaz de schiste. La France a banni en 2011 l’usage de la technique de fracturation hydraulique, mais le Premier ministre Jean-Marc Ayrault n’a pas exclu un feu vert à l’exploitation des gaz de schiste avec une technique moins polluante.

 « Si ce gouvernement, qui se veut un gouvernement du redressement productif, devient un gouvernement du conservatisme productiviste, (le divorce) va arriver vite », a déclaré Yannick Jadot sur France Info. « Si la politique énergétique décidée par ce gouvernement devait être la réouverture du dossier des gaz de schistes, poursuivre l’investissement sur le nucléaire, il est évident que ça poserait la question de notre participation », a-t-il ajouté, estimant toutefois que les déclarations de certains ministres étaient à ce jour « isolées ».

Après la conférence environnementale des 14 et 15 septembre prochains, un grand débat sera ouvert à l’automne sur l’énergie.

 Programme de transition énergétique

Le gouvernement souhaite une loi de programmation sur la transition énergétique pour le premier trimestre 2013. Dans le cadre des élections législatives de juin dernier, le Parti socialiste et EELV ont signé un accord qui prévoit, entre autres, la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité française de 75 % à 50 % d’ici à 2025.

Grâce à cet accord, les écologistes, qui appartiennent à la majorité gouvernementale, ont obtenu un groupe à l’Assemblée nationale. La formation a également gagné deux portefeuilles au sein du gouvernement de Jean-Marc Ayrault avec Cécile Duflot au Logement et Pascal Canfin au Développement.

Les écologistes sous pression au gouvernement LE MONDE | 01.09.2012 à 09h41 

Par Raphaëlle Besse Desmoulières et David Revault d’Allonnes

Nucléaire, gaz de schiste, traité européen : en une semaine, le climat s’est nettement rafraîchi entre les deux principaux partenaires de la majorité.

Au point que le député européen écologiste Yannick Jadot, interrogé vendredi 31 août sur France Info, s’est résolu à envisager un « divorce » dans la majorité :« Si ce gouvernement qui se veut un gouvernement du redressement productif devient le gouvernement du conservatisme productiviste, ça va arriver vite. »

L’objet de l’ire de M. Jadot : les propos tenus, après ceux d’Arnaud Montebourg, par la ministre de l’écologie, Delphine Batho, jeudi, à l’université d’été du Medef, à Jouy-en-Josas. Mme Batho y déclarait, devant un parterre de chefs d’entreprise, que « la France a durablement besoin du nucléaire » et devait développer les énergies renouvelables en parallèle. Le tout en restant dans les engagements de François Hollande de diminuer de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2025.

La ministre de l’écologie, pour sa part, assure n’avoir fait que son devoir : « La politique de la France est parfaitement claire : on a besoin durablement du nucléaire mais on doit réduire sa part dans la production d’électricité », répète Mme Batho au Monde.

Et la ministre d’évacuer la polémique : « Les choses ont été parfaitement exposées lors de la campagne, elles ont d’ailleurs donné lieu à un débat. François Hollande a tranché. Il n’y a pas matière à entretenir des doutes sur des engagements qui seront tenus. »

NOËL MAMÈRE ÉVOQUE UNE « ACTION CONCERTÉE »

« En observation » depuis le départ du ministère de Nicole Bricq, désavouée sur la question des forages en haute mer, la nouvelle ministre de l’écologie a rappelé récemment son soutien au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), auquel est farouchement opposé Europe Ecologie-Les Verts (EELV). « C’est un peu décevant », note le président du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, François de Rugy, qui juge qu’elle est « dans le conformisme traditionnel le plus absolu ».

Noël Mamère va plus loin, qui pointe une « action concertée ». « Les déclarations de Montebourg ne peuvent plus être considérées comme isolées, juge le député de la Gironde. C’est d’autant plus inquiétant qu’elles viennent d’un tandem formé par le ministre de l’industrie et celle de l’écologie. »

A quelques jours de la conférence environnementale, les 14 et 15 septembre, cela passe mal. « Mme Batho va être la garante de l’impartialité des débats. Faire ces déclarations, c’est au minimum maladroit et au pire provocateur », dit-il, lui qui juge que « les socialistes tiennent un discours qui ressemble assez furieusement à celui du précédent gouvernement ».

Côté PS, on feint de s’étonner de l’attitude des écologistes. « Il y a dans ce débat beaucoup de postures, note la sénatrice Laurence Rossignol, secrétaire nationale du PS à l’environnement. EELV a signé l’accord concernant les 50 % de nucléaire dans le mix de production électrique. Ils savaient donc bien que le nucléaire allait rester majoritaire. »

Mais il s’agit aussi pour les écologistes, au sein de l’équipe Ayrault, de défendre leur existence et leur place dans la majorité. Aux yeux de Philippe Martin, vice-président PS de l’Assemblée et spécialiste de l’environnement, le rapport de forces issu des dernières élections et la pression de la crise rendent l’enjeu écologique moins pressant : « Les Verts auraient dû se douter que les choses allaient se passer comme ça au vu des résultats de la présidentielle. Les Français n’ont pas eu un élan massif envers la candidate Verte. Et les urgences sociales et économiques mettent une telle pression sur les ministres que la recherche d’un autre modèle de consommation devient moins prioritaire. »

« PETITES PHRASES PROVOCATRICES »

Voilà pourquoi les écologistes, qui, outre le nucléaire et le projet de Notre-Dame-des-Landes, se démarquent des socialistes sur les gaz de schiste et sur le traité budgétaire européen, accentuent la pression. « Sur la fermeture de la centrale de Fessenheim, je dis « quand et comment ? », interroge Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste au Sénat. Idem sur la feuille de route sur le nucléaire pour aller de 75 % à 50 %… »

Leur participation gouvernementale n’est pour l’heure pas remise en cause. Mais le ton se fait plus menaçant. « On commence tous à être très inquiets des prises de positions de différents membres du gouvernement, confirme Pascal Durand, secrétaire national d’EELV. Ces petites phrases provocatrices ne sont pas dignes d’un débat constructif. » Voilà au moins un point sur lequel socialistes et écologistes sont d’accord.

« Il faut que les ministres qui parlent de nucléaire soient très précautionneux, et en même temps il faut faire attention à ce qu’on ne rediscute pas tout le temps de tout, estime Laurence Rossignol. Toute cette agitation est sans fondement réel et concret.*  » 

Raphaëlle Besse Desmoulières et David Revault d’Allonnes

* Jeudi: Qu’elle aille dire ça aux victimes de tchernobyl et de Fukushima….

Voir:

EPR, PS-EELV: pas d’accord politique pour un plat de lentilles….

François Hollande s’assoit sur l’accord PS/Verts et rassure les salariés d’AREVA

Ayrault : la partition écolo de Hollande sans surprise mais sans fausse note

Après un départ calamiteux sur le dossier écologique, qui a conduit la Ministre en charge de l’Ecologie à quitter son ministère un mois aprés sa nomination, Jean-Marc Ayrault a manifestement tenu à rassurer sur ses intentions. Guillaume Malaurie Le Nouvel obs 4 07 12

Wait and See! car pas un mot sur Astrid, ITER, EPR, THT.  Les travaux continuent. Pendant ce temps là,  on occupe la galerie à l’Assemblée, on réprime  manifestants, opposants, paysans et justiciables.. (Jeudi)

Pas de grosse surprise dans son discours de politique générale, mais le Premier ministre  n’a pas mis de bémols aux engagements  écologiques de François Hollande.  Si l’interprétation n’a rien de trés personnel,  la partition  est jouée honnétement en suivant les portées imprimées : sans fausse note.

Parfois même piano forte sur la réforme cardinale : le  « grand chantier de la transition énergétique« . Quand bien même  Jean-Marc Ayrault n’a pas réaffirmé devant les députés les objectifs annuels chiffrés stipulés dans le programme de François Hollande. Rappelons les : 400.000 constructions neuves aux normes thermiques et 600.000 logements du parc ancien rénovés. 

Reste l’inistance mise sur ce « programme massif d’économie d’énergie » qui laisse espérer que, dans les semaines qui viennent, soient annoncées les premières mesures. Et que l’on en  sache  un peu plus sur l’effort budgétaire. Et  donc si oui ou non,  l’investissement financier est aussi « massif » que ne le laisse entendre la bande annonce. 

Car si pendant cinq ans, le gouvernement Ayrault se tenait  à cette seule réforme et la menait à bien, il mériterait déjà une couronne de lauriers vert fluo. Il aurait ainsi  donné le top départ à un effort qu’il faudrait d’ailleurs tenir au même rythme bien au delà  de ce quinquennat pour pouvoir amortir ces investissements et en tirer tous les bénéfices. Jusqu’à 2050.

Jean-Marc Ayrault a  par ailleurs rappelé l’objectif  « hollandais » de réduction de la part du nucléaire dans la production électrique, de 75% à 50% à horizon 2025. Pour l’heure, il s’agit encore  d’une orientation de principe. Un horizon. Il est d’ailleurs  fort probable que la seule et unique centrale concernée par ce quinquennat, Fessenheim, ne fermera qu’à la fin de la législature.

Tout dépend en effet de la conception que le gouvernement Ayrault se fera  de la « transition énergétique« . Une doxa qui reste trés floue et ne devrait commencer à se préçiser  qu’au terme du grand débat énergétique de la rentrée prochaine que l’on peut déjà prévoir musclé.

Vers octobre ou plutôt novembre ? Voire décembre ? Ou janvier 2023 ?  Car l’agenda environnemental  a déjà pris un peu de retard. Prévu en juillet, la Conférence environnementale qui prend le relais du Grenelle de l’Environnement  a été décalée en septembre.

Manifestement, Jean-Marc Ayrault n’a pas  tranché sur les grands choix énergétiques. Et n’a rien laissé transpirer de ses convictions personnelles. Il n’a même  jamais évoqué, fut-il d’un mot, les énergies renouvelables dont certaines (le photovoltaïque) sont  pourtant dans une situation économique et financière proche du coma. Il n’a pas non plus fait allusion aux gaz à effet de serre, à al Conférence de Rio ou au réchauffement ; Dans son esprit, c’était hors sujet. 

L’autre promesse à tenir, c’était la réforme évoquée du « code minier ». Et ce sera fait.  Un code , il est vrai, d’un autre âge qui a permis et permet encore  toutes les carambouilles jacobines en liaison étroite avec les pétroliers et leurs relais au sommet de l’Etat. Ce rappel vise certainement à désamorcer la polémique qui a suivi l’éviction de Nicole Bricq de son poste de Ministre de l’Écologie à propos des forages exploratoires en eau profonde en Guyane.

Pour le reste, rien de bouleversifiant. Jean-Marc Ayrault a repris les formules assez alambiquées dont est coutumier son Ministre  ( et ami ) de l’Agriculture Stéphane Le Foll : « Une agriculture diversifiée, durable et performante ». Ça ne mange pas trop de pain. Mieux vaut sur ce dossier trés sensible juger sur pièces.

En revanche, ce qui manque cruellement, c’est  la prise en compte du  paramètre écologique dans la réforme fiscale esquissée. Jean-Marc Ayrault ne retient que la seule référence sociale. Or, sans signal pénalisant sur les énergies fossiles, comment  espérer s’extraire pour de vrai de cette dépendance et de la précarité énergétique galopante  sur  le gaz ou  le fuel ?

Ayrault a certes évoqué les  » tarifs progresifs ». Séduisant mais formidablement complexe à mettre en oeuvre selon les experts. Il convient en effet de calculer pour chaque foyer la consommation de base en  prenant en compte le nombre de personnes, la performance thermique du logis,  sa localisation géographique et  la météo  par nature changeante d’une année sur l’autre.

La fiscalité écologique, ce n’est manifestement pas le dada de Ayrault. On se souviendra  d’ailleurs qu’il  fut un ennemi déclaré de la taxe carbone, susnommée par  ses soins « taxe Bobo ».

Pour autant, Jean-Marc Ayrault n’a pas traité l’écologie et la « biodiversité » comme des dossiers en  plus. Il a même lié très étroitement le « redressement productif » aux réformes énergétiques pour un  avenir « sobre et efficace« . Ayrault a même insisté sur le gisement d’emplois verts. Un discours qui n’était plus tenu par Nicolas Sarkozy depuis deux ans. Depuis le fameux  » L’écologie, ça commence à bien faire« . 

Au delà de l’alliance  parlementaire avec Europe Ecologie-les Verts, on assiste bien à une progressive percolation des arguments écologiques dans le discours productiviste classique socialiste. Même si on sent bien qu’Ayrault force sa nature  pour trouver les compromis de langage pour mélanger le vert et le rose. 

Au fond, l’écologie qui séduit  Ayrault,  c’est d’abord celle qui crée des emplois ici et maintenant. 

Guillaume Malaurie

Les Chinois bientôt dans le nucléaire français ?

EDF serait prêt à associer son homologue chinois à la construction de réacteurs en France, selon des documents confidentiels que publie le « Nouvel Observateur ».

Le Nouvel Obs  le 25-01-2012  Par Caroline Michel Journaliste au Nouvel Obs

Jeudi: Mais jusqu’où va-t-on aller dans cette frénésie pro-nucléaire?. Une seule certitude: le lobby décide pour nous. Ceux qui s’en étonnent découvrent tardivement une  réalité dont les français sont les otages, et l’EPR le dindon de la farce ( voir lien en fin de billet)….Extraits de la lettre de Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve à François Fillon sur l'accord d'EDF. (DR)
Extraits de la lettre de Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve à François Fillon sur l’accord d’EDF. (DR)
Mots-clés :
C’était juste avant Noël. Alors que la guerre entre les différentes factions du nucléaire tricolore venait de reprendre, sur fond d’espionnage de l’ex-patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, les députés socialistes Bernard Cazeneuve (Manche) et Jean-Marc Ayrault (Loire-Atlantique) ont reçu la copie d’un document ultraconfidentiel : un protocole d’accord signé à Pékin, le 29 avril 2010, entre le président d’EDF, Henri Proglio, et celui du groupe CGNPC (China Guangdong Nuclear Power Holding Corporation), He Yu.

Ils ont lu ces pages imprimées recto-verso et se sont étranglés quand ils ont réalisé l’étendue du partenariat envisagé : l’électricien chinois pourrait même être associé à la construction de réacteurs en France. De quoi inquiéter toute la filière industrielle.

Des centrales construites en France ?

Le 23 décembre, ils ont pris la plume pour interroger le Premier ministre, dans une lettre que « le Nouvel Observateur » s’est procurée.

Cet accord soulève de vives inquiétudes pour l’avenir de la filière nucléaire française, ont-ils écrit à François Fillon. Il valide, en effet, les prétentions de l’entreprise chinoise qui souhaite participer aux nouveaux projets nucléaires d’EDF en France [le mot est souligné]. Une entreprise chinoise pourra-t-elle demain construire des centrales nucléaires en France ? Le fabricant de réacteurs, Areva, sera-t-il placé, par son propre gouvernement, en situation de concurrence face à une entreprise publique chinoise ? »

Cinq semaines ont passé et les élus n’ont toujours pas reçu de réponse. « Je ne sais pas comment vous avez obtenu cette lettre que nous n’avons pas souhaité rendre publique. Je la commenterai quand j’aurai reçu une réponse du Premier ministre », nous dit Bernard Cazeneuve.

Le gouvernement risque d’être embarrassé. L’affaire n’est pas seulement vitale pour l’industrie de l’atome. En pleine campagne présidentielle, elle pourrait aussi devenir symbolique de la défense du « made in France ». « Le Nouvel Observateur » a aussi obtenu une copie de ce protocole secret de 2010. Il est sans ambiguïté.

(Article à lire en intégralité dans « le Nouvel Observateur » du 26 janvier 2012)

La lettre de Jean-Marc Ayrault à François Fillon sur l’accord d’EDF et de CGNPC

Accord entre EDF et CGNPC